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28/05/2012

Sauvons l’Hellade ou Thermopylae 2012.

mercury.jpgLa Grèce doit-elle se retrouver seule et démunie face à cet empire menaçant qui est la finance internationale, face à une agression économique dont les Etats-Unis d’Amérique sont, par le biais des agences internationales, c’est-à-dire américaines, de notation, qui font depuis des mois la pluie et le beau temps, le chef d’orchestre, afin de fragiliser l’Europe toute entière en s’en prenant à ses maillons les plus faibles (Irlande, Grèce et Portugal) ? L’Union Européenne doit-elle s’attendre à connaître le sort de la petite bien que courageuse Islande ? La question dépasse et de loin le seul € puisque le Royaume-Uni a annoncé il y a quelques jours qu’il était à nouveau en récession. La crise des dettes souveraines, qui se résume en fait aux dettes contractées par les Etats européens auprès de puissances extra-européennes, Chine en tête, est cependant en train de déstabiliser l’économie de la zone € et par extension de l’Europe toute entière. L’ancien président Boris Tadic paye ainsi un bilan économique désastreux, qui n’a pas pu être compensé par la promesse d’une adhésion future à l’Union Européenne, au profit de son éternel adversaire, le post-nationaliste Tomislav Nikolic. Et de même, tous les gouvernements sortants sont les uns après les autres sanctionnés. La défaite de Nicolas Sarkozy en France, les sondages médiocres en faveur des conservateurs britanniques ou la coalition CDU/CSU/FDP outre-rhin, l’illustrent remarquablement.

De nombreux dirigeants, dont le nouveau président François Hollande, ont dû reconnaître que des plans d’exclusion de la Grèce de la zone euro étaient à l’étude. Cette perspective, contraire d’ailleurs aux traités communautaires en exercice qui ne prévoient pas de retrait forcé de cette zone, déclencherait de toute évidence un effet domino, le Portugal et l’Espagne étant alors immédiatement attaqués à leur tour. L’euro n’y survivrait pas et probablement ce semblant d’Europe politique en gestation qu’on appelle Union Européenne. Les souverainistes, ennemis de toute Europe politique, pourraient se réjouir d’une telle perspective, même si le coût humain pour les européens serait terrible, ce qui prouve bien qu’aux yeux des souverainistes, le sort de leur peuple n’est pas important par rapport à leurs lubies nationalitaires, meilleures alliées des USA. Un véritable européen, attaché à défendre les intérêts de son peuple, même celui opposé à l’origine à la mise en place de l’€ en l’absence d’Europe politique, devrait naturellement prendre la défense de l’euro contre cette agression dissimulée contre les Européens.

Les véritables européistes que nous sommes, à rebours des égoïsmes nationaux stériles, mais aussi des délires mondialistes dont Mme Lagarde nous a donnés ce week-end quelques exemples, ne peuvent que prendre la défense de la Grèce, et telle l’alliance antique entre Sparte et Athènes contre les appétits du grand roi, exprimer leur solidarité de combat à l’égard de ces Européens que le serpent financier veut prendre à la gorge. Bien sûr, les dirigeants grecs, PASOK ou ND, ont menti aussi bien à leur peuple qu’à leurs partenaires européens, même si ces derniers le savaient pertinemment et ont laissé faire, mais ce n’est pas une raison pour que les Grecs subissent une régression sociale dans tous les domaines comme aujourd’hui. Certes l’aide venant des autres Européens doit être conditionnée à des réformes structurelles en profondeur, mais par une mise en place progressive, équitable et humaine. Et on voit bien que l’Etat grec en est incapable.

Il faudrait donc clairement le mettre sous tutelle, mettant fin à sa souveraineté nationale, sans pour autant remettre en cause les principes de la démocratie. Il n’y a qu’une seule possibilité de le faire, c’est que rapidement se crée un Etat européen, mettant la dette vis-à-vis des pays extra-européens en commun afin de la renégocier au plus haut niveau et un principe de convergence en matière de dépenses publiques. Il serait par exemple interdit d’embaucher de nouveaux fonctionnaires, exit alors le projet d’Hollande de recruter 60.000 enseignants supplémentaires, de financer l’immigration clandestine par des aides sociales, et de mettre fin à différentes situations d’assistanat abusif, particulièrement intolérable en période de crise. Dans le cas grec, il n’est pas normal, et sur ce point Jean-Luc Mélenchon a raison, que les armateurs grecs et l’église orthodoxe ne contribuent pas de manière significative à renflouer les caisses de l’Etat, plutôt que ne faire porter les efforts que sur l’homme du peuple (uomo qualunque en italien), au prix d’insupportables sacrifices.

Lorsque Wolfgang Schaüble propose l’élection d’un président européen au suffrage universel, proposition qui était celle de François Bayrou lors des élections présidentielles, nous lui rétorquerons qu’un président sans pouvoir, même élu au suffrage universel, n’est qu’un pantin, et qu’il faut bâtir une véritable Europe politique, qui ne se limitera pas à un président, mais qui aura l’ensemble des pouvoirs et des caractéristiques d’un Etat souverain. Cela veut dire assemblée européenne, cela veut dire armée européenne, cela veut dire budget européen. Et c’est ainsi que nous sauverons la Grèce et que nous sauverons l’Europe.

Au cœur de ce désastre, et de ce drame humain, les déclarations récentes de Mme Lagarde ont mis de l’huile sur le feu, alors que les Grecs vont voter à nouveau le 17 juin. Et pourtant, Mélenchon et Tsirpas n’ont aucune raison de la critiquer, puisqu’elle n’a fait qu’énoncer à haute voix l’idéologie mondialiste. Et selon cette dernière, indéniablement, le sort des enfants grecs est meilleur que celui des enfants nigériens. Ce n’est donc pas Christine Lagarde qu’il faut critiquer, car elle sert un système dont elle n’est qu’une des représentantes, mais c’est sa fonction qu’il faut dénoncer, et c’est l’organisation qui l’emploie. Or Jean-Luc Mélenchon n’est-il pas un alter-mondialiste, c’est-à-dire un mondialiste, donc un partisan d’organisations internationales sans légitimité démocratique ? Et ne préfère-t-il pas le travailleur immigré clandestin à un ouvrier français et/ou européen qui aurait le tort de critiquer l’immigration ? Quant à François Bayrou, sa réaction est parfaitement légitime et adaptée à la situation, à savoir que ce n’est pas acceptable de s’attaquer à un peuple tout entier, première victime après tout de ses gouvernements. Et de toute façon, Christine Lagarde aurait dû faire passer les intérêts de l’Europe et des Européens avant toute chose. Un européiste authentique n’aurait de toute façon jamais accepté de faire partie d’une organisation europhobe par sa nature même.

Tout cela démontre qu’en définitive le salut de l’Europe passe notamment par la remise en question de l’existence même d’organisations comme le FMI. D’ailleurs, dans la crise grecque, il n’était pas acceptable que le FMI s’en mêle, le problème devant être traité et réglé entre européens. En revanche, quand la Russie manifeste son inquiétude, elle est dans son rôle, car elle exprime sa solidarité européenne naturelle. Il faudrait d’ailleurs l’associer aux travaux en vue de sauver l’euro et de remédier au drame hellène, alors qu’en revanche aucune leçon ne devrait être admise de la part du voisin atlantique qui, en matière de déficit public, est en situation bien plus problématique que la notre, mais qui bénéficie d’un poids diplomatique sans commune mesure d’avec celui d’une Europe apolitique divisée en 27 états souverains.

Bien sûr, Christine Lagarde a fait preuve en la matière d’incompétence, car son propos était inutilement vexatoire et qui plus est perturbant à quinze jours d’une élection législative cruciale en Grèce, et aussi de déloyauté vis-à-vis d’une Europe à laquelle elle doit tout, son corps et son âme, et aussi sa fonction actuelle. Elle préfère défendre l’idéologie mondialiste, dont sa fonction au FMI est le symbole, que sa patrie. Et c’est en ce sens et en ce sens seulement qu’elle devrait démissionner. Parce qu’un européen doit être au service de l’Europe et d’elle seule, et ne faire preuve d’aucune allégeance envers un « machin ».

Sauver la Grèce, et l’Europe avec elle, ce n’est certes pas mentir aux citoyens grecs en leur promettant des lendemains qui chantent, le beurre et l’argent du beurre, comme le fait Alexis Tsirpas en Grèce (Syriza), l’€ sans la rigueur, mais écouter leur souffrance et leur apporter de vraies solutions. Ce n’est possible que si l’Europe politique, l’Europe souveraine, voie enfin le jour, même si elle doit s’établir sur la disparition totale des souverainetés nationales et l’ostracisme de toute la classe politique « européenne » actuelle. Et par ailleurs, il est possible en Europe de réduire les dépenses budgétaires sans que cela ne porte préjudice au portefeuille des citoyens. Or les Etats dépensent l’argent public au service d’intérêts qui ne sont pas les nôtres. On demande aux Grecs de rembourser jusqu’au dernier euro, mais on annule les dettes colossales des pays africains et on vend des pans entiers de notre économie à la Chine ou au Qatar, ou on finance l’état palestinien à perte. L’argent des travailleurs européens ? Pour les Européens !

L’Europe politique devient de plus en plus urgente. Elle ne naîtra pas avec un Hollande ou une Merkel aux affaires. Et ce n’est pas la croissance artificielle par la consommation, relancée par de nouveaux déficits, ni la rigueur extrême prônée par la chancelière allemande, qui nous sortiront du gouffre.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

08/05/2012

Bilan des élections présidentielles 2012 (conclusion).

 
La véritable alternative…
 
par Thomas FERRIER, 08/05/2012

thomas ferrier,psune,élections présidentielles 2012,consignes de voteCertains camarades se sont étonnés que le PSUNE, que je représente, n’ait pas pris position pendant ces élections. C’est l’heure de m’en expliquer. En premier lieu, nous n’avons rien à attendre en positif d’une élection présidentielle. Sur ce seul point, je partage l’avis des souverainistes, à savoir que le président français n’est plus que le gouverneur d’une province. Mais cela n’est pas tant dû à l’Union Européenne qu’au fait que la France seule n’a aucun moyen de se faire entendre à moins de disposer du soutien de ses partenaires. La France n’a plus les moyens de ses ambitions, et ce même si François Hollande affirme, par une sorte de chauvinisme très mal à propos, que la France n’est pas n’importe quel pays, qu’il y a un rêve français universel, et que les valeurs de la république ont vocation à s’étendre au monde entier. Idée funeste, responsable de toutes les colonisations et de tous les échecs, idée folle dont on paye aujourd’hui tous les jours les conséquences.

Il faudrait constitutionnaliser le principe que « la France est un pays européen », un pays comme les autres, ni meilleur ni pire, et dont l’avenir passe par l’émergence d’une Europe puissante, sociale et surtout vraiment européenne. Le PS incarne, même si en paroles il se proclame pro-européen, dans ses positions politiques même, l’Anti-Europe. Il est en ce sens le meilleur allié des souverainistes. Et aussi détestable soit la politique de la CDU de Merkel, cette dernière représente malgré tout l’Europe.

C’est en bâtissant une véritable Europe unitaire, plus ou moins fédérale, que le salut viendra. Aucun des candidats de cette élection n’a compris l’Europe, même si Sarkozy fut sans doute, et de fait, le moins anti-européen des candidats. Quand la caricature du Monde le présente en train de discuter avec Marine Le Pen, il oppose à sa préférence nationale une préférence européenne, le « buy european act ». Et il souhaite réformer Schengen pour que les frontières de l’Europe soient bien gardées, ce que tout véritable européen devrait souhaiter. On voit actuellement en Grèce avec le rejet de l’immigration extra-européenne, matérialisé par les 7% obtenus par un parti extrémiste, ce qu’il en coûte de nier la réalité des problèmes.

En second lieu, je ne souhaitais pas que le parti soit impacté par cette élection. En notre sein, chacun peut avoir des opinions différentes, même si nous avons tous un objectif commun, et il ne me semblait pas opportun de nous diviser là où il n’y a pas pour nous d’enjeu. Il allait naturellement de soi qu’on ne pouvait cautionner ni le discours europhobe de Marine Le Pen, ni la démagogie « antifasciste » de Jean-Luc Mélenchon. Bayrou par son « Achetons français » avait prouvé qu’il n’était européiste que de façade. De toute façon, son obsession présidentielle passe clairement chez lui avant l’enjeu européen. Le PSUNE toutefois, mouvement au sens fort républicain, ne pouvait pas en revanche appeler à l’abstention. Le choix ne pouvait donc être qu’entre le vote blanc, vote de conviction, et le vote Sarkozy, vote stratégique destiné à choisir le moindre mal pour empêcher un mal plus grand encore. Car, en tant que socialiste européen, j’ai honte de ce que la « gauche » est devenue depuis des décennies. Je préfère l’adversaire qui ne se cache pas que le faux ami qui, prétendant faire mon bien, n’a fait que mon malheur.

En Europe, nous avons une tâche immense à accomplir. Refonder la gauche sur ses vraies valeurs, à savoir la défense de l’européanité en même temps que des travailleurs de notre peuple (européen). Rejeter le libertarisme, volet moral du libéralisme économique. Rejeter les communautarismes, les individualismes, au nom de l’intérêt général, ce qui est cela « être républicain ». Tous se disent « républicains », mais aucun ne l’est dans les faits. Les politiciens restent dans les querelles de clocher, se disputent sur la couleur du mur, mais l’intérêt de tous les français, de tous les européens, passe après. Le FN contribue à l’élection de Hollande parce qu’il préfère l’intérêt du parti à l’intérêt de la France. Le PS soutient l’immigration parce qu’elle y puise un nouvel électorat, au détriment de l’intérêt de la France (et pour le PSE, de l’Europe), alors que c’est une mesure anti-sociale par excellence. Aucun socialiste authentique ne pourrait être favorable à l’immigration de travail, qui pèse sur les salaires et qui est insupportable en période de fort chômage.

L’Europe sera socialiste ou ne sera pas, mais l’Europe sera européenne ou ne sera plus, et avant d’être socialiste, avant d’être républicain, je suis d’abord et avant tout un européen, au service de tous mes compatriotes, solidaire avec eux car tous frères nés d’un même sang ! Et en tant qu’européen, sans avoir la moindre complaisance pour le président sortant, je me suis senti ce dimanche soir comme Juvénal face à la décadence de Rome. Parce que, derrière Sarkozy, ce représentant de la droite libérale et conservatrice dont je combats au plus profond de mon cœur l’idéologie, il y avait l’Europe. Et parce que, derrière Hollande, même si le nouveau président me paraît un homme honnête et sympathique, ce n’était pas l’Europe. On ne choisit sans doute pas ses alliés, et sans eux Hollande aurait perdu ce dimanche. Mais être républicain, c’est choisir de perdre au nom de l’intérêt général plutôt que de gagner au détriment de celui-ci.

Et la France a perdu quelque chose ce 6 mai 2012.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

Bilan des élections présidentielles 2012 (2ère partie).

sarko.jpgLes raisons profondes de l’échec de Sarkozy.

Nicolas Sarkozy paye dans cette défaite les nombreuses erreurs commises pendant sa présidence de cinq années, et on pourra noter en premier lieu qu’il est le premier président du quinquennat, car Jacques Chirac a été douze années aux affaires. Or ce format ne semble pas permettre, du moins en France, de prendre la pleine mesure du poste présidentiel. C’est au moment où Sarkozy semblait dominer sa fonction qu’il en est privé par la volonté du peuple. Et la raison principale ne tient pas tant à la politique qu’il a menée, dont par comparaison avec les voisins européens, on peut affirmer qu’elle n’a pas été si calamiteuse, qu’aux symboles envoyés, ceux là même qui ont coûté cher à Giscard d’Estaing en 1981.

