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31/07/2011

Haro sur le loup !

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louveteau-17530923e3.jpgIl y a quelques années, j’avais déjà écrit un article intitulé Vae Inimicis Lupi, « malheur aux ennemis du loup ». Alors que la réintroduction de ce prédateur naturel en Espagne, en Italie et même en Roumanie, n’a posé aucun problème particulier, c’est en France que le débat est régulièrement relancé. Dans un premier temps, je vais rappeler l’importance symbolique du loup dans l’imaginaire et la mythologie européens avant de m’intéresser à l’actualité récente, puisque les grands partis (UMP et PS) semblent s’accorder pour déterminer des quotas d’abattage de loups, alors même que l’animal sauvage n’est présent sur notre territoire qu’en à peine plus d’une centaine d’individus, et d’indiquer en ce sens la position du mouvement euro-socialiste en la matière.

Le nom du loup vient du latin lupus et plus anciennement du proto-indo-européen *wlkwos (qui a aussi donné le grec lycos [λυκος], le sanscrit vrikas, l’allemand Wolf, le russe volk [волк]). Dans l’esprit de nos plus lointains ancêtres, cet animal était si respecté que sa femelle avait aussi un nom spécifique, *wlkwis, ce qui n’était pas le cas pour la plupart des espèces sauvages. A l’origine, l’homme et le loup avaient un rapport étrange, ce qui explique non seulement les mythes d’enfants élevés par des loups, Romulus et Rémus en tête, mais aussi les témoignages d’enfants réellement recueillis par des loups, mais aussi le mythe du lycanthrope ou « homme-loup ». En Scandinavie ancienne, certains guerriers portaient d’ailleurs des peaux de loups, les ulfhednar, de même que les porteurs d’enseignes des légions romaines.

Dans la mythologie grecque, le loup est l’animal tutélaire d’Apollon et de Zeus Lycaios, respecté pour son courage mais aussi pour sa férocité. A Rome, c’est une louve qui allaite les deux jumeaux fondateurs, mais c’est aussi un loup qui conduit différents peuples latins vers leurs nouvelles implantations dans le cadre du rite du printemps sacré, ver sacrum. Le loup était associé au dieu de la guerre Mars, dont le char était tiré par deux loups gigantesques. On retrouve l’idée ancienne de l’analogie entre la meute des loups et la « meute » de guerriers (Männerbund en allemand). Chez nos ancêtres gaulois, le nom originel du loup, qui était probablement *volcos, fut tabouisé de bonne heure, par respect pour l’animal, et ce dernier ne fut plus appelé que bledos, « le gris » [breton bleiz]. Le loup était d’ailleurs l’un des animaux associés au dieu celte de l’orage Taranis.

Dans la tradition scandinave, le loup jouit d’une image contrastée, et il est probable que l’influence du christianisme, puisque dans la tradition judéo-chrétienne le loup (ze’ev) est un animal honni [bien que le combattant sioniste Vladimir Jabotinsky prit comme ze’ev comme nom de guerre], y soit pour quelque chose. Odhinn est ainsi accompagné de deux loups (Geli et Freki) mais c’est un loup, à peine de forme lupine, à savoir Fenrir, qui sera responsable de la destruction du monde, accompagné de deux autres loups qui dévoreront le soleil et la lune, et du « loup » infernal Garmr (qui correspond exactement au chien grec Cerbère et au chien indien Sarvaras).

On voit bien que le loup était particulièrement respecté par nos ancêtres. Son pire ennemi ne fut pas seulement le fusil des chasseurs mais la religion chrétienne présentant cet animal comme satane et impur. Alors que les bergers de l’antiquité avaient toujours conservé un rapport favorable aux loups, ce qui ne les empêchaient pas d’honorer les dieux lupins pour qu’ils protègent leurs troupeaux, et ce qui n’a jamais interdit de tuer des loups lorsqu’il s’agissait de prouver sa valeur. Ainsi, le fondateur de Sparte, Lycurgue, était-il « tueur de loups ».

Mais aujourd’hui, alors que la Gaule et même la France médiévale contenaient sans doute trop de loups par rapport au nombre de proies disponibles, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En Europe même, et en Russie notamment, le nombre de loups diminue malgré les mesures de protection prises par les organisations de défense des animaux menacés. L’image négative du loup, accusé à tort de s’en prendre aux hommes, a été remplacée par des raisons économiques, en raison de son rôle dans des attaques de troupeaux. Rappelons que la plupart des attaques sont le fait de chiens redevenus sauvages, qui seraient 100.000 rien qu’en France, et qui eux n’hésitent pas à attaquer l’homme. Or personne ne prône de campagne d’élimination de masse des chiens sauvages. Que sont une centaine de loups, alors que les éleveurs sont dédommagés si des animaux sont tués par ces animaux, par rapport à ce fléau réel, lui.

