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30/10/2014

Elections ukrainiennes 2014 : la sortie des sortants.

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Ukraine,élections parlementaires,2014,Porochenko,Arseniuk,SvobodaEn deux ans, le phénomène Euro-Maïdan et la fuite du président sortant Yanoukovitch ont modifié en profondeur la situation politique de l’Ukraine. Le tandem président/premier ministre, Porochenko/Arseniuk, à peine constitué, des élections anticipées qui se sont déroulées ce dimanche ont bouleversé la répartition des sièges à la Rada.

A 99,7% du dépouillement, les résultats quasi définitifs sont désormais connus et s’ils confortent l’équipe en place, ils mettent surtout fin à l’époque politique précédente.

En 2012, le Parti des Régions, qui a boycotté cette élection, l’emportait avec 30% des voix, offrant à l’ancien président Yanoukovitch une majorité confortable. Le parti de Ioutchenko, « Notre Ukraine », président antérieur, n’avait obtenu que 1,1% des voix. Le mouvement Batkivchina d’Ioulia Timochenko était le premier parti d’opposition avec 25,6% des voix. A droite et à gauche s’opposaient le parti nationaliste Svoboda (10.5% des voix) et les communistes du KPU (13,2% des voix). En 2012, le Parti Radical d’Oleg Lyachko devait se contenter d’1,1% et d’un siège unique. Enfin UDAR, le mouvement démocrate de Vitali Klitchko obtenait 14% des voix, devenant le troisième parti du pays.

Cette opposition, une fois le président Yanoukovitch renversé, a été balayée par les électeurs ukrainiens. Sous la forme du Bloc d’Opposition, faux nez du Parti des Régions, ce mouvement n’a obtenu que 9,4%, ce qui est néanmoins un score pas si mauvais, en sachant que les régions rebelles de l’est du pays et la Crimée n’ont pas voté. Batkivchina, le parti de Timochenko, n’obtient en 2014 que 5,7% des voix, soit seulement 0,7% de plus que la barre requise de 5% pour avoir des élus au scrutin proportionnel. Klitchko a quant à lui complètement disparu.

Le Front Populaire (ou « National ») du premier ministre Arseniuk est devenu en revanche le premier parti du pays, avec 22,2% des voix environ. Il devance d’une courte tête le Bloc du président Petro Porochenko, qui obtient 21,8% des voix. Autant dire que ces deux partis ont vocation à s’entendre. A priori, Arseniuk ouvrirait également la coalition au Parti Radical d’Oleg Lyachko, qui a obtenu 7,5% des voix, contre à peine 1% deux ans auparavant. Ce mouvement nationaliste modéré, pro-européen, connaît une progression significative.

Les communistes du KPU sont balayés, avec seulement 3,9% des voix. Ils perdent ainsi toute représentation nationale. Les électeurs ukrainiens ont peu apprécié les nostalgies soviétiques qui ont pu s’exprimer notamment dans l’est du pays.

Nouveau venu, le mouvement chrétien-démocrate Samopomitch (« Aide par soi-même ») avec 11% des voix remplace avantageusement UDAR. Il pourrait rejoindre la coalition qui tente de se mettre en place à l’issue du résultat. La gauche « sociale-démocrate » en revanche a disparu.

C’est au niveau du camp nationaliste que les cartes ont été redistribuées. Le succès du Parti Radical a asphyxié électoralement Svoboda, « Liberté », qui passe de 10,5% des voix en 2012 à 4,7% des voix en 2014, perdant toute représentation proportionnelle. Svoboda parvient néanmoins à sauver six députés au scrutin majoritaire, fort de quelques fiefs que le parti a su conserver. De même le Secteur Droit (Pravyi Sektor) de Dmytro Yaroch n’obtient que 1,8% des voix mais réussit au scrutin majoritaire à faire élire son dirigeant avec plus de 29% dans un district de Dniepropetrovsk. Les autres nationalistes, nationaux-démocrates du NDPU (0,07%) ou nationalistes du KUN (0,05%), sont largement marginalisés. Le recul significatif de Svoboda montre en tout cas que ce mouvement s’est usé dans les affrontements contre l’ancien pouvoir.

Au final, les vainqueurs de Maïdan remportent largement l’élection, mais le Parti des Régions n’a pas vraiment disparu même s’il est très affaibli. On a vu qu’en deux ans les cartes avaient été redistribuées. Porochenko et Arseniuk sont néanmoins attendus au tournant par les électeurs ukrainiens qui ont tendance à brûler le jour ceux qu’ils ont encensés le jour précédent. L’opposition traditionnelle au pouvoir pro-russe est en revanche laminée, à l’image du mouvement de Timochenko. De nouveaux venus émergent et les remplacent.

En tout cas, l’alibi russe selon lequel l’Ukraine a été victime d’un coup d’état fasciste tombe, en constatant que les partis nationalistes « durs » se sont effondrés.

 

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

06/10/2014

GERB sur Sofia ? A propos des élections législatives bulgares [2014]

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Bulgarie-Borissov-en-quete-d-une-coalition-incertaine_article_popin.jpgLe GERB (« Citoyens en faveur du développement européen »), ce parti populiste et conservateur du premier ministre (démissionnaire) sortant Boyko Borissov, espérait obtenir une majorité confortable à l’Assemblée Nationale (Narodno Sabranie). Il n’en sera rien. Même si son parti est à nouveau vainqueur, il ne retrouve pas son plus haut niveau. Avec 32,7% des voix, il ne progresse que de deux points par rapport aux législatives de 2013 (30,5%) ou aux européennes de 2014 (30,4%). On est loin des 50% que Borissov espérait, dans un contexte de profond désaveu de la population. Le taux de participation à 17h00 était d’à peine 40%.

Le BSP (socialiste), qui en 2013 obtenait encore près de 26,6% des voix, n’a pas pu se maintenir au plus haut niveau. Déjà, aux élections européennes de cette année, il tombait à 18,9% des voix. Cette fois, il dépasse à peine les 15% des voix (15,4%). Une descente aux enfers qui ne profite même pas aux conservateurs du GERB.

Le mouvement du droit et de la liberté (DPS), qui obtenait 11,3% des voix en 2013 et le très bon résultat de 17,3% en 2014, maintient ses positions aux alentours de 14,8%. Il bénéficie notamment du vote de plus de 80% des Turcs mais aussi de 45% des Roms. Il représente essentiellement les minorités et des électeurs de gauche.

Nouveau venu de la politique nationale, le Bloc Réformateur, un mouvement de centre-droit, qui avait obtenu 6,5% des voix aux élections européennes, continue sa progression, obtenant 8,9% des voix. Son émergence est l’une des raisons de la faible progression du GERB. Il sera très probablement son partenaire au sein d’une coalition.

Le mouvement Ataka (« Attaque ») de Volen Siderov est depuis quelques années en totale régression. Alors qu’il avait encore obtenu 7,3% des voix en 2013, malgré la scission de son ex beau-fils Dimitar Stoyanov, il tombait à 3% (2,96) en mai dernier, perdant toute représentation parlementaire à Strasbourg. Le score de Siderov aux dernières élections présidentielles avait été également catastrophique. Ataka néanmoins avec 4,5% conserve de justesse une représentation nationale.

Il est la victime d’une concurrence nationaliste formée d’une coalition composée du NFSB et du mouvement VMRO ainsi que d’une dizaine d’autres organisations dont le NDP de Stoyanov. Séparés, le NFSB avait obtenu 3,7% des voix en 2013 contre 1,9% pour VMRO, totalisant 5,6% des voix. Aux élections européennes, dans le cadre d’une autre coalition avec « Bulgarie sans censure » (BBS) le VMRO avait obtenu 10,7% des voix. Dans le cadre de ce Front Patriotique, NFSB et VMRO réunis obtiennent 7,3% ce qui est un beau succès et laisse penser qu’il va continuer de progresser au détriment d’Ataka. A sa droite, l’Union Nationale Bulgare (BNS) de Stankov n’obtient que 0,17% des voix et devrait donc probablement se rallier au Front.

Le mouvement « Bulgarie sans censure », se présentant cette fois sous sa seule bannière, réussit à rentrer au parlement, obtenant 5,7% des voix. C’est aussi le cas de l’ « Alternative pour le Renouveau Bulgare » (ABV) de Georgi Parvanov, ancien président de la république (2002-2012), qui obtient 4,15% des voix (contre 4,02% aux européennes).

Au total, huit mouvements politiques seront représentés au parlement dont deux partis nationalistes, réunissant 12% des voix environ. Le GERB a donc plusieurs possibilités pour organiser autour de lui une coalition majoritaire, mais il devra certainement faire alliance en plus du Bloc Réformateur à un des deux mouvements nationalistes mais aussi au BBS et/ou à l’ABV. Borissov n’a pas obtenu un blanc seing de la part des électeurs bulgares. Leur confiance est limitée, en sachant que l’abstention reste le grand vainqueur de dimanche.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

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05/10/2014

Elections législatives en Lettonie. La gauche en tête, la droite au pouvoir.

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Flag_of_Latvia.png(Mise à jour). Les résultats des élections lettones sont désormais connus. C’est bien le parti de gauche, favorable à la minorité russe, Saskana (« Harmonie »), qui s’impose de peu, avec 23% des voix et 25 sièges. Néanmoins son score est bien inférieur à celui obtenu aux législatives de 2011 (28,36%) des voix même si, par rapport aux élections européennes (13%) où il était catastrophique, il remonte la pente. Cette victoire néanmoins ne doit pas cacher les difficultés extrêmes que Saskana aura afin de doter le pays d’un gouvernement.

Le parti de centre-droit Vienotiba (« Unité ») échoue à devenir le premier parti du pays. Avec 21,87% des voix et 23 sièges, il ne progresse que de trois points par rapport à 2011 (18,83%) et est très éloigné de son résultat des élections européennes, où il avait obtenu 46,2% des voix. Cela démontre que le vote aux européennes était davantage en faveur du PPE que pour les seuls qualités de son représentant local.

Le mouvement agrarien et écologiste « Zalo un Zemnieku Savieniba » (ZZS), qui en 2011 n’avait obtenu que 12,22% des voix, et 8,3% seulement aux élections européennes de 2014, a connu un gain important de voix, puisqu’il obtient 19,53% des voix et 21 sièges, devenant ainsi le troisième parti du pays. Il est donc faiseur de roi, soutenant probablement la gauche. Malgré tout, même avec son renfort cette dernière n’aurait alors que 46 députés sur 100 en tout, et n’aurait donc pas la majorité. Ce parti bénéficie sans doute de l’effondrement du mouvement ZRP, qui avait obtenu 20,82% des voix en 2011 et a donc disparu.

Autre grand vainqueur, continuant sa progression, l’Alliance Nationale (Nacionala Apvieniba), autrement dit le mouvement TB/LNNK. En 2011, il avait créé la surprise en obtenant 13,88% des voix. Il a ensuite légèrement progressé aux européennes de 2014, obtenant 14,3% des voix. Ces législatives lui permettent de progresser de deux points, avec plus de 16,61% des voix et 17 députés.

Un petit mouvement conservateur a également réussi à rentrer au parlement. Il s’agit de la liste « No Sirds Latvijai » (Pour l’amour de la Lettonie) qui réalisé un score de 6,85% des voix et obtient 7 députés. Ce n’est pas le cas de l’Union Russe Lettone (LKS) qui n’obtient que 1,58% des voix (contre 6,4% aux européennes), ni du mouvement centriste « Vienoti Latvijai » (Pour une Lettonie unie) qui réalisé seulement 1,19% des voix.

Enfin le mouvement « Latvijas Regionu Apvieniba » (« Alliance des régions de Lettonie ») rentre également au parlement, en obtenant 6,66% des voix et 7 sièges. Il progresse ainsi par rapport aux européennes de 2014, où il avait dû se contenter de 2,5% des voix. Ce parti est plutôt de centre-droit. Son entrée au parlement indiquerait donc plutôt une coalition de droite.

Si en effet les nationalistes du TB/LNNK, le mouvement Unité, la liste conservatrice (NSL) et ce parti s’allient, ils auront 54 sièges en tout, donc la majorité absolue. La gauche aura du mal à bâtir une proposition de coalition alternative, notamment en raison de son marquage pro-russe qui, dans le contexte géopolitique actuel, est un point faible. Saskana a en effet bénéficié d’un vote massif des russes en sa faveur (russes qui composent 30% au moins du pays).

Néanmoins, une coalition composée de quatre partis politiques, dont chacun est indispensable pour que la majorité parlementaire soit conservée, risque d’être bien peu stable. Le TB/LNNK essaiera ainsi de peser de tout son poids sur la politique nationale. Alors qu’il est question que la Lettonie adopte l’euro, ce n’est pas anodin. Il faut toutefois préciser que le TB/LNNK n’est pas opposé à l’Union Européenne, mais ne souhaite pas que la souveraineté nationale soit affaiblie non plus.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

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21/09/2014

L’Ecosse, entre déni de démocratie et mensonge souverainiste

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/01/00/449511605.3.pnghttp://thomasferrier.hautetfort.com/media/02/02/356790240.4.png

Un grave déni de démocratie.

q-icon-scottish-flag-3.jpegLe lecteur pourrait s’étonner de voir dénoncer un déni de démocratie alors même qu’en apparence le peuple écossais a été consulté sur son avenir. Mais la démocratie est l’expression libre du peuple, correctement informé par des media eux aussi libres et objectifs. S’il agit sous la contrainte ou sous la menace, en revanche, les principes fondamentaux de la démocratie sont bafoués.

David Cameron, le premier ministre britannique, s’était imaginé au vu des sondages de l’époque qu’organiser un référendum sur l’indépendance écossaise, alors que cette option semblait nettement minoritaire, lui permettrait de redorer son blason alors qu’il souffre d’un discrédit auprès de l’opinion, à la tête d’une coalition fragile. Comme tous les dirigeants « nationaux », ceux-ci ne consultent le peuple que s’ils y sont obligés par la constitution, comme en Irlande, ou s’ils sont quasi certains de l’emporter facilement.

Mais lorsque les gouvernements posent une question au peuple, généralement ce dernier ne leur donne pas la réponse qu’ils attendent, profitant qu’on leur donne enfin l’occasion de s’exprimer pour dire vraiment ce qu’ils pensent. En Suisse, les électeurs n’hésitent pas à donner leur aval à des votations remettant en question l’idéologie dominante, comme lorsqu’ils ont voté l’interdiction de la construction de minarets sur les mosquées. Certes, même chez eux, les media répètent en boucle les mantras de l’idéologie mondialiste, comme chez nous. Mais la démocratie locale, qui est une réalité helvétique, limite néanmoins leur impact.

Au moment où les sondages ont commencé à démontrer que les Ecossais allaient finalement dire oui à l’indépendance, les autorités britanniques ont paniqué. Cameron, qui avait donné son aval à ce référendum, a craint de devoir quitter le pouvoir. C’est ainsi que le rouleau compresseur politico-médiatique s’est abattu sur le pauvre peuple écossais afin de le contraindre, davantage encore que de le convaincre, à rejeter l’indépendance.

La grosse artillerie fut utilisée. La BBC et les autres media nationaux ont pris ouvertement parti contre cette indépendance. On a mobilisé les célébrités de la télévision, les acteurs et les chanteurs, et même les sportifs pour inviter les électeurs à modifier leur vote. Tous les partis politiques britanniques ont pris position contre la liberté du peuple écossais de choisir un autre destin qu’une union contrainte depuis le début du XVIIIème siècle. Du BNP au Labour, tout le monde était vent debout contre l’idée même que l’Ecosse se sépare de l’Angleterre en restant dans l’Union Européenne en nations égales.

Et comme cela ne suffisait pas encore, les banques ont sonné l’alarme, mettant en garde les Ecossais contre un choix incertain, puisque ceux-ci n’étaient plus garantis de conserver la livre sterling. Cet argument fut décisif aux yeux des plus de 50 ans qui furent au final 65% à refuser l’indépendance. La peur d’un lendemain économique hasardeux a été déterminante. Or ce n’est rien d’autre que du chantage et une façon habile d’attiser des peurs irrationnelles.

Si l’Ecosse avait voté pour l’indépendance, le reste du Royaume-Uni aurait dû faire avec. Après tout, l’indépendance du Monténégro vis-à-vis de la Serbie et la séparation de la Tchéquie et de la Slovaquie ne furent en rien un drame. Or David Cameron en personne a mis en garde les Ecossais en expliquant que la séparation ne serait pas à l’amiable, alors que c’est pourtant lui qui avait sollicité leur avis. Certains ont laissé entendre que des frontières seraient installées aux portes de l’Ecosse. Et d’autres encore ont expliqué que l’Ecosse ne serait plus membre de l’Union Européenne, alors que son adhésion automatique en soi ne poserait aucun problème.

Il est donc bien clair que les électeurs écossais ont été confrontés à une campagne extrêmement lourde de « mise en condition ». C’est héroïque que 44.7% des Ecossais aient néanmoins voté en faveur de l’indépendance. Mais les étrangers, qu’ils soient issus de l’Union Européenne ou du Commonwealth, davantage sensibles aux menaces, et sans enracinement identitaire, ont joué la carte de Londres. Sans leur participation d’ailleurs, les Ecossais seraient depuis jeudi indépendants.

Le résultat de ce référendum est donc en vérité une forfaiture, une démocratie de papier, une dictature qui cache son nom.

Le mensonge souverainiste.

Les souverainistes, français comme britanniques, nous expliquent que l’Union Européenne veut « détruire les nations » en favorisant les régionalistes. Or l’Union Européenne par le biais de ses représentants, Barroso en tête, a menacé l’Ecosse, et aussi la Catalogne, au cas où le oui l’emporterait. Après la « victoire » forcée de jeudi, Barroso a même déclaré que ce résultat était en faveur d’une « Europe unie, ouverte et plus forte ». C’est tout de même étonnant de la part d’une organisation dont David Cameron a dit le plus grand mal, souhaitant même en 2016 organiser un référendum pour proposer aux électeurs britanniques que le Royaume-Uni quitte l’UE.

Les souverainistes ne cessent de parlent de souveraineté du peuple, d’indépendance et de liberté. Or UKiP aussi bien que le FN étaient opposés à l’indépendance écossaise. La liberté est-elle valable pour les uns mais par pour les autres ? Par ailleurs, au nom de cette « souveraineté » nominale, que la construction « européenne » ne remet nullement en question, le prouvant une fois de plus en soutenant la position des Etats, Royaume-Uni comme Espagne, n’a-t-on pas en réalité aliéné la liberté des peuples ?

Le Royaume-Uni est en effet le pays le plus souverainiste d’Europe. Ses tabloïdes passent leur temps à conspuer leurs voisins européens. Le parti des conservateurs (Tories) a fait sécession d’avec le groupe PPE (droites européennes) à Strasbourg. UKiP a été le premier parti britannique à l’issue des élections européennes de 2014. Mais cette « souveraineté » constamment affichée par Londres n’est que de papier. Les véritables dirigeants du Royaume-Uni ne sont ni la reine ni le peuple britannique. Ce sont les Etats-Unis, dont le Royaume-Uni est vulgairement appelé le 51ème état américain, mais aussi la City, incarnation du capitalisme international donc du volet économique du mondialisme.

L’Union Européenne elle-même n’est européenne que de nom, car elle est dans les mains d’une hyper-classe « nationale » et internationale, composée des élites dévoyées de chaque état membre, au service des intérêts américains. On l’a constaté dans l’affaire ukrainienne. Economiquement, notamment pour l’Allemagne, les sanctions prises contre la Russie étaient extrêmement négatives, alors qu’en revanche les USA n’y ont rien perdu et ont même ainsi gagné des marchés. Rappelons aussi que l’actuelle Union « Européenne » négocie un traité (TAFTA) extrêmement défavorable à nos intérêts mais qui a tout pour plaire du côté de Washington.

C’est tout de même ironique. Les partis nationalistes et souverainistes d’Europe, qui sont les premiers à dénoncer la politique américaine, se sont joints au concert de tous les opposants à la libre expression du peuple écossais. L’Union Européenne, les Etats-Unis, la presse internationale, les milieux d’affaire et de la banque, les élites, et jusqu’au journal Le Monde, se sont d’ailleurs réjouis de la victoire du non. Une belle unanimité qui démontre si besoin est le mensonge d’un positionnement anti-système de la part des souverainistes. Seuls les militants catalans, flamands et padaniens mais aussi les russophiles du Donbass, ont finalement soutenu la position du SNP écossais en faveur de l’indépendance.

En clair, le Système tout entier avait décrété que l’indépendance de l’Ecosse représentait une menace sérieuse pour ses intérêts. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fallait soutenir les indépendantistes écossais dont l’action aurait porté un coup dur au premier vassal de l’Amérique et déstabilisé des Etats qui depuis des décennies maintenant trahissent les peuples dont ils prétendent avoir la charge.

La victoire du non est donc celle du mondialisme sur l’auto-détermination des peuples et sur les libertés démocratiques des citoyens. Ceux qui s’en réjouissent, taisant les conditions dont ce non a été obtenu, se soumettent donc à l’idéologie dominante, même s’ils prétendent la combattre.

Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire les organisations souverainistes que nos dirigeants n’avaient pas respecté le résultat du référendum sur la prétendue « constitution européenne » en 2005 ? Qu’ils essayaient d’effrayer les citoyens afin de déconsidérer ceux qui voulaient l’abandon de l’€uro ?

L’eurosceptique David Cameron a même expliqué aux Ecossais que dans le Royaume-Uni, ils étaient plus forts. Cet argument est exact mais n’est-il pas aussi exact au niveau européen ? Les Ecossais auraient intérêt à s’unir aux autres Britanniques, mais les Britanniques n’auraient pas intérêt à s’unir aux autres Européens ? L’émergence d’un Etat écossais divisait encore davantage le continent, certes. Mais les divisions nationales au sein de l’Europe aboutissent au même résultat. Si c’est vrai dans un cas, cela l’est aussi dans l’autre.
Ainsi, grâce à cette affaire écossaise, les souverainistes et autres prétendus « nationalistes » se sont-ils révélés sous leur vrai jour, des agents du mondialisme et de la domination atlantiste sur l’Europe occidentale et centrale. Ils en partagent les principes, comme l’universalisme auquel se soumettent volontiers UKiP et le FN, et avec eux tous les partis souverainistes, et la soumission à l’OTAN. Il est bien beau de prétendre démanteler l’OTAN si on ne propose aucune organisation crédible de défense européenne à la place.

Une Europe unie, condition de sa liberté.

Aucune Europe indépendante ne pourra voir le jour sans une armée européenne dont l’idée même est combattue par les souverainistes. Or les armées nationales des anciens Etats sont des nains par rapport à l’armée américaine, et le budget cumulé de l’Europe, même en y incluant la Russie, est dérisoire par comparaison. Un Etat endetté comme la France, qu’il soit dans l’Union Européenne ou pas, aurait-il les moyens d’avoir une armée à nouveau crédible pour assurer sa défense ?

Bien sûr, l’Ecosse seule, avec son Etat souverain, n’était pas une solution crédible, même si elle pouvait donner le sentiment aux Ecossais que leur identité serait davantage préservée. Mais le Royaume-Uni seul, et en réalité vassal de Washington, est-ce crédible ? Pas davantage. Quant à l’identité des peuples qui composent le Royaume-Uni, elle est vendue à une immigration post-coloniale continue depuis les années 50.

Alors, bien sûr, une Ecosse libre aurait pu avoir l’idée de ne pas imiter l’Angleterre en ce domaine, même si le discours du SNP et d’Alex Salmond n’était pas moins « politiquement correct » à ce sujet que ses adversaires de Londres. Beaucoup de jeunes écossais ont néanmoins voulu croire à un autre avenir que celui dicté par la City. Et ils ont été déçus.

Ce résultat doit d’ailleurs servir de leçon. Le mondialisme est assez fort pour imposer à un peuple, et ici aux Ecossais, une situation qui lui est très défavorable. Ce qui est vrai pour l’Ecosse le sera autant pour tout autre pays européen, même pour le Royaume-Uni. Un système qui sanctionne indûment la Russie en s’en prenant à son économie ne reculera devant rien.

Supposons qu’en France un mouvement « patriote » parvienne au second tour des élections présidentielles. Certes il ne subirait pas la même manœuvre qu’en 2002. Mais il aurait affaire aux mêmes pressions internationales que celles subies par les Ecossais. Qu’importe la nature de son programme économique. Bien sûr prôner la fin de l’€ n’est objectivement pas crédible. Mais même s’il y renonçait, la simple peur d’un changement politique majeur inquiétant les marchés, suffirait à faire céder une majorité de Français, pensant à leurs économies, au chômage ou à l’inflation.

C’est pourquoi là où les souverainistes prétendent que « seule la nation protège », alors qu’on voit bien que non seulement elle ne protège pas mais contraint le peuple à se soumettre, et qu’il n’y aurait de solution qu’à l’intérieur de chaque Etat pris séparément, nous devons leur opposer « l’Europe d’abord ! ».

Une Europe unie, par sa puissance dégagée, par son poids économique, qui demeurerait inégalée, pourrait être véritablement souveraine, c'est-à-dire en mesure de choisir librement son destin, sans qu’aucun chantage, sans qu’aucune menace, sans qu’aucune sanction ne puisse l’inquiéter. Sa force naturelle sera rassurante. Le peuple saura qu’il n’a rien à craindre. Car il n’y pas de véritable souveraineté ni de liberté si on n’a pas les moyens de ses ambitions. La souveraineté des souverainistes est de papier, leur liberté une soumission à l’Amérique. La véritable souveraineté n’est désormais possible qu’au niveau européen.

En ce sens, nous les européistes véritables, nous sommes aussi les seuls vrais souverainistes. A la souveraineté mensongère à l’échelle des Etats, nous opposerons la souveraineté réelle d’une Europe unie de l’Islande à la Russie. Une souveraineté d’airain. Avec son armée, avec son Etat. Une Europe réconciliée avec la Russie, qui a vocation à la rejoindre, et qui pourra mettre fin à la domination américaine sur notre continent !

Thomas FERRIER (PSUNE)

14/09/2014

Elections législatives suédoises, une victoire sociale-démocrate et un succès nationaliste

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Coat_of_arms_of_Sweden_(Lesser).svg.pngA un peu plus de 97% du dépouillement, les Suédois ont rendu leur verdict en donnant au parti social-démocrate (AP-SP) 31,1% des voix. Il remporte donc les élections, même s’il devra établir une coalition avec deux autres mouvements de gauche, et sans doute se trouver un allié supplémentaire issu de l’ancienne coalition de droite, désormais écartée du pouvoir.

Avec respectivement 5,7% et 6,8% des voix le Parti de Gauche (Vänsterpartiet) et les écologistes (Gröne) conservent à peur près leurs résultats de 2010, avec un léger tassement pour le second. Ils devraient néanmoins s’associer aux sociaux-démocrates. Cela ne sera pas le cas de l’Initiative Féministe (FI) qui avec 3,1% rate son entrée au parlement.

Le centre-droit est sanctionné après huit ans de pouvoir. Le mouvement des Modérés avec 23,2% subit un net revers (-6.8), annoncé dans les sondages mais certainement accentué en outre par la progression des populistes. Le Parti du Centre (Centerpartiet) avec 6,4% (-0.4) et les Libéraux Populaires (Folkpartiet Liberalerna) avec 5,4% (-1.7) sont également en net recul même si l’un et l’autre parviennent à sauver leur groupe parlementaire. Les chrétiens-démocrates (KD) obtiennent quant à eux 4,6% des voix (-1.0 point). Le résultat de la droite est donc nettement insuffisant pour espérer bâtir une coalition stable, à moins de s’ouvrir aux populistes.

Les nationalistes et/ou populistes du parti Sverigedemokraterna (Démocrates Suédois) connaissent en revanche un véritable succès, dans la droite ligne de leurs bons résultats aux élections européennes. Ils passent ainsi de 5,8% à 13% (+7.2), plus que doublant leurs résultats de 2010. Même si les grands partis ont annoncé qu’ils refuseraient toute alliance avec les SD, cela n’a pas empêché leur progression, supérieure même à ce qu’avaient annoncé tous les instituts de sondages, dont aucun ne les mettait à 12%. La formation de Jimmie Akesson confirme donc sa montée en puissance, empêchant toute coalition d’être majoritaire au parlement, gauche comme centre-droit.

Un gouvernement autour du parti social-démocrate, mené sans doute par son dirigeant, Kjell Löfven, dominant ces élections mais avec seulement un peu plus de 30% des voix, se mettra donc très vraisemblablement en place, mais il ne sera pas cohérent, tributaire du soutien indispensable de la gauche dure et aussi des écologistes pour se maintenir, et sans doute des libéraux. Ce n’est donc pas une franche victoire et les Sverigedemokraterna y sont certainement pour quelque chose. En effet, la droite en tout obtient 39,4% des voix alors que la gauche en obtient 43,6% et ne l’emporte donc que de quelques points. Les SD seraient donc « faiseurs de roi » et pourraient permettre à la droite de se maintenir, mais cette dernière s’est engagée à refuser cette possibilité, maintenant un cordon sanitaire autour d’un parti qui pourtant se recentre, sans être victime d’une expression plus radicale, le Parti des Suédois (Svenskarna Parti) ayant probablement fait un score très faible [les résultats des petits partis ne sont pas encore connus à cette heure]. Il avait obtenu 0.01% des voix en 2010.

Le résultat des Démocrates Suédois domine largement les débats de la presse suédoise ce soir, au moins autant que la victoire sociale-démocrate, largement attendue, mais plus limitée que prévue. La Suède joue désormais, comme en France, un jeu à trois bandes. Cela s’explique notamment par la crise identitaire que subit le pays, des zones de non-droit comme à Malmö faisant régulièrement parler d’elles. Les SD d’une manière très aseptisée reprennent ce thème mais en adoptant une vision « multikulti » modérée, l’acceptation de populations non-européennes respectueuses du pays d’accueil et non la vision identitaire du parti dans ses plus jeunes années.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

14/07/2014

Brèves européennes… (21)

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SLOVENIE

slov.jpgDes élections législatives anticipées se déroulaient en Slovénie, état membre de l’Union Européenne depuis 2004 et surnommé la « Suisse des Balkans », ce dimanche 13 juillet 2014. Les précédentes avaient eu lieu en 2011.

En 2011, la liste Zoran Jankovic avait connu un large succès populaire, obtenant 28,51% des voix et 28 sièges mais mais échouant à dégager une majorité parlementaire. En 2014, la liste qui en hérite, Slovénie Positive, qu’il dirige, après un intermède de Alenka Bratusek, n’a obtenu que 2,96% alors que Bratusek, partie sous ses propres couleurs avec l’Alliance « Alenka Bratusek » obtient 4 sièges et 4,34% des voix. Elle bénéficie ainsi du privilège d’avoir été quelques mois à la tête du gouvernement slovène, suite à la démission du premier ministre de centre-droit Janez Jansa, crédibilisant ainsi son action publique.

Le centre-droit de l’ancien premier ministre Jansa, le mouvement SDS (Parti Démocrate Slovène) qui avait obtenu 26,19% des voix en 2011, n’en obtient plus que 20,69% et 21 sièges. Ce recul s’explique par sa démission passée suite à de graves accusations de corruption. Néanmoins, son parti, bien implanté, parvient à limiter ses pertes.

Nouveau venu de la politique, le juriste cinquantenaire Miro Cerar a su à l’issue d’une campagne dynamique s’imposer, le parti SMC, qui porte son nom, étant parvenu à obtenir 34,61% des voix et 36 sièges. Certes il devra composer avec l’opposition et rallier à lui d’autres formations politiques. Ce centriste libéral sera attendu au tournant si les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les Slovènes continuent de faire confiance à des personnalités issues de la société civile plutôt qu’à des partis organisés.

Le mouvement de défense des retraités, le DeSUS, connaît une progression significative, passant de 6,97% en 2011 à 10,21% et 10 sièges en 2014. Il semble avoir bénéficié d’un report de voix favorable issu du SDS.

A gauche, la « gauche unie » (KZL) obtient 5,97% des voix et 6 sièges, alors que les sociaux-démocrates (Socialni Demokrati) menés par Igor Luksic s’effondrent à leur profit, passant de 10,52% en 2011 à 5,95% en 2014. Légère progression aussi de la liste démocrate chrétienne (NS-KD) avec 5,53% des voix et 5 sièges contre 4,88% et 4 sièges il y a trois ans. Elle s’explique aisément là encore par le tassement du SDS.

A droite, le Parti du Peuple Slovène (SLS) obtient en 2014 3,98%, échouant de peu à obtenir des sièges, mais recule nettement par rapport à 2011 (6,83% des voix et 6 sièges). Ce score ne saurait s’expliquer par une montée de la droite nationale puisque le SNS (Parti National Slovène) se contente de 2,21% des voix (contre 1,8% en 2011), confirmant sa relative marginalité au sein de la classe politique.

Les autres formations réalisent des scores médiocres, les Pirates obtenant 1,34% et les Verts seulement 0,5% des voix, l’ensemble des « Autres » formant un total de 3,5% des voix.

Pour le futur gouvernement de Miro Cerar, il est donc indispensable de réussir une coalition, la majorité étant de 45 sièges. L’alliance la plus logique serait ainsi avec le Parti des Retraités, qui a dix sièges, alliance qui ne contraindrait pas la majorité à un certain équilibrisme. Il pourrait aussi choisir de former une coalition de gauche avec les sociaux-démocrates et la liste Bratusek, mais elle serait instable. De même, une coalition à droite, alors que le SDS est son principal adversaire, paraît aléatoire.

ALBANIE

Albaniae.JPGLe 27 juin 2014, les chefs d’état des 28 états membres de l’Union Européenne ont décidé d’accorder le statut de « candidat officiel à l’adhésion » à l’Albanie. Pour la Serbie voisine, ce processus avait commencé le 1er septembre 2013. Les Balkans occidentaux se sont vus depuis longtemps reconnaître la vocation à rejoindre l’Union Européenne. Ce sera (très) difficile pour la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo, zones conflictuelles entre différentes communautés et économiquement très fragiles.

L’Albanie, qui a l’image d’un pays musulman, en raison d’un recensement remontant à 1930 indiquant que 70% des Albanais seraient musulmans, 30% étant en revanche catholiques ou orthodoxes, inquiète l’opinion publique éclairée. La confusion est d’ailleurs grande entre l’Albanie et le Kosovo, à majorité albanophone, mais aucun parti politique, à l’exception d’un parti nationaliste mineur, ne prône la fusion de ces deux régions. En réalité, ayant subi une dictature communiste pendant un demi-siècle, l’Albanie a connu un athéisme d’état qui a vidé les mosquées. Comme dans tous les pays ex-communistes, et comme dans tous les pays européens d’ailleurs, l’athéisme est la première « religion » du pays et les mosquées sont « désespérement » vides. En outre, le christianisme connaît un net regain, comme une façon en l’adoptant de retrouver la famille européenne, et c’est aussi le cas dans une certaine mesure du néo-paganisme albanais.

L’adhésion albanaise, qui prendra une bonne décennie, est rendue complexe par la mauvaise image du pays dans l’opinion, une économie encore très fragile, même si la découverte de riches gisements pétrolifères ouvre de nouvelles perspectives, une corruption endémique, que le dirigeant Sali Berisha n’a pas pu vaincre, et une criminalité tenace.

Néanmoins, le peuple albanais est fondamentalement européen, même s’il a été le dernier à se libérer du joug ottoman (1913), et lorgne bien davantage vers l’Italie que vers la Turquie. Cette dernière a tenté sans succès d’instrumentaliser les populations « musulmanes » des Balkans dans l’optique de favoriser l’adhésion de son pays. Cette « boîte de Pandore » devra néanmoins être surveillée de près.

Quant au Kosovo, c’est autre chose, et son éventuelle adhésion à l’Union Européenne paraît très lointaine dans l’état actuel de la situation. La Serbie, qui rejoindra l’UE certainement bien avant, fera d’ailleurs tout pour freiner une telle perspective, à moins d’obtenir des garanties sérieuses quant au sort de la population serbe du Kosovo.

Thomas FERRIER

09/06/2014

L'état de l'Europe (2/2)

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Les voyants sont rouges.

La situation de l’Europe est de plus en plus critique, tous les voyants sont au rouge. Assaillis sur leurs côtes par des vagues de miséreux (Lampedusa, Malte, Ceuta et Melilla), contre lesquelles aucune mesure de fermeté n’est prise, de peur d’être accusé de racisme, alors que les maternités se vident d’enfants d’Europe et parfois se remplissent de la descendance de ces migrants qui s’imposent aux indigènes, qui ne souhaitent par leur venue, qui ne l’estiment pas nécessaire, malgré la propagande, alors qu’ils viennent de pays qui n’ont pas eu de cesse de vouloir chasser le colonisateur européen depuis les années 50.

Cameron, Sarkozy et Merkel l’ont dit officiellement, l’ont reconnu. Le multiculturalisme (« multikulti ») est un échec et était donc une erreur, une erreur qui aurait pu pourtant être évitée en écoutant les lanceurs d’alerte qui depuis un demi-siècle ont mis notre continent en garde contre ce remake en pire de la fin de l’empire romain. Mais qu’ont-ils fait pour mettre fin à cette politique ? Quelles mesures ont-ils pris pour inverser le processus ? Aucune.

Si l’électorat allemand croit en conservant Angela Merkel s’assurer un sort meilleur, il se trompe. Merkel ne suscite aucun baby boom dans son peuple, bien au contraire, et les inégalités sociales n’ont jamais été aussi fortes. L’Allemagne certes s’en sort mieux que ses voisins dans la mondialisation, mais en vivant de ses exportations à l’intérieur du continent, et elle est de plus en plus contestée. La grogne, fondée ou infondée, contre l’Allemagne, monte, parce qu’elle exige de ses partenaires qu’ils se calquent sur sa politique, sans avoir par ailleurs les moyens de leur imposer.

Economie en berne, diplomatie sous tutelle, croissance médiocre, dette explosive, l’Europe est incapable de remonter la pente, qu’elle reste dans cette Union Européenne atone ou qu’elle en sorte. Elle laisse les américains dicter sa politique en Ukraine, au risque de diviser et pour longtemps notre continent, alors que tout devrait au contraire nous encourager à nous rapprocher de la Russie. Et Poutine en retour, lassé d’avoir tendu la main sans que personne en Europe n’ait le courage de la prendre, se tourne vers de faux alliés, se raccrochant à ce qu’il peut pour contrer les manœuvres de Washington.

Un renouveau qui passe par une révolution politique et culturelle.

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Dans la situation actuelle, on aura compris que les deux choix qu’on nous propose, le populisme ou le « systémisme », ne changeront rien à la situation de notre continent. La « gauche » et la droite nous emmèneront au tombeau, mais la droite nationale, nostalgique d’une Europe des années 50, à supposer qu’elle soit en mesure d’arriver au pouvoir, ce qu’elle ne pourrait faire qu’en faisant de telles compromissions qu’elles en annuleraient l’intérêt, ne freinera même pas le processus d’auto-destruction de la civilisation européenne.

Ce n’est que par l’émergence d’un courant nouveau au niveau continental que l’espoir renaîtra. Ses meneurs, qui devront réussir à être à la fois des théoriciens et des praticiens, des rhéteurs et des acteurs, devront parvenir à susciter le sentiment d’unité qui manque aux Européens, rappeler la profonde parenté qui les lie, souligner qu’ils ont les mêmes ennemis et qu’ils sont victimes des mêmes maux. Il faudra réveiller les consciences endormies, réorienter aussi les consciences éveillées vers une vraie voie de salut, et non vers le non-choix nationaliste. L’Europe ne pourra s’en sortir qu’unie mais elle ne pourra surtout s’en sortir qu’en étant enfin dirigée par de vrais chefs d’état, des visionnaires ayant une ambition démesurée pour la civilisation européenne, sûrs de son génie et prêts à s’imposer à nouveau à la face du monde.

Sortir les sortants et pour longtemps. Aborder les vrais problèmes sans tabou. Avec habileté certes mais sans atermoiement. Oser penser l’impensable. Se battre pour l’essentiel, redonner la maîtrise de l’Europe aux Européens, relancer la natalité européenne et enfin inverser les flux migratoires, afin de restituer à l’Europe son visage d’origine, en mettant fin à l’utopie mondialiste et à l’aberration « multi-culturaliste ».

En somme, il faut repenser notre logiciel mental afin de retrouver en nous l’assurance d’un sort meilleur, d’un avenir brillant pour les jeunes Européens, d’une Europe rénovée, régénérée, sortie enfin des maux qui la rongent, substitution de population et chômage de masse, corruption morale et communautarismes, oligarchies parasitaires et misère de rue.

Cela ne peut passer que par une véritable révolution culturelle, la remise en cause de toutes les fausses évidences auxquelles on veut nous soumettre, de tous les mensonges inventés par un pouvoir politico-médiatique aux abois car contesté en profondeur, mais sans que le peuple n’ait encore trouvé le moyen de le mettre à bas.

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C’est pourquoi je crois que notre avenir passera nécessairement par un parti unitaire européen, par un mouvement de défense des intérêts des Européens, des indigènes/natifs d’Europe pour être précis, une force de salut continental envisageant son combat politique de l’Islande à la Russie. Nous n’en sommes qu’aux prémices mais c’est la voie qu’il faut tracer. C’est par l’union des Européens au nom de la plus longue mémoire commune, au nom d’un héritage que nous partageons entre frères nés d’un même sang, fils d’une même tradition, que nous vaincrons. Mais cette union doit être animée par une foi inébranlable dans le génie européen, dans la capacité de notre peuple, même en situation d’hiver démographique, même vieillissant, de se sublimer afin de redevenir maître chez lui, souverain absolu de sa terre, doté de chefs dignes de l’être, prêts à tout sacrifier pour le salut de notre civilisation.

Là est en vérité le combat de tous les vrais Européens ! Et c’est pour une telle Europe que les Européens seront prêts à se battre et à mourir. Alors viendra la renaissance de l’Europe qui, une nouvelle fois, étonnera le monde. A ceux qui vous vendent une souveraineté de papier, un fétiche impuissant face au mondialisme, à ceux qui vous promettent les lendemains qui chantent mais en vérité dans des nations subverties, opposez non seulement un front du refus mais une véritable foi. Cette foi, c’est en la certitude que l’Europe va s’éveiller et renaître à nouveau triomphante. Ayez foi en l’Europe, en son peuple, en son génie, en son avenir. Mais faites de cette foi qui n’est qu’une petite flamme aujourd’hui un incendie demain. L’Europe renaîtra plus forte que jamais, tel un jeune phénix sorti étincelant du feu salvateur.

Thomas FERRIER

PSUNE, le Parti des Européens

L'état de l'Europe (1/2)

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Un consensus mou.

Au parlement européen, depuis trois décennies, « gauche » sociale-démocrate (PSE puis ADSE) et droite libérale-démocrate (PPE) se partagent le pouvoir et les postes, aucun des deux camps n’aspirant à une victoire nette et à une majorité claire dans le cadre d’une coalition cohérente. Ce qui est vrai à Strasbourg est aussi vrai dans plusieurs pays d’Europe, et notamment en Allemagne et en Autriche. Les libéraux allemands de la FDP se sont effondrés, empêchant toute coalition de droite à Berlin, et à Vienne, les raisons sont exactement opposées, puisqu’il s’agit d’empêcher le FPÖ de Strache, autour de 20% des électeurs, d’accéder au pouvoir.

Ce consensus mou, cette volonté de maintenir à tout prix un éternel statu quo, se retrouve en réalité dans tous les pays d’Europe, les différences programmatiques entre les deux principaux partis de chaque pays étant mineures, en particulier quand l’un comme l’autre alterne le pouvoir. Blair (Labour) n’a pas moins été libéral que Thatcher. Il a consciemment saboté la fonction publique britannique, et soumis le peuple à la puissance absolue de la City. Gordon Brown a quitté le pouvoir piteusement, ce qui sera sans doute le cas de David Cameron et de sa politique d’austérité, contre-modèle que l’Allemagne de Merkel souhaite élargir au continent entier, apportant le désastre en Espagne, au Portugal et bien sûr en Grèce. Cette austérité, que François Hollande entend appliquer aux Français, mais sans toucher aux avantages sociaux considérables accordés aux populations d’importation qui habitent les banlieues de nos villes, véritables vaches sacrées auquel il est prêt à sacrifier les Français autochtones.

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Même si de nombreux électeurs se font encore prendre par ces vieilles ficelles, cédant aux sirènes de quelques habiles démagogues du système en place, aussi vite rejetés qu’ils auront été encensés, comme Sarkozy et Berlusconi hier, Renzi aujourd’hui, pauvres en idées mais riches en arrivisme, c’est de moins en moins le cas. A moins de se doter de formes modernes d’autocrates, comme Orban en Hongrie, qui cachent leur bilan économique médiocre par des coups de menton, les électeurs n’ont le choix qu’entre deux mauvaises solutions, basculant de l’une à l’autre sans constater le moindre changement. A l’inefficacité de Sarkozy, néanmoins habile en paroles, a suivi l’inefficacité de Hollande, démuni même de cette seule qualité. Les électeurs français mais c’est vrai de leurs voisins, à l’exception des Allemands, ne pardonnent plus les errements d’une classe politique médiocre, corrompue et formant une sorte d’oligarchie entendant régir la vie des citoyens, y compris et même surtout contre leur gré. Les Européens constatent, rageurs, que des autistes les dirigent et les emmènent sereinement dans le mur si ce n’est dans l’abîme.

L’impasse populiste.

De nombreux électeurs, écœurés, choisissent alors de se tourner vers les « bons petits diables », à savoir les partis populistes, que la classe politique « bienséante » rejette avec mépris aux extrêmes. Selon les pays et les situations, ces partis représentent une gauche radicale, chauvine bien que se réclamant de l’internationalisme marxiste, ou une droite radicale, arcboutée sur la souveraineté nationale et parfois sur l’identité nationale, dans une version fétichisée.

Au Royaume-Uni, le mouvement UKiP de Nigel Farage récupère ces électeurs, même s’il n’a pas encore réussi à obtenir des représentants au parlement, en raison d’un mode de scrutin outrageusement favorable aux deux partis principaux, mais qui pourrait coûter la victoire à Cameron. En France, le FN de Marine Le Pen, qui a obtenu 25% des voix aux élections européennes mais ne dispose que de deux députés à l’assemblée nationale, s’est imposé comme troisième force du pays, et même la première en mai 2014.

En Italie, c’est Beppe Grillo, le dirigeant du « Mouvement 5 Etoiles », qui dépasse les 20%, même si son ascension a été freinée par la confiance que 40% des électeurs italiens ont accordé pour le moment à Renzi, et connaît un succès persistant. En Espagne, ce sont les nationalistes catalans qui profitent de la ruine du crédit accordé au PSOE et au PPE, mais aussi un mouvement gauchiste.

La Grèce réussit l’exploit de réunir en elle les deux formes de populisme, entre le gauchisme démagogique d’un Tsipras (Syriza), en tête des élections européennes, et la violence de rue de l’Aube Dorée, néo-fasciste. La « gauche » classique a disparu, tandis que les Conservateurs résistent tant bien que mal à cette poussée à droite.

Mais le populisme n’est pas une solution, pas même le signe d’une prochaine guérison de la psychê européenne. C’est un symptôme, celui d’une Europe qui ne sait plus qui elle est, où elle s’arrête, et vers quoi elle souhaite aller, une Europe soumise à l’influence délétère des USA qui, se suicidant, alors que les descendants des pères fondateurs européens ont élu deux fois un Obama, et seront minoritaires sur leur sol dès les années 2040, veulent nous emporter avec eux dans la tombe. Alors qu’Erdogan, le premier ministre turc, bafoue des principes élémentaires, dans un pays qui ne devrait jamais s’être vu accorder le statut de candidat à l’adhésion à l’Union Européenne, et qui se permet de faire campagne auprès de son électorat turc à Berlin et à Vienne, provoquant les dirigeants de ces pays sans que ceux-ci osent le lui reprocher, on diabolise Poutine qui a le tort de ne pas vouloir céder aux injonctions de Washington, et qui défend avec ses moyens son espace politique. Ce qu’on pardonne à Erdogan, qui musèle la presse, monte des procès pour décapiter les chefs de l’armée « laïcarde », réprime des manifestations contre ses excès autocratiques, on ne leur pardonne pas à Poutine, qui est pourtant allé beaucoup moins loin en ce sens. Nos dirigeants veulent repousser la Russie en Asie, puisque c’est ce que leurs maîtres américains souhaitent et la Russie commet en retour l’erreur de jouer la carte mortifère de la Chine.

Le populisme n’est populaire que par défaut, parce que les Européens sont désemparés et ne supportent pas la destruction de l’identité plurimillénaire de notre civilisation par des flux migratoires indésirables, encouragés par l’inertie des pouvoirs publics et nouveaux « héros » d’un christianisme en pleine déliquescence et d’un marxisme sénescent. Ils y répondent comme ils le peuvent, en votant pour ce qu’on leur présente mensongèrement comme « le mal ». Face à l’absence de réponse politique, de talent, de compétence, face à la lâcheté voire la trahison de nos dirigeants, les Européens ne savent plus vers qui se tourner.

31/05/2014

Faut-il dédiaboliser le Front National ?

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FN-logo-municipales.jpgDepuis 2011 et l’accession à la tête du FN de Marine Le Pen, celle-ci est la promotrice d’une démarche de dédiabolisation, rompant avec la dialectique paternelle, afin de mettre fin au « cordon sanitaire » dont souffre sa formation politique, et accéder ainsi à des responsabilités. A la différence de la « dédiabolisation » version Mégret, qui était une stratégie, Marine Le Pen entreprend ce processus parce qu’elle ne veut pas être porteuse d’un message idéologique qu’elle ne partage pas. Sa volonté de « troquer » la lutte contre l’immigration, sous-entendue « extra-européenne », pour un souverainisme pur et dur doublé d’un « patriotisme » institutionnel, n’est pas non plus tactique. Cela relève au contraire d’une forme de sincérité, sans doute liée à une certaine incurie.

Néanmoins, cette « dédiabolisation » a atteint une limite, à savoir que ni la « gauche » ni la droite n’entendent mettre fin à cet ostracisme, accusant ce parti de tous les maux, et notamment de représenter une idéologie extrémiste, raciste et/ou fasciste. Même si l’UMP a choisi d’abandonner le front dit « républicain » pour un « ni PS, ni FN », ce qui le différencie de l’anti-fascisme incantatoire du PS, il maintient une solide distance de sécurité.

En vérité, ce que l’UMP et le PS condamnent, ce n’est pas le programme du FN mais un crypto-programme imaginaire qui ne s’y trouve pas, un « programme » qui en revanche reçoit l’approbation de millions d’électeurs à qui on a expliqué que le FN n’était pas un parti « comme les autres ». Dédiaboliser le FN c’est le prendre au sérieux tel qu’il est. C’est analyser sans passion, avec objectivité, son programme. Ce n’est pas lui prêter des intentions malveillantes.

Quel serait l’avantage pour l’UMP de procéder à une dédiabolisation aboutie ? Il ôterait au FN l’essentiel de ce qui fait son succès, sa dimension « sulfureuse ». Si le FN a réussi à obtenir 25% des voix aux élections européennes de 2014, c’est d’abord parce que ses électeurs se servent de ce vote pour envoyer un signal d’alarme et de colère aux autres partis. C’est parce qu’ils pensent sincèrement, puisque les media l’ont affirmé, que le FN est une alternative au système en place et qu’il souhaiterait entreprendre une politique de reflux migratoire. Le FN n’est donc pas un objet politique comme les autres puisqu’il sert de fantasme aussi bien à ses adversaires qu’à ses partisans.

A partir du moment où le FN serait traité comme les autres, les électeurs le verraient sous son vrai jour et se rendraient bien compte que ce parti n’est pas crédible tant du point de vue du programme économique que des qualités intrinsèques des individus à sa tête. En fait, la dédiabolisation du FN signifierait la mort à court ou moyen terme de ce parti. Il ne vit que grâce à ses adversaires. On comprend bien pourquoi l’UMP aurait intérêt à cette rupture, car elle lui permettrait de ne plus reculer devant la « gauche » et d’avoir à droite une réserve de voix pour le second tour. En outre, alors que la question de l’immigration a été tabouisée, sa dénonciation ayant été laissée à l’usage exclusif du FN, la dédiabolisation permettrait à la droite de reprendre à son compte ce thème.

Pour le PS, on comprend bien pourquoi cette dédiabolisation serait funeste. Elle ferait tomber le rôle de diviseur de la droite que Mitterrand a accordé au FN. La disparition du FN en outre ne supprimerait pas les causes de ce vote, qui cherchera à s’exprimer ailleurs. Cela pourrait offrir une opportunité pour l’émergence d’un courant politique réellement alternatif au système en place sur les questions d’identité et d’Europe, un courant de défense des Français et Européens de souche, par exemple, qui s’opposerait frontalement à la « gauche » mondialiste, sans être complice des victoires de cette même « gauche » par des attaques contre la droite, comme le fait le FN de Marine Le Pen.

C’est bien la peur d’un tel courant qui rend pour le PS un parti comme le FN précieux. Cela lui permet de stériliser dans le débat toutes les questions d’identité et d’immigration, et de maintenir de 15 à 25% des électeurs dans une voie politique de garage. En laissant le « monopole du réel » au FN, la droite, de peur d’être diabolisée à son tour, fait le succès de ce parti.

Un Front National réellement dédiabolisé, cela n’intéresse aucun électeur. Identique aux autres partis, dont il partage fondamentalement les travers, mais sans la compétence réelle de gouvernement, il perdrait tout crédit. C’est pourquoi la stratégie de Marine Le Pen est une erreur majeure du point de vue de son parti. Elle a eu la chance que droite et « gauche » maintiennent ce blocage et cette injustice a été le carburant de ses victoires électorales. Quand un électeur veut sanctionner les ténors de la droite ou de la « gauche » au pouvoir, quand il veut manifester sa colère contre une immigration de moins en moins maîtrisée, il vote FN. Il est alors sûr de voir la mine déconfite des dirigeants du PS et de l’UMP et, à défaut que son message soit entendu, il aura au moins eu le sentiment de l’avoir transmis.

Il n’est pas vrai que le Front National bénéficie d’un « vote de conviction » parce que ses électeurs ne votent pas pour le programme du FN mais pour ce qu’ils croient y trouver et qui en vérité n’y est pas. 88% de ses électeurs ont voté pour le FN principalement en raison de leur opposition à l’immigration, pas à cause de l’€uro ni de la volonté de ce parti de faire quitter l’Union Européenne. Or, « Marine » a interprété ce résultat comme un rejet de l’Europe et dans son discours de victoire n’a pas évoqué une seule seconde la problématique migratoire. Le souverainisme assumé représente moins de 5% de l’électorat. Si les électeurs du FN le jugeaient tel qu’il est, et non tel qu’ils croient le voir, par la faute des media et des autres partis politiques, le FN aurait réellement fait moins de 5%, mais cela aurait laissé le champ libre à des formations réellement identitaires.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

Marine Le Pen sur la trajectoire de François Hollande ?

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article_lepenhollande.jpgA l'issue des dernières européennes, la présidente du Front national se voit un destin présidentiel. Elle va disposer d'une tribune en Europe sans risquer de décevoir quiconque, puisqu'elle ne pourra pas infléchir le cours des décisions et ne sera donc pas touchée par le discrédit croissant qui va inévitablement affecter des institutions usées. Par ailleurs iI est raisonnable de penser que les quelques municipalités contrôlées par son parti s'en sortiront honorablement. Comme de plus en plus de Français souhaitent faire l'essai du Front national, si elle ne commet pas d'impair majeur, tout porte à croire que son audience va donc augmenter. Ce sera d'autant plus le cas si son parti continue d'être diabolisé par une partie de la classe politique, celle-là même dont les Français ne veulent plus.

Supposons donc que, les circonstances aidant, le parti socialiste disparaissant du jeu et l'UMP explosant en vol, Marine Le Pen arrive au pouvoir avec une assemblée hétéroclite, mais prête à tenter autre chose avec elle. Dans cette situation peu probable, mais loin d'être impossible, une chose est sûre. La présidente du Front national ne resterait pas longtemps en situation de gouverner.

En effet elle tiendrait alors son élection du même mécanisme que celui qui a mis au pouvoir François Hollande et le PS, à savoir un mensonge électoral absolu. C'est ce mensonge qui va rendre intenable la fin du mandat du président actuel. Et c'est ce mensonge qui ferait tomber la présidente bien plus vite encore.

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28/05/2014

Elections européennes 2014. Succès du souverainisme, échec du nationalisme ?

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1195901.jpgLe Front National a obtenu 24.85% des voix aux élections européennes, avec un taux de participation d’environ 43%, légèrement meilleur qu’en 2009 mais tout de même très faible. Alors que 88% de ses électeurs ont fait le choix de ce vote à cause de l’immigration, sous-entendue non-européenne, la direction du FN a considéré au contraire que le peuple avait validé ses options UE-phobes et €urophobes, ce qui n’était pas du tout le cas.

A chaque victoire de ce parti, à cause du ras le bol croissant de plus en plus d’électeurs français face à la problématique migratoire, Marine Le Pen y voit un succès de son nouveau positionnement souverainiste. C’est une erreur, une erreur qui aurait été sanctionnée dans les urnes si les media avaient fait un véritable travail d’information en révélant la vérité sur ce parti, au lieu de continuer de le diaboliser et de dramatiser sa récente réussite. Car enfin, si les électeurs du FN découvraient que le positionnement « nouveau » de ce parti sur cette question qui les taraude reposait sur la même utopie universaliste suicidaire que partage toute la classe politique, sans doute chercheraient-ils ailleurs une solution politique.

Même si le FN progresse, il ne faut pas oublier que le camp souverainiste et nationaliste a souvent été aux alentours de 23% aux européennes. Malgré la présence de Dupont-Aignan, qui obtient 3,82%, ce qui n’est pas si mal, le FN a bénéficié du report de voix des électeurs du RPF et du MPF, orphelins cette année. Cette progression n’est donc pas au final si spectaculaire, même si le camp eurosceptique (FN+DLR) obtient sept points de plus que son niveau le plus élevé.

Néanmoins, il faut reconnaître que les partis souverainistes ou post-nationalistes ont réussi à s’imposer au détriment d’un nationalisme ethnique plus classique, et en l’absence de candidats européistes identitaires, seule véritable réponse politique à la crise de civilisation que connaît l’Europe.

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18/05/2014

Il n'y a personne pour défendre l'Europe !

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Tunisia.jpgA quelques jours des élections européennes, aucune formation grande, moyenne ou petite ne prend la défense de l'Europe. La seule liste qui tiendrait un discours favorable en apparence est celle de l'UDI-Modem. François Bayrou ne plaide-t-il pas pour une Europe plus unie?

Hélas, on s'aperçoit tout de suite que le propos est biaisé. De quoi Bayrou se félicite-t-il? D'avoir auprès de lui l'Ukraine "en lutte" et la Tunisie. Or la Tunisie n'est pas européenne et, si l'Ukraine l'est, sa lutte est soutenue par les USA, par leur diplomatie et leurs services spéciaux. Et pourquoi faudrait-il tendre vers une Europe plus unie ? Parce que Monsieur Poutine la souhaiterait désunie. D'abord rien ne dit que la désunion des Européens soit dans l'intérêt des Russes : une Europe unie aurait chassé les Américains du jeu. Ensuite la Russie est européenne et une Europe unie ne chercherait pas à s'en faire un ennemi.

Il est possible de chercher à renforcer l'union entre les peuples européens. Il n'y a guère que deux façons pour cela. La première est révolutionnaire et définitive : elle consiste à réaliser la fusion des Etats actuels de tout le continent un peu à la manière de la première république française. La seconde est plus modeste : elle consiste à renforcer les liens entre quelques états un peu comme Wauquiez le propose. On peut toujours espérer que cela engendre un processus s'étendant et s'approfondissant. La difficulté est que le démarrage est de plus en plus ardu.

Il faudrait commencer par rapprocher la France et l'Allemagne. C'était encore envisageable il y a deux ans. Depuis la politique de Hollande a placé des obstacles infranchissables. C'est l'affirmation d'une politique européenne opposée à celle de notre voisin. C'est l'écart qui s'est creusé entre les performances de nos pays. C'est notre incapacité à tenir nos engagements. Le dernier geste en date, le patriotisme industriel de Montebourg, s'ajoute à tout cela. Personne n'a fait remarquer qu'un pays qui inclurait la France et l'Allemagne pratiquerait un aménagement du territoire, ne laissant pas les activités se concentrer en un seul endroit.

Or Bayrou, en faisant voter pour Hollande, est l'un des responsables de ces obstacles. Il ne peut prôner aujourd'hui ce qu'il a rendu impossible par son action d'hier.

Peter Eisner (LBTF/PSUNE)

04/05/2014

Elections européennes 2014. Le vote blanc, une nécessité malheureuse

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evro.jpgLe 25 mai 2014 se dérouleront les huitièmes élections européennes depuis leur instauration en 1979. Selon les sondages, 73% des Français pensent que l’enjeu européen doit dominer le vote, mais ils ne seraient pour le moment que 35% à se déplacer. C’est dire si le sens de ces élections a été dénaturé par la faute des gouvernements et des partis politiques institutionnels, alors qu’elles ont permis à chaque fois l’émergence de nouvelles forces, Front National (1984) et Verts en tête.

Alors même que nous n’avons jamais eu autant besoin d’une Europe politique et de convergences stratégiques au niveau continental, nous sommes confrontés à un désaveu massif des Européens envers une construction « européenne » au ralenti, méprisée par nos dirigeants, même s’ils se prétendent tous en sa faveur, pilotée par des seconds couteaux mis en place par les Etats. C'est en effet tout l’intérêt du gouvernement de François Hollande, et du Parti Socialiste, qui s’attendent à une sévère sanction, de marginaliser cette élection, lui faisant perdre toute valeur en raison d’un taux de participation médiocre.

Or, il est fondamental de légitimer cette élection, de lui donner de l’importance, en allant voter, d’autant plus que cette année, pour la première fois en France, le vote blanc sera comptabilisé et ne sera plus assimilé à une abstention. Si le taux de participation est trop bas, l’Union « Européenne » continuera à fonctionner comme aujourd’hui, sans tenir compte de l’avis des citoyens, alors que les partis politiques nationaux et européens ont mis en avant un enjeu, l’élection du président de la commission. S’oppose ainsi le vieux cheval sur le retour Juncker au jeune loup social-démocrate Schulz, d’autres candidats faisant de la figuration, comme Bové ou Verhofstadt. A ces quatre candidats, Marine Le Pen aurait souhaité s’ajouter mais ses alliés (FPÖ, Wilders…) n’ont pas voulu la proposer ni avancer un autre candidat pour une institution dont ils contestent l’existence même.

La question est de donc se savoir s’il faut donner une consigne de vote, invitant à soutenir telle ou telle liste, pour telle ou telle raison, éventuellement tel ou tel candidat à la présidence de la commission, ou s’il faut inviter au vote blanc, en sachant que l’abstention est indéfendable dans un contexte où on prétend dénoncer un déficit démocratique, par ailleurs réel. Lorsque le peuple a l’occasion de s’exprimer, il doit le faire.

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Etant donné que cette campagne européenne reste malgré tout dans un cadre national, puisque les électeurs vont voter pour des partis nationaux et pas pour des partis européens, ce qui est fondamentalement une anomalie qui démontre par ailleurs que l’UE n’est pas fédérale, donner une consigne aux autres Européens n’aurait pas beaucoup de sens. C’est donc le contexte français que je vais ici analyser.

Deux camps opposés apparaissent en premier lieu. Celui du souverainisme, représenté notamment par le Front National et par Debout La République, l’un promis à un score très élevé, au-dessus de 20% des voix, l’autre à un score médiocre, entre 1,5% et 3%, plus fort sans doute à Paris, lui permettant éventuellement de disposer d’un élu. Celui de l’ « européisme » officiel, de centre-droit, représenté par la liste « Les Européens », union du Mouvement Démocrate et de l’Union des Démocrates Indépendants.

Le FN combat le principe même d’une Europe politique au nom d’une définition fétichisée de la nation, et appelle à l’abandon de l’€uro et à la disparition pure et simple de l’Union Européenne. Jadis, ce parti dénonçait l’immigration comme le principal facteur de régression sociale et de dépense publique. Aujourd’hui, la construction européenne est accusée d’être responsable et coupable de politiques nationales datant parfois de plusieurs décennies. C’est donc une europhobie de principe que défendent ces partis souverainistes, une europhobie que combattent les prétendus « européistes » mais aussi les européistes authentiques, dont nous sommes.

La liste « Les Européens » pourrait en effet tromper les électeurs, car ils n’ont pas l’Europe unie comme finalité et la voient au contraire comme un moyen de favoriser le mondialisme. C’est un Bayrou qui disait en 2009 qu’il fallait construire l’Europe « pour aider l’Afrique ». Désormais on nous explique en 2014 qu’elle est nécessaire « pour maintenir la paix », alors même qu’elle est à la remorque de la stratégie américaine de déstabilisation de l’Ukraine. Leur Union « Européenne » c’est celle des droits universels, au détriment des droits des Européens, celle de l’ouverture des frontières, non seulement à l’intérieur de l’Europe mais surtout vis-à-vis de l’extérieur. Et en réalité, ils ne sont pas prêts à passer à l’étape fédérale et à nous doter ainsi d’un Etat européen.

Ce reproche est tout aussi fondé vis-à-vis de « Europe Ecologie », qui est à l’écologie ce que le cobra est au rongeur, avec comme chef de file l’alter-mondialiste, donc mondialiste, Bové, en remplacement de Cohn-Bendit, désormais reconverti en commentateur de matchs de football. Avant de partir, Cohn-Bendit s’est fait photographier enroulé par le drapeau européen. Faux écologistes, mais gauchistes reconvertis dans une fausse modération, les « Verts » défendent une « Europe » dénaturée en profondeur, car submergée par les flux migratoires, qu’ils contesteront pour toutes les espèces animales sauf l’humaine.

Entre les anti-européens et les faux européens, on ne peut choisir. Les uns combattent notre idéal quand les autres le dénaturent.

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13/04/2014

Qui alimente l'euroscepticisme ?

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euroscepticisme,mondialisme,souverainisme,atlantisme,marine le pen,martin schulzLe Front National est crédité dans le dernier sondage IFOP de 24% des suffrages si les élections européennes de mai 2014 avaient lieu ce dimanche, devenant ainsi le premier parti de France à cette élection, une élection qui permit son éclosion en 1984 lorsqu’il atteignit 11% des voix, un score qu’il ne fut en mesure d’égaler qu’en 1989. En 2009, au creux de la vague, il n’obtenait même que 6,34% des voix, contre 9,8% en 2004. C’est dire si le FN en « temps normal » ne brille guère à cette élection. Avec seulement trois députés sortants, il est pourtant parti pour remporter en France les élections européennes et rafler ainsi aux alentours de vingt députés. Et ce phénomène ne concerne pas que la France, puisque de nombreux députés nationalistes et souverainistes devraient faire leur entrée à Strasbourg. C’est le cas des britanniques de UKiP, des finlandais du Perussuomalaiset, des danois du DFP, des autrichiens du FPÖ ou encore des néerlandais du PVV de Wilders. Si les nationalistes régressent en Europe centrale et orientale, ils connaissent à l’ouest une expansion sans précédent.

Qu’est-ce qui peut expliquer un tel regain d’euro-scepticisme, même si les électeurs qui votent pour ces partis le font pour des raisons multiples, et la déception de l’actuelle Union Européenne n’est pas nécessairement la cause principale de leur vote ? Est-ce la force de conviction de ces partis qui expliquerait leur capacité à convaincre un nombre croissant d’électeurs européens de leur faire confiance ?

Ce jeudi 10 avril 2014, Marine Le Pen était l’invitée de l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2. De l’avis de tous, elle a dominé le débat. Tel n’est pas mon avis. Le Pen « fille » ne m’a pas paru brillante ni même inspirée. Ce qui m’a frappé au contraire, c’est la médiocrité de ceux qu’on a voulu lui opposer ou qu’elle a accepté de se voir opposer. Ce n’est donc pas par le talent du nouveau FN ou de sa dirigeante actuelle que ce parti a le vent en poupe. C’est parce qu’en face d’elle, il n’y a rien. Et la nature a horreur du vide. Durant l’émission, on aura eu droit aux leçons de morale d’un riche représentant de la diversité, assénant ses « vérités » au peuple parce que ce dernier vote « mal ». De même, un syndicaliste de Force Ouvrière, de cette corporation qui en France ne représente pas 6% des travailleurs, aura manifesté son ire face à un parti qui rassemble désormais près de 45% des ouvriers. Enfin, le représentant de l’Union Européenne, le tiède UMP Alain Lamassoure, se sera montré incapable de démontrer les bienfaits de la construction européenne depuis un demi-siècle.

Il nous expliquera ainsi doctement que faire l’Europe c’est utile pour encourager la paix en Palestine, ce dont 99% des électeurs se moquent. On se souvient d’un Bayrou qui avait expliqué en 2009 qu’il fallait faire l’Europe… mais pour aider l’Afrique. En clair, pour eux, les problèmes des Européens n’ont pas d’importance et la construction d’une Europe politique n’a pas lieu à leur attention et pour résoudre la crise. Alors que l’Ukraine se déchire à nos portes, parce que les Européens ont agi une fois de plus en valets de l’Amérique, l’Union Européenne propose un traité transatlantique qui nous est très défavorable et s’associe aux sanctions américaines contre la Russie voisine.

Ces technocrates déconnectés du réel, ces « bourgeois bohémiens » qui vivent dans les beaux quartiers préservés de la « diversité » dont ils font la promotion permanente mais pour les autres, ont choisi de laisser le monopole du réel au Front National, qu’ils continuent de diaboliser malgré les courbettes devant l’idéologie dominante qu’exécute Marine Le Pen, parce qu’il s’agit surtout d’enterrer les questions. Mais le peuple ne se fait plus prendre par ces méthodes surannées.

Alors certes, la démagogie du FN sur l’€uro ou sur l’Union Européenne est sans limites, mais après tout, il a bien raison de la pratiquer puisque personne n’ose se confronter à lui en regardant les faits tels qu’ils sont. L’Union Européenne a si peu d’importance aux yeux de nos dirigeants qu’on peut sans vergogne nommer « secrétaire d’état aux affaires européennes » le si médiocre Harlem Désir, en récompense de ses déloyaux services. Pour les partisans de « Bruxelles », l’immigration est une chance quand 76% des Français pensent que c’est une calamité. Pour ces technocrates, il est important, qui plus est en période de chômage, d’encourager le travail des femmes mais surtout pas la natalité européenne en berne. S’il ne faut pas rappeler les racines païennes et chrétiennes de l’Europe, au nom d’une laïcité pervertie, ce n’est pas gênant pour eux d’affirmer de prétendues racines « musulmanes ». On autorise le Kosovo à se séparer de la Serbie mais pas la Crimée à rejoindre la Russie.

Marine Le Pen a eu peur d’affronter Martin Schulz, qui lui a fait une réponse cinglante dans le Nouvel Obs mais n’est-ce pas ce même Schulz qui s’est rendu, pour sa première visite de campagne électorale en France, à Saint-Denis, au cœur même de la « diversité » dont de plus en plus de Français et d’Européens ne veulent pas.

Ce sont ces mêmes responsables qui prétendent défendre l’€uro et l’Union Européenne contre Marine Le Pen mais qui lui donnent en réalité un boulevard en refusant de se mettre au service des Européens et d’assumer ainsi une politique très différente. Il ne peut y avoir d’« Autre Europe » que si elle est bâtie sur des principes et des valeurs radicalement différents. Je rêve d’un partisan de l’Union Européenne opposant à l’immigration post-coloniale qu’acceptent une Le Pen et un Farage les principes d’une européanité assumée. Je rêve d’un partisan de l’Union Européenne qui ose prôner l’abrogation du traité de l’Atlantique Nord et exiger le démantèlement des bases américaines de l’OTAN en Europe. Je rêve d’une Europe politique qui tende la main à Vladimir Poutine et se mette avec lui autour d’une table pour régler la crise ukrainienne.

Si on veut pouvoir faire reculer l’euroscepticisme qui bénéficie à une Marine Le Pen, à un Nigel Farage ou à un Geert Wilders, il faut oser leur opposer une Europe politique déterminée à combattre les maux que la classe politique nationale a renoncé à vaincre. En clair, la seule façon de les étouffer, c’est de les priver de raisons d’être. Si l’Europe réussit demain là où l’état-nation historique a échoué hier et échoue encore, alors les souverainistes disparaîtront en même temps que les mondialistes qu’ils prétendent dénoncer.

Car le premier allié du souverainiste, c’est l’atlantiste de Bruxelles, de Paris ou de Berlin, le mondialiste qui veut livrer le peuple européen à la concurrence déloyale du « tiers-monde » émergent, celui qui veut nous céder pieds et mains liés à Washington. L’euroscepticisme c’est Le Pen mais c’est surtout Hollande et Merkel, chargés par Obama d’empêcher l’émergence de l’Europe Puissance, de la Nation Européenne en devenir. Ils se plaignent de la montée des populistes ? Ils en sont les principaux fourriers.

L’euroscepticisme est fort parce qu’il n’a en face que des menteurs et des renégats. Et pourtant, les Européens ont un impérieux besoin d’une Europe politique unie, mais pas celle-là. Opposons aux souverainistes et aux mondialistes, rejetés d’un même élan et mis dans un même sac, le discours de l’Europe authentique, celle des Européens ! Le succès de « Marine » n’est que la preuve de l’échec de l’Union Européenne. Si les Européens s’en détournent de plus en plus, pour retomber dans les vieilles lunes du nationalisme rétrograde des imbéciles qui ont détruit par deux fois notre continent et notre civilisation, à qui la faute ? A vous, les gouvernements « nationaux », de « droite » ou de « gauche », partisans d’un même projet suicidaire, d’un même ralliement à votre maître ultra-atlantique.

Pour sauver l’Union Européenne, il faut la refonder sur des valeurs vraiment européennes, et non pas universelles, et la réorienter au service de l’identité européenne authentique, plurimillénaire, non pour maintenir une paix de tièdes, mais pour forger une paix virile, avec une armée européenne crainte et respectée, des frontières qui ne seront pas considérées comme des passoires, et pour une prospérité retrouvée pour les Européens. L’Europe doit faire sa révolution. Si les Européens veulent à nouveau du pain, il leur faut d’abord du fer. Mais en attendant ce réveil salutaire, nous assisterons impuissants à ces joutes funestes, opposant tenants d’un système en place ayant échoué mais prétendant réussir, et partisans d’un « c’était mieux avant » illusoire et mensonger. La duperie, c’est de nous faire croire que l’alternative serait dans le camp souverainiste.

 
Thomas FERRIER
Secrétaire Général du PSUNE

07/04/2014

Hongrie : joueur Orban joue encore !

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orban.jpgLes élections parlementaires de ce dimanche 6 avril 2014 devaient décider de la composition de la nouvelle assemblée hongroise, après quatre ans de gouvernement de droite, mené par Viktor Orban, aux affaires. La presse annonçait une victoire indiscutable du premier ministre sortant, dont l’ampleur n’était pas en revanche très nette. Dans un contexte où le jeu se jouait à quatre partis, les autres faisant de la figuration, sans oublier les partis représentant les minorités, le suspens était limité. Néanmoins, les sondages semblent avoir surestimé le Fidesz d’Orban.

Avec 44.54% des voix, le Fidesz remporte une élection jouée d’avance, mais avec une perte de 8.2 points en quatre ans, ce qui indique une certaine lassitude des électeurs, sans remettre en cause la prépondérance du parti au pouvoir, en raison notamment d’une forte prime dévolue au vainqueur. Dans un parlement désormais à 199 places, le Fidesz dispose de 133 sièges, soit les 2/3 de l’assemblée, un résultat largement suffisant pour voter les lois d’une manière confortable, avec une majorité des plus stables.

La coalition Összefogas (Unité) autour du parti social-démocrate (MSZP) mené par Attila Mesterhazy (et Ferenc Gyurczany en n°2) réussit un score honorable avec 25.99% des voix et obtient ainsi 38 sièges dans la nouvelle assemblée. Ce score, supérieur à celui annoncé par les sondages, reste néanmoins modeste en raison notamment de plusieurs scandales financiers touchant d’anciens dirigeants du parti. Par ailleurs, si la tête de liste est nouvelle, les vieux de la vieille comme Gyurczany sont toujours présents. C’est malgré tout un échec, moins déshonorant toutefois qu’en 2010.

Le Jobbik était annoncé aux alentours de 16% dans les sondages, soit un score proche des 16.67% obtenus en 2010. Par un recentrage tactique, qui aurait pu décontenancer certains électeurs, le Jobbik réussit un score en nette progression, avec 20.54% des voix (+ 3.87), bénéficiant du vote de déçus du Fidesz ou de gens choqués par les scandales, et disposera de 23 sièges.

Loin derrière, la liste libérale et démocrate LMP obtient 5.26% des voix et 5 sièges. C’est un score inespéré dans le contexte électoral actuel. Le LMP sera la dernière formation à entrer au parlement.

C’est un échec pour le Munkaspart (Parti des Travailleurs), néanmoins en progression, avec 0.58% des voix, devant une liste centriste (KTI, 0.22% des voix), la liste autour de Maria Seres (0.45%) ou encore le Parti des Verts (Zöldek Partja) avec 0.37% des voix. Enfin, les listes représentant les minorités (tziganes et roms, allemands, slaves, arméniens, grecs…) ont obtenu en tout environ 0,6% des voix et ne disposeront d’aucune représentation.

Malgré un mode de scrutin très favorable, le Fidesz recule dans l’opinion, une érosion logique car Orban s’use au pouvoir, même s’il reste extrêmement populaire. Il n’a pas réussi à marginaliser le Jobbik qui reste la 3ème force, même s’il n’a pas réussi à passer devant la gauche. Le repositionnement de ce parti, jugé néanmoins trop radical aux yeux de l’extrême-droite occidentale pour se coaliser avec elle à l’issue des élections européennes, semble avoir payé. La gauche, qui tend à imiter ses partis frères de l’ouest, peine à s’imposer alors que le conservatisme à coloration chrétienne de Orban résiste.

La seule surprise est donc ce recul modéré du Fidesz accompagné d’une progression mesurée de l’extrême-droite. Rien ne change vraiment. Sans refondation, on voit mal la gauche en 2018 triompher.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

17/03/2014

Analyse des élections parlementaires serbes de mars 2014

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made-in-serbia-logo-eagle.jpgLes résultats quasi définitifs des élections serbes qui se déroulaient ce dimanche sont désormais connus et ils sont riches d’enseignements. Avec 48,34% des voix, Aleksandar Vušič a presque réussi son parti, atteindre les 50% des suffrages. Le parti de Tomislav Nikolic, le SNS, est donc le grand vainqueur de ce scrutin, rafflant 158 sièges, ce qui lui permet de bénéficier d’une majorité absolue au parlement. En 2012, il n’avait obtenu que 24,05% et double donc son score. La stratégie hybride, mi-nationaliste, mi-européiste, du président en exercice et de son premier ministre, a payé. Il a su vider de son électorat les deux frères ennemis, le Parti Démocrate de Boris Tadic et le Parti Radical Serbe de Seselj.

Divisé en deux camps rivaux, le camp démocratique a subi un échec retentissant. La liste du Nouveau Parti Démocrate de Tadic n’obtient que 5,71% des voix et 18 sièges. Son rival, le Parti Démocrate (officiel) n’obtient guère mieux avec 6,04% des voix et 19 sièges. Leur division a été mortifère puisque le DS originel avait obtenu 22,07% des voix en 2012. De nombreux électeurs pro-européens, qui votaient Tadic,ont préféré soutenir le gouvernement en place. On peut désormais considérer la carrière de l’ancien président Tadic comme derrière lui. Les « Démocrates » doivent se refonder pour demain pouvoir à nouveau peser.

Associé au nouveau pouvoir, le Parti Socialiste de Serbie a rompu depuis longtemps avec l’époque Milosevic. Ivica Dasic avec 13,51% des voix et 44 sièges, encaisse bien, même s’il perd presque 1% et gagne en revanche un siège. Même si son appui n’est pas nécessaire, il est probable que le SNS de Vusic maintiendra sa coalition avec lui.

Le camp nationaliste connaît en revanche une sévère déconvenue. La descente aux affaires du SRS de Seselj continue. Son discours europhobe ne passe plus et son image est désormais marginalisée. Avec 2% (contre 4,62% en 2012), c’est une fin de règne. Le mouvement Dveri n’en profite puisqu’il n’obtient que 3,57% des voix (contre 4,34% en 2012) et échoue à s’implanter durablement dans le paysage politique. Le Front Patriotique avec 0,13% des voix échoue à les concurrencer.

Les autres partis politiques sont perdants et tombent à des niveaux vraiment très modestes. L’Union des Régions de Serbie avec 3,04% des voix est marginalisée, de même que le Parti Libéral Démocrate avec 3,35% des voix (contre 6,53% en 2012), qui perd ses quatorze députés et devient insignifiant. En revanche, les partis régionalistes ou micro-identitaires se renforcent légèrement, avec 2,11% pour les Hongrois de Voïvodine, 0,95% pour le mouvement du Sandjak, obtenant en tout 11 sièges.

Nikolic, par son image d’ancien nationaliste, agissant avec beaucoup de circonspection concernant le Kosovo, sans heurter les plus patriotes mais sans mettre en danger le processus d’adhésion de la Serbie à l’Union Européenne, a su transformer son image. Il oriente la Serbie dans le sens de la construction européenne, même si on ne sait pas encore quelle sera sa réaction suite à la stratégie russe en Crimée. Son parti est en tout cas considérablement renforcé et ses adversaires très sérieusement affaiblis. La Serbie semble avoir désormais rompu avec sa tradition d’un mouvement nationaliste à près de 25% des voix. Si Nikolic a rompu avec le SRS, au point où ce dernier voit en lui un véritable traître, les électeurs lui ont donné raison et il s’est révélé une personnalité pugnace et habile. En revanche la ligne Seselj est en train de devenir groupusculaire. Il faut dire que ce parti est « piloté » depuis le tribunal pénal international de La Haye. L’époque des Seselj, des Tudor ou des Siderov en Europe de l’Est est terminée.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

02/03/2014

Pour la paix en Ukraine et la réconciliation avec la Russie

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Flag-Pins-Ukraine-Russia.jpgCela fait plusieurs semaines maintenant que la crise ukrainienne occupe nos écrans radar, avec son lot de suspens et de retournements. Désormais, la Russie s’apprête à lancer une intervention armée, non pour rétablir le sinistre Yanoukovitch, démonétisé de Paris à Moscou, mais pour protéger ses intérêts en Crimée et éventuellement dans les autres régions dans lesquelles les russophones sont nettement majoritaires. Une telle action unilatérale, acceptée lorsque la France souhaite intervenir en Centrafrique ou au Mali, devient inacceptable dès lors que c’est la Russie qui est à la manœuvre. Le gouvernement ukrainien provisoire, qui parle d’un casus belli et annonce mobiliser, n’est probablement pas menacé.

Cette crise présente plusieurs dimensions qu’il faut bien avoir à l’esprit lorsqu’on prétend l’analyser. Il faut se garder d’un jugement partisan de principe, pro-ukrainien ou pro-russe, car qui ne voit que la position d’un des camps ne voit rien.

Du point de vue ukrainien

D’un côté, des manifestants mobilisés, réunissant des citoyens de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, en passant par tout le spectre politique, veulent chasser un président certes élu mais qui a tout d’un autocrate, corrompu à l’extrême, et au bilan économique des plus médiocres. Sa volonté de s’aligner sur la Russie, en rompant tout rapprochement avec l’Union Européenne, a mis le feu aux poudres. Certains militants sont prêts à des actions violentes auxquelles répond une contre-offensive gouvernementale encore plus violente. Le sang coule et c’est par dizaines, peut-être par centaines, que des Ukrainiens  meurent. Il s’agit surtout de militants de Svoboda ou du « Pravyi Sektor », des nationalistes radicaux prêts à en découdre avec le pouvoir.

Même si l’Ukraine et la Russie prennent leurs racines communes dans la Rus’ de Kiev, au Xème et XIème siècles, elles ont connu de longues périodes où elles étaient séparées. Si l’ukrainien et le russe ne diffèrent guère, ce sont tout de même deux langues distinctes. Et sous les tsars et plus encore sous le régime soviétique, une russification linguistique et culturelle a été très vigoureuse. L’identité ukrainienne est celle d’un peuple meurtri, et s’apparente à la situation des Irlandais face à l’empire britannique.

Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, l’Ukraine est coupée en deux, entre les russophones qui se sentent indéfectiblement liés à la Russie voisine, et des ukrainophones qui tentent de se rapprocher de l’Europe occidentale et prétendent rejoindre l’Union Européenne, même si les nationalistes de Svoboda sont en vérité des souverainistes, pour marquer une rupture plus nette avec la Russie.

Mais ce nationalisme reste animé d’un esprit revanchard et la preuve en est la décision du parlement de supprimer le statut de langue officielle du russe au profit du seul ukrainien. C’est un acte d’une maladresse extrême, alors qu’il fallait au contraire rassurer les russophones dès la chute de Yanoukovitch. L’effondrement du Parti des Régions ne devait pas faire place à des vexations outrancières contre les russophones.

Du point de vue russe

Pour Vladimir Poutine, aucun doute n’est permis, les russophones d’Ukraine et les russes de Crimée sont potentiellement menacés d’une répression à leur encontre. La chute de Yanoukovitch a amené à des manifestations de soutien de nombreux Ukrainiens des régions orientales du pays en faveur d’une action russe, voire d’une sécession.

Poutine n’entend pas perdre la Crimée, qui bénéficie d’un statut particulier et qui a conservé des liens politiques et même militaires avec la Russie, abritant sur son sol de nombreux soldats russes et des navires de combat. Il a tout à gagner à une intervention armée, qui permettra de stabiliser sa frontière occidentale, d’unir par un élan patriotique le peuple russe derrière lui, faisant taire les contestations internes, et de rappeler aux occidentaux que dans son espace il entend être respecté.

L’Union Européenne a été très mal avisée de négliger la susceptibilité russe en la matière. En apportant un soutien sans discernement aux manifestants de Maïdan, dont certains expriment une russophobie explicite, au-delà de la question du départ d’un dirigeant médiocre, en laissant faire une forme de coup d’état à Kiev, sans respecter les accords mis en œuvre dans lesquels les Russes avaient été partie prenante, les occidentaux ont gravement attenté aux intérêts vitaux de la Russie. Poutine devait donc réagir et il ne pouvait le faire par des demi-mesures. Même s’il n’a pas encore donné son feu vert officiel à une intervention que son parlement soutient, maîtrisant les risques à provoquer d’une manière trop brutale les USA, il ne fait aucun doute qu’il entend se faire respecter. S’il annonce vouloir conserver l’unité de l’Ukraine, refusant ainsi de céder à toute tentative d’annexion, on sent bien se profiler une Transnistrie II, un partage non officiel de l’Ukraine en deux parties, la seconde pouvant être limitée à la Crimée ou élargie à Donetsk et même Kharkiv.

Rappelons dans le cas de la Crimée que son rattachement à la république soviétique d’Ukraine en 1954 était purement arbitraire car ne tenant pas compte du caractère massivement russe de la population de cette presque-île. Lorsque l’URSS s’est effondrée, la nouvelle Ukraine a conservé les frontières dont elle disposait sous le régime précédent. C’était une erreur qui aujourd’hui est en train d’être réparée au forceps.

Des accusations d’extrémisme qui sonnent faux

Toute crise comme celle que vit l’Ukraine apporte son lot de discours extrémistes. Mais il serait trop facile d’opposer de bons russes à des néo-nazis, ou de bons patriotes ukrainiens à des communistes. Aux  provocations extrémistes du « Pravyi Sektor » où s’affiche le portrait de Stepan Bandera, répondent les nostalgies néo-communistes, certains vieux membres de l’Armée Rouge allant jusqu’à monter la garde devant une statue de Lénine, pourtant responsable de la mort de nombreux ukrainiens… et russes. Ni le drapeau à croix gammée ni le drapeau soviétique ne devraient être brandis, ça n’a aucun sens.

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En fait, les extrémistes sont l’alibi que chaque camp envoie à l’autre pour justifier l’un de son éloignement de la Russie, l’autre de son action militaire. L’antifascisme promu par certains russophones sonne faux. L’anticommunisme de certains ukrainiens sonne tout autant faux. C’est la preuve d’une immaturité politique profonde de certaines franges de la population, dans un pays pauvre, miné par la crise économique, et tiraillé entre deux tendances lourdes agissant comme deux centrifugeuses.

Une Europe absente, des USA trop présents

Dans cette équation, il ne faudrait pas non plus négliger le rôle détestable des Etats-Unis, qui récupèrent à leur profit cette crise ukrainienne pour continuer leur stratégie d’endiguement de la Russie, finissant par celle de l’anaconda, de l’étranglement pur et dur. A Washington, on s’interroge déjà sur des sanctions à prendre contre Moscou. Mais la Russie n’agit pas d’une manière différente de celle des USA qui interviennent lorsque leurs intérêts sont menacés sans se préoccuper de l’opinion internationale. On peut regretter que Moscou ait choisi cette voie et on aurait pu espérer une démarche plus rassurante. Mais la Russie s’adapte à ses interlocuteurs d’en face.

Or l’Union Européenne, une fois de plus, est incapable de répondre d’une seule voix, et se montre impuissante. C’est bien sûr le cas des pantins de Bruxelles, qui n’ont que le pouvoir que les gouvernements leur accordent, c'est-à-dire aucun, mais c’est surtout celui des dirigeants même des Etats. Hollande a eu un rôle totalement marginal, Cameron et Merkel ont été dépassés. Ils ont laissé leur « allié » américain mener la dance. On se souviendra du mot d’une responsable américaine disant en privé que l’Union Européenne pouvait « aller se faire foutre ».

Tant que l’Union Européenne ne sera pas capable de se doter à sa tête d’autres personnes qu’un Barroso aujourd’hui ou un Schulz demain, elle ne sera pas prise au sérieux et n’aura son mot à dire en rien. Elle assistera démunie, si ce n’est complice, aux actions des USA sur son sol ou à ses frontières.

Seul un européisme pur et dur pourra ramener la paix

Il n’y a qu’une seule position tenable dans ce conflit, une voix de la raison à faire entendre, c’est celle de la paix et de la réconciliation en Ukraine et entre Ukrainiens et Russes. Ce n’est de l’intérêt de personne que ce pays implose, créant des séquelles pouvant mettre des décennies à être digérées. Nous devons reconnaître à la fois la pleine légitimité du peuple ukrainien dans sa volonté de chasser du pouvoir un président corrompu et celle des russophones qui expriment une inquiétude non feinte quant à leur avenir dans l’Ukraine actuelle. Il aurait été nécessaire qu’ils soient rassurés et ménagés, associés de plein pied dans la reconstruction politique du pays.

russie,ukraine,réconciliation,crimée,atlantisme,europe,thomas ferrierVouloir régler le problème ukrainien sans associer la Russie à cette démarche était non seulement illusoire mais relevait d’une faute d’analyse grave. C’est autour d’une table que les responsables du mouvement « Euromaïdan », des représentants sérieux de l’Union Européenne et des représentants de la Russie que l’avenir du pays devait se décider. Les inquiétudes russes devaient être écoutées et prises en compte. Le statut de la Crimée devait être garanti, tout comme celui de la langue russe.

L’absence d’Europe politique, l’inféodation des dirigeants des Etats européens de l’ouest ou des « dirigeants » de l’Union Européenne aux USA, tout cela est détestable. C’est malheureux de voir l’Europe, une fois de plus, manipulée et instrumentalisée afin de la maintenir divisée.

Si, comme je le pense, l’avenir de l’Europe se joue dans une convergence Union Européenne/Russie, jusqu’à la fusion qui transformerait notre continent en première puissance mondiale, alors cette division au cœur de l’Ukraine n’est pas acceptable. Et tout doit être fait pour y remédier dans les meilleurs délais et avec le moins de victimes possible. Il n’y a qu’une seule façon de décourager Poutine de mener une intervention armée, c’est de lui proposer une alternative acceptable pour lui comme pour les russophones. Mais surtout, il faut que ce soit les Européens ensemble, Russes et membres de l’UE, qui dialoguent, les USA devant être écartés de toute discussion et réduits à un rôle de spectateur extérieur.

Contrairement à ce que prétendent les souverainistes, la crise ukrainienne montre qu’une Europe divisée sera toujours une proie et l’instrument de sa propre destruction. Une démarche vraiment européiste, c’est de défendre tous les Européens, et donc de défendre et les positions ukrainiennes et les positions russes en même temps. On peut dire que cela demande un certain talent d’équilibriste, mais c’est la seule attitude responsable. C’est ainsi que nous pourrons garantir une paix sincère et durable, et ensuite une réconciliation dans l’honneur.

Si la Russie intervient en se limitant à des objectifs légitimes, la protection de la Crimée et des régions russophones, il faudra considérer cette action comme un mal, mais comme un mal nécessaire. Il faudra trouver les mots pour que cette situation temporaire trouve une résolution acceptable par tous.

Poutine a tendu la main depuis 2005 à l’Union Européenne, évoquant l’Europe « de l’Islande à l’Oural et par extension jusqu’au Pacifique ». Mais cette main, personne n’a pu et n’a su la saisir. Au contraire, la Russie a le sentiment, à tort ou à raison, que le reste de l’Europe est dans une situation de décadence bien plus avancée, qu’il est sous tutelle, et qu’il s’efforce de refouler la Russie en Asie. C’est notre faiblesse qui inquiète les Russes, non « nos » menaces pathétiques dictées par « nos » maîtres.

Face à une Europe politique unie, puissante, responsable, libre et souveraine, la Russie pourra dialoguer d’égal à égal, en toute franchise, et nous trouverons ensemble des solutions qui satisferont tous les citoyens de notre continent. Et l’Ukraine redeviendra un pont de l’amitié entre nous. Alors la Russie et le reste de l’Europe s’uniront pour forger le XXIème siècle européen, pour la paix et la prospérité, de Reykjavik à Moscou.

Je ne peux que souhaiter que les Ukrainiens et les Russes trouvent assez de ressources en eux pour sortir grandis de cette crise. Ils méritent mieux. Et je ne peux qu’inviter les dirigeants des autres pays européens à agir avec davantage de prudence à l’avenir, à respecter nos frères de l’est et à se libérer de chaînes « outre-atlantiques » de plus en plus insupportables. Malheureusement, je sais que ceux qui actuellement président à nos destinées n’en feront rien. C’est pourquoi il faudra les chasser du pouvoir, tout comme les Ukrainiens ont su chasser Yanoukovitch. Vive la Russie, vive l’Ukraine et vive l’Europe libre, bientôt libre !

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

Nota Bene: la troisième image est celle du drapeau de la Rus de Kiev, où on retrouve le rouge et or de la Macédoine antique et de la Rome républicaine.

16/02/2014

Elections européennes en France : étude du sondage Opinionway de février 2014

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élections européennes,mai 2014,euroscepticisme,FN,PS,UMP,centre-droit,déception,euroSelon le dernier baromètre Opinionway/LCI/Le Figaro, à un peu plus de trois mois avant l’élection, l’UMP sortirait vainqueur du scrutin avec 22% des voix, contrairement à un sondage précédent d’un autre institut qui mettait le FN en première position avec 23%. Le FN serait second avec 20% des voix environ, auxquels il faudrait rajouter les 3% de voix en faveur de la liste de Debout La République animé par le non-candidat Nicolas Dupont-Aignan, pour comptabiliser le vote « souverainiste ». Néanmoins, l’UMP perdrait 5 points environ par rapport à 2009 en faveur du Front National, qui en prendrait 6 au PS, à l’extrême-gauche et surtout aux petites listes.

Le Parti Socialiste connaîtrait une sévère déconvenue avec 16% des voix, un score malgré tout proche de celui qu’il avait obtenu en 2009 (16,5%) mais c’était à l’époque où Europe-Ecologie avait obtenu dans le même temps 16,3% des voix. Il n’en obtiendrait plus que 9%, ce qui veut dire que le camp de la gauche « modérée » perdrait sept points. Le Front de Gauche, avec 9% des voix, en reprendrait 3. En revanche, le Nouveau Parti Anticapitaliste aurait 4%, score important par rapport à leur poids politique en France, mais plus faible que les 6,1% obtenus en 2009. Cela place l’extrême-gauche à 13%, ce qui n’est pas négligeable.

Connus pour leur positionnement pro-« européen » mais en version mondialiste, le Modem et l’UDI, désormais associés, obtiendraient 12% des voix (+3,5%). Cette modeste progression par rapport au score antérieur du seul Modem montre le poids réel de l’UDI et du centre-droit (3/4%) par rapport à la droite UMP (22%).

Ce sondage pose également d’autres questions qui matérialisent le désaveu de l’actuelle Union Européenne par un nombre d’électeurs croissant. Ainsi, 45% des Français se disent déçus, et 11% manifestent une nette opposition alors que 12% s’en désintéressent purement et simplement. 32% seulement semblent plus ou moins satisfaits ou espèrent une évolution davantage positive de la construction européenne. La fierté d’être membre de l’Union se limite à 5% des citoyens, ce qui est très peu. 3% sont satisfaits. On peut penser que c’est le socle de gens satisfaits aussi du président Hollande.

Sur la question de l’€, la démagogie eurosceptique et l’incapacité des dirigeants pro-« européens » à expliquer convenablement les choses aboutissent à ce que 26% des citoyens (+6) souhaitent le « retour au franc » et 20% se moquent de la disparition de l’€ sans la souhaiter pour autant. Les opposants à une sortie de l’€ ne sont plus que 53% (-9). Sortir de l’€ est une lubie qui cache un rejet idéologique de toute monnaie européenne par les dirigeants des partis nationalistes et/ou souverainistes, et qui ne repose sur des prétendues analyses économiques partiales de gens par ailleurs opposés à l’idée européenne par principe. Mais l’absence de pilotage démocratique de l’€ n’est pas pour autant durable et crédible.

Pour 22% des Français, l’appartenance de la France à l’Union Européenne est une mauvaise chose. Ce score reste constant, mais les neutres augmentent, 35% (+6) pensant que cela n’a aucun impact, ni en bien, ni en mal. Ils ne sont plus que 42% à estimer qu’il s’agit d’une bonne chose. Mais ils sont 45% à craindre que l’identité française soit menacée par la construction européenne.

Par ailleurs, une fois de plus, l’élection européenne est détournée des enjeux continentaux par les enjeux nationaux, en clair par la volonté de nombreux électeurs de sanctionner la classe politique nationale, le gouvernement et le président, dans les urnes. Si les électeurs semblent vouloir centraliser les élections municipales sur le choix d’un maire, indépendamment de son étiquette, ils souhaitent visiblement se rabattre sur l’élection suivante pour manifester leur colère. Cela pourrait amener à un FN fort, même si, pour des raisons de participation, j’en doute, comme je l’ai expliqué dans un article précédent. Mais je doute que la participation aux élections européennes soit bonne, mais dans ce cadre. Ils sont 68% à vouloir voter en fonction des questions nationales, et seulement 31% (-9) sur des questions d’enjeu européen.

La faute en est, là encore, à l’absence de campagne européenne, au fait que ce sont les partis nationaux et non les coalitions européennes qui se présentent au suffrage, qu’il y a des arrangements « entre amis » pour décider du futur président de la commission, indépendamment du résultat. Mais même si les électeurs votent national aux européennes, le gouvernement aura beau jeu de relativiser ce vote en accusant l’euroscepticisme. Pourtant, si la gauche devait être sanctionnée en mai 2014, c’est bien à cause de la politique du gouvernement et non de la médiocrité incontestable des actuels dirigeants de l’Union Européenne. Par ailleurs, Barroso pourrait être dépassé en nocivité par le « socialiste » allemand Schulz, c’est dire, si les électeurs européens n’y prennent pas garde.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)