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27/08/2016

De l’importance des frontières pour l’Europe. Réponse à l’europhobe Juncker.

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hadrians-wall.jpgAux yeux de Jean-Claude Juncker, président de la commission dite « européenne », « les frontières sont la pire invention politique. » Un tel propos traduit, outre une inconscience politique totale à un moment où les Européens s’inquiètent d’un flux migratoire aux frontières du continent, une idéologie de nature mondialiste. Dans sa vision du monde, la seule frontière c’est celle qui sépare le globe de l’espace.

Cette phobie des frontières, cette « horophobie », n’est pas l’apanage du seul Juncker. C’est la pensée de tous ceux qui prônent l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, de tous ceux soutiennent une immigration aneuropéenne sans limites, une Europe passoire où tout migrant qui franchit ses « frontières » devient automatiquement citoyen. Elle accompagne naturellement le rejet du « droit du sang » donc de la notion de droit de propriété sur un territoire donné. « Le monde appartient à tous » et autres niaiseries gauchistes, qui nous démunissent face au mal, dominent leur (non-)pensée.

A contrario, les souverainistes fétichisent la notion de « frontière nationale » sans saisir le fait qu’avec la mondialisation la frontière est surtout à l’intérieur même de la nation, entre ceux qui y ont leur place légitime et ceux dont des gouvernements laxistes ont choisi d’imposer la présence aux dits légitimes.

La question de Schengen est très significative. Le choix de supprimer les frontières internes à l’Union Européenne n’est pas scandaleux. La frontière a pour but de séparer deux entités et non de diviser une seule entité. Si on estime que les Européens ont entre eux une parenté commune et un devenir commun, alors il est même normal qu’ils aient une frontière commune.

Le problème de Schengen, c’est néanmoins celui du vase à moitié rempli, comme dans tout ce que fait l’actuelle Union Européenne qui ne va jamais au bout des choses. La suppression des frontières intérieures implique le renforcement des frontières extérieures et non leur fragilisation. En laissant aux Etats le soin de protéger leurs frontières avec l’espace hors Schengen, donc en mettant en première ligne des pays comme la Grèce, l’Espagne ou l’Italie, des pays sous-dimensionnés en moyens financiers, pour certains à peine sortis de dictatures et donc plus enclin au laxisme de type gauchiste, ou chrétien, que les autres, l’Union Européenne a commis une faute majeure.

Puisque Schengen est incapable de faire respecter les frontières communes, alors que se passe-t-il ? Chacun fait comme il peut. La Grèce construit un mur à sa frontière avec la Turquie en Thrace. La Hongrie construit un mur tout autour pour empêcher les migrants d’y pénétrer. Le Royaume-Uni vote en faveur d’un brexit, même s’il n’est pourtant pas membre de l’espace Schengen, tant l’incapacité de l’UE à maîtriser les flux migratoires est patente.

Faire l’Europe, c’est en définir précisément les frontières, les pays qui ont vocation à en faire partie et sur quelle base. Le problème n’est pas de ne pas avoir de frontières intérieures, à partir du moment où les frontières extérieures sont bien gardées, ce qui n’est malheureusement pas le cas.

Créer un corps européen de garde-frontières doté des moyens d’agir ne suffirait pas. Déterminer une politique européenne à adopter face aux migrants, et ce dans le sens de la fermeté et de la reconduite systématique aux frontières, est nécessaire. Cela veut dire harmoniser les lois en Europe, couper l’appel d’air que certains pays comme la France envoient stupidement par idéologie mondialiste ou comme l’Italie avec les déclarations inopportunes du Vatican dans le sens du laxisme.

Cela veut aussi dire verrouiller les frontières de l’Union Européenne avec la Turquie et de contrôler activement la Mer Egée afin de ne plus être les otages d’Erdogan. Il est d’ailleurs plus que temps de mettre fin au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Défendons nos frontières.

Mais qui dit diplomatie européenne, politique européenne de gestion des flux migratoires, corps européen de garde-frontières, et donc implicitement armée européenne et police européenne, donc en somme qui dit frontières européennes, dit « Etat européen ». On retrouve là le concept propre au Parti des Européens, à savoir que sans Etat européen unitaire, et identitaire, nous sommes démunis. A ce moment là, les souverainistes ont raison. Sans frontières européennes, les frontières nationales s’imposent automatiquement.

Donc oui aux frontières, mais à de vraies frontières européennes, solidement gardées même si ouvertes aux Serbes, Albanais, Arméniens, Ukrainiens ou Russes par exemple, qui sont des Européens, mais fermées aux autres. Refusons de supprimer les visas pour les Turcs mais réfléchissons vraiment à les supprimer pour les Russes, un souhait de Poutine qui irait dans l’intérêt de toute l’Europe, à partir du moment où la Russie respecte des normes précises, et communes, permettant d’éviter toute falsification par des migrants. Certains dénoncent une Forteresse Europe imaginaire, alors que le laxisme règne. Au contraire, bâtissons-la.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

24/08/2016

L’impuissance présidentielle en France.

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constitution,président de la république,impuissance,Sarkozy,Le Pen,HollandeDans un article d’avril 2016, nous avions dénoncé l’obsession présidentielle en France, cette « mère des batailles » qui excite les passions avec un président sortant profondément rejeté, mais qui n’a pas encore officiellement annoncé se représenter, désormais 13 candidats de droite prêts à s’affronter dans des primaires, et dont fait partie le président précédent, la candidate du FN créditée dans les sondages de 26% à 28% des voix environ, garantie a priori d’être qualifiée pour le second tour, et une quarantaine de candidats déclarés, surtout de gauche. De plus, les mêmes candidats de 2012 seront à peu près tous candidats en 2017 sauf surprise, ce qui montre le peu de renouvellement de la classe politique en France.

S’il y a autant de candidats pour la place suprême, on supposera deux choses, à savoir que la place est bonne, et de cela on ne doute pas quand on observe l’actuel président, mais aussi qu’on y dispose d’un réel pouvoir d’action, d’une capacité de changer les choses. C’est ce que Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan notamment expliquent, faisant de cette élection un enjeu majeur. Voilà le mythe auquel j’entends ici m’attaquer.

Prenons comme hypothèse par exemple Marine Le Pen, puisqu’elle fait partie des candidats déterminés le plus à changer les choses et qu’elle est en mesure d’être au moins au second tour. Supposons donc que, par un faisceau de convergences favorables, la présidente du FN soit élue présidente, face à un président sortant usé ou à un candidat de droite très démonétisé. Elue, pourrait-elle alors changer les choses et appliquer son programme ?

Il lui faudrait d’abord gagner les élections législatives suivantes un mois après. Un candidat de droite ou de gauche bénéficiera de « l’effet président » mais Marine Le Pen, élue on l’imagine dans un contexte d’extrême-tension, n’en disposerait pas forcément, et surtout son appareil politique ne serait sans doute pas prêt à gouverner. Il y aurait donc sans doute un groupe présidentiel de taille correcte mais incapable de gouverner seul. Il faudrait donc établir une coalition avec la droite, en acceptant l’idée que cette dernière y soit prête et n’exige pas d’être à sa tête.

Et la voici alors déjà bloquée à peine élue et incapable de changer radicalement les choses comme elle s’y était engagée. Supposons donc une deuxième hypothèse, et cela commence à faire beaucoup, à savoir que par un étrange concours de circonstance le FN soit majoritaire à l’assemblée ou dispose en tout cas d’une forte minorité. On peut alors imaginer une coalition de droite guidée par le FN, même si aucune coalition de cette nature n’a encore existé autour de la droite nationale depuis 1945.

Présidente à la tête d’une majorité de coalition, dont la stabilité resterait alors à démontrer, car les élus de droite pourraient « claquer la porte » face à toute proposition un peu courageuse sur des thématiques identitaires par exemple, elle serait donc en mesure de changer radicalement de politique ? Et bien, même dans ce cas, non.

Le Sénat en France a été créé pour empêcher toute alternative politique trop radicale. Son mode de scrutin, indirect et par le biais d’un renouvellement d’un tiers tous les trois ans, rend les possibilités pour un parti comme le FN, mais tout autant pour le Front de gauche d’ailleurs, d’y être majoritaire illusoires. Or sans le soutien du Sénat, aucune réforme constitutionnelle ne peut être engagée. En effet, selon l’article 89 de la constitution française, le président propose un texte aux deux assemblées, qui ont un pouvoir égal, et qui doivent le voter de manière identique. Ce n’est qu’après cette procédure que le président peut convoquer un référendum ou le congrès.

En termes clairs, le Sénat bloquerait concrètement tout parti déterminé à changer radicalement de politique. Et à ce blocage, il faut ajouter l’attitude du conseil constitutionnel. Ce dernier, depuis son coup d’état juridique de 1973, a gagné un pouvoir important. Si la réforme constitutionnelle contrevient aux principes fondamentaux, il pourrait donner un avis défavorable et censurer la dite réforme. Serait-il ainsi possible de le contourner, comme le faisait De Gaulle à son époque ? C’est peu probable en ayant une des deux chambres à dos.

Les Etats européens modernes, pour se prémunir contre toute « révolution par les urnes », et en souvenir de l’arrivée au pouvoir par ce biais d’un dictateur d’origine autrichienne, ont blindé leur constitution. La loi fondamentale allemande de 1949 par exemple a un pouvoir considérable et pourrait interdire tout parti qui aurait dans son programme une rupture radical d’avec ce cadre juridique. Et le mode de scrutin choisi au Royaume-Uni (majoritaire à un tour) ou en France (majoritaire à deux tours) est également un frein considérable.

Les candidats aux élections présidentielles, tous camps confondus, font des promesses aux électeurs dont ils n’ont aucune garantie de pouvoir les réaliser, à supposer que cela soit leur intention. La gauche et la droite ont au moins la possibilité de disposer d’une majorité à l’assemblée et éventuellement au sénat. Cela a permis au gouvernement PS de faire passer un certain nombre de lois, dont le « mariage pour tous », mais souvent grâce à l’appui de centristes. La droite de même pourrait engager certaines politiques plus ou moins courageuses, mais pas trop courageuses quand même pour ne pas perdre l’appui du centre.

Si le centre revendiqué, le Mouvement Démocrate de Bayrou par exemple, est assez faible, le centre-droit et le centre-gauche sont très forts et pèsent dans les politiques publiques. C’est eux qui empêchent toute vraie réforme. Même si Sarkozy par exemple muscle son discours devant les journaux télévisés, qu’est-ce qui prouve que s’il est élu il pourra le réaliser. En 2007 il a déchanté en découvrant le pouvoir réel d’un président. Il est même tombé de haut.

Un président français peut-il changer les choses en bien ? Je ne le crois pas. Cet enjeu électoral qu’on nous présente comme la « mère des batailles » ne déterminera pas notre avenir, même si un président catastrophique peut avoir un très mauvais impact sur le moral de ses concitoyens. Ce n’est donc pas totalement sans importance mais il ne faut pas en attendre un quelconque salut.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

17/08/2016

Retour sur le droit du sang. Un débat fondamental.

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slide_24.jpgLe néolithique constitue une rupture considérable dans l’histoire de l’humanité. C’est là que naissent les premières communautés organisées autour de villages puis de cités. Elle oppose irrémédiablement l’homme de l’avenir, qui est le sédentaire, à l’homme du passé qu’est le nomade. Ce qui subsiste du mode de vie nomade, ce sont des asociaux qui vivent aux dépens des populations agricoles. Lorsque dans la mythologie latine, Romulus fonde Rome, il dessine des frontières symboliques définissant le pomœrium, un espace sacré. C’est parce que Remus franchit cette frontière, en élément extérieur donc « nomade », que Romulus le tue. Fonder une cité, c’est en définir les frontières et les habitants légitimes.

A Athènes, le mythe de l’autochtonie définit la citoyenneté. C’est par leur implantation ancienne, sans cesse renouvelée par les générations successives, que le citoyen s’enracine dans sa terre. Cela définit des ayant droits naturels, héritiers de la longue mémoire de la cité mais aussi chargés de la transmettre à leurs descendants. L’introduction de nouveaux citoyens, qui n’en seraient pas les porteurs naturels par l’histoire, serait un élément de rupture dans cette continuité millénaire.

Les Pisistratides, famille de tyrans ayant régné à Athènes, ne voyaient pas dans les Athéniens des citoyens mais des sujets. Peu importe alors que ces derniers soient athéniens « de souche » ou venus d’ailleurs. Au fond, les hommes n’étaient que du bétail et leur provenance ne comptait donc pas. Ce principe se retrouva à la fin de l’empire romain, lorsque les principes de liberté de la république périclitèrent, avec Caracalla qui donna la citoyenneté romaine à tous les hommes libres nés sur le sol impérial en 212 après J.C. C’est un principe qu’on retrouve sous la féodalité, où le droit du sang est réservé aux seigneurs, mais où « tout serf né sur la terre d’un seigneur est serf du dit seigneur ».

Lorsque Périclès est arrivé au pouvoir et a établi les fondements de la démocratie à Athènes, même s’il eut des précurseurs comme Solon et Clisthène, une des premières mesures qu’il prit fut de redonner à la citoyenneté athénienne tout son sens. En 451 avant J.C, il établit ainsi la règle de citoyenneté suivante : « est athénien celui né de deux parents athéniens mariés selon les lois de la cité ». Ses propres enfants, qu’il eut de la grecque Aspasie, qui n’était pas athénienne, ne furent pas citoyens de droit. Il semble néanmoins que, toute exception confirmant la règle, les Athéniens les aient finalement naturalisés à l’issue d’une assemblée plénière, ce qui était exceptionnel.

Il alla plus loin, bravant ce que le droit moderne appelle « principe de non-rétroactivité ». Du fait que les tyrans avaient bradé la citoyenneté athénienne afin de se créer des allégeances en la conférant à des gens qui n’auraient pas pu l’obtenir du peuple, Périclès choisit de remettre en question toutes les naturalisations antérieures à son arrivée au pouvoir. Des milliers de personnes furent ainsi privées de la citoyenneté athénienne, dont ils avaient disposé par les tyrans, et donc implicitement rétablies dans leur citoyenneté d’origine.

A une époque où une forme de néo-nomadisme qu’on appelle « migration internationale » veut s’imposer et briser l’unité des populations sédentaires regroupées en Etats-nations homogènes, afin d’établir un monde sans frontières où régnera sans partage le principe du renard dans le poulailler, selon le cauchemar pensé par les partisans du mondialisme, il est fondamental de rétablir en France et en Europe les principes de citoyenneté propres à une démocratie et destinés à en garantir la pérennité. Face à cette rupture que voudraient imposer les mondialistes, le droit (démocratique) du sang ou « ius sanguinis » est le garant de la continuité entre les générations, le garant du droit inaliénable des autochtones à demeurer eux-mêmes sur la terre de leurs ancêtres.

C’est au service d’intérêts étrangers qu’en Europe, le droit du sang qui dominait alors sans partage, de l’Islande à la Russie, et y compris en France, a été affaibli par la décision des gouvernements successifs qui n’avaient aucun mandat en ce sens et qui se sont bien gardés de demander leur avis aux citoyens, pourtant les premiers concernés, de la même façon qu’ils ont imposé une immigration de peuplement, après avoir pourtant permis une immigration de travail à vocation temporaire, qui aurait dû prendre fin dès les premiers signes d’une montée du chômage.

Certes, l’Etat français avait introduit une forme de droit du sol dès 1889 afin de pallier à son déficit démographique face à l’Allemagne, mais cela ne concernait que des populations européennes, donc de même souche, dans un contexte où les migrations internationales restaient très limitées et uniquement intra-continentales. Ce faisant, malgré tout, il trahissait les intérêts de son peuple en mettant le doigt dans un engrenage qui finit par perdre l’empire romain, même si à l’époque, dans son contexte, cette mesure était sans danger. Elle devait en revanche devenir mortifère avec l’établissement d’un empire colonial en Afrique et en Asie du sud-est puis avec l’immigration post-coloniale qui en résulta dès les années 60.

Dans les années 2000, à la suite d’une propagande continue, le droit du sang, qui était la règle en Allemagne, en Italie et en Grèce, cette dernière respectant alors cette longue tradition athénienne établie par Périclès, fut sabordé. Bien sûr, tout comme en France, il existe toujours mais le mode d’acquisition de la nationalité a été considérablement élargi, et ce à chaque fois par la gauche ralliée par un universalisme tordu aux principes les plus délétères du mondialisme libéral, bien sûr une gauche sans mandat pour agir mais animée par une idéologie folle, et proprement eurocidaire disons le.

Le droit du sang, c’est donc rien de moins que la règle du sédentaire voulant se protéger du nomade, la règle du citoyen pour ne pas être ravalé au rang de sujet, la règle de l’indigène maître chez lui, la règle de l’ayant droit naturel protégé contre toute dépossession de son héritage par un tiers. C’est donc par principe le rejet du mondialisme et c’est pourquoi ce dernier s’attaque à lui et aboie contre toute personne qui voudrait le restaurer dans sa splendeur passé. C’est donc bien un débat fondamental. Enracinement ou néo-nomadisme, droit de l’indigène ou droit du migrant. Le salut de l’Europe passera nécessairement par le rétablissement, sous une forme nationale mais plus vraisemblablement européenne, comme je le prône, du droit du sang comme règle d’accès à la citoyenneté.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

13/08/2016

Vers où va ou ne va pas l’Union Européenne ?

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Flag_of_Europe_europlite_forum.pngDans un article du Monde en date du 8 août 2016, l’analyste Charles Grant explique qu’il n’y aura plus de traité européen majeur car l’Union Européenne serait bien incapable d’obtenir sa validation par les peuples à qui on poserait la question. Une organisation qui ne peut plus aller de l’avant ne peut être amené qu’à reculer et si elle n’est plus réformable, car nécessitant l’aval de tous les membres, alors l’insupportable statu quo actuel, où elle est incapable de décider quoi que ce soit, et surtout pas dans l’intérêt de tous les Européens, est là pour durer. Or il nous emmène au précipice. Les États ont été dépossédés de pouvoirs que les gouvernements n’avaient plus le courage d’exercer de toute façon, et l’Union Européenne ne les a pas pour autant récupérés. En fait, États et Union Européenne se neutralisent réciproquement. Il faut donc sortir de ce nœud gordien, soit par un recul total soit par une avancée audacieuse.

Avec le brexit, à savoir la prise d’otage de l’ensemble des Européens (de l’UE) par un seul État et son gouvernement, on voit bien que la gouvernance partagée qu’est l’actuelle Union ne fonctionne pas. Elle pouvait éventuellement marcher à 6 mais pas à 28. Surtout l’UE n’a rempli aucune de ses promesses sans reconnaître qu’on ne lui a jamais vraiment donné les moyens de toute façon de les réaliser. Elle ne pouvait que décevoir et être impopulaire, à l’image des gouvernements nationaux, rejetés systématiquement dans les urnes à chaque alternance, dont elle n’est au final que la synthèse. Les maux de chaque Etat sont démultipliés au niveau européen.

Ou bien l’Union Européenne cède officiellement devant les États, qui sont gangrénés et qui mentent à leur opinion publique, et plutôt que de lentement se déliter, met fin rapidement à son existence, pour le meilleur comme pour le pire, ce qui pose la question de l’avenir de l’euro. Ou bien l’Union Européenne est réorientée au forceps par un nouveau courant politique européen, qui ose affronter tous les tabous, et en premier lieu le tabou migratoire, et amenée à faire ce qu’elle se refuse, à savoir enfin oser le bras de fer avec les Etats, et bâtir une Europe politique non pas avec eux mais contre eux et contre les gouvernements, en s’appuyant alors sur l’électorat européen lui-même, à nouveau convaincu de tenter une expérience européenne, mais cette fois solide et poussée jusqu’à ses extrémités.

Dans ce cadre, toutes les organisations représentant les États seraient mises à bas, à l’exception du seul parlement européen, pivot de la révolution institutionnelle. La commission serait démantelée ainsi que les deux conseils représentant les chefs d’état et les ministres (Conseil Européen et Conseil de l’Union Européenne). Un gouvernement européen provisoire contrôlé par le parlement puis adoubé par les Européens via un référendum continental verrait alors le jour en substitution de ces gouvernements pseudo-nationaux (véritables valets du mondialisme, tout comme l’UE actuelle, qui n’est que leur jouet).

En attendant ce jour où les Européens trouveraient l’unité dans le réveil identitaire commun face aux périls qui s’annoncent et ceux déjà là, il faut prôner sans relâche une autre politique. La seule qui pourrait séduire les Européens et susciter un relèvement moral impliquerait une grande fermeté.

La première chose sera de mettre fin officiellement, et de manière unilatérale, à l’adhésion de la Turquie, hypothèse éloignée mais symboliquement nocive. Disons enfin clairement que l’Europe et la Turquie n’ont pas de destin commun.

La seconde chose sera de mettre fin à la tutelle américaine en Europe en démasquant les pseudo-européens atlantistes qui roulent pour Washington, tout comme ces nombreux « souverainistes » en Pologne ou au Royaume-Uni qui parlent de liberté et d’indépendance alors qu’ils sont au service des USA. Il faudra remettre en question l’OTAN, une organisation qui aurait dû déjà être démantelée en 1991. Il y aura lieu alors d’oser enfin bâtir l’armée européenne pour laquelle 70% des Européens au moins sont favorables, ce qui est impossible en restant dans l’OTAN et en se plaçant en position de vassalité face à Washington. Tant pis pour les Polonais et les Lituaniens qui craignent l’ours russe, un chiffon rouge que les USA excitent devant eux pour s’assurer de leur soumission.

La troisième chose sera de parler à Poutine d’égal à égal, de lui rappeler ses propos de 2005 sur la Grande Europe, et de pacifier autour d’une table la situation de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie. Établissons un grand partenariat d’Europe orientale, en y intégrant pleinement la Russie. Cela sera possible à partir du moment où les USA auront été retirés de la négociation. Une élection de Trump, partisan déclaré de l’isolationnisme, pourrait aider à le faire en souplesse. Il ne faudra rien céder à la Russie que celle-ci ne sera pas prête à céder en retour. Les Polonais et les Lituaniens attendent des actes rassurants. Ils les auront. La Russie fera les efforts consentis si l’Union Européenne, ou l’Europe réorientée, est prête à en faire de son côté. Nous commencerons par supprimer le visa d’accès à l’UE pour les Russes. Il faudra aussi établir un partenariat énergétique. Dans ce contexte, la Russie cessera de jouer contre tout bon sens la carte de l’eurasisme et bâtira avec les autres Européens les bases d’une future unité continentale complète.

La quatrième chose, la plus délicate mais aussi la plus impérieuse, sera d’affronter la question migratoire. Il faudra clairement signifier que l’Europe refusera tout multiculturalisme d’exportation, finalisera le processus de décolonisation qui est en stand-by depuis un demi-siècle, et s’opposera à l’implantation de migrants sur son territoire. Au contraire, elle devra s’atteler à une reconquête identitaire, doublée d’une relance de sa natalité indigène, et créer ainsi le contexte propice à une forte « inversion de flux ». Elle changera de référentiel, préférant les valeurs européennes éternelles aux valeurs contextuelles du « bas-empire » européen. Notre avenir est avec les Russes et avec tous les (autres) Européens, mais pas avec les anciens pays colonisés, qui ont choisi à juste titre leur liberté, ni avec la Turquie qui se tourne à nouveau vers l’orient et vers l’islam, mettant fin à la parenthèse kémaliste.

L’Europe politique se fera quand elle s’assumera comme projet identitaire et de civilisation. L’Union Européenne actuelle préfère se soumettre aux dogmes mondialistes. Nous les lui arracherons un par un. Nous ferons de l’Union Européenne ce qu’elle aurait dû être, l’antichambre vers l’Europe Nation, vers la République Européenne, une puissance redoutée et respectée et non l’actuel paillasson.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

La Turquie contre l’Union Européenne.

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Erdo.JPGLes derniers évènements du mois de juillet nous invitent à revisiter une nouvelle fois la question turque à la fois sur sa profondeur historique et sur son devenir probable. Cette analyse sera suivie d’un autre article faisant le constat de la situation réelle de l’Union Européenne et des solutions radicales qu’il faudra oser mettre en œuvre.

Kémalisme et contre-kémalisme.

En 1921, le traité de Sèvres organise le démantèlement de l’empire ottoman, vaincu de la première guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. Outre l’indépendance sous tutelle des pays arabes qui lui appartenaient encore, la naissance d’un Kurdistan, l’extension de l’Arménie, était prévu le rattachement de la Thrace, sauf Istanbul, et de la région de Smyrne à la Grèce ainsi que l’annexion de la Cilicie par l’Italie, pour la remercier de son soutien de 1915.

Face à cette opération organisée par les vainqueurs, le peuple turc autour de la figure de Mustafa Kemal réagit in extremis, amenant à une douloureuse défaite pour les Grecs, avec des échanges de population, et la perte de tout ce que le traité leur avait promis. En 1923, le traité de Lausanne sera beaucoup plus favorable à la Turquie, qui a remplacé l’empire ottoman.

Atatürk n’avait pas comme ambition de faire de la Turquie un pays européen, mais de s’inspirer de l’Europe pour rendre son pays plus fort, un peu comme les Meiji firent au Japon. S’il avait sur un plan personnel la religion islamique en horreur, il n’était pas non plus question de désislamiser son pays mais simplement de neutraliser les éléments de la religion qui entreraient en conflit avec son projet.

Comme référent identitaire, Atatürk voulait démontrer que son pays était de civilisation indo-européenne (« aryenne ») mais il ne pouvait pas aller jusqu’à considérer les Turcs modernes comme descendants des Grecs et des Arméniens qu’il avait combattus. Aussi fit-il de ces derniers des Hittites, et le choix de la capitale Ankara, l’ancienne Ancyre, à proximité de la capitale hittite Hattusa n’était pas dû au hasard. Dans le même temps, il favorisa l’héritage turc païen « tengriste » en mettant en avant les mythes fondateurs (Ergenekon, la louve Asena), les runes oghuz et le nom du dieu céleste turc Tanrı (ancien turc Tengri, le « ciel bleu »), traduit par « Dieu », au lieu du nom arabe d’Allah.

Arrivé au pouvoir en 1921 et mort en 1938, Atatürk supprima le califat, fit adopter l’alphabet latin et une onomastique à l’européenne, abolit jusqu’au fez et interdit le voile islamique à l’école. En 17 ans, il fit avance au forceps son pays au XXème siècle, allant jusqu’à reprendre le code civil de la Suisse et accordant le droit de vote aux femmes, alors que la France ne le fit qu’en 1946. Seulement les mentalités évoluent plus lentement et le meilleur des hommes ne peut changer les hommes autant qu’ils le voudraient. Si Inönu sut préserver la Turquie d’un soutien à l’Allemagne qui lui aurait coûté très cher, il n’eut pas la volonté de réformer qu’avait son prédécesseur. Et dès les années 60, la Turquie commença lentement mais sûrement à revenir en arrière.

L’islamisme, la réponse au kémalisme.

Dans les années 30, le monde musulman se mettait à l’école de la Turquie, à l’instar de Reza Shah en Iran et d’Amanullah Shah en Afghanistan. Le baasisme arabe lui-même voulut ramener l’islam à la mosquée et le sortir de la rue. Mais un ennemi se mit en travers de la route de la modernité, à savoir l’islamisme sous ses différentes formes. Si l’islamiste Erbackan, dix ans avant Erdogan, a pu même pendant quelques mois accéder au pouvoir, c’est bien que la Turquie se réislamisait. Et songeons à la « contre-révolution » de 1979 en Iran, par la faute des USA, même si leur créature se retourna ensuite très vite contre eux.

Il serait excessif dès lors de considérer que la victoire de l’AKP de Recep Erdogan au début des années 2000 a réislamisé le pays. Il a plutôt bénéficié d’un recul du sentiment laïc dans la population, avec l’arrivée dans les grandes villes de populations rurales qui n’avaient été touchées qu’en surface, et encore, par la révolution kémaliste. Bien entendu, sa victoire encouragea le phénomène qui l’avait permise et la réislamisation continua avec ses encouragements.

C’est là que Recep Erdogan eut une idée de génie, sans doute en prison lorsqu’il y purgeait sa peine, condamné pour avoir repris à son compte un propos islamiste, à savoir se servir de la démocratie et d’un processus d’adhésion à l’Union Européenne pour briser les résistances nationales, et notamment l’armée gardienne des dogmes kémalistes, et les carcans juridiques. Force est de constater que le génie d’Erdogan réside dans cette lecture brillante de la situation. Et en août 2016, on peut affirmer qu’il a amplement réussi.

L’Union Européenne, allié involontaire de l’islamisme turc.

Or cette stratégie de réislamisation rampante était évidente pour de nombreux analystes européens. Faire le jeu de l’AKP, sous prétexte que cette dernière voulait rapprocher la Turquie de l’Union Européenne, alors que la promesse d’adhésion de 1963 faite par Adenauer et De Gaulle n’avait à l’époque visé que la question du marché commun, était dangereux. Et pourtant, sous l’impulsion des USA, en 2005 l’Union Européenne ouvrir les pourparlers d’adhésion, malgré l’opposition de nombreux Européens et même d’une figure éminente comme Giscard d’Estaing. L’Autriche fit mine de résister avant de céder en échange d’une accélération du processus d’adhésion de la Croatie.

Ce grand succès d’Erdogan ne fut pas pour rien dans sa popularité en Turquie. Néanmoins, en 2007 il échappa de peu, à un juge près, à l’interdiction de son parti, ce qui aurait signifié sa perte. Dès lors, plus rien ne devait lui résister. Au nom de l’adhésion, dont le principal obstacle était le poids de l’armée, il réussit à affaiblir l’opposition et à emporter sans discontinuité toutes les élections. Des procès bien opportuns suite à la dénonciation de complots douteux (dont le complot « Ergenekon ») lui permirent de mettre l’armée et la presse au pas. Le coup d’épée dans l’eau d’une partie de l’armée en juillet 2016, insuffisamment soutenue pour réussir, afin de faire tomber Erdogan, ne fit que le renforcer. Et il a pu dès lors officiellement jeter le masque.

Alors même que les pourparlers d’adhésion sont au point mort, Erdogan a trouvé une parade aux critiques occidentales en inventant le protocole « migrants ». Le laxisme migratoire de nos dirigeants, même si ces derniers sont obligés de « limiter la casse », a permis à Erdogan, dans le contexte de la guerre en Syrie, de faire chanter toute l’Union Européenne, ayant le doigt sur le bouton de pression lui permettant de faire déferler sur notre continent 2.5 millions de migrants.

L’adhésion turque abandonnée de fait.

Désormais Erdogan n’a plus besoin de jouer le jeu d’une adhésion théorique à l’Union Européenne, même si cette dernière était devenue dans les faits une véritable Arlésienne, même s’il espérait officiellement qu’elle ait lieu en 2023. Il peut donc lui parler mal, railler ouvertement ses dirigeants, se moquer ainsi de Steinmeier ou d’Ayrault, et même menacer les USA si ceux-ci ne cèdent pas à son injonction de lui livrer Fetullah Gülen.

Il exige que l’Union Européenne abolisse les visas turcs, ce qui permettra à n’importe quel turc d’Asie centrale muni d’un passeport turc de venir chez nous, alors même qu’il est incapable de respecter les normes en vigueur en la matière, sinon il remettra en cause l’accord sur les migrants, accord qui a permis à la Turquie de toucher plusieurs milliards d’euros quand même.

Après avoir écarté non seulement l’opposition (CHP et MHP) mais aussi ses camarades de l’AKP devenus gênants, Abdullah Gül ayant été marginalisé et même Ahmed Davutoglu limogé, après avoir soutenu l’opposition islamique à Bachar-El-Assad avant de se raviser progressivement, il négocie désormais avec Vladimir Poutine, trop heureux de mettre de son côté un pays membre de l’OTAN.

En conséquence, Danemark et Autriche ont exigé l’arrêt officiel de l’adhésion turque, ce que Juncker, Merkel et Hollande leur refusent, ménageant cet « allié » de circonstance qui n’en est pas un. Personne n’ose toucher à l’idole sacrée, à remettre en cause ce processus fantasmatique ou son appartenance à  l’OTAN. Le Conseil de l’Europe apporte son soutien à Erdogan. L’OTAN également. Pourtant, les dirigeants de l’UE et des USA n’auraient pas été malheureux si leur ex-poulain avait été débarqué et Erdogan le sait pertinemment. Mais avec plusieurs millions de Turcs venus le soutenir dans les rues d’Istanbul, il n’a peur de rien. Sa dernière provocation est d’évoquer le rétablissement de la peine de mort, le tabou absolu au sein de l’Union Européenne, son rétablissement dans un pays membre pouvant amener ce dernier à être sanctionné par ses partenaires.

L’Union Européenne a permis à la stratégie d’Erdogan de réussir et elle en paie désormais le prix. Elle en est la seule responsable, sachant que nombreux étaient ceux qui avaient mis en garde ses dirigeants contre une évolution probable. Erdogan n’a jamais voulu que son pays adhère à l’Union Européenne, dont il connaissait les faiblesses et les défauts, et dont il a d’ailleurs profité. Désormais seul maître à bord, il ne partagera ce pouvoir durement gagné avec personne. Il n’a plus d’adversaires à l’intérieur du pays, aucun adversaire en tout cas capable ou déterminé à lui tenir tête. Beau succès de l’UE en vérité. Tout l’héritage d’Atatürk est désormais en danger. Erdogan n’en laissera que des lambeaux.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

27/06/2016

Elections parlementaires en Espagne : le Parti Populaire en tête

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ES.pngCe dimanche 26 juin, des élections législatives étaient organisées à nouveau en Espagne, suite à l’incapacité des partis de mettre en place une coalition gouvernementale, en raison notamment du poids croissant de Podemos dans l’opinion. La droite (Parti Populaire) avait notamment fait un score assez médiocre en 2015 avec 28.71% des voix contre 22% pour le PSOE.

Le Parti Populaire de Mariano Rajoy obtient 33.03% (+4.2%) des voix et 137 sièges (+14) et sort donc conforté dans les urnes, après son échec cinglant en 2015. Beaucoup d’électeurs ont voulu voter utile et éviter de se retrouver à nouveau dans la situation d’instabilité gouvernementale. Difficile néanmoins de dire si le PP va pouvoir gouverner au sein d’une coalition de centre-droit, sachant qu’il faut 175 sièges au moins pour disposer d’une majorité.

Le PSOE progresse quant à lui très légèrement, en obtenant 22.66% des sièges (+0.7%) mais en régressant en nombre de sièges avec seulement 85 députés (-5). Il reste donc durablement affaibli par la montée en puissance, à ses dépens, de Podemos et par le poids en général de la gauche radicale.

Podemos, divisé en trois listes contre deux en 2015, a obtenu en tout 17.55% des voix (+0.6) et 59 sièges (+2). L’organisation se renforce donc légèrement dans les urnes mais bien moins que certains sondages ne le laissaient présager. Elle est néanmoins durablement enracinée dans le cadre électoral espagnol.

Ciudadanos (C’s), la formation de centre-droit, qui sera peut-être le partenaire de la droite parlementaire, obtient 13.05% des voix et 32 sièges. La formation perd 0.9% des voix et 8 sièges. A eux deux, PP et C’s n’auraient pas la majorité. Il est probable que la droite catalane (CDC) s’ajoute à l’équation, le CDC ayant eu 2.01% des voix et 8 sièges, ce qui donnerait une coalition fragile de 177 sièges.

La gauche radicale se maintient dans les urnes. L’organisation En Comu Poden (ECP) obtient 3.55% des voix et 12 sièges alors que « En Comu » en 2015 obtenait 3.69% et le même nombre de sièges. Ce parti résiste donc mais ne progresse pas. L’ERC (« Gauche républicaine ») obtient 2.63% (+ 0.24= des voix et 9 sièges (-), alors que les organisations basques EAJ-PNV et EH Bildu voient leurs scores quasi inchangés, à savoir 1.2% (-) et 5 sièges (-1) pour la première et 0.77% (-0.1) et 2 sièges (-).

Enfin, le Parti Nationaliste Catalan (CCa-PNC) obtient 0.33% des voix (-0.01) et un siège unique, alors que le parti de défense des animaux (PACMA) avec 1.19% des voix (+0.32) échoue à rentrer au parlement.

La droite nationale quant à elle, représentée essentiellement par le parti nostalgique FE-JONS, n’obtient qu’environ 0.05% des voix (0.04% pour le seul FE-JONS), et échoue donc lamentablement comme à chaque fois. Son incapacité à s’unir et à renouveler le discours l’explique aisément. PxC, le mouvement identitaire catalan, est laminé avec 722 voix, et la FE (Phalange Espagnole) n’obtient que 254 voix. Tout est à reconstruire et il manque surtout la personnalité de synthèse autour de laquelle tous pourraient s’organiser. En Espagne et au Portugal aussi, la droite nationale reste marginale pour des raisons historiques, le souvenir négatif des dictatures droitières et catholiques étant encore vivace.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

25/06/2016

Un « brexit » qui fait mal

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Brexit.jpgAvec 51.9% des voix, les électeurs britanniques ont finalement choisi de soutenir le brexit, c'est-à-dire d’ouvrir un processus prévu pour durer entre deux et quatre ans et devant aboutir à la sortie du Royaume-Uni de l’actuelle Union Européenne. Contrairement à ce que disent media et responsables politiques nationaux et européens, l’UE reste pour le moment à 28. Elle ne sera 27 que dans plusieurs années et ce sous réserve que le brexit ait réellement lieu. Car il ne suffit pas de voter en sa faveur à un référendum pour que le dit processus aboutisse.

Les causes du succès du brexit.

Elles sont multiples et j’ose même affirmer que tous les électeurs qui ont voté en faveur du brexit ne cherchaient pas nécessairement à ce que leur pays quitte réellement l’Union Européenne. L’électorat est versatile et surtout rarement cohérent. Il peut parfois soutenir en même temps des positions contradictoires.

La principale raison du vote « pro-brexit » est de s’opposer à l’immigration. Le paradoxe est que, en rejetant l’UE, les électeurs envoient un mauvais signal à l’égard des travailleurs européens installés dans leur pays, alors qu’en fait les électeurs visaient les populations aneuropéennes de l’ancien empire colonial installées au Royaume-Uni et contre lesquelles un conservateur comme Enoch Powell s’opposait dans les années 60. Non seulement le « brexit » ne changera rien à la situation migratoire du Royaume-Uni mais il risque même d’aggraver les flux issus du Commonwealth.

Le dernier débat de campagne opposait le maire de Londres, d’origine pakistanaise et de confession musulmane, Sadiq Khan, avec l’ancien maire, anglais de souche, Boris Johnson. Or Khan prônait le maintien dans l’UE alors que Johnson prônait le départ. Il est bien évident que le fait que les partisans les plus acharnés du multiculturalisme et de l’islamotropisme, notamment le Labour, aient soutenu le « remain » a beaucoup fait dans le succès du « brexit ».

Par ailleurs, les actuels dirigeants de l’Union Européenne sont extrêmement impopulaires. La technostructure de Bruxelles insupporte jusqu’aux partisans les plus déterminés d’une Europe politique. Elle n’a aucune légitimité démocratique et ne sert que de bouc émissaire que les dirigeants des Etats utilisent pour s’exonérer de leurs propres responsabilités en période d’élections. Les politiciens comme Juncker, battus dans leur pays ou mis en examen, sont recasés à Bruxelles par leurs équivalents au pouvoir de Paris ou de Berlin. L’Union Européenne ne gagne quasiment jamais les referenda qui la concernent. Songeons au « double non » de la France et des Pays-Bas en 2005, ou du non irlandais au traité de Lisbonne. C’est bien la preuve d’une perte considérable de crédit et d’un rejet croissant qui est plus que légitime objectivement.

Enfin, dernière raison du succès du brexit, le désaveu de David Cameron. Ce dernier, annonçant son départ dans les trois mois, s’est vanté de son bilan, résumé au mariage pour tous, version britannique, et à l’anti-racisme. On notera d’ailleurs sa médiocrité dans la défense du « remain ». Politicien médiocre au final, qui a mis lui-même les clous sur son cercueil politique, il ne sera pas vraiment regretté.

De même, les menaces d’Obama, Soros et autres n’ont pu qu’agacer la fierté britannique et à juste titre. La peur économique, efficace chez les bourgeois, n’a eu aucun effet au sein du prolétariat britannique de souche, qui n’espérant rien, et n’ayant rien à perdre, a osé s’en affranchir. Il s’est au contraire massivement exprimé pour le brexit.

Les conséquences du brexit ?

En premier lieu, la première conséquence est une nouvelle crise de l’Union Européenne. On s’étonnera de l’empressement du président français à vouloir accélérer le brexit réel. Après tout, les dirigeants de l’UE ont l’habitude de faire revoter le peuple quand celui-ci s’exprime contre leurs intérêts. Il s’agit pour Hollande et Merkel d’empêcher la contamination qui risque de toucher surtout la Suède et le Danemark. Car il n’est pas sûr en effet qu’un « swexit » ou qu’un « danxit » ne puissent avoir lieu, vu l’état de l’opinion dans ces pays.

Mais il y a ensuite les conséquences plus concrètes pour le Royaume-Uni lui-même et il n’est pas sûr que son choix politique ait été le plus avisé. L’Ecosse va probablement appliquer au Royaume-Uni ce que ce dernier s’apprête à appliquer à l’Union Européenne. Un nouveau référendum sur l’indépendance se profile et cette fois il pourrait bien aboutir. 62% des Ecossais ont ainsi dit non au brexit. De même, le Sinn Fein a très finement réagi en annonçant sa volonté de rattacher l’Irlande du nord à l’Irlande indépendante pour rester dans l’Union Européenne. Là encore le brexit était minoritaire en Ulster. Cette provocation va certainement relancer le conflit nord-irlandais qui était endormi au sein de l’Union Européenne.

Enfin, que dire des conséquences économiques. Elles sont difficiles à prévoir. Le Royaume-Uni n’ayant pas l’euro, la crise devrait être limitée mais les agences internationales de notation, Moody comme Standard & Poor, laissent entendre qu’elles vont dégrader la note du Royaume-Uni en lui retirant son triple A. Le taux d’intérêt de la dette britannique va alors augmenter et surtout la capacité du pays d’emprunter à un taux intéressant va diminuer.

Enfin ceux qui ont mis leurs espoirs dans le brexit vont vite déchanter. Les Britanniques, dont leur pays n’était pas membre de l’espace Schengen, vont se rendre compte que l’immigration va continuer. Ce qui est logique puisqu’elle n’a jamais été liée à des décisions de l’Union Européenne mais aux gouvernements de gauche et de droite du Royaume-Uni depuis un demi-siècle. Le Royaume-Uni est peu impacté par la crise actuelle des migrants. Mais cela va peut-être changer. La France annonce en effet qu’elle ne retiendra plus les clandestins qui s’entassent dans Calais. Le « brexit » non seulement n’arrêtera pas l’immigration mais l’augmentera donc. Mais les Polonais ne viendront plus prendre le travail des Pakistanais.

Evoquons enfin les conséquences politiques. Cameron partira en octobre. Il a été douloureusement désavoué par les électeurs. A la tête d’une majorité fragile, les conservateurs conserveront-ils le pouvoir ? Les élections seront-elles anticipées ? Et UKIP ? Artisan parmi d’autres du brexit, mais marginalisé dans la campagne par Johnson et l’aide droitière des Conservateurs, et n’ayant comme but principal que la sortie de l’UE, comment va-t-il évoluer ? Il est probable que non seulement il n’en sortira pas renforcé mais qu’il va sérieusement reculer. Son rôle s’arrête une fois le brexit sur les rails. Farage va donc connaître une probable victoire à la Pyrrhus.

Le brexit aura-t-il réellement lieu ?

Le processus de « brexit » est officiellement lancé du fait même du résultat de ce référendum, mais il n’est pas pour autant accompli. Cela va prendre plusieurs années et cela va être complexe, car c’est inédit. Même si le Royaume-Uni est hors zone euro et hors Schengen, ses liens avec l’Union Européenne sont forts. Que vont devenir les fonctionnaires britanniques de l’UE ? Les députés ? Les accords de libre-échange ? Les relations diplomatiques ? Qu’est-ce que cela implique pour Euro-tunnel. Les questions sont nombreuses.

Il est tout à fait possible que les pourparlers de « brexit » n’avancent pas plus que les pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’UE. Le pourrissement est une stratégie classique. Supposons ainsi que le Labour Party gagne les prochaines élections britanniques, face à un parti conservateur implosant entre anti-UE renforcés par ce résultat et pro-UE. 69% des électeurs du Labour ont voté contre le brexit. Même si le Labour n’annoncera pas l’abandon du processus, il peut être amené à le ralentir considérablement.

En outre, si les conséquences du brexit sont trop douloureuses, l’opinion britannique peut se retourner. On a vu le cas en Islande où l’adhésion à l’UE et même à l’euro était très haute lors de la crise mais a ensuite diminué considérablement lorsque la situation s’est améliorée, au point où le processus d’adhésion a même été arrêté et la demande d’adhésion retirée. Qui peut dire dans deux ans si l’opinion publique britannique sera toujours en faveur du départ ? L’idée qu’un nouveau référendum ait lieu dans un ou deux ans pour arrêter le processus de « brexit » n’est pas absurde. Mais il faudra alors que l’UE se fasse discrète et surtout cesse toutes ses propositions  migratoires délirantes.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

30/05/2016

Retour sur l’affaire « Black M à Verdun ». Ce qu’elle révèle

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ossuairenecropole.jpgLes cérémonies d’hommage franco-allemand aux combattants de Verdun, qui se tenaient ce dimanche, nous laissent un goût amer. La course de jeunes gens organisée parmi les croix du cimetière a heurté de nombreux Français, de même que les chorégraphies inappropriées que l'on a fait exécuter à ces jeunes. Enfin, les discours politiques de François Hollande et d’Angela Merkel étaient hors sujet, dans un contexte où le silence était plus significatif que des mots et où toute récupération politicienne ne pouvait que blesser.

Face à cette jeunesse européenne, française et allemande, on se demande bien quel sens aurait pu avoir la prestation du rappeur Black M si elle n’avait pas été annulée sous la pression de la droite (au sens large), après l'alerte donnée par plusieurs organisations identitaires et blogs alternatifs.
 
Revenons d'abord sur les faits, en regardant du côté de la gauche. Au départ, l’idée est clairement venue d’en haut. Beaucoup ne connaissaient simplement pas Black M et à peine davantage le groupe « Sexion d’Assaut » dont il était membre et qui a lancé sa carrière. Et en premier lieu le maire socialiste de Verdun, Samuel Hazard. Une fois que le pouvoir s’est vu contester son choix, incapable de le défendre face à une colère croissante, pas plus qu'il ne sait réprimer les actions violentes d’une certaine extrême-gauche, il n'a rien trouvé d'autre que de se défausser sur le pauvre maire de Verdun. Et c’est ce dernier qui a dû prendre la responsabilité d’annuler la prestation de Black M, alors même que le président et plusieurs ministres l’assuraient publiquement de leur soutien pour le cas où il le maintiendrait. Samuel Hazard a donc dû assumer seul la suppression d’un concert qu’il n’avait pas sollicité.

Du côté des opposants, plusieurs à-côtés de cette pathétique affaire sont à relever. C'est la réaction de minorités politiques agissantes, bien relayées par les nouveaux réseaux d’information, qui a fait bouger l’aile droite des Républicains et obligé le FN à se manifester. Ce dernier a tenu tardivement un discours tiède, cherchant à récupérer à son profit l’image de lanceur d’alerte. Dans un entretien au magazine Charles il y a près d'un an, Marion Le Pen avait d’ailleurs déclaré apprécier le rap et notamment la musique de Black M. Et Marine Le Pen a fini par expliquer récemment que son opposition à ce concert n’était due qu’aux paroles choquantes tenues par ce dernier dans plusieurs chansons. Le fait que le pouvoir ait choisi, pour commémorer Verdun, un « rappeur de banlieue » issu de l'immigration post-coloniale, n’était donc pas un problème à ses yeux.

C'est le moment d'en venir à la question essentielle. Dans le contexte de la commémoration de Verdun, quel sens l'invitation de Black M pouvait-elle avoir ? Comment interpréter ce qu'on a perçu comme une occasion, pour le président et pour le parti socialiste, d'afficher le symbole d’une « France » multiculturelle,  peuple « mondial » parmi d'autres, répondant par une fin de non-recevoir aux nombreuses alertes électorales dont témoigne le vote FN ? Et comment interpréter l'initiative de certains media qui ont cherché à tout prix à démontrer qu’un ancêtre de Black M s’était battu pour la France ? Peu importent les paroles de certaines des chansons; peu importe le genre musical auquel on peut le rattacher. Dans les deux cas, il s'agissait de l'évocation de la France coloniale.

Or tout cela était fort mal venu. Alors que la France a choisi en 1960 d'opérer ce qu'on a annoncé comme la « décolonisation », on semble tout faire pour démontrer qu'on a conservé la nostalgie de nos colonies. Alors que Charles de Gaulle nous a réconciliés avec nos voisins allemands, que François Mitterrand a su inviter dignement Helmut Kohl dans un contexte semblable, on ressuscite une France arrogante, parce que forte de son empire ultramarin, face à un ennemi européen qui n'en était pas doté.

En réalité, la bataille de Verdun symbolise une Europe suicidaire, opposant des peuples frères. C’est ce qu’il faut en retenir. Ce fut un drame continental, une meurtrissure européenne. C’est donc entre Européens que nous devons soigner cette blessure.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

19:47 Publié dans Analyses, Culture, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : verdun 2016, commémoration, hollande, merkel, black m | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/05/2016

Loi El Khomri. Gouvernement et syndicats dans l'erreur

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El Khomri,CGT,Hollande,article 2A propos du bras de fer entre l'exécutif et les syndicats radicaux, on entend dire que la responsabilité des troubles est partagée. François Hollande joue le peu de crédibilité qu'il lui reste, lui qui prétend "réformer jusqu'au bout". Et la CGT joue sa place de première centrale syndicale, et même son influence future dans la mesure où elle est moins à l'aise dans le dialogue dans l'entreprise.

Nous allons commencer d'une façon qui va à l'encontre des commentaires du monde médiatique, de la position d'un économiste comme Nicolas Bouzou et de ce qu'on entend dire à droite. Il faut donner raison à la CGT et à FO sur un point : il est normal de défendre ce qu'on appelle la règle dite de "faveur" en matière de normes, à savoir le loisir pour une branche de négocier seulement un accord plus favorable aux salariés que la norme nationale, puis pour une entreprise de négocier seulement un accord plus favorable que celui de sa branche.

La norme nationale, dont on espère qu'elle sera une norme européenne, fixe une protection de base pour les salariés, quant aux horaires maximaux, quant aux rémunérations minimales ou quant aux garanties diverses. Ensuite les branches professionnelles d'un côté ou les régions de l'autre peuvent négocier de meilleures protections. En effet toutes les professions n'ont pas les mêmes contraintes et toutes les régions la même histoire. Enfin les entreprises peuvent en négocier de meilleures encore. C'est un peu comme avec la sécurité sociale et les mutuelles. Un minimum local ne peut pas être inférieur au minimum général.

Les deux syndicats ont raison de dénoncer les conséquences de l'inversion des normes, qui fait l'objet de l'article 2 de la loi El Khomri, surtout dans le rapport entre l'entreprise et la branche professionnelle. En effet, par l'effet de la concurrence que feront jouer les donneurs d'ordre, si une entreprise d'un secteur commence à revoir la protection de ses salariés pour baisser ses coûts de production, les autres entreprises du même secteur devront s'aligner pour conserver leurs parts de marché. C'est ce qu'on appelle le dumping social.

Maintenant cet argument fort défendable contre la loi El Khomri sert surtout de prétexte aux syndicats radicaux pour refuser tout changement par principe. Comme on le verra, cela cache quelque chose de plus grave.

Dans une situation difficile, comme beaucoup de pays en ont connue à la suite du scandale des subprimes, il peut arriver que l'on doive abaisser le niveau général des protections. En Irlande les salaires ont perdu 15 % de leur valeur, mais les loyers ont fait de même, et la population l'a supporté. La différence entre ce qu'on peut appeler une purge et l'inversion des normes est que la première est a priori temporaire, liée à une situation supposée passagère, alors que la seconde est définitive, parce que résultant d'un changement de paradigme.

Ainsi, devant le désastre du chômage de masse, il faudra se poser la question de l'adéquation du niveau de protection sociale. Ce n'est pas forcément pour se précipiter dans l'abaissement de ce niveau, mais pour l'envisager. Auparavant, on aura dû se poser une question plus fondamentale : quelles sont les raisons pour lesquelles une telle hypothèse est à considérer?

Et l'on aura dû intégrer dans le raisonnement l'afflux massif et incontrôlé de migrants auxquels on entend offrir les mêmes protections qu'aux autres. On a le droit de prôner toute forme possible de générosité, mais pas d'en ignorer le coût.

On notera que la droite a mis en avant dans son programme la seule arme efficace pour défendre la compétitivité française : c'est l'augmentation du taux de TVA pour tout ce qui peut être produit ailleurs. C'est ce qu'on appelle une dépréciation fiscale de notre monnaie : un euro vaudra moins en France qu'en Allemagne pour acheter un produit chinois. Qu'on le veuille ou non, cela se traduira dans un premier temps par un abaissement réel des salaires, du moins si l'on veut que la mesure soit efficace. Autrement dit, ce sera une petite purge.

Dans ces conditions, pourquoi vouloir infliger en plus aux salariés le principe définitif de l'inversion des normes?

Si l'on relit de près ce qui vient d'être écrit, on s'apercevra qu'on a quitté le domaine du syndicalisme pour gagner celui de la politique. Ce que veut interdire la CGT est tout simplement un changement politique. Le problème n'est pas tant que la CGT, plus que FO, soit d'une raideur insupportable. Le problème est qu'elle se mêle de politique. Elle a fait voter Hollande contre Sarkozy. Elle ferait bien tomber Hollande qui a trahi … ses électeurs. Si la droite revient au pouvoir en gagnant les présidentielles et les législatives, elle entend bien faire un troisième round social. La première règle que la France aujourd'hui, et l'Europe demain, devra se fixer est l'interdiction pour les syndicats de faire de la politique.

Le plus choquant, dans le cas des syndicats mentionnés, est qu'il se permettent de déborder de leur rôle, alors même qu'ils pas de légitimité. Ils ne représentent, au mieux, qu'une petite minorité de salariés, essentiellement dans la fonction publique qui plus est.  

Regardons maintenant du côté de l'exécutif et de François Hollande. Pourquoi a-t-il défendu cet indéfendable article 2 ? Parce qu'il n'a pas eu le courage d'avouer l'échec d'une politique d'assistanat coûteux projeté jusqu'au-delà de nos frontières, et d'annoncer cette petite purge dont le pays ne peut plus se passer. Il veut tout simplement confier le sale boulot aux entreprises. La guerre autour de la loi El Khomri est le résultat d'une hypocrisie, d'une couardise, d'une malhonnêteté de l'exécutif.

Et François Hollande est mal placé pour contester la politisation des syndicats. Il  l'a voulue et il a bâti son élection là-dessus. Il est également mal placé pour contester la violence qui sévit dans les manifestations. Il a tout permis à l'extrême gauche, comme aux antifas qui ont cassé les vitrines après le décès de Clément Méric. Il a cédé devant les prétendus écolos qui ont fait la loi à Sirven. Il a laissé faire pour l'aéroport de Nantes. Peut-il se montrer intraitable aujourd'hui autrement qu'en paroles ?

Pierre EISNER (Le Parti des Européens)

Robert Ménard confronté à la stratégie du Front National

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Robert Ménard,Oz la droite,Front national,Marion Le PenLors des assises de refondation de la droite organisées à l’initiative de Robert Ménard, le maire de Béziers, réunies sous le slogan « Oz’ la droite », sa déclaration introductive a mis le feu aux poudres. Il a déclaré ainsi ne pas vouloir servir de « marchepied au FN ». Conséquence immédiate, Marion Le Pen a réagi en organisant son départ et en le faisant publiquement savoir. Elle a ajouté que Ménard devait son élection au FN, ce qui est une simplification abusive. Un maire élu dépend avant tout du choix des électeurs et pas des appareils politiques, même si une candidature FN « parasite » aux municipales aurait sans doute nettement compliqué son élection.

Cette petite crise est significative du décalage complet entre la démarche de cette droite élargie, qualifiée d’ailleurs de « droite identitaire » par Le Monde, et celle du Front National. Alors que Marine Le Pen considère que l’opposition est entre « européistes » et « patriotes », cette sphère identitaire au sens large considère que les débats sur la nationalité, l’immigration et le multiculturalisme sont beaucoup plus importants que des débats de nature économique ou sociale. Le libéralisme affiché par Robert Ménard est néanmoins aussi diviseur que l’étatisme forcené qu’il prête non sans raison à Florian Philippot.

Si Robert Ménard a raison de souhaiter que pédale douce soit mise sur les thèmes du rejet de l’UE et de l’euro, ce en quoi j’estime qu’il a pleinement raison, son libéralisme économique, que Philippot a associé malicieusement à celui d’Alain Juppé, n’est pas davantage rassembleur. Car si l’objectif est d’unir l’aile droite des Républicains avec le FN, pour retrouver ces fameux 30% et plus encore de Bruno Mégret en 1998, c’est sur les seules questions identitaires que la jonction pourra se faire.

A l’opposition entre « européistes » et « patriotes » de Marine Le Pen, il faudrait opposer l’opposition entre « européens » et « aneuropéens », qui est beaucoup plus pertinente, car ce que l’on peut reprocher à l’Union Européenne c’est de ne pas être assez européenne, mais sûrement pas de l’être trop. Du point de vue de l’identité, une Europe homogène a beaucoup plus de sens qu’une France hétérogène unie par un « patriotisme » de papier à l’américaine, indifférent aux origines ethniques et confessionnelles de chacun. En outre, il est difficile d’être le patriote d’une patrie qui n’est pas la sienne, alors qu’on a refusé d’être patriote de sa propre patrie, puisqu’on l’a quittée. Pour paraphraser quelque peu Danton, on n’emporte pas le patriotisme à la semelle de ses souliers.

Outre cette divergence majeure entre le camp « Ménard » au sens large et le camp « Marine », il y a une autre différence, c’est le refus du « ni droite ni gauche ». Or Marine Le Pen a fait le choix, en bon disciple de son ancien beau-frère Samuel Maréchal, de cette seconde ligne. Elle ne croit pas au rassemblement des droites. Dans ces conditions, organiser malgré elle un tel rassemblement reste un vœu pieux.

Ce courant entre les Républicains et le Front National représente environ 2 à 3% des voix, le score de Mégret en 2002 et celui de Villiers en 2007. Il faudrait imaginer un affaiblissement très net du FN pour que ce courant soit en position d’émerger et rien ne l’indique pour le moment. C’est en outre une position très inconfortable que Robert Ménard et bien d’autres avec lui subissent. D’un côté, on leur reproche d’être trop proches d’un FN qui reste diabolisé, comme le FPÖ en Autriche. Cela explique pourquoi Eric Zemmour ou même Philippe de Villiers étaient absents à Béziers. D’un autre côté, le FN leur reproche de vouloir la jouer solo.

Marion Le Pen a ainsi déclaré aujourd’hui qu’elle ne voyait pas l’utilité d’une candidature alternative, qui n’aurait comme seule conséquence que d’empêcher Marine Le Pen d’être au second tour, et qu’une telle candidature ne ferait que servir les intérêts de LR. « Hors du FN, point de salut ». Difficile dans ces conditions de faire entendre une musicalité différente. La culture du compromis démocratique, propre surtout à des assemblées élues à la proportionnelle, n’est pas encore celle du FN.

C’est pourquoi, pris entre deux positions inconciliables, Robert Ménard et ses amis ont peu de chance de pouvoir se faire entendre, et de toute façon le FN, en position de monopole électoral, ne voudra pas les écouter. Si la stratégie du FN est incompatible selon Robert Ménard avec la volonté de victoire en 2017, une victoire hypothétique à laquelle personne sérieusement ne croit, à chacun alors d’en tirer les leçons.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

23/05/2016

Elections parlementaires à Chypre. Les sortants sanctionnés

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élections législatives,Chypre,2016Ce 22 mai se déroulaient dans une totale occultation de la part des media français des élections parlementaires dans la partie grecque, et seule membre de l’Union Européenne, de l’île de Chypre.

A l’image des autres élections chez leurs voisins européens, les Chypriotes ont exprimé dans les urnes leur lassitude face aux partis institutionnels, et notamment la droite démocrate-chrétienne et la gauche marxiste (« communiste »).

Avec 30.69% des voix et 18 sièges, le Rassemblement Démocratique (démocrate chrétien et libéral) au pouvoir s’érode, perdant 3.7 points et 2 sièges. Il est donc loin de constituer une majorité au sein d’un parlement de 59 sièges. Les communistes du AKEL avec 25.67% des voix et 15 sièges sont également sanctionnés et plus durement que le parti au pouvoir. Ils perdent 7.1 points et 4 sièges. On peut encore se demander comment un parti se réclamant du léninisme peut encore exister au sein d’un état membre de l’UE mais en tout cas il recule.

Les modérés du Parti Démocrate ne sont pas mieux lotis. Avec 14.49% (-1.3) et 8 sièges (-1), ils ne profitent pas du recul des deux principaux partis et s’associent au contraire à leur désaveu. Même chose pour les sociaux-démocrates et écologistes du KSD, avec 6.18% des voix (-2.8) et quatre sièges (-1).

De nouveaux partis en revanche récupèrent ces électeurs. L’alliance des citoyens (SYROL), représentant un populisme de gauche, obtient 6.01% et 3 sièges, de même que le mouvement écologiste (KOSP) avec 4.81% des voix et 3 sièges. Ces partis ont bénéficié du recul de la gauche communiste et socialiste.

C’est à droite que le renouveau se fait également. Avec 5.24% des voix et 3 sièges, le Mouvement Solidarité, dont le nom cache un parti eurosceptique et national-conservateur, rentre au parlement. Mais la surprise vient aussi du petit parti ultra-nationaliste ELAM (Front National Populaire), version chypriote de l’Aube Dorée grecque, qui obtient 3.71% des voix (+2.6) et deux députés, entrant pour la première fois à la Chambre des Représentants.

Enfin d’autres petits partis, donc le Parti des Animaux de Chypre, avec 1.16%, se répartissent le restant.

Le parti de droite au pouvoir va devoir composer afin de se doter d’une majorité de 30 députés, ce qui implique une alliance avec les centristes mais aussi avec les souverainistes. Cette coalition serait très difficile toutefois à établir. La gauche aura de son côté beaucoup de mal à proposer un gouvernement d’alternance autour des communistes. Chypre risque donc de devenir ingouvernable ou dirigée par une coalition hétéroclite d’intérêts centrifuges. Là encore, les électeurs de Chypre ont voulu sanctionner les sortants sans se doter d’une opposition crédible afin de les remplacer. C’est un phénomène européen.

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Défaite sur le fil du candidat FPÖ Norbert Hofer. Les raisons d’un échec

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Les résultats.

Avec 49.7% des voix contre 50.3% pour l’écologiste Alexander Van der Bellen, Norbert Hofer (FPÖ) a échoué de peu aux élections présidentielles autrichiennes, alors que tout indiquait qu’il serait élu avec une certaine avance. Il est victime notamment du vote des électeurs par correspondance, ceux-ci ayant donné 61.7% des voix à Van der Bellen contre 38.3% à Hofer. Par ailleurs, 40% seulement des femmes autrichiennes ont donné leur voix au candidat FPÖ.

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La victoire de Van der Bellen s’explique par un excellent report de voix venus de tous les partis, et notamment de près de 50% des électeurs de droite (ÖVP) et une plus grande mobilisation des abstentionnistes. Dans ces conditions, malgré une progression de 14.6 points entre les deux tours, Hofer échoue, certes de peu.

Le nouvel élu, particulièrement fade et pourtant sans relais sur le terrain, a bénéficié d’abord d’un vote de rejet (47% de ses électeurs ont voté pour lui par crainte du FPÖ) et ensuite d’un vote systémique, par l’effet anxiogène des pressions internationales et de la propagande médiatique. En effet, aucune célébrité ou presque n’a apporté un soutien public au FPÖ, même s’il n’y a pas eu de campagne diabolisatrice analogue à 2002 en France.

Les raisons profondes.

norbert hofer,défaite,fpÖ,van der bellen,autricheIl y a des raisons plus profondes à cet échec et celles-ci dépassent le cadre national de cette élection et existe dans les autres pays d’Europe. Ce phénomène touche aussi bien le FN que l’AFD. Les femmes, électorat plutôt conservateur par nature, ce pourquoi la France républicaine avait tant rechigné à leur accorder le droit de vote, et les retraités, sont en effet rétifs au discours de « repli » que peut incarner à sa manière le FPÖ. Enfin, il ne faudrait pas oublier le poids croissant des minorités d'importation, le candidat Van der Bellen ayant même proposé des affiches en allemand et turc.

Même si ce dernier sur les questions européennes est beaucoup plus mesuré que son partenaire français de Strasbourg (FN), il suscite une crainte d’ordre irrationnel encouragée par les media. Le discours anti-€ et anti-UE fait peur à ceux qui réussissent socialement ou se sentent protégés par des « acquis sociaux ». Si 86% des ouvriers ont voté FPÖ, très peu de cadres ont en revanche fait ce choix.

Le FPÖ est nazifié dans la presse internationale, alors que rien ne le justifie objectivement. Il n’a pas été plus composé d’anciens nazis que l’ÖVP ou le SPÖ et Kurt Waldheim n’était pas non plus un FPÖ. Si le FDP allemand, qui avait connu au départ une évolution semblable, est sur une ligne très différente, ce n’était pas le cas dans les années 60. Schönhuber lui-même était un ancien membre des sociaux-démocrates (SPD).

Enfin, le programme de Hofer était ambitieux et a froissé les conservateurs de tous poils. Il voulait donner à la fonction de président autrichien la plénitude de ses droits. Il était prêt à s’opposer aux quota de migrants à Bruxelles ou à l’adhésion de la Turquie. Cela a pu aussi alimenter les craintes de nombreux électeurs. Ils ont préféré un président potiche, comme ses prédecesseurs, et ce sera en effet le cas.

norbert hofer,défaite,fpÖ,van der bellen,autricheL’idée d’un président FPÖ avec un chancelier FPÖ (Strache) sponsorisé par lui, représentant un cumul potentiel de pouvoirs, a effrayé certains au moment du vote. Pourtant cette crainte relève du fantasme. Les véritables dangers sont de nature identitaire et à défaut d’y parer efficacement, le FPÖ aurait au moins pu limiter la casse et décourager des réfugiés potentiels de faire halte en Autriche.

Les enseignements de cette élection, comme ceux du second tour des élections régionales en France, c’est qu’un programme anti-européen est anxiogène, que l’idée d’un « repli » crée une peur économique, mais que malgré tout la crise identitaire amène presque un électeur sur deux à soutenir le FPÖ en Autriche.

Une force politique qui associerait résistance identitaire et cadre européen d’action serait invulnérable, sous réserve de réussir à créer les conditions d’émergence requises.

Le FPÖ ne doit donc pas écouter les sirènes du « marinisme » et doit au contraire jouer une partition mesurée associant identité autrichienne et identité européenne. Ce sont là les clés de son éventuel succès futur. Et c’est ainsi qu’il sera aussi utile à tous les autres Européens, afin de lancer le signal de la reconquête, et au lieu d’un repli national sur des conceptions frileuses, bâtir les assises de la Grande Europe.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

22/05/2016

Elections présidentielles en Autriche. Le FPÖ vainqueur ?

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En attente des résultats définitifs prenant en compte les nombreux votes par correspondance, a priori plutôt favorables au candidat écologiste Van der Bellen, le candidat FPÖ Norbert Hofer bénéficie d'une petite avance [21.9% des voix], selon les résultats du ministère de l'intérieur, alors que les sites d'information placent les deux candidats à égalité, avec une légère avance pour le candidat de gauche. Nous devrons attendre demain pour savoir qui remportera cette élection et pour en tirer le bilan.

Il semble en tout cas que les menaces à peine voilées des autorités de l'Union Européenne et des grands pays d'Europe occidentale aient suscité une certaine angoisse chez les électeurs, notamment chez les électrices. Si le candidat écologiste, pourtant sans soutien réel au sein de la population, devait s'imposer, ce serait une nouvelle victoire du matraquage démophobe contre l'expression libre d'un peuple européen.

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21/05/2016

Des fêtes de l’Europe de demain. Du malentendu païen/chrétien

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fêtes,Europe,Le Parti des EuropéensLe Parti des Européens, a consacré au sein de son programme un chapitre (VII) aux fêtes nationales de l’Europe (articles 7 et 8). Certains m’ont fait part d’une surévaluation de la dimension païenne de l’Europe au détriment notamment des christianismes européens, s’inquiétant d’un parti pris défavorable à une action collective utile de tous les Européens au salut de leur civilisation. Dans cet article, je vais évoquer ces deux sujets, à savoir les fêtes unitaires et la place du christianisme au sein du parti comme du continent.

Fêtes de l’Europe et subsidiarité identitaire.

Nous avons choisi de reconnaître comme jours fériés et chômés deux jours chrétiens emblématiques liés à Noël, à savoir le 25 décembre (Noël catholique et protestant) et le 6 janvier (Noël orthodoxe). Noël est la fête pagano-chrétienne par excellence, synthèse entre le culte solaire et le culte christique.

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Nous avons également retenu les fêtes suivantes, qui ont une dimension pan-européenne forte, à savoir le 1er janvier, jour de l’an dans toute l’Europe, le 21 avril qui correspond à l’équinoxe de printemps et à la fondation de Rome, le 1er mai, fête du travail et fête celte de Beltaine, le 21 juin pour le solstice d’été et la Saint-Jean, le 1er novembre (Toussaint et Samhain celte), et le 21 décembre, pour le solstice d’hiver. Equinoxes et solstices sont des dates clé du calendrier européen, tant païen que christianisé, et ce dans toute l’Europe.

Deux fêtes laïques seront également instituées et auront vocation à réconcilier les Européens. Ce sera le cas du 9 mai, qui est déjà la fête de l’Europe, qui est aussi la fête de la victoire en Russie, au détriment d’un 8 mai qui rappelle une période sombre avec une Europe divisée et surtout une Europe avilie par les crimes commis sur son sol. Le 11 novembre sera consacré à un hommage rendu à tous les combattants européens et symbolisera la réconciliation de tous au-delà des conflits du passé qui les ont divisés.

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Christianisme et paganisme.

Le Parti des Européens défend tous les Européens, que ceux-ci soient chrétiens, athées ou païens, juifs ou musulmans européens (ces derniers étant présents dans les Balkans ou dans le Caucase). Il n’a pas une approche confessionnelle de la politique. Il est toutefois un fait que le paganisme, en tant que religion indigène de l’Europe, y est fort estimé. Cela ne doit pas être compris comme la marque d’un mépris à l’égard de la religion majoritaire de l’Europe, et nous respectons totalement nos compatriotes chrétiens, qui partagent pleinement notre combat pour une Europe à nouveau européenne, enracinée et identitaire.

Nous attachons également une grande importance au respect de l’histoire, par exemple sur les conditions de la christianisation de l’Europe. Que celle-ci ne se soit pas faite par une adhésion libre mais par la coercition relève de faits historiques avérés, qu’on le déplore (ce qui est mon cas) ou qu’on s’en réjouisse. Rappeler cette vérité n’est pas une marque d’irrespect à l’égard des convictions de nos compatriotes. Il ne s’agit pas du tout de régler les comptes du passé, et un païen n’a pas plus à être anti-chrétien qu’un chrétien n’a à être anti-païen. C’est entre Européens réconciliés que nous devons agir.

Le Parti des Européens, qui prône la réconciliation entre tous les Européens, entre les Albanais et les Serbes par exemple ou entre les Ukrainiens et les Russes, prône aussi bien sûr la réconciliation en religion, à partir du moment où c’est l’intérêt de l’Europe qui domine l’esprit de chacun.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

16/05/2016

Quel avenir pour le Front National ? (2ème partie)

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Marion vs Florian. Florian vs Marine.

Flamme-fd-BBR.jpgEn 2017, il ne fait quasiment aucun doute que Marine Le Pen sera au second tour des élections présidentielles, peut-être même en tête de tous les candidats. Peu imaginent de même sa victoire, même face à François Hollande. Les élections régionales ont servi de démonstration de force. Après un premier tour où les deux Le Pen dominaient nettement leur région respective, leur défaite au second tour fut nette. Or si, dans les régions qui lui sont le plus favorables, il n’atteint que 40 à 42% des voix face à un seul adversaire, qui peut croire que Marine Le Pen atteindra plus de 50% des voix au second tour de la présidentielle.

Si le plafond de verre a donc été relevé, essentiellement parce que la situation de la France est de plus en plus catastrophique, il existe toujours. Et il n’est pas sûr que la ligne actuelle, plus rassurante pour les électeurs des partis adverses, permette de conserver le socle électoral déjà acquis. La « France apaisée » aurait pu être le slogan d’un François Mitterrand. Mais il est difficile de penser que le FN puisse jouer la même partition que lui, tout en espérant le vote d’électeurs principalement motivés par les questions migratoires et identitaires.

Par ailleurs la ligne anti-€ et anti-UE, qui permet au FN d’éviter de rentrer dans des débats sur l’identité française et européenne, où il serait alors obligé d’assumer une identité européenne à laquelle il prétend en même temps ne pas croire, n’est pas électoralement rentable. Et elle ferme bien des portes sans en ouvrir de nouvelles. Certes Marine Le Pen s’est dite récemment « européenne », une concession étonnante, mais l’idée même d’une Europe politique, serait-elle identitaire, semble lui faire horreur.

Au sein du FN, comme avant 1998, deux courants s’opposent. Il y a un courant « marioniste », qui a reçu le soutien de plusieurs figures identitaires, et qui se positionne en faveur d’une France plus européenne, plus libérale, plus catholique aussi, un courant ouvert aux alliances à droite. En face on trouve un courant « social-républicain » autour de Florian Philippot. Ce courant se veut plus social, étatiste, parfois sur une ligne qu’on retrouvera même chez un François Hollande, mais surtout anti-européenne et farouchement eurosceptique.

L’euroscepticisme souverainiste, qu’on retrouve aussi en mode extrême chez Asselineau, refuse l’idée européenne au nom de prétendues trop grandes différences entre les Européens, interdisant de penser à toute unité du continent, mais nie dans le même temps des différences bien plus majeures existant pourtant entre « Français de souche » (c'est-à-dire Européens) et « Français issus des flux migratoires post-coloniaux ».

Au niveau électoral et même au niveau des sympathisants et adhérents, la ligne « marioniste » est très majoritaire. En revanche, au niveau de l’appareil politique, et de plus en plus, c’est la ligne « philippotiste » qui s’impose, et chaque départ, chaque exclusion, la renforce davantage encore. Or le FN n’est pas un parti au fonctionnement interne démocratique, et tenir l’appareil est donc essentiel. La nomination des responsables départementaux, la composition du bureau politique, le choix des candidats, tout cela relève de la direction et notamment de la présidente.

Or, à chaque fois que Marine Le Pen a dû choisir entre sa nièce et son lieutenant, c’est ce dernier qui l’a emporté, car il y a une convergence idéologique évidente entre la dirigeante et son « fidèle » vassal, un même logiciel politique. Marine Le Pen ne se sent pas en effet « de droite » et c’est ce qu’elle a ainsi répondu à un Robert Ménard par exemple. Si « Marion » estime le catholicisme, « Marine » a très peu d’empathie à l’égard de cette religion, comme à l’égard du paganisme par ailleurs, qu’elle méprise par ignorance.

Marion Maréchal-Le Pen est donc progressivement marginalisée au sein d’un parti où elle est pourtant très populaire. Privée de soutiens, à part dans sa région d’élection, elle est confrontée à une hostilité croissante d’un appareil politique envahi par les partisans de Philippot, tous standardisés sur un même modèle idéologique et même anthropologique.

On comprend bien que Florian Philippot souhaite au plus tôt l’écarter pour se retrouver en situation de monopole et pour préserver son avenir politique. Le post-marinisme est déjà lancé. Lorsque Marine Le Pen cédera sa place, de sa propre volonté ou par la contrainte, il veut être le seul héritier possible. « Marion » est donc un obstacle à son ascension personnelle.

Marion Maréchal Le Pen aura donc tôt ou tard à faire un choix douloureux, soit la rupture et une aventure solitaire qui a peu de chance de succès, soit la soumission et le silence et donc une disparition politique en douceur, soit enfin une retraite politique précoce pour se consacrer à sa vie professionnelle et familiale, résultante probable de la seconde position.

Une fois « Marion » écartée, Marine Le Pen et Florian Philippot se retrouveront face à face. Une tentation « mégretiste » chez son lieutenant sera sans doute irrésistible. Il faut se méfier de ceux qui proclament haut et fort leur fidélité inébranlable et en font même un principe.

Mais l’histoire n’est pas un éternel recommencement et il est probable que ces petits jeux auront déjà lassé les joueurs que sont les électeurs. Après 2017 et cet échec programmé, il n’est pas sûr que le FN continue dans cette voie ascensionnelle qui est pour le moment la sienne. Surtout, le reniement identitaire de ce parti selon la ligne Philippot, le souverainisme dominant alors sans partage le parti, en décalage total d’avec les aspirations profondes des électeurs du FN, pourrait avoir comme conséquence l’émergence d’une force identitaire nationale et/ou européenne. Les chapelles identitaires qui se rangent par défaut derrière le FN feraient donc probablement un faux calcul à court terme.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

Quel avenir pour le Front National ? (1ère partie)

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Dédiabolisation ou dédramatisation. Provocation stérile ou soumission systémique.