Le PS et l’UMP, par démagogie politicienne, prônent donc de limiter la population de loups en France par des éliminations sélectives, ce qui revient de fait à combattre sa réintroduction, qui passe nécessairement par une augmentation significative du nombre d’individus. Europe-Ecologie et l’ethno-écologiste Laurent Ozon sont seuls à adopter une position raisonnable sur le sujet, ce qui est un comble. Le PSUNE a choisi depuis son existence de prendre à cœur la défense du loup, sa préservation et sa réintroduction en Europe occidentale. Nous sommes résolument opposés à tout abattage de loups, même si bien évidemment cette mesure doit être accompagnée d’une aide réelle aux bergers leur permettant de limiter les attaques, car la mission première du loup est de s’attaquer aux bêtes sauvages malades ou âgées, conformément aux lois de la nature. Avec la disparition du loup à la fin du XIXème siècle, les bergers avaient pris l’habitude d’avoir un cheptel protégé. Ils s’indignent aujourd’hui que des vautours ou des loups tuent un certain nombre de moutons chaque année. Mais les lois de la nature n’ont que faire des principes du capitalisme moderne.

Quelle est la valeur que l’on donne au loup par rapport au mouton ? Le mouton ne risque pas l’extinction, lui. Il est bien trop nécessaire. Mais justement ce que j’ai démontré, c’est que le loup est encore plus nécessaire, du fait qu’il est intimement lié à notre culture, dans laquelle il a su retrouver une image positive. Et si l’expression « l’homme est un loup pour l’homme » était exact, nous serions davantage solidaires que nous ne le sommes, en vérité, car le loup est le symbole même de la camaraderie et de l’esprit collectif au service de la meute. Quand le PS ou le PCF, pour plaire aux éleveurs, condamnent le loup à la marginalité, ils oublient que le loup est l’animal socialiste par excellence.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

20/06/2011

De iure sanguinis. L’authentique conception française de la citoyenneté

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220px-Pericles_Pio-Clementino_Inv269_n2.jpgSamedi soir, dans l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché », Nathalie Kocziusko-Morizet, opposée à Eric Zemmour, a affirmé que la tradition française était le « droit du sol » (ius soli). Il n’est pas rare en effet que de manière péremptoire de nombreux politiciens rappellent cette « évidence », par exemple des souverainistes expliquant que le « droit du sang » relève de la conception allemande de la citoyenneté, ou des responsables politiques de gauche comme de droite pour évoquer une prétendue tradition d’ouverture à la française, un universalisme qu’on ne retrouverait pas dans les autres pays européens.

Y a-t-il eu une exception française de la citoyenneté, ce fameux « droit du sol », qui s’est ensuite répandue ces dernières années en Allemagne, en Grèce et demain en Italie si le Parti Démocrate accédait au pouvoir ?

En réalité, ce qui est choquant, et on peut regretter qu’Eric Zemmour n’est pas réagi immédiatement à ce propos, mais il est vrai que le cadre de l’émission ne s’y prêtait guère, le présentateur vedette s’évertuant à limiter le plus possible la parole à son chroniqueur, c’est qu’une responsable politique importante connaisse si peu l’histoire de son pays et se permette d’énoncer des contre-vérités en dogmes.

Le droit du sang (dikaion tou aimatos en grec, Abstammungsprinzip en allemand) remonte à l’antiquité grecque, où il était en vigueur dans la plupart des cités grecques et notamment à Athènes. Alors que sous ses prédécesseurs, des étrangers (bien que grecs) avaient été naturalisés, Périclès en 451 avant J.C prend la décision de proposer au vote des citoyens une loi instaurant de manière exclusive le principe d’accès à la citoyenneté par droit du sang. Ainsi, pour être citoyen athénien, il faudrait être né de père et de mère citoyens, mariés conformément aux lois de la cité. Périclès fit d’ailleurs réviser les listes de citoyens afin de rayer les noms d’étrangers naturalisés notamment sous la tyrannie des Pisistratides. On retrouvera ensuite ce principe aux premiers temps de la république romaine, l’appartenance à chacune des tribus romaines étant héréditaire.

Du temps de la monarchie capétienne, comme dans l’Angleterre voisine, les sujets du royaume l’étaient en fonction de leur lieu de naissance. En clair, « tout sujet né sur les terres d’un seigneur est sujet du dit seigneur ». Le droit du sol était donc à l’origine le droit féodal. Mais, en 1789, éclate la révolution française. Les révolutionnaires, avant le virage patriotique de 1792, espèrent répandre l’esprit de la révolution chez les autres peuples européens, au nom d’une France universelle des droits de l’homme se substituant à l’universalisme chrétien de la « fille aînée de l’église ». En réalité, juristes de droit romain et juristes révolutionnaires/républicains réfléchissent à la mise en place d’une nouvelle définition de la citoyenneté se basant sur le modèle antique.

Le travail commun de ces juristes sera de proposer comme condition d’accès à la citoyenneté le droit du sang patrilinéaire. A une époque où les mariages étaient entre européens, le paterfamilias conférait à son épouse et à ses enfants sa citoyenneté. Pour être français, il fallait donc être de père français. Le consul Napoléon Bonaparte validera cette proposition. L’armée républicaine puis impériale se chargera de répandre la nouvelle règle en Europe, au gré des conquêtes de l’empereur. C’est ainsi que l’Allemagne adoptera le droit du sang, en émule de la France, qu’elle renforcera en 1913, et y restera fidèle jusqu’en 2000, de même que l’Italie, qui l’a conservé jusqu’à aujourd’hui.

