Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/11/2018

Pour la nation européenne (1ère partie)

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/02/02/1620049121.png

LPE-carte-nouvelle version.pngSi on se réfère à sa définition, la nation est « l’ensemble des êtres humains vivant dans un même territoire, ayant une communauté d'origine, d'histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant une communauté politique ». L’Europe en est-elle une ? Non, si on se réfère à cette définition, puisque la nation, c’est l’unité de tous ces critères et que la communauté politique est la clé de voûte qui rassemble des individus, symbolisée par un État. Et l’Europe n’a pas d’État, quand bien même sa structure (l’Union Européenne) en possède certaines composantes. Mais il manque des critères essentiels, ce qui ne la définit pas comme un État.

A l’État, s’ajoutent les symboles propres à la nation. A l’État, s’ajoutent l’aspect de puissance, l’impact que la nation (symbolisée politiquement par son État) peut avoir sur le plan international à l’étranger. Et comme il n’a jamais existé dans l’histoire de puissance unique (malgré l’Empire romain, le Saint-Empire ou même les États-Unis), il y a une autre notion rattachée au concept de puissance, qui est le rapport de force, au niveau politique et diplomatique, économique et commercial, militaire et j’en passe.  

Prenons la période contemporaine où c’est à ce moment que la plupart des nations européennes ont émergé et se sont distinguées notamment sur la période 1848/1945. Paradoxalement, c’est à cette période que l’Europe s’est le plus déchirée, divisée et que les dégâts humains et matériels ont été les plus considérables. Perdant de facto leur « souveraineté » puisque l’on est rentré dans une nouvelle ère de faire la guerre qui est totale, avec une volonté d’anéantissement des peuples, ces États européens ont perdu considérablement leur puissance au profit des États-Unis, autre grande hégémonie qui a relancé à elle seule l’Europe occidentale (par le Plan Marshall), et qui sont incapables de rivaliser sur le plan international dans tous les domaines.

C’est par cette « Europe des nations » (existant depuis les Traités de Westphalie de 1648, quoi qu’en disent les souverainistes pour critiquer l’Europe dite « bruxelloise »), que ces Etats qui la composent rendent cette Europe-politique qu’est l’UE impotente, impuissante et désunie. D’ailleurs si je devais donner mon avis, je trouve une certaine similitude entre l’Union Européenne actuelle et l’ancienne Confédération germanique. La Confédération germanique fut une « confédération », union officieuse d’États qui la composent à l’intérieur. La similitude se trouve dans la composition de cette appellation. Car l’UE est aussi une structure qui marque une « union », fédérale certes ou « confédérale », puisque les Etats membres décident d’avoir une même monnaie ou pas (exemple de la Suède), d’être membres ou pas de l’Espace Schengen (exemple de la Croatie) et de signer ou pas les traités.

Face à ce constat dramatique, nous, au sein du Parti des Européens, voulons redorer le nom de l’Europe. En se servant déjà des éléments qui composent l’UE pour s’en emparer et donner à l’Europe cette unité politique qui lui fait défaut. Par les symboles du drapeau aux douze étoiles de forme circulaire sur fond bleu, l’hymne, extrait de la 9e symphonie de Ludwig von Beethoven (« Ode à la joie »), le Parlement Européen basé à Strasbourg, des cours de justice basées à Luxembourg et à Strasbourg, une BCE basée à Francfort, l’armée Eurocorps et l’Espace Schengen (qui n’existe actuellement qu’officieusement car pas défendu par son armée).

Appuyer sur les liens qui unissent les européens où sauf la communauté politique et la langue, tous les autres critères qui font la nation, sont applicables à l’Europe : - un même territoire : l’Europe ; toujours considéré comme allant de l’Islande à la Sibérie - la communauté d'origine : européenne, voire indo-européenne si on veut remonter aux premières traces d’Hommes en Europe (cf Marija Gimbutas, James Mallory, Kristian Kristiansen) - l'histoire : les Européens ont un lien entre eux depuis 30 000 ans si on en croit le livre de Dominique Venner, « Histoire et tradition des Européens ». Et quand bien même il existe des histoires locales, régionales, nationales, impériales (des Romains antiques aux Russes actuels), il existe une histoire commune, civilisationnelle, qui malgré les différences, restant mineures à l’échelle civilisationnelle, malgré les « guerres fratricides ». Les Européens partagent donc la même histoire.

Eugène GUYENNE (Le Parti des Européens)

11/11/2018

Pour une politique environnementale européenne.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/01/02/2246033319.png

250px-Canis_lupus_couché.jpgL’environnement fait partie des thèmes politiques a aborder et dont il serait dommage de s’en passer. Le rapport de l’homme européen par rapport à son environnement (son espace) dont la nature (faune et flore) en fait partie. Le Parti des Européens aborde ce thème. L’occasion d’en rappeler certains points.

Pour la faune, l’abattage de l’animal devra se faire par un étourdissement préalable et une mise à mort par effet de surprise, dans un contexte non stressant. Les trajets trop longs pour leur transport seront interdits. Par rapport aux animaux sauvages, le LPE défendra et encouragera l’expansion de ces animaux en voie de disparition comme le loup, l’ours, le lynx, l’aigle, le hibou grand-duc, les tortues d’Hermann et de Horsfield ou encore la rainette verte. Toujours concernant la faune, un plan européen de lutte sera engagé contre les espèces invasives comme le frelon asiatique ou encore la tortue de Floride. Il sera proscrit d’ailleurs d’en importer ou en posséder.

Pour la flore, il sera prévu un plan de reforestation du territoire avec des créations d’espaces sauvages protégés, avec une répartition équitable. Dans l’agriculture, il y aura une mise en place d’un protectionnisme agricole européen, pour décourager l’importation de produits qui sont destinés à être cultivés en Europe, favoriser localement les circuits courts, les coopératives locales et/ou régionales, les fermes en serre (hydroponique ou non), afin de produire en Europe des denrées exotiques qui nécessitent un climat adapté. Et enfin, un moratoire sur les O.G.M. pour interdire leur installation en dehors de zones géographiquement très délimitées et destinées seulement à la recherche.

Pour étoffer un peu davantage, je montrerai plusieurs chiffres concernant la population d’animaux sauvages en Europe et qui dresse un constat pour le moins alarmiste notamment en Europe occidentale.

Concernant le loup, c’est « Sciences et Avenir » qui publiait des chiffres le 10 décembre 2017 : 2.000 en Italie, une quarantaine en Suisse, 2.500 loups ibériques en Espagne, environ 300 au Portugal, au moins 130 adultes en Allemagne (la plupart en Saxe et dans le Brandebourg), entre 1.000 et 1.500 en Pologne (la plupart dans les monts Bieszczady, avec une chasse proscrite depuis 1998 »), environ 1.200 dans les pays baltes, 350 en Suède (courant 2017 le Riksdag, Parlement suédois, a fixé un quota de 22 pouvant être abattus), 200 en Finlande, entre 105 et 112 en Norvège, entre 2.500 et 3.000 en Roumanie et entre 800 et 1.000 en Serbie (bénéficiant de la protection en province de Voïvodine).

Pour le lynx, le site « Espece-Menacees » du 21 mars 2017 portait une présence en Europe de cet animal entre 9.000 et 10.000.

Pour l’ ours brun, le site « Pays de l’ours » publiait les chiffres de cet animal : entre 50.000 à 60.000, « répartis très inégalement sur l’ensemble du territoire » où « les populations les plus menacées se trouvent à l’ouest (Autriche, France, Espagne, Italie) mais la situation est fragile également en Serbie, au Monténégro, en Macédoine, en Albanie, en Ukraine, en Lettonie et en Biélorussie ». Dans le cas de l’Autriche particulièrement, « on est en train d’assister à la disparition, peut-être définitive, de l’espèce », a contrario des effectifs plus importants en Russie d’Europe, en Roumanie, et en Suède sont notables.

Pour le renard roux par exemple, « Boulevard Voltaire » en faisait mention le 04 octobre 2018. Plusieurs pays le protègent, comme l’Angleterre (depuis 2004), le Luxembourg (depuis 2015), en Suisse dans certains cantons dont celui de Genève, où la chasse est interdite (depuis 1974), en France aussi où il est protégé en Savoie, en Haute-Corse et dans la région francilienne.

Au niveau institutionnel, il existe actuellement en Europe, la MCPFE (Ministerial Conference on the Protection of Forests in Europe), qui réunit 40 États européens membres du Conseil de l’Europe (sur un total de 47), avec des États membres et d’autres pas, de l’UE (comme la Russie et pour être complet, incluant l’Albanie, Andorre, l’Arménie, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie, l’Islande, le Liechtenstein, la Macédoine, la Moldavie, Monaco, le Monténégro, la Norvège, Saint-Marin, la Serbie, la Suisse, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Turquie). Et leur envoyait un questionnaire sur l’état des forêts européennes. Il y a eu jusqu’à présent, 4 conférences : 1990 à Strasbourg, 1993 à Helsinki, 1998 à Lisbonne et la dernière, en 2003 à Vienne.

Au niveau concret pour la flore, comme l’indique François-Michel Le Tourneau dans une interview consacrée au site « Atlantico » du 1er avril 2018, l’UE « subventionne les agriculteurs pour ne plus exploiter certaines de leurs terres » et concernant cette reforestation, « si l’objectif est une préservation de l’environnement, en particulier pour défendre la biodiversité, mieux vaut laisser les forêts se régénérer toutes seules. Avec ce que cela implique en termes de modification des paysages auxquelles nous sommes habitués, et avec éventuellement quelques interventions sur quelques espèces ou essences invasives qui peuvent gêner cette reconstruction ». Aussi, peut-on s’intéresser au niveau des eaux dans les espaces aquatiques.

Concernant la Mer Caspienne, entre 1995 et 2017, son niveau à diminué de 1,5 mètre, portant sa profondeur à 184 mètres en moyenne. La cause principale ? Le réchauffement climatique. Au sujet de cette notion qui donne souvent lieu à des débats passionnés, je pense que la vérité est au milieu et que d’un côté il ne sert à rien d’être climatosceptique car cette notion est bien réelle et qu'il y aura des conséquences écologiques sur le long terme, tout comme le "grand remplacement", qui sont deux notions sur le long terme voire presque liées, dont les arguments ne sont pas infondés. Mais d’un autre côté, les réponses données par les (bobos-)écologistes ne sont pas non plus les bonnes. Cela mériterait une réelle réflexion sur le rapport de l’homme européen avec son espace, le gérer efficacement en trouvant des solutions équitables, sans tomber dans les travers de la culpabilisation de l’homme qui est tenu pour responsable de tout et doit se renier.

Afin que demain un État européen puisse voir le jour, il est important de prendre en compte l’aspect environnemental de son territoire et donc de gérer à la fois la faune et la flore. Si des solutions ont déjà été entreprises au niveau européen concernant les plans de reforestation, il faudra poursuivre ces efforts et de manière intelligente. Et bien sûr aborder la question de la disparition d’animaux sauvages de manière intelligente, en les préservant et en les répartissant de manière plus équilibrée sur le territoire, on peut imaginer ré-implanter davantage les loups en France, au Portugal, en Allemagne, en Suisse, en Norvège et en Finlande, les ours bruns en Autriche.

Eugène GUYENNE (Le Parti des Européens)

Pour une politique environnementale européenne.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/01/02/2246033319.png

250px-Canis_lupus_couché.jpgL’environnement fait partie des thèmes politiques a aborder et dont il serait dommage de s’en passer. Le rapport de l’homme européen par rapport à son environnement (son espace) dont la nature (faune et flore) en fait partie. Le Parti des Européens aborde ce thème. L’occasion d’en rappeler certains points.

Pour la faune, l’abattage de l’animal devra se faire par un étourdissement préalable et une mise à mort par effet de surprise, dans un contexte non stressant. Les trajets trop longs pour leur transport seront interdits. Par rapport aux animaux sauvages, le LPE défendra et encouragera l’expansion de ces animaux en voie de disparition comme le loup, l’ours, le lynx, l’aigle, le hibou grand-duc, les tortues d’Hermann et de Horsfield ou encore la rainette verte. Toujours concernant la faune, un plan européen de lutte sera engagé contre les espèces invasives comme le frelon asiatique ou encore la tortue de Floride. Il sera proscrit d’ailleurs d’en importer ou en posséder.

