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11/12/2016

Echec de Norbert Hofer, suicide de Matteo Renzi.

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Les raisons de l’échec d’Hofer.

Hofer.jpgNorbert Hofer, candidat du FPÖ, a finalement échoué à devenir le nouveau président de l’Autriche face à son adversaire, l’écologiste Alexander Van der Bellen, avec 46,5% des voix seulement, alors qu’il n’avait été battu que de justesse au second tour précédent, invalidé en outre en raison d’un vote par correspondance douteux, en faveur de son concurrent.

Il n’est pas parvenu à mobiliser son camp, alors même que ce second tour avait été à nouveau décalé, permettant à ses adversaires, non seulement le vainqueur mais tous ceux, de droite et de gauche, qui soutenaient l’opposant au FPÖ, de s’organiser et de travailler l’électorat de droite (ÖVP) afin que ce dernier ne soit pas tenté par un vote plus à droite. Van der Bellen a d’ailleurs largement recentré son discours, pour éviter cette fuite électorale, en évitant notamment de se définir en faveur de l’accueil des migrants. Il a surtout attaqué Hofer sur ses positions européennes.

Bien que Norbert Hofer ait considérablement reculé sur l’euroscepticisme, se disant désormais favorable à l’Union Européenne et à l’euro, et prônant sagement la mise en place de frontières, non pas autour de l’Autriche, mais autour de l’Europe, cela n’a pas suffi à rassurer l’électorat. Il est vrai que le FPÖ tient un discours eurosceptique depuis de nombreuses années, à l’instar de l’ancien dirigeant Jörg Haider comme de l’actuel Hans-Christian Strache, et qu’il est donc difficile de croire à un tel retournement de veste.

Si 56% des hommes ont voté Hofer, seulement 38% des femmes ont fait ce choix. C’est sans doute la clé de son échec, car l’électorat féminin a fait basculer l’élection. Ce maillon faible s’explique par un plus grand conservatisme, la peur de l’image que donnerait l’Autriche en se dotant du premier président populiste depuis 1945 en Europe occidentale. Il faut se souvenir déjà en 2000 du matraquage anti-FPÖ, alors que ce dernier avec 27% des voix – il est à 37% dans certains sondages en 2016 – avait accepté de faire partie d’une coalition de droite. Nombreux dirigeants de l’Union Européenne parlaient alors de sanctionner ce pays.

Le passé national-socialiste de l’Autriche, qui fut le berceau de cette idéologie, est évidemment très présent, même si l’Autriche a réussi à se présenter en 1945 comme une victime de son grand voisin. Le courant national-allemand que représentait le FPÖ a été considérablement étouffé au sein de ce parti. Le FPÖ sous l’impulsion de Strache, qui a rompu avec tout extrémisme, expulsant du parti l’historique Andreas Mölzer suite à une provocation dialectique au parlement européen, et qui a fait un pèlerinage en Israël, ne veut plus porter la tunique de Nessus de la diabolisation et être victime d’un cordon sanitaire à son endroit.

Néanmoins, une rescapée des camps de la mort, Gertrude, a dénoncé dans une vidéo vue par 1,2 million de personnes, le risque d’une présidence Hofer et invité les Autrichiens à la prudence. Les Autrichiennes semblent avoir entendu son appel, alors pourtant que comparaison n’est pas raison, et que le FPÖ n’est pas, ou n’est plus, un parti lié implicitement ou explicitement à ce passé. La dédiabolisation accomplie version autrichienne est encore loin.

Le désastre Matteo Renzi.

Matteo Renzi, président du conseil italien, a été sérieusement battu lors d’un référendum institutionnel organisé dimanche dernier. 59% des Italiens, avec une participation d’environ 68% d’entre eux, ont dit non à son projet de refonte du sénat et des provinces. L’erreur majeure de Renzi aura été de mettre sa tête en jeu en annonçant qu’il démissionnerait de ses fonctions en cas d’échec. Cela rappelle étrangement la stratégie suicidaire de David Cameron au Royaume-Uni. Et le voilà donc contraint à la démission, étant ainsi un facteur d’instabilité dans un pays économiquement en difficulté, mais quel pays d’Europe ne l’est pas, l’Allemagne seule connaissant une indécente prospérité économique tout en se suicidant identitairement, refusant ainsi d’assumer un quelconque destin européen, Merkel préférant être à la remorque des USA et des institutions mondialistes.

Les raisons de l’échec sont assez évidentes. C’est bien le rejet de la personne même de Matteo Renzi, idole médiatique artificielle admirée par toutes les gauches européennes. L’Italie se réveille en crise face à un chef de l’état qui n’est évidemment pas à la hauteur des enjeux. Avec tous ces défauts, et ils étaient nombreux, Berlusconi savait néanmoins tenir son rang.

Désormais, l’Italie se prépare à un avenir politique incertain. La Ligue du Nord pourrait demain coaliser autour d’elle la droite entière, à savoir les vestiges de Forza Italia mais aussi les autres formations de droite nationale, comme Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni. De son côté, le Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo, qui n’a aucun programme digne de ce nom, et qui s’apparente ainsi au premier fascisme de 1919 ou bien au qualunquisme de 1946, pèse près de 30% de l’électorat. Cette formation attrape-tout, dont les positions gauchistes ou nationales alternent selon l’interlocuteur, Beppe Grillo étant tout sauf cohérent, peut néanmoins réussir. Elle a adopté une ligne anti-européenne et Grillo annonce même, en cas de victoire, un référendum en vue de quitter l’Union Européenne.

Autant dire que Renzi a ouvert la boîte de Pandore en voulant réformer des institutions dans un sens populicide et anti-identitaire, exactement comme la réforme des régions qui en France, si elle avait été proposée par référendum, aurait connu un enterrement de première classe. Cela pose d’ailleurs la question de l’usage ou plutôt du mésusage du référendum, celui-ci étant détourné de sa vocation première pour servir les intérêts politiques du moment, et n’étant surtout jamais convoqué sur les questions importantes. Il faudrait plusieurs référendums chaque année, et sur des sujets essentiels, pour que cette pratique permette enfin au peuple de répondre à la question posée en conscience, indépendamment du dirigeant politique en place. La Suisse, où la personnification du pouvoir est fort réduite, nous montre la bonne voie à suivre.

Renzi, comme Cameron avant lui, aura été puni non parce qu’il aura été démocrate, comme le nom de son parti pourrait le laisser croire, mais parce qu’il ne l’est qu’en surface, incapable d’expliquer pourquoi sa réforme serait la bonne, incapable surtout d’en convaincre son peuple. Mauvais texte, mauvais résultat.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

23/05/2016

Défaite sur le fil du candidat FPÖ Norbert Hofer. Les raisons d’un échec

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Les résultats.

Avec 49.7% des voix contre 50.3% pour l’écologiste Alexander Van der Bellen, Norbert Hofer (FPÖ) a échoué de peu aux élections présidentielles autrichiennes, alors que tout indiquait qu’il serait élu avec une certaine avance. Il est victime notamment du vote des électeurs par correspondance, ceux-ci ayant donné 61.7% des voix à Van der Bellen contre 38.3% à Hofer. Par ailleurs, 40% seulement des femmes autrichiennes ont donné leur voix au candidat FPÖ.

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La victoire de Van der Bellen s’explique par un excellent report de voix venus de tous les partis, et notamment de près de 50% des électeurs de droite (ÖVP) et une plus grande mobilisation des abstentionnistes. Dans ces conditions, malgré une progression de 14.6 points entre les deux tours, Hofer échoue, certes de peu.

Le nouvel élu, particulièrement fade et pourtant sans relais sur le terrain, a bénéficié d’abord d’un vote de rejet (47% de ses électeurs ont voté pour lui par crainte du FPÖ) et ensuite d’un vote systémique, par l’effet anxiogène des pressions internationales et de la propagande médiatique. En effet, aucune célébrité ou presque n’a apporté un soutien public au FPÖ, même s’il n’y a pas eu de campagne diabolisatrice analogue à 2002 en France.

Les raisons profondes.

norbert hofer,défaite,fpÖ,van der bellen,autricheIl y a des raisons plus profondes à cet échec et celles-ci dépassent le cadre national de cette élection et existe dans les autres pays d’Europe. Ce phénomène touche aussi bien le FN que l’AFD. Les femmes, électorat plutôt conservateur par nature, ce pourquoi la France républicaine avait tant rechigné à leur accorder le droit de vote, et les retraités, sont en effet rétifs au discours de « repli » que peut incarner à sa manière le FPÖ. Enfin, il ne faudrait pas oublier le poids croissant des minorités d'importation, le candidat Van der Bellen ayant même proposé des affiches en allemand et turc.

Même si ce dernier sur les questions européennes est beaucoup plus mesuré que son partenaire français de Strasbourg (FN), il suscite une crainte d’ordre irrationnel encouragée par les media. Le discours anti-€ et anti-UE fait peur à ceux qui réussissent socialement ou se sentent protégés par des « acquis sociaux ». Si 86% des ouvriers ont voté FPÖ, très peu de cadres ont en revanche fait ce choix.

Le FPÖ est nazifié dans la presse internationale, alors que rien ne le justifie objectivement. Il n’a pas été plus composé d’anciens nazis que l’ÖVP ou le SPÖ et Kurt Waldheim n’était pas non plus un FPÖ. Si le FDP allemand, qui avait connu au départ une évolution semblable, est sur une ligne très différente, ce n’était pas le cas dans les années 60. Schönhuber lui-même était un ancien membre des sociaux-démocrates (SPD).

Enfin, le programme de Hofer était ambitieux et a froissé les conservateurs de tous poils. Il voulait donner à la fonction de président autrichien la plénitude de ses droits. Il était prêt à s’opposer aux quota de migrants à Bruxelles ou à l’adhésion de la Turquie. Cela a pu aussi alimenter les craintes de nombreux électeurs. Ils ont préféré un président potiche, comme ses prédecesseurs, et ce sera en effet le cas.

norbert hofer,défaite,fpÖ,van der bellen,autricheL’idée d’un président FPÖ avec un chancelier FPÖ (Strache) sponsorisé par lui, représentant un cumul potentiel de pouvoirs, a effrayé certains au moment du vote. Pourtant cette crainte relève du fantasme. Les véritables dangers sont de nature identitaire et à défaut d’y parer efficacement, le FPÖ aurait au moins pu limiter la casse et décourager des réfugiés potentiels de faire halte en Autriche.

Les enseignements de cette élection, comme ceux du second tour des élections régionales en France, c’est qu’un programme anti-européen est anxiogène, que l’idée d’un « repli » crée une peur économique, mais que malgré tout la crise identitaire amène presque un électeur sur deux à soutenir le FPÖ en Autriche.

Une force politique qui associerait résistance identitaire et cadre européen d’action serait invulnérable, sous réserve de réussir à créer les conditions d’émergence requises.

Le FPÖ ne doit donc pas écouter les sirènes du « marinisme » et doit au contraire jouer une partition mesurée associant identité autrichienne et identité européenne. Ce sont là les clés de son éventuel succès futur. Et c’est ainsi qu’il sera aussi utile à tous les autres Européens, afin de lancer le signal de la reconquête, et au lieu d’un repli national sur des conceptions frileuses, bâtir les assises de la Grande Europe.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

29/09/2013

"Victoire" à la Pyrrhus de la grande coalition en Autriche

carte-autriche.jpgUne semaine après les électeurs allemands, les électeurs autrichiens devaient se prononcer ce dimanche pour renouveler les 183 sièges de député de leur parlement. Et une fois de plus, les sondages de fin de campagne se sont révélés très proches du résultat final.

Les populistes eurosceptiques réussissent un score sans précédent avec près de 30,8% des suffrages, ce qui est largement supérieur au score du parti vainqueur, le SPÖ (sociaux-démocrates), qui n’obtient que 27,1% (-2,2%, - 4 sièges), mais ils sont divisés en trois mouvements, à savoir le FPÖ de Hans-Christian Strache, le BZÖ fondé par feu Jörg Haider et un nouveau venu piloté par le milliardaire Frank Stronach.

Le FPÖ, réconcilié avec sa branche carinthienne du FPK, réussit avec 21,4% des voix un score très positif, progressant de 3,9 points et obtenant 42 sièges (+8). On est toutefois loin de sondages de 2012 mettant le FPÖ en deuxième position face à la SPÖ. On est également loin du score d’Haider en 2000 (27%). L’avenir néanmoins semble rose pour ce parti, car son frère ennemi, le BZÖ de Buchner, sombre avec 3,6% des voix seulement (- 7.1%) et perd toute représentation parlementaire. Il a été notamment victime d’un basculement de certains de ses électeurs vers le FPÖ mais surtout vers la liste de Stronach. Avec 5,8% des voix, ce dernier obtient pour son parti 11 sièges, mais son score est très inférieur à ce que certains sondages lui prédisaient il y a plusieurs semaines. La droite nationale se contentera donc de 53 sièges, soit autant que le SPÖ.

Néanmoins, la chute de Stronach et la disparition du BZÖ offrent à terme à Strache la perspective de rassembler par la suite sous son égide l’ensemble du « camp national ». Malgré un bon résultat, mais qui n’est pas non plus remarquable, la défaite du BZÖ et de Stronach, défaite relative dans son dernier cas, doit lui faire plaisir.

Le SPÖ n’est pas le seul à reculer, puisque les conservateurs de l’ÖVP sont également sanctionnés, n’obtenant que 23,8% des voix et 46 sièges (- 2,2%, - 5 sièges). C’est la sanction logique d’une grande coalition, même si « gauche » et droite réunis obtiennent réunis le plus mauvais score de l’après-guerre.

D’autres formations ont en effet profité du désaveu par une partie de l’électorat du gouvernement sortant. Les Verts (Grüne) avec 11,5% (+ 1%) et 22 sièges (+2) obtiennent un résultat honorable et une légère progression, mais moindre par rapport à ce que présidaient certains sondages qui les voyaient à 14 et même à 15%. En revanche, un nouveau venu, le NEOS, mouvement libéral et pro-européen, semble avoir réussi à tirer sa carte du jeu. Avec 4,8% des voix, le NEOS obtient neuf sièges. C’est un très bon résultat pour une formation récente. En Autriche, dépasser les 4% donne des sièges, ce qui n’est pas le cas chez le voisin allemand, l’AfD ayant ainsi été exclue tout comme le FDP pour ne pas avoir atteint 5%.

Pour les petits partis, les résultats sont conformes aux habitudes. Le KPÖ avec 1% des voix progresse très modestement (+0,2%), le CPÖ (chrétiens) régresse et tombe à 0,1% (-0,5% par rapport à 2008), ce qui annonce la fin probable de leur existence politique. Les Piraten, avec 0,8% des voix, échouent tout comme leurs homologues allemands. Les électeurs autrichiens sont restés sages. Notons toutefois que le parti des Pirates est de fait le premier mouvement transnational, même si ses résultats sont très modestes.

La (future) grande coalition, inévitable au vu des résultats, se dessine avec un SPÖ toujours dominant son partenaire. Avec 99 sièges sur 183, l’union SPÖ/ÖVP est majoritaire et pourrait proposer de s’ouvrir aux Verts et à NEOS. Le FPÖ restera aux portes du pouvoir, en sachant qu’en plus une union avec l’ÖVP n’aurait pas permis de dégager une majorité parlementaire. Sur le papier, toutefois, une union ÖVP/FPÖ/Stronach est pensable, mais l’ÖVP a fait le choix du refus de toute coalition de droite. Strache inquiète davantage qu’Haider, notamment en raison de sa ligne eurosceptique et de sa volonté de travailler avec Marine Le Pen et Geert Wilders.

Thomas FERRIER (PSUNE)

14/02/2010

Strache entre russophilie et europhobie

Le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, déclare que la neutralité de l’Autriche est menacée par la bureaucratie de l’Union européenne. « Nous ne voulons pas devenir le membre d’un bloc militaire. Nous sommes très opposés au développement politique actuel de l’Union européenne. Je considère la Russie comme étant géographiquement une partie de l’Europe. »

Heinz-Christian Strache s’est félicité de l’intervention russe lors du conflit géorgien et a déclaré « Je me réjouis que nous puissions construire une amitié avec les représentants russes. »

SOURCE (Forum du PSUNE)

Il faut que l'UE devienne un bloc militaire... européen, mais pas otanesque. Strache en europhobe est incapable de penser l'Europe comme un tout unitaire politique, avec une armée européenne par exemple ! Thomas Ferrier.