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10/06/2019

La question des minorités ethniques européennes en Europe

Z.jpgAfin d’éviter tout malentendu, cet article n’aura pas pour but de réveiller une quelconque velléité de domination d’une communauté ethnolinguistique envers une autre. Mais au contraire, d'essayer d’aborder une problématique devenue (heureusement) marginale au niveau européen, quoique encore présente dans certaines régions (Balkans, Caucase), à travers l’histoire contemporaine (suivant le schéma universitaire post-1789), ce qu’il en est aujourd’hui et les possibilités pour demain.

Pour faire un petit rappel historique, la problématique des « nationalités », des minorités ethniques en Europe remonte au milieu du XIXe siècle et plus précisément sous l’empire austro-hongrois, où la double couronne rassemblait à l’intérieur des Germains (Allemands, Autrichiens), des Slaves (Tchèques, Slovaques, Slovènes, Polonais, Ukrainiens, Serbes, Croates), des Latins (Italiens, Roumains) et des Magyars (Hongrois). Avec une multiplicité de différences religieuses : chrétiennes (à l’écrasante majorité, un peu moins de 95% : catholiques, protestants, orthodoxes), juive et musulmane (1,3%).

Après les révolutions en 1848, deux courants se sont développés tels que le panslavisme et l’austro-slavisme. Le premier courant visait à l’unification politique des différents territoires slaves. Le second courant visait au contraire au rattachement politique des Slaves sous la double-couronne. On peut aussi mentionner e cas de l’empire russe, où la couronne tsariste rassemblait des Slaves (Russes, Ukrainiens, Biélorusses, Polonais), des Finno-Ougriens (Finnois, Estoniens), des Latins (Moldaves), des Turcs (Tatars, Kirghizes dont Kazakhs, Turkmènes, Ouzbeks) et des Caucasiens (Géorgiens, Arméniens, Ingouches, Tchétchènes, Tcherkesses). Avec une multiplicité de différences religieuses là aussi : chrétiennes (majoritairement : orthodoxes, catholiques, uniates et protestants) et musulmanes. Ces minorités ethniques vont perdurer au cours du XXe siècle, malgré la révolution russe de 1917 et la recomposition territoriale en Europe centrale et orientale après la Grande Guerre. Puisque la Russie ou Grande-Russie, calquée sur un système impérial socialement marxiste, sera constituée d’une multitude de républiques socialistes : le Tatarstan en 1920 (pour les Tatars), la Kabardino-Balkarie en 1936 (pour les Kabardes), l’Adyguée en 1922 (pour les Adyguéens), l’Arménie en 1920 (pour les Arméniens), la Géorgie en 1921 (pour les Géorgiens), l’Ukraine en 1919 (pour les Ukrainiens).

La recomposition territoriale en Europe centrale et orientale, via les traités de paix, avait prévu la dissolution de l’empire austro-hongrois et du retour à une petite-Autriche et une petite-Hongrie. Pour ce qui est de l’Europe centrale, la Tchécoslovaquie émerge sous la forme de la Première République en 1918, incluant des territoires exclusivement slaves (tchèques, slovaques, ruthène subcarpathique jusqu’en 1945). D’abord unitaire puis fédérale, la Tchécoslovaquie va ensuite perdre la Ruthénie subcarpathique qui sera rattachée en 1945 à la RSS d’Ukraine. Après le coup de Prague (1948), elle va devenir centraliste, totalitaire, socialement communiste via le parti unique au pouvoir, avant de mourir lors de la "révolution de velours" (entre le 16 novembre et 29 décembre 1989) dont Vaclav Havel fut l’un des plus célèbres partisans, provoquant ainsi petit à petit la scission entre Tchèques et Slovaques, avant d’être définitive en 1993.

Pour ce qui est des Balkans, la Yougoslavie émerge via le « Royaume des Serbes, Croates et Slovènes » après un front commun en 1912 mené par la Ligue Balkanique (comprenant la Grèce, la Serbie, le Monténégro) contre l’Empire ottoman, la même année où l’Albanie prend son indépendance. Cette première Yougoslavie comprenait donc les royaumes serbe, monténégrin, croate et les régions de langue serbo-croate de Voïvodine (majoritairement orthodoxe, avec des minorités allemandes, magyares ou encore roumaines), de Bosnie-Herzégovine (avec des religions orthodoxe, musulmane et catholique) et de Slovénie (de langue slovène et de religion catholique). Après les défaites de l’Italie fasciste et de la Croatie oustachi, la Yougoslavie devient un régime dictatorial de type socialiste, que Tito, après une rupture avec l’URSS de Staline à la fin des années 1940, va diriger de 1953 à 1980.