Pour la flore, il sera prévu un plan de reforestation du territoire avec des créations d’espaces sauvages protégés, avec une répartition équitable. Dans l’agriculture, il y aura une mise en place d’un protectionnisme agricole européen, pour décourager l’importation de produits qui sont destinés à être cultivés en Europe, favoriser localement les circuits courts, les coopératives locales et/ou régionales, les fermes en serre (hydroponique ou non), afin de produire en Europe des denrées exotiques qui nécessitent un climat adapté. Et enfin, un moratoire sur les O.G.M. pour interdire leur installation en dehors de zones géographiquement très délimitées et destinées seulement à la recherche.

Pour étoffer un peu davantage, je montrerai plusieurs chiffres concernant la population d’animaux sauvages en Europe et qui dresse un constat pour le moins alarmiste notamment en Europe occidentale.

Concernant le loup, c’est « Sciences et Avenir » qui publiait des chiffres le 10 décembre 2017 : 2.000 en Italie, une quarantaine en Suisse, 2.500 loups ibériques en Espagne, environ 300 au Portugal, au moins 130 adultes en Allemagne (la plupart en Saxe et dans le Brandebourg), entre 1.000 et 1.500 en Pologne (la plupart dans les monts Bieszczady, avec une chasse proscrite depuis 1998 »), environ 1.200 dans les pays baltes, 350 en Suède (courant 2017 le Riksdag, Parlement suédois, a fixé un quota de 22 pouvant être abattus), 200 en Finlande, entre 105 et 112 en Norvège, entre 2.500 et 3.000 en Roumanie et entre 800 et 1.000 en Serbie (bénéficiant de la protection en province de Voïvodine).

Pour le lynx, le site « Espece-Menacees » du 21 mars 2017 portait une présence en Europe de cet animal entre 9.000 et 10.000.

Pour l’ ours brun, le site « Pays de l’ours » publiait les chiffres de cet animal : entre 50.000 à 60.000, « répartis très inégalement sur l’ensemble du territoire » où « les populations les plus menacées se trouvent à l’ouest (Autriche, France, Espagne, Italie) mais la situation est fragile également en Serbie, au Monténégro, en Macédoine, en Albanie, en Ukraine, en Lettonie et en Biélorussie ». Dans le cas de l’Autriche particulièrement, « on est en train d’assister à la disparition, peut-être définitive, de l’espèce », a contrario des effectifs plus importants en Russie d’Europe, en Roumanie, et en Suède sont notables.

Pour le renard roux par exemple, « Boulevard Voltaire » en faisait mention le 04 octobre 2018. Plusieurs pays le protègent, comme l’Angleterre (depuis 2004), le Luxembourg (depuis 2015), en Suisse dans certains cantons dont celui de Genève, où la chasse est interdite (depuis 1974), en France aussi où il est protégé en Savoie, en Haute-Corse et dans la région francilienne.

Au niveau institutionnel, il existe actuellement en Europe, la MCPFE (Ministerial Conference on the Protection of Forests in Europe), qui réunit 40 États européens membres du Conseil de l’Europe (sur un total de 47), avec des États membres et d’autres pas, de l’UE (comme la Russie et pour être complet, incluant l’Albanie, Andorre, l’Arménie, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie, l’Islande, le Liechtenstein, la Macédoine, la Moldavie, Monaco, le Monténégro, la Norvège, Saint-Marin, la Serbie, la Suisse, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Turquie). Et leur envoyait un questionnaire sur l’état des forêts européennes. Il y a eu jusqu’à présent, 4 conférences : 1990 à Strasbourg, 1993 à Helsinki, 1998 à Lisbonne et la dernière, en 2003 à Vienne.

Au niveau concret pour la flore, comme l’indique François-Michel Le Tourneau dans une interview consacrée au site « Atlantico » du 1er avril 2018, l’UE « subventionne les agriculteurs pour ne plus exploiter certaines de leurs terres » et concernant cette reforestation, « si l’objectif est une préservation de l’environnement, en particulier pour défendre la biodiversité, mieux vaut laisser les forêts se régénérer toutes seules. Avec ce que cela implique en termes de modification des paysages auxquelles nous sommes habitués, et avec éventuellement quelques interventions sur quelques espèces ou essences invasives qui peuvent gêner cette reconstruction ». Aussi, peut-on s’intéresser au niveau des eaux dans les espaces aquatiques.

Concernant la Mer Caspienne, entre 1995 et 2017, son niveau à diminué de 1,5 mètre, portant sa profondeur à 184 mètres en moyenne. La cause principale ? Le réchauffement climatique. Au sujet de cette notion qui donne souvent lieu à des débats passionnés, je pense que la vérité est au milieu et que d’un côté il ne sert à rien d’être climatosceptique car cette notion est bien réelle et qu'il y aura des conséquences écologiques sur le long terme, tout comme le "grand remplacement", qui sont deux notions sur le long terme voire presque liées, dont les arguments ne sont pas infondés. Mais d’un autre côté, les réponses données par les (bobos-)écologistes ne sont pas non plus les bonnes. Cela mériterait une réelle réflexion sur le rapport de l’homme européen avec son espace, le gérer efficacement en trouvant des solutions équitables, sans tomber dans les travers de la culpabilisation de l’homme qui est tenu pour responsable de tout et doit se renier.

Afin que demain un État européen puisse voir le jour, il est important de prendre en compte l’aspect environnemental de son territoire et donc de gérer à la fois la faune et la flore. Si des solutions ont déjà été entreprises au niveau européen concernant les plans de reforestation, il faudra poursuivre ces efforts et de manière intelligente. Et bien sûr aborder la question de la disparition d’animaux sauvages de manière intelligente, en les préservant et en les répartissant de manière plus équilibrée sur le territoire, on peut imaginer ré-implanter davantage les loups en France, au Portugal, en Allemagne, en Suisse, en Norvège et en Finlande, les ours bruns en Autriche.

Eugène GUYENNE (Le Parti des Européens)

07/10/2018

Européisme et fédéralisme.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/02/02/1620049121.png

européisme,fédéralisme,LR,RN,DLFCes derniers jours, Guillaume Larrivé, dans les colonnes du Figaro, a invité à se méfier du « piège européiste » d’Emmanuel Macron, puis Nadine Morano à sa suite, sur les ondes de BFM, s’est opposée à la demande de « toujours plus de fédéralisme ».

Les termes d’européisme et de fédéralisme sont évités par une droite, modérée ou non, dont on dit qu’elle est timide sur la question européenne. Mais ils sont également évités par ceux qui se présentent, à tort comme on le verra, comme les plus ardents partisans de l’Europe.

Or être qualifiés d’européistes ne devrait pas gêner ceux qui, dans leur discours récent au moins, défendent l’Europe. A savoir tous les partis, y compris le Rassemblement national. Quant à ceux qui devraient à juste titre être qualifiés de fédéralistes, nous verrons qu’ils ne seraient pas forcément si éloignés des aspirations de quelques euro-réalistes.

D’abord la ligne préconisée par Emmanuel Macron, comme bien d’autres à gauche et au centre, n’est ni européiste, ni fédéraliste. Que signifierait en effet, pour l’Europe, un statut d’état fédéral ?

Ce serait d’abord un état unifié. Mais seuls les peuples disposent de la légitimité pour demander un état les regroupant. Autrement dit il conviendrait de parler de peuple européen, de nation européenne. On n’en est pas très loin quand on pense au triple héritage, païen, chrétien et humaniste. C’est celui que défendait Valéry Giscard d’Estaing, récemment rejoint par Nicolas Sarkozy qui ajoutait les racines juives.

Ensuite un état fédéral serait un état décentralisé, laissant beaucoup d’initiative à des régions ou états tout court. Ces derniers sont cependant subsidiaires de l’état fédéral.

Le projet européen actuel n’est pas du tout sur cette voie. Il consiste au contraire en une superstructure subsidiaire par rapport aux états la composant, laquelle fait fi de leur parenté de civilisation. Comme elle n’a pas de légitimité, elle n’a pas non plus la puissance pour défendre les Européens vis-à-vis de l’extérieur, sur des sujets comme le commerce, comme les migrations, comme le terrorisme ou les menaces militaires, par exemple. Pour prendre de l’importance, elle s’immisce alors dans le fonctionnement interne des états. Instance sans âme, elle s’appuie pour cela sur les valeurs mondialistes inventées par un club de notables coupés du peuple. En demandant à cette seule fin un transfert à son profit de la souveraineté démocratiquement fondée des états, cette souveraineté finit par être une illusion.

Ceux qui prétendent être partisans de l’Europe ne demandent pas un changement de paradigme. Ils demandent une accélération de la prétendue construction européenne dans le prolongement de ce qu’elle est devenue, autrement dit une dissolution de l’Europe dans un monde de type néo-féodal.

Nicolas Dupont-Aignan a trouvé une bonne image avec le syndic de copropriété. Tout se passe comme si le syndic s’occupait exclusivement de la vie des résidents chez eux, contrôlant leurs habitudes, faisant supprimer les portes palières et exigeant l’accueil de n’importe qui.

Ainsi Manuel Macron est-il un faux européiste et un faux fédéraliste. Mais, suite à un tel dévoiement des idées d’européisme et de fédéralisme, l’on comprend pourquoi ces termes sont honnis par les plus lucides et seulement balbutiés par les falsificateurs. C’est aussi la raison pour laquelle les vrais partisans de l’Europe devront plutôt parler d’une Europe unifiée et décentralisée, annonçant clairement leurs objectifs.

Parallèlement les souverainistes, comme ceux du Rassemblement national ou de Debout la France, sont de faux réalistes. S’ils critiquent à juste titre l’intrusion des instances de l’Union dans le mode de vie des citoyens européens jusque dans ses moindres détails, ils ne proposent rien de sérieux pour leur protection. Marine Le Pen a tenu un discours où l’on retrouvait quelques éléments de langage nouveaux, mais elle est vite revenue à ses habitudes europhobes.

Ces faux réalistes, en fermant la porte aux actions collectives nécessaires à la survie de l’idée européenne, ouvrent la porte aux faux européistes et faux mondialistes. Finalement les uns et les autres ne sont pas de vrais adversaires. Quand les uns n’ont pas la légitimité, les autres n’ont pas les moyens.

D’ailleurs, lorsque Angela Merkel traite directement avec l’Algérie pour y renvoyer des migrants indésirables chez elle, ou qu’elle tente de négocier avec Donald Trump une brèche dans le protectionnisme américain, elle joue une carte souverainiste avec la bénédiction des faux européistes, faux fédéralistes. Comme la Pologne quand elle achète une base américaine.

Voyons, maintenant, quelles seraient les conséquences du choix d’un statut d’état unifié et décentralisé pour l’Europe.

D’abord le fait de fonder l’état européen selon un principe national implique de s’attarder sur l’identité européenne, sur un patrimoine commun, sur le besoin de s’inscrire dans un destin commun. C’est à l’échelle du continent l’équivalent de ce que veulent les pays du groupe de Visegrad ou l’Autriche, quels que puisent être d’éventuels errements dans leur gouvernance. Et c’est ce que veulent majoritairement les citoyens de pays dont les dirigeants sont mondialistes. Par rapport aux euro-réalistes qui veulent s’appuyer sur l’idée de nation, ce serait seulement un changement d’échelle.

Il reste que cette identité européenne recouvre des identités plus spécifiques que les citoyens des anciennes nations ne veulent pas perdre, pour ce qui est des nations méritant encore ce nom, ou veulent retrouver, pour ce qui est des autres. C’est là que la décentralisation entre en jeu. L’organisation en régions devrait être constitutionnelle. Il s’agit bien sûr d’une constitution de l’état unifié, installée en même temps que seront abolies les constitutions antérieures des actuels états membres. Cependant les modifications ultérieures devront être soumises à un accord réparti sur l’ensemble des anciens états.

Cette constitution fédérale laisserait aux régions ou états tout court le contrôle de la vie sociale, de l’éducation et surtout du droit d’installation. Leur identité propre serait alors vraiment pérennisée. Bien davantage qu’en conservant des nations souveraines.

Dans l’image de la copropriété, le syndic exercerait son rôle et seulement son rôle. Ce dernier défendrait son bien vis-à-vis des immeubles voisins et des instances diverses. Mais il ne s’occuperait pas de la vie des résidents, lesquels seront chez eux et abriteront qui ils veulent.

Une telle Europe serait sécurisante, vis-à-vis des craintes manifestées par ceux qu’on appellent les nationalistes. Les Hongrois seraient sûrs de rester hongrois, les Polonais de rester polonais, par exemple. Ainsi aurait-elle un mérite que n’aura jamais le statut d’union entre états souverains que les souverainistes préconisent. En effet ces petits états seront très faciles à soumettre dans des confrontations bilatérales avec un état puissant, comme les États-Unis ou la Chine, voire avec un continent comme l’Afrique. Si bien que ceux qui auront choisi la souveraineté plutôt que l’identité n’auront in fine ni l’identité ni la souveraineté, rejoignant ceux qui veulent détruire l’identité. L’Europe unifiée, au contraire, pourra imposer sa vision des choses au monde entier.

Cela étant, les citoyens des états actuels ne sont peut-être pas prêts à franchir le pas tout de suite. En attendant il convient surtout de préserver l’avenir, en contrant les initiatives de tout ce qu’il y a de mondialiste et de bien-pensant, comme en répondant aux aveuglements nationalistes par des initiatives protectrices. Là les euro-réalistes peuvent apporter leur contribution.

En résumé ce qu’on vient d’exposer porte un nom : c’est l’alliance des visionnaires et des lucides.

Pierre EISNER (Le Parti des Européens)

19:00 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : européisme, fédéralisme, lr, rn, dlf | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/09/2018

De la liberté de circulation et de la liberté d’installation en Europe.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/02/02/1620049121.png

Hestia_Giustiniani.jpgQuelle que soit la manière dont on regarde les choses, on est conduit au même constat. Les Européens, pris séparément ou dans leur ensemble, n’ont d’avenir conforme à leur identité de civilisation que dans l’instauration aussi prochaine que possible d’une Europe unifiée.

Or un grand nombre de ceux qui pensent que leur civilisation est en danger de mort pensent en même temps que l’idée d’une unification politique de l’Europe, à la manière de celle de l’Allemagne ou de l’Italie au XIXème siècle, est inenvisageable dans un horizon perceptible. On a tant cultivé les inimitiés entre les uns et les autres que le chemin sera, bien sûr, ardu. Il le sera d’autant plus que la prétendue construction européenne, celle que représente l’actuelle Union, fait tout pour briser les identités spécifiques de ce que l’on a considéré jusqu’ici comme des peuples. On le voit au travers des sanctions que le parlement de Strasbourg propose d’appliquer à l’encontre de la Hongrie.

Certes, aujourd’hui, ce sont des migrants porteurs d’un héritage étranger à l’Europe que l’idéologie de l’Union veut imposer à ces peuples. Mais, même si l’on ferme demain la porte à ces migrants et même si les populations du continent ont le sentiment d’appartenir à une famille commune, il faut s’attendre à ce qu’elles ne veuillent pas se fondre dans une masse continentale totalement indifférenciée. Pourquoi interdire à la Hongrie de vouloir rester hongroise, à la Pologne de vouloir rester polonaise, comme à la France de vouloir rester française, à supposer qu’elle le soit encore et pour reprendre le slogan de Wauquiez ? Sans oublier que la situation actuelle a déjà écrasé certaines identités. Il y a, par exemple, des Alsaciens, des Bretons, des Corses, des Basques ou des Catalans, que les fameux états membres ont tendance à ignorer.

Si l’on ne peut pas résoudre aujourd’hui la contradiction entre ce qui est d’une part un besoin d’unification, lequel est pourtant loin d’être à portée de vue, même s'il n'est pas actuellement recherché sérieusement, et ce qui est d’autre part un désir d’appartenance à une communauté historique plus restreinte, c’est parce qu’on a imposé la confusion entre la liberté de circulation et la liberté d’installation.

La liberté de circulation est officielle à l’intérieur de la zone dite Schengen, entre des pays ayant aboli leurs frontières pour les personnes et pour les biens. Cependant cette liberté existe officieusement bien au delà. Ainsi suffit-il à des migrants de s’installer dans une embarcation dans les eaux libyennes pour qu’ils se retrouvent sur le sol européen. D’ailleurs ce n’est même pas la voie d’entrée la plus massive en France ; il en existe une, légale, qui est le titre de séjour temporaire. Au Royaume Uni le simple fait de mettre le pied sur le sol rend l’entrée irrévocable.

Le problème survient dès lors que que cette liberté, qu’elle soit officielle ou non, implique la liberté d’installation. Certains l’assortissent même du « droit au logement », qui serait, pour n’importe qui, le droit d’être installé dignement, en n’importe quel endroit où il aurait pu planter sa tente. Or l’installation des personnes sur un territoire, dès lors qu’elle atteint un certain seuil, en change la population et par suite l’identité. Il ne sert à rien de décréter des règles particulières qu’il conviendrait de respecter pour maintenir des traditions. On le constate parfaitement avec l’arrivée, en France et ailleurs, de nouvelles populations avec leurs exigences communautaires spécifiques.

Supposons maintenant qu’on s’approche de la création d’un état européen unifié recouvrant plus ou moins le continent. Que faudra-t-il pour que les états actuels acceptent de disparaître à son profit ? La circulation sera libre à l’intérieur de l’état. Il faudra en revanche laisser le contrôle de l’installation des personnes, acquisition d’un lieu de vie comme choix d’une résidence, aux groupes humains actuels qui souhaitent maintenir leur cohésion.

Le nouvel état unifié devra offrir toutes les garanties dans sa constitution même. Il y sera dit qu’il est organisé en grandes régions, ou euro-régions, correspondant plus ou moins aux actuels états, et en régions tout court là où des particularismes locaux existeront. Ce sont ces régions, grandes ou autres, qui se verront confier le contrôle de l’installation des personnes.

Cet état devra faire face à un double défi. D’une part faciliter les échanges pour rapprocher les Européens entre eux et en même temps garantir la pérennité de ses composantes historiques. A côté du contrôle de l’installation des personnes, les régions devront faciliter les visites et les séjours temporaires, pour cause d’étude ou de travaux par exemple. Cela signifie, par exemple, que les écoles d’une région donnée doivent savoir accueillir des enfants d’une autre langue maternelle, parmi une petite liste de grandes langues européennes de culture, pour permettre à leur famille de quitter ladite région sans souci.

Aujourd’hui on pratique exactement le contraire et il faut l’expliquer aux états européens et à leur population. Le projet des élites, qui se prétend européen et qui n’est en réalité que mondialiste, a pour objectif inavoué de séparer les Européens les uns des autres, tout en détruisant leur identité, aussi bien européenne que régionale. Pour mieux les fondre dans un chaudron mondial qui ne connaîtra que des castes.

Pierre EISNER (LPE)

10/09/2018

Elections parlementaires suédoises: une droite nationale en progression limitée face à deux camps minoritaires.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

élections suédoises,démocrates suédoisA l'issue des élections parlementaires suédoises du 9 septembre 2018, le jeu parlementaire est des plus verrouillés, comme cela avait été annoncé, et les deux partis principaux, les sociaux-démocrates à gauche et les modérés à droite reculent d'environ 6,5 points, ainsi que les écologistes en recul de 2.4 points. Enfin les petites listes sont également laminées dans un contexte à forte polarisation avec 1,4% (-2.5 points).

Les Démocrates Suédois, mouvement de droite nationale dirigé par Jimmie Akesson, sont ceux qui progressent le plus, obtenant 17,6% des voix (+ 4.7) et 63 sièges (+14), mais ils sont loin des prévisions des sondages qui les plaçaient à plus de 20% et ils échouent aussi à obtenir la seconde place devant la droite modérée. C'est donc pour eux une déception. Ils ne peuvent pas en accuser les deux listes de droite nationaliste qui auront probablement réalisé des scores dérisoires (inconnus à cette heure). Le vote utile d'électeurs craignant une absence de majorité au Riksdag (parlement) a pu freiner son ascension. Ses positions eurosceptiques et pas seulement identitaires ont pu effrayer certains électeurs modérés.

Et en outre le matraquage international, il suffisait de lire Le Monde en France pour s'en convaincre, a payé. Nombreux Suédois craignaient de donner l'impression que leur pays devenait une "société fermée". C'est pourtant oublier que les Suédois par le passé avaient démontré une capacité de résistance exceptionnelle. Il suffit de songer qu'ils ont résisté au christianisme un siècle de plus que leurs voisins scandinaves.

La droite nationale, en France et ailleurs, a pu progresser et la Lega de Salvini est annoncée à 34% dans les sondages. Le FPÖ autrichien est intégré à une coalition même s'il n'a pas pu dépasser le score de Haider en 2000, mais de par la seule volonté du chancelier ÖVP Sebastian Kurz. Mais son programme économique anxiogène freine son ascension. Le déficit en crédibilité atteint surtout le RN (ex-FN) français.

Les sociaux-démocrates, principaux responsables depuis les années 70 de la crise sociétale de la Suède, en ouvrant ses frontières à de larges flux, ne sont pas sanctionnés autant qu'ils devraient l'être. Ils obtiennent 28,4% des voix et 100 sièges. La droite modérée ne parvient pas à remonter l'écart et doit se limiter à 19,8% des voix et 70 sièges.

Une coalition de gauche n'obtiendrait que 143 sièges et une coalition de droite aurait aussi 143 sièges soit une parfaite égalité. On peut imaginer selon le modèle danois une coalition de droite minoritaire aux affaires avec des démocrates suédois en soutien sans participation.

Les petits partis de droite se maintiennent (Libéraux à 5,5% et 19 sièges) ou se renforcent (Parti du centre 8,6% et 3 sièges, Démocrates chrétiens 6,4% et 23 sièges), tout comme le Parti de Gauche (Vänsterpartiet, 7,9% +2.2 et 28 sièges +7). Enfin les Verts (Miljöpartiet) tombent à 4,4% (-2.4) 15 sièges (-10). Le candidat de droite Ulf Kristersson n'a pas su convaincre. Quant au social-démocrate Stefan Löfven, qui a durci légèrement la ligne sur la question migratoire, il limite néanmoins la casse mais sans convaincre.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

09/09/2018

Paganisme et christianisme populaire, remparts de la civilisation européenne.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/00/2385045191.png

pendentif-argent-croix-celtique.jpgLe Parti des Européens souffre d’un malentendu quant à ses positions sur les questions de religion, donnant parfois l’impression aux euro-chrétiens qu’il s’oppose à eux.

Pourtant, le programme du parti explicite clairement la défense des religions d’Europe dans leurs espaces enracinés, à savoir non seulement l’euro-paganisme sous ses différentes « chapelles » mais aussi les trois christianismes (catholicisme, réforme et églises orthodoxes nationales), le judaïsme en raison de l’ancienneté de sa présence historique en Europe, comparable au parsisme en Inde, et l’islam enraciné qu’on retrouve dans les Balkans, dans le Caucase et dans certaines républiques autonomes de Russie (comme le Tatarstan). C’est la notion d’enracinement sur la longue durée qui est ici essentielle.

L’analyse historique des origines proche-orientales du christianisme, tant sur le plan historique (Ramsay Mac Mullen, Thomas Römer…) que philosophique (Friedrich Nietzsche, Jean Soler, Michel Onfray…), ne saurait se confondre avec une démarche politique.

La réalité sombre de la christianisation, à partir du règne de Constantin, loin du conte pour enfants d’une conversion spontanée et heureuse des Européens, doit être acceptée comme le fait historique indiscutable qu’il est. Le christianisme était l’une des religions orientales qui s’est développée au bas-empire, comme le mithraïsme et le manichéisme, et Constantin fut un Açoka qui a réussi (le roi indien Açoka échoua à imposer le bouddhisme aux Indiens).

Constantin y trouva son intérêt, considérant l’adhésion au monothéisme comme une manière de renforcer l’autocratisme et tous les rois « barbares » qui l’imiteront agiront dans le même sens. « Un seul Dieu, un seul roi ». La disparition de la démocratie scandinave à l’époque viking au profit de la monarchie est concomitante de l’adoption du christianisme. Les résistances furent nombreuses et ce pendant des siècles. Ainsi trois siècles après la conversion de Vladimir, des prêtres païens animent encore la révolte à proximité de Kiev. Et cinq siècles après la loi de Théodose de 392 interdisant le culte des dieux, suivi en 394 de l’interdiction des Jeux Olympiques, la Laconie autour de Sparte était encore majoritairement païenne.

Le pape Grégoire Ier autour de l’an 600, confronté aux résistances des Européens païens, décida d’une politique audacieuse, qui a été de récupérer les lieux de culte et les divinités locales des païens, de les christianiser en offrant aux populations des substituts acceptables. C’est ainsi que des saints imaginaires succédèrent aux dieux, que les fêtes païennes devinrent les fêtes chrétiennes, et que des pans entiers de la tradition indo-européenne furent sauvés par une église qui trois siècles avant ne rêvait que de la faire disparaître.

C’est ce que l’on nomme le pagano-christianisme ou la double foi (en russe : двоеверие) et qui a été la religion de l’Europe chrétienne médiévale. C’est ce christianisme populaire et laïc, s’opposant aux dogmes du clergé, qui constitue encore la religiosité de l’Europe contemporaine, avec ses baptêmes et ses mariages à l’église. Il est bien différent des « valeurs devenues folles » fustigées par G. K. Chesterton et en revanche encensées par le pape François et par un clergé fondamentalement athée et qui ne prône plus d’un vague globalisme moral. C’est le christianisme du bon sens de l’Européen moyen, qui refuse l’implantation de migrants, comme en Pologne et en Hongrie. C’est le christianisme de Salvini ou d’Orban face au pape. C’est le christianisme modeste et sans excès de Vladimir Poutine. C’est moins le cas de Jaroslaw Kaczynski, qui paraît trop bigot.

Le christianisme populaire n’est pas en effet la bigoterie sectaire, mais une religiosité tolérante et la manifestation de la fidélité à ses ancêtres, à ses parents. Un tel christianisme ne s’oppose pas à la renaissance païenne mais l’accompagne même avec bienveillance.

Car la révélation de ce début du XXIème siècle en Europe, c’est le retour du paganisme ou euro-paganisme (pour le distinguer des polythéismes non-européens), et notamment en Europe scandinave et en Europe centrale et orientale. Il n’est pas tant une réaction au christianisme clérical qu’une affirmation identitaire d’une religiosité plus nationale, plus enracinée encore, mais aussi plus proche de la nature. La « vraie religion de l’Europe » n’entend pas reprendre sa place ancienne en imitant la religion qui s’est substituée à elle. Elle ne rêve pas d’une revanche ni d’un nouveau Julien. Peut-être espère-t-elle en revanche un Numa Pompilius pour l’organiser et lui donner les moyens de son culte.

En effet, sous la forme d'asatru dans les pays germano-scandinaves, de la rodnoverie « foi native » dans les pays slaves, en Ukraine comme en Russie pourtant contextuellement opposées, et sous divers noms partout sur le continent (suomenusko en Finlande, hellenismos en Grèce, Ősmagyar vallás en Hongrie, religio romana en Italie, draiocht « druidisme » en Irlande, romuva en Lituanie, hetanosyun en Arménie), l’euro-paganisme est à nouveau présent en 2018. Beaucoup d'euro-chrétiens l'acceptent volontiers et sont loin de s'en offusquer, à la différence du Vatican qui s'en inquiète.

Il ne faut pas opposer euro-paganisme et euro-christianisme ou « christianisme populaire européen », mais les associer pour susciter le renouveau spirituel qui fait défaut à l’Europe et pour en faire les instruments de la résistance au globalisme, un globalisme soutenu par l’actuel Vatican comme paradoxalement par ses pires adversaires. Le bon sens de l’Européen, chrétien comme païen, sera la réponse appropriée pour en triompher.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

19:06 Publié dans Analyses, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paganisme, christianisme, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/08/2018

La notion d'hybris dans notre conception de l'Etat européen

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

Par Eugene Guyenne (pour Le Parti des Européens)

Corinthian_capital.jpgAujourd'hui en France, certaines personnes par naïveté et/ou malhonnêteté pour la plupart, pourraient penser que concevoir un État européen comme le fait le Parti des Européens, est un acte hybris. Déjà il s'agit de replacer ce qu'est l'hybris (húbris), qui vient du grec, c'est-à-dire "la démesure", "l'excès". Historiquement on sait à quoi se rattache la notion d'hubris et de démesure. À la Grèce et la Rome antique et leurs impérialismes respectifs, avec la notion coloniale.

Ensuite, il s'agit de comparer deux conceptions que sont "État européen" et "hybris".

L'État européen n'existe pas actuellement - puisque l'Union Européenne est simplement une structure qualifiée de "supra-nationale" par certains, ayant une fonction financière et très politique et intégrale dans ses institutions - mais certaines personnes travaillent à la réflexion de celui-ci. Donc l'État européen serait-il  une marque d'hybris au prétexte d'une grandeur ?

Que peut-on dire des anciens empires récents - qu'ils soient ottoman, russe (tsariste ou soviétique), yougoslave (communiste ou nationaliste) et austro-hongrois ? Que dire des anciens empires coloniaux français et britannique, dont par ailleurs la France et la Grande-Bretagne ne s'en sont toujours pas débarrassés voire pire, continuant même de s'y appuyér respectivement par le biais des DOM/TOM et de la francophonie d'un côté, et le Commonwealth d'un autre. Que dire d'états tels que le Canada et de la Russie actuelle puisque ceux-ci sont deux des plus grands territoires dans le monde ? Et non sans réveiller certaines consciences, de l'annexion russe de la Crimée au cas du Haut-Karabakh.

Et du point de vue régionaliste, puisque l'État français est jacobin, n'y a-t-il pas une forme de démesure de l'État français depuis l'Ancien-Régime, d'avoir annexé des anciennes provinces telles que la Gascogne, la Provence, le Dauphiné, la Normandie, la Bretagne, les Flandres, puis à une époque plus récente la Corse, l'Alsace/Lorraine et j'en passe ? De la part de l'État allemand d'avoir annexé à l'époque moderne, les duchés du Schleswig, du Holstein, de Bavière, de Bade et de Wurtemberg ?

Qui sont réticents parce qu'ils ne défendent qu'une vision nationale, de leur nation et de leur peuple, une nation par ailleurs jacobine. Ceci explique entre autres leur réticence à propos de l'Union Européennecomme des États-Unis, en dehors de leurs idéologies véhiculées. Dont leur principal argument est la démesure de celles-ci.

Mais il n'en est rien puisque cet État européen souhaité, réellement européen à tous les points de vue, n'est pas une forme de démesure. Puisque c'est la conservation d'un territoire européen déjà existant dont cet État, protecteur de celui-ci, n'a aucune volonté impériale.

L'Union Européenne n'est pas non plus une manifestation d'hybris puisque si certains reconnaissent en elle une structure "supra-nationale" (vis-à-vis de leur nation), elle n'a aucun pouvoir politique et n'a qu'un pouvoir économico-financier (et encore !)  puisqu'à l'intérieur certains ne font pas partie de la zone-euro et que par conséquent, ce sont les États européens (membres ou pas de l'UE) qui décident de leur propre politique et sont les responsables de leurs laxismes notamment en matière migratoire.

Donc d'aucune manière, l'État européen ne présente une forme d'hybris puisque celui-ci ne présente aucun caractère impérial et encore moins colonial mais simplement la conservation d'un territoire, d'une civilisation, d'un peuplement et d'identités respectives a l'intérieur de celui-ci, représenté par un État.

Invoquons Mars, père des Européens !

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

Mars, père des Européens.

Ares (bust).jpgIl est le dieu latin de la guerre, et si son nom de Mars est connu de tous, il était également appelé Mamers et surtout Mavors, directement issu de son nom indo-européen originel *Maworts (génitif *Mawertos), désignant le dieu de l’orage et de la guerre, correspondant au dieu letton Martins et aux divinités indiennes de l’orage, les Maruts, qui font partie du cortège d’Indra. Sous d’autres noms indo-européens, Mars correspond au Thor scandinave ou au Perun slave, et bien sûr à l’Arès grec.

C’est le dieu du « printemps sacré » (uer sacrum), lorsque toute la jeunesse d’une tribu est envoyée fonder une nouvelle cité guidée par un animal sacré associée au dieu. Les Mamertins furent guidés par le dieu en personne sous sa forme physique, comme leur nom l’indique. Les Eques furent guidés par un cheval envoyé par Mars, tandis que les Taurins avaient été guidés par un taureau, les Hirpins pas un loup, les Picéniens par un pivert, et toute la nation italique, le nom originel étant Vitalia, le pays des (troupeaux de) veaux, est en réalité associée au dieu Mars.

Parmi tous les peuples et au sein des peuples latins, la cité de Rome est des plus éminentes. La tradition attribue sa fondation à deux jumeaux, Romulus et Rémus, fils de Mars et de la vestale Rhea Silvia, elle-même fille de Numitor, le roi d’Albe, et que son oncle Amulius avait fait enfermer. Les jumeaux furent protégés par un pivert et une louve envoyés par leur père. Et un couple de bergers les adopta, ignorant leur origine divine et royale. C’est ainsi que Mars fut qualifié de « père des Romains ».

Lorsque Romulus et ses hommes enlevèrent les filles sabines, les mariages furent bénis par Venus Cloacina, épouse de Mars. C’est ainsi que Rutilius Namatianus, douze siècles plus tard, dira des Romains qu’ils associent les qualités réunies de Mars et de Venus, mère d’Enée par ailleurs. C’est sous la forme d’un nuage d’orage que Mars enlèvera par la suite son fils Romulus, devenu alors le dieu Quirinus, et l’emmènera sur l’Olympe.

Père des Romains, il s’assura toujours d’intervenir aux côtés des légions face au danger et plusieurs soldats à plusieurs époques témoigneront de la présence à leur côté d’une figure puissante galvanisant leur élan guerrier. Il est vrai que les Grecs aussi chantaient le péan afin qu’Arès soit parmi eux. Protecteur de César, qui dédaigna malgré tout ses avertissements, comme lorsque le dieu fit tinter ses lances dans la Regia la veille de son assassinat, il veilla auprès d’Octavien et d’Antoine afin que le dictateur soit vengé. C’est Mars Vengeur (Ultor) qui porta la colère des légions contre Brutus et Cassius. C’était aussi Mars Vengeur qui avait incité Brutus l’ancien à chasser les rois étrusques, Brutus qui avait dédié le poignard de Lucrèce au dieu puis offert un champ à celui-ci, le Champ de Mars (Campus Martius).

A la tête des armées de la république, il était Mars Gradivus, qui parcourt le champ de bataille afin d’occire les ennemis de la cité. Et en temps de paix, il devenait Mars Quirinus, « rassembleur du peuple », et à l’occasion protecteur du blé contre la rouille, agissant en guerrier même sur le champ du paysan latin.

Par la guerre, il amenait la paix. On l’honorait comme Mars Pacifer, lorsqu’il apportait la paix, et comme Mars Pacator, quand il revenait vainqueur de la bataille. Bien avant le dieu du soleil (Sol Invictus), Mars était dit Invictus, c’est-à-dire invaincu et invincible. Il était souvent simplement vainqueur, Mars Victor, aux côtés d’une Venus Victrix l’accompagnant tout comme Nerio, Bellone et Minerve au combat.

Au sein de la légion, Mars était devant et harcelait l’ennemi, il était Propugnator. Les cris de colère des Gaulois invoquant leur dieu champion, Camulos, lui répondaient. Et lorsque la légion était triomphante, et que l’empire s’étendait, il était honoré comme dieu Propagator. C’est ainsi que les valeurs de la Rome italique s’étendaient jusque dans les provinces orientales, sans grand succès ceci dit dans ce dernier cas.
L’empereur Maxence, face à Constantin qui se tournait vers un dieu étranger, honora à son tour Mars Propagator et donna même à son propre fils le prénom de Romulus. Il reconstruit quatre-vingt temples à Rome comme l’empereur Auguste en son temps s’en était vanté dans ses Res Gestae. Et Julien lui-même voulut sacrifier à Mars avant sa guerre contre les Perses. Mais le dieu ayant envoyé des signes contraires, tout comme César avant lui, Julien négligea son message et trouva la mort au combat, transpercé d’une lance revendiquée par le parti chrétien.

Mais Mars était là en témoin silencieux lorsque l’armée européenne d’Arbogast fut écrasée par l’armée chrétienne de l’empereur Théodose. Il ne sauva pas Rome car il avait promis douze siècles, et pas un de plus, à Romulus, comme les douze vautours que ce dernier avait vus dans le ciel.

Et aujourd’hui, alors que l’Europe est menacée comme jamais elle ne l’a été de toute son histoire, et que son existence même est en question, il est temps d’invoquer la puissance de celui qui ne fut pas seulement le père des Romains mais qui est aussi celui de tous les Européens, amis de la bravoure comme les qualifiait Hippocrate il y a 2.500 ans, de tous ces *Āryōs ancestraux dont Arès porte le nom.

Mars, uigila !

20:01 Publié dans Analyses, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : mars, européens, victoire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/07/2018

L’européisme, seule véritable alternative européenne à l’atlantisme et à l'eurasisme

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/00/2414237781.png

européisme,atlantisme,eurasisme,eugene guyenneAujourd’hui nous assistons à une confrontation idéologique européenne entre l’Atlantisme et l’Eurasisme, qui découle bien sûr d’une confrontation post-1945 entre les Etats-Unis et la Russie (ex-URSS).   

D’un côté, l’atlantisme, qui signifie « conforme au Pacte atlantique (OTAN) », qui fait référence au Traité de 1949 signé à Washington par 12 pays et dont sont désormais membres les états suivants - Etats-Unis, Canada, Royaume-Unis, Allemagne ex-RFA, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, France, Italie, Espagne, Portugal, Danemark, Islande, Norvège, Grèce, Turquie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Albanie, Croatie, Monténégro - est promue actuellement certes par la plupart des pays membres de l’UE mais pas uniquement (Royaume-Uni, Norvège, Albanie, Monténégro).

Cet atlantisme se confond aussi avec une certaine définition de l'européisme, qui soutient l’existence de l’UE et qui la défend, mais qui prône, outre ses positions europhiles, des positions américanophiles par atlantisme.
 
De l’autre côté, l’eurasisme, qui considère que l’ensemble composé de la Russie et de ses voisins forme une entité, qui serait l’Eurasie, donc un espace médian entre l’Europe et l’Asie. Elle prend ses origines aux années 1920 auprès de nombreux intellectuels russes. Elle est redéveloppée ensuite, depuis la chute de l’URSS, par Alexandre Douguine.

Selon lui, deux blocs civilisationnels s’affronteraient. D’une part, la civilisation anglo-saxonne, capitaliste. D’autre part, la civilisation russo-asiatique, d’esprit socialiste.
 
A l’heure où j’écris ces lignes, le chef d’État français nous vend une sorte d’européisme, qui n’est en réalité que la face cachée de l'atlantisme en maintenant l'UE dans une forme purement financière, tout en se retrouvant en position d’isolement.

Il est isolé par rapport à la politique américaine (revue depuis l’élection de Trump), isolé en Europe où seule l’Espagne (par son premier ministre Pedro Sánchez) semble se ranger de son côté, alors qu’en même temps la chancelière allemande (Merkel), sous pression de son ministre Horst Seehofer (CSU) il y a quelques semaines, ainsi que les premiers ministres belge (Charles Michel) et néerlandais (Mark Rutte), ont du revoir leur politique migratoire. Il ne faudrait pas négliger en outre le fait que depuis ces évènements, plusieurs élections ont eu lieu (autrichiennes, russes, hongroises, islandaises, italiennes et slovènes). Pour cela, il convient de se référer aux anciens articles du blog.
 
Le véritable européisme, est celui du refus de toute idéologie non-européenne. Il n'est donc ni atlantiste, ni eurasiste.

Cela implique que les élites européennes se recentrent sur l’Europe (y compris les gouvernements pro-américains comme la Pologne et de la Hongrie) et ne se tournent plus vers l’Ouest (vers les Etats-Unis), ni vers l’Est (vers l’Asie), qui isole la Russie de sa partie européenne, la poussant vers son aile orientale.

Une réorientation de la politique des gouvernements doit donc être menée en faveur d'un véritable européisme mais aussi d'une véritable défense de ce qui est européen, à savoir les symboles, le patrimoine, la culture (ou plutôt « les » cultures ethno-linguistiques).

Une fois que l'Europe aura rompu avec cet atlantisme et cet eurasisme qui divisent les deux parties de l’Europe et empêchent qu’elle tende vers une unité politique, peut-être que la conscience européenne commune se réanimera et ensuite nous pourrons envisager très sérieusement un Etat européen.

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

03/06/2018

Élections législatives en Slovénie : succès populiste autour d'une coalition de droite à définir

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

slovénie,janez jansa,sds,snsLe Parti démocrate slovène (SDS) de Janez Janša, mouvement populiste de droite anti-immigration, a remporté les élections législatives en Slovénie à l’issue du vote de ce dimanche 3 juin 2018. Cette formation politique obtient en effet 25% des voix et 25 sièges, la majorité parlementaire étant à 46 sièges sur 90. En tant que désormais premier parti du pays, il va devoir proposer une coalition majoritaire, ce qui sera complexe car il va devoir trouver des alliés sur sa ligne. Ce parti néanmoins avait obtenu 20,7% des voix en 2014.

Le mouvement de Marjan Šarec, de centre-gauche, est second même nettement distancé avec 12,7% des voix et 13 sièges. Il lui sera complexe de proposer une coalition d’alternative, même en regroupant les forces de gauche. C’est un parti totalement nouveau. Avec 9,9% des voix, les sociaux-démocrates (SD) obtiennent 10 sièges et multiplie leur score par deux.

Vient ensuite seulement en quatrième place le parti auparavant au pouvoir du premier ministre sortant Miro Cerar, de centre-droit, avec 9,75% des voix environ et 10 sièges. C’est un net désaveu d’un électorat de droite qui s’est reporté sur le SDS et cela traduit sans doute une inquiétude identitaire du peuple slovène et la manifestation d’un refus des migrants. Il avait obtenu 34,5% des voix en 2014, et a don perdu 25 points en quatre ans, ce qui est considérable.

Avec 9,3% des voix et 9 sièges, la formation politique La Gauche (Levica), de gauche dure avec des accents eurosceptiques, réalise une belle performance électorale. Là encore, l’électorat semble avoir sanctionné nettement le parti au pouvoir par des votes à la fois très à gauche et très à droite.

Les chrétiens démocrates de la formation « Nouvelle Slovénie » obtiennent 7,1% des voix contre 5,6% en 2014 et 7 sièges, continuant leur progression lente. Le parti d’Alenka Bratusek, qui avait fait 4,4% en 2014, progresse légèrement avec 5,1% des voix et 5 sièges.

Autre victime du désaveu gouvernemental, le Parti des Retraités tombe à 4,9% des voix et 5 sièges, contre 10,2% et 10 sièges en 2014, soit une perte de près de la moitié de ses électeurs.

Parmi les petites formations ayant des élus, le Parti du Peuple Slovène (SNS) obtient 4,2% et 4 sièges alors qu’il avait été exclu du parlement précédent. Cette progression traduit là encore les angoisses identitaires du peuple slovène dans un contexte général de montée de l’euroscepticisme en Europe. Ferment la marche des formations exclues du nouveau parlement comme le SLS (Parti du peuple slovène) avec 2,6% des voix, les Pirates (2,15%), le Bon Pays (droite, 1,5%) et enfin les Verts (1,1% des voix). Suivent enfin plusieurs petites formations politiques qui sont loin des 4% requis pour disposer de députés, et enfin des formations représentant les minorités.

Seule une coalition de droite plurielle pourrait a priori composer une majorité, peut-être ouverte au SNS. Si on additionne les élus du SMC sortant, des chrétiens-démocrates, des retraités et du SDS vainqueur, on obtient une majorité de 47 sièges, qui pourrait être renforcé d’une ouverture au SNS. La participation d’Alenka Bratusek ne serait donc pas requise. La gauche ne pourra pas composer de majorité parlementaire à opposer au SDS. Mais ce dernier bénéficiera d’une coalition complexe et donc par nature instable.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

23:53 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : slovénie, janez jansa, sds, sns | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/04/2018

Hongrie : la leçon européenne de Viktor Orban.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

Hongrie,Viktor Orban,Fidesz,Jobbik,EuropeA l’issue d’une campagne très dure, où Orban a désigné le globalisme comme son ennemi principal, surtout dans le domaine migratoire, faisant de Soros sa « bête noire », et où il s’est présenté comme le défenseur de l’Europe authentique face à ce que lui-même a appelé un « remplacement », alors qu’il est honni par presque toute la presse occidentale, Orban vient de triompher à l’issue des élections législatives.

Avec ses alliés chrétiens-démocrates, il obtient 48,89% des voix et 134 sièges contre 44,87% et 133 sièges en 2014. Si en nombre de sièges la progression du Fidesz d’Orban est dérisoire, en nombre de voix et en pourcentage il est nettement renforcé. La presse occidentale là encore s’attendait à sa réélection mais espérait une domination moins nette.

Le Jobbik, qui a troublé ses électeurs par une campagne décalée où il envisageait même une alliance avec la social-démocratie (le MZSP), devient le second parti du pays avec 19,33% mais recule par rapport à 2014 (où il avait obtenu 20,22% des voix). En se positionnant en gardien de la ligne d’Orban, le Jobbik aurait pu apparaître comme une opposition crédible. En rendant en revanche son message confus, il n’a pas pu accroître son audience initiale. Fort logiquement, son dirigeant Gabor Vona jette l’éponge et quitte la direction du parti et renonce même à sa place de député. A sa droite, le MIEP historique dirigé par Nagy obtient 0,15% des voix.

Les partenaires de 2014 (les sociaux-démocrates du MZSP et des formations libérales et centristes) avaient obtenu 25,57% des voix. Candidats en 2018 sur des formations en ordre dispersé, ils échouent à peser. Le MZSP tombe à 12,25% des voix et 20 sièges (-10), le mouvement Momentum à 2,82% des voix, le LMP (libéraux et écologistes) à 6,88% des voix (8 sièges) et enfin le mouvement démocrate DK, issu d’une scission centriste du MZSP, obtient 5,54% des voix et 9 sièges. Les autres formations sont laminées. Si on regroupe tous ces mouvements, ils obtiennent à peu près le score unitaire de 2014.

Le renforcement du Fidesz s’explique donc avant tout par un vote utile laminant les petites formations et par un léger recul du Jobbik. Sa progression de quatre points est néanmoins une belle réussite. La campagne d’Orban a payé. Les inquiétudes des Hongrois face au chantage migratoire des pays d’Europe occidentale ont été entendues.

Néanmoins cette victoire d’Orban ne saurait être comprise comme celle d’une ligne eurosceptique. Le Jobbik, qui est davantage sur une position de rupture avec l’Union Européenne, n’est pas le Fidesz. Orban s’est bien gardé à chaque fois de dénoncer l’Europe. Au contraire il s’est présenté constamment comme son plus ardent défenseur, tout en affirmant son patriotisme hongrois et chrétien. Robert Ménard ne s’y est pas trompé en vantant un homme qui a su selon lui concilier identité et Europe alors que Marine Le Pen a revendiqué le résultat d’Orban comme la matérialisation de la réussite de sa propre ligne que les Français ont pourtant rejetée en mai 2017.

Le phénomène Orban doit se comprendre avant tout comme la volonté des pays d’Europe centrale et orientale d’éviter de connaître les dérives mortifères de l’Europe occidentale. S’ils veulent logiquement s’en prémunir, ils ne renoncent pas pour autant à vouloir guérir les parties malades du continent car ils ont compris que seule une Europe unie pourrait survivre au XXIème siècle. Néanmoins l’ouest et l’est s’opposent de plus en plus quant aux valeurs que l’un et l’autre veulent promouvoir. La réconciliation européenne passera par l’affirmation de notre identité commune mais aussi par la volonté de préserver cette identité du globalisme et de ses corollaires bien connues.

La leçon européenne d’Orban, c’est que l’Europe ne doit plus hésiter à affirmer haut et fort son identité et sa civilisation. Lui n’y a pas renoncé et il a été récompensé dans les urnes de son pays.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

23:35 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : hongrie, viktor orban, fidesz, jobbik, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/03/2018

Des élections italiennes pour rien ?

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

1200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC1181.jpgLes élections parlementaires italiennes se sont déroulées ce dimanche 4 mars pour renouveler députés et sénateurs. Il s’agissait de doter le pays d’une majorité gouvernementale. Le résultat en a été une neutralisation réciproque des différences forces politiques et le morcellement du pays.

Au sud, le Mouvement 5 Etoiles (M5S) est largement vainqueur, dépassant parfois les 50%, et notamment en Sicile, en Campanie, en Calabre, en Sardaigne ou dans les Pouilles. Le résultat national est impressionnant puisque, malgré le départ du fondateur Grillo et l’inexpérience politique totale du nouveau dirigeant Di Maio, le M5S obtient 32,7% des voix et 221 sièges (sur 630). Il n’est pas en mesure de gouverner et est victime d’un fort ostracisme des autres partis politiques. Pourtant son poids incontournable va poser un réel problème si l’Italie veut disposer d’une majorité gouvernementale sans lui. Son électorat est complexe. Il est probable que le vote identitaire qui a profité au nord à la Ligue a profité au sud au M5S.

Au nord donc, la Ligue (ex-Ligue du nord) obtient des scores également importants, notamment en Vénétie et en Lombardie, même si ce succès est moindre dans les grandes villes, comme Milan. Avec 17,4% des voix, et 73 sièges, la Ligue de Matteo Salvini réalise son meilleur résultat depuis sa fondation. Ce dernier a mené une campagne nationale dure contre l’immigration et a tempéré ses positions (désormais) eurosceptiques qu’il avait pu mettre en avant sous l’influence du FN français. Surtout la Ligue dépasse Forza Italia et Berlusconi au sein de l’alliance des droites.

Avec 14% des voix et 59 sièges, le mouvement de Berlusconi réalise une contre-performance. Son dirigeant de 81 ans se voit ainsi gentiment invité à une retraite anticipée.

Enfin, Frères d’Italie de Giorgia Meloni réalise 4,4% des voix et obtient 19 sièges. Cette formation de droite nationale, héritière de l’ancien MSI et d’Alliance nationale, réalise un score convenable compte tenu d’un fort vote utile en faveur de la Ligue. Le mouvement est surtout fort dans le Latium.

L’alliance des droites obtient un total de 260 sièges, soit 35 de moins que la majorité. Sans alliés ou sans ralliements, elle ne sera pas en mesure de gouverner le pays. On peut certes imaginer des ralliements opportunistes venus des rangs du M5S mais rien n’est certain.

Le Parti démocrate de Matteo Renzi est quant à lui sévèrement sanctionné. Avec 18,7% des voix, il réalise une douloureuse contre-performance. La coalition de gauche obtient 112 sièges en tout (-223) et ne peut plus être qu’une force d’appoint. Une grande coalition des centres n’aurait pas davantage de majorité. Il est douteux que la gauche soutienne un gouvernement de droite dominé par la Ligue et pas davantage qu’elle s’associe au M5S pour gouverner.

A gauche, le mouvement « Libres et égaux » obtient 3,4% des voix et disposera de 14 sièges. Les droites radicales, hors coalition, restent marginales, victimes là encore d’un vote utile. Casapound obtient 0,94% des voix et la liste « L’Italie aux Italiens » menée notamment par le mouvement Forza Nueva 0,38% des voix. Néanmoins les droites nationales réunies réalisent le score considérable de plus de 23% des voix. La question de l’immigration a été cruciale, déterminante dans ce résultat.

Conséquence de tout cela, l’Italie n’aura sans doute pas de majorité parlementaire. De nouvelles élections législatives, qui pourraient confirmer ce blocage institutionnel, sont dès lors probables mais pas avant plusieurs mois. A part la fin de carrière de Berlusconi, et la montée des dits « populismes », avec un Salvini qui sera sans doute l’homme de référence de la droite italienne à l’avenir, il est difficile d’imaginer un gouvernement stable en Italie à moins d’un effondrement du M5S. Mais ce dernier bénéficie d’une aura positive, surtout dans le sud, car il n’a jamais été associé au pouvoir, à l’exception calamiteuse de la gestion de la ville de Rome.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

20:28 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : salvini, berlusconi, di maio, m5s, lega | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/02/2018

Vladimir et la conversion de la Russie.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/00/2385045191.png

Vladimir,Viking,rodnoverie,paganisme,PerunUn film russe dédié à la figure du fondateur de la Rus chrétienne, Vladimir dit « le soleil rouge », est sorti récemment sous le titre français « Viking. La naissance d’une nation ». La vision qui est présentée de Vladimir s’inscrit pleinement dans la vision poutinienne de la nouvelle Russie, et il faut songer qu’un représentant du patriarcat de Moscou a récemment dénoncé avec des mots très véhéments les mouvements néo-païens russes qui sont en plein essor.

Dans ce film, essentiellement consacré à la période païenne de Vladimir mais qui se conclut par sa conversion et celle de son peuple unanime, il y a clairement deux temps, celui des ténèbres et celui de la lumière.

Pendant sa période païenne, Vladimir se montre aussi cruel que ses frères et compagnons d’armes. Il s’appuie même sur des vikings, en réalité des varègues suédois, pour asseoir son assise. On voit furtivement un de ses compagnons porter un marteau de Thor autour du cou.

Lorsqu’il entre dans Kiev, il fait démanteler les piliers cultuels représentant les dieux de son prédécesseur, épisode a priori inventé puisque les dieux sont les mêmes pour tous, et fait installer se dieux, ce qui en revanche est conforme aux chroniques. On reconnaît le pilier cultuel représentant le dieu Perun avec ses moustaches argentées à l’intérieur du sanctuaire (slave khram). A aucun moment, les noms des dieux ne sont révélés dans le film, pas même Perun. Ce sont des dieux « sans nom ». Aucun acte de piété du païen Vladimir n’apparaît.

Les prêtres, qui dans la mythologie slave sont les volhvy, équivalent des druides, généralement barbus et habillés de blancs, et connus pour leur sagesse, sont représentés dans le film quasiment nus, le crâne rasé, avec des peintures sur le corps, et incapables de prononcer autre chose que d’énigmatiques mantras. Lors de la fête de Jarilo, les païens dansent comme sous l’effet de produits, et se recouvrent le visage de sang, à l’instar de la fiancée de Vladimir. L’image qui est donc celle du paganisme est clairement caricaturale et en contradiction avec les faits historiques.

En revanche, quand les païens se convertissent au christianisme, vers la fin du film, ils sont tous habillés de blancs, le sourire sur le visage, toute cruauté antérieure ayant disparu. C’est bien évidemment le contraire de la réalité, puisque le paganisme résista pendant deux siècles, de nombreuses révoltes ayant lieu jusqu’en 1227, qui fut la dernière tentative de restauration païenne.

Vladimir Poutine s’identifie naturellement à ce même Vladimir, qui a fait de la Rus de Kiev, ancêtre de la Russie (et de l’Ukraine), un pays chrétien par simple réalisme politique, comme Clovis un demi-millénaire avant lui. S’il n’a pas choisi le catholicisme, c’est sans doute parce que le roi des Polanes, Mieszko, avait fait ce choix. Il s’agissait donc de s’en démarquer. Il est sûr aussi que Vladimir fut impressionné par le décorum des églises byzantines.

Mais la religion slave et donc russe n’était aucunement une religion de moindre valeur. Elle avait été influencée par la religion scandinave alors florissante, surtout par sa version suédoise, les Suédois étant de tous les Scandinaves ceux qui résistèrent le plus au christianisme, à l’instar du roi Blotsven d’Uppsala. Le paradoxe fut que les prêtres orthodoxes réussirent à apporter en Russie les dieux de l’Olympe eux-mêmes, comme Дий (Zeus) et Арей (Arès).

En outre, la transition entre dieux païens et saints orthodoxes fut assez douce et longue. Saint Basile cache mal le dieu Volos, équivalent de l’Hermès grec et comme lui dieu des troupeaux, et Saint Elie monté sur son char rappelle volontairement le dieu Perun. Tout comme Saint-Michel en Gaule cache parfois assez mal le dieu celte Belenos. La double foi pagano-chrétienne (двоеверие) qui caractérise l’Europe « chrétienne » et la Russie pas moins, tout comme la Grèce byzantine (songeons au culte de Sainte Dimitra à Eleusis, haut lieu du culte de la déesse Déméter), a été le résultat d’une christianisation sous contrainte et qui n’a été en conséquence que superficielle. Vladimir a imposé à ses guerriers, qui avaient prêté serment, tout comme Clovis, sa conversion politique. Cet acte lui ouvrit les portes de l’Europe chrétienne, tout comme les autres rois slaves et scandinaves. Seuls les Lituaniens résisteront encore plusieurs siècles avant de céder à leur tour, excédés par les attaques permanentes des croisés chrétiens destinées à leur faire abandonner les dieux de leurs pères.

Ce renouveau des fois natives d’Europe, qu’on appelle « paganismes », et qui caractérise tout le continent, de l’Islande à la Russie, de l’Espagne à l’Arménie, de la Grèce à la Suède, aura lieu. Nul ne pourra l’entraver. C’est la réponse spirituelle que de plus en plus d’Européens ont trouvée dans cette sombre époque où l’avenir de notre civilisation semble menacé comme jamais dans son histoire. Le peuple russe n’a pas à craindre ses dieux. Le peuple gaulois n’a pas à les craindre non plus.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

23:53 Publié dans Analyses, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vladimir, viking, rodnoverie, paganisme, perun | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/12/2017

Election de Laurent Wauquiez : économie, identité, Europe.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/00/2414237781.png

wauquiez,macron,thomas ferrierAu lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez, tous les commentateurs reviennent sur le positionnement du nouveau président comme principal opposant à Emmanuel Macron et comme incarnation du retour de la droite. Le constat est que la politique suivie par le premier ministre Edouard Philippe et le ministre des finances Bruno Lemaire, eux-mêmes issus des républicains, est de droite sur le plan économique et qu’on ne peut alors s’en démarquer que sur le plan identitaire. Or cette division de la politique entre les questions d'économie et celles d’identité relève d’une erreur d’analyse grave.

Il a été dit que Macron favorisait, sur le plan économique, les ultra-riches et les assistés. Les premiers font partie du cercle qui lui a donné les moyens de faire campagne. Les seconds constituent la foule censée permettre sa réélection. C’est ainsi que la base de l’ISF a été réduite au patrimoine immobilier, qui constitue une part importante de la richesse des classes moyennes supérieures alors qu’il est très minoritaire dans la fortune des plus aisés. C’est encore ainsi que l’augmentation de la CSG sur les retraites va frapper dès les classes moyennes inférieures. C’est toujours ainsi que la suppression de la taxe d’habitation concentrera cet impôt sur les revenus moyens dans leur ensemble.

Or le choix fait par Macron n’est pas seulement le résultat d’un calcul électoraliste. C’est la traduction économique d’un modèle de société de type féodal. D’un côté les seigneurs, ceux qui ont réussi, ont droit à tous les avantages pour former une caste fermée où l’on sait se reconnaître entre pairs. De l’autre les manants, ceux qui ne sont rien, peuvent être n’importe qui, venir de n’importe où ; on n’a pas à s’en soucier puisqu’ils n’ont pas vocation à se mêler aux seigneurs ; ce sont l’ouvrière taxée d’illettrisme, le travailleur étranger assimilé à une marchandise, le fauteur de bordel, le fainéant ; ils ne comptent que pour donner leur voix à un chef qui leur offre le spectacle gratifiant de sa parade en toute occasion, tout en leur accordant des aides en tout genre comme ce "pass culture" qui fait penser au "panem et circenses" de l’empire romain. Et il ne faut pas mélanger torchons et serviettes : il y a "eux" et "nous", les "out" et les "in", les "exclus" et les "inclus", comme Ivan Rioufol se plait à le rappeler.

Ce modèle s’oppose au modèle républicain, lequel tient sur les classes dites moyennes. Il s’agit des classes issues des classes populaires par l’effet d’un ascenseur social qui fonctionne réellement, les deux classes constituant le même peuple. L’ensemble doit alors respecter une certaine homogénéité, les classes populaires devant vivre de l’espoir de s’élever par l’ascenseur social. Autrement dit les deux classes réunies doivent mériter leur nom de peuple, et ne plus être un agglomérat informe et non identifiable de populations.

Le choix du modèle républicain finissant par s’imposer sur celui du modèle féodal est un trait de l’identité européenne. Cette identité est niée par Macron. Elle n’est pas davantage acceptée par les syndicats de gauche, lesquels se focalisent sur la défense des "manants" sans se rendre compte qu’ils ne pourront jamais leur offrir autre chose que de rester des manants.

Cette identité sera-t-elle suffisamment mise en avant et de la bonne façon par Wauquiez? C’est un point à suivre.

La politique de baisse des charges sur les entreprises initiée par François Hollande avec le CICE sera reprise par Macron sous une forme sans doute différente. Même si les choses ne sont pas toutes tranchées, il est à craindre que la baisse des charges reste plus ou moins ciblée sur les bas salaires. Évidemment cela aura sans doute pour résultat de faire un peu baisser le chômage dans un premier temps, ce dernier touchant principalement les emplois peu qualifiés.

Or le choix n’est pas seulement ici seulement dicté par une politique à court terme. Il s’inspire également d’un modèle de société de type féodal. D’un côté les seigneurs vivent sur les bons résultats à l’étranger de grandes sociétés éventuellement nationales, leurs profits étant placés de façon telle que la populace ne pourra pas y toucher. De l’autre on rassure les "serfs" en protégeant tant bien que mal leurs emplois peu compétitifs. Ces malheureux ont la garantie d’un SMIC qui est insuffisant pour vivre selon les standards que des européens seraient en droit d’attendre, dans une société où le progrès technique devrait pouvoir leur offrir de meilleures conditions que celles qu’ont connu leurs parents. Et qui est en même temps trop élevé dans la concurrence avec les pays voisins. On le constate avec la dégradation constante de l’équilibre des échanges commerciaux.

Le modèle féodal s’oppose aussi à ce qui pourrait être un modèle républicain dans lequel l’écueil précédent ne se rencontrerait pas. Dans ce dernier modèle, la qualité de la production et la qualification des travailleurs auront monté en gamme. C’est un petit peu ce qui cherche à se faire aujourd’hui en Allemagne, où, par conséquent, le coût du travail est en moyenne supérieur dans l’industrie à ce qu’il est en France, non pas parce que les charges y sont plus lourdes mais parce que le travail y est plus qualifié. Contrairement à ce qu’on lit souvent, ce n’est pas l’usage de machines-outils qui est le moteur de la différence entre les deux pays, mais l’investissement dans le facteur humain. C’est un petit peu aussi ce que soutenait Valéry Giscard d’Estaing quand il se décrivait, assez maladroitement, comme le premier ouvrier de France. Dans ce modèle tout travail doit être qualifié, quelle que soit sa nature. Évidemment il faut pour cela une société tirée vers le haut par une école qui transmet un patrimoine partagé et qui prépare au service d’un dessein commun. Autrement dit une société qui bénéficie d’une identité construite au cours des siècles et ayant vocation à poursuivre sa construction.

Le choix féodal est celui de Macron et de tous ceux qui, venant de droite, l’ont rejoint ou tentent de prospérer dans son sillage. La critique adressée par les syndicats de gauche manque la cible, quand elle propose d’augmenter le SMIC sans changer le paradigme du travail, ce qui ne peut que conduire à la catastrophe. Le résultat est qu’ils restent les bras croisés face à la menace de délocalisation. La gauche, qui a été dans le passé l’initiatrice du modèle républicain, s’inscrit aujourd’hui dans un modèle féodal qu’elle imagine pouvoir adapter. C’est ainsi que la politique économique de Macron est conforme à la nouvelle matrice de gauche, contrairement à ce que l’on entend partout dire, même si des mesures comme la dérégulation du travail ou la baisse des APL donnent une image contraire. Sachant, par ailleurs, que le choix judicieux de son ministre de l’éducation vient comme l’exception qui confirme la règle. Brice Couturier, dans un dialogue avec Ivan Rioufol pour le journal Le figaro en décembre, oppose très bien ce qui est « combattre les inégalités en amont, assurer l’égalité des chances en équipant les individus de compétences qui leur permettront de faire valoir leur valeur sur un marché du travail réanimé » et ce qui est « réparer les maux sociaux en aval ». Mais il se trompe doublement. En attribuant la seconde à la « vision classique de la gauche » alors qu’il s’agit de celle d’une gauche ayant perdu ces idéaux, une gauche réduite aux symboles ou une « gauche libérale » comme celle de Terra Nova. Et en attribuant la première à Macron, alors que toute son action et ses paroles prouvent le contraire. Notre débatteur serait-il prêt de reprendre la formule du « cancer de l’assistanat », qui soulève tant de critiques de la part d’une droite se prétendant « humaniste », en rangeant Macron sous cette bannière ?

Maintenant le choix républicain sera-t-il celui de Wauquiez ? On le verra.

Évidemment on notera que la situation actuelle de France n’est pas calée sur l’un des modèles. Si la certains cherchent à la faire évoluer vers un modèle féodal, elle conserve encore des acquis de son passé républicain. Par ailleurs, dans le modèle féodal du moyen-âge, les manants n’avaient pas le pouvoir. Or personne ne cherche à remplacer le suffrage universel, qui donne en principe aux manants le loisir de désigner leurs dirigeants. Mais si l’on regarde de près, on s’apercevra que la politique est organisée de façon telle que ce pouvoir est plus théorique que réel. Cela met en jeu un tas de mécanismes subtils. Ainsi le pouvoir médiatique est-il aux mains d’une caste ; c’est elle qui décide qui est respectable et qui ne l’est pas. Le pouvoir judiciaire est lui-même très politisé à gauche, à savoir du côté des bien-pensants. On a vu, avec l’affaire Fillon, comment il pouvait décider d’une élection. Par ailleurs il faut rassembler des fonds importants pour faire campagne. On les trouvera auprès des seigneurs, ce qui n’est pas spécifique à la France : Barack Obama a reçu beaucoup d’argent des électeurs afro-américains, mais sans le soutien de la haute finance il n’aurait pas existé ; si Donald Trump a pu s’en passer, c’est parce qu’il disposait d’une fortune personnelle. Dans les démocraties occidentales, les débats télévisés font que les électeurs se décident sur une personne plus que sur une ligne. Ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron ont-ils retenu du programme de leur candidat autre chose que des formules comme « en même temps » ou « de droite et de gauche » ? Ils ont voté pour l’homme providentiel. Quand il a fallu élire un président pour le mouvement de La république en marche, les "manants" qui avaient milité au moment de l’élection ont tôt appris qu’ils n’étaient que des manants. On a tiré au sort une poignée d’entre eux, pour imposer à ceux-là d’approuver à main levée le choix du monarque.

Ceux qui critiquent le plus fort la ligne de Wauquiez lui reprochent son euro-scepticisme, qu’ils associent à une ligne identitaire. Dans la pure confusion entre identitaires et souverainistes. Quel contresens ! La vision souverainiste est indissociable d’une enfermement nostalgique de la France dans son empire colonial. C’est le contraire de la vision identitaire qui fait de l’Europe la référence pour la définition d’un peuple, d’un peuple qui partage sur le même continent le même patrimoine et le même dessein.

Pour autant le rejet de l’actuelle union européenne est aujourd’hui une évidence. Dans son livre sur "Le destin de l’Europe" qu’analyse un article de Frédéric Lemaître pour le journal Le monde paru en octobre, Ivan Krasnev explique le scepticisme des pays de l’Est : « ce que craignent les gens, c’est que les méritocrates, en cas de grandes difficultés, choisissent de partir plutôt que de rester et d’assumer les conséquences de certains choix ». Ce faisant, commente le journaliste, il n’oppose pas l’Europe « d’en haut » et celle « d’en bas », mais « les gens » de « quelque part » et ceux qui sont partout chez eux.

Voilà une bonne définition de la nouvelle féodalité ! Les nouveaux seigneurs, ceux qui ont réussi, ne sont plus attachés à une terre. Ils forment une caste internationale, comme les familles régnantes de l’ancien régime. Les nouveaux manants, en revanche, restent enracinés. A l’Ouest, s’ils ne font pas l’affaire, les seigneurs les remplacent. A l’Est ces mêmes manants ne veulent pas connaître cette forme d’abandon. Or c’est ce que leur propose une Europe qui n’est jamais qu’un club de seigneurs. On est très loin d’une Europe portée par un peuple européen.

Se trouvera-t-il, en soutien de Wauquiez, quelques européistes convaincus, porteurs d’un projet ambitieux, à même de dénoncer tous ces euro-béats qui détestent en profondeur l’Europe ? C’est l’avenir qui le dira.

Pierre EISNER (Le Parti des Européens)

30/10/2017

Elections parlementaires en Islande : un système divisé.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

Island_Thingvellir.jpgLes Islandais étaient amenés à voter pour leurs représentants cet octobre 2017 après avoir voté en 2016, en raison de l’impossibilité de disposer d’une majorité parlementaire stable. Les résultats désormais connus montrent une fragmentation encore plus nette de l’électorat islandais.

Avec 25,2% des voix et 16 députés, le Parti de l’Indépendance (eurosceptique, libéral et conservateur) réalise une contre-performance, perdant 3,8 points et 5 sièges. Bien qu’il demeure le premier parti du pays, le système proportionnel limite son impact et l’oblige surtout à une alliance afin de disposer de 16 sièges supplémentaires, la majorité parlementaire étant à 32 sièges (sur 63).

Avec 16,9% des voix (+ 1 point) et 11 sièges (+1), le Mouvement « Gauche verte » (social-démocrate, eurosceptique, éco-socialiste) maintient et renforce même légèrement ses positions. Le contexte est également favorable à la social-démocratie classique, pro-européenne, l’Alliance sociale-démocrate obtenant 12,1% des voix (+ 6,3 points) et 7 sièges (+4), dans un contexte où l’euroscepticisme reste dominant.

Le Parti du Centre (Miðflokurinn), nouveau venu de centre-droit, sur une ligne là encore eurosceptique mais également populiste, obtient 10,9% et 7 sièges, ce qui est un résultat considérable pour une première candidature aux élections parlementaires. Il semble avoir surtout pris au parti des Pirates, en net recul.

Les Pirates en effet n’obtiennent que 9,2% des voix (- 5,3 points) et 6 sièges (-4). Cette contre-performance est analogue aux autres partis « Pirates » en Europe, qui émergent puis reculent avant de disparaître. C’est un phénomène politique « feu de paille ». En Europe, seul le Mouvement 5 Etoiles italien, qui a émergé sur les thèmes de la démocratie directe via internet, a pu se maintenir à un très haut niveau.

Le Parti du Peuple, qui est à la fois socialiste, populiste et opposé à l’immigration, sur une synthèse originale qui rappelle néanmoins les tentatives de synthèse sociale et nationale, obtient 6,9% (+ 3,4 points) et 4 sièges (+4), perce également. Le Front national islandais (Islenska Þjorðfylkingin) qui avait obtenu seulement 0,16% des voix en 2016 sur une ligne nationaliste, n’était pas candidat.

Le Parti du Progrès (agraire, populiste, eurosceptique) progresse légèrement avec 11,5% des voix (+ 0,6 points) et conserve ses huit sièges. Enfin, le Parti de la Réforme (libéral, pro-européen) s’effondre avec 6,7% des voix (- 3,8 points) et 4 sièges (-3). De même le parti « Futur lumineux », à la fois libéral, social et européen, sombre avec 1,2% des voix (- 6 points) et perd toute représentation nationale. C’est encore davantage le cas avec le parti Aurore (Dögun) qui passe de 1,73% des voix en 2016 à 0,1%.

Les mouvements pro-européens, à l’exception des sociaux-démocrates qui progressent à leur détriment, ont été sévèrement sanctionnés par les électeurs. C’est une ligne nationale, à dominante eurosceptique, qui sort renforcée, avec en outre l’émergence d’un mouvement anti-immigration associant ce refus à des thématiques économiques de gauche. Toutefois le Parti de l’Indépendance en est lui-même victime, alors que la gauche éco-socialiste, eurosceptique, se maintient à un niveau élevé.

L’Union Européenne, que l’Islande a renoncé à rejoindre, n’apparaît plus comme une perspective favorable pour une Islande angoissée qui entend davantage préserver ses intérêts et qui craint pour son identité face aux phénomènes migratoires, alors qu’il n’y a que 300.000 Islandais, soit à peine le nombre d’habitants du Grand Nancy en France.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens).

13:02 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/10/2017

Elections en Tchéquie : une droite renforcée, une gauche moribonde, un euroscepticisme en hausse

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

Tchéquie,ANO2011,Babis,SPOLes élections législatives tchèques qui se sont déroulées les 20 et 21 octobre 2017 ont permis la victoire d’Andrej Babis, à la tête du mouvement ANO 2011, un candidat milliardaire représentant la droite libérale et qui a fait campagne notamment sur le refus d’accueillir des migrants. Babis, comparé par certains à un Berlusconi tchèque, a obtenu 29,64% des voix (+ 11 points) et 78 sièges (+31). Il n’a certes pas obtenu la majorité absolue, qui est de 101 sièges (sur 200) mais il est en mesure de bâtir une coalition autour de son mouvement.

Le parti civique démocratique (ODS), dirigé par Petr Fiala et connu pour ses positions plutôt eurosceptiques et conservatrices, avec 11,32% des voix (+ 3,6 points) et 25 sièges (+9), pourrait donner une majorité parlementaire à Babis dans le cadre d’une coalition, sachant que ce dernier a indiqué en revanche qu’aucune alliance avec l’extrême-droite, à savoir le Parti de la liberté et de la démocratie directe (SPD) de Tokio Okomura. Dans ce contexte, Babis s’opposera nécessairement au président français Macron et maintiendra certainement le soutien de son pays au groupe dit de Visegrad.

La volonté de renouvellement des électeurs s’est également exprimée par le succès du parti nationaliste SPD, qui obtient 10,64% et 22 sièges pour sa première élection législative, confortant les résultats des élections européennes. L’existence de ce parti, qui ne participera certes pas à une coalition au pouvoir, ne peut qu’encourager Babis à maintenir une ligne dure sur les questions migratoires. Les Pirates tchèques (Pirati), phénomène transnational aux succès en dents de scie, ayant quasiment disparu d’Allemagne après quelques succès mais ayant en revanche réussi en Islande à peser sur la politique nationale, entrent au parlement avec 10,8% des voix (+8,1 points) et 22 sièges.

L’émergence de ces nouveaux partis, en plus du succès de l’ANO de Babis, se fait au détriment des partis traditionnels. Les communistes, qui étaient encore bien représentés, tombent à 7,76% des voix (- 7,15 points) et 15 sièges (-18). Les sociaux-démocrates du CSSD avec 7,27% des voix (- 13,09 points) et 15 sièges (-35) sont littéralement laminés. Ces deux partis de gauche réunis perdent en tout près de 20 points, ce qui est considérable. La peur du laxisme migratoire prêté à la gauche a été déterminante pour expliquer son effondrement électoral.

Mais la droite classique, représentée par les démocrates-chrétiens et le mouvement TOP 09, ne s’en sort guère mieux. Le KDU-CSL (chrétien-démocrate) n’obtient que 5,8% (-0,8 points) et 10 sièges (-4) tandis que TOP 09 obtient 5,31% (-6,7 points) et 7 sièges (-19).

Enfin le mouvement modéré des « Maires et indépendantes », s’appuyant sur son enracinement local, obtient 5,18% des voix et fait rentrer au parlement 6 députés.

Les petites formations politiques sont également victimes du succès d’ANO et autres des formations émergentes. Avec 1,46% des voix (- 1,74), les Verts (Zeleni) perdent tout rôle politique, de même que le Parti des droits civiques, de gauche modérée, qui doit se contenter de 0,36% des voix (- 1,15). Ils subissent tous le rejet de leurs thématiques dans un contexte de forte angoisse identitaire.

Avec l’émergence du SPO, les autres partis de droite radicale, qui étaient nombreux à se présenter, sont marginalisés. Le mouvement Svobodni (« Parti des citoyens libres »), eurosceptique, tombe à 1,56% des voix (- 0,91). En revanche le mouvement Rozumni, eurosceptique, obtient 0,72% (+ 0,45). Enfin le mouvement des Réalistes (Realisti), là encore eurosceptique et anti-immigration, obtient 0,71% des voix.

Les formations encore plus dures, comme l’ultra-radical DSSS (Parti des travailleurs et de la justice sociale) avec 0,2% des voix (- 0,66), l’Ordre de la nation (RN-VU) avec 0,17%, comme le Bloc contre l’islamisation (0,1%) ou comme les Républicains de Miroslav Sladek (SPR-RSCMS) avec 0,19% des voix, sont maintenues à des scores dérisoires, sans parler du Front national tchèque (117 voix en tout) ou de « La nation ensemble » (300 voix). Mais toutes illustrent néanmoins la volonté tchèque de se préserver du globalisme.

25,7% des électeurs thèques ont voté pour des formations nationalistes ou souverainistes opposés à l’Union européenne comme à l’arrivée de migrants, ce qui est considérable. Certains des partis proposant une offre eurosceptique seront certainement associés au nouveau gouvernement autour de la figure d’Andrej Babis (ANO), qui est la seconde plus grande fortune du pays. Ce dernier n’entend pas se faire dicter sa politique par quiconque, et certainement pas par Bruxelles. Babis ne tombera certes pas dans l’euroscepticisme, pas davantage que Viktor Orban en Hongrie n’y a cédé, mais va accroître le pôle de résistance d’Europe médiane. Le succès autrichien de Sebastian Kurz devrait renforcer également ce pôle.

Il serait peut-être que les dirigeants d’Europe occidentale, et par conséquence les responsables de Bruxelles, comprennent que la politique qu’ils proposent est impopulaire et contraire à l’intérêt véritable des Européens. L’unité européenne ne sera possible qu’en trouvant un terrain d’entente, c’est-à-dire en refusant explicitement les « valeurs » du globalisme.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

15:27 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : tchéquie, ano2011, babis, spo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/10/2017

Défense et illustration du drapeau européen.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/02/02/1620049121.png

En 1987, l’alsacien Arsène Heitz, membre de l’équipe de création du drapeau européen, affirmait avoir été inspiré par la couronne mariale. C’est possible. Mais ce n’est pas la seule inspiration qui a abouti à ce résultat. L’organisation Pan Europe prônait un drapeau bleu avec un cercle jaune en son centre et une croix rouge en son sein, unissant le soleil d’Apollon et la croix des croisés.

Le bleu est la couleur de l’Europe, par ses aspirations célestes et par les mers qui l’entourent. C’est la couleur du firmament, c’est la couleur de Zeus venu sur terre conquérir le cœur d’Europe. Les douze étoiles en cercle représentent la concorde entre les douze « dii consentes » olympiens du lectisterne de 217 avant J.C (dédicace romaine aux dieux pour conjurer la menace représentée par Hannibal), six dieux et six déesses à parité, également cités par le poète latin Ennius.

C’est aussi le nombre de travaux héroïques accomplis par Héraclès, et il est certain que l’effort pour unir l’Europe est digne de Prométhée et d’Héraclès réunis. Le nombre 12, qui résulte de 3*4, de la trinité indo-européenne, puis chrétienne, et des quatre éléments, est un symbole de perfection cosmique. Le cercle représente le disque solaire aussi bien que l’harmonie, qui est dans la mythologie grecque fille d’Arès et d’Aphrodite. Cela rappelle la couronne d’Astrée, la déesse de la justice (et des étoiles), qui régnait sur terre du temps de l’âge d’or aux côtés de Cronos/Saturne.

Flag_of_Europe_nv_logo.png
Jean-Luc Mélenchon s’indigne que le drapeau européen soit arboré à l’assemblée nationale. Il déclare : « C’est la république française, pas la vierge Marie ». Et s’insurge de devoir être « obligé de supporter ça ». Il oublie que les révolutionnaires de 1789 voulaient étendre leur révolution à toute l’Europe, avant le virage chauvin de Valmy (1792) et la terreur.

Il propose que ce drapeau soit remplacé par le drapeau de l’ONU, symbole du mondialisme par excellence. On songera à Asselineau en campagne présidentielle aux côtés du drapeau français et du drapeau onusien. Marine Le Pen avait exigé sur le plateau de TF1 que le drapeau européen soit retiré et avait annoncé, élue présidente, qu’elle le ferait retirer de tous les bâtiments publics.

Mélenchon a donc proposé de faire retirer ce drapeau, et Macron s’y est clairement opposé. Dupont-Aignan rappela que le statut du drapeau européen était mentionné dans le traité que les Français avaient refusé par référendum en 2005. Je doute pourtant qu’un seul électeur ait voté non pour cette raison. Enfin Louis Aliot a soutenu mollement cette proposition en indiquant que « nous sommes dans l’assemblée nationale, c’est normal qu’il n’y ait que le drapeau français ». Le repositionnement pro-européen du FN à 180° de la position antérieure et que Marine Le Pen a officialisé dans son discours de Carpentras, a encore du mal à rentrer dans les esprits.

D’un point de vue juridique et institutionnel, il est indiscutable que la présence du drapeau européen à l’assemblée nationale pose question. Mais il rappelle l’engagement européen des dirigeants et parlementaires français mais aussi le caractère européen du peuple français. C’est un symbole fort, exactement comme la statue de Minerve/Athéna sise devant l’assemblée. Qu’une déesse païenne, symbole même de la religion native européenne, s’y trouve, devrait indigner ce laïcard de gauche.

Le drapeau européen n’a pas à être associé mentalement à la politique des actuels dirigeants de l’Union Européenne, qui sont choisis par les chefs d’état et de gouvernement, qui plus est. Sinon, il faudrait refuser de la même façon le drapeau français sous prétexte qu’il a été instrumentalisé par des gens dont on condamne la politique.

Ce drapeau est innocent de l’exploitation qu’en font des dirigeants incapables par ailleurs de le brandir et encore moins de mourir en son nom. C’est à nous, les vrais européens de sang et d’âme de le reprendre à ceux qui ne sont pas dignes de le brandir. Le drapeau européen bleu aux douze étoiles doit devenir le symbole de la résistance de l’Europe au mondialisme. Au lieu d’y voir le symbole de l’oppression globaliste sur l’Europe, voyons-y le symbole de la liberté demain retrouvée, dans l’unité politique et la réconciliation morale du continent. J’ai rappelé que ce drapeau était lui aussi porteur de la longue mémoire européenne.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)