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13/01/2013

Brèves européennes… (17)

élections présidentielles tchèques 2013,zeman,schwarzenberg,hollande,mali,intervention militaire,islamistesTCHEQUIE

Alors que les idées eurosceptiques progressent en Europe dans les différents sondages, 60% des britanniques étant même favorables à une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, désinformés par une classe politique nationale profondément malhonnête en ce domaine, les premières élections présidentielles au suffrage universel direct avaient lieu en République Tchèque. Le président sortant, le très conservateur et europhobe Vaclav Klaus (ODS), ayant fait deux mandats, ne pouvait pas se présenter. Il n’est pas sûr toutefois qu’il aurait pu l’emporter par le passé autrement que par le vote des parlementaires. Il était en conséquence difficile de tester sa véritable popularité, mais ces élections étaient l’occasion de déterminer le rapport de force entre pro-européens et anti-européens.

Deux candidats revendiquaient explicitement la filiation avec l’ancien président. La belle Jana Bobosikova représentait le mouvement « Suverenita », ouvertement eurosceptique. Dans un pays où l’extrême-droite a réalisé le score de 0,06% des voix aux dernières élections législatives, elle représentait la droite nationale. Elle n’a obtenu que 2,39M des voix. Elle était sur ce créneau en concurrence avec le candidat de l’ODS, la droite au pouvoir à Prague dans le cadre d’une coalition. Premysl Sobotka n’obtient que 2,46% des voix, ce qui est une sévère, très sévère, déconvenue pour un parti en charge des affaires nationales. Elle est à rapprocher du score exécrable (1% environ) de l’ancien président ukrainien Youtchenko aux dernières élections législatives en Ukraine.

Alors qu’on l’annonçait comme le deuxième homme, l’indépendant Jan Fischer, ancien premier ministre, n’a obtenu que 16,35% des voix et est donc éliminé. C’est la principale surprise de ce scrutin. Il est battu par le ministre des affaires étrangères Karel Schwarzenberg, un européiste confirmé, à la tête du mouvement de centre-droit TOP 09, qui obtient 23,4% des voix. Il a certainement bénéficié d’un très bon report de voix en sa faveur d’électeurs de droite peu attirés par le candidat officiel de l’ODS. Il devient désormais le représentant officiel de la droite parlementaire face à la gauche modérée.

Son candidat, Milos Zeman, avec 24,21% des voix, est le vainqueur du premier tour mais à moins de 1% de son challenger. Il bénéficiera en revanche d’un report de voix favorable du fait du score du candidat social-démocrate du CSSD, Jiri Dienstbier, qui avec 16,12% des voix, finit quatrième, à quelques dixièmes derrière Fischer. La gauche a donc un capital de départ de 40% des voix, d’autant plus que Fischer a annoncé qu’il ne soutenait aucun candidat, et bénéficie aussi d’un appel lancé par les communistes en faveur de Zeman.

Dans ces conditions, Schwarzenberg a peu de marge de manœuvre. La seule candidate qui pourrait appeler à le soutenir, la démocrate chrétienne Zuzana Roithova, n’a obtenu que 4,95% des voix. Le candidat indépendant, issu de la société civile, l’artiste Vladimir Franz, avec 6,84% des voix, a capitalisé le vote des électeurs décidés à manifester leur mécontentement face aux partis du gouvernement. Il est peu vraisemblable qu’il prenne position en faveur de l’un des deux candidats du second tour. Enfin, les écologistes du Parti Vert, avec 3,23% des voix, ne pèseront guère sur le résultat du scrutin.

A moins d’une forte mobilisation aux côtés du candidat de droite, Karel Schwarzenberg, 78 ans, le candidat de gauche, âgé de dix ans de moins, paraît nettement favori. Les électeurs de Fischer seront néanmoins déterminants et il n’est pas possible pour le moment d’imaginer vers qui ils pourraient se tourner. Cela dépendra de la campagne du second tour qui vient à peine de commencer.

FRANCE

Alors que 800.000 manifestants (350.000 selon la préfecture de police) ont défilé aujourd’hui dans Paris pour s’opposer au projet de loi en faveur du « mariage pour tous », c'est-à-dire du « mariage homosexuel », dans un cortège où se côtoyaient dirigeants de l’UMP et du FN, homosexuels anti-mariage et évêques, le gouvernement a réussi à trouver un dérivatif pour fuir le débat. Quoi de mieux en effet qu’une intervention militaire pour crédibiliser un président au plus bas dans les sondages. Contrairement à ce que prétend Marine Le Pen, l’ « écran de fumée » n’est pas le mariage gay mais bien l’intervention au Mali, intervention à laquelle elle a apporté son soutien, alors que Mélenchon a été davantage méfiant.

Sur ce blog, j’ai maintes fois répété, et encore récemment, mon opposition à toute ingérence et à tout néo-colonialisme. Une fois de plus, le gouvernement français confirme son afrotropisme, auquel Nicolas Sarkozy avait prétendu renoncer avant de lancer son action en Libye. Déjà présente au Tchad et en Côte d’Ivoire, l’armée française est désormais présente sur un troisième théâtre d’opération, suite à l’appel à l’aide du président du Mali (du Sud).

Encore une fois l’argent des contribuables français et le sang des soldats français sont mis à contribution dans un conflit qui ne nous concerne en rien et dans lequel nos intérêts vitaux ne sont nullement en jeu. Que le Mali soit une ancienne colonie française ne signifie en aucune manière que nous soyons liés à son devenir. C’est bien parce que le gouvernement français est incapable de rompre avec la Françafrique que nous nous retrouvons entraînés malgré nous dans cette galère. Une fois de plus. Une fois de trop.

Notre avenir est continental, notre destin commun est avec nos frères européens. Les problèmes de l’Afrique ne sont pas les nôtres. Nous n’avons pas à nous en mêler, pas plus au Mali qu’en Côte d’Ivoire d’ailleurs. Nous devrions au contraire encourager nos entreprises et nos ressortissants à demeurer (ou à retourner) sur le sol protecteur de l’Europe et négocier la libération de nos otages par l’adoption d’une diplomatie strictement eurocentrée.

Ce combat contre le « terrorisme », mot pudique pour désigner l’islamisme dans la bouche de notre président, démontre un double colonialisme, en vérité. Car il y a deux peuples colonisés dans cette affaire, l’un dirigé par un pouvoir malien, qui appelle l’ancien colonisateur à la rescousse car il est incapable de tenir le pays, et l’autre dirigé par un pouvoir français, à la remorque des Etats-Unis d’Amérique.

Alors que tous les partis politiques classiques ont apporté leur soutien à l’action du président de la république, y compris le Front National et le Front de Gauche, nous désapprouvons cette intervention pour une raison simple, c’est que la France n’a pas à intervenir dans ce qui fut son ancien empire colonial, quelle que soit l’évolution de ce dernier. Nous aurions dû couper le cordon au lieu de vouloir maintenir à tout prix des relations, sous prétexte que certains oligarques ont des intérêts dans ces pays. La France n’a pas plus à intervenir au Mali qu’elle n’aurait à intervenir aux Philippines ou au Guatemala. Nous payons là encore le prix d’une diplomatie française plus afrocentrée qu’eurocentrée, et qui ne tient aucun compte par ailleurs de l’opinion des citoyens. C’est ce qu’on appelle le « fait du prince ». Nous verrons bientôt si ses sondages remontent ou si les Français ne sont pas dupes de la manœuvre. L’intervention française en Libye n’a pas pu sauver l’ancien président Nicolas Sarkozy.

02/01/2013

Meilleurs vœux du PSUNE pour 2013 !

Une année de décadence de plus, une année de moins vers la renaissance !

ireland2013.jpgFRANCE

Les élections présidentielles françaises ont été l’actualité principale de 2012. Savoir quel pantin représentant en France les intérêts de la finance internationale n’était un enjeu que pour les naïfs. Toutefois, tout ne se vaut pas, et il était à craindre que le démagogue prétendument « socialiste » fasse au final beaucoup plus de dégâts que le président droitier sortant.

J’ai été particulièrement hostile dès le départ aux projets géopolitiques et sociétaux du candidat Hollande. Considérant que le mondialisme économique serait aussi bien défendu par l’un que par l’autre, j’ai estimé qu’il n’était pas un enjeu, même si pour beaucoup de français la crise économique est douloureuse, et qu’on devait juger les deux candidats en fonction de leurs positions sur les autres sujets. Hollande était partisan du vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales, soutien actif de l’idée de « mariage homosexuel », défenseur acharné de l’adhésion turque à l’Union Européenne. Je le devinais eurosceptique, même s’il n’assumerait pas cette position, et potentiellement germanophobe. Je savais aussi qu’il allait capitaliser sur son nom le vote des banlieues et des minorités communautaires, puisque le PS représente le parti de l’assistanat. Au final, 93% des citoyens musulmans et l’écrasante majorité des domiens ont voté Hollande.

Par ailleurs, le thème de l’Europe a particulièrement été absent des débats, même si Nicolas Sarkozy a toujours fait référence à ses partenaires et a intégré sa démarche dans le cadre plus général de l’Union Européenne. En revanche, François Hollande a fait des promesses qu’il ne pouvait pas tenir et au détriment de l’intérêt général des Européens.

Certains se sont donc imaginés que je ne pouvais pas être un homme de gauche alors que je tirais à boulets rouges contre Hollande, comme Mélenchon ceci dit, mais sans le programme ultra-libertaire de ce dernier, et aussi parce que j’appelais implicitement à voter raisonnablement pour le candidat de la droite affairiste contre le candidat de la fausse « gauche » affairiste. Or celui qui se dit de gauche en défendant une politique de droite, ce n’est pas moi, c’est le président Hollande, c’est le gouvernement Ayrault, et les salariés d’Arcelor Mittal du site de Florange en savent quelque chose.

Hollande ne m’a pas déçu. Il a été à la hauteur de mes craintes. Mais les français ne sont pas dupes, et son effondrement rapide dans les sondages montre que ceux-ci ne sont pas si naïfs. Beaucoup ont choisi de rejeter le président sortant, au bilan fort contestable, et à l’image très négative, en soutenant par défaut le candidat du camp adverse que les media mettaient en avant. Pourtant, Hollande était bien Sarkozy en pire et le démontre tous les jours. Mais Hollande n’a que faire de cet électorat, puisque ce qui l’intéresse c’est de récompenser les minorités actives qui l’ont soutenu et pas la majorité de ses électeurs et encore moins des français.

Ainsi, que fait-il de ses promesses à l’égard de la communauté arménienne ? Il avait promis de relancer un processus législatif dès son élection pour sanctionner la négation du génocide arménien. Mais les Français d’origine arménienne comptent visiblement moins à ses yeux que l’électorat d’origine turque ou l’amitié avec l