A sa mort, c’est Slobodan Milosevic, deuxième homme du KPJ (Parti Communiste Yougoslave), qui après avoir organisé des révolutions en Voïvodine et au Monténégro, va décider de supprimer le statut d’autonomie du Kosovo en 1989, réveillant le nationalisme albanais où Ibrahim Rugova va faire de cette région une république par une déclaration constitutionnelle. Réveillant ainsi le début du conflit contemporain où l’Histoire montre que ce territoire n’était qu’une succession d’occupations politiques serbes et turques et entre populations serbes et albanaises (dont la première population était illyrienne, ancêtre des Albanais, occupation serbe entre le XIIe et XIVe siècle puis entre 1912 et 1939, occupation ottomane entre le XIVe et XIXe siècle) qui s’étaient pourtant battus ensemble en 1389 (car les Albanais, minoritaires encore à l’époque, étaient catholiques ou orthodoxes).

Sous la République socialiste d’Albanie, Enver Hoxha va interdire la pratique religieuse en 1967 et « désislamiser » le pays. Alors aujourd’hui qu’en est-il de ces minorités ethniques européennes ? En Russie, les minorités turciques, mongoles et caucasiennes bénéficient d’un statut à part de « république autonome », tout en étant intégrées à la Fédération. Et les présidents de ces territoires appartiennent majoritairement au parti du gouvernement « Russie Unie ». C’est le cas de Murat Kumpilov en Adyguée, de Alexey Tsydenov en Bouriatie, de Vladimir Vassiliev au Daghestan, de Vladimir Volkov en Mordovie, de Rustam Minnikhanov au Tatarstan ou encore de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie.

Globalement, les Balkans connaissent une nouvelle prospérité. Malgré le conflit serbo-kosovar évidemment, qui a vu récemment une nouvelle modification territoriale. Comme le changement de nom pour la Macédoine slave, devenue « Macédoine du Nord » pour être différenciée de la Macédoine hellénique. Malgré la chute de la Yougoslavie, il existe toujours des minorités ethniques. Représentées par des partis politiques. En Serbie, avec des minorités albanaise et hongroise représentées respectivement par la Coalition albanaise de la vallée de Presevo et la Coalition hongroise. En Grèce, avec une minorité macédonienne par le Vinozhito. En Roumanie, il y a une minorité hongroise, représentée par le Parti Populaire Hongrois de Transylvanie. En Italie, il y a des minorités germaniques et slovènes, représentées respectivement par le Süd-tyroler Freiheit et le Slovenska Skunopost. Et en Autriche, avec une minorité slovène via l’Entna Lista.

Si comme on l’a dit, les conflits ethniques sur l’ensemble du territoire européen se sont globalement apaisés, et il faut s’en réjouir, ces minorités n’ont pas trop leur mot à dire dans les Etats dans lesquels ils sont (puisque la seule langue reconnue en Serbie est le serbe, l’Autriche, l’allemand, le grec en Grèce, le roumain en Roumanie, etc…). Demain, la République européenne ne reconnaîtra plus les Etats-nations actuels existants. Puisqu’ils sont jacobins pour la plupart et divisent l’Europe. Seul un modèle d’Etat européen unitaire et décentralisé pourra régler une bonne fois pour toutes cette question. Il y a déjà cette erreur française consistant à de confondre « nationalité » et « citoyenneté ». Lié à l'idée de "naissance", "nation" et "nationalité" doivent s'interpréter comme des notions d'ascendance commune partagée.

Un basque n'a pas forcément la même "nationalité" qu'un occitan et pourtant tous deux ont factuellement la "citoyenneté" française. Il n’y aura donc pas plusieurs nations au sein de l'Europe-Nation, puisque la "nation" n’a pas seulement un sens de "natif". C’est un préalable mais ça ne fait pas tout : car ils doivent aussi témoigner d'une conscience d'appartenir à une même communauté. Après cet examen de conscience, cela se traduira par une révolution (qui sera démocratique), puis par l'établissement d'un État en finalité où ceux-ci ne forment plus qu'un politiquement. Il y a des nationalités aujourd’hui mais ça n'en fait pas des nations ! Les exemples sous la Double-Couronne et la couronne tsariste ont été démontrés. Aujourd'hui, les minorités ethniques slovènes en Italie et Autriche, sont-elles pour autant une "nation" ? Des nationalités éparpillées auprès de leur Maison-Mère ! L'Europe a vocation a être une Nation, puisque réunissant au préalable des Européens de même souche civilisationnelle. Nous sommes encore au stade encore de la prise de conscience commune. Les minorités garderont leur "nationalité" mais qui ne sera pas juridique. En revanche ils seront de nationalité ("citoyenneté") européenne, celle-ci définit uniquement sur le principe d'ascendance.

