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28/07/2017

La religion des Arméniens.

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Garni.JPGL’Arménie est une terre d’Europe qui fut marquée par l’héritage de la Grèce dont le temple parfaitement conservé de Garni (dédié au dieu Mihr puis attribué au dieu Vahagn par la communauté arménienne païenne) atteste de l’influence, comme par l’héritage de la Perse zoroastrienne. Sur le plan de la religion, on peut noter deux époques avec un paganisme arménien originel puis une version davantage iranisée.

Le dieu du ciel des anciens Arméniens est Aramazd, derrière lequel on reconnaît la figure du dieu iranien Ahura Mazda, et qui était associé également au Zeus grec. Le nom originel du dieu arménien du ciel est inconnu, le terme astvats désignant toutefois un dieu et aussi le nom du Dieu chrétien. Ce terme pourrait être rapproché de l’indo-européen *ansus désignant un « esprit divin ».

Les divinités les plus archaïques sont Arev, le dieu du soleil, et Lusin (même racine que le latin luna), la déesse de la lune, ainsi que la déesse de la terre Aretia ou Yergir et le dieu du feu Hrag. On pourrait également citer le dieu de la mer Zaden ou encore le dieu des enfers Dzokh.

Deux divinités principales président aux destinées du peuple arménien et forment un couple divin. Il s’agit en premier lieu du dieu de l’orage et de la guerre Vahagn, dont les aspects guerriers sont parfois associés à un dieu Aray assimilé à l’Arès grec. Il est connu pour combattre un dragon, comme tous les dieux indo-européens de l’orage d’ailleurs. Il s’agit en second lieu de la déesse Astlig, dont le nom est rattaché au nom de l’étoile et qui désigne aussi la déesse de l’aurore et de l’amour. Son rôle de déesse aurorale est parfois incarné par la déesse mineure Arsalowyn.

Enfin, la déesse Nané, associée à l’Athéna grecque, et fille d’Aramazd comme cette dernière est fille de Zeus, est également une déesse importante puisque déesse à la fois de la guerre et de la sagesse, là encore comme son homologue grecque. Le « Dionysos » arménien quant à lui est le dieu Gisané.

Avec l’influence iranienne, l’Arménie étant soumise à sa tutelle jusqu’aux conquêtes d’Alexandre, à laquelle la satrapie arménienne, désormais indépendante, échappe, les divinités zoroastriennes s’imposent à l’Arménie mais en prenant une coloration locale et en conservant leur dimension polythéiste, n’étant pas de simples anges adorables (yazatas) comme dans le mazdéisme orthodoxe.

En plus d’Aramazd déjà évoqué, les divinités Mihr (Mithra) et Anahid (Anahita) sont honorées en Arménie. Mihr est associé à Apollon et Anahid à Artémis par les prêtres arméniens. Mihr notamment prend une dimension très importante et s’impose même à Vahagn pour devenir le dieu principal du panthéon. Le dieu Tir, scribe d’Aramazd et assimilé au dieu grec Hermès, est une adaptation du dieu iranien Tishtrya.

La religion arménienne repose sur des prêtres, les kourms (քրմ), et des prêtresses, les kourmnoyš, autour d’un pontife qui les supervise. Le roi Tiridate, qui choisira le christianisme, s’était opposé à ce corps de prêtres et l’une des raisons de son apostasie sera justement de pouvoir échapper à leur influence, de même que de pouvoir rejeter l’influence iranienne en religion. L’empire sassanide ne s’y trompera pas et tentera à plusieurs reprises jusqu’au cours du Vème siècle de réinstaurer la religion arménienne. Son action contribuera plutôt à l’effet inverse et à l’adhésion de plus en plus massive de la population à la religion nouvelle.

 L’Arménie a été en effet le premier royaume chrétien avant même que l’empereur romain Constantin ne choisisse le christianisme. La Cappadoce voisine, terre de brassage au carrefour entre la Grèce et la Perse, avait également connu au sein de l’empire romain un accroissement fort du christianisme, une façon de choisir une troisième voie. Le paganisme arménien, très nationaliste, connait depuis la chute de l’Union soviétique un renouveau très fort, certains partis et dirigeants s’en réclamant désormais ouvertement.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

15:30 Publié dans Analyses, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arménie, paganisme, vahagn | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/04/2017

Elections parlementaires arméniennes : nihil noui sub sole.