Alors d’où vient le nouveau « droit du sol » dont NKM a cru qu’il était consubstantiel à notre pays, contre les faits historiques ? De 1889. A cette époque, la France vaincue il y a dix-neuf ans par la Prusse cherche à rivaliser avec sa voisine tant sur le plan militaire que démographique. De nombreux européens de souche vivent en France, où ils sont parfois nés, mais ne remplissent pas les devoirs réservés aux citoyens. Ceux-ci doivent fournir un service militaire de plusieurs années. En 1889, le législateur prend donc la décision de favoriser la naturalisation des étrangers installés ou nés en France, tous européens, en ajoutant au droit du sang un droit du sol complémentaire. On oublie bien souvent que beaucoup de français, aujourd’hui encore, le sont par le droit du sang, qu’importe leur lieu de naissance. Celui-ci n’a donc pas été aboli mais affaibli par l’ajout de conditions nouvelles d’accès à la citoyenneté. Ainsi, la mesure de 1889 était destinée à gonfler les effectifs de l’armée et à permettre une mobilisation générale plus importante en cas de nouvelle guerre avec l’empire allemand. C’était une décision destinée à gonfler artificiellement le nombre de français, à une époque où l’immigration était exclusivement européenne et ne posait aucun problème.

En conclusion, le ius sanguinis est donc le droit démocratique par excellence, instaurée par le père de la démocratie athénienne, Périclès lui-même, restaurée par la révolution française après quelques années d’ambiguïté et répandue en Europe par le premier consul. Jusqu’en 2010, il était en vigueur de manière exclusive en Grèce, les fondateurs de la nation grecque en 1830 n’ayant pas oublié l’Athènes du Vème siècle. Dans les années 80, l’ancêtre de l’UMP, le RPR de Jacques Chirac et Charles Pasqua, prônait son rétablissement. Car à notre époque c’est bel et bien la « gauche » qui sabote ce principe démocratique en favorisant la règle oligarchique du ius soli. Schröder en 2000, Prodi en 2005 et Papandreou en 2010 ont ainsi cherché à mettre fin au règne sans partage du ius sanguinis. Seul Prodi a échoué, étant chassé du pouvoir par un retour fracassant de Berlusconi. Mais le Parti Démocrate italien, alors que le cavaliere a été battu aux dernières élections locales et lors de quatre referenda, s’il devait arriver au pouvoir après 2013, reprendrait certainement cette réforme, ce qui serait suicidaire, alors que l’Italie subit actuellement des flux migratoires massifs en provenance d’Afrique.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

08/05/2011

Le patriotisme européen contre l’europhobie !

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2408923518.jpg9 mai, fête de l’Europe ! Oui, mais elle n’est un jour férié dans aucun état membre, à la différence d’un 8 mai par exemple, qui symbolise certes la victoire sur une idéologie criminogène mais aussi la division en deux et pour un demi-siècle du continent européen. Comment les européens pourraient-ils s’identifier véritablement à leur continent, à cette union politique si malmenée en ce moment, à ses symboles ? Comment peuvent-ils exprimer concrètement leur européanité, que les mondialistes leur nient par ailleurs au nom d’une « citoyenneté » du monde totalement imaginaire ?

Pour s’opposer à cette vague d’europhobie qui s’abat sur l’Union Européenne, en raison notamment, on l’a vu dans un article précédent, de l’impuissance de ses institutions et de la médiocrité de ses dirigeants et de ses parlementaires, il faut lui opposer un véritable patriotisme européen, au nom de cette Europe qui est notre terre, qui est aussi notre civilisation, de cette Europe née d’un même sang, unie par une même âme.

Le PSUNE demande aux chefs d’état et de gouvernement de l’ensemble des états membres de l’Union Européenne de décider de faire du 9 mai un jour férié pour tous les européens. Mais cela ne suffit pas. Il faut faire du 9 mai une fête de la réconciliation européenne et plus encore de la puissance européenne. Pourquoi refuser à l’Union Européenne ce que l’on trouve légitime pour les états membres ? Le 9 mai doit donc être plus que la fête de l’Europe, il doit devenir la fête nationale de l’Union Européenne et en ce sens doit disposer d’un défilé militaire européen spécifique.

Chaque année, dans une capitale européenne différente (a priori sur le continent, pour des raisons pratiques), chaque pays européen enverra des représentants de ses forces armées, unités terrestres et aériennes, pour un défilé patriotique européen qui devra démontrer la puissance de l’Europe et susciter le respect des autres puissances. Sachant qu’en Russie, le 9 mai fête la victoire de la Russie, sous le masque de l’Union Soviétique, en 1945, victoire qu’elle se devait d’obtenir sous peine de disparition, il me paraît nécessaire d’associer pleinement la Russie à cette festivité et de demander à cette dernière de défiler systématiquement avec les autres armées européennes en présence de ses dirigeants (russes et de l’UE). Le lien entre l’Union Européenne et la Russie sera ainsi considérablement renforcé.

Bien évidemment, faire du 9 mai une fête patriotique implique qu’on renonce complètement aux cérémonies du 8 mai, au nom de la réconciliation européenne, ce qui était il y a plus de trente ans une proposition de Giscard d’Estaing. L’effort de guerre russe, décisif, sera ainsi remercié, et on se retrouvera à nouveau entre européens. Les Etats-Unis ne seront pas associés à cette fête, de la même façon que la France ne participe pas à la fête nationale d’indépendance de ces derniers. Dans le cas français, cela signifie que le 8 mai cessera d’être un jour férié, au profit du 9 mai, et que l’Etat renoncera au défilé du 14 juillet, cette date demeurant toutefois fête nationale et jour férié.
 
Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

8-9 mai 2011 : bilan d’une Union Européenne à l’avenir incertain

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logosite41.pngMontée des populismes europhobes aux élections nationales en Europe, crise des déficits publics dans plusieurs pays européens (Grèce, Irlande, Portugal au sein de l’UE, Islande en dehors), politique de restriction budgétaire au sein de tous les états membres , pression migratoire aux frontières du continent, le cas emblématique étant l’île italienne de Lampedusa, où arrivent par dizaines de milliers tunisiens, lybiens et africains subsahariens, l’Union Européenne va mal et son impuissance à résorber tous ces maux fait douter beaucoup de nos compatriotes européens du bien fondé de cette structure. Marine Le Pen et ses épigones européens ont beau jeu de dénoncer une Union qui ne répond pas aux enjeux du XXIème siècle et aux menaces portées contre notre continent. Et pourtant, il n’existe pas d’alternative, ni politique, ni économique, ni sociale, ni militaire, ni diplomatique, ni énergétique, ni écologique et encore moins démographique et migratoire, à la nécessaire union politique du continent européen dont l’Union Européenne aurait dû être l’incarnation.

Ainsi, pour les vrais européistes que nous sommes, l’Union Européenne actuelle est un échec mais son abandon serait en revanche une véritable catastrophe. En effet, si l’Union Européenne devait se disloquer, ce serait sous les coups de boutoir non pas seulement des eurosceptiques, qui pratiquent souvent une critique constructive, mais bien des europhobes, opposants résolus non seulement à l’Union Européenne actuelle mais à toute Europe politique alternative autre que leur prétendue « Europe des nations », qui n’est qu’une Anti-Europe.

Analysons plus en profondeur les maux qui rongent notre continent et contre lesquels l’Union Européenne actuelle est au mieux impuissante, au pire complice. En matière de diplomatie, à la suite du traité de Lisbonne, l’UE est dotée d’un président, en la personne du fade Herman Van Rompuy, et d’un « ministre européen des affaires étrangères » très effacé en la personne de Catherine Ashton. Autant dire que ces personnes, aussi estimables soient-elles, ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux et ont été choisies par les chefs d’état et de gouvernement pour leur incapacité à véritablement incarner l’Union Européenne.

Le président de la commission, quant à lui, le portugais Gustavo Barroso, agent implicite des USA, est chargé de faire appliquer les traités et sert de VRP des droits de l’homme, relayé dans son rôle par des commissaires spécifiques qui vont tout dans le sens de la porosité migratoire et économique des frontières de l’UE. Barroso incarne un libéralisme économique assumé alors même que la crise économique montre les limites de cette doctrine. L’idée de protectionnisme économique européen lui est odieuse, comme l’idée de rétablir des frontières intérieures, conséquences de l’absence d’une politique européenne commune en la matière.

Par ailleurs, la Commission Européenne ne jouit d’aucune légitimité démocratique, malgré des modifications statutaires. En effet, à terme, le président de la commission devrait être élu par les parlementaires européens. Faudrait-il encore que ces derniers jouent pleinement leur rôle.

Le parlement européen, partagé de manière absurde entre Bruxelles et Strasbourg, et en ce sens je partage tout à fait l’avis de Roland Ries, maire de cette dernière cité, pour qui le législatif communautaire devrait être intégralement à Strasbourg, comme cela était le cas à l’origine et conformément aux traités, ne joue pas son rôle.

Certes, on ne peut que se réjouir que le mode de scrutin le plus démocratique, la proportionnelle, y soit globalement en vigueur, ce qui permet une meilleure représentation de la volonté populaire européenne, et de l’idée de faire élire en 2014 une trentaine de députés sur des listes transnationales, même si le véritable courage politique aurait été de proposer de véritables élections européennes, le même jour pour tout le continent, et avec des listes européennes au sens fort, par une répartition par partis et pas par pays. En ce sens, on ne saurait que regretter lors d’un récent référendum que les citoyens britanniques, par rejet de leur gouvernement en place, aient rejeté une réforme plus démocratique du mode de scrutin, alors qu’au Royaume-Uni comme en France, il y a un grand décalage entre la volonté populaire et la représentation parlementaire. Ainsi, le Front National, qui représente près de 20% des électeurs, se retrouve avec seulement deux conseillers généraux et aucun député. De même, Europe Ecologie est-elle obligée de s’allier avec le Parti Socialiste si elle souhaite avoir des élus.

Toutefois, les parlementaires européens ne jouent pas un véritable rôle législatif, d’abord parce qu’ils en sont privés par les traités, et en second lieu parce qu’ils ne font pas preuve du courage nécessaire pour renforcer cette institution. Le poids des représentants europhobes et eurosceptiques n’explique pas tout. C’est d’abord le fait que les députés représentent des partis nationaux, et non européens, le PPE et l’ASDE n’étant pas de véritables partis européens mais des groupes parlementaires, et que « gauche » et droite dans cette assemblée travaillent main dans la main et dans le même sens. Il n’y a jamais d’alternance politique puisque les deux grands groupes se répartissent équitablement les rôles, se partageant par exemple le rôle de président de l’assemblée. Démocratique, le parlement européen l’est par son mode de scrutin. Oligarchique, le parlement européen l’est par son fonctionnement interne.

La dimension peu démocratique de l’ensemble saute aux yeux de beaucoup de nos compatriotes européens. La façon dont le traité prétendûment constitutionnel, rejeté par deux pays fondateurs, a été mis en place presque à l’identique sous la forme du traité de Lisbonne, une fois que le refus irlandais de ce dernier ait pu être renégocié par un certain nombre de promesses et par la peur de l’Irlande d’être isolée, joue beaucoup contre une institution qui paraît déconnectée de la volonté populaire et des réalités politiques quotidiennes. Les remontrances de la commissaire Viviane Reding quant au traitement français de la problématique des migrants roms ont également agacé beaucoup de citoyens, et pas seulement français.

A propos de la question migratoire, les dernières semaines ont mis à mal les relations entre la France et l’Italie concernant la situation de Lampedusa et par extension la question du traitement des migrants illégaux dans une Europe qui n’a pas réellement de frontières autour d’elle. Beaucoup d’analystes affirment qu’il faudrait une réponse européenne à ce problème, d’autant plus que la Grèce annonce être également confrontée à de nouveaux flux par le biais de ses frontières communes d’avec la Turquie, et a exprimé à plusieurs reprises son incapacité à pouvoir les gérer, au point de vouloir construire un mur. Mais dès qu’on évoque la question de la réponse européenne, on nous explique au final qu’il faudrait régulariser tous ces immigrés clandestins. A quoi bon l’Union Européenne alors, puisque l’Italie et la France savent très bien ne rien faire en ce domaine, concrètement.

En clair, et pour conclure ce panorama rapide de la situation de l’Union Européenne, il est impératif de modifier en profondeur ses institutions et son mode de fonctionnement, bien évidemment de changer ses têtes. C’est tout le projet du PSUNE. Donner au parlement européen, du fait de sa légitimité démocratique, le pouvoir que ses élus actuels lui refusent. Mettre en place un parti européen qui représentera en son sein une alternative totale aussi bien aux élus souverainistes, divisés en plusieurs groupes parlementaires, qu’au binôme PPE-ASDE et à leurs alliés libéraux, gauchistes et « pseudo »-écologistes. Cette alternative européiste, nous espérons l’incarner.

Nous n’aimons pas les souverainistes parce qu’ils sont souverainistes mais nous n’aimons pas les « européistes » [de Bruxelles] parce qu’ils ne sont pas européistes. Contre la réaction europhobe, contre les dérives mondialistes, le seul recours, la seule contre-offensive, c’est l’euro-socialisme !
 
Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

25/04/2011

Nucléaire civil : une nécessité malhonnêtement contestée

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nukelogo2.jpgEn ce lundi de Pâques, le journal Le Monde m’informe des déclarations du candidat à l’investiture des écologistes pour les élections présidentielles de 2012, à savoir le présentateur de télévision Nicolas Hulot. A propos du nucléaire, Hulot déclare que « l’objectif de sortir du nucléaire est un objectif prioritaire ». Selon lui, ce sont les évènements de Fukushima qui lui auraient faire prendre conscience de cette nécessité. En réalité, Hulot cède sur un dogme fondamental, et aberrant, des pseudo-écologistes de gauche incarnés en France par Europe Ecologie – Les Verts et en Allemagne par Die Grünen. Lubie idéologique de l’ « écologie » pastèque, elle cache sous des traits écologiques une idéologie gauchiste, et mondialiste.

Pour répondre à cette propagande honteuse, s’appuyant sur la souffrance réelle des populations japonaises, dans un contexte très particulier, un tsunami conjoint avec et induit par un tremblement de terre particulièrement important, 9 sur l’échelle de Richter, l’ancien ministre Claude Allègre a réagi dans un ouvrage sur la peur du nucléaire dont il fait la promotion sur divers plateaux télévisuels. En substance, il énonce un positionnement pro-nucléaire qui est aussi le mien mais en lui fournissant des billes supplémentaires. Je vais y revenir.

Le premier point important à souligner c’est l’impudeur des militants de la cause écologiste en la matière. S’inspirant d’un cas contextuel, et non représentatif, ils partent de là pour exiger l’abandon du nucléaire tout en proposant un mensonge, incarné par les énergies prétendument renouvelables, qui ne sont absolument pas capables de correspondre aux besoins énergétiques de l’Europe d’aujourd’hui et encore moins à celle de demain, et qui en vérité, notamment concernant les éoliennes, consomment plus au final qu’elles ne produisent, et sont d’une inesthétique avérée, dénaturant nos paysages. On se souvient qu’à l’origine le rejet par certains écologistes du nucléaire civil tient à son association au nucléaire militaire et à l’option pacifiste, là encore de type gauchiste et 68-ard, qui anime ces individus. Il n’y a aucune rationalité ni aucune objectivité dans ce refus. Les risques, réels et qu’il ne faut pas sous-estimer, du recours au nucléaire, impliquent certes une vigilance certaine, des vérifications régulières des installations, des mises aux normes, un investissement constant de l’Etat.

En Allemagne, Angela Merkel prône désormais l’abandon du nucléaire, et remet en cause l’option de la CDU qui était de les maintenir le plus longtemps possible. On attend de voir le ministre du budget expliquer l’ineptie de cet abandon à son chancelier. En Suisse aussi, les lobbies écologistes, ou plutôt pseudo-écologistes, travaillent d’arrache-pied pour obtenir la fermeture des cinq centrales existantes. En revanche, les Finlandais, qui ont un sacré bon sens, ne cèdent pas à ce délire collectif et entendent toujours construire de nouvelles centrales nucléaires afin de répondre à leurs besoins énergétiques.

Le mythe des énergies renouvelables, ce qui ne signifie pas que certaines centrales solaires pourraient constituer une force d’appoint au nucléaire, est destiné à tromper la population en prétendant que des solutions alternatives crédibles existeraient déjà. Ce n’est pas et ce ne sera pas le cas. En revanche, ce que les pseudo-écologistes ne disent pas, c’est que les centrales nucléaires de 4ème génération pourront retraiter comme combustibles une bonne partie des déchets produits actuellement, comme le disait courroucé un abonné au Monde sur le site du journal. N’oublions pas que le nucléaire civil progresse continuellement et que pour financer sa recherche il faut construire des centrales afin de montrer que c’est une énergie à laquelle on croit et qu’on soutient.

Contrairement aux mensonges des pseudo-écologistes, alors qu’un vrai écologiste comme l’écossais James Lovelock, inventeur de la « théorie Gaia », et soucieux du réchauffement planétaire, explique que seuls nucléaire et géo-ingénierie sauveront notre planète, il faut repenser complètement notre politique de l’énergie mais pas dans leur sens.

Allègre explique qu’il faudrait une commission indépendante de citoyens afin de vérifier les centrales nucléaires. On sait que le tout étatique, à la soviétique, a échoué (Tchernobyl). On sait que le tout privé, à la japonaise, a aussi échoué (Fukushima). Ainsi, c’est bien par un équilibre entre capital public et capital privé, avec un Etat interventionniste mais des comités de sécurité indépendants, que l’on peut éviter des dérives et maintenir les centrales nucléaires en très bon état. Allègre explique aussi qu’il ne faut pas construire de centrales n’importe où. Il estime ainsi qu’en Italie ou en Grèce, pays soumis à des problèmes sismiques réguliers, il ne faudrait pas construire de centrales nucléaires. On pourrait y ajouter les zones notoirement connues comme inondables.

Moralité, pour axer la politique énergétique sur le nucléaire, on ne peut pas le faire au niveau national, mais contrairement à Allègre, je ne crois pas non plus qu’il faille la penser de manière mondiale. Là encore, en ce domaine comme dans tant d’autres, la bonne échelle c’est l’Europe. Dans ce cadre, le PSUNE, seul parti résolument européaniste sur notre continent, préconise une nouvelle politique européenne de l’énergie, s’inspirant du travail en commun de l’Euratom, institution européenne s’il en est, et entend combattre sans angélisme la propagande de prétendus « écologistes ».

L’Europe doit en tant qu’entité politique unitaire axer principalement, et à rebours du discours ambiant, sa politique de l’énergie sur le nucléaire civil. Il s’agit pour elle de maintenir dans le meilleur état possible les centrales nucléaires existantes, de les mettre à niveau au plus tôt, de fermer en revanche celles qui ne sont pas adaptables. Je ne connais pas précisément le cas de Fessenheim mais je n’aurais pas d’état d’âme quant à l’idée de fermer une centrale nucléaire si des raisons de sécurité objectives le nécessitaient. Un certain nombre de centrales de l’ex-URSS nécessitent à mon avis une fermeture définitive.

Il convient donc de construire de nouvelles centrales nucléaires mais de nouvelle génération, de quatrième génération, et d’abandonner l’essentiel des financements pour les énergies dites renouvelables (sauf énergie marémotrice et centrales solaires grand format), d’abandonner notamment la construction d’éoliennes et de planifier leur disparition progressive. Les économies générées seront intégralement investies dans la recherche et le développement, tout en permettant aux européens de payer leur énergie à prix raisonnable, ce qui ne serait pas le cas si les pseudo-écologistes dirigeaient, augmentant considérablement le prix de l’énergie pour chaque citoyen, ce qui est une mesure absolument anti-socialiste mais destinée aux « bobos » qui eux peuvent se permettre de payer plus pour avoir « bonne conscience ».

En effet, l’avenir du nucléaire n’est pas et n’a jamais été la fission que l’on utilise actuellement. Bien entendu, il faut améliorer les centrales existantes et construire des centrales plus performantes. Mais à terme, la seule solution énergétique efficace, sans risques, et nous permettant d’abandonner presque totalement les énergies fossiles reste la fusion nucléaire, c'est-à-dire la construction de centrales à hydrogène permettant de produire une énergie de nature comparable à celle du soleil, l’astre qui nous insuffle la vie.

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Pour le moment, les centrales nucléaires à fission de quatrième génération devront être construites en Europe dans les zones les moins soumises aux catastrophes naturelles, c'est-à-dire la grande plaine d’Europe, allant de la France du nord à la Russie. L’énergie générée sera répartie équitablement entre tous les européens, même si la production d’énergie nucléaire ne sera pas présente partout, et ne devra pas l’être, pour les raisons évoquées.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

25/03/2011

Indépendance immédiate pour Mayotte !

logo4c.pngAlors que la départementalisation officielle de Mayotte s'annonce imminente, suite à un référendum de 2010 où 97% des mahorais ont répondu "oui" à la question de la transformation en DOM (département d'outre-mer), référendum contre lequel très peu de gens en France s'étaient élevés [j'en faisais modestement partie, avec notamment Guy Sitbon pour "Marianne"], j'apprends que la République des Comores a réitéré une protestation vigoureuse contre cet acte caractérisé de néo-colonialisme et organisera demain une grande manifestation en ce sens. Les responsables comoriens rappellent qu'en 1975, à son entrée à l'ONU, les Comores comprenaient officiellement Mayotte. Rappelons à ce titre que l'ONU a plusieurs fois condamné la France à ce propos.

Alors que le sujet revient à nouveau dans l'actualité, je me suis informé des statistiques de 2000 concernant la population de Mayotte et là, je suis stupéfait. Je vous donne brutes de décoffrage les informations précises sur la composition démographique de cet île. Pour ceux qu'ils veulent vérifier, je les invite à consulter la page anglophone de Wikipedia concernant les Demographics of Mayotte.

La population de Mayotte est de langue mahoraise, qui est la langue des autres populations comoriennes. Cette langue, du groupe bantou, est apparentée au swahili. 35% seulement des mahorais parlent le français, 35% seulement !, qui est la langue officielle de l'île. A cela, il faut ajouter que 97% de la population, les 3% restants étant des français de souche, est musulmane, la sharia s'y appliquant encore récemment, ainsi que la polygamie.

Mayotte est une île qui subit une immigration clandestine massive, qui n'est en vérité une immigration que de nom car les habitants de Mayotte sont autant comoriens que les immigrants illégaux. C'est normal, en raison des avantages en matière d'aides sociales dont bénéficient les comoriens de Mayotte et dont sont privés les autres comoriens. La France crée ainsi naturellement un intense appel d'air lancé à toutes les populations afro-musulmanes de cet espace géographique.

Enfin, last but not the least, en 2000, le taux de natalité de la population de Mayotte était de... 6,33 enfants/femme, avec un taux d'accroissement démographique de 4% par an. 6,33 enfants par femme, c'est plus que le taux de natalité du Mali !

En conséquence, le PSUNE considère qu'en la matière la décolonisation n'a pas été finalisée et que c'est au mépris du droit international, au mépris de la volonté du peuple français, qui n'a pas été consulté ni convenablement informé, et au mépris des évidences, que Mayotte va devenir un département français.

Le PSUNE prend donc l'engagement de respecter la volonté populaire d'indépendance des Comoriens de 1975, ce qui implique que la départementalisation en cours de Mayotte est nulle et non avenue, et de soutenir le rattachement légitime de Mayotte à la République de Comores !

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

05/09/2010

Gauche laïque et « extrême-droite », une confusion malhonnête ?

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__1_742984_1211794407.jpgUn article du 5 septembre 2010 du blog du Monde « Droites extrêmes » consacré au mouvement « Riposte laïque » et à son principal dirigeant, Pierre Cassen, a attiré mon attention. Les journalistes cherchaient à démontrer que cette organisation, qui se revendique « de gauche », et dont le responsable est un ancien du PCF et de la LCR, était passée à l’extrême-droite sous prétexte d’avoir organisé une manifestation commune avec le Bloc Identitaire. Cela m’amène à réfléchir à ce qu’est la gauche authentique en évoquant certains positionnements pris par des membres des structures de gauche en France et en Allemagne ces dernières années.

Helmut Schmidt, ancien chancelier de la SPD, dans un article du Frankfurter Rundschau du 13 juin 2005 prônait ainsi l’interdiction «  de l’immigration de populations issues de cultures étrangères » après avoir en 2004 affirmé que « la décision de faire venir des travailleurs étrangers aura été une erreur très grave », visant en particulier l’immigration turque et africaine. Schmidt a par ailleurs été opposé à l’abandon du droit du sang que prônait le social-démocrate Schröder, abandon effectué en 2000 par la coalition rouge-verte et n’a jamais caché son refus de toute adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne, convergeant avec son ancien collègue et ami, le centriste Valéry Giscard d’Estaing qui dénonçait en 1991 une « immigration-invasion » et qui est lui aussi hostile au processus d’adhésion de la Turquie entamé en 2005. Doit-on considérer par ces déclarations le social-démocrate Schmidt comme un renégat qui devrait prendre sa carte à la NPD, ce qu’a proposé le Consistoire Juif Allemand au social-démocrate Thilo Sarrazin il y a quelques semaines ? Doit-on considérer qu’il a cessé d’être de gauche ?

Oskar Lafontaine, ancien animateur du mouvement de gauche radicale « Die Linke », et désormais retraité de la politique en raison d’une « longue maladie », déclarait il y a quelques années que « l’Etat est obligé de protéger les pères de famille et les femmes du chômage parce que des travailleurs étrangers [Fremdarbeiter] prennent leurs emplois en travaillant à bas coût ». En suivit une campagne vigoureuse contre lui, notamment en raison de son usage du vocable de Fremdarbeiter au lieu du très politiquement correct Gastarbeiter (« travailleurs invités »). L’historien Götz Aly n’a pas hésité à qualifier la doctrine mise en avant par Lafontaine de « nationale-socialiste », rien de moins. Doit-on considérer qu’Oskar Lafontaine a cessé d’être de gauche, de même que jadis Georges Marchais lorsque celui-ci s’opposait à l’immigration de travail ?

Le provocateur Thilo Sarrazin, autre membre de la SPD et membre de la Bundesbank, fait scandale depuis quelques jours en raison de la sortie de son ouvrage dénonçant notamment l’islamisation de l’Allemagne et le fait qu’il ne souhaite pas que ses enfants et petit-enfants vivent dans une Allemagne qui ne serait plus culturellement allemande. Aussitôt, les bien pensants s’élèvent contre ses propos, appelant à ce qu’il soit exclu de la SPD et qu’il perde son emploi à la Bundesbank. Jeudi dernier, ses collègues ont demandé au président allemand, Christian Wulff, de se séparer de leur collaborateur. Le dirigeant de la SPD semble s’étonner que Thilo Sarrazin soit toujours membre de sa formation politique, et ce dernier entend bien rester adhérent. Selon un sondage, une majorité d’allemands soutient Sarrazin, et notamment 30% des électeurs SPD, ce qui n’est pas rien. Sarrazin a-t’il cessé d’être de gauche, d’être social-démocrate, en raison de ses saillies rhétoriques ?

Les idées développées par Pierre Cassen de « Riposte laïque » ou par Christine Tasin de « Résistance républicaine » me sont très étrangères, et notamment leur refus d’une Europe politique au profit d’une « république » française fétichisée ou leur volonté de se présenter essentiellement comme opposés à l’islam. On peut également leur contester le fait de vouloir défiler avec des organisations considérées comme d’extrême-droite. Mais lorsque Pierre Cassen déclare ne pas vouloir laisser à Marine Le Pen le monopole sur ces questions, peut-on l’accuser d’être passé à droite ? Si une majorité d’ouvriers vote pour le FPÖ en Autriche, si le Front National est à nouveau redevenu le premier parti ouvrier en France, c’est que la gauche n’a pas fait son travail, c’est tout simplement que la gauche n’est plus de gauche.

Au lieu de chercher des boucs émissaires dans leur camp, les dirigeants socialistes feraient mieux de se demander pourquoi les classes populaires se détournent d’eux et sont si désespérées qu’elles sont amenées à soutenir des formations droitières et ultra-libérales (comme le PVV de Geert Wilders). Parce que la « gauche » a trahi le peuple et qu’elle a toujours refusé de prendre conscience de l’impossibilité à la fois de préserver les acquis sociaux et de donner du travail à tous ses citoyens et en même temps de prôner l’ouverture maximale des frontières et la régularisation des travailleurs clandestins.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

08/05/2010

La zone Euro et la Grèce

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tiok551t.gifLes événements récents liés à la crise grecque ont soulevé des interrogations sur la pérennité de l’Euro. Ce n’est pas un hasard si dimanche 2 mai, deux interventions brillantes, l’une de Marine Le Pen sur ITV et l’autre de Jean-Luc Mélenchon sur BFM, se sont succédé sur la télévision numérique pour aborder le sujet. Le lendemain l’émission d’Yves Calvi sur Arte revenait utilement sur le sujet. Elle y revenait encore vendredi 7, succédant à une interview de Nicolas Dupont-Aignan. Essayons d’y voir un peu clair, sans a priori, en dépassant le cadre du problème grec et en commençant même par considérer le cas de la France.

En préambule nous devons insister sur deux points.

D’abord il n’y a pas en Europe de gouvernance économique, même partielle. Au moment de l’adoption de l’Euro et de la définition de la zone monétaire concernée, on a bien imposé des critères de convergence. Déjà, cependant, l’admission de la Grèce a été prononcée en pleine connaissance du fait que les indicateurs qu’elle présentait étaient faussés. Surtout, depuis lors, les divers pays concernés ont pu faire librement usage de la monnaie commune, mauvais usage plutôt que bon pour certains.

Ensuite, à la question de savoir si l’Euro est bénéfique ou non pour tel pays, il ne peut pas être répondu dans l’absolu. Il convient en effet de savoir quelle politique ce pays entend mener pour se prononcer.

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