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

Commentaires

Les Albanais sont une peuplade de forbans hybridés, et non des "descendants d'Illyriens" comme ils se plaisent à le claironner en dépit de leur morphologie composite - l'anthropologie physique et la génétique de population en attestent. Se prélasser dans la fange du chauvinisme grossier des Albanais n'est sans doute pas la meilleure façon de promouvoir l'harmonie ou l'entente entre les Européens. Quant au Kosovo, vous vous abstenez évidemment de mentionner la croissance démographique substantielle de ce mêmes intrus albanais à l'origine de son délabrement actuel. En bref, votre analyse est très lacunaire et dissimule des présupposés antislaves que les Epirotes orientalisés (c'est-à-dire les Albanais) ne désapprouveraient pas. Certes, je conviendrais que les Slaves méridionaux ne sont pas exempts de racines exogènes dans des proportions non négligeables et leur slavité au sens strict est finalement marginale sur le plan somatique. Mais les ex-Yougoslaves, ironiquement, sont mieux apparentés aux anciens Illyriens -avec leur dose caractéristique d'extraction paléo-européenne- que les matamores enfiévrés du Kosovo ou de l'Albanie.

L'autre problème sous-jacent que vous n'évoquerez jamais sur ce blog "pan-européen" étant aussi le degré significatif de métissage qui est décelable sur les rives du bassin méditerranéen - et en Europe méridionale de façon plus particulière : Avec tout le respect que je dois aux Andalous, aux Siciliens, aux Calabrais ou même aux Celtoligures douteux qui peuplent le sud de la France, je ne m'identifie guère davantage à ces derniers qu'aux Barbaresques d'Afrique du Nord ou aux populations bigarrées du Levant. Plus à l'Est, l'européanité alléguée de certaines populations est aussi contredite par l'inoculation de sang finno-ougrien dans le patrimoine génétique "russe" : Certes, les Finlandais ou les Estoniens se démarquent sous un jour favorable grâce au volume substantiel de leur substrat nordique. Mais la Russie comporte son lot de Sang-Mêlés eurasiens - qui ne sont pas tant imputables aux croisements occasionnels avec des Tatars qu'à la compénétration de longue date des Slaves étendus vers le Nord et l'Est avec des communautés finno-ougriennes primitives (ne bénéficiant pas d'une infusion généreuse de gènes nordiques comme les Finnois ou les Estoniens). Prétendre qu'un Poutine ressemblerait à un vrai Européen serait une pure fanfaronnade, tordant le cou aux observations scientifiques les plus élémentaires et contribuant à dévaluer l'identité organique des Européens dans leur ensemble.

Interrogez-vous donc sur la portée réelle de vos projets et cessez de vouloir amalgamer des populations disparates et incomparables dont les fondements biologiques, les trajectoires de développement et le modus vivendi divergent à de nombreux échelons. Les "Latins" métissés peuvent peut-être s'unir sous la même bannière de la décrépitude, à la rigueur - Les peuples de souche germanique jouissent aussi d'affinités indubitables qui légitimeraient leur complète fusion dans un même Etat (l'existence indépendante de l'Autriche est un reliquat empoisonné des Habsbourg et une supercherie territoriale) - A l'Est, les populations jouissant d'un type slave assez conventionnel pourraient aussi s'associer durablement en veillant à exclure les "Russes" demi-mongoloïdes. Ces sous-ensembles plus homogènes et plus réactifs me semblent plus réalistes sur le long terme que vos desseins utopiques quant à l'unification de l'Europe et des Européens. Tout syncrétisme absurde n'a nullement vocation à s'éterniser.

J'insisterai aussi sur la dangerosité inhérente aux théories que vous promouvez dans votre organisme, dans la mesure où leur expérimentation causerait la déchéance mortelle de ces mêmes Européens en engloutissant les gènes récessives des Nordiques, des Allemands et des Slaves dans un salmigondis informe - Dont le point d'orgue ne serait ni plus ni moins que notre insipide standardisation... Funeste apogée d'un processus de décomposition grâce auquel nous finirions par tous nous confondre avec un concierge portugais, un éleveur de chèvres de Kabylie ou un marchand de tapis assyrien. Une finalité aussi déplaisante ne vaudrait guère mieux que la substitution de population déjà à l'œuvre en Occident (Amérique du Nord inclue, outre l'Australie ou encore la Nouvelle-Zélande si nous nous tournons vers l'Océanie).

Écrit par : Arnulf | 15/06/2019

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