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Les élections législatives arméniennes de ce 2 avril 2017 se sont soldés par une écrasante victoire du Parti Républicain d’Arménie du président sortant Serzh Sarkissian, avec 49,2% des voix et 55 sièges sur 101. Les derniers sondages montraient pourtant un tassement de son parti, qui devait perdre la majorité absolue, par la faute de la liste indépendante Tsarukyan, du nom de son dirigeant, qui représentait la gauche modérée. Il a obtenu certes 27,4% des voix et 30 sièges, représentant ainsi la principale force d’opposition au PRA, mais il a échoué à empêcher son adversaire d’être majoritaire, et seul, à l’assemblée.

L’Alliance « Sortie » avec 7,8% des voix, passant ainsi la barre fatidique des 7% pour une coalition, obtient 9 sièges, et enfin le mouvement Dashnak, le parti nationaliste historique, plutôt orienté traditionnellement à gauche, avec 6,6% et 7 sièges ferment la marche.

Le mouvement de centre-droit Renaissance Arménienne, avec 3,72% des voix, échoue de peu, car il lui fallait 4% pour entrer au parlement. Même chose pour le mouvement ORO « Héritage », coalition à la fois nationaliste et pro-européenne, associée au PPE strasbourgeois, qui n’obtient que 2,1% des voix. C’est peu pour un mouvement favorable à l’adhésion de l’Arménie à l’Union Européenne mais cela montre surtout l’importance de l’alliance avec la Russie, malgré le rapprochement récent entre Poutine et Erdogan. L’alliance ANC-PPA autour du Congrès National Arménien obtient de même seulement 1,7% des voix. Les Démocrates Libres se contenteront de 1% des voix environ et les communistes arméniens 0,75% des voix.

Il n’y aura donc que quatre partis représentés. Aucun mouvement d’extrême-gauche n’aura réussi à percer et aucun mouvement d’extrême-droite n’était présent, le PRA rassemblant un large spectre électoral jusqu’à la droite la plus dure. L’Arménie reste dominée par le parti au pouvoir, qui satisfait presque un électeur sur deux. Sarkissian est donc largement renforcé alors qu’il y avait péril en la demeure. Un vote utile aura sans doute pu changer in extremis la donne.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

29/12/2011

Une mauvaise loi au service d'une mauvaise stratégie

vahakn.jpgLes lois mémorielles relèvent d’une démarche politique fondée à la fois sur la démagogie politicienne, prenant en otage une communauté, et en même temps sur une attitude fondée sur une peur qui, même légitime, reste mauvaise conseillère, de la part de la dite communauté.

L’UMP a voulu provoquer la Turquie pour l’éloigner de l’Union Européenne, ce qui paraît réussi, tout en recevant l’appui pour d’autres raisons des élus « socialistes », toujours favorables au principe de lois mémorielles destinées à limiter la liberté d’expression des citoyens. Au lieu de se servir de ces biais détournés, en concoctant une bien mauvaise loi, le président Sarkozy aurait dû bien au contraire prendre ses responsabilités, dès 2007 d’ailleurs, et demander à nos partenaires l’arrêt immédiat, et définitif, du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE, entamé à tort et de manière irresponsable en avril 2005. Il aurait ainsi respecté ses engagements de candidat et aurait procédé à une clarification utile. En effet, ce processus n’est pas bon pour l’Europe, et d’ailleurs une majorité de citoyens européens sont opposés à cette adhésion, mais il n’est pas bon non plus pour la Turquie. Nous n’avons pas de destin commun, et d’ailleurs, bien qu’admirateur sincère de la civilisation européenne, Mustafa Kemal lui-même n’avait jamais eu l’intention de faire de la Turquie un pays européen, mais s’inspirait bien davantage du Japon, qui avait su adapter les acquis de notre civilisation tout en conservant son identité.

Pour des raisons stratégiques, l’AKP a souhaité affaiblir son opposition nationale, essentiellement incarnée par l’armée, en se servant de ce processus d’adhésion comme levier de réformes allant dans le sens de sa démarche politique. C’est pourquoi il serait bon que les nationalistes turcs laïcs, eux aussi opposés à cette loi française, mais également hostiles à l’intégration européenne, puissent retrouver des couleurs. Du peuple turc, nous n’exigeons rien et c’est à lui seul de choisir, de manière souveraine, ce qu’il souhaite ou non affirmer ou reconnaître.

Il n’y a aucun besoin, pour protéger les Arméniens de France comme d’Arménie, de se mettre la Turquie à dos, et ce même si nous sommes totalement opposés à son adhésion. Il vaudrait mieux, pour de bonnes raisons, que le gouvernement français renonce à cette nouvelle loi mémorielle et, courageusement, abroge aussi les lois mémorielles précédentes. En revanche, et dans le même temps, il convient de mettre fin de manière unilatérale au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, au profit d’une relation apaisée mais distincte.

Toutefois, cela ne signifie en aucune manière, bien au contraire, qu’il faille être inattentif aux légitimes angoisses arméniennes auxquelles nous, vrais européistes, devons apporter les bonnes réponses. Et cette loi mémorielle n’en est pas une. Il faut en premier lieu affirmer la reconnaissance pleine et entière des Arméniens comme un peuple européen, ce qu’ils sont à tous points de vue, n’en déplaise à certains nationalistes, en Russie ou ailleurs, un peuple européen aux frontières extrêmes de notre continent. Et il faut affirmer aussi que, parce qu’européenne, l’Arménie a vocation au même titre que la Géorgie voisine, mais aussi que la Russie, à rejoindre l’Union Européenne et à s’abriter derrière son bouclier géopolitique et économique. C’est avec nous, entre européens, que le peuple arménien retrouvera la sérénité et la splendeur passée. Ainsi, qui s’attaquerait demain aux Arméniens s’attaquerait en même temps à l’Europe toute entière. Et cette affirmation de l’européanité de l’Arménie, et ce qui devra en suivre logiquement, voilà la bonne réponse. Nous n’oublierons pas les fils d’Hayk dans l’Europe de demain, mais nous n’exprimerons notre sympathie à leur égard par une loi liberticide de circonstance.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

02/05/2010

L'Arménie, un pays européen

hayk-nahapet.jpgUne histoire complexe entre l'Europe et l'Asie.

L'Arménie historique résulte de l'influence de deux populations, à savoir un peuplement hourrite et/ou ourartéen, venu du Caucase, et un peuplement indo-européen, celui des Arméniens au sens strict, venu selon certains historiens des régions balkaniques ou bien issus des Cimmériens qui s'étaient installés dans cette région.

La langue arménienne est indo-européenne, bien que sa forme la rapproche aussi bien de l'Europe que de l'Iran. Lorsqu'on étudie les divinités de l'ancienne Arménie, on distingue ainsi deux ensembles, les divinités indigènes et les divinités importées d'Iran. Les premières sont composées principalement de divinités astrales, comme la déesse de l'aurore et des étoiles Astlig, le dieu du soleil Arev et la déesse de la lune Lusin (qui nous rappelle le mot français lune). Les secondes sont des divinités d'origine iranienne mais acclimatées à l'Arménie, à l'instar du dieu du feu et de l'orage, Vahagn, qui correspond au dieu iranien de la victoire Bahram, du dieu du soleil Mehr (iranien Mithra), de la déesse de la fécondité Anahid (iranienne Ahanita) ou encore du dieu du ciel Aramazd (iranien Ahura Mazda).

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22:15 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, arménie, psune, ferrier | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/04/2010

L'Arménie défend l'Europe

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AFP | 22/04/2010 | L'Arménie gèlera l'accord avec la Turquie

Les trois partis de la majorité parlementaire en Arménie ont indiqué aujourd'hui qu'ils allaient geler le processus de ratification de l'accord de normalisation des relations avec la Turquie.

Source (Forum du PSUNE)

05/03/2010

Génocide : tensions USA/Turquie

AFP - 04/03/2010 | La Turquie a rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis "pour consultations" aussitôt après l'adoption par une commission de la Chambre des représentants d'une résolution qualifiant de "génocide" les massacres d'Arméniens commis sous l'Empire ottoman, selon un communiqué officiel turc. "Nous condamnons cette résolution qui accuse la nation turque d'un crime qu'elle n'a pas commis", a déclaré le gouvernement turc. "A la suite de cet incident, notre ambassadeur à Washington, Namik Tan, a été rappelé à Ankara pour consultations", ajoute le communiqué. Le texte adopté par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, par 23 voix contre 22, appelle le président américain à "qualifier de façon précise l'extermination systématique et délibérée de 1.500.000 Arméniens, de génocide".

Source (AFP via LeFigaro.fr)