Flamme-fd-BBR.jpgLa ligne de Marine Le Pen depuis son arrivée à la tête du FN en 2011, encouragée par son lieutenant Florian Philippot, repose sur la dédiabolisation. Il ne s’agit pas seulement de taire certaines positions qui pourraient être considérées comme trop radicales ni de cesser de se prêter aux jeux des clins d’œil à des mouvances marginalisantes. C’était la ligne « Mégret », selon le principe de « la main de fer dans un gant de velours ». Aucune déclaration malvenue sur la seconde guerre mondiale mais aucune concession sur les questions d’identité.

La dédiabolisation mariniste consiste au contraire à affirmer haut et fort son ralliement aux thèmes dominants du système en place, et à limiter son ton révolutionnaire aux questions d’économie, ne prônant la rupture qu’avec l’Union Européenne, sans vouloir la réformer dans un sens plus opportun, mais pas avec le multiculturalisme ambiant. Cela a amené la mairie FN d’Hénin-Beaumont à récemment autoriser la construction d’une mosquée au motif que s’y opposer serait illégal.

C’est donc concrètement la recherche d’un adoubement par les autorités politiques et par les vecteurs médiatiques.

Une stratégie potentiellement beaucoup plus efficiente aurait été plutôt la dédramatisation, en expliquant que les mesures (auparavant) préconisées étaient de bon sens, qu’elles seraient salvatrices, et qu’elles étaient bien moins terribles que le résultat d’un pourrissement sociétal bien plus accentué. Toute une dialectique forgée jadis par ce qui a été appelé la « Nouvelle Droite » était prête à l’emploi pour retourner le discours de l’adversaire contre lui-même.

La dédiabolisation aurait dû amener le FN, devenu conformiste, à s’effondrer car « un FN gentil, ça n’intéresse personne ». En outre, comme parti de gouvernement, le FN n’est pas crédible. Ce n’est pas un parti de masse. Les élites y sont rares, les intellectuels inexistants, les rares ayant essayé de s’implanter au sein de ce parti ayant dû plier bagage. Sur de nombreux thèmes, en dehors de ses sujets de prédilection, le FN est faible, malgré la création de collectifs spécialisés.

Pour le moment, le FN de Marine Le Pen a eu une chance incroyable, c’est que sa stratégie a échoué. Normalement, pour tout autre parti, l’échec de sa ligne aurait dû avoir comme conséquence son effondrement électoral. Cela n’a pas été le cas du FN, à qui ses électeurs prêtent un crypto-programme remigrationniste, malgré les déclarations des plus hauts responsables du parti dans le sens au mieux d’une assimilation a minima, vœu pieux ne coûtant pas bien cher, et sans remettre en question les naturalisations complaisantes réalisées par les gouvernements précédents et par l’actuel.

Mais il y aura bien un moment où les électeurs se rendront compte que leur espérance sera déçue, que la vision qu’ils ont de ce parti est celle que ses adversaires en donnent. Quand le FN sera semblable aux autres partis, et que la diabolisation aura cessé, il apparaîtra tel qu’il est et ne tardera pas alors à péricliter. Son salut n’aura alors été que de courte durée. Heureusement pour lui le PS a tout intérêt à maintenir une ligne de démarcation entre le FN et les partis dits « républicains » bien qu’ils ne le soient pas plus que lui.

C’est très différent par exemple d’un parti comme le FPÖ. Celui-ci est bien implanté dans la société civile et la diabolisation n’a plus de prises sur lui. Son candidat aux présidentielles Norbert Hofer est même en passe de s’imposer. Et le dirigeant Hans-Christian Strache est à 34% dans les sondages en cas d’élections législatives anticipées. Or ils n’ont rien renié de ce qu’ils sont. Ils ont tu les provocations dialectiques qu’un Haider pouvait tenir jadis. Mais n’ont pas évolué d’un iota sur les fondamentaux.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

Communiqué : Victoire pour Verdun.

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http://thomasferrier.hautetfort.com/media/01/02/1594474141.PNGCommuniqué du Parti des Européens : Victoire pour Verdun.

Une initiative gouvernementale malheureuse avait consisté en l’invitation du rappeur Black M à un concert destiné à la jeunesse franco-allemande clôturant le 29 mai, journée de commémoration consacrée aux combattants français et allemands, morts ou blessés lors de la bataille de Verdun.

Ce choix, qui avait tout d’une provocation, ou d’un manque criant d’imagination, car on ne voit pas le lien entre l’œuvre « musicale » du dit rappeur et ce sujet mémoriel, et qui paraît décalé aussi d’avec les aspirations de la jeunesse d’Europe, a abouti à une réaction justifiée d’Européens sur les réseaux sociaux. Une campagne demandant l’annulation de ce concert a ainsi commencé.

C’est par la volonté de quelques centaines de blogueurs et de « twitteurs », relayée ensuite par les dirigeants des partis politiques, FN puis Républicains, qui eux arrivèrent après la bataille principale, en espérant en retirer la gloire, que le gouvernement a cédé et le Parti des Européens s’en félicite, même s’il sera vigilant jusqu’au 29 mai contre toute autre initiative inappropriée de cette nature.

La mémoire des 350.000 Européens morts à Verdun, lors d’une bataille où ils firent preuve d’un grand courage, même si cette guerre était une folie et cette bataille une hérésie stratégique, mérite mieux que des hommages politiciens, de responsables politiques qui justement n’ont pas vraiment appris les leçons véritables de ces conflits. Ce 29 mai devrait être un jour consacré à la mémoire européenne, à celle de notre civilisation, et pas de servir de promotion électorale ou musicale à quiconque.

Merci à tous ceux qui ont su faire entendre raison au pouvoir et l’amener à renoncer, même si ce dernier enrobe ce renoncement de leçons morales et d’indignations sélectives. Car face à une décision injuste, tous les citoyens doivent s’opposer. Et cela a été le cas ici. Il est triste toutefois de devoir « montrer les crocs » pour obtenir ce que la raison aurait dû naturellement imposer.

Le Parti des Européens.

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08/05/2016

Lettre ouverte à un ami d'extrême gauche

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extrême gauche, syndicalisme,mondialisme,Europe,socialismeVotre discours est toujours le même. Il glorifie, partout et en toute occasion, la lutte des gentils travailleurs contre les méchants patrons ou contre l'état employeur, justifie toutes les grèves, toutes les manifestations organisées par les syndicats les plus durs. Il existe pourtant des éléments qui devraient vous amener à réfléchir.

Vous soutenez, par exemple, aussi bien les ouvriers en grève en Allemagne et en France. N'avez-vous pas remarqué que les règles du travail ne sont pas les mêmes dans les deux pays et que les intérêts des ouvriers peuvent se trouver antagonistes ? Ce qui peut être bon pour les uns peut être mauvais pour les autres.

Les gouvernements des pays dans lesquels vous vous opposez à l'action sont issus d'élections. Dans ces dernières les riches exploiteurs sont beaucoup moins nombreux que les pauvres opprimés. Comment expliquez-vous que ce soient les intérêts des moins nombreux qui l'emportent ?

Prenons un exemple qui est, dans son principe à défaut des détails, hélas très répandu. Dans un bassin d'emploi déjà sinistré, une entreprise connaît de graves difficultés. Elle propose d'abaisser les salaires de ses ouvriers pour équilibrer ses comptes. Que va-t-il se passer ?

Les ouvriers et leurs syndicats acceptent les propositions de la direction et l'entreprise est momentanément sauvée. Mais rien ne dit que le problème ne va pas finir de se représenter.

Les ouvriers et leurs syndicats refusent ces propositions. Les difficultés de l'entreprise s'aggravent rapidement jusqu'à la faillite. Tout le monde perd son emploi.

On voit que, devant une telle situation, il ne peut y avoir que de mauvaises réponses. Rien ne sert de prôner la lutte, d'organiser la grève, de monter des actions violentes. Tout ce qui peut être tenté ne fait qu'accélérer le désastre.

Vous allez me dire que s'il n'y a rien à faire c'est parce que le problème ne se situe pas au niveau de l'entreprise. Vous avez parfaitement raison. Mais vous ne voudrez pas dire que si le bassin d'emploi n'avait été sinistré, l'entreprise aurait pu se séparer d'une partie de ses effectifs, lesquels auraient trouvé du travail dans des entreprises voisines en développement. Peu importe.

Si le niveau adéquat n'est pas celui de l'entreprise, alors quel est-il ? Il faut savoir que le plein emploi dépend de deux facteurs : les biens dont la production est utile et les personnes employables à cette fin.

La réponse qui vient aussitôt à l'esprit est celui de l'état, à savoir par exemple la France. C'est à ce niveau qu'est organisé le vote du peuple et qu'on pourrait raisonnablement attendre des décisions. Malheureusement nous vivons une période où la production des biens nécessite souvent une échelle plus grande que la France et où le mouvement des personnes vers la France connait de multiples circonstances l'alimentant. On ne peut absolument rien faire contre le premier fait. Accessoirement vous vous opposez à toute restriction pour le second. Ce niveau est donc inadéquat. Et cela ne dépend pas de la bonne volonté des électeurs et des dirigeants. C'est une chose que vous auriez pu noter, plutôt que de vous accrocher, comme les souverainistes, à l'élection présidentielle.

D'ailleurs on a déjà créé une zone de libre-échange en Europe. A ce niveau on dispose de la bonne échelle pour produire des biens nécessitant de gigantesques investissements. Cependant vous n'êtes pas seul à vous opposer à une solution à ce niveau. Du côté des personnes, l'organisation de l'Europe est si incohérente que le contrôle des frontières y est inopérant. Et surtout, du côté de biens, cette zone de libre échange n'est qu'un prétexte pour entrer dans un libre-échange mondial, dans lequel on n'attend même pas de réciprocité. Peut-être allons-nous échapper au TAFTA, mais ce ne sera que partie remise. Les pauvres Européens n'y peuvent rien. Il n'y a pas, à ce niveau, suffisamment de démocratie pour espérer un changement. Et de cela vous parlez peu.

Il ne reste donc que le niveau mondial. Le problème est que s'il y a peu de démocratie au niveau de l'Europe, il n'y en a pas du tout au niveau mondial. Surtout il n'est pas possible qu'il y en ait. De grands blocs existent qui entendent bien garder leur autonomie. Il s'agit bien de la Chine ou de l'Inde que des Etats-unis d'Amérique. De plus les disparités de développement entre les continents rendent impossible toute harmonisation. Qu'il y a-t-il de commun entre des revendications salariales en France et au Bengladesh ? Pire encore, les disparités culturelles sont insurmontables.

Tout semble donc bloqué. Heureusement ce n'est pas vrai. Il y a un niveau où les choses peuvent changer. C'est celui de l'Europe, puisque ce n'est pas son concept mais son organisation qui est en cause. La réponse est donc extrêmement simple. Il suffit de transférer un système démocratique rendu inutile au niveau des états vers un équivalent au niveau de l'Europe. Cela s'appelle l'intégration européenne. Qu'attendez-vous pour y penser ? Ne trouvez-vous pas que, pour se voiler la face, les souverainistes n'y suffisent pas ?

Pierre Eisner (Le Parti des Européens)