A tort ou à raison, Nicolas Sarkozy est apparu comme le représentant des riches et des puissants. La soirée au Fouquet’s, que l’électorat pardonnait aisément à Mitterrand par exemple, et le yacht de Bolloré, ont confirmé cette image. Ce que l’opinion bien pensante accepte de représentants de la gauche (Tapie, Strauss-Kahn… etc), alors qu’elle est bien plus choquante de leur part, ne passe pas lorsque ce sont des représentants de la droite qui font de même. L’affaire Bettencourt a renforcé ce sentiment irrationnel, que la « gauche » a su exploiter en dénonçant un président « bling bling », passant sous silence la fameuse « gauche caviar ». La hausse de la TVA dite sociale, et bien d’autres mesures, comme l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite, sont apparues comme punitives pour le peuple alors que les riches en auraient été prétendument exonérés. Or Nicolas Sarkozy a agi d’abord par pragmatisme, car surtaxer les riches est le meilleur moyen d’encourager leur expatriation, et le fait qu’alors ils ne paieront plus d’impôts du tout en France, ce qui nécessiterait qu’on augmente les impôts pour les classes moyennes, et dans un contexte économique de rigueur budgétaire.

Aucun patron n’a soutenu François Hollande ? Les stars du showbiz français, les riches chanteurs (comme Yannick Noah), les acteurs fortunés, ont-ils soutenu Nicolas Sarkozy ? Ils ont préféré son adversaire. D’ailleurs, dans cette élection, les amis de Sarkozy ont été très discrets, à l’instar de Johnny Hallyday. Mais il avait été répété que Sarkozy était le candidat des riches, et c’est ce qu’il paye aujourd’hui. Son image étant très dépréciée, les sondages d’opinion l’ayant maintenu au plus bas pendant presque tout son mandat, il n’a jamais pu inverser la tendance. Par ailleurs, le pouvoir a semblé l’user prématurément, lui faisant perdre rapidement de sa superbe. Enfin, le choix de sa nouvelle épouse semble avoir contribué négativement à cette image. Comme si, à l’instar de Napoléon, passer de Joséphine à Marie-Louise avait été considérablement défavorable. Or, que dire de DSK, celui qui était pressenti avant l’affaire Diallo comme futur président « socialiste » de la France, qui était marié avec la richissime et médiatique Anne Sinclair. Et que dire de François Hollande, vivant avec une journaliste de presse écrite.

Il est vrai que Nicolas Sarkozy n’a pas eu l’hypocrisie d’un François Mitterrand ou d’un Jacques Chirac, conservant bien sagement leur épouse pour des raisons médiatiques. Et on se souvient de l’acharnement de Mitterrand à taire l’existence de sa fille Mazarine, et de sa double vie. Il a divorcé à peine était-il élu de sa seconde épouse. Auprès d’un électorat du centre et de droite, cette vie personnelle n’était pas forcément un atout, bien au contraire.

Président omniprésent, étouffant son pâle premier ministre, il a pris tous les coups. Il n’a jamais su oser changer son gouvernement en profondeur, remettre à leur place un entourage délétère, et faire aussi le ménage au sein de la droite. Il n’a accepté la mise en place de la « droite populaire » que du bout des lèvres et ne leur a jamais donné la marge suffisante, la liberté nécessaire, pour redonner du sens à son mandat. Il a pactisé avec ses ennemis de l’intérieur de l’UMP, les récompensant par des postes de ministre, au lieu de les marginaliser. Il a enfin mis en avant des figures de la diversité, Rama Yade et Rachida Dati en tête, et les a réintroduites lors de sa campagne alors qu’elles lui avaient tourné le dos. La nomination de gens de « gauche », comme Hirsch ou Amara, n’était pas non plus ce qu’attendait son électorat. D’ailleurs, ces personnalités ont vite retrouvé la maison mère « socialiste ».

Parce qu’il savait qu’il avait terriblement déçu, parce qu’il craignait que la droite se présente divisée devant les électeurs, il a su éliminer la concurrence, ce que n’avait pas su faire Jospin en 2002. Il a su faire renoncer Boutin puis Borloo, Morin et enfin Villepin lui-même, ce dernier n’ayant jamais été réellement en mesure d’obtenir les 500 signatures, et ne le souhaitant probablement pas. Mais c’est comme seul candidat de droite, à l’exception du souverainiste Dupont-Aignan, qui était davantage sur une ligne « ni droite, ni gauche » et tentait maladroitement de concurrencer le FN, qu’il est apparu. Et au second tour, aucun autre candidat ne s’est rallié. Bayrou a apporté son soutien à Hollande, comme tous les candidats de « gauche » et jusqu’à Cheminade. Dupont-Aignan et Le Pen ont appelé au vote blanc, donc à un soutien à 50% dans un tel contexte à Hollande. Il n’avait aucune marge de manœuvre pour le second tour.

C’est donc en président honni, malgré un discours de départ qui avait une autre force que le « au revoir » de Giscard d’Estaing, qu’il quitte l’Elysée. Les media, visiblement soulagés, veulent vite l’enterrer pour magnifier le « glorieux vainqueur ». Comme pour VGE, dans quelques années, beaucoup d’électeurs regretteront certainement leur choix de ce dimanche. C’est là où l’on voit que la maturité républicaine du peuple laisse à désirer. Car il n’a pas lu les programmes des candidats, il n’a pas regardé objectivement les résultats et les promesses des uns et des autres. Hollande a fait dans la démagogie absolue, promettant monts et merveilles, alors qu’il savait n’avoir aucun moyen de réaliser cela. On a l’impression que tout va bien, que la France est en forme économiquement, et que la pauvreté résiduelle sera résorbée en imposant les riches. L’Union Européenne ? Le nouveau président français la pliera à sa volonté, alors qu’il reprochait encore récemment à Nicolas Sarkozy de vouloir remettre en cause Schengen.

Et demain, les législatives ?

Même si Guillaume Peltier dans Le Monde.fr semble encore y croire, les législatives seront remportées par la « gauche », non pas parce qu’elle serait devenue subitement majoritaire en France, mais d’abord parce que le PS a un formidable allié, qui réussira peut-être même à offrir au président sortant une majorité écrasante. Si le FN atteint les 17% que lui promettent les sondages actuels, Marine Le Pen annonce déjà qu’elle maintiendra systématiquement ses candidats en cas de triangulaires. Alors que le vote FN est désormais un vote national, le parti ayant nettement progressé dans l’ouest, une telle politique va amener la droite en dehors de Matignon et même en dehors du Palais Bourbon.

Il est inconcevable que dans le contexte actuel, avec le centre-droit à la tête de l’UMP du fait du départ de Sarkozy, une alliance entre l’UMP et le FN puisse avoir lieu. Elle se réalisera peut-être avec certains candidats de droite (comme Christian Vanneste) sans que l’on sache si cela sera payant. Mais Marine Le Pen est visiblement décidée à faire de la droite parlementaire son ennemi principal à abattre, tout en rêvant d’un groupe parlementaire, fantasme total. Si elle réussit déjà à faire entrer un seul député, elle pourra être contente. Quoi qu’on pense du bilan de Sarkozy, ou de l’homme, quelque détestation peut-on avoir pour les « humanistes » de l’UMP, qui n’ont en effet pas grand-chose de différent des dirigeants du PS, il est assez étrange de vouloir faire le jeu du pire tout en espérant voir se rallier ceux là même qu’elle aura contribué à faire battre. Or le FN n’a aucunement les moyens d’apparaître comme l’opposition authentique au nouveau président, manquant de cadres de valeur et de militants. L’UMP reste une énorme machine de guerre politique que son parti n’est pas en mesure d’égaler ni même de concurrencer.

Avec l’effet « président », beaucoup de français voulant lui donner sa chance, avec la stratégie de destruction de la droite jouée par le FN, alors que le meneur de l’UMP raccroche ses gants après sa défaite, l’UMP va vivre une véritable hécatombe. La « gauche » aura désormais tous les pouvoirs de nuisance disponibles, sénat, présidence, assemblée nationale, conseils régionaux et généraux, syndicats, sans pouvoir rien changer à la politique économique à mettre en œuvre.

Ce que fera Hollande les premiers temps…

Le nouveau président ira comme première action en Allemagne rencontrer Angela Merkel. Il y renoncera à tout son programme économique, à toutes ses promesses électorales qui ont séduit un électorat visiblement inconscient de la réalité contemporaine. La paupérisation de l’Europe, du fait de la mondialisation et aussi du fait de l’immigration qui accompagne cette dernière, avec un chômage de masse sur tout le continent, est indiscutable. Les premières mesures qu’ils pourraient prendre, comme le retour à la retraite à soixante ans et la suppression de la TVA sociale, seront très mal appréciées des marchés financiers. Il lui faudra alors, de peur de revenir en arrière, surtaxer les classes moyennes, pesant alors sur la consommation. Et pour sauver l’€, alors que la crise politique grecque va relancer la crise de l’€, il devra se concilier l’Allemagne.

Comme il décevra son électorat par des mesures anti-sociales que la crise lui imposera, une fois les premières semaines passées, il fera passer en force son programme libertaire. Une des premières mesures sera sans doute le mariage gay avec adoption, qui nécessitera une réforme constitutionnelle. Puis viendra la question du vote des étrangers extra-européens qui, crise ou pas crise, vivront toujours mieux en France que dans leur pays d’origine mais pèsent de plus en plus sur les avantages sociaux. Là encore, il faudra bien que quelqu’un paye, et ce seront à nouveau les classes moyennes. La première année de François Hollande sera celle de la désillusion, sauf pour les minorités de la diversité qui auront obtenu gain de cause. Après l’ivresse, on assistera à une sévère gueule de bois.

25/04/2012

Marine Le Pen, un échec déguisé en victoire

marine le pen,nicolas sarkozy,thomas ferrierIl peut paraître à première lecture paradoxal de parler d’échec à propos du résultat de la candidate du Front National à l’issue du premier tour des élections présidentielles alors que la presse, quasi unanime, de même que la candidate et son équipe, évoquent un succès. Entendons nous bien, le score de 17,9% des voix obtenu par Marine Le Pen est le plus élevé de l’histoire de son parti. L’annonce par IPSOS sur France 2 d’une Marine Le Pen à 20%, passant alors ce cap symbolique, a fait l’effet d’une bombe médiatique, alors qu’au cours du dépouillement le pourcentage n’a cessé de baisser. En 2002, son père obtenait 16.9% des voix environ, un point de moins que sa fille dix ans après, mais si on y ajoute les voix de Bruno Mégret, FN et MNR réunis totalisaient plus de 19,3% des voix. Faudrait-il de la même façon ajouter les 1,8% de Nicolas Dupont-Aignan ? Son électorat me paraît assez différent de celui de Le Pen, à la différence de celui de Mégret, confondu avec son ancien président par beaucoup d’électeurs.

Ainsi, en 2012, l’extrême-droite fait moins bien qu’en 2002, même si le FN seul progresse. La différence certes est que la participation en 2012 est à un niveau exceptionnel, plus de 80% de votants, ce qui fait qu’en nombre de voix Marine Le Pen atteint les 6,5 millions d’électeurs.

Si on compare le score du FN et du MNR en 2002, région par région, au score obtenu par Marine Le Pen en 2012, on constate que le FN progresse nettement dans des régions où auparavant il était faible, comme si les électeurs anticipaient une progression de l’immigration extra-européenne dans leur région. En Auvergne, en Bretagne, dans les Pays de la Loire, surtout dans le Limousin (+3,5 points par rapport à FN+MNR en 2002), en Picardie, dans le Poitou-Charente (+3 points), en Basse-Normandie (+0,5 point), en Aquitaine (+ 1 point), le FN progresse nettement. En revanche, il stagne ou régresse légèrement dans des régions traditionnellement favorables, comme la Bourgogne (- 0,6), en Champagne-Ardenne (- 0,2), en Lorraine (- 0,6) ou encore dans le Nord Pas de Calais (- 1,8). Dans des fiefs comme l’Alsace (- 5,7 points) ou la Provence (- 3,3), mais aussi en Rhône-Alpes ou en Franche-Comté l’extrême-droite est nettement plus faible qu’en 2002, même si son score reste élevé. C’est enfin en Ile de France qu’elle continue sa baisse, avec seulement 12,28% des voix en 2012 contre 14,57% pour le seul FN en 2002 (et 16,55% si on y ajoute le MNR).

Enfin, si le FN progresse dans les campagnes de manière significative, et notamment dans l’ouest du pays, atténuant cette dichotomie ouest/est que le parti connaissait à chaque élection, il s’effondre dans les grandes villes. 11,86% seulement à Strasbourg, 8,22% à Bordeaux, 6,2% à Paris (contre 4,58% en 2007 pour Jean-Marie Le Pen), 13,66% à Montpellier, 10,55% à Nancy (contre 16,42% à Limoges, ville traditionnellement très hostile au FN), 10,34% à Toulouse, 7,78% à Nantes, 9,87% à Lyon, seule Marseille échappant à cette décrue.

Deux cas spécifiques méritent qu’on s’y attarde. En premier lieu, la Corse a voté très nettement en faveur de Marine Le Pen, avec 24,4% en moyenne sur l’ensemble de l’île, faisant du FN le second parti après l’UMP. Il faut se souvenir que la pourtant très jacobine Marine avait su en Corse tenir un discours opportuniste de nature très identitaire, axé sur la défense de la corsité. Les nationalistes corses, y compris les indépendantistes, très hostiles à l’immigration maghrébine, ne s’y sont pas trompés et ont tactiquement apporté leur soutien à cette candidate. De même, dans sa profession de foi antiraciste, Marine Le Pen a beaucoup appuyé les DOM-TOM. La Réunion et la Guyane, victimes d’une forte immigration clandestine, lui offrent plus de 10% des voix. Même à Saint-Pierre et Miquelon, île peu concernée par l’immigration, elle obtient plus de 16% des voix. En revanche, si elle est en progression, en Martinique et en Guadeloupe, elle recueille toutefois un score faible.

Ces données chiffrées permettent de relativiser très fortement le « succès » du FN en 2012. On constate certes une uniformisation du vote FN sur l’ensemble du pays, ce qui explique à elle seule le 1% de Marine en plus du score de son père en 2002. Mais apparaît aussi une véritable hémorragie au sein des grands centres urbains, y compris au sein de départements franciliens très concernés par l’immigration extra-européenne. Elle paye sans doute un phénomène de « white flight », dont elle profite en revanche en Seine et Marne, mais elle subit aussi l’impact de l’électorat issu de la diversité.

Si Marine Le Pen a évité une déconvenue au niveau national, elle ne le doit pas à sa stratégie de dédiabolisation ni à la sincérité de son antiracisme. C’est bien pourquoi il faut là encore parler d’échec déguisé. Si ses électeurs étaient animés par un vote de conviction, comme elle le prétend, ils auraient lu son programme et écouté ses propositions. Mais heureusement pour elle, ce n’est pas ce qu’ils ont fait, pas plus que les électeurs de Hollande n’ont lu le programme du PS, animés qu’ils étaient de se limiter à « sortir le sortant ». Très vite, Jean-Marie Le Pen a senti l’ombre de la défaite et a fait savoir qu’il désapprouvait la façon dont se déroulait la campagne de sa fille. Sous son influence, elle a redressé la barre en axant, non sans incohérence doctrinale, son discours sur la dénonciation de l’immigration et de l’insécurité, rassurant ainsi l’électorat protestataire, essentiellement animé par un fort rejet de l’immigration en général, et voulant signifier son mécontentement en votant pour un parti sulfureux. Elle a surtout bénéficié de l’échec de sa stratégie de dédiabolisation.

Le Pen père avait affirmé qu’un « FN gentil » n’intéresserait personne et j’avais moi-même écrit sur ce blog que c’était désormais le vote « Mélenchon » qui permettait de protester. J’avais tort car j’avais sous-estimé le fait que dans l’opinion, le vote FN restait un vote provocateur. Et Marine Le Pen doit d’avoir conservé cette image, qui a sauvé sa campagne, au Parti Socialiste. En Effet, si ce dernier, comme il le prétend, voulait vraiment que le FN recule, il aurait joué la carte de la dédiabolisation. C’est en montrant que le FN était un parti comme les autres, mais n’était pas crédible pour gouverner, que Marine Le Pen aurait pu faire un score médiocre. En le présentant comme le diable, comme un mouvement « raciste » et « fasciste » (comme l’affirmait Mélenchon), le FN pouvait ainsi capitaliser un fort votre protestataire. Mardi, Nicolas Sarkozy a enfin dit que le FN était un parti « républicain », acceptant ouvertement de la dédiaboliser. Il était temps. Si Sarkozy avait mis en œuvre une telle politique avant le premier tour, nul doute que Marine Le Pen aurait fait un score bien inférieur.

