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21/09/2014

L’Ecosse, entre déni de démocratie et mensonge souverainiste

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Un grave déni de démocratie.

q-icon-scottish-flag-3.jpegLe lecteur pourrait s’étonner de voir dénoncer un déni de démocratie alors même qu’en apparence le peuple écossais a été consulté sur son avenir. Mais la démocratie est l’expression libre du peuple, correctement informé par des media eux aussi libres et objectifs. S’il agit sous la contrainte ou sous la menace, en revanche, les principes fondamentaux de la démocratie sont bafoués.

David Cameron, le premier ministre britannique, s’était imaginé au vu des sondages de l’époque qu’organiser un référendum sur l’indépendance écossaise, alors que cette option semblait nettement minoritaire, lui permettrait de redorer son blason alors qu’il souffre d’un discrédit auprès de l’opinion, à la tête d’une coalition fragile. Comme tous les dirigeants « nationaux », ceux-ci ne consultent le peuple que s’ils y sont obligés par la constitution, comme en Irlande, ou s’ils sont quasi certains de l’emporter facilement.

Mais lorsque les gouvernements posent une question au peuple, généralement ce dernier ne leur donne pas la réponse qu’ils attendent, profitant qu’on leur donne enfin l’occasion de s’exprimer pour dire vraiment ce qu’ils pensent. En Suisse, les électeurs n’hésitent pas à donner leur aval à des votations remettant en question l’idéologie dominante, comme lorsqu’ils ont voté l’interdiction de la construction de minarets sur les mosquées. Certes, même chez eux, les media répètent en boucle les mantras de l’idéologie mondialiste, comme chez nous. Mais la démocratie locale, qui est une réalité helvétique, limite néanmoins leur impact.

Au moment où les sondages ont commencé à démontrer que les Ecossais allaient finalement dire oui à l’indépendance, les autorités britanniques ont paniqué. Cameron, qui avait donné son aval à ce référendum, a craint de devoir quitter le pouvoir. C’est ainsi que le rouleau compresseur politico-médiatique s’est abattu sur le pauvre peuple écossais afin de le contraindre, davantage encore que de le convaincre, à rejeter l’indépendance.

La grosse artillerie fut utilisée. La BBC et les autres media nationaux ont pris ouvertement parti contre cette indépendance. On a mobilisé les célébrités de la télévision, les acteurs et les chanteurs, et même les sportifs pour inviter les électeurs à modifier leur vote. Tous les partis politiques britanniques ont pris position contre la liberté du peuple écossais de choisir un autre destin qu’une union contrainte depuis le début du XVIIIème siècle. Du BNP au Labour, tout le monde était vent debout contre l’idée même que l’Ecosse se sépare de l’Angleterre en restant dans l’Union Européenne en nations égales.

Et comme cela ne suffisait pas encore, les banques ont sonné l’alarme, mettant en garde les Ecossais contre un choix incertain, puisque ceux-ci n’étaient plus garantis de conserver la livre sterling. Cet argument fut décisif aux yeux des plus de 50 ans qui furent au final 65% à refuser l’indépendance. La peur d’un lendemain économique hasardeux a été déterminante. Or ce n’est rien d’autre que du chantage et une façon habile d’attiser des peurs irrationnelles.

Si l’Ecosse avait voté pour l’indépendance, le reste du Royaume-Uni aurait dû faire avec. Après tout, l’indépendance du Monténégro vis-à-vis de la Serbie et la séparation de la Tchéquie et de la Slovaquie ne furent en rien un drame. Or David Cameron en personne a mis en garde les Ecossais en expliquant que la séparation ne serait pas à l’amiable, alors que c’est pourtant lui qui avait sollicité leur avis. Certains ont laissé entendre que des frontières seraient installées aux portes de l’Ecosse. Et d’autres encore ont expliqué que l’Ecosse ne serait plus membre de l’Union Européenne, alors que son adhésion automatique en soi ne poserait aucun problème.

Il est donc bien clair que les électeurs écossais ont été confrontés à une campagne extrêmement lourde de « mise en condition ». C’est héroïque que 44.7% des Ecossais aient néanmoins voté en faveur de l’indépendance. Mais les étrangers, qu’ils soient issus de l’Union Européenne ou du Commonwealth, davantage sensibles aux menaces, et sans enracinement identitaire, ont joué la carte de Londres. Sans leur participation d’ailleurs, les Ecossais seraient depuis jeudi indépendants.

Le résultat de ce référendum est donc en vérité une forfaiture, une démocratie de papier, une dictature qui cache son nom.

Le mensonge souverainiste.

Les souverainistes, français comme britanniques, nous expliquent que l’Union Européenne veut « détruire les nations » en favorisant les régionalistes. Or l’Union Européenne par le biais de ses représentants, Barroso en tête, a menacé l’Ecosse, et aussi la Catalogne, au cas où le oui l’emporterait. Après la « victoire » forcée de jeudi, Barroso a même déclaré que ce résultat était en faveur d’une « Europe unie, ouverte et plus forte ». C’est tout de même étonnant de la part d’une organisation dont David Cameron a dit le plus grand mal, souhaitant même en 2016 organiser un référendum pour proposer aux électeurs britanniques que le Royaume-Uni quitte l’UE.

Les souverainistes ne cessent de parlent de souveraineté du peuple, d’indépendance et de liberté. Or UKiP aussi bien que le FN étaient opposés à l’indépendance écossaise. La liberté est-elle valable pour les uns mais par pour les autres ? Par ailleurs, au nom de cette « souveraineté » nominale, que la construction « européenne » ne remet nullement en question, le prouvant une fois de plus en soutenant la position des Etats, Royaume-Uni comme Espagne, n’a-t-on pas en réalité aliéné la liberté des peuples ?

Le Royaume-Uni est en effet le pays le plus souverainiste d’Europe. Ses tabloïdes passent leur temps à conspuer leurs voisins européens. Le parti des conservateurs (Tories) a fait sécession d’avec le groupe PPE (droites européennes) à Strasbourg. UKiP a été le premier parti britannique à l’issue des élections européennes de 2014. Mais cette « souveraineté » constamment affichée par Londres n’est que de papier. Les véritables dirigeants du Royaume-Uni ne sont ni la reine ni le peuple britannique. Ce sont les Etats-Unis, dont le Royaume-Uni est vulgairement appelé le 51ème état américain, mais aussi la City, incarnation du capitalisme international donc du volet économique du mondialisme.

L’Union Européenne elle-même n’est européenne que de nom, car elle est dans les mains d’une hyper-classe « nationale » et internationale, composée des élites dévoyées de chaque état membre, au service des intérêts américains. On l’a constaté dans l’affaire ukrainienne. Economiquement, notamment pour l’Allemagne, les sanctions prises contre la Russie étaient extrêmement négatives, alors qu’en revanche les USA n’y ont rien perdu et ont même ainsi gagné des marchés. Rappelons aussi que l’actuelle Union « Européenne » négocie un traité (TAFTA) extrêmement défavorable à nos intérêts mais qui a tout pour plaire du côté de Washington.

C’est tout de même ironique. Les partis nationalistes et souverainistes d’Europe, qui sont les premiers à dénoncer la politique américaine, se sont joints au concert de tous les opposants à la libre expression du peuple écossais. L’Union Européenne, les Etats-Unis, la presse internationale, les milieux d’affaire et de la banque, les élites, et jusqu’au journal Le Monde, se sont d’ailleurs réjouis de la victoire du non. Une belle unanimité qui démontre si besoin est le mensonge d’un positionnement anti-système de la part des souverainistes. Seuls les militants catalans, flamands et padaniens mais aussi les russophiles du Donbass, ont finalement soutenu la position du SNP écossais en faveur de l’indépendance.

En clair, le Système tout entier avait décrété que l’indépendance de l’Ecosse représentait une menace sérieuse pour ses intérêts. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fallait soutenir les indépendantistes écossais dont l’action aurait porté un coup dur au premier vassal de l’Amérique et déstabilisé des Etats qui depuis des décennies maintenant trahissent les peuples dont ils prétendent avoir la charge.

La victoire du non est donc celle du mondialisme sur l’auto-détermination des peuples et sur les libertés démocratiques des citoyens. Ceux qui s’en réjouissent, taisant les conditions dont ce non a été obtenu, se soumettent donc à l’idéologie dominante, même s’ils prétendent la combattre.

Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire les organisations souverainistes que nos dirigeants n’avaient pas respecté le résultat du référendum sur la prétendue « constitution européenne » en 2005 ? Qu’ils essayaient d’effrayer les citoyens afin de déconsidérer ceux qui voulaient l’abandon de l’€uro ?

L’eurosceptique David Cameron a même expliqué aux Ecossais que dans le Royaume-Uni, ils étaient plus forts. Cet argument est exact mais n’est-il pas aussi exact au niveau européen ? Les Ecossais auraient intérêt à s’unir aux autres Britanniques, mais les Britanniques n’auraient pas intérêt à s’unir aux autres Européens ? L’émergence d’un Etat écossais divisait encore davantage le continent, certes. Mais les divisions nationales au sein de l’Europe aboutissent au même résultat. Si c’est vrai dans un cas, cela l’est aussi dans l’autre.
Ainsi, grâce à cette affaire écossaise, les souverainistes et autres prétendus « nationalistes » se sont-ils révélés sous leur vrai jour, des agents du mondialisme et de la domination atlantiste sur l’Europe occidentale et centrale. Ils en partagent les principes, comme l’universalisme auquel se soumettent volontiers UKiP et le FN, et avec eux tous les partis souverainistes, et la soumission à l’OTAN. Il est bien beau de prétendre démanteler l’OTAN si on ne propose aucune organisation crédible de défense européenne à la place.

Une Europe unie, condition de sa liberté.

Aucune Europe indépendante ne pourra voir le jour sans une armée européenne dont l’idée même est combattue par les souverainistes. Or les armées nationales des anciens Etats sont des nains par rapport à l’armée américaine, et le budget cumulé de l’Europe, même en y incluant la Russie, est dérisoire par comparaison. Un Etat endetté comme la France, qu’il soit dans l’Union Européenne ou pas, aurait-il les moyens d’avoir une armée à nouveau crédible pour assurer sa défense ?

Bien sûr, l’Ecosse seule, avec son Etat souverain, n’était pas une solution crédible, même si elle pouvait donner le sentiment aux Ecossais que leur identité serait davantage préservée. Mais le Royaume-Uni seul, et en réalité vassal de Washington, est-ce crédible ? Pas davantage. Quant à l’identité des peuples qui composent le Royaume-Uni, elle est vendue à une immigration post-coloniale continue depuis les années 50.

Alors, bien sûr, une Ecosse libre aurait pu avoir l’idée de ne pas imiter l’Angleterre en ce domaine, même si le discours du SNP et d’Alex Salmond n’était pas moins « politiquement correct » à ce sujet que ses adversaires de Londres. Beaucoup de jeunes écossais ont néanmoins voulu croire à un autre avenir que celui dicté par la City. Et ils ont été déçus.

Ce résultat doit d’ailleurs servir de leçon. Le mondialisme est assez fort pour imposer à un peuple, et ici aux Ecossais, une situation qui lui est très défavorable. Ce qui est vrai pour l’Ecosse le sera autant pour tout autre pays européen, même pour le Royaume-Uni. Un système qui sanctionne indûment la Russie en s’en prenant à son économie ne reculera devant rien.

Supposons qu’en France un mouvement « patriote » parvienne au second tour des élections présidentielles. Certes il ne subirait pas la même manœuvre qu’en 2002. Mais il aurait affaire aux mêmes pressions internationales que celles subies par les Ecossais. Qu’importe la nature de son programme économique. Bien sûr prôner la fin de l’€ n’est objectivement pas crédible. Mais même s’il y renonçait, la simple peur d’un changement politique majeur inquiétant les marchés, suffirait à faire céder une majorité de Français, pensant à leurs économies, au chômage ou à l’inflation.

C’est pourquoi là où les souverainistes prétendent que « seule la nation protège », alors qu’on voit bien que non seulement elle ne protège pas mais contraint le peuple à se soumettre, et qu’il n’y aurait de solution qu’à l’intérieur de chaque Etat pris séparément, nous devons leur opposer « l’Europe d’abord ! ».

Une Europe unie, par sa puissance dégagée, par son poids économique, qui demeurerait inégalée, pourrait être véritablement souveraine, c'est-à-dire en mesure de choisir librement son destin, sans qu’aucun chantage, sans qu’aucune menace, sans qu’aucune sanction ne puisse l’inquiéter. Sa force naturelle sera rassurante. Le peuple saura qu’il n’a rien à craindre. Car il n’y pas de véritable souveraineté ni de liberté si on n’a pas les moyens de ses ambitions. La souveraineté des souverainistes est de papier, leur liberté une soumission à l’Amérique. La véritable souveraineté n’est désormais possible qu’au niveau européen.

En ce sens, nous les européistes véritables, nous sommes aussi les seuls vrais souverainistes. A la souveraineté mensongère à l’échelle des Etats, nous opposerons la souveraineté réelle d’une Europe unie de l’Islande à la Russie. Une souveraineté d’airain. Avec son armée, avec son Etat. Une Europe réconciliée avec la Russie, qui a vocation à la rejoindre, et qui pourra mettre fin à la domination américaine sur notre continent !

Thomas FERRIER (PSUNE)

23/12/2012

François Hollande en Algérie : une faute morale et politique

france-algerie2.jpgLe discours contesté d’un président.

Annoncée depuis plusieurs semaines par les media de France et de Navarre, la visite du président français en Algérie, pour le cinquantenaire de l’indépendance du pays était attendue. Accusé de vouloir pratiquer la repentance systématique, Hollande avait prévenu par avance qu’il n’allait pas à Alger pour présenter des excuses ou pour faire acte de contrition.

Cependant, Hollande n’a pas pu et n’a pas su rompre avec la Françafrique, tout comme son prédecesseur Nicolas Sarkozy. Là où ce dernier évoquait « une Afrique qui n’est pas encore rentrée dans l’histoire », François Hollande parle de la nécessité de maintenir le lien entre la France et l’Algérie, ne prenant pas acte du fait que justement ce pays est devenu indépendant et que ce lien était cette colonisation de 132 ans qu’il fustige par ailleurs comme une période d’insupportable oppression subie par le peuple algérien.

Pour dénoncer cette colonisation, il a recours à la figure de Clémenceau, qu’il n’a pas comprise, puisque ce dernier refusait la colonisation non seulement au nom du droit des peuples à la liberté mais surtout au nom des intérêts français, car il avait compris que l’Algérie française deviendrait rapidement un boulet financier et qu’il y avait mieux à faire avec l’argent des contribuables, par exemple reprendre les provinces perdues et construire des routes et des hôpitaux en France. Il évoque aussi la France libre, présentant Alger comme la capitale d’une France résistante alors que c’était Londres avec Charles De Gaulle. La France de Giraud ce n’était pourtant pas la France de De Gaulle.

Par ailleurs, François Hollande a légitimé par sa présence un gouvernement algérien que beaucoup d’Algériens, et en premier lieu le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, considèrent comme illégitime. Il est ainsi intervenu dans les affaires d’un pays souverain pour soutenir implicitement le régime de Bouteflika en place. Et il l’a fait au nom des intérêts économiques du mondialisme financier, agissant en VIP d’une oligarchie planétaire qui tient la France et l’Europe sous coupe réglée.

Enfin, alors que l’assimilation est un échec de plusieurs décennies, il encourage la jeunesse algérienne à rejoindre la France et lance des signaux lourds envers les Algériens et descendants d’Algériens déjà présents en France en grand nombre, une façon de vouloir s’attacher à nouveau leur vote, alors que le « mariage pour tous » trouble les communautés musulmanes installées dans notre pays. Une fois de plus, le président n’est pas au service des intérêts de son peuple, qui essaie par tous les moyens de lui faire savoir que la France déborde et n’en peut plus.

En disciple de son ancien rival Sarkozy, Hollande nous ressort cette idée folle d’ « union méditerranéenne » qu’il met exactement sur le même plan que l’Union Européenne, trahissant ainsi un afrotropisme que je dénonçais déjà lorsqu’il était encore dans l’opposition. Ce faisant, il nie la pleine européanité du peuple français, réactive l’idée que notre avenir se jouerait en Méditerranée, négligeant l’échec retentissant de l’empire romain à vouloir réunir des gens issus de civilisations différentes.

Comment s’étonner de toute façon du néo-colonialisme de François Hollande quand on sait que son mentor en ce domaine est l’islamotrope Benjamin Stora, qui a osé déclarer récemment que « ce n’est pas un déplacement classique, l’Algérie, c’est une question de politique intérieure » ? Pourtant, le général De Gaulle avait œuvré pour bien faire comprendre aux Français que l’Algérie n’était pas et n’avait jamais été la France.

Une opposition qui n’a rien compris.

Suite à ce discours où le président en exercice condamne la colonisation tout en pratiquant implicitement un néo-colonialisme insupportable, la droite et surtout l’extrême-droite ont eu à cœur de le dénoncer, mais en reproduisant la même mythologie contre-nature que leur adversaire. Il ne faut pas oublier que le propre père de François Hollande était un partisan déclaré de l’Algérie française, tout comme celui de Ségolène Royal.

Louis Aliot et Marine Le Pen ne retiennent du discours présidentiel qu’une forme de repentance, de reconnaissance du FLN, et l’oubli volontaire du sort des pieds noirs et des harkis. Ils perpétuent ainsi la ligne néo-colonialiste de Jean-Marie Le Pen, combattant pour que l’Algérie reste française, même s’il fallait faire contre tout bon sens de neuf millions d’algériens, qui sont aujourd’hui trente millions, des français.

Gérard Longuet (UMP) vante le bilan colonial prétendûment positif de la France en Algérie. Pourtant Daniel Lefeuvre a démontré que le bilan économique de la colonisation fut calamiteux pour la France. Ce n’est pas pour rien que Bismarck avait encouragé le gouvernement français à coloniser l’Afrique. Il explique par ailleurs qu’il n’est pas bon pour la jeunesse française d’origine immigrée d’avoir en tête une France qui se serait mal comportée vis-à-vis de leur pays d’origine.

Aucun ne semble pourtant avoir conscience que le bilan réel de la colonisation n’a jamais été réellement tiré et surtout assumé complètement. Nous savons aujourd’hui qu’en matière économique, la colonisation a ruiné la France et que le décollage de notre pays n’a été possible qu’une fois le boulet lourdé. Nous savons en outre que ce n’est pas par manque d’universalisme que la France a colonisé, mais bien par un universalisme maladif et perverti, avec cette idée nauséabonde selon laquelle la France devait « civiliser les barbares ». La France a agi en Algérie comme les Romains ont agi en Gaule, à la différence près que Gaulois et Romains étaient issus de deux civilisations très proches. Elle a cru sérieusement pouvoir transformer en européens une population arabo-musulmane qui souhaitait simplement demeurer elle-même et être respectée dans son identité. Elle s’est trompée.

Ni le PS ni le FN n’ont compris l’erreur de base qui était de vouloir s’imposer chez autrui et de vouloir imposer à autrui ce qu’on croit bon pour lui. La colonisation était illégitime dès le point de départ et indéfendable quel que soit le bilan comptable, et encore davantage lorsqu’on constate que même économiquement elle ne se justifiait pas.

C’est Bernard Lugan qui tire le bon constat de cette affaire coloniale, à savoir que la colonisation « est devenue une véritable tunique de Nessus, qui fait peser sur les générations européennes à venir une hypothèque d’autant plus lourde qu’elles ne l’ont pas signée et dont elles demanderont un jour pourquoi elles sont condamnées à en honorer les traites. » Et il ajoute, non sans lucidité, que « les populations originaires de notre ancien empire et vivant en France, comptent plus de six millions de personnes, naturalisés compris, soit quatre fois plus qu’il n’y eut de colons ». Pour lui, ce simple fait doit être considéré comme le bilan colonial véritable.

Pour une décolonisation accomplie et assumée.

Finir la décolonisation, c’est restaurer la situation d’avant que le colonisateur ne se soit implanté dans ces colonies désormais émancipées. C’est prendre acte qu’il n’y avait aucun destin commun entre la France, et par l’extension l’Europe, avec l’Algérie, et par extension l’Afrique. La France est un pays européen et doit le rester. Il est en ce sens totalement scandaleux que François Hollande ait osé mettre la relation franco-algérienne sur le même plan que la relation franco-allemande. Allemands et Français ont un destin commun, celui de faire partie d’une Europe politique. Allemands et Français ont un héritage civilisationnel commun immense, que nous n’avons pas avec l’Afrique du nord, arabo-berbère et musulmane.

Mais pour finir cette décolonisation, pour rompre définitivement avec la Françafrique, qui nous rattache à un continent qui a repris à juste titre sa liberté mais à qui nous ne devons rien et qui ne nous doit rien non plus, il existe aujourd’hui des obstacles que nous n’avions pas après 1962, du temps du général De Gaulle au pouvoir.

Le premier obstacle c’est cette oligarchie mondialiste dont la branche française veut absolument nous rattacher systématiquement à l’Algérie. Les intérêts économiques dont Hollande a été le promoteur ne sont pas ceux des Français ni des Européens, bien au contraire. Développer l’Algérie au détriment d’une France qui a cinq millions de chômeurs n’est pas la politique que devrait mener un président de la république. Aliéner les intérêts du peuple à ceux d’autres pays ou de lobbies économiques n’est pas acceptable.

Le second obstacle, ce liant entre la France et l’Algérie qui n’existait guère en 1962, c’est l’immigration algérienne, passée et présente, en France. C’est cette immigration que Valéry Giscard d’Estaing voulait réduire au minimum en 1978, mais que François Mitterrand s’est empressé de vouloir régulariser et naturaliser dès 1981. De la sorte, a été réintroduit le boulet colonial dont De Gaulle nous avait libérés.

Décoloniser, c’est redonner à la France son destin européen, son identité européenne. Notre avenir est sur le continent européen et certainement pas en Afrique. Le PSUNE entend donc mettre fin à ce lien colonial que les dirigeants français n’ont pas pu ou pas voulu rompre. Cela signifie qu’il va falloir écarter du jeu ces acteurs de liaison que sont l’oligarchie financière d’une part et le communautarisme nord-africain d’autre part. Tout ce qui peut freiner l’union de l’Europe dans laquelle la France a toute sa part doit être mis de côté.

Respecter le peuple algérien, c’est cesser de vouloir lui imposer de cohabiter avec la France. Respecter le peuple français, c’est cesser de vouloir lui imposer de cohabiter au prix fort avec une ancienne colonie qui a souhaité avec raison s’émanciper de son joug. Nous n’avons pas de destin commun, nous n’avons pas non plus d’amitié privilégiée avec ce pays. L’Europe demain traitera l’Algérie comme un pays comme les autres, sans inimitié particulière mais sans traitement de faveur non plus. Avec respect certes.

Coupons le cordon colonial. Libérons nous de nos anciennes colonies une bonne fois pour toutes et cessons de vouloir nous lier à eux, que ce soit en allant chez eux ou en les faisant venir chez nous. Et bâtissons enfin l’Europe politique !

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

11/11/2012

L’histoire et la mémoire : 732 et 1962

martel1.jpgDepuis l’époque où les historiens romains défendaient le point de vue du sénat impérial contre les princes, l’histoire a représenté un enjeu politique important. A la damnatio memoriae antique consistant à passer sous silence les pages sombres, en effaçant le nom des tyrans des lieux de mémoire, nous sommes passés depuis les années 70 à l’hypermnésie, à une exploitation outrancière de la mémoire collective à sens unique, afin que l’Europe fasse pénitence pour toutes les tragédies du passé. Et ceux qui veulent s’opposer à cette mémoire de repentance, propose une relecture de l’histoire qui n’est pas moins mensongère. Or la vérité historique est libératrice et salvatrice, car elle permet de contextualiser les évènements, de les démythifier, de leur rendre leur coloration d’origine.

Récemment, des militants identitaires ont occupé une mosquée en construction à Poitiers, en hommage à Charles Martel qui y aurait repoussé les musulmans en 732, ce qui a amené la journaliste Elisabeth Levy dans un débat l’opposant Clémentine Autain à y dénoncer une pure légende. De la même manière, le président « socialiste » François Hollande a ajouté une nouvelle journée nationale de commémoration le 19 mars, en relation avec la signature d’un cessez le feu en Algérie le 19 mars 1962, date considérée par beaucoup d’anciens combattants et de pieds noirs comme celle d’une défaite. Le nouveau président a de fait une propension particulière à ne vouloir voir que les pages sombres de l’histoire de son pays, selon une lecture bien partisane des évènements.

Cet article a pour but de redonner le sens authentique aux évènements historiques et aux enjeux évoqués par ces deux dates.

732, une opération de pillage qui tourne mal

La tradition veut que Charles Martel ait arrêté une invasion maure à Poitiers en 732 et le représente comme le défenseur de la chrétienté, et accessoirement de l’Europe. Or, Charles Martel n’était absolument pas un croisé en lutte face à un conquérant déterminé. Lui-même n’était guère chrétien. Son surnom latin de martellus, « le marteau », ne paraît pas faire allusion à une arme que Charles aurait spécialement affectionnée, mais plutôt au dieu germanique au marteau qu’est Donar, correspondant au dieu scandinave Thor. Car en 732, malgré la conversion de Clovis deux siècles auparavant, le paganisme a survécu, et la preuve en est que sous Pépin puis sous Charlemagne et même sous Louis le pieux, des capitulaires rappelleront l’interdiction de pratiquer le paganisme sous peine des pires sanctions.

Comme beaucoup de francs, et aussi comme beaucoup de gallo-romains, comme ses soldats, Charles est superficiellement chrétien mais le paganisme est toujours présent. Ses symboles et ses valeurs dominent. Il est probable que nombreux compagnons de combat de ce maire du palais n’étaient même pas chrétiens. Charles n’est pas un païen, car sinon les plus hautes responsabilités de l’Etat lui auraient été interdites. Mais ce n’est pas pour autant un authentique chrétien. Il méprise les prêtres et s’insurge contre les biens des Eglises. Et, au pouvoir, il nationalisera les dits biens, que son fils leur restituera après la mort du héros.

L’incursion musulmane à laquelle il mettra fin n’est pas de son côté une opération militaire, pas même l’avant-garde d’une invasion en cours. C’est une razzia, une opération ciblée de pillage. En direction de Tours, cette troupe a déjà dépassé Poitiers lorsqu’elle tombe sur l’armée de Charles. Par le biais d’un bon service de renseignement, Charles a eu vent de l’affaire et intervient. On ignore s’il y a véritablement eu une bataille ou si les maures sont repartis immédiatement en Espagne.

Charles n’a pas protégé le christianisme, qu’il méprisait, et n’a pas eu à protéger l’Europe car ce n’était pas une invasion qu’il a eu à affronter. Mais il a mis un coup d’arrêt à une intrusion islamique qui, si elle avait réussi, aurait pu amener les arabo-musulmans à organiser et cette fois pour de bon une opération militaire d’envergure. Voyant qu’en face il y avait du répondant, l’idée n’émergea pas. La division des princes goths d’Espagne avait permis aux compagnons de Tariq de poser le pied sur le sol européen et de s’emparer de l’Hispanie entière, à part quelques îlots de résistance d’où viendra la Reconquista. Mais face à eux, c’était un homme noble, sens du prénom « Karl » en germanique, incarnation du dieu barbu et roux qui affronte les géants de givre.

Charles a sauvé l’Europe d’une future invasion même s’il n’a pas vaincu une armée. Il a envoyé un signal fort, un message, qui a été compris par ses ennemis. Et ensuite, il est probable qu’il a magnifié sa geste pour en tirer un profit politique important. Si les Carolingiens ont pu remplacer les Mérovingiens, ils le doivent à Charles.

1962, une colonisation qui prend fin

François Hollande a fait du 19 mars (1962), date du cessez le feu entre la France coloniale et l’Algérie naissante, une journée nationale du souvenir, exaspérant les anciens combattants, les pieds noirs, l’UMP et le FN. Cette date représente concrètement la défaite de la France, et s’il est normal que le peuple algérien puisse fêter à juste titre cette date clé de son histoire, ce n’est pas normal en revanche que le peuple français doive spécialement s’en souvenir.

Sur cette question qui suscite anormalement de passions, cinquante ans après, et alors que l’écrasante majorité des français ne s’y intéresse pas, il convient de rappeler certains principes politiques généraux.

En premier lieu, la colonisation de l’Algérie a commencé par une opération de lutte contre le brigandage en Méditerranée. En 1829, l’armée du roi Charles X a débarqué à Alger pour écraser la base arrière de ces criminels et notoirement trafiquants d’esclaves. Cette action n’avait pas comme but de s’emparer d’un territoire, ni d’y implanter des colons. C’est sous Napoléon III puis sous la IIIème république que progressivement le bey d’Alger, ancienne colonie turque, a été conquis. La fin du XIXème siècle, époque d’élan colonial de l’Europe occidentale, transformera ces implantations précoces en bases d’un empire colonial en gestation.

Disons le tout net. La présence française n’était pas légitime en Algérie et l’idée même « d’Algérie française », contre laquelle s’opposèrent les socialistes (Clémenceau) et les patriotes (Déroulède) était une folie. Cette folie aurait été toutefois moins funeste si la France avait colonisé à la façon britannique au lieu de vouloir faire croire à ces populations qu’elles étaient destinées à devenir françaises, contre tout bon sens.

Et il était logique qu’après l’effondrement du pays en 1940 face à l’armée allemande, et au déclin des puissances coloniales après 1945, au profit des Etats-Unis et de l’Union Soviétique, puissances farouchement anti-colonialistes, de nombreux algériens aient voulu se doter d’un véritable état souverain et indépendant. Même si l’Algérie comme état est née de cette guerre de fondation, les algériens étaient légitimes dans leur volonté de chasser la puissance occupante. Même si on peut en dénoncer les moyens employés, le combat pour l’indépendance de l’Algérie qu’a mené le FLN était légitime.

Par ailleurs, le bilan économique de la colonisation de l’Algérie était très négatif pour la France. Clémenceau avait bien eu raison face à Ferry en dénonçant de l’argent dilapidé dans l’aventure coloniale au lieu de le consacrer à améliorer le sort des français et à se préparer militairement face à un risque de nouvelle guerre. De Gaulle en avait parfaitement conscience. Homme de l’est du pays, sans attaches en Afrique du Nord, l’empire colonial lui a toujours apparu comme un boulet. S’il a manœuvré habilement en se servant de cette crise pour accéder au pouvoir, au prix d’un mensonge éhonté, « l’Algérie est et restera française », il a eu fondamentalement raison. L’Algérie ce n’était pas la France. Et lorsqu’un Le Pen, qui en 1958 considérait la jeunesse algérienne comme une force pour la France, déclara que parce que « nous n’avons pas eu l’Algérie française, nous avons eu la France algérienne », il s’est lamentablement trompé.

Une fois de plus, De Gaulle a eu raison et l’extrême-droite a eu tort. L’ « Algérie française » était une erreur monumentale qu’il n’aurait pas fallu commencer et à laquelle il fallait mettre fin au plus tôt. 1962 c’est huit ans de trop.

Mais, une fois que cela a été dit, il n’y a pas lieu de revenir en permanence sur le sujet. Et si François Hollande le fait, c’est pour récompenser un électorat d’origine algérienne qui a voté à plus de 95% en sa faveur et aussi en préparation de son voyage en Algérie. Il s’agissait ni plus ni moins que de flatter l’orgueil algérien, au détriment de la fierté nationale, dans l’optique d’être bien accueilli. Mais personne ne lui a demandé d’aller en Algérie, que je sache.

L’Algérie est indépendante et il était normal qu’elle le soit. Aucune nostalgie à l’égard d’une prétendue « Algérie française » n’a de sens. Notre dette s’arrête avec les accords d’Evian. Nous aurions dû par ailleurs finaliser cette décolonisation au lieu de vouloir maintenir des liens avec nos anciennes colonies. Couper les ponts aurait été sage. Or, l’Algérie n’est pas vraiment libérée de la France, et surtout la France n’est pas assez libérée de l’Algérie.

C’est bien pourquoi, au lieu de faire des journées nationales du souvenir, il est temps de finir la décolonisation et de mettre fin à la Françafrique. Et s’il faut absolument des journées du souvenir, alors faisons du 11 novembre, fête de tous les combattants européens, et du 9 mai de chaque année un jour mémorable, celui de l’Europe unie et réconciliée.

Car notre avenir est européen, et non méditerranéen. Car notre avenir est à Berlin et à Moscou, et pas à Alger et à Oran. La France est un pays européen, les Français un peuple européen. Et c’est de cela qu’il convient de se souvenir et de rien d’autre.

Vive l’Algérie algérienne et surtout vive l’Europe européenne !

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

25/03/2011

Indépendance immédiate pour Mayotte !

logo4c.pngAlors que la départementalisation officielle de Mayotte s'annonce imminente, suite à un référendum de 2010 où 97% des mahorais ont répondu "oui" à la question de la transformation en DOM (département d'outre-mer), référendum contre lequel très peu de gens en France s'étaient élevés [j'en faisais modestement partie, avec notamment Guy Sitbon pour "Marianne"], j'apprends que la République des Comores a réitéré une protestation vigoureuse contre cet acte caractérisé de néo-colonialisme et organisera demain une grande manifestation en ce sens. Les responsables comoriens rappellent qu'en 1975, à son entrée à l'ONU, les Comores comprenaient officiellement Mayotte. Rappelons à ce titre que l'ONU a plusieurs fois condamné la France à ce propos.

Alors que le sujet revient à nouveau dans l'actualité, je me suis informé des statistiques de 2000 concernant la population de Mayotte et là, je suis stupéfait. Je vous donne brutes de décoffrage les informations précises sur la composition démographique de cet île. Pour ceux qu'ils veulent vérifier, je les invite à consulter la page anglophone de Wikipedia concernant les Demographics of Mayotte.

La population de Mayotte est de langue mahoraise, qui est la langue des autres populations comoriennes. Cette langue, du groupe bantou, est apparentée au swahili. 35% seulement des mahorais parlent le français, 35% seulement !, qui est la langue officielle de l'île. A cela, il faut ajouter que 97% de la population, les 3% restants étant des français de souche, est musulmane, la sharia s'y appliquant encore récemment, ainsi que la polygamie.

Mayotte est une île qui subit une immigration clandestine massive, qui n'est en vérité une immigration que de nom car les habitants de Mayotte sont autant comoriens que les immigrants illégaux. C'est normal, en raison des avantages en matière d'aides sociales dont bénéficient les comoriens de Mayotte et dont sont privés les autres comoriens. La France crée ainsi naturellement un intense appel d'air lancé à toutes les populations afro-musulmanes de cet espace géographique.

Enfin, last but not the least, en 2000, le taux de natalité de la population de Mayotte était de... 6,33 enfants/femme, avec un taux d'accroissement démographique de 4% par an. 6,33 enfants par femme, c'est plus que le taux de natalité du Mali !

En conséquence, le PSUNE considère qu'en la matière la décolonisation n'a pas été finalisée et que c'est au mépris du droit international, au mépris de la volonté du peuple français, qui n'a pas été consulté ni convenablement informé, et au mépris des évidences, que Mayotte va devenir un département français.

Le PSUNE prend donc l'engagement de respecter la volonté populaire d'indépendance des Comoriens de 1975, ce qui implique que la départementalisation en cours de Mayotte est nulle et non avenue, et de soutenir le rattachement légitime de Mayotte à la République de Comores !

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE