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14/11/2020

L'Arménie a été abandonnée par l'Europe !

Toto.jpgDepuis plusieurs semaines, l'Arménie était sous le coup d'une offensive de grande envergure de l'Azerbaïdjan afin de reprendre la province sécessionniste du Haut-Karabagh, peuplée d'Arméniens, ou de la réduire à sa taille originelle de 1989. Soutenu notamment par la Turquie, qui lui a apporté des drones de combat perfectionnés, mais aussi par l'Iran, l'Azerbaïdjan a réussi à obtenir un accord de paix particulièrement avantageux, sous l'égide de la Russie, qui n'a pas protégé son allié arménien au motif que l'accord de défense ne portait que sur l'Arménie stricto sensu, ménageant ainsi son allié azéri.

Désormais, les Arméniens du Haut-Karabagh sont contraints d'évacuer certaines zones, brûlant leur maison, déplaçant les sépultures de leurs ancêtres, abandonnant des monastères magnifiques, et cela fait peine au coeur.

Dans cette affaire, l'Union Européenne n'a rien fait. L'Allemagne a refusé toute sanction contre la Turquie, par peur des réactions de sa communauté turque. La France n'a pas agi ni n'a cherché à se concilier la Russie pour proposer à cette dernière une solution alternative. L'absence d'Europe politique, à Chypre-nord, à la frontière thrace, auprès des îles grecques comme en Arménie, permet à la Turquie d'Erdogan de jouer tranquillement son jeu, soutenu par les USA et ménagé par la Russie.

Tout cela est pathétique mais doit nous servir de leçon. Sans Europe politique, nous continuerons à subir et à rester impuissants devant les lois de l'histoire.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

06/04/2020

Le Covid-19 ou l'échec du globalisme

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A l’heure où ces lignes sont écrites, trois semaines se sont écoulées depuis le début du confinement en France.

Ce virus venu tout droit de Chine, qui semblait être une épidémie localisée avant de se transformer en pandémie, a montré l’échec d’un système promu depuis plus de trente ans maintenant (système global et unipolaire) dont le secteur sanitaire montre ses limites (querelles entre groupes, sous-estimation du rôle médical et des moyens matériels a apporter, etc).

Cela nous rappelle que les États sont toujours souverains, de part le rétablissement des frontières (malgré le caractère très dogmatique de certains chefs d’État mais ce cas de force majeure exige le réalisme) et aussi par la méthode pour contrer ce virus, dont à ce jour on peut compter trois réponses: l’une, majoritaire, qui promeut le confinement (partiel ou total selon certains cas), un autre qui promeut la prise de sang (comme en Corée du Sud ou en Allemagne) et un autre qui ne confine pas sa population pour qu’ils développent leur système immunitaire (comme en Suède et un temps en Grande-Bretagne).

Pour nous Européens, nous voyons aussi que les mantras souverainistes tombent à l’eau: l’Union Européenne (ni nazie, ni bolchévique) n’est qu’une institution sans cohérence dont font partie des experts en politique de fin de carrière recasés par leurs chefs de gouvernements.

Le caractère assez risible par ailleurs de la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen (ancienne ministre de Merkel, qui a succédé à Jean-Claude Juncker) tournant un clip visant à sensibiliser les populations d’États membres de l’UE quant au lavage de main, le démontre.

Et octroyant des aides financières importantes à des États africains au détriment d’une population italienne victime du laxisme sanitaire de son gouvernement (dont le nombre s’élève à plus de 17.000 morts en 2 mois).

En France, tout est allé très vite depuis l’annonce du Covid-19 le 27 janvier (dont les deux premières villes touchées furent Paris, la capitale, et Bordeaux, jumelée à Wuhan, centre du début de la pandémie):

- le Griveaugate (Benjamin Griveaux, un des macronistes de la première heure fut pressenti pour porter la voie gouvernementale aux municipales à Paris, mais il s’est retrouvé dans une sextape dévoilée par Piotr Pavlenski, un dissident marxiste réfugié en France, ce qui amena à porter candidate l’ex-ministre de la santé, Agnès Buzyn, à sa place

- l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution sur une loi sur les retraites, après un mois de janvier tumultueux de grèves inter-syndicales et inter-professionnelles.

- et maintenant le "coronavirus".

Entré en vigueur en France il y a trois semaines donc, le confinement partiel (qui a pour but d’endiguer ce virus) met au défi le gouvernement.

Et le début n’a pas raté: très rapidement les domaines « secondaires » de la vie (restaurants, théâtres, magasins, événements sportifs...) ont été fermés (présageant des pertes financières colossales), laissant place à des scènes surréalistes en supermarché où des rayons (pâtes, riz, papier toilette) ont été vidés entièrement; l’instauration de justificatifs de sortie sous contrôle de la police (là aussi le décalage a été rapide puisque le gouvernement a avoué son inaptitude à faire régner l’ordre dans certains quartiers) et maintenant quasiment tous les emplois se font par télétravail (avec au passage la fermeture des lieux scolaires au moins pour la fin des vacances scolaires dont on peut présager les dégâts quant aux examens pour les scolarisés).

S’ajoute également à cela, le renouvellement toutes les deux semaines du prolongement du confinement.

Jusqu’à quand est-ce que cela va se terminer ?

Est-ce qu’un monde vraiment nouveau va déboucher après ce virus, ou bien les fantasmes (quels qu’ils soient) resteront chimères au prix de la sauvegarde de l’économie ?

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

14:37 Publié dans Analyses, Billets | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : covid19, coronavirus, ue |

16/02/2020

Le Frexit et après ?

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Si de façon non-marginale, dans le camp patriote/souverainiste il est question du « Frexit », de sortir de l’Union Européenne (acté juridiquement associé au fameux « article 50 » de ladite UE), se pose une question fondamentale, à savoir « et après ? ».

Jusqu'au moment m, la volonté envisagée est de sortir de cette technocratie européenne, mais la projection de l'impact manque cruellement au sein de la mouvance nationale.

Et après ? Une France apparemment redevenue « souveraine » (leurre tant sur le plan politique, économique, juridique et géostratégique), avec le franc dans le pire des cas (dont la valeur de la monnaie ne ferait que décroître et aurait du mal à rivaliser sur le plan international face à l’euro, au dollar, à la livre sterling et au yuan), où forcément la politique économique intérieure serait à revoir (bonne chance pour payer toutes les personnes de la CAF), la gestion des salaires avec, les dépenses publiques aussi de fait.

Le Frexit aurait aussi un impact sur le plan politique et géostratégique: les partenaires frontaliers (Espagne, Italie, Allemagne, Suisse, Benelux) auraient-ils la même considération pour la France ? Pas sûr.

S’ajoute aussi la question des mers territoriales (anglo-normandes, ultra-marines). Quelle politique ? Indépendance ou pas ? Conflit avec les Britanniques et les puissances du Pacifique et d’Atlantique ou pas ? Quelle politique migratoire tant en Métropole qu’en Outre-mer, où le droit du sol resterait ou penseront-ils autrement ? Fin des cartes de séjour ou pas ?

Quelle politique diplomatique vis-à-vis de l’Asie (dont les tauliers chinois, japonais et indien ne se laisseraient pas faire), vis-à-vis de l’Amérique où les États-Unis trumpiens ou post-trumpiens, avec leurs alliés britanniques pourraient en bons anglo-saxons qu’ils sont, mener une politique hostile, sans parler des voisins frontaliers sud-américains de la base aérienne de Kourou, de l’Afrique (se débarrasseront-ils de leurs tares de la Francophonie, de la diplomatie afro-maghébine et de la présence au Mali) ?

Il est évident qu’au XXIe siècle, la « France seule » est un principe qui, fut-il qu’on puisse l’espérer, ne marche plus, pour des raisons évidentes de « mondialisation » où le Pays Réel cher au maître de Martigues n’existe quasiment plus.

Beaucoup de questions, qui sont moins d’ordre technocratique comme le pense l’énarque frustré François Asselineau que nécessitant davantage de finesse et d’intelligence historico-géopolitique à mettre en jeu, se posent.

Par Eugène Guyenne (Le Parti des Européens).

01/01/2020

Bonne année ! Meilleurs voeux et prospectives du LPE pour 2020.

LPE.JPGLe Parti des Européens et moi-même souhaitons une excellente nouvelle année 2020 aux Européens et Européennes. Nous souhaitons qu’elle soit l’année du réveil des consciences sortant de la dormition et que les forces d’involution soient enfin réellement combattues pour un jour être vaincues.

Notre espérance que 2020 soit celle de l’émergence médiatique du Parti des Européens est entière. L’année 2019 fut l’occasion de belles rencontres et de discours ambitieux et percutants, tant sur TV Libertés qu’à Synthèse nationale. Elle fut aussi une année de tristesse, avec le décès de Guillaume Faye. Elle fut enfin l’année de la sortie de mon ouvrage historique sur les « fascismes ».

MMXX.JPGLa preuve que cet espoir n’est pas infondé, c’est l’acharnement de certaines figures de la sphère droitière à nous attaquer de manière parfois pathétique et même ignominieuse. Dans le même temps, d’autres suivent mon compte twitter par exemple alors qu’ils me boudaient auparavant, témoignages d’un intérêt croissant. Mais les grands media nous sont encore fermés.

Une nouvelle année avec de nouvelles résolutions. J’ai choisi de m’exprimer largement sur certains « réseaux sociaux », media désormais de base pour quiconque n’a pas un accès en « prime time ». Mais le LPE est monté d’un niveau et il n’est plus possible de prendre un temps considérable pour tenter de convaincre un par un les gens. Au contraire, cela peut même devenir contre-productif. Une parole plus rare est une parole qui porte davantage. Je fais confiance aux camarades du LPE et aux nouveaux adhérents qui nous ont rejoints cette année pour propager cette vision d’une Europe enfin unie et réconciliée.

2020 doit conforter ces résultats mais surtout permettre de franchir le mur de la trop grande marginalité de la ligne pourtant la plus européenne qui puisse exister. Tôt ou tard, cette parole sera entendue et ce message accédera au plus haut niveau.

Ne désespérez pas. Le navire Europe sombre de plus en plus face à la tempête de la dilution globaliste et de la division souverainiste. Il y a beaucoup de souffrances parmi les Européens, beaucoup de drames qui auraient pu, qui auraient dû être évités. Le sang de ces victimes issus de notre peuple est sur les mains des dirigeants qui n’ont pas agi ou qui ont trahi l’intérêt des Européens.

Mais le cap est le bon. Alors en avant ! Ad victoriam…

Thomas FERRIER

Président du Parti des Européens

1er janvier 2020

Bilan européen 2019.

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Des élections européennes renforçant le Système.

Bilan européen 2019,Thomas FerrierLes élections parlementaires européennes de 2019 auraient pu être l’occasion d’un choc salutaire au niveau de l’actuelle Union Européenne. Il n’en a rien été. Aucun parti national, aucune coalition de partis nationaux non plus, n’ont pu bouleverser l’équilibre instauré depuis 1979, avec la domination des deux grands pôles de droite (PPE) et de gauche (S&D) qui se répartissent les postes principaux.

La grande vague populiste annoncé n’a pas été au rendez-vous. Si la Lega de Salvini et les « Démocrates suédois » progressent nettement, le FPÖ suite au scandale lié à son désormais ex-dirigeant Hans-Christian Strache s’est effondré. Le RN de Marine Le Pen réalise 23% contre 27% en 2014, même s’il reste à un point près premier devant « En marche ». Le Brexit Party obtient un score important, à plus de 27% des voix, dans un contexte lié au brexit, mais qui reste au même niveau qu’UKIP en 2014. En Finlande et au Danemark, la droite nationale recule fortement, et en Espagne Vox a fait une contre-performance aux élections européennes. La « vague populiste » a donc été une vaguelette.

Certes, il y a toujours des surprises à toutes les élections européennes et un jour viendra je l’espère où le Parti des Européens, que j’ai l’honneur de diriger, sera cette surprise. Ce fut celle des écologistes de gauche, dans un contexte médiatique favorable avec la promotion artificielle de Greta Thunberg. 12% au Royaume-Uni (+ 5 points), 20,5% et 21 sièges en Allemagne, 20% des voix en Wallonie pour Ecolo et 12,4% des voix en Flandre, 13,5% des voix en France. Cette vague verte, certes limitée mais constatée dans presque tous les pays de l’UE, n’était pas attendue mais elle n’est pas si surprenante considérant l’importance du thème écologique, détourné par la gauche.

A l’issue de ces élections, c’est logiquement Manfred Weber qui aurait dû être proposé à la tête de la commission européenne, puisqu’il était la tête de liste du PPE, premier parti du parlement. Pourtant c’est Ursula von der Leyen, ancienne ministre CDU de la défense du gouvernement Merkel, qui a été proposée, à l’issue d’une négociation franco-allemande où Christine Lagarde, soutenue par Macron, a été nommée à la BCE. Pour gêner Matteo Salvini, le parlement européen s’est doté d’un président issu du Parti Démocrate italien et donc très hostile à la Lega, en la personne de David Sassoli.

Quant à la présidence de l’Union Européenne, poste honorifique généralement confié à un homme politique en fin de carrière ou rejeté dans son pays, afin qu’il ne fasse aucune ombre aux dirigeants des gouvernements nationaux, Donald Tusk a été remplacé par le belge Charles Michel, dont le gouvernement était tombé quelques mois auparavant dans son pays. Enfin le haut représentant en matière d’affaires étrangères est le socialiste espagnol Josep Borrell. La gauche, pourtant en net recul, a été finalement bien récompensée.

L’élection d’Ursula von der Leyen à la tête de la commission européenne fut compliquée. De nombreux partis politiques et groupes lui étaient hostiles. Avec 383 voix, elle a été élue de justesse (il lui fallait 374 voix au minimum). Son désaveu aurait été utile pour la démocratie européenne et on aurait pu espérer un sursaut des parlementaires, même si la personne qui aurait été élue à sa place aurait pu être pire. C’était d’ailleurs la crainte de Viktor Orban. Finalement Ursula von der Leyen fut sauvée grâce au vote du Fidesz d’Orban, du M5S italien et du PiS polonais. Le peu de courage des partis au pouvoir du groupe de Visegrad est assez révélateur.

Autres sujets européens (en vrac).

Russie-Ukraine.

Aucune évolution favorable de la situation entre l’Ukraine et la Russie malgré l’élection d’un nouveau président ukrainien, Zelensky. Les sanctions économiques contre la Russie ont été maintenues par les USA et l’Union Européenne. La Russie est même exclue du sport international, ses athlètes devant désormais se présenter en compétition sans leurs couleurs. Enfin, ces derniers jours, une querelle historiographique oppose durement Poutine et la Pologne à propos de l’attitude ambigüe qu’aurait eu cette dernière vis-à-vis de l’Allemagne hitlérienne, dont pourtant elle fut par la suite l’une des principales victimes. Malheureusement, la Russie semble toujours davantage s’éloigne de l’Union Européenne, par la faute de cette dernière qui n’a pas voulu ou su trouver les mots de réconciliation et a été incapable en 2019 de s’émanciper des USA.

Balkans.

Douche froide pour les espérances d’adhésion des Balkans de l’ouest. Le président français Macron a clairement gelé tout processus dont l’Albanie et la Macédoine auraient pu bénéficier, malgré les efforts de la Macédoine pour calmer le jeu avec la Grèce, en prenant désormais le nom de Macédoine du Nord. Quant à la Serbie et au Monténégro, le processus d’adhésion n’est pas gelé mais ne semble guère évoluer. Ce mépris de peuples européens, qui ont une vocation naturelle à nous rejoindre, est choquant de la part d’un prétendu pro-européen. Par ailleurs, même s’il est au point mort de manière probablement définitive, le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE n’a toujours pas été officiellement abandonné.

Allemagne et Autriche.

Malgré la progression de l’AfD dans les différents Länder, et sa forte représentation au Bundestag, le gouvernement Merkel est toujours en place et les Grünen (Verts) ont le vent en poupe. Il se dit que la CDU pourrait choisir de s’allier avec eux, malgré leur tropisme de gauche et leurs positions sociétales très décadentistes. La preuve par l’Autriche, où le conservateur Sebastian Kurz (ÖVP) propose une coalition avec les équivalents écologistes autrichiens, au détriment du FPÖ populiste, fragilisé par le scandale plus ou moins artificiel Strache, sortant opportunément à une semaine des élections européennes.

Sebastian Kurz, qui aux yeux de la droite nationale était devenu une référence, a montré son visage opportuniste, et après s’être allié avec un parti anti-immigration s’allie avec un parti qui y est favorable.

Italie.

Pas d’élections en vue pour Salvini. Le très médiatique dirigeant de la Lega, connu pour sa volonté d’empêcher les bâteaux de migrants de débarquer en Italie, succès médiatique cachant néanmoins un bilan contrasté, a mis fin à la coalition au pouvoir avec le M5S. Ce dernier, qui va en payer le prix dans les urnes, a alors retourné sa veste, plutôt que de soutenir de nouvelles élections, comme le souhaitait Salvini, en s’alliant avec le Parti Démocrate que le M5S dénonçait durement auparavant. Cet opportunisme sera puni et l’est déjà dans les différences élections provinciales.

Dans les sondages, la coalition de droite Lega/Fratelli d’Italia/Forza Italia dépasse désormais les 50%, et à côté de Salvini naît un phénomène Giorgia Meloni, la dirigeante de Fratelli d’Italia, que les sondages placent parfois à 12%.

Espagne.

Les socialistes minoritaires autour de Sanchez restent au pouvoir et préparent une alliance avec Podemos, la gauche radicale pourtant en recul. Symboliquement, Sanchez a fait déplacer la sépulture de Franco, réveillant les blessures de la guerre civile, et ce dans un contexte où Vox, parti national espagnol très hostile au séparatisme catalan, progresse avec autour de 15% des voix dans les différents sondages. La chute de Sanchez serait une excellente nouvelle, tout comme celle du nouveau gouvernement Conte en Italie d’ailleurs.

Brexit.

Annoncé désormais pour la fin janvier 2020 à l’issue d’une élection parlementaire anticipée où le conservateur baroque Boris Johnson a enfin obtenu une majorité. S’ouvriront ensuite des mois voire des années de négociation dossier par dossier entre l’UE et le Royaume-Uni, mais sur le plan symbolique il ne fera plus partie de l’Union Européenne dans un petit mois. Johnson a obtenu in extremis de l’UE un « soft brexit » qui lui a permis d’organiser ces élections en bénéficiant aussi du rejet du candidat du Labour, Jeremy Corbyn, très contesté. Le Brexit Party, qui dénonçait l’accord comme celui d’un « faux brexit » a choisi de se sacrifier afin de faire gagner Johnson. Farage (UKIP) pourra donc retourner aux USA (comme en 2016) et bénéficiera sans doute, le comble pour un eurosceptique, d’une retraite de député européen d’une UE qu’il aura combattue et dont il se félicite que son pays le quitte.

En matière d’immigration post-coloniale issue de l’ancien empire, la situation restera inchangée ou s’aggravera. Ce brexit identitaire finira bien en brexit hyper-globaliste. Et ce « soft brexit » a rassuré les marchés internationaux.

Ailleurs en Europe.

En Grèce, Tsipras a été dégagé par la Nouvelle Démocratie en pleine renaissance. La droite radicale, divisée en deux formations rivales, résiste. Le procès contre l’une d’entre elles d’ailleurs est en train de tourner vers l’acquittement des mis en examen.

Au Portugal, une petite formation populiste (« Chega » pour dire « Assez ! ») a réussi à entrer au parlement mais avec 1,3% des voix. Dans le dernier sondage, il est crédité d’environ 3% des voix en cas d’élection anticipée.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

27/12/2019

Actualités européennes du 20 au 22 décembre 2019

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Union Européenne :

Ce samedi 21 décembre 2019, les Européens ont pu voir sous leurs yeux, une nouvelle fois le conflit entre les Etats-Unis et l’Union Européenne.

En effet et cela s’est traduit économiquement, puisque les USA ont décidé de sanctionner le projet de gazoduc allemand « Nord Stream 2 », visant à tisser selon Washington, « plus de dépendance au gaz russe et renforcer l’influence de Moscou ».

Les réactions européennes (Berlin, Moscou) n’ont pas tardé et ont dénoncé ces sanctions qui sont dans un contexte conflictuel UE-USA.

« Nord Stream 2 » est un projet européen (dont le coût avoisine une dizaine de milliards d’€ dont la moitié est financée par Gazprom et l’autre par cinq sociétés européennes : OMW, Wintershall Dea, Engie, Uniper, Shell) qui relie l’Allemagne à la Russie (finalisé à 80% à l’heure actuelle et qui donc devrait voir le jour début 2020).

On voit bien la nouvelle ingérence américaine en Europe: ce n’est pas une nouveauté et cela empêche une fois de plus aux Européens un basculement vers la Russie, ce que les USA tiennent pour un cauchemar depuis plusieurs décennies maintenant.

D’autant plus que dans ce domaine du gaz, la Russie est un partenaire important dont la part de consommation (de gaz naturel) au sein des vingt-huit territoires de l’UE, est de 18%.

Arménie :

“En ma qualité de premier ministre de la République d’Arménie, je continue à accorder ma confiance au Service de sécurité national […] On dit beaucoup de choses au sujet du SSN mais je veux souligner une chose. Une part importante, si ce n’est essentielle, du travail du SSN n’est pas connue du public”.

C’est en ces termes que Nikol Pachinian (Premier Ministre arménien donc) s’est exprimé lors d’une rencontre avec des hauts responsables du Service de Sécurité National (SSN), principal garant de la lutte contre la corruption, agence héritière de la branche arménienne du KGB.

Ces éloges interviennent cinq jours après un appel lancé par six ONG en vue d’une réforme “radicale” du SSN. Dans un appel commun lancé à N. Pashinian, ces ONG soulignent que le SSN a durant des décennies exercé des “persécutions” contre des groupes d’opposition et civiques arméniens, qui ont été l’objet de surveillances illégales.

Croatie :

Dernier pays européen à avoir intégré l’Union Européenne (2013), la Croatie portera la responsabilité de la présidence tournante de l’UE à partir du 1er janvier et ce, pendant 6 mois.

La situation, loin d’être rose, l’est d’autant plus que depuis bientôt sept ans, le pays connaît toujours un exode de sa population vers d’autres pays européens, tout comme les autres pays de la région balkanique, dû au manque de travail (où le salaire moyen est de 862 € par mois avec un taux de 15,4% de croates actifs émigrés), à la corruption et au népotisme.

Face à ces problèmes, comme promesse de campagne (d’élection du 22 décembre), la présidente (Kolinda Grabar-Kitarovic, HDZ, centre-droit) a tenu à rassurer la population, notamment les jeunes en tenant le même programme nataliste que Viktor Orban, reprenant aussi le propos du premier ministre croate l’été dernier. « La question démographique est au cœur de la survie de la nation croate », assurait cet été le premier ministre Andrej Plenkovic.

Dans les sondages, la présidente était créditée de 30 % des suffrages.

Comme concurrents, elle fera face à Zoran Milanovic (social-démocrate), crédité de 26 % des voix, ainsi que Miroslav Skoro, crédité de 20 % des voix (indépendant, chanteur et entrepreneur de 57 ans).

Eugène Guyenne (pour Le Parti des Européens)

26/12/2019

Thomas Ferrier et le brexit.

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brexit.jpgJ'avais annoncé depuis longtemps que le brexit n'aurait pas lieu et que dos au mur, en l'absence d'un accord, avec le risque d'un "hard brexit" dont personne ne voulait, malgré le bluff de Boris Johnson en ce sens, ce dernier serait alors contraint à démissionner.

Je n'avais pas prévu que Johnson bénéficierait d'un coup de pouce de l'Union Européenne, sous pression du président français, qui lui a proposé au dernier moment un accord favorable que ce dernier a saisi. A partir du moment où il disposait d'un accord, des élections étaient possibles puisque le Labour ne s'y opposait plus. Grâce au "sparring partner" Corbyn, et à un jeu trouble du Brexit Party, qui s'est sacrifié non sans avoir dénoncé un "faux brexit", il a été largement réélu et en conséquence peut engager ce nouveau brexit, qui est très doux en réalité ("soft brexit").

Ce brexit sera donc essentiellement symbolique, mais il va compliquer la vie des Européens installés au Royaume-Uni et sera un signal favorable au renforcement de l'immigration issue de l'ancien empire colonial et à celui de la tutelle américaine, Trump ayant d'ailleurs pris position lors de ces élections.

Effectivement, le brexit aura donc lieu. Et je me suis trompé en pensant qu'il pourrait être enrayé. Il aurait fallu pour cela que Corbyn ne soit pas le candidat du Labour et qu'une alliance Labour / Libdem dès le premier tour ait été engagée.

Mais il n'y aura que des perdants, à l'exception de Boris Johnson, qui a réussi son ambition.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens).

14:37 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brexit, johnson |

Vers un brexit hyper-globaliste ?

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Boris.jpgFinalement, après trois ans de tergiversations, le brexit aura finalement lieu à la fin du mois de janvier 2020 sous la conduite de Boris Johnson, premier ministre sortant réélu triomphalement grâce à un mode de scrutin favorable à la tête du pays.

Winston Churchill en 1946 estimait que le slogan envisagé par les conservateurs de « Keep Britain white » (« conserver la Grande-Bretagne blanche ») était un bon slogan. Depuis Labour et Tories n’auront pas cessé d’ouvrir les portes du pays aux flux venus de l’ancien empire colonial pour que la Grande Bretagne le soit de moins en moins, et dès 1948 en changeant le code de la nationalité afin de faciliter les naturalisations. Mosley et Powell mirent en garde les Britanniques contre ce « changement de peuple » mais ne furent pas écoutés, tout comme Robinson ne l’est pas aujourd’hui, au prix même de sa liberté.

L’adhésion du Royaume-Uni à la CEE, qui allait ensuite devenir l’Union Européenne, fut complexe. C’est finalement en 1974, après le départ de De Gaulle qui s’opposait à son adhésion en 1969, qu’elle rejoint cette organisation en même temps que le Danemark et l’Irlande. Depuis cette époque, elle n’a jamais vraiment joué le jeu, Thatcher obtenant dès les années 80 de nombreux accommodements. C’est ainsi que le Royaume-Uni d’avant brexit n’avait pas l’euro et n’était même pas dans l’espace Schengen. Cela n’a jamais empêché la presse britannique depuis des décennies de taper sur l’Union Européenne et de l’accuser de tous les maux, alors même que les émeutes de 2010 ou le scandale de Rotherham ne lui doivent rien, mais doivent tout à la politique migratoire des gouvernements britanniques de gauche comme de droite.

Pris en otage depuis plusieurs années par l’aile fanatiquement eurosceptique des Tories et menacé dans sa réélection si ce courant renforçait le mouvement UKIP de Nigel Farage qui, en divisant la droite, pouvait faire gagner le Labour, David Cameron était résolu à marginaliser cette aile à l’issue d’un vote national. Pour ce faire, il prétendit renégocier un meilleur accord avec l’UE, comme Thatcher l’avait fait avant lui, et de le soumettre à un référendum, ce qu’elle s’était bien gardé de faire. Il affirma ensuite avoir obtenu des résultats mais personne n’est vraiment capable de dire ce qu’il avait obtenu. Il organisa donc un vote qu’il était persuadé de gagner.

Dans le camp du brexit, on retrouva naturellement Nigel Farage, à la tête de UKIP puis du Brexit Party lorsqu’il quitta le premier en l’accusant de dérives identitaires et d’islamophobie. Mais c’est Boris Johnson, conservateur et ancien maire de Londres, qui se présenta en champion du brexit, avec une bonne dose d’opportunisme et sur la base d’un pari politique audacieux, le même que Fabius en 2005 en France lorsqu’il appela à voter non au TCE mais avec le succès en plus. A grands coups de démagogie, en promettant tout et son contraire, y compris la préférence non-européenne dans les banlieues à forte composante indo-pakistanaise au détriment des Polonais, sans grand résultat malgré tout, et avec l’aide d’une presse efficace pour les relayer, le camp du brexit s'imposa et Cameron, perdant, dut démissionner et se faire oublier.

Il est vrai que le Labour avait fait une campagne a minima, l’attachement d’un Corbyn à l’UE étant quasi nul, et que Sadiq Khan, opposé au brexit, envoyait par hétérotélie un message globaliste à un électoral ouvrier britannique hostile.

De nombreux britanniques, mais pas tant que ça (51,6% d’entre eux), ont choisi l’aventure du brexit au maintien dans une Union Européenne dont personne n’avait été capable de démontrer les bienfaits et alors même que les dirigeants de l’actuelle UE se complaisent dans un globalisme béat. Il est évident que ce vote en faveur du brexit a exprimé une angoisse identitaire légitime, un refus clair du globalisme, et aussi de l’immigration, européenne comme non-européenne, une confusion salement entretenue par les eurosceptiques d’ailleurs.

Et donc le brexit ayant été voté, et même si un référendum au Royaume-Uni n’a pas force de loi, personne n’a osé braver l’interdit de ne pas en tenir compte et les Libéraux Démocrates qui firent campagne en décembre 2019 pour révoquer l’article 50 auront plus choqué que convaincu.

Une fois le brexit voté, sachant que personne n’avait été capable et pour cause d’expliquer ce qu’il serait, la peur d’un brexit dur (« hard brexit ») inquiéta les milieux d’affaires. Après plus de deux ans pendant lesquels Teresa May fut incapable d’obtenir une majorité en faveur d’un accord obtenu auprès de l’UE, Boris Johnson devint enfin premier ministre et s’engagea à un brexit coûte que coûte. Son bluff aurait pu lui coûter cher car le parlement l’avait contraint à demander une prolongation du délai en cas d’absence d’accord. Et il aurait alors dû sans doute démissionner et aurait été fragilisé médiatiquement. Mais l’Union Européenne, sous la pression du gouvernement français, Macron ayant annoncé qu’il voulait que le Royaume-Uni se décide enfin, offrit un accord au rabais au dernier moment à Johnson, qui s'en saisit.

Ce dernier put donc en position de force, avec une opinion lassée, se présenter devant les électeurs britanniques le 12 décembre 2019. Le pays reste coupé en deux (48% des Britanniques ont voté pour les conservateurs) et le Brexit Party a disparu. Alors même que Nigel Farage avait dénoncé un faux brexit obtenu par Johnson, son parti stratégiquement se plaça en soutien de ce dernier, gênant le Labour dans des circonscriptions décisives. Pour Farage, mieux valait un « very soft brexit » à pas de brexit du tout, même s’il ne devait être que nominal. C’est là qu’on constate ce qu’il fallait penser de ses convictions. On ne sera pas non plus étonné d’avoir vu Donald Trump participer à sa façon à l’élection en apportant son soutien à Johnson, en tapant sur l’Union Européenne et en promettant des accords juteux en cas de brexit effectif, une ingérence dénoncée mollement et en vain par l’opposition.

Et maintenant ? Johnson a plus ou moins promis de régulariser 500 000 clandestins présents depuis plus de cinq ans au Royaume-Uni. Celui qu’une certaine droite présente comme un patriote, ce qui a amené Robinson à rejoindre récemment les Tories, mais que même Rivarol ose qualifier de « globaliste », n’est évidemment qu’un remarquable opportuniste qui a réussi à devenir premier ministre en faisant un pari gagnant. Il n’est pas sans talent mais il ne sauvera pas le Royaume-Uni sur le plan identitaire. Lui qui se présente comme un nouveau Churchill a trahi bien sûr le souhait que ce dernier avait exprimé et que j’ai évoqué au tout début de cet article. Les flux intra-européens vont se réduire en raison des tracasseries administratives, tandis que les flux post-coloniaux se renforceront.

C’est bien à un brexit globaliste que nous allons assister, et l’indépendance prétendue ne sera qu’un renforcement de la vassalité atlantiste. Certes sur le plan économique, ce sera un brexit très mou et surtout symbolique. Il ne devrait donc pas y avoir de conséquences dramatiques et d’ailleurs la presse européenne ne semble plus du tout inquiète, surtout qu’un accord véritable de mise en œuvre mettra plusieurs années à voir le jour. Les électeurs voulaient une identité britannique restaurée et ils auront une aliénation renforcée.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

18/11/2019

Actualités européennes : Autriche, Espagne, Roumanie, Danemark, Islande.

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Autriche

Le mardi 5 novembre dernier, l’Autriche a voté l’interdiction totale du glyphosate.

En effet, le Parlement autrichien (SPÖ, FPÖ, NEOS contre ÖVP) a adopté le projet de loi interdisant dans son intégralité ce produit cancérigène (qui rappelons-le est fabriqué par Monsanto, est un des pesticides les plus utilisé au monde et classé « cancérigène probable » depuis 2015 par l’OMS), et cela constitue une nouveauté en Europe puisque l’Autriche est le premier pays à adopter une interdiction totale. Ces questions semblables (portant sur le glutamate, sur les traités de libre-échanges UE/USA) ces dernières années ont été esquivées voire délaissées par de trop nombreux dirigeants politiques (y compris « écologistes », préférant trouver des solutions dans le porte-monnaie des Européens).

Espagne et Roumanie

Ce dimanche 10 novembre, Espagnols et Roumains étaient appelés aux urnes pour peu de surprises.

En Espagne, la victoire du parti (PSOE) gouvernemental de Pedro Sanchez est « à la Pyrrhus ».

Et c’est peu de le dire puisque ces législatives, la quatrième élection en quatre ans, convoquées par le président du gouvernement, étaient faites pour lui donner une (meilleure) majorité, plus stable dans un contexte rendu compliqué depuis quelques années par les indépendantistes catalans.

Au sortir de celles-ci, il reste premier en obtenant un score de 28 % des voix (-3 sièges), devant le Parti Populaire et ses 20,8% (+22 sièges), Vox avec 15% (+28 sièges), Podemos (extrême-gauche) avec 12,8% (-7 sièges) et Ciudadanos (libéraux) avec 6,8% (-47 sièges),

En Roumanie aussi on votait ce 10 novembre.

Et au sortir de ce premier tour, c’est sans surprise le président sortant Klaus Iohannis (Parti National Libéral, centre-droite) qui est sorti en tête avec 36,9 % des voix, devant la sociale-démocrate et ex-première ministre Viorica Dancila (PSD) et ses 23,4 % et devant Dan Barna (USR Plus, parti pro-européen) avec 14,1 %.

Posé en défenseur des intérêts roumains et européens (malgré un parti gouvernemental entaché il y a peu, de l’affaire de blanchiment du casier judiciaire de son chef Liviu Dragnea, condamné en 2016 à trois ans de prison avec sursis pour fraude électorale), Mr Iohannis aura à cœur de conclure, le 24 novembre prochain.

Islande/Danemark

Récemment, l’Islande a demandé au Danemark, la restitution de manuscrits médiévaux appartenant à la collection arnamagnéenne, la « Heimgskringa » (en français : saga des rois norvégiens, rédigée en vieux norrois par le poète Snorri Sturlason datant d’environ 1425), qui avaient été depuis le XVIIIe siècle légués par un érudit islandais à l’Université de Copenhague.

Cette démarche de restitution s’inscrit dans une époque « post-coloniale » (de fait, puisque jusqu’en 1944, l’Islande était sous domination danoise) où les relations tendent à être normalisées voire renforcées et où le Danemark put accéder à une requête islandaise antérieure consistant à lui remettre une partie de la collection, débouchant derrière, en 1965, sur un traité actant la division du fonds.

Entre 1971 et 1997, plus de la moitié des œuvres ont ainsi pu être expédiées en Islande.

Plus récemment, Lillja Alfredsdottir (ministre islandaise de la Culture et de l'Enseignement) avait fait part de sa volonté d’obtenir une plus grand part de la collection, évoquant à l’AFP l'importance "qu'un plus grand nombre de manuscrits se trouvent en Islande".

Ce qui n’est pas du goût de Matthew Driscoll (professeur de philologie nordique ancienne et responsable de la collection) selon lequel les manuscrits restants font partie du patrimoine culturel danois.

Affaires à suivre donc…

Par Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

03/11/2019

Etude des systèmes nationaux subsidiaires: le cas de la Russie.

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Russie.pngConcentrons-nous enfin sur le cas de la Russie.

Cas intéressant comme nous l’avons dit puisque tant sur le plan ethnique qu’institutionnel et historique, la Russie ou « Fédération de Russie » est le plus vaste espace territorial au monde.

La Russie post-soviétique, celle qui existe depuis bientôt près de trente ans, a dû composer pour son équilibre avec un système fédéral.

Avec des « Etats », entités gouvernementales (républiques autonomes), qui représentent leur propre peuple. Des ethno-états donc, unis dans un État.

D’autres parts, des États qui tiennent une légitimité historique et politique en Russie, dénommés oblasts.

Et d’autres, plus récents, russes sur le plan ethnoculturel, dénommés kraïs.

Tout d’abord, pour les États historico-culturels, nous avons outre la Moscovie (qui servit de base comme siège du pouvoir central unitaire russe, de Ivan IV à aujourd’hui), le Novgorod, autrefois célèbre république aristocratique médiévale (1136/1478) qu'a construit le célèbre prince (862/879) païen Riourik, fondateur de la dynastie des Riourikides.

Notons aussi les principautés de Riazan (1097/1521), Vladimir-Souzdal (1168/1389), Iaroslavl (1218/1463), Tver (1247/1485) ou encore la République aristocratique de Pskov (XIIIe/XVIe), où chacune d’entre elles ont retrouvé leur entité dans la Russie contemporaine, sous forme d’oblasts, depuis 1935 (pour Tver), 1936 (pour Novgorod et Iaroslavl), 1937 (pour Riazan) et 1944 (pour Pskov et Vladimir).

Donc les États historiques sont nommés aujourd’hui « oblasts ».

Pour leur accorder un statut particulier, les « ethno-états », on utilise le concept de république autonome.

Comme il serait long d’énumérer tous les ethno-Etats autochtones de Russie, il en sera énuméré une petite partie seulement pour en faire comprendre l’idée générale.

Parmi les ethno-états mongols, il y a la Bouriatie (république autonome depuis 1932), qui représente les Bouriates et la Kalmoukie (république autonome depuis 1957), représentant les Kalmouks.

Parmi les ethno-états turciques, il y a le Tatarstan (république autonome depuis 1920), représentant les Tatars, le Daghestan (depuis 1921), qui représente les Daghestanais et la Bachkirie (depuis 1919, 100 ans donc), pour les Bachkirs.

Parmi les ethno-états caucasiens, il y a l’Ingouchie (république autonome depuis 1992) pour les Ingouches et l’Adyguée (ou Tcherkessie, république autonome depuis 1922) qui représente les Tcherkesses.

Pour la particularité ouralienne, il y a l’Oudmourtie (depuis 1920) représentant les Oudmourtes.

Pour aller plus loin, la Nénétsie par exemple n’est pas une république autonome mais un « district autonome » (depuis 1929), représentant les Nénets, peuple autochtone ouralien, rattachée à l’oblast d’Arkhangelsk.

Deux autres régions frontalières historiquement ont été divisées et rattachées directement à la Russie, comme l’Ossétie du Nord (depuis 1924 et qui ne doit pas être confondue avec l’autre partie où l’Ossétie du Sud avait fait sécession de la Géorgie en 1992), qui représente les Ossètes, peuple indo-iranien (donc indo-européen), ainsi que la Carélie, a cheval avec la Finlande où la partie orientale est russe (depuis 1956) et qui représente les Caréliens, peuple ouralien (finno-ougrien).

Mais également il y a des États qui sont la fusion (superficielle) de deux entités différentes présentes dans le Caucase.

Comme la Kabardino-Balkarie (république autonome depuis 1936), regroupant les Kabardes (caucasiens) et les Balkars (turciques).

Et comme la Karatchaïévo-Tcherkessie (république autonome depuis 1957), regroupant les Karatchaïs (turciques) et Tcherkesses/Adyguéens (caucasiens).

Malgré cette disparité pluriethnique, ces « États dans l’État » sont affiliés à l’État russe, où outre la langue subsidiaire, la langue unitaire et officielle, le russe donc, est imposée, et d’autre part au « président fédéral », affilié au parti gouvernemental « Russie Unie » depuis 2000.

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

Etude des systèmes nationaux subsidiaires: le cas de la Suisse.

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Passons maintenant au cas de l’équilibre subsidiarité/unité qu'a trouvé un autre État européen, modèle aux yeux de beaucoup, la Suisse.

La Suisse est l’Etat européen idéal tant sur le plan démocratique qu’institutionnel (subsidiaire).

Et il y a une part de vérité tant la « diversité » indo-européenne existe à travers ses régions historiques (Romandie, Alémanie, Suisse italienne) qui ont déterminé la place de ses langues officielles sur l’ensemble du territoire et par l’histoire commune, où les différentes expressions de celle-ci dans les cantons n'ont pas été un facteur de division et où chacun, à partir de 1291, a pu rejoindre librement la Confédération, souvent suite aux « guerres d’indépendance » que la Suisse a menées, et aussi à travers les évènements du XIXe siècle (révolutions de 1789, 1848) et ce malgré le différent religieux et culturel.

L’Histoire de la Suisse est intimement liée à l’histoire de ses cantons.

L’Histoire « nationale » jacobine est alors quasi inexistante si ce n’est lors de la période napoléonienne, ce qui était contextuel, propre aux peuples européens tentant de ne faire qu'un, avec l’influence de la Révolution française de 1789, mêlant aspirations nationales et libérales (démocratiques) inspirant le courant du romantisme.

Pour le côté historique, il est quelque peu anachronique de parler de « Suisse » avant 1291 (date de l’unification de 3 cantons qui avaient fait sécession de l’Alémanie, dont on peut considérer en ce sens sur le même plan que la Suisse est à l’Alémanie ce que l’Autriche est à la Bavière) puisque vivaient divers peuples, que ce soit soit les Rhètes (habitant la région romaine de Rhétie dont une partie se situait dans l’actuel canton des Grisons), les Burgondes et les Alamans (qui étaient venus au Ve siècle).

Et après la mort de Charlemagne, le Traité de Verdun (843) a divisé l’Europe occidentale en trois parties dont la Suisse faisait partie de la Francie médiane (Lotharingie), propriété de Lothaire Ier.

En 1291, les cantons de Schwyz, Uri et Unterwald font sécession de l’Alémanie pour s’unir et créer une confédération et réitèrent ensuite leur unité (en 1315) par le Pacte de Brunnen après la bataille gagnée à Morgarten (contre le duché autrichien).

En 1332, la Confédération connait son premier élargissement, à cinq cantons de plus dont quatre germaniques (Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug) et un « latin » (Berne).

En parallèle, la Confédération (de 1450 à 1799) vit l’existence d’un État à part, composé de trois ligues (Ligue Grise, Ligue des Dix-Juridictions, Ligue de la Maison-Dieu).

La bataille gagnée à Grandson (1476) contre le duché bourguignon permit d’autres élargissements et les cantons de Fribourg et Soleure (1481) et Schaffhouse (1501) se joindront eux aussi à la Confédération.

La première division, « guerre civile » intervenait lors des Guerres de Kappel (1529/1531) entre les cantons catholiques et les cantons protestants.

La deuxième division arrivera au moment de l’époque napoléonienne, avec une éphémère « république nationale » helvétique (1798/1803) où d’autres cantons se joindront pour reformer la Confédération après l’Acte de Méditation, avec des territoires germaniques (Argovie, Saint-Gall, Thurgovie), romanche (Vaud), italophone (le Tessin) et un diversifié (le canton des Grisons).

A la veille du Congrès de Vienne, d’autres territoires francophones se joindront come Genève, Neuchâtel et le Valais.

Puis à la veille de la « contagion révolutionnaire », contre les volontés jacobines de la Confédération, les cantons catholiques conservateurs (Lucerne, Fribourg, Valais, Uri, Schwytz, Unterwald, Zoug) vont créer la ligue (sécessionniste) du Sonderbund (1845/1847), allant même engager une guerre qu’ils perdront.

Politiquement, dans les plus hautes instances institutionnelles, la Suisse, dispose :

De conseillers fédéraux (de l’ordre de 7), d’un président de la Confédération (élu par l’Assemblée fédérale, composée du Conseil national et du Conseil des États, mandaté pour 1 an), d’un vice-président et d’un chancelier.

Eugène GUYENNE (Le Parti des Européens)

Etude des systèmes nationaux subsidiaires: le cas de la Belgique.

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Si durant l’Antiquité, la notion de « belge » renvoyait à une partie des gaulois, il aura fallu attendre l’époque contemporaine seulement (1830) pour disposer d'une entité subsidiaire (et indépendante) belge, reflet de son identité (or qu’est-ce que l’identité belge ? », la question se pose éternellement).

Face à ce genre de problématique, elle a depuis 1980 adopté un modèle subsidiaire « fédéral », en institutionnalisant 3 régions : la région de Bruxelles-Capitale, la région wallonne et la région flamande.

Si les principales questions sont réglées à Bruxelles, chacun possède son lot de pouvoir.

Avec un « gouvernement régional » (gouvernement wallon, gouvernement flamand) qui est le siège du pouvoir exécutif de leur région, composé de 8 ministres (sauf à Bruxelles-Capitale : 4 ministres dont 2 francophones et 2 néerlandophones) et d’un « ministre-président » pour chacun, avec un Parlement unicaméral, où Liesbeth Homans (N-VA, Flandre), Jean-Claude Marcourt (PS, Wallonie) et Rachid Madrane (PS, Bruxelles-Capitale) en sont respectivement les présidents.

Étant donné qu’il existe aussi une communauté germanophone, elle possède aussi une existence politique là où elle est, en Wallonie, avec un « Gouvernement de la Communauté germanophone de Belgique », élu par le « Parlement de la Communauté germanophone de Belgique », présidé actuellement par le socialiste Karl-Heinz Lambertz.

Et grâce à la Constitution belge (article 139) il est possible à cette dernière d’exercer politiquement certaines compétences régionales en Wallonie (comme dans le patrimoine, l’emploi et la tutelle sur les communes, fonds des communes, mais pas pour l’emploi des langues dans l’administration).

Ce qu’elle a pu mettre en œuvre déjà à trois reprises.

Cette approche institutionnelle de la subsidiarité correspond beaucoup plus à la réalité historico-politique et humaine de la Belgique, tant les identités (culturelles, linguistiques, religieuses) y sont fortes.

Eugène GUYENNE (Le Parti des Européens)

20/10/2019

Elections législatives en Autriche du 29 septembre 2019

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Kurz.jpgDans un contexte particulier qui est celui de l’Autriche en 2019, sans surprise, le parti gouvernemental conservateur de Sebastian Kurz (ÖVP) l’a emporté, en réalisant 37% des voix contre 31,47% en 2017.

Le parti souverainiste de coalition de Nobert Hofer (FPÖ), qui avait le vent en poupe avant mai dernier, date du « Ibizagate » (impliquant l’ancien dirigeant Strache et un de ses partisans, Johann Gudenus, concernant le financement russe de campagne avec une usurpatrice dudit pays, affaire remontant à l’été 2017 et révélé par le Spiegel), est tombé à la 3e place avec 16% contre 26% en 2017.

Cela a profité aux sociaux-démocrates du SPÖ qui ont obtenus 22% mais sont paradoxalement sur la pente descendante contre 26,86% en 2017.

Désormais, Sebastian Kurz a 3 possibilités qui s’offrent à lui, quant à la future coalition.

Soit il va rééditer son partenariat avec le FPÖ. Compte tenu du contexte pour ce parti avec cette affaire, et l’image que ce choix impliquerait pour le chancelier trentenaire, c’est peu probable.

Soit, il va rééditer une ancienne alliance, celle avec le SPÖ, qui est désormais 2ème. Et finalement rejoindre ce qui commence à être une fâcheuse « tradition » en Europe occidentale, celle d’un gouvernement centre-droit/centre-gauche ("grande coalition"). Et finalement "rentrer dans le rang" après avoir mené une politique, grâce au FPÖ, identitaire.

La 3ème possibilité étant une coalition inédite, celle avec les écologistes qui ont fait une percée, atteignant plus de 10% des voix, se plaçant 4èmes et symbole de la « fièvre verte » que constitue cette nouvelle tendance politique et donc qui renverrait une meilleure image pour le jeune chancelier.

Ce dont on peut être sûr c’est que la future coalition ne se fera pas tout de suite.

Les deux choses à retenir de ces législatives autrichiennes en 2019, c’est la (nouvelle) débâcle du FPÖ, suite à l’Ibizagate, payée déjà aux Européennes il y a quelques mois mais qui n’est pas si inédite que ça si on se souvient de l’époque de Jörg Haider et plus largement qui par cette affaire, symbolise l’amateurisme des « droites nationales » européennes, tant en France qu’en Italie. Reste à connaître la capacité dans les autres pays à gérer professionnellement une fois au pouvoir (que ça soit Vox en Espagne, l’AfD en Allemagne, les Démocrates Suédois). L’autre élément, c’est l’aspect profitable de la situation pour le parti du gouvernement, qui s’est renforcée, atteignant presque la barre électorale symbolique des 40%.

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

Actualités européennes : le refus de l’intégration balkanique

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Récemment, Emmanuel Macron, avec Mark Rutte (Premier Ministre néerlandais) et le premier ministre danois, s'est posé en étendard de la continuité de l’entrisme atlantiste dans l’Union Européenne, et ce en rejetant l’entrée des pays balkaniques, avec la Macédoine du Nord et l’Albanie à l’ordre du jour, provoquant de nombreuses déceptions dans ces deux pays.

Tant chez la chancelière allemande Angela Merkel, que chez le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker, ce dernier dénonçant même “une lourde erreur historique” et que “pour être crédible, elle [l’Union européenne] doit respecter ses engagements”, que chez le président du Conseil européen Donald Tusk mentionnant qu’une « écrasante majorité des États membres étaient favorables » à l’ouverture des négociations avec les deux candidats, qui requiert l’unanimité des États membres, tous ont manifesté leur mécontentement.

Alors que le dossier balkanique, comme le Brexit, est encore repoussé aux calendes grecques (au printemps 2020 lors du prochain sommet UE-Balkans organisé à Zagreb, où la Croatie sera la prochaine directrice pendant 6 mois), Zoran Zaev (Premier ministre de Macédoine du Nord) a proposé qu’aient lieu des élections anticipées, dont les dates seront dévoilées le 20 octobre 2019, en réaction à cette décision de rejet de Bruxelles.

Et encore une fois, s’il fallait en douter, l’Union Européenne prouve qu'elle est une « Europe des États », par nature stérile avec toujours le même manichéisme occidental où les « projets européens » sont perpétuellement repoussés à plus tard.

En attendant peut-être un changement, grâce au Parti des Européens (LPE).

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

05/08/2019

Pour un souverainisme européen

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Corinth.jpgSi le Parti des Européens (LPE), et en premier lieu son dirigeant Thomas Ferrier, dénonce le souverainisme français (et toute forme de souverainisme stato-national dans sa forme actuelle), il n’en reste pas moins que le « souverainisme » en soi, n’est pas un problème.

En effet, la volonté d’être « souverain » chez soi, est naturel.

Puisqu’elle affirme la défense de son identité et de son entité politique (cette dernière est très courante aujourd’hui, de façon centraliste) qui nous représente, ou du moins est censé nous représenter.

C’est donc l’identité qui fonde la souveraineté et non l’inverse, erreur récurrente des souverainistes français, en omettant l’identité intégrale de la France, à savoir qu'elle est fondamentalement de nature européenne (celtique, romaine, germanique, gréco-latine et pagano-chrétienne avec des particularités régionales spécifiques).

En tant que défenseur de l’Europe et de son unité politique, le LPE doit pouvoir se revendiquer « souverainiste européen » !

Puisque le LPE affirme l’identité européenne (native, civilisationnelle, ethnique) qui, comme la française, l'anglaise ou la russe, n’est pas « nationale » au sens second, d’unique et centralisée.

Par ce biais de la défense de l’identité européenne, il faut revendiquer la légitimité (certes factuelle, concept vu précédemment dans l’article sur la légitimité des provinces européennes), la souveraineté de l’Europe et des Européens, sur le plan ethnique, culturel, géopolitique et institutionnel (politique, militaire, économique).
Ces deux premières parts de la « souveraineté européenne » sont factuelles et il faut pouvoir les maintenir.

Reste la question de la souveraineté institutionnelle.Le LPE la revendique aussi.

Certes elle n’existe pas intégralement, puisqu’au sein de l’UE seules les institutions économiques (monnaie euro + banque BCE) et juridiques (CJE) existent. Mais une structure qui n’a que le corps et pas de tête n’a pas de sens !

Et c’est pourquoi le LPE, qui paraît très UE-phile aux yeux de certains, veut prendre les rênes de l’UE en se servant seulement d'elle comme d'un outil pour doter l'Europe de cette tête politique qui fait défaut et avec comme finalité un gouvernement européen, donc un État européen, avec ses ministères et ses pouvoirs régaliens et où les actuelles banque et cour de justice européennes auraient enfin tout leur sens.

Et par modification à leur tête, les stratégies idéologiques changeraient de fait, puisque la réalité d’hier n’est pas forcément celle d’aujourd’hui et la réalité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain.

On peut critiquer l’UE, à juste titre car elle ne reflète pas aujourd'hui réellement l’Europe et les Européens, mais rien ne dit qu’elle ne changera pas à l’avenir, dans un sens positif justement, où la nature de l’Europe (la nature se remarquant par son identité) serait véritablement incarnée par le LPE.

C’est pourquoi il est bon de pouvoir se revendiquer « souverainiste européen » à l’heure où le seul champ de la promotion politique européenne est incarné par les macronistes (qui sont purement dans une logique manichéenne de division) !

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

14/07/2019

La France et la Lettonie (1ère partie)

Latvia.jpgQuand les souverainistes et autres chauvino-mondialistes font face au poids de la réalité anthropologique et historique.

Possession des chevaliers prussiens de l’ordre de Livonie entre le XIIIème et le XVIème siècle, sous la couronne suédoise à partir de 1655, puis livrée à l’Empire Russe par le Traité de Nystad, pour être indépendante en novembre 1918 puis aliénée de nouveau sous le joug des Soviétiques en 1944 malgré une résistance acharnée jusqu’en 1953 et étant enfin libre et indépendante en 1991 et intégrée par la suite à l’Union Européenne en avril 2004, la Lettonie a démontré à travers son histoire sa pugnacité à résister et à rester elle-même sans jamais renier son caractère indubitablement européen et sa volonté de participer à l’idée européenne.

Depuis l’éclosion des partis ouvertement europhobes et chauvino-mondialistes tels que l’Union Populaire Républicaine avec son président François Asselineau, la montée de la démagogie et de la moquerie envers ce pays vu comme inexistant par beaucoup de français s’est fortement développée notamment dans la bouche de leurs sectateurs. La dérision exprimée par ces personnes envers la Lettonie a pour but de décrédibiliser la parenté de fait entre tous les Européens, unis par de multiples caractéristiques communes, ainsi que d'accréditer la thèse absurde exprimée par François Asselineau selon laquell les « Français sont bien plus proches des Tunisiens, des Marocains et des Maliens que des Lettons ». Dans cet article je m’efforcerais de présenter le fait que la Lettonie et la France ont bon nombre de points communs dans de multiples domaines permettant de déceler une parenté commune certaine ainsi que des codes civilisationnels incontestablement communs entre ces deux patries et les deux peuples qui la représentent et y vivent, afin d’un jour pouvoir habiter dans notre maison commune : l’Europe.

La Langue

Tout d’abord abordons le domaine de la linguistique, au premier abord; beaucoup diraient que la langue lettonne et française n’ont rien avoir entre elles et qu’aucun philologue sérieux n'a étudié ou comparé ces deux langues dans le but d’y déceler une parenté, au moins des similitudes. C'est pourtant une réponse bien naïve, en effet, car la langue lettone ainsi que la langue française sont d’abord par l’origine toutes deux des langues indo-européennes, ce qui veut dire qu’elles viennent d’une même langue commune a l’origine –le proto-indo-européen- et que les langues reposant sur cette origine ont des éléments lexicologiques, morphologiques et syntaxiques fortement semblables, ce qui est le cas pour le français et le letton bien que ces langues se trouvent ensuite dans des sous-branches, romane pour le français, balto-slave pour le letton. Ces deux langues utilisent aussi toutes deux le même alphabet qu’est l’alphabet latin, la base grammaticale est aussi la même car les deux langues sont bâties avec des phrases construites à partir de la relation sujet-verbe-objet mise à part le fait que la langue lettone ne comporte pas d’article; il en est de même pour les noms et les genres ainsi que pour la conjugaison malgré le fait qu’il y en ait que trois pour le letton. Enfin, les deux langues se développent dans les deux pays respectifs, en effet, le français est parlé par 20 800 lettons en 2010 et l’Union Européenne s’est engagée récemment au développement de l’apprentissage des langues baltiques en Europe de l’Ouest.

La Religion

Des racines jusqu’aux branches, une parenté et des similarités certaines s'expriment. La religion est un marqueur fondamental dans la reconnaissance d’une parenté commune et de caractéristiques sociologiques et religieuses semblables entre la Lettonie et la France pour exposer aux peu éclairés la réalité de la concordance -malgré des différences- du même socle anthropologique religieux commun. D’abord à l’origine par la religion cosmogonique indo-européenne qui est un moyen à l’époque des Indo-européens indivis d’expliquer la formation de l’univers et du monde. On remarque aors de fortes similitudes, par la suite, dans les moyens de pratiquer ce culte -essentiellement debout- ainsi que dans l’explication de la création entre les balto-nordiques et les gréco-romains, les balto-nordiques pensant comme les grecs notamment qu’au commencement n'existait qu'un abîme béant, le Ginnungagap rappelant le chaos primordial grec de la théogonie d’Hésiode.

Cette corrélation de l’explication de la création du monde entre les Européens eut par la suite la conséquence de faire apparaitre des cultes divers plus évolués mais semblables que sont les paganismes d’Europe. On ne peut réellement dire qu’il y a un paganisme proprement français, car les paganismes d’Europe se classent en familles selon les régions d’Europe, et donc sur le territoire actuel que nous appelons français il y eut - malgré la résurgence du paganisme dans ce pays - des paganismes. Malgré cela nous pouvons citer les nombreux rapprochements entre le paganisme celtique –paganisme gaulois majoritairement- et le paganisme letton de part déjà la mythologie notamment avec les dieux de la mythologie lituanienne Dievas dieu du ciel, du tonnerre et dieu suprême ainsi que Saulè déesse du soleil et des morts que l’on peut rapprocher des dieux de la mythologie gauloise Taranis et Belenos qui s’attribuent alors respectivement les fonctions des dieux lettons précédents, ainsi que de Lug pour la fonction de dieu suprême.

Mais ce n’est pas tout, en outre nous pouvons cité aussi Auseklis déesse de la beauté et de l’amour très utilisée dans le folklore letton et qui est semblable à la déesse Belisama, représentant la beauté, l’amour et la force féminine. Pērkons, dieu plus largement balte du tonnerre est à rapprocher aussi du Taranis gaulois. La déesse de la fertilité et de la chance qu’est Laima ainsi que le dieu Jumis accompagnée par Kārta et Dēkla peuvent être associés à Sucellos, dieu de l’agriculture et de la fertilité, connu pour être le dieu au maillet et au tonnelet. Nous ne nous attarderons pas sur l’application du schéma trifonctionnel de Georges Dumézil (1898-1986), père de la mythologie comparée, que l’on peut faire par rapport à la triade gauloise Toutatis-Taranis-Sucellos sans oublier Lug ainsi que la triade lettone Dievas-Pērkons-Jumis. Je ne m’attarderais pas non plus sur la conception de la vie après la mort ainsi que sur la place des démons dans la mythologie lettone, ceux-ci pouvant faire l’objet d’un article entier.

Cette similarité dans la pratique des cultes et de la désignation du divin continue avec l’apparition et le développement du christianisme dans les deux sociétés bien que plus tardif chez les baltes (aux environs du XIIIème siècle). Cependant l’église chrétienne majoritaire diffère, avec d’une part très majoritairement et sensiblement, l’église catholique pour la France en raison de sa proximité avec l’Eglise de Rome et la christianisation progressive, et s’accélérant après le sacre de Charlemagne en 800, bien que commencée à partir du IIème siècle notamment avec le prêcheur Irenaeus (Irénée) alors archiduc de Lugdunum, actuelle ville de Lyon. D’autres part la Lettonie connait les trois églises au sein de son pays mais avec une forte influence et place pour l’église luthérienne malgré le fait que la christianisation du territoire letton et plus généralement des territoires baltes fut faite antérieurement par l’église catholique. En effet, l’église luthérienne compte pour environ 40% des croyants malgré l’augmentation de l’athéisme –du fait de la période soviétique- et des migrations religieuses en direction de l’église orthodoxe de plus en plus nombreuses. La christianisation bien que construite de différentes façons et forgée par deux églises différentes est bien présente dans les deux pays en faisant partie intégrante de la culture et de la formation des deux sociétés.

Pour finir concernant la partie religieuse, je parlerais de la place de la laïcité dans les deux sociétés qui de manière surprenante connait une place similaire malgré des différences ainsi que le fait que les deux pays possèdent l’esprit et applique le principe du Concordat. En effet, concernant la laïcité, la France et la Lettonie l’applique toute les deux, pour la France avec la loi de 1905 ainsi qu’avec la constitutionnalisation du principe même de laïcité depuis 1946 garantissant la séparation de l’église et de l’état, la neutralité de l’état en matière religieuse, la non-rémunération par l’argent public du corps sacerdotal, la liberté d’exercer toute religion et entre autre ne pas en montrer les signes sur la voie publique. La France applique donc une laïcité stricte qui est aujourd’hui singulière de par sa radicalité.

La Lettonie elle, avec la constitution de 1922, proclame depuis une révision intervenue en 1991 la liberté religieuse et précise que l’État est séparé de l’Église. La loi sur les organisations religieuses de 1995 (modifiée en 1998 et 2002) stipule que l’État ne privilégie aucune religion et garantit la liberté religieuse pour les confessions principales. Ni la constitution, ni cette loi ne font référence au concept de religion « traditionnelle ». Cependant, nous pouvons noter quelques exceptions avec notre laïcisme français : d’abord le fait que l’Église catholique bénéficie d’un statut particulier qui résulte d’un accord conclu en 2000 (et ratifié en 2002) et de lois spéciales prises pour son application comprenant toutes sortes de privilèges sur les autres confessions, ensuite la possibilité d’un financement public des religions comprenant des subventions accordées pour la rénovation des lieux de culte; enfin la législation fiscale prévoit des exemptions (impôt sur les biens immobiliers, impôt sur les sociétés, TVA, droits de douane) pour les religions enregistrées. Les deux pays ont aussi sur leur sol un régime concordataire appliqué à certains territoires, l’Alsace et la Moselle pour la France du fait de la loi du 18 Germinal an X qui n’a pas été supprimée du fait que les deux territoires appartenaient ensuite à l’Allemagne en 1870. En Lettonie certaines municipalités appliquent un régime concordataire avec rémunération du personnel des sept religions reconnues par l’état ainsi que l’enseignement de la théologie dans les écoles encadrées par ces municipalités.

Vincent K. (Le Parti des Européens)

24/06/2019

Les styles architecturaux dans l'histoire de l'Europe

Made.jpgSi le Parti des Européens prône, dans son programme, l'instauration d'un nouveau style architectural (l'archéofuturisme ou art "néo-néo-classique"), il semble intéressant de se pencher sur cette thématique qu'est l'architecture, domaine où la civilisation européenne a exercé tous ces talents a travers les âges, inspiré les meilleurs d'entre nous et est caractéristique souvent d'époques historiques bien particulières, parfois même propres à un régime politique spécifique.

Thématique très vaste, chronologiquement très longue, on va se pencher sur différents types d'architecture ayant existé, de l'Antiquité à aujourd'hui.

En effet, durant l'Antiquité on a eu plutôt des styles architecturaux de colonnes, que ça soit chez les Grecs ou les Romains. Chez les Grecs, on avait 3 ordres, assez connus, qui risquent peut-être de rafraichir la mémoire des lecteurs :

* l'ordre dorique

Plus ancien des ordres/styles de colonnes grecs (2e moitié du -VIIe siècle), le nom a été trouvé par Vitruve (architecte romain), de Doros (fils d'Hellénos, héro des Hellènes, et ancêtre des "Doriens"). Ce style, le plus fouillé des 3 ordres grecs se remarque par ses colonnes en forme de chapiteau à échine plate ("simple", sans décors), par leur fût orné de 20 cannelures et par l'absence de base (pour le dorique grec).

* l'ordre ionique :

Nom tiré de la région antique d'Ionie (en actuelle Turquie), il constitue aussi un autre ordre important, qui est apparu vers -560 (fin de la période archaïque), se caractérisant par sa hauteur (allant jusqu'à 9 m.), par sa composition (avec un chapiteau orné de 2 volutes latérales).

* et enfin l'ordre corinthien :

Cet ordre, qui intervient en dernier dans la chronologie grecque, se remarque par une forme évasée et une décoration végétale (2 rangées de feuilles d’acanthe), où l'exemple des chapiteaux sur de l'île de Théra peut être considéré comme la forme la plus ancienne.

Après l'Antiquité, donc au Moyen-Âge, on sait que cette période fut consacrée surtout à la religion chrétienne mais l'Europe a connu divers styles d'architecture qui seront politiques (châteaux) et religieux (églises, abbayes, cathédrales, basiliques) pour l'essentiel.

Chronologiquement, après le déclin de la civilisation gréco-romaine, s'est trouvé en Europe l'art préroman (situé entre l'émergence de l'art paléochrétien et la chute de l'Empire romain d'Occident, soit pour dater la chose: entre 200 et 476). Qu'on peut même séparer en 2 parties, en raison de l'édit de Milan en 313 (qui autorisait la liberté de culte dans l'Empire) où avant cela, l'art était plutôt symbolique (donc pas matériel) et surtout caché. Après cela, l'art devenait plus "libre".

Ainsi, on y trouvait dans la Rome impériale des catacombes souterraines non seulement pour les païens, mais aussi pour pour les chrétiens et les juifs. Voir pour ça le tableau d'Alberto Pisa, "A Procession in the Catacomb of Callistus".

Comme référence architecturale en ce IVe siècle, dans ce style paléochrétien, l'église Santa Costanza (Rome), assez simple et encore loin de ressembler à ce qu'allait devenir l'architecture des édifices chrétiens, qui est une mausolée (dédiée aux sépultures de ses filles Constance d'où le nom italien et d'Hélène), empruntant un style de colonnes antiques, composée de 12 doublets de colonnes géminées en granite gris et rose, avec des chapiteaux et entablements de marbre qui supportent à eux seuls un tambour épais et une coupole massive.

Comme référence préromane, citons l'église Saint-Donat (Zadar, Croatie). Construite au IXe siècle sur les fondations d'un forum romain et actuellement désacralisée (utilisée comme salle de spectacles pour concerts de musique sacrée et médiévale), elle est de forme circulaire (typique de l'art byzantin), composée d'une salle centrale, surmontée par une galerie, entourée d'un déambulatoire circulaire et de 3 absides, avec autrefois un dôme.

Après la chute de l'Empire romain d'Occident (476), l'architecture continua d'évoluer:

- par les Mérovingiens, avec le baptistère Saint-Jean (Poitiers) et les Lombards, avec le baptistère de Saint-Calliste (Cividale del Friuli, Italie). Là aussi l'architecture mérovingienne et lombarde est assez simple, mais propre à ce que savaient faire ces peuples germaniques mais avec leurs particularités bien sûr.
- et évidemment par les Byzantins où les exemples sont légion mais pour citer deux exemples, on peut mentionner la basilique Saint-Sophie dans la cité-nouvelle de Constantin, ou encore la basilique Saint-Marc (Venise).

Cette architecture (qui se dégage par ses iconographies mosaïques, édifices très spectaculaires) constituait, jusqu'à l'empereur Justinien un prolongement de l’architecture romaine traditionnelle.

Pour prendre un exemple de plan de type byzantin, prenons celui de l’église des saints-Serge-et-Bacchus (Constantinople):

Construite sous Justinien, l'intérieur est composé de 2 colonnades élevées sur 2 étages, s’étendant sur les côtés nord, ouest et sud, alternant entre le marbre ophicalcite et le marbre de Sinada. La rangée du bas possède 16 colonnes, celle du haut en a 8.

Se développa aussi en Europe occidentale l'architecture carolingienne.

Développée entre le milieu du VIIIe et la fin du Xe siècle, avec des sources paléo-chrétiennes dans le contexte de la Renaissance carolingienne, elle marque en Occident le premier renouveau artistique dans un cadre chrétien, structuré, où le monachisme est théorisé.

Elle incarne la synthèse entre la pensée et la fonction (ordonnée) carolingienne, va inspirer la structuration du style westwerk (ou "massif occidental") carolingien, ottonien et roman.

Pour simplement prendre le plan de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle, elle était structurée de la sorte: élevée en 3 niveaux (grandes arcades, tribune, fenêtres hautes), au centre de la pièce s'y trouve un octogone d'un diamètre de 16,54 m., avec un déambulatoire hexadécagonal (polygone à 16 pans, composé de 8 travées hexagonales voûtées en arêtes). Sur le reste de la pièce, s'y trouvent des quartiers de voûtes de forme triangulaire. À l'Est était autrefois bâtie une abside rectangulaire.

L'architecture romane est née d'un "mélange" à la fois paléochrétien et germanique ; elle ne trouve ses sources que dans l'art préroman et en particulier carolingien et se développe en parallèle de l'architecture ottonienne. Cette gestation est au cœur de la tentative d'organisation germanique du VIIIe au Xe siècle par les carolingiens et les ottoniens.

Là aussi les exemples y sont légion, mais pour citer deux exemples, ceux de la Stavkirke d'Urnes (Luster, Norvège) et de la Muraille d'Ávila (Espagne).

La stavkirke ("église en bois debout", typique des pays nordique) d'Urnes (dont sa source romane est tenue par Lorentz Dietrichson, car les sources originelles sont discutées) est la plus ancienne des 28 stavkirker restant dans ce pays. Elle est faite de mats ou poteaux en bois servis pour soutenir le toit, élever la nef et élever les murs.

Plus politique cette fois-ci, on peut noter l'admirable construction de la Muraille d'Ávila, enceinte militaire romane qui entoure le noyau ancien de la cité d'Ávila.

S'étalant sur un périmètre de plus de 2 000 m. (2.516 soit 33 hectares), elle dessine un rectangle orienté est-ouest, située sur des escarpements rocheux et de la dénivellation de la vallée de la rivière Adaja bien qu'il n'y ait pas de talus ou de contreforts.

Passons à l'architecture gothique. D'origine française, développée à la fin du Moyen Âge en Europe occidentale, elle se développe surtout au nord de la Loire (Île-de-France, Haute-Picardie, et évoluera au XIXe/XXe siècle sous forme de "néo-gothique".

Prenons l'exemple de l’église Sainte-Marie (Gdansk, Pologne).Composée d'une horloge astronomique, sa hauteur intérieure mesure 30 mètres.

Rentrons maintenant dans la Renaissance. La palette artistique se développe alors à tous les niveaux, l'architecture également et pas uniquement pour un usage religieux. On peut mentionner le Palais du Recteur (Dubrovnik, Croatie), ancien siège du Recteur de la République maritime de Rague, mélangeant style gothique, "renaissance" et baroque.

On peut aussi observer le non moins intéressant palais à facettes à l'intérieur du Kremlin moscovite.

Le premier étage comprend la salle principale et le vestibule Sacré qui la jouxte. Les deux salles sont décorées par des fresques, sculptures dorées et reliefs en stuc représentant des dauphins stylisés et des vases d'inspiration vénitienne. La grande salle (salle du trône de la couronne tsariste utilisée aussi comme salle de banquets pour les impériaux) est couverte d'un plafond magnifique, large de 500 m2 sur une hauteur de 9 m.

L'architecture baroque (ou classique) apparaît au début du XVIIe en Italie mais va se diffuser assez vite dans toute l'Europe. Elle emprunte de l'architecture Renaissance en y apportant une méthode novatrice, plus rhétorique, théâtrale et ostensible, caractérisée par un usage opulent et tourmenté des matières, des jeux d'ombre, de lumière et de couleurs, dans le but de manifester le triomphe de l'Église et des Etats.

Comme exemples, on peut citer la fontaine des Quatre-Fleuves (celles-ci étant le Danube, le Gange, le Nil et le Rio de la Plata, en lien avec les navigateurs de l'époque des Grandes-Découvertes) à Rome.

Ou encore le Palais de Blenheim à Woodstock (Angleterre), composé de nombreux ornements, d'imposantes masses de pierres, portique (situé à l'entrée nord, ressemblant à un panthéon).

L'architecture romantique. A l'heure du réveil des différents peuples européens, du courant du romantisme, de ce que l'on appelle le "nationalisme", le style romantique n'échappe pas à la règle. Tel est le cas du Théâtre national de Finlande à Helsinki, de l'immeuble Tolstoï à Saint-Pétersbourg, de la cathédrale de Berlin dans un style wilhelmien (sous la couronne impériale de Guillaume-II).

Après le déclin antique grec, romain, byzantin, classique, différents ordres se sont perpétués ou renouvelés concrètement jusqu'à aujourd'hui.

Puisque l’ordre toscan est une simplification de l'ordre dorique (à ceci près qu'elles ont sept mètres de hauteur, base et fût compris avec une échine plus arrondie et un fût plus galbé) et de l’ordre composite (de création romaine mais combinant une base ionique, un fût de colonne dorique, un chapiteau ionique ou corinthien, mesurant dix mètres de haut).

Pour ce qui est de l'ordre dorique ont été construits à l'époque contemporaine: le Théâtre de Marcellus (Rome), le Lincoln Memorial (Washington D.C.) ou encore le Petit Palais (Paris). Selon l'ordre ionique, l'Altes Museum (Berlin) et le Château d'Ostankino (Moscou). Selon l'ordre corinthien (surtout à Paris) : l'Église de la Madeleine, le Panthéon et le Palais Brogniart. Selon le style "néo-byzantin": la Cathédrale Saint-Clément d'Ohrid (Skopje, Macédoine du Nord). Selon le style "Néo-Renaissance" (XIXe): le Théâtre national Tchèque (Prague), le Burgtheater (Vienne). Enfin selon le style "néo-classique" (fin XVIIIe/début XIXe): la Rotunda Santa Marija de Mosta (Malte).

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)

22:05 Publié dans Analyses, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/06/2019

Un Etat, plusieurs langues ?

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

PIE.pngPuisque le Parti des Européens propose à l’Europe, la solution d’un Etat unitaire, il n’en reste pas moins complexe d’aborder toutes les questions qui s’y poseraient en conséquence. Comme la question de la langue. Si les États-nations sont basés majoritairement sur une même langue, une langue « nationale », il n’en reste pas moins qu’il existe des contre-exemples d’États-nations reconnaissant officiellement plusieurs langues à la fois, ne constituant donc pas des « langues nationales » mais des langues dédiées à des communautés distinctes.

En Europe notamment, on trouve comme contre-exemples des États comme la Suisse, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Russie, l’Irlande et encore Malte. On pourrait même aller plus loin en évoquant d’autres territoires, non reconnus comme États, mais « pays » (au sens large) et où pourtant y sont parlées plusieurs langues. Comme les divers territoires britanniques (Écosse, Pays de Galles, île de Man, de Guernesey, Jersey, Gibraltar), la Catalogne, l’Alsace, le Pays de Bade, la Wallonie ou encore la Silésie.

En effet, prenons 3 cas : Malte, Belgique, Russie. A Malte, on y parle la langue locale, reconnue comme « nationale », le maltais (langue chamito-sémitique). Et l’anglais, langue du dernier occupant. En Belgique, cas très particulier, on n’y parle pas plus le belge (dialecte celtique) depuis l’Antiquité ce qui fait qu’il n’y a pas de « langue nationale », au sens où la langue rassemble les gens de même naissance. Il y a trois langues officielles, toutes issues des anciennes puissances frontalières ayant occupé le territoire (Royaume de France, Provinces-Unies, Saint-Empire-Romain-Germanique).

En Russie et dans de nombreux territoires (oblasts, kraïs), on y parle la langue « nationale », le russe (langue slave). Plus d’autres langues propres aux régions autonomes (pour ne citer qu’un exemple, l’ingouche pour l’Ingouchie), tirant des souches non indo-européennes, qu’elles soient caucasiennes (adyguéen, kabarde, ingouche, tchétchène), altaïques (bouriate, kalmouk, bachkir, iakoute, tatar, touvain, khakasse, tchouvache, altaïen), ouraliennes (komi, mari, oudmourte) ou finno-ougriens (vote, vepse). Seule la langue ossète, composante du groupe iranien est parlée en Ossétie du Nord, région rattachée à la Fédération.

Pour revenir au thème principal, oui il est possible d’avoir plusieurs langues officielles, car il ne s’agit que de cela, dans un Etat. Pour la « cohésion nationale » est-ce que cela remet en cause les principes de l’Etat-nation, du bien commun et d’entente d’une même société ? Non. Le problème de la Suisse et de la Belgique n’est pas la répartition entre trois communautés européennes. Le problème de la Russie, État disparate sur le plan ethnolinguistique, est plutôt lié aux valeurs qui y sont véhiculées notamment par des gens comme le tchétchène Ramzan Kadyrov.

Alors quelle(s) langue(s) officielle(s) pour l’Europe de demain? Certains germanophobes vous répondront l’allemand. Certains anglophobes vous répondront l’anglais. Le latin était un choix de proposition de Gérard Dussouy, en y faisant mention dans son ouvrage « Fonder un Etat européen » parut en 2013, « langue de la civilisation européenne par excellence […] longtemps pratiquée par toutes les populations éduquées d’Europe » (voir l’interview de Thomas Ferrier le 2 juin 2013). L’ « europaiom » (proto-indo-européen modernisé) est une des pistes d’ouverture à étudier. Le Parti des Européens a un avis sur cela : les langues les plus parlées par les Européens devront être reconnues et praticables sur l’ensemble du territoire (sans être un chiffre conséquent ni exhaustif) : 7. Soit l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le russe et le polonais, soit deux langues germaniques, trois langues romanes, deux langues slaves. Plus les langues régionales, propres aux régions (le dialecte navarrais, badois, mannois, vénitien, etc…).

Eugène Guyenne (Le Parti des Européens)