Les sondages se sont-ils trompés ? Ont-ils sous-estimé le vote pour Marine Le Pen ? En vérité, les instituts de sondage sont incapables de déterminer autre chose que des tendances générales. En outre, ils ne peuvent pas prévoir vers quel candidat le vote protestataire de la dernière minute pourrait se tourner. Environ 3% des votants hésitaient entre le vote anticapitaliste pour Mélenchon et le vote nationaliste pour Marine Le Pen. Ils se sont décidés pour Le Pen, amenant Mélenchon à 11% au lieu de 14% et Marine à 18% au lieu de 15 ou 16%. On peut considérer que les derniers discours de Mélenchon sur la « France métissée », sur le droit du sol intégral, et sur l’apport de l’immigration, lui ont aliéné de nombreux électeurs ouvriers. L’antifascisme de Mélenchon était totalement décalé de la réalité politique d’aujourd’hui. Il en a payé le prix, malgré une très bonne campagne jusque là.

A l’annonce des résultats, Marine Le Pen a expliqué qu’il s’agissait d’une victoire historique qui validait sa stratégie. C’est tout à fait inexact. Si on peut admettre que son score est très bon, bien que très inférieur à ce que lui promettaient les sondages en janvier 2012, très inférieur aussi au score qu’elle prétendait avoir, et à neuf points de la barre du second tour, il n’est pas non plus l’annonce d’un bouleversement politique de grande ampleur. Il y a encore deux semaines elle annonçait qu’elle serait au second tour et même qu’elle pourrait remporter l’élection. Elle affirme, on l’a vu, que le vote protestataire dont elle bénéficie est en fait un vote d’adhésion, façon de croire que l’électorat a validé son programme europhobe, alors que c’est bien ses positions à ce sujet qui, notamment en Alsace, l’ont empêchée d’atteindre les 20% et ont fait que les personnes âgées sont restées rétives à son discours.

C’est quand Marine Le Pen, contrainte et forcée, a parlé d’immigration à nouveau qu’elle a pu remonter la pente et se faire entendre. L’affaire Merah a pu en outre l’y aider. Or dans son discours de dimanche, le sujet n’a même pas été abordé. Elle peut remercier les dieux que l’électorat FN n’ait pas réagi à la mise en avant de son pathétique comité de soutien, dont la version publique était très axée sur la « diversité », que l’électorat n’ait pas entendu ses nombreux appels du pied aux « musulmans patriotes » devant la rejoindre pour lutter contre le « fascisme vert ».

Si Marine Le Pen continue dans sa stratégie de « gauche », abandonnant les fondamentaux qui font que l’électorat populaire la préfère à Mélenchon ou à Sarkozy, et si en face d’elle, le PS et l’UMP ont l’intelligence de l’encourager dans sa politique de dédiabolisation, la traitant exactement comme les autres candidats, abandonnant ce cordon sanitaire dénué de tout fondement rationnel, laissant tomber cet « antifascisme » de bazar, alors Marine Le Pen n’aura plus aucun avenir politique. Mais le PS a besoin du FN pour occuper un électorat populaire dans une voie de garage et pour empêcher droite et extrême-droite de former une « droite plurielle » comme cela a pu exister en Pologne, en Italie, en Autriche, au Danemark ou aux Pays-Bas. A terme, le FN finirait par devenir l’aile droite de l’UMP. Et surtout perdrait de nombreux électeurs qui ne votent FN que pour témoigner de leur exacerbation mais aussi de leur désespoir.

Une fois que le FN sera dédiabolisé, on pourra enfin le juger sur ses propositions et on verra qu’il ne tient pas du tout la route, que ce n’est pas un parti armé pour être « de gouvernement », ce qui ne s’affirme pas mais se prouve sur le terrain. Car le nationalisme français, que ce soit sous la forme aseptisée mais férocement souverainiste de Marine Le Pen ou sous la forme radicale d’un Carl Lang, n’a en aucune manière les clés de notre avenir. Le peuple français ne devra son salut qu’à l’émergence d’une véritable Europe politique, d’un Etat européen unitaire, plus ou moins fédéral, une Europe européenne qui aura à cœur de préserver son identité. Toute autre « solution » préconisée n’est qu’un leurre, un mensonge, une duperie. La France seule, même en 1812 ça n’a pas fonctionné. Abandonner l’euro serait un suicide économique et la ruine des petits épargnants. Instaurer un protectionnisme national à nos frontières, alors que nous sommes liés à nos partenaires européens, ne permettrait pas de réindustrialiser car nous serions alors victimes d’une politique de rétorsion économique qui annulerait les maigres gains et nous livrerait encore davantage à la finance internationale.

Revenons pour conclure sur le thème de l’europhobie, principal cheval de bataille de la candidate FN, mais dont l’électorat pour l’essentiel se moque, ne votant pour elle que comme symbole du refus de l’immigration extra-européenne. Jack Dion dans « Marianne » s’interrogeait aujourd’hui sur les « eurocrates », se demandant si au final ces ultra-libéraux n’étaient pas des europhobes cachés. Et en effet ils le sont, disons le explicitement. Barroso est le meilleur allié de Le Pen. Il y a les europhobes par nationalisme (Le Pen, Dupont-Aignan) et il y a les europhobes par mondialisme (Barroso, Juncker) et les uns comme les autres sont les deux faces d’une même médaille. Quand Marine Le Pen dénonce lundi soir l’Europe fédérale, elle s’attaque à un moulin à vent, car malheureusement il n’y a pas d’Europe fédérale, mais une Europe des Etats avec au milieu un nid de technocrates sans légitimité démocratique.

L’Europe, ce sont les Européens. L’Europe, c’est nous. Alors donnez nous l’occasion de vous montrer ce que les (vrais) européistes savent faire. Mettez nous aux affaires en Europe, et je vous garantis que le FN tombera à 1% des voix, et pour le plus grand plaisir de ses électeurs qui auront trouvé dans l’Europe unitaire les réponses à leurs inquiétudes et un rempart face à ce qui les menace, y compris en ce qui concerne l’immigration. Si Marine Le Pen n’a en face d’elle que des Barroso pour représenter l’Europe, alors c’est qu’elle a déjà gagné. Remplaçons au plus vite à Strasbourg et à Bruxelles ces mondialistes, libéraux autant qu’atlantistes, par des européistes authentiques et l’extrême-droite retournera dans les oubliettes de l’histoire.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

PS: l'image à l'envers, c'est voulu ;)

09/04/2012

Un parlement européen à la démarche totalitaire ?

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Je me suis très souvent élevé contre cette comparaison aberrante à laquelle procèdent les souverainistes et autres europhobes consistant à mettre en parallèle l’Union Européenne et l’Union Soviétique. Mais lorsque malheureusement certains parlementaires européens cherchent à tout prix, par leurs actions, à leur donner raison, alimentant ainsi la mauvaise réputation d’une pourtant vénérable institution, il faut aussi le dénoncer. Et c’est en l’occurrence le cas concernant les subventions accordées aux partis européens.

Rappelons les données générales. Par la faute des Etats, la notion d’association européenne à caractère politique, donc de parti politique européen, n’existe pas. Elle aurait pourtant le mérite de donner vraiment à l’Europe une dimension politique dans l’opinion publique continentale. En son absence, la notion la plus proche est celle d’une coalition de partis politiques de différents pays d’Europe, comme c’est le cas par exemple du PPE (« Parti populaire européen ») ou du PSE (« Parti socialiste européen »), qui coalisent les partis conservateurs et les partis sociaux-démocrates. Dans ce cadre, Bruno Gollnisch (FN) est parvenu à coaliser au moins sept partis politiques nationalistes dans le cadre d’une AEMN (« Alliance européenne des mouvements nationaux »), et a donc obtenu conformément aux règles en vigueur une subvention de l’Union Européenne.

Quoi qu’on puisse penser de cet homme politique et du rassemblement de mouvements pour la plupart résolument eurosceptiques si pas totalement europhobes, opposants donc aux institutions dont ils bénéficient des fonds, à partir du moment où une formation respecte les règles en vigueur lui accordant cette subvention, elle est de droit. Or, une majorité de parlementaires européens a voté un texte dénonçant cet état de fait, au motif qu’il ne faudrait accorder de subvention qu’à des partis qui, je cite, « respectent les principes fondateurs de l’Union ainsi que la charte des droits fondamentaux », et demande une révision de fait rétroactive des statuts.

C’est là que nous tombons bel et bien dans une forme de totalitarisme, car pour être un « parti politique » européen reconnu, c'est-à-dire une alliance de partis (pour être précis), il faudrait respecter une idéologie d’état et des tables de la loi. Ce n’est pas seulement un état totalitaire en gestation, mais aussi une théocratie. Rappelons en premier lieu que la Pologne et le Royaume-Uni ont obtenu concernant la charte des droits fondamentaux une clause d’exemption, ce qui nuance fortement la valeur du dit texte. La Pologne notamment craignait qu’on lui impose par ce biais d’autoriser l’avortement. Un parti politique doit pouvoir, librement, contester une « vérité politique établie », considérer que les valeurs dominantes actuelles ne sont pas les bonnes, et souhaiter réorienter l’Union Européenne dans une autre direction que celle qu’elle prend actuellement. Si on ne se reconnaît pas dans tout ou partie des principes fondateurs de l’Union, si on considère que la charte des droits fondamentaux n’est pas satisfaisante ou que le principe même d’une telle charte est contestable du point de vue de la démocratie et de la liberté d’opinion, on doit pouvoir le faire.

Tout cela est déplorable. Là encore, les institutions européennes sont confrontées à des stratégies habiles de la part des droites nationales-populistes qui savent « jouer le jeu ». Et au lieu d’y répondre en se montrant plus démocrates qu’elles, elles tombent dans le même excès, à savoir l’intolérance. Ce faisant, elles donnent raison aux eurosceptiques qui dénoncent le déficit démocratique de l’Union Européenne. Il y aurait pourtant une autre réponse à apporter, c’est d’enfin autoriser le principe de véritables partis européens, déclarés en tant que tels au niveau de l’Union, et seuls habilités à obtenir des subventions européennes aux prorata de leurs résultats électoraux. Il est évident que les mouvements europhobes auraient été incapables de se dissoudre au profit d’un mouvement unique, leur souverainisme leur interdisant de mettre en place une « droite euro-populiste ».

Le PSUNE, en tant que parti européen par ses objectifs et ses idées, mais pas au niveau de son statut juridique, pour les raisons évoquées précédemment, demande au parlement européen de revoir rapidement sa copie, et souhaite que les états membres de l’Union Européenne mettent en place le statut d’association européenne, et par ce biais de parti politique européen. A terme, ce sont ces partis là qui devraient se présenter aux élections européennes, mais aussi aux élections nationales. Sarkozy n’aurait plus besoin de se justifier lorsqu’il appelle Merkel à son aide, puisque celle-ci ferait partie de la même formation politique que lui.

Dotons enfin l’Europe d’authentiques partis européens qui devront s’opposer réellement, au lieu de négocier en catimini dans l’enceinte du parlement de Strasbourg les bonnes places ; mettons fin à ce système de présidence tournante du parlement européen (deux ans et demi le PPE, deux ans et demi le PSE), et faisons enfin rentrer au parlement européen une véritable opposition politique, résolument européiste, au lieu de voir s’affronter nationalistes et mondialistes dans une arène sans pouvoir législatif, l’initiative des lois venant de la commission européenne, qui n’a rien de démocratique.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

01/04/2012

L’ « initiative européenne citoyenne » (ICE), une fausse bonne idée

phoenixpsd1recadreeclairepng.pngComment remédier au déficit démocratique de l’Union Européenne, principal axe d’ailleurs, et seul vraiment efficace, de la dénonciation eurosceptique ? Le traité de Lisbonne introduit une nouvelle disposition, applicable dès aujourd’hui, à savoir l’initiative européenne citoyenne qui permet aux citoyens de l’UE de disposer d’un droit de pétition, afin de faire remonter une problématique au niveau des institutions. Hélas, dans une Union Européenne qui n’est ni une nation, ni une république, à la différence de la Suisse, ce dispositif n’a véritablement aucun sens.

En premier lieu, même si l’initiative a obtenu le nombre de signatures requises, elle ne donne lieu à un débat qu’à la condition que la commission de Bruxelles considère la question comme légale puis comme légitime. En premier lieu, il existera une procédure d’enregistrement de l’initiative, ce qui constituera un premier sas. De l’aveu même de ses promoteurs, tout ce qui ne rentrera pas dans les compétences de l’UE telles que définies par les traités sera rejeté. De même, toute disposition qui voudra s’opposer à l’idéologie dominante, par exemple en vue de restaurer la peine de mort, de s’opposer au laxisme migratoire, de relancer la natalité européenne par exemple, sera également rejetée, au motif de non-respect de la Charte des Droits Fondamentaux par exemple ou de toute autre disposition contenue dans un traité.

Quel peut être le sens d’une « initiative citoyenne » qui n’a aucun droit de remettre quoi que ce soit de pré-établi en cause ? En clair, on pourra proposer par exemple une ICE pour légaliser le mariage gay ou régulariser les clandestins, mais pas une ICE en sens contraire. Et surtout, une initiative souhaitant engager l’UE dans un autre chemin que celui défini par les traités actuels sera neutralisée. Les citoyens de l’UE pourront faire une pétition qui ou bien ira dans le sens du vent, et ne servira donc à rien, ou ira à rebours et finira dans la déchetterie de Bruxelles.

La vraie innovation aurait été le référendum européen d’initiative populaire, nécessitant de récolter un million de signataires, référendum contraignant que des institutions non démocratiques ne pourraient pas empêcher. Ce référendum reposera sur le principe d’une liberté totale d’opinion et d’expression, dont les institutions actuelles de l’UE prétendent être défenseurs alors qu’elles le bafouent constamment. Tout ce qui a pu être décidé doit pouvoir être annulé. Toute erreur doit pouvoir être corrigée à tout moment et ce par l’assentiment populaire.

Moralité : il n’y a qu’une seule façon de mettre en place une véritable démocratie européenne, un pouvoir réel de contrôle des institutions par les citoyens, c’est d’instaurer la République Européenne, de mettre fin au pouvoir exorbitant de la commission, des deux conseils représentant les Etats, et des Etats eux-mêmes, qui en matière de démocratie ne peuvent d’ailleurs pas donner de leçons à l’UE. Il suffit de songer au mode de fonctionnement des institutions françaises, et notamment au mode de scrutin en vigueur aux élections présidentielles et législatives. Ce carcan juridique, ce totalitarisme nouveau d’un droit devenu fou, est le principal ennemi de la démocratie et un argument offert aux europhobes de tous poils.

Il ne faut pas opposer une prétendue démocratie des Etats membres avec une prétendue oligarchie bruxelloise. Ce sont en vérité les deux faces de la même pièce. L’ICE est une tromperie sur la marchandise, une ouverture « démocratique » qui cache une démarche liberticide, une façon de faire croire aux gens qu’ils auront du pouvoir alors qu’on les dupe sciemment. Il y a pire que l’absence explicite de démocratie, c’est de faire croire aux citoyens qu’ils sont en démocratie. Le meilleur esclave est celui qui ne sait pas qu’il l’est. Contre ces ersatz de pseudo-démocratie, opposons leur un projet démocratique européen de grande envergure. A l’Union Européenne des ventres mous et des pieds tendres, opposons leur la République Européenne, union européenne en mode fédéral et unitaire, l’Europe des Européens, par le peuple, pour le peuple.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

07/01/2012

Jeanne d’Arc ou le fétiche nationaliste

Jeanne d'Arc,Nicolas Sarkozy,Front National,Europa,Athéna,nationaliste,européiste,Thomas FERRIER,PSUNEDominique de Villepin se fait poète pour chanter la geste johannique, alors que Nicolas Sarkozy vient de lui rendre hommage comme symbole de la France, suivi par Jean-Marie Le Pen qui la fête depuis maintenant près de trente ans chaque premier mai. Pour les 600 ans d’anniversaire de sa naissance, la droite encense la pucelle de Domrémy. Elle est un odieux symbole ultra-nationaliste selon Eva Joly, toujours mal à l’aise vis-à-vis de l’histoire nationale, et qui devrait s’intéresser aussi au saint patron de la Norvège, le roi Olaf, honni à juste titre par les Asatruar (néo-païens scandinaves) pour avoir voulu imposer de force la religion chrétienne à ses compatriotes.

A la différence de l’actuel président français, je ne me réveille pas européiste le matin pour me faire nationaliste le soir. Je suis européiste du soir au matin, au lever et au coucher. Croire, comme doivent le penser ses conseillers issus de l’extrême-droite, que la récupération du mythe johannique amènerait les électeurs nationaux à voter UMP au premier ou au second tour des élections présidentielles, est d’une naïveté confondante. Si MLP capitalise malheureusement, de plus en plus, les voix populaires, c’est parce que l’immigration n’est pas maîtrisée et que l’insécurité explose. Les paroles comptent moins que les actes, et Nicolas Sarkozy a certes beaucoup parlé mais n’a guère agi. Qu’il explique aux français ce qui l’a enchaîné serait la seule façon de se justifier. Mais cela l’obligerait à remettre en question tout le cadre constitutionnel français et institutionnel européen.

Aussi Jeanne d’Arc n’est-elle pas une figure semi-historique qui m’intéresse beaucoup, à vrai dire. Je n’oublie pas qu’à la cour du roi d’Angleterre on parlait français, que Richard Cœur de Lion, qui était suzerain dans tout l’ouest de la France, parlait donc la même langue que son complice des croisades et ennemi mortel Philippe Auguste. L’image d’une Jeanne libératrice de la France est elle aussi lorraine, d’Epinal pour être précis. Et d’ailleurs, ce ne sont pas des « anglais » qui l’ont mise à mort, même s’ils ont intrigué en ce sens, mais des « français ». Ici l’usage des guillemets est indispensable, car ces notions n’étaient pas si popularisées à l’époque, et le mythe de Jeanne prend tout son sens au XIXème siècle.

En fait, lorsqu’on connaît bien les mythologies indo-européennes, on repère immédiatement derrière Marianne et Jeanne des figures bien connues. Symbole de la république, Marianne n’est que Cérès, la fameuse semeuse de la pièce de 1 Franc, et son nom, certes issu de Marie, devrait au contraire être rapproché du mot « mère ». C’est Déméter qui nourrit et protège le peuple, et qui est la mère de tous les citoyens. La déesse Raison mise en avant par les hébertistes n’était-elle pas Minerve/Athéna. Et Jeanne la pucelle rappelle la version guerrière de la déesse indo-européenne de l’aurore. C’est Artémis la déesse vierge, chasseresse et sauvage, l’amazone par excellence. C’est surtout Athéna Parthenos, c'est-à-dire « Pucelle », avec son casque, sa lance et son bouclier, déesse de la guerre galvanisant les guerriers. C’est la Morrigan celte accompagnée de ses corbeaux, ou la Valkyrie envoyée sur le champ de bataille par Odhinn.

Jeanne n’est donc de fait qu’un énième avatar de la déesse Athéna, et de ses homologues modernes, à l’instar de Britannia et de Germania. C’est ainsi que Jeanne est Francia, de même que Francus, tout comme Enée, aurait amené en Gaule la statue de la déesse, le fameux Palladion de Troie, selon une version médiévale tardive de l’origine de la nation, reprise par Ronsard. A l’époque des nationalismes d’Europe du XIXème siècle, la nation devient une sorte de déité païenne à laquelle il faut rendre un culte. Jeanne n’est donc en aucune manière un symbole catholique, les « anglais » de l’époque étant d’ailleurs autant catholiques que les « français » et on pourrait en faire une sorte de prêtresse guerrière païenne ayant entendu sous un chêne le dieu Taranis en personne lui demander de défendre les Gaulois contre l’envahisseur (grand-)breton.

Mais le symbole de Jeanne aujourd’hui est nécessairement europhobe, et c’est en ce sens qu’il est exploité par le Front National. Elle est celle qui a chassé des frères européens, dont les élites parlaient français, de notre sol, au service d’un souverain qui ne valait pas plus qu'un autre. C’est de cette guerre de cent ans que naît d’ailleurs l’animosité entre anglais et français, et que l’Angleterre commence à se détourner du continent pour devenir la thalassocratie qu’on connaît.

Jeanne d'Arc,Nicolas Sarkozy,Front National,Europa,Athéna,nationaliste,européiste,Thomas FERRIER,PSUNENotre symbole c’est Europa, qui est à la fois mère et guerrière, en tant que Déméter nourricière fécondée par le génie créateur de Zeus apparu sous forme taurine, et en même temps Athéna, guerrière en armes, incarnation de la suprême sagesse, protectrice des fils d’Arès que nous sommes, nous Européens, gardienne souveraine de la démocratie, qui fait de notre continent la terre de la liberté par excellence, conformément à notre nature, comme l’avait bien compris le premier européiste, Hippocrate. Et le 9 mai de chaque année, nous défilerons pour elle et pour personne d’autre.

Nicolas Sarkozy a commis une erreur majeure en voulant se jouer plus nationaliste que les nationalistes, alors même qu’il prétend défendre l’Union Européenne dans cette crise des dettes souveraines qui nous touche de plein fouet. Français, encore un effort pour (re)devenir vraiment européens ! Car c’est au niveau de l’Europe que pourra venir le salut et nulle part ailleurs. Il n’y gagnera aucun électeur supplémentaire, mais contribuera au contraire à l’europhobie ambiante.

Ni la France ouverte sur le monde entier des prétendus « socialistes » ni la France fermée de la droite ne doivent devenir notre avenir. C’est à la « France européenne » que nous nous adressons, c’est à l’Europe toute entière.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

31/12/2011

MEILLEURS VOEUX 2012 - OPTIMVS DIES FESTVS

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Chers compatriotes européens,

Pour cette nouvelle année 2012, MMDCCLXV ab urbe condita en année romaine, au nom du Parti Socialiste Unitaire pour la Nation Européenne, le Parti des (vrais) Européens, je vous souhaite d’excellentes fêtes.

Les politiciens professionnels français vous promettent une année 2012 décisive, afin de faire croire qu’ils ont encore un quelconque pouvoir et que les élections présidentielles à venir seront un enjeu. Cela n’est aucunement le cas. 2012 sera encore l’année des non-choix, entre un vote pour les partis en place, qui ont échoué et continuent d’échouer depuis des décennies, et des partis contestataires qui leur disputent des symboles de pouvoir.

Ainsi certains agitent-ils une « menace Le Pen », alors que l’héritière du parti incarné par son géniteur n’est aucunement en position de triompher, même si elle pourrait en revanche faire élire son adversaire en accédant au second tour. Tous les ténors des partis politiques nationaux sont partis en campagne, à l’exception du président sortant, qui semble vouloir faire durer le plus longtemps le suspens, façon sans doute de tirer parti de sa fonction. Là où ces hommes politiques vous disent la vérité, à la différence de la susnommée, c’est que l’enjeu est européen et n’est plus national depuis longtemps. Mais une fois le constat fait, que proposent-ils ? Rien. On a pu voir en 2011 qu’ils étaient incapables, Merkel et Sarkozy en tête, de se mettre d’accord sur une réforme d’envergure, un fédéralisme budgétaire européen, alors même que la crise des dettes souveraines s’amplifie. Le pouvoir n’est plus national, en effet, mais n’est toujours pas européen. Dans un tel contexte, ce sont les organisations mondialistes, et notamment les agences de notation, toute géographiquement situées, comme par hasard, aux Etats-Unis, qui tirent les ficelles. Ainsi, l’Italie et la Grèce se sont-elles dotées de premiers ministres technocrates, sans ambitions idéologiques mais tous formés par le groupe américain Goldman Sachs.

A ceux qui rêvent d’une France seule, à nouveau « conquérante » par magie, sous prétexte qu’elle serait libérée des contraintes communautaires, mais pas des contraintes constitutionnelles, à ceux qui en revanche croient à une solution mondiale à la crise, faisant allégeance à des organisations comme le FMI, nous devons leur opposer un argument massue, l’Europe. En effet, si la France seule, mais ce serait aussi vrai pour l’Allemagne, est incapable de trouver en elle-même son salut, n’en déplaise aux bonimenteurs souverainistes, l’Europe seule peut en revanche y réussir. Elle le pourra d’autant plus si elle est enfin dotée d’une structure institutionnelle digne de ce nom, en clair d’un véritable gouvernement unitaire européen.

Pour 2012, le PSUNE entre en ordre de bataille pour préparer les élections européennes de 2014 pour lesquelles il espère être présent et proposer enfin une véritable alternative au système politique européen gangréné, afin que de vrais députés européens fassent leur entrée à Strasbourg, de vrais députés parce qu’ils auront sur leurs épaules le poids d’une grande responsabilité politique. Face aux députés souverainistes, assis confortablement sur leurs sièges au parlement et touchant leurs émoluments, alors même qu’ils rejettent profondément ces institutions, face aux députés systémiques, dédommagés par leurs pairs pour leurs échecs (ou parce qu’ils dérangent) par un mandat rémunérateur, à l’instar de cette ancienne ministre de la justice UMP bien connue, qui ne rêve que de Paris, il serait bon qu’un pôle d’opposition sincèrement européiste, face au camp de Charybde et à celui de Scylla, voie le jour et soit la voix de l’Europe au cœur d’une assemblée qui se veut « européenne ».

Dans ce cadre, le PSUNE proposera au premier trimestre 2012 un ambitieux programme de renaissance européenne, afin de doter l’Union Européenne d’institutions ambitieuses et de remettre l’Europe sur les bons rails civilisationnels, par des mesures indispensables en matière sociétale et économique. Se donner les moyens de susciter une relance de la natalité européenne, préserver et restaurer l’européanité de l’Europe dans tous les domaines, combattre l’individualisme au nom de l’intérêt général et du bien commun, au service de sa patrie (européenne) et pour l’avenir de sa famille.

Cette Europe politique nouvelle à bâtir à partir de l’Union Européenne existante, sera ouverte à tous les peuples du continent, mais rien qu’à eux. Le PSUNE continuera ainsi de prêcher l’amitié renforcée entre la Russie et le reste de l’Europe et continuera dans le même temps de s’opposer à l’intégration turque à l’UE. Dans ce cadre, nous n’hésiterons plus à travailler avec des mouvements associatifs ou politiques ayant à cœur l’émergence d’une Europe puissante et unie, et ayant à cœur, tout comme nous, la préservation de notre européanité.

Un nouveau site, un blog régulièrement achalandé, et un programme européen, et voilà le PSUNE en marche. Il nous reste le plus gros du travail, nous faire connaître et accéder aux media nationaux et internationaux. Souhaitons que l’année 2012 soit celle de l’émergence sur la scène politique française et européenne du PSUNE.

Nous avons encore bien des montagnes à escalader. Alors, en avant !

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

29/12/2011

Une mauvaise loi au service d'une mauvaise stratégie

vahakn.jpgLes lois mémorielles relèvent d’une démarche politique fondée à la fois sur la démagogie politicienne, prenant en otage une communauté, et en même temps sur une attitude fondée sur une peur qui, même légitime, reste mauvaise conseillère, de la part de la dite communauté.

L’UMP a voulu provoquer la Turquie pour l’éloigner de l’Union Européenne, ce qui paraît réussi, tout en recevant l’appui pour d’autres raisons des élus « socialistes », toujours favorables au principe de lois mémorielles destinées à limiter la liberté d’expression des citoyens. Au lieu de se servir de ces biais détournés, en concoctant une bien mauvaise loi, le président Sarkozy aurait dû bien au contraire prendre ses responsabilités, dès 2007 d’ailleurs, et demander à nos partenaires l’arrêt immédiat, et définitif, du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE, entamé à tort et de manière irresponsable en avril 2005. Il aurait ainsi respecté ses engagements de candidat et aurait procédé à une clarification utile. En effet, ce processus n’est pas bon pour l’Europe, et d’ailleurs une majorité de citoyens européens sont opposés à cette adhésion, mais il n’est pas bon non plus pour la Turquie. Nous n’avons pas de destin commun, et d’ailleurs, bien qu’admirateur sincère de la civilisation européenne, Mustafa Kemal lui-même n’avait jamais eu l’intention de faire de la Turquie un pays européen, mais s’inspirait bien davantage du Japon, qui avait su adapter les acquis de notre civilisation tout en conservant son identité.

Pour des raisons stratégiques, l’AKP a souhaité affaiblir son opposition nationale, essentiellement incarnée par l’armée, en se servant de ce processus d’adhésion comme levier de réformes allant dans le sens de sa démarche politique. C’est pourquoi il serait bon que les nationalistes turcs laïcs, eux aussi opposés à cette loi française, mais également hostiles à l’intégration européenne, puissent retrouver des couleurs. Du peuple turc, nous n’exigeons rien et c’est à lui seul de choisir, de manière souveraine, ce qu’il souhaite ou non affirmer ou reconnaître.

Il n’y a aucun besoin, pour protéger les Arméniens de France comme d’Arménie, de se mettre la Turquie à dos, et ce même si nous sommes totalement opposés à son adhésion. Il vaudrait mieux, pour de bonnes raisons, que le gouvernement français renonce à cette nouvelle loi mémorielle et, courageusement, abroge aussi les lois mémorielles précédentes. En revanche, et dans le même temps, il convient de mettre fin de manière unilatérale au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, au profit d’une relation apaisée mais distincte.

Toutefois, cela ne signifie en aucune manière, bien au contraire, qu’il faille être inattentif aux légitimes angoisses arméniennes auxquelles nous, vrais européistes, devons apporter les bonnes réponses. Et cette loi mémorielle n’en est pas une. Il faut en premier lieu affirmer la reconnaissance pleine et entière des Arméniens comme un peuple européen, ce qu’ils sont à tous points de vue, n’en déplaise à certains nationalistes, en Russie ou ailleurs, un peuple européen aux frontières extrêmes de notre continent. Et il faut affirmer aussi que, parce qu’européenne, l’Arménie a vocation au même titre que la Géorgie voisine, mais aussi que la Russie, à rejoindre l’Union Européenne et à s’abriter derrière son bouclier géopolitique et économique. C’est avec nous, entre européens, que le peuple arménien retrouvera la sérénité et la splendeur passée. Ainsi, qui s’attaquerait demain aux Arméniens s’attaquerait en même temps à l’Europe toute entière. Et cette affirmation de l’européanité de l’Arménie, et ce qui devra en suivre logiquement, voilà la bonne réponse. Nous n’oublierons pas les fils d’Hayk dans l’Europe de demain, mais nous n’exprimerons notre sympathie à leur égard par une loi liberticide de circonstance.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

De l'avenir de la Russie

drapeaurusse.jpgA l’issue des élections législatives russes, qui ont été principalement caractérisées par une nette baisse du pourcentage de voix obtenu par le parti gouvernemental Russie Unie (Единая Россия), tombé en dessous du seuil de 50%, de nombreuses et régulières manifestations ponctuent depuis la vie politique russe, menées notamment par le trentenaire russe Alexeï Navalnyi, présenté comme libéral dans les media occidentaux mais comme nationaliste dans les media russes, puisque présent régulièrement aux « marches russes » organisées par la droite nationale russe. Ce dernier a indiqué son intention de se présenter aux élections présidentielles russes face à Vladimir Poutine.

Ces manifestations, qui réunissent un horizon très varié allant de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, mais auxquelles ni la KPFR (communistes) ni la LDPR (nationalistes de Jirinovski) ne se sont jointes, sont parfois qualifiées de « révolution orange », expression désormais décriée pour désigner des manifestants libéraux et/ou atlantistes, par leurs adversaires. C’est un raisonnement arbitraire et inacceptable car on pourrait ainsi soutenir à ce titre et sous ce prétexte n’importe quel gouvernement, même si ce dernier opprime son peuple. Il faut donc admettre par principe, mais sans naïveté, la sincérité de l’engagement de ceux qui défilent contre le pouvoir en place.

Même si on peut suspecter à la marge des bourrages d’urnes ou des pressions, ce qui existe dans toutes les démocraties, le résultat de Russie Unie demeure valable et significatif, pour une raison évidente, à savoir l’absence totale de crédibilité des partis concurrents. En effet, les alternatives proposées étaient pour l’essentiel bien moins démocratiques encore. Ce qui est sûr, c’est qu’au moins 15% des électeurs russes ont sanctionné le roque Medvedev/Poutine, qui a été, il faut le reconnaître, une erreur stratégique majeure. Un second mandat présidentiel de Medvedev, qui n’aurait en rien empêché Poutine d’être sous le statut de premier ministre le véritable chef d’orchestre, aurait été positif. Medvedev a su très habilement se doter d’une authentique carrure de chef d’état pendant les quatre années de son mandat, ce qui au final a peut-être inquiété son mentor, expliquant alors sa volonté de redevenir président.

Poutine sera certainement (ré)élu président mais sans doute avec un score bien inférieur, concédant peut-être un second tour face à Ziouganov, le KPFR étant à l’issue des élections législatives le principal parti d’opposition. Il n’a cependant aucun adversaire susceptible de devenir président. Qui en effet pourrait souhaiter l’élection du candidat communiste, qui ramènerait la Russie vingt ans en arrière, puisque Ziouganov est animé d’une démarche nostalgique à l’égard de l’URSS et a été incapable de fonder un parti social-démocrate ? Le KPFR n’a rien appris de l’échec du communisme en Russie. Qui pourrait souhaiter de la même façon l’élection du candidat nationaliste en la personne de Vladimir Jirinovski, candidat depuis 1993, tout comme Ziouganov d’ailleurs, aux différentes élections, et dont le programme ne pourrait amener qu’à des conflits ? Qui enfin pourrait réellement vouloir prendre le risque de mettre à nouveau les libéraux au pouvoir, comme ils l’ont été durant les années Eltsine, où ils vendaient littéralement le pays aux intérêts étrangers et ruinaient le peuple ? Enfin, si l’objectif des « démocrates » et « libéraux » russes est que la Russie imite la France actuelle, alors disons le tout net, dans ce cas, il vaut mieux que Poutine reste longtemps aux affaires.

En clair, Poutine est, faute de mieux, l’homme de la situation, non seulement pour les Russes mais aussi pour les vrais Européens. Certes, son bilan politique de ces dernières années n’est guère satisfaisant, et les dérives autoritaires constatées demeurent problématiques. Beaucoup restent notamment à faire en matière de justice sociale et de redistribution des richesses au plus grand nombre de citoyens. Pourtant, aucune alternative salutaire n’est actuellement envisageable. D’ailleurs, certains nationalistes ne s’y sont pas trompés, à l’instar du dynamique Dmitri Rogozine, qui vient d’être nommé comme l’équivalent de ministre de la défense, mais aussi des Patriotes de Russie (Патриоты Россий), dont le dirigeant renonce à se porter candidat aux présidentielles. En revanche, d’autres nationalistes commettent l’erreur majeure de s’associer à des gens bien peu recommandables, à des provocateurs évidents, à des oligarques en disgrâce, au nom de slogans extrémistes, à l’instar de Belov et de Dyomouchkine, dirigeants de la coalition extra-parlementaire Les Russes (Русские), perdant ainsi leur maigre crédit.

Il existe toutefois pour l’avenir de la Russie une alternative à bâtir, et qui est de rejoindre une Europe politique unitaire enfin émancipée des Etats-Unis, en rupture avec le libéralisme mondialisé et ses funestes compagnons (dénatalité, chômage et immigration). Dans une Europe euro-socialiste dans laquelle la Russie aurait naturellement toute sa place, le peuple russe saurait choisir une nouvelle voie. L’Union Européenne actuelle, empêtrée dans ses crises institutionnelles et économiques, dirigée par des technocrates incompétents et des politiciens conformistes, ne saurait séduire en revanche les russes. Seul l’européisme authentique, tel que défendu par exemple par notre modeste formation, pourra amener la Russie et le reste du continent à joindre leurs efforts et à ne faire plus qu’un. D’ailleurs c’est officiellement la ligne défendue par Medvedev et Poutine, quoi qu’on puisse penser de leur sincérité à ce sujet, continuant ainsi la démarche en vue d’une « maison commune européenne ». C’est l’Europe qui est le véritable remède de la Russie, tout comme la Russie constitue un remède pour le reste de l’Europe.

La Russie abandonnera vis-à-vis de l’Europe politique sa real-politik quand l’Union Européenne la découvrira enfin. Car si l’Europe doit en interne s’en abstenir, elle doit en revanche vis-à-vis de l’extérieur s’assumer à nouveau. Dmitri Rogozine a rappelé récemment que la ligne stratégique des Etats-Unis en Europe se résumait à « les Etats-Unis en son sein, la Russie en dehors, l’Allemagne à genoux ». Et les vrais européistes de répondre désormais, « les Etats-Unis en dehors, la Russie en son sein, et l’Europe (enfin) debout ». En effet, russophobie, germanophobie et europhobie servent de fait les intérêts américains, et si certains nationalistes russes font leur jeu, c’est aussi le cas des nationalistes et souverainistes français.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

26/12/2011

Du principe contesté des lois mémorielles et de la Turquie en particulier

themis.jpgLa proposition de loi n°3842 portant « transposition du droit communautaire sur la lutte contre le racisme et réprimant la contestation de l’existence du génocide arménien » a été adopté en première lecture par l’assemblée nationale la semaine dernière, suscitant une réaction extrême du gouvernement turc. Le texte de loi propose de transposer une directive communautaire en droit français, directive qui ne vise pas spécialement la question de l’arménocide de 1915 mais qui élargit les dispositions de la loi dite « Gayssot » antérieures, celle-ci étant dédiée exclusivement au judéocide commis par le régime national-socialiste allemand. Si cette nouvelle loi inclut de fait des sanctions accrues contre la « négation ou la banalisation grossière » de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, et si elle offre la possibilité à des associations de se porter partie civile, elle ne concerne qu’accessoirement le négationnisme turc. Il s’agit avant tout d’une nouvelle loi à vocation antiraciste, destinée à sanctionner pénalement l’expression de certaines idées et de certains propos.

A partir de ce constat, deux attitudes seulement sont cohérentes. Ou bien on est favorable par principe à la liberté d’expression, et alors non seulement il faut s’opposer à cette nouvelle loi mais il faut alors demander aussi l’abrogation de la loi précédente de 1993, même si le sujet est délicat à aborder. Ou bien on considère que la liberté d’expression doit être encadrée par la loi, et alors il n’y a aucune raison de ne pas traiter la négation de l’arménocide à égalité avec celle du judéocide, comme le fait à juste titre remarquer Caroline Fourest dans un article du journal Le Monde daté de samedi.

En vérité, lorsqu’on fait le choix de limiter la liberté d’expression des citoyens, et y compris leur droit à affirmer des contre-vérités, on se dote d’un mandat sans légitimité, au nom d’une conception du bien qui n’appartient qu’à vous. Le censeur, même animé des meilleures intentions du monde, ne doit pas exister en démocratie. Aussi, les européistes que nous sommes proposeront dans la constitution de la future république européenne que nous appelons de nos vœux l’affirmation de la liberté d’expression, la seule entrave étant naturellement la diffamation envers une personne en particulier, comme principe constitutionnel, à l’instar du premier amendement américain. Ce n’est pas au législateur de décréter ce qu’il doit être permis d’écrire ou de dire, et il n’est pas normal que des associations auto-proclamées légitimes puissent intervenir au tribunal pour faire taire tel ou tel.

En outre, ces lois mémorielles ne rendent pas service aux causes qu’elles prétendent défendre, puisque les contre-vérités s’appuient toujours sur un martyrat pervers, et condamner des gens pour ce qu’ils ont dit ou écrit, c’est les mettre en position de victimes de l’injustice, ce qui implique de donner d’une certaine manière crédit à leurs mensonges. Je ne souhaite pas que des falsificateurs puissent se donner l’image de martyrs, et c’est par le mépris et le travail historique qu’il faut leur répondre.

L’opinion française est manifestement majoritairement opposée à cette nouvelle loi, ce qui implique qu’elle est tout autant opposée à la loi précédente. Mais lorsque François Bayrou ou Dominique de Villepin rejettent cette nouvelle loi, sans remettre en cause l’autre loi évoquée, ils ne sont pas cohérents et manquent de courage dans l’affirmation de leur point de vue. Ou bien les deux lois, ou bien aucune. Cette loi contestée a en revanche le mérite de la cohérence, puisqu’elle est dans la continuité des principes du droit actuel, s’appuyant sur des conventions internationales signées par la France, sur des directives communautaires, et aussi sur la loi française, et complète et élargit les textes antérieurs.

Maintenant, puisque l’un des principaux arguments des opposants à cette loi étant qu’elle serait de circonstance, et purement électoraliste, interrogeons-nous honnêtement à ce sujet. Je ne crois pas qu’elle soit destinée à encourager le vote de la communauté arménienne envers Nicolas Sarkozy, cette dernière étant animée par bien d’autres considérations, comme tous les autres citoyens, que cette question certes liée à une immense et incontestable tragédie. Il serait extrêmement naïf de s’imaginer qu’une loi, qui ne concerne pas spécifiquement ce sujet, comme cela a été montré, amènerait des citoyens responsables à choisir leur président en conséquence.

En vérité, Nicolas Sarkozy avait une autre idée en tête, qui était de pousser le gouvernement turc à l’excès. Sarkozy étant incapable, alors qu’il s’y était engagé, de mettre fin de manière unilatérale au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, s’est servi d’une question sensible pour pourrir la situation. Lorsqu’on constate la réaction outrancière d’Erdogan et de ses amis, lorsqu’on assiste avant et après ce vote à des pressions inadmissibles, lorsqu’on apprend que la députée qui a proposé cette loi, Valérie Boyer, est menacée par des extrémistes, lorsque le gouvernement turc accuse la France de génocide en Algérie, passant sous silence trois siècles d’occupation coloniale ottomane antérieure, on voit la Turquie contemporaine sous un autre jour. Peut-on souhaiter que ce pays rejoigne l’Union Européenne une fois que tout cela a été constaté. Et je n’évoque pas les menaces turques sur Chypre, le discours radical d’Erdogan sur Israël, la mansuétude dont il témoigne à l’égard du gouvernement iranien voisin.

Un autre élément à rappeler, c’est que de tous les partis turcs, le seul à être opposé à l’adhésion à l’Union est le MHP (« mouvement d’action nationale ») nationaliste, qui oblige Erdogan à surveiller sa droite. C’est le MHP qui au final est le principal bénéficiaire de ce vote français, la fierté nationale turque outragée sachant qu’elle est défendue vigoureusement par ce parti, qui a obtenu près de 15% des voix aux dernières élections législatives.

La manœuvre de Nicolas Sarkozy est donc évidente, à savoir contourner le refus de ses partenaires de dire non à la Turquie en provoquant cette dernière par une loi de circonstance, une loi qui par ailleurs restreint la liberté d’expression selon un principe mémoriel, ce qui suscite un large débat en France, débat qui me paraît une excellente chose si cela permet de discuter de la préservation des libertés individuelles.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

18/12/2011

De l’europhobie actuelle...

UE.JPGLa crise européenne des dettes souveraines, relevons d’ailleurs ce terme de dettes souveraines, a réveillé les crispations europhobes d’une partie de la classe politique et médiatique française. Cette europhobie transcende par ailleurs les différents partis politiques à l’exception notable de l’UMP, soutenant la défense de la zone euro par le président de la république et la chancelière allemande. Celle-ci a d’ailleurs fort à faire pour maîtriser les europhobes de son camp, une partie de la FDP (libéraux) notamment et la CSU bavaroise. Au Royaume-Uni, une majorité de britanniques, excitée par le veto de Cameron au nouveau traité, souhaitent un référendum sur l’appartenance même à l’Union Européenne. Le libéral-démocrate Clegg a bien du mal à faire entendre une autre musique, tout en veillant à ne pas mettre en danger la coalition actuelle. Son parti est désormais crédité de seulement 14% dans les sondages, attestant d’une démobilisation de son électorat au profit des conservateurs ou des travaillistes. Menacé à sa droite par l’aile la plus eurosceptique des Tories et par la pression de UKip, David Cameron a pris le risque de mettre le Royaume-Uni aux portes de l’Union. Comme l’enjeu européen n’a jamais pu être convenablement expliqué au peuple britannique, alors que les Ecossais sont en revanche très favorables à la construction européenne, il se braque et se fait berner par la mélodie nostalgique d’une « UK First ». Or les intérêts de la City ne sont pas du tout ceux du peuple britannique.

Deux manifestations politiques de l’europhobie émergent. La première est d’ordre politique, à savoir une opposition radicale, obsessionnelle même, vis-à-vis de l’Union Européenne. En 2007, cette ligne était représentée par le candidat du Parti des Travailleurs, Gérard Schivardi prônant le départ de la France hors de l’UE. Aujourd’hui, en 2011, elle est représentée par le souverainiste François Asselineau de l’UPR (Union Populaire Républicaine), désormais candidat aux élections présidentielles sur une ligne 100% anti-européenne. En version douce, le rejet de l’UE s’exprime par la volonté de revenir aux monnaies nationales, sans remettre officiellement en cause la construction européenne dans sa globalité. C’est la ligne choisie par Marine Le Pen et par Nicolas Dupont-Aignan. Un « argument » avancé est de s’opposer à une ligne prétendument fédéraliste du gouvernement français.

Une autre europhobie, qu’on retrouve étrangement à « gauche », c’est de nier la parenté profonde entre les européens, au nom d’options implicitement néo-colonialistes ou simplement d’une méconnaissance du sujet. Arnaud Montebourg, tenant de la démondialisation, s’est ainsi laissé aller à des propos germanophobes comparant Merkel à Bismarck et dénonçant une Allemagne à nouveau nationaliste. Le PS, qui prône le vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales, les mettant ainsi sur le même plan que les citoyens de l’UE, choisit ainsi de nier les spécificités européennes et préfère de fait une France mondialiste à une France européenne. Ainsi Jack Dion, dans Marianne en date du 3 décembre, partisan de cette mesure, déclare ainsi dans un article intitulé « un Marocain vaut bien un Tchèque », au nom de quoi un immigré algérien ou marocain n’aurait-il pas les mêmes droits qu’un Letton ou un Tchèque. Mais c’est la négation même de la construction européenne, qui présuppose que les Européens ont entre eux un destin commun, une vocation à s’unir.

Nicolas Sarkozy, et Henri Guaino a tenu à le rappeler aujourd’hui, se place concrètement dans une définition inter-étatique de l’Europe, et rejette de fait, tout comme son homologue allemand, tout pas décisif en vue d’une Europe fédérale. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales de l’échec des différents sommets dits « de la dernière chance ». Sa défense de l’euro s’inscrit ainsi dans la stricte défense des intérêts nationaux. François Hollande de la même manière voit le problème d’un point de vue francocentré. Il est donc bien clair que nous avons affaire en l’occurrence à des euro-réalistes mais certainement pas à des fédéralistes. Il est donc particulièrement aberrant de lire les déclarations de Marine Le Pen à propos de ses deux adversaires principaux. Hollande est ainsi qualifié d’ « extrémiste du fédéralisme européen », souhaitant « remplacer le super-européisme [de Sarkozy] par l’ultra-européisme ». De la même façon, Marine Le Pen est en croisade contre « l’empire européiste », adepte qu’elle est d’une France seule. Malgré son hostilité permanente à l’Europe, il est des souverainistes comme Laurent de Boissieu qui la trouve encore trop pro-européenne. Sous prétexte qu’elle a affirmé que malgré son hostilité à l’Union Européenne « l’Europe est une civilisation » et affirmé que « nous sommes des européens », il n’en fallait pas plus pour qu’elle soit accusée de racialisme. En termes clairs, s’affirmer en tant qu’européen renverrait aux pages les plus sombres de notre histoire.

Dans le même temps, Nicolas Dupont-Aignan, dont les propos sont rapportés par un article du Monde de ce jour, relayés par Pierre Jaxel-Truer, dénonce un « pétainisme ambiant » avant de prôner l’émergence d’un « droite nationale et sociale». Il se présente par ailleurs comme la synthèse d’Arnaud Montebourg et de Marine Le Pen, tout comme cette dernière se réclame du dirigeant socialiste lorsqu’elle prône à son tour la démondialisation, donc unissant elle aussi le « national » et le « social » dans une synthèse qui n’a rien d’originale.

Enfin, François Bayrou, dans son tropisme présidentiel, ne se réclame plus du tout de l’Europe. Le voilà qui, comme un communiste du début des années 80, prône le « achetez français ». On pourrait lui faire remarquer que dans beaucoup de domaines, il est difficile d’acheter français, qu’en outre beaucoup d’entreprises dites françaises réunissent des capitaux et des actionnaires du monde entier. Nicolas Sarkozy a repris au vol cette remarque mais en la nuançant en « acheter ce qui est produit en France ». Personne n’a eu l’idée, malheureusement, de leur opposer un « achetons européen ». Les sondages favorables à Marine Le Pen, certains la plaçant à 20% des voix, attisent les déclarations eurosceptiques de toutes natures, même chez ceux qu’on croyait être pro-européens et qui désormais cachent à peine leur europhobie.

Or cette dialectique est profondément malhonnête et une politique de cette nature ne permettrait nullement de résoudre les problèmes dont souffrent désormais de nombreux compatriotes européens, en Grèce, en Irlande, en Espagne en Italie, au Portugal mais aussi en France, au Royaume-Uni et aussi, on l’oublie trop souvent, en Allemagne. Ce n’est pas un problème de fédéralisme européen mais bien de son absence. On constate d’ailleurs amèrement que Sarkozy et Merkel ne sont pas les responsables politiques adaptés à la situation.

Il est vrai que le libéralisme économique affiché par les institutions européennes contribue grandement à l’image délétère dont jouit l’Union Européenne au sein de l’électorat le plus populaire. Certains libéraux pourraient toutefois à juste titre dénoncer les blocages étatistes excessifs, l’imposition abusive dont sont victimes les citoyens européens. J’aurais tendance à penser que nous sommes à la fois confrontés aux mauvais aspects conjugués du libéralisme et de l’étatisme.

Le mythe de la monnaie salvatrice a encore la vie dure alors que l’€ n’a jamais été présenté comme une panacée. Certes, la démarche allemande d’une BCE indépendante et de la lutte contre l’inflation, n’est pas adaptée et il est évident que la Banque Centrale devrait prendre ses responsabilités en la matière. La situation ne doit donc pas être si désespérée pour que nos dirigeants puissent perdre leur temps en palabres au lieu d’agir. Face au libéralisme outrancier et au souverainisme exacerbé, il y a place pour un socialisme européen responsable. Mais ce n’est ni le PS ni la SPD, pas plus que le Labour d’ailleurs, qui peuvent en être les moteurs, en raison de leur dérive libertaire associée à leur ralliement de fait au mondialisme économique. Face à la droite nationaliste, qui n’hésite plus à se prétendre « socialiste », mais qui enferme les européens dans des cellules nationales improductives, au lieu de les protéger, face à la « gauche » mondialiste et à la droite impuissante, la synthèse d’un sain européisme et d’un socialisme moderne est plus que jamais nécessaire. Si on veut éviter des synthèses « sociales-nationales » qui ne feront qu’accentuer le déclin dramatique de l’Europe, il faut leur opposer un euro-socialisme de renaissance.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

11/12/2011

Présidentielles 2012: une multitude de candidats

sarkozy,hollande,le pen,villepin,morin,bayrou,poutou,lang,chevènement,boutin,lepage,arthaud,mélenchon,joly,dupont-aignan,asselineau,stoquerIl n’y a rien de mieux pour créer des enjeux artificiels qu’une élection présidentielle française. A l’origine, création du général De Gaulle pour lui-même, et surtout pour se libérer de la tutelle de l’assemblée et du sénat, héritiers de la quatrième république, cette élection a changé de sens avec l’instauration du quinquennat, créant un régime présidentiel. Cette simple constatation attise les appétits des dirigeants des nombreuses structures politiques, grands partis mais aussi petites formations spécifiques. En fait, avec l’élection de Nicolas Sarkozy, beaucoup d’électeurs ont compris que les annonces présidentielles n’avaient aucune prise sur le réel.

Avec la mondialisation économique, avec les traités et conventions internationaux, avec les règles de l’Union Européenne, avec un droit constitutionnel devenu de plus en plus démophobe, et dont le conseil constitutionnel est désormais un gardien sourcilleux, ce qu’il n’était pas du temps de De Gaulle, enfin avec le poids de plus en plus important des media et des lobbies communautaires, le pouvoir réel d’un président de la république française est nul. C’est ce que Sarkozy a pu constater, et on le voit déçu par une fonction dont il attendait beaucoup mais qui ne correspond pas du tout à l’image qu’il avait pu en avoir.

Légitimer une élection en s’y présentant alors qu’on sait que le véritable pouvoir n’en provient plus, c’est mentir au peuple, c’est lui faire croire qu’on peut lui proposer des solutions pour résoudre ses problèmes alors qu’on sait pertinemment ne pas pouvoir, une fois élu, les mettre en œuvre. Sarkozy a suscité beaucoup d’espoir et le rejet dont il est l’objet est à la hauteur de ces espoirs déçus. Mais ses adversaires auraient ils pu faire mieux ? Le PS, qui n’a pas moins démissionné que l’UMP face à la réalité du pouvoir, sait au moins détourner l’attention vers des mesures démagogiques destinées à une petite partie de la population. Il a renoncé au socialisme au profit du libéralisme économique mais donne l’illusion d’être encore une formation « progressiste » en cédant à la mode sociétale gauchiste qui plaît tant à une partie de la bourgeoisie.

Désormais, la liste des candidats aux élections présidentielles ne cesse de s’accroître. Si Borloo a jeté l’éponge, c’est aussi le cas du candidat du Bloc Identitaire qui a avec raison renoncé, son objectif étant de faire connaître sa formation politique et non de réellement se présenter. La « gauche » est pour le moment la plus raisonnable, avec deux candidats de l’extrême-gauche (Arthaud et Poutou), inconnus du grand public à la différence de leurs prédécesseurs (Laguiller et Besancenot), qui arriveront réunis, péniblement, à 1% des voix, un candidat rassemblant les communistes et l’aile la plus à gauche du PS (Jean-Luc Mélenchon), une candidate écologiste de « gauche » (Eva Joly) et le candidat du PS (François Hollande). A cette liste se rajoute le souverainiste de « gauche » Jean-Pierre Chevènement. Ces six candidats de gauche, mais dont on peut penser qu’ils ne seront que cinq réellement candidats, car l’annonce de Chevènement apparaît pour le moment comme un moyen de pression sur Hollande, s’opposent à de nombreux candidats de droite.

On s’attendait au renoncement de Dominique de Villepin et celui-ci se porte finalement candidat aujourd’hui, tout comme François Bayrou, dont la candidature était prévisible, et même Hervé Morin entend se présenter, sans oublier l’écologiste du centre Corinne Lepage. La droite conservatrice et/ou souverainiste propose elle aussi plusieurs candidats – Nicolas Stoquer pour le RPF, François Asselineau pour l’UPR (qui souhaite que la France quitte l’Union Européenne), Nicolas Dupont-Aignan pour DLR, Christine Boutin pour le PCD (chrétien-démocrate) et Frédéric Nihous pour CPNT (chasseurs). Nicolas Sarkozy est donc confronté à une multiplicité de candidatures gênantes, même si leur nocivité est limitée par leur extrême marginalité politique, à l’exception de Bayrou, dont le plus récent sondage annonce un score, sans doute très surévalué, de 13%. Enfin, l’extrême-droite présentera deux candidats, à savoir Marine Le Pen pour le FN et Carl Lang pour l’UDN (« Union de la droite nationale », coalition nationaliste hétéroclite fondée sur un commun rejet de la personne de Marine Le Pen).

La règle mise en place par Valéry Giscard d’Estaing exigeant pour un candidat aux élections présidentielles de réunir 500 signatures/parrainages d’élus a ainsi tout son sens. En effet, être candidat devient une mode, alors même que l’on n’a rien à dire, une façon d’exister alors qu’on est ignoré tout le reste du temps. Ce n’est pas respectueux des électeurs, ce n’est pas non plus respectueux des institutions. Qui plus est l’élection est jouée d’avance, entre deux ou trois candidats, le candidat du FN servant à faire élire son adversaire s’il parvient au second tour. Les chances de Bayrou toutefois paraissent minces et il est peu probable même qu’il réalise un aussi bon score qu’en 2007. En outre, ces élections présidentielles mettent en avant le principe fort peu républicain de l’homme providentiel, ce qui amène certains candidats à se présenter avec une grande régularité tous les cinq ans. Jean-Marie Le Pen a ainsi été candidat à cinq reprises (six si on compte son échec à obtenir les 500 signatures en 1981) et Arlette Laguiller à six reprises. Ce sera enfin la quatrième candidature de François Bayrou.

Je tiens à le préciser, mais vous l'avez deviné, je ne serai pas candidat aux élections présidentielles. Je laisse à d'autres le soin de s'y ridiculiser, en la présence la grande majorité des candidats que je viens brièvement de présenter. Ma position pour le premier tour des élections présidentielles sera donc, je l'annonce dès maintenant, le vote blanc. Quant au second tour, nous verrons bien qui aura présenté le programme le moins nocif des deux finalistes, car nous n'attendons du résultat de ces élections aucune bonne nouvelle.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

Brèves européennes… (10)

FR-Europa.jpgUNION EUROPEENNE

Enfin un accord… Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et vingt et un autres chefs d’état et/ou de gouvernement sont parvenus à un accord afin de mettre en place une politique économique européenne commune fondée sur l’application de la rigueur budgétaire et de la lutte contre les déficits. Ils espèrent ainsi mettre fin à la déstabilisation des marchés, suite aux conséquences de la crise de la dette grecque. Suite à la décision de David Cameron d’opposer son veto à la mise en place d’un nouveau traité permettant d’appliquer cet accord, Sarkozy et Merkel ont été contraints de proposer un traité limité aux dix-sept membres de la zone euro, et d’en exclure ainsi les pays n’ayant pas adopté la monnaie unique. Ainsi écartés, la pression sur les gouvernements de ces pays fut telle que leurs dirigeants demandèrent à rejoindre les états signataires, même le Danemark, qui avait jadis refusé l’€ et bénéficié d’une clause dérogatoire. Enfin, on apprenait en fin de soirée que la Hongrie, la Suède et la Tchéquie avaient annoncé leur volonté de rejoindre les signataires, mais ont choisi d’obtenir la confiance de leur parlement national avant d’officialiser leur décision.

Ainsi, le Royaume-Uni de David Cameron s’est-il de fait exclu de lui-même des décisions. En posant à ses partenaires des conditions inacceptables, il a isolé son pays au sein du continent et a obligé Sarkozy et Merkel à oser l’impensable, ne pas céder aux pressions britanniques. Cameron a voulu s’éviter un désaveu national en présentant un projet d’esprit fédéral aux parlementaires britanniques, mais surtout éviter tout conflit interne au sein des Tories. Les libéraux-démocrates faisant partie de sa coalition, et depuis ayant considérablement régressé dans les sondages, ne peuvent pas protester, sinon ils prennent le risque de faire chuter le gouvernement de coalition et provoquer ainsi de nouvelles élections dont ils seraient les grands perdants. Les souverainistes les plus durs quant à eux ont été entendus, ce qui devrait limiter toute progression du mouvement UKip et éviter un débordement par la droite.

ROYAUME UNI

David Cameron s’est présenté comme celui qui voulait défendre avant tout les intérêts britanniques, selon un postulat souverainiste des plus classiques, sans se demander de quels britanniques il voulait défendre les intérêts, mais aussi si l’Union Européenne pouvait elle aussi préserver les dits intérêts. Et c’est là que le bât blesse. La presse explique ainsi que Cameron a voulu défendre les intérêts de la City, mais la City n’est pas le peuple anglais, ni la nation britannique. Ce n’est que l’expression financière de l’hyper-classe mondialiste, dans un pays qui a renoncé à son industrie et saboté son service public à la seule fin de plaire à une caste d’oligarques internationaux. Des bénéfices de la City, le peuple britannique n’en voit pas la couleur. La paupérisation de la population anglaise est une évidence, et le pays est devenu si décourageant pour son propre peuple que les retraités britanniques préfèrent s’installer en France, même si la crise actuelle limite désormais ce choix. Enfin, les récentes émeutes qui ont touché Londres et quelques autres villes ont démontré à quel point l’Angleterre a été trahie par ses dirigeants, travaillistes comme conservateurs, et que Thatcher a fait beaucoup de dégâts, tout comme le « New Labour » de Blair.

Le « Labour » a abandonné le socialisme britannique, cette idéologie qui naît avec Owen (socialism apparaît en 1831 sous sa plume) mais aussi avec la Fabian Society originelle, et dont le dernier authentique représentant au XXème siècle fut Henry Hyndman. Il a libéralisé à outrance le service public, comme le souhaitent les plus libéraux en France, et a ouvert large les portes du royaume à un prolétariat importé, ce qui avait déjà été commencé par ses prédécesseurs de « gauche » comme de droite, et avait amené un conservateur du nom de Powell à briser sa carrière politique pour avoir osé remettre en question un choix sur lequel le peuple britannique n’avait jamais été consulté. Ceci explique pourquoi les ouvriers britanniques, désespérés, sont contraints de tourner le dos à la « gauche » et se tourner vers les nationalistes qui, à l’instar de la version française, ne les défendent pas davantage, mais profitent de leur désarroi. C’est quand la gauche n’est plus de « gauche » que le peuple se tourne vers la droite nationaliste.

Le socialisme européen est la réponse véritable aux angoisses qui assaillent le peuple britannique et aux maux qui rongent leur société et les démunissent face à la mondialisation économique et migratoire. C’est par son exemple que le socialisme anglais renaîtra de ses cendres, et à ses côtés un socialisme gallois et un socialisme écossais. Cameron comme Blair ne servent pas les intérêts du peuple, de même que Sarkozy et Merkel font in extremis un pas fédéral, contraint forcé, parce qu’il y a des élections en 2012 et 2013 dans lesquelles ils jouent leur avenir, et n’auraient aucune chance d’être réélus si le chaos financier engloutissait la vieille Europe.

Le peuple britannique ne doit pas se réfugier dans un nationalisme sourcilleux, dans un souverainisme europhobe, car cela sert les intérêts de ceux qui les ont trahis. Ils vous ont convaincu, citoyens anglais, écossais et gallois, que l’€ était un danger, que la souveraineté britannique était un joyau qu’il faut préserver, alors que ce dit joyau, ils l’ont vendu depuis longtemps au monde entier. Ceux qui ont le mot « souveraineté » plein la bouche, ce sont ceux qui servent une politique atlantiste de soumission aux Etats-Unis et une politique mondialiste en matière économique au service des oligarques internationaux mais certainement pas du peuple. A la souveraineté de papier du Royaume-Uni d’aujourd’hui, il faut lui opposer une souveraineté d’acier, celle dont l’Europe demain pourra bénéficier.

L’entité politique qui défendra et protégera les travailleurs britanniques, les travailleurs européens, au Royaume-Uni, c’est l’Europe ! Vos élites vous ont fait croire qu’il fallait tourner le dos à l’€ et à l’UE. Ils vous ont mentis. Mais il est vrai que l’UE actuelle ne servirait pas plus vos intérêts. C’est la république européenne, et elle seule, qui vous permettra de résoudre réellement vos problèmes.

SERBIE

Alors que les 27 dirigeants ont officialisé l’acceptation de la Croatie en leur sein, qui devrait avoir lieu, si le référendum en ce sens confirme la décision d’adhésion, à la mi-2013, le processus d’adhésion d’avec la Serbie a été repoussé à février 2012, en l’attente d’une amélioration des relations entre la Serbie et le Kosovo. En avril 2005, quand des dirigeants irresponsables ont entamé le processus d’avec la Turquie, ils n’ont pas mis de conditions, ni par rapport à la question kurde, ni par rapport au sujet arménien. Et la Turquie n’est pas vraiment un pays européen, et à nos yeux pas du tout même. La Serbie a fait des efforts considérables pour pouvoir rejoindre l’UE. Sa demande en tant qu’authentique pays européen est légitime et par ailleurs il faut soutenir le gouvernement de Boris Tadic. Repousser dans le temps l’acceptation de ce pays, c’est faire le jeu des europhobes serbes (du Parti Radical Serbe [SRS]), fragiliser le gouvernement en place, et ne rien résoudre quant au problème kosovar.

Le PSUNE apporte son soutien plein et entier à Boris Tadic, qui œuvre patiemment pour que son pays rejoigne l’Europe politique, même si l’UE actuelle n’est en aucun cas la panacée. Symboliquement, il est important que la Serbie soit à nos côtés et serve de pont de l’amitié avec la Russie. Osons le dire à haute voix : « Serbie oui, Turquie non ! ».

RUSSIE

Suite aux résultats annoncés en Russie, selon lesquels le parti Russie Unie aurait obtenu 49,34%, soit près de quinze points de moins qu’en 2007, des manifestations plus ou moins spontanées ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays. Les accusations de fraude massive, certaines organisations parlant d’un score de Russie Unie surévalué de dix à vingt points, en sont la source. Certains affirment (comme l’Observateur Citoyen) que Russie Unie n’aurait obtenu en réalité que 29,8% des voix, les communistes du KPRF 22,6%, le LDPR nationaliste 14%, Russie Juste 21% et Yabloko 8,3%.

Il est bien évident que dans un grand pays comme la Russie, qui ne découvre la démocratie que depuis le début des années 90, et qui a connu une période effroyable d’effondrement économique durant l’ère Eltsine, les fraudes existent. Elles sont certes moins hypocrites qu’en France où la fraude consiste en fait à une manipulation médiatique, comme on l’a constaté dans l’entre deux-tours de l’élection présidentielle de 2002, quoi qu’on puisse penser du challenger face au président sortant. Mais même si beaucoup de russes n’ont pas apprécié le roque entre Poutine et Medvedev, ils reconnaissent que cette décennie leur a permis de retrouver leur fierté et d’arpenter à nouveau le chemin vers une relative prospérité, même si le chemin est encore long. L’oligarchie russe est certes détestable, comme elle l’est en version anglaise à Londres ou en version française à Paris, où elle n’y est pas moins arrogante. Et là encore, les européens de l’ouest n’ont aucune leçon à donner.

Poutine et Medvedev sont-ils moins dignes que Sarkozy et Merkel ? Certainement pas. Maintenant, ce duo est celui de la situation de la Russie d’aujourd’hui. Les russes ont pu constater les méfaits du libéralisme économique et donc se méfient pour beaucoup du libéralisme politique, de cette croyance dans une prétendue démocratie sous prétexte que le compte des voix est honnête. Les images de la télévision russe quant aux évènements de nos banlieues en 2005 ont montré ce qu’il fallait penser du « modèle » français. Certes Poutine n’est en aucune manière la panacée, loin de là, mais qu’y a-t-il en face de lui. L’éternel (national-)communiste Ziouganov, candidat depuis maintenant près de deux décennies, tout comme le provocateur ex-« rouge-brun » Jirinovski, dont la seule raison d’être est d’empêcher l’émergence d’une droite radicale contestataire ? Il y eut jadis Lebed, qui aurait pu proposer une autre voie à la Russie, et demain peut-être Rogozine. Mais pour le moment, Poutine est là.

Mais l’avenir de la Russie ne passe pas par un pouvoir national, certainement pas autoritaire, mais bien par l’adhésion à la République Européenne qu’il faut fonder et dans laquelle le peuple russe a naturellement toute sa place. Quand on voit ce qu’est actuellement l’Union Européenne, il est toutefois difficile de proposer aux russes de nous rejoindre. Mais leur avenir est là. Et certainement pas en remplaçant Poutine par un Eltsine plus jeune, qui aura à cœur d’autres intérêts que ceux du peuple. Car ne soyons pas dupes des manœuvres américaines derrière cette contestation. De même qu’il ne faut pas s’imaginer que c’est le fruit du hasard si les agences de notation ménagent les USA, qui sont dans le rouge en matière de dette souveraine, alors qu’ils s’acharnent sur l’Europe.

14/11/2011

Changer d’Europe pour sauver l’Europe

crise des dettes souveraines,zone euro,crise de l'euro,république européenne,fédéralisme,européanité,Thomas FERRIER,PSUNELa crise des dettes souveraines, dont le nom nous rappelle que ce sont bien les états nationaux souverains de l’Union Européenne, et non une Europe fédérale en gestation, qui en sont les responsables, est en train de miner plus de soixante ans de construction européenne. Les premières victimes en sont les Européens eux-mêmes, et tout particulièrement le peuple grec. Les victimes les plus médiatisées en revanche sont les chefs d’état et de gouvernement.

Il y a d’abord eu le suicide politique du premier ministre slovaque, sacrifiant son gouvernement afin de faire voter le nouveau plan destiné à stabiliser la situation, en introduisant un fond européen de sécurité financière (FESF) pour réguler la dette grecque. Il y a ensuite eu le coup de folie du premier ministre Georghios Papandreou, annonçant à la surprise générale, y compris d’une partie de ses ministres, un référendum en janvier au sujet du plan franco-allemand. Papandreou a au final été contraint de démissionner pour être remplacé par Lucas Papademos dans le cadre d’un gouvernement technique d’unité nationale ouvert aux communistes et aux nationalistes du LAOS. Enfin, l’Italie a subi une pression considérable de la part des investisseurs internationaux poussant Berlusconi, qui avait résisté à tous les scandales liés à sa vie personnelle, à démissionner samedi 12 novembre au soir. C’est là encore un technocrate italien, ancien membre de la Commission de Bruxelles, Mario Monti, qui est devenu premier ministre à la tête d’un gouvernement resserré, violemment critiqué dès son investiture par la Ligue du Nord. Enfin, dès le début de la crise, le social-démocrate espagnol Zapatero avait jeté l’éponge et annoncé des élections anticipées qui devraient, sauf surprise, être remportées par le Parti Populaire, largement en tête dans les sondages.

La crise économique de la zone euro a amené les souverainistes et nationalistes à faire entendre leur voix europhobe et/ou eurosceptique, sauf en Grèce où même l’extrême-droite s’est rallié à l’euro et a remercié la France et l’Allemagne pour leur aide. Wilders a à plusieurs reprises répété son souhait de voir la Grèce abandonner l’euro. En France, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, mais la première d’une manière systématique et parfois particulièrement pathétique, prônent l’abandon de l’euro par la France, le présentant de toutes façons comme inéluctable. C’est un faux calcul, puisque c’est seulement en Allemagne que la déception concernant l’€ est importante, les allemands ayant le sentiment de payer pour sauver des pays plus laxistes, alors que c’est en fait leur intérêt profond. Selon un sondage BVA du 3 novembre, 77% des français sont désormais favorables à l’€. Ils ont compris que leur situation sociale et financière dépendait de la survie de la monnaie unique, sa chute annonçant la ruine des petits épargnants, une nouvelle envolée du chômage, déjà fort, et de la précarité. Il ne faut pas aimer son pays ni son peuple pour se réjouir de la crise actuelle de l’€.

Selon une information qui m’a été transmise de source bien informée, l’illusion souverainiste va jusqu’à ce que certains conseillers politiques FN prônent une politique de réarmement pour faire face à une Allemagne à nouveau belliciste après la fin de la monnaie unique. Ces nationalistes et/ou souverainistes entendent répondre à la crise de 2011 par les moyens de 1911. Je ne peux croire qu’une telle ligne puisse réellement convaincre 20% ou plus de nos concitoyens, malgré le malheur qui afflige de nombreux français et européens.

La chute de l’Union Soviétique a démontré l’erreur du marxisme appliqué, les Russes ayant pris une punition économique terrible dans les années 90, les amenant à tomber dans les bras de Poutine, qui a remis la Russie sur les bons rails au prix d’évidentes restrictions aux libertés politiques. Mais tant que le bloc de l’est existait, les régimes libéraux se mâtinaient de social-démocratie afin de ne pas faire le jeu des communistes, et modéraient leur libéralisme de fait. Après l’effondrement de l’URSS, les garde-fous ont sauté, et le libéralisme mondialisé, qu’on appelle « mondialisme », a montré son vrai visage et est tout aussi utopiste et catastrophique que son vieil ennemi défunt. Contre la folie néo-communiste, c'est-à-dire gauchiste, incarnée remarquablement par ces idiots utiles que sont les « indignés », contre la folie néo-libérale, c'est-à-dire mondialiste, qui est en train d’enfoncer l’Europe dans la rigueur et la pauvreté, en cédant à une spéculation débridée et incontrôlable qui ne fait qu’enrichir la Chine, contre la folie nationaliste, qui ne propose que de diviser l’Europe et préparer de nouveaux conflits sur notre continent, la réponse politique doit être à la fois vraiment européiste et vraiment socialiste.

crise des dettes souveraines,zone euro,crise de l'euro,république européenne,fédéralisme,européanité,Thomas FERRIER,PSUNEC’était une ineptie de faire la monnaie unique sans avoir fait de gouvernement européen unitaire, sans que la Banque Centrale soit contrôlée par les électeurs, par le biais des élections de leurs représentants. C’est encore une erreur de faire confiance aux gouvernements des états, qui depuis des décennies ont mis en place une politique suicidaire dans tous les domaines, ouvrant larges les vannes de l’immigration non-européenne et du libertarisme moral, sans tenter de combattre le chômage ou de relancer la natalité indigène. Ils ont toujours échoué, ils sont responsables de la situation actuelle, et il faudrait les maintenir en place, se contentant de prendre la fausse « gauche », la gauche du Système, à la place de la droite, ou inversement ? La force des souverainistes et/ou nationalistes est justement là. Ce que le FN ou DLR appellent l’UMPS, qui n’est qu’une version française d’un CDU-SPD ultra-rhénan, c’est ceux qui nous gouvernent en mettant en place la même politique économique et sociale à quelques différences majeures près tout de même sur d’autres plans (sur l’adhésion turque, sur le droit du sol/droit du sang, sur le mariage homosexuel, sur le vote des étrangers aux élections locales…).

En 2012, Sarkozy ou Hollande sera contraint de maintenir une politique de rigueur qui sera en défaveur du service public, qui contribuera à délabrer l’état de nos rues, qui économisera sur tout, sauf ce sur quoi on pourrait faire des économies décisives. Je songe par exemple à l’indépendance de Mayotte et à l’auto-détermination des autres DOM. Je rappelle d’ailleurs que si la France métropolitaine doit se serrer la ceinture, les DOM eux n’auront qu’une baisse infime des aides économiques de l’Etat dont ils bénéficient. Il est vrai qu’eux n’hésitent pas à descendre dans la rue, comme on le constate depuis des semaines, dans un tabou médiatique complet, par exemple à Mayotte. Les aides aux clandestins continueront (AME…), malgré les protestations de la « Droite populaire », de même que les aides européennes à l’adhésion turque, dont ces mêmes députés réclament l’arrêt immédiat. Enfin, en Allemagne, l’arrêt injustifié, sous la pression des pseudo-écologistes « Grünen », et dont les « Verts » français souhaitent l’équivalent chez nous, du nucléaire civil, est d’un coût exorbitant. Cet arrêt, il faudrait que le gouvernement allemand l’annule, car c’est une erreur monumentale.

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Faire de l’€ la monnaie nationale de l’Europe, monnaie qu’on pourrait élargir à la Russie en prenant au mot la proposition des dirigeants russes, qui soutiennent l’€, de les y associer, monnaie pilotée par une banque centrale européenne au fonctionnement démocratique, contrôlée et orientée par un gouvernement unitaire européen élu, serait la première mesure indispensable. Elle implique de réellement bâtir une Europe politique, fédérale et/ou unitaire, comme le propose le PSUNE. Mettre en place un protectionnisme économique aux frontières de la Grande Europe serait également une mesure particulièrement salvatrice. De la même façon, l’arrêt unilatéral des pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne montrerait que les responsables politiques écoutent leur peuple, à défaut de solliciter leur avis par des referenda. Sur ce point, Sarkozy aurait tout intérêt à faire aujourd’hui ce qu’il n’a pas eu le courage de faire depuis quatre ans.

En mutualisant la dette des états nationaux au niveau européen, et en mettant en place une Europe politique nouvelle fondée sur une table rase juridique, on pourrait renégocier à la forte baisse voire même annuler complètement cette dette artificielle, en tout cas les 40% de cette dette liés à des états étrangers (une autre partie de la dette étant entre européens). Et s’il faut que l’Etat (européen alors) soit économe des deniers publics, ce qui est normal, de nombreuses mesures destinées à réduire le coût d’aides sociales abusives mais surtout d’une politique migratoire suicidaire, permettraient d’y parvenir sans faire peser une politique de rigueur supplémentaire sur les travailleurs européens et tout en permettant à l’état de continuer à remplir pleinement ses missions régaliennes. On pourrait commencer en attendant par la mise en place d’euro-bonds garantis par la BCE.

Cette réorientation en profondeur de la politique de l’Union Européenne, impliquant une extension de l’UE aux frontières du continent, donc avec la Russie mais sans la Turquie, et une modification dans le sens d’une démocratie européenne assumée des institutions existantes, avec la dissolution de la commission et des deux conseils au profit d’un parlement européen auto-proclamé assemblée européenne constituante bâtissant de nouvelles institutions, c’est ce à quoi le PSUNE appelle de ses vœux. Nous espérons être lus et écoutés d’un certain nombre de dirigeants européens afin qu’ils nous aident en ce sens à bâtir à partir de l’UE une nouvelle Europe politique, la République Européenne, garante des intérêts du peuple européen, de la nation européenne. Cette république ne pourra pas être autre chose que sociale et vraiment européenne. Elle sortira les Européens du piège fatal du mondialisme dans lequel nos dirigeants nous ont enfermés.

Plus que jamais, en cette période de crise dramatique de l’Europe, alors que la construction européenne actuelle a montré ses insuffisances et prouvé ses égarements de fond, pour empêcher demain une vague de nationalisme europhobe risquant de ruiner encore davantage notre continent meurtri, il faut accorder votre confiance aux européistes socialistes, « euro-socialistes », attachées à l’identité authentique de l’Europe et soucieux de remédier vraiment aux souffrances de notre peuple, les meilleurs défenseurs des ouvriers européens, des paysans européens, des chômeurs européens et des classes moyennes européennes. Aidez le PSUNE à avoir les moyens de ses ambitions, aidez le à émerger. Par votre action, par vos dons, vous pouvez nous porter assistance.

Aidez-nous à faire l’Europe politique démocratique que vous souhaitez en vérité !

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

06/11/2011

La Turquie néo-islamiste et l’Europe

800px-Flag_of_Turkey_svg.pngLa question turque a failli à deux reprises être réglée pour les Européens. En 1913, lors d’une des guerres balkaniques, l’empire ottoman avait quasiment perdu toutes ses positions en Thrace. La coalition des Serbes, Bulgares et Grecs, avec une aide occidentale et russe, était parvenue aux portes d’Istambul, qui s’apprêtait à redevenir Byzance. Mais nous étions entrés dans l’ère des nationalismes, et l’avidité bulgare causa la perte de tous. Au lieu de maintenir l’unité des alliés jusqu’à la victoire, l’anticipant par aveuglement nationaliste, la Bulgarie rompt l’alliance sacrée, permettant par ce sursis à l’armée ottomane de se restructurer et de contrer l’offensive, conservant ainsi la Thrace avec Andrinople (devenue Edirne) et Constantinople.

En 1920, alors que l’empire ottoman a perdu la première guerre mondiale face aux alliés, le traité de Sèvres impose à la Turquie des règles très contraignantes. Si elle conserve la rive européenne d’Istambul, qui sera toutefois placée sous mandat international, elle perd le reste de la Thrace ainsi que la région autour de Smyrne, qui appartiendra à la Grèce. La Cilicie devait être contrôlée par l’Italie, l’Arménie devait récupérer une partie de l’Anatolie orientale, enfin le peuple kurde aurait son état. Dépecée, la Turquie devait donc servir de zone tampon entre l’Europe et l’Asie musulmane.

C’est face à cette mort programmée décidée par des puissances européennes usées et ruinées par quatre ans de guerre, que Mustapha Kemal leva son glaive pour reprendre ce qu’il estimait appartenir à son peuple. Il mit fin violemment à la présence multimillénaire des Grecs en Anatolie, les deux pays procédant à des échanges de population après l’échec militaire des Grecs. L’Europe laissa faire. Elle avait bien d’autres soucis, entre le péril bolchevik naissant à l’est du continent et l’effondrement économique de l’ouest. En pleine reconstruction, démoralisée, elle resta impuissante face au sort des Grecs. Kemal, devenu Atatürk, avait rejoint le panthéon des grands hommes de l’histoire. Ce sauveur laïc, qui méprisait profondément l’islam ottoman, qu’il osa qualifier de « doctrine immorale », et qui mourut à cause de son amour du sang de Bacchus, voulut forger une nouvelle Turquie, moderne, occidentale. Dans un ultime défi à l’islam, il proclama ainsi cette phrase célèbre, « Adieu l’Orient ».

Kemal fit de l’antique Ancyre sa capitale Ankara. Elle était proche de l’ancienne cité d’Hattousa, capitale de l’empire hittite de souche indo-européenne. Kemal affirma que le peuple turc était européen, héritier de la matrice commune aux autres peuples du continent. C’est à cette Turquie là que le général De Gaulle pensait en 1963 quand il évoqua l’idée d’adhésion du pays à la CEE. Si Inönu, après la mort précoce du héros en 1938, sut dans un continent en guerre, maintenir une neutralité bienveillante, l’héritage de Kemal n’allait pas vraiment lui survivre.

Aujourd’hui, Erdogan a vaincu Atatürk. Et c’est le plus grand enseignement de ces dernières années. Désormais, alors que l’adhésion du pays à l’Union Européenne, selon le processus entamé en 2005, semble au point mort, ce qui ne chagrine pas outre mesure le premier ministre autoritaire, la presse européenne commence à ouvrir les yeux sur la réalité de la nouvelle Turquie de Gül, d’Erdogan et de Davutoglu. Même si le PS français et la SPD allemande, traditionnellement turcophiles, voulaient ranimer le processus ralenti par Merkel et Sarkozy, elles auraient du mal à expliquer l’adhésion d’un pays qui opprime la presse, arrête les journalistes sous de faux prétextes et des militaires en évoquant un énigmatique complot contre le gouvernement.

La journaliste Martine Gozlan (Marianne), dans un excellent ouvrage qui vient de sortir intitulé « L’imposture turque », démonte le nouveau régime et prouve la réislamisation en cours. Kurdes opprimés, Alevis persécutés, femmes voilées, opposants inquiétés, la Turquie d’Erdogan est au final bien moins démocratique que la Russie de Poutine. Et surtout elle n’hésite plus à menacer l’Union Européenne et ses membres. Davutoglu s’en est ainsi pris aux pays européens, les accusant de soutenir la rébellion kurde. L’AKP a également dénoncé les recherches de ressources énergétiques de la Chypre grecque, menaçant l’UE de gel des relations diplomatiques si Chypre accédait l’an prochain à la présidence de l’Union Européenne, comme elle doit le faire conformément aux traités. Enfin l’AKP s’en prend à Israël, expulsant son ambassadeur et cessant toute collaboration stratégique.

Erdogan souhaite désormais avoir de son côté la rue arabe, et devient le modèle des islamistes (Frères Musulmans en Egypte, CNT en Libye, Ennahda en Tunisie) prétendument « modérés ». Une vague néo-ottomane s’abat sur le Moyen-Orient et sur l’Afrique du nord. Face à cette vague, contre laquelle seule la Syrie de Bachar El Assad, avec des moyens violents qui choquent à juste titre les Européens, s’oppose, et d’ailleurs Erdogan a menacé la Syrie de représailles, ce qui est significatif, semble déferler. L’Europe qui rêvait d’une démocratie arabe, déchante. Elle en subit de nombreux flux migratoires en retour, vengeance d’outre-tombe de Kadhafi. Le représentant de la Russie à l’OTAN Dmitri Rogozine l’a dit, le choix est entre des dictateurs et les islamistes. En s’opposant aux premiers, l’UE a fait donc le choix des seconds.

Face à cette réislamisation qui désole les vrais amis de la Turquie, les turcs des élites (beyaz Türkler ou « turcs blancs »), et que déplore avec justesse Martine Gozlan, nous européens devons montrer les crocs. Le Monde section géopolitique du 6 novembre 2011, fait le point sur les limites du modèle turc, dénonçant les graves atteintes aux droits de l’homme en cours. Andrea Perrone dans la revue italienne Rinascita datée du 21 septembre 2011 explique que désormais la Turquie s’éloigne explicitement de l’Europe, envisageant une domination sur la Méditerranée orientale. Dans Le Monde du 4 novembre, Frédéric Lemaître a évoqué quant à lui une Allemagne célébrant « ses travailleurs invités turcs ». Une fois de plus, invité à Berlin, Recep Erdogan a multiplié les attaques contre l’Allemagne, refusant l’intégration proposée aux immigrés turcs, qu’il avait même qualifiée de « crime contre l’humanité ». On se demande pourquoi Merkel s’entête à inviter ce sinistre individu. En réalité, la CDU a tort, à la différence d’Edmund Stoiber (CSU) et de ceux qui perpétuent sa ligne, de tomber dans le piège de l’intégration. Elle s’était opposée à Schröder en 2000 lorsque celui-ci a souhaité introduire le droit du sol en Allemagne. Elle a aujourd’hui cédé, comme le RPR l’a fait à la suite du PS après 1988.

Face à une Turquie qui se réislamise, face à un gouvernement turc qui devient arrogant et agressif, qui cache à peine sa haine de l’Europe et d’Israël, face à un premier ministre qui tombe dans les bras du pantin de Khameneï, le triste Ahmadenijad, bourreau de la révolution verte de Téhéran, l’Europe doit se ressaisir. Elle doit apporter un soutien sans faille à Chypre, exigeant l’évacuation de l’île par la Turquie. Elle doit dénoncer sans relâche les arrestations de journalistes, de militaires, d’opposants. Nous ne devons pas rester passifs devant un second Iran en gestation. Si la Turquie renonce à l’européanisation mise en place par Atatürk, si elle affirme « Adieu l’occident », nous devons en prendre acte et réagir en conséquence.

La première réaction, et elle coûterait peu cher au président Sarkozy, et renforcerait sa crédibilité désormais très altérée, serait de mettre fin de manière unilatérale aux pourparlers d’adhésion, de manière à engendrer un salutaire électrochoc en Turquie même. La seconde réaction, celle de la chancelière Merkel, serait de revenir à la ligne de la CDU d’avant 2000 quant à la question turque en Allemagne. La troisième réaction serait de tendre la main à la Russie de manière décidée, et ainsi de rompre avec l’américanotropisme de certains de nos dirigeants.

Et alors que la Grèce va économiquement au plus mal, disons le haut et fort. Souvenons-nous de Missologghi. Souvenons-nous de Lord Byron ! Ne faisons aucune concession à Erdogan, qui nous remercie dès que nous cédons par des remarques acides. Ce n’est pas seulement l’intérêt des Européens, c’est aussi celui des Turcs, mais 50% des électeurs turcs ne l’ont pas encore compris.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

07/08/2011

La Turquie et l’Union Européenne : état des lieux en août 2011

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erdogan-1.jpgAprès le troisième succès électoral de l’AKP turc de Recep Erdogan, réunissant près de 50% des voix aux élections législatives, qu’en est-il de la question de l’adhésion turque à l’Union Européenne, principale revendication du parti lorsqu’il s’est imposé la première fois ?

Nous, euro-socialistes, avons toujours considéré que le pro-européisme d’Erdogan n’était qu’une façade pour dissimuler un calendrier islamiste de moins en moins caché d’ailleurs, et une stratégie pour affaiblir le principal contre-pouvoir turc, et défenseur de l’héritage kémaliste, l’armée. Bien sûr, dans un état démocratique digne de ce nom, il n’est pas normal que l’armée puisse déterminer la politique de la nation, et bien évidemment qu’elle intervienne pour démettre un gouvernement qui lui déplairait. Mais la démocratie est un combat de tous les jours, résulte toujours d’une démopédie efficiente, et ne se décrète pas. Rome ne s’est pas faite en un jour.

Lorsque Mustafa Kemal fonda l’état turc moderne, il savait que le pays n’était pas encore prêt pour la démocratie, de même que le maréchal Pilsudski en Pologne avait été contraint de tenir le pays avec une certaine poigne à une époque où certains autoritarismes populaires voulaient s’imposer. Il avait analysé le principal obstacle à sa politique d’européanisation, qui restait néanmoins nationaliste, à savoir l’islamisme. Il avait cependant été contraint de tempérer son hostilité à l’islam par réalisme politique, dans un pays très majoritairement musulman et qui liait son identité nationale à cette religion. Pour Kemal, islam et démocratie étaient incompatibles, et la démocratie ne résulterait que de la victoire des idées nationales en version européanisées sur cette tradition qui lui paraissait étrangère.

Ainsi Kemal Atatürk voulut-il enraciner la tradition nationale turque dans le passé anatolien pré-islamique, fondant sa capitale sur les ruines de l’antique Ancyre (devenue Ankara) au cœur de la Cappadoce, et pas très loin d’Hattusa, l’ancienne capitale de l’empire hittite, en même temps que dans la turcité centre-asiatique et païenne, valorisée aujourd’hui encore par une partie du MHP, le parti nationaliste des « loups gris » (Bozkurtlar). Cette révolution morale, que Reza Shah tentera d’imiter en Iran et plus tard Zaher Shah en Afghanistan, impliquait de longues années de travail politique pour qu’enfin la démocratie émerge. Vouloir hâter la démocratie alors que le peuple n’est pas encore prêt, en revanche, c’est au final amener une nouvelle autocratie au pouvoir. En Iran, il y a eu Khomeiny. En Turquie, il y a Erdogan.

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31/07/2011

Haro sur le loup !

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louveteau-17530923e3.jpgIl y a quelques années, j’avais déjà écrit un article intitulé Vae Inimicis Lupi, « malheur aux ennemis du loup ». Alors que la réintroduction de ce prédateur naturel en Espagne, en Italie et même en Roumanie, n’a posé aucun problème particulier, c’est en France que le débat est régulièrement relancé. Dans un premier temps, je vais rappeler l’importance symbolique du loup dans l’imaginaire et la mythologie européens avant de m’intéresser à l’actualité récente, puisque les grands partis (UMP et PS) semblent s’accorder pour déterminer des quotas d’abattage de loups, alors même que l’animal sauvage n’est présent sur notre territoire qu’en à peine plus d’une centaine d’individus, et d’indiquer en ce sens la position du mouvement euro-socialiste en la matière.

Le nom du loup vient du latin lupus et plus anciennement du proto-indo-européen *wlkwos (qui a aussi donné le grec lycos [λυκος], le sanscrit vrikas, l’allemand Wolf, le russe volk [волк]). Dans l’esprit de nos plus lointains ancêtres, cet animal était si respecté que sa femelle avait aussi un nom spécifique, *wlkwis, ce qui n’était pas le cas pour la plupart des espèces sauvages. A l’origine, l’homme et le loup avaient un rapport étrange, ce qui explique non seulement les mythes d’enfants élevés par des loups, Romulus et Rémus en tête, mais aussi les témoignages d’enfants réellement recueillis par des loups, mais aussi le mythe du lycanthrope ou « homme-loup ». En Scandinavie ancienne, certains guerriers portaient d’ailleurs des peaux de loups, les ulfhednar, de même que les porteurs d’enseignes des légions romaines.

Dans la mythologie grecque, le loup est l’animal tutélaire d’Apollon et de Zeus Lycaios, respecté pour son courage mais aussi pour sa férocité. A Rome, c’est une louve qui allaite les deux jumeaux fondateurs, mais c’est aussi un loup qui conduit différents peuples latins vers leurs nouvelles implantations dans le cadre du rite du printemps sacré, ver sacrum. Le loup était associé au dieu de la guerre Mars, dont le char était tiré par deux loups gigantesques. On retrouve l’idée ancienne de l’analogie entre la meute des loups et la « meute » de guerriers (Männerbund en allemand). Chez nos ancêtres gaulois, le nom originel du loup, qui était probablement *volcos, fut tabouisé de bonne heure, par respect pour l’animal, et ce dernier ne fut plus appelé que bledos, « le gris » [breton bleiz]. Le loup était d’ailleurs l’un des animaux associés au dieu celte de l’orage Taranis.

Dans la tradition scandinave, le loup jouit d’une image contrastée, et il est probable que l’influence du christianisme, puisque dans la tradition judéo-chrétienne le loup (ze’ev) est un animal honni [bien que le combattant sioniste Vladimir Jabotinsky prit comme ze’ev comme nom de guerre], y soit pour quelque chose. Odhinn est ainsi accompagné de deux loups (Geli et Freki) mais c’est un loup, à peine de forme lupine, à savoir Fenrir, qui sera responsable de la destruction du monde, accompagné de deux autres loups qui dévoreront le soleil et la lune, et du « loup » infernal Garmr (qui correspond exactement au chien grec Cerbère et au chien indien Sarvaras).

On voit bien que le loup était particulièrement respecté par nos ancêtres. Son pire ennemi ne fut pas seulement le fusil des chasseurs mais la religion chrétienne présentant cet animal comme satane et impur. Alors que les bergers de l’antiquité avaient toujours conservé un rapport favorable aux loups, ce qui ne les empêchaient pas d’honorer les dieux lupins pour qu’ils protègent leurs troupeaux, et ce qui n’a jamais interdit de tuer des loups lorsqu’il s’agissait de prouver sa valeur. Ainsi, le fondateur de Sparte, Lycurgue, était-il « tueur de loups ».

Mais aujourd’hui, alors que la Gaule et même la France médiévale contenaient sans doute trop de loups par rapport au nombre de proies disponibles, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En Europe même, et en Russie notamment, le nombre de loups diminue malgré les mesures de protection prises par les organisations de défense des animaux menacés. L’image négative du loup, accusé à tort de s’en prendre aux hommes, a été remplacée par des raisons économiques, en raison de son rôle dans des attaques de troupeaux. Rappelons que la plupart des attaques sont le fait de chiens redevenus sauvages, qui seraient 100.000 rien qu’en France, et qui eux n’hésitent pas à attaquer l’homme. Or personne ne prône de campagne d’élimination de masse des chiens sauvages. Que sont une centaine de loups, alors que les éleveurs sont dédommagés si des animaux sont tués par ces animaux, par rapport à ce fléau réel, lui.

Le PS et l’UMP, par démagogie politicienne, prônent donc de limiter la population de loups en France par des éliminations sélectives, ce qui revient de fait à combattre sa réintroduction, qui passe nécessairement par une augmentation significative du nombre d’individus. Europe-Ecologie et l’ethno-écologiste Laurent Ozon sont seuls à adopter une position raisonnable sur le sujet, ce qui est un comble. Le PSUNE a choisi depuis son existence de prendre à cœur la défense du loup, sa préservation et sa réintroduction en Europe occidentale. Nous sommes résolument opposés à tout abattage de loups, même si bien évidemment cette mesure doit être accompagnée d’une aide réelle aux bergers leur permettant de limiter les attaques, car la mission première du loup est de s’attaquer aux bêtes sauvages malades ou âgées, conformément aux lois de la nature. Avec la disparition du loup à la fin du XIXème siècle, les bergers avaient pris l’habitude d’avoir un cheptel protégé. Ils s’indignent aujourd’hui que des vautours ou des loups tuent un certain nombre de moutons chaque année. Mais les lois de la nature n’ont que faire des principes du capitalisme moderne.

Quelle est la valeur que l’on donne au loup par rapport au mouton ? Le mouton ne risque pas l’extinction, lui. Il est bien trop nécessaire. Mais justement ce que j’ai démontré, c’est que le loup est encore plus nécessaire, du fait qu’il est intimement lié à notre culture, dans laquelle il a su retrouver une image positive. Et si l’expression « l’homme est un loup pour l’homme » était exact, nous serions davantage solidaires que nous ne le sommes, en vérité, car le loup est le symbole même de la camaraderie et de l’esprit collectif au service de la meute. Quand le PS ou le PCF, pour plaire aux éleveurs, condamnent le loup à la marginalité, ils oublient que le loup est l’animal socialiste par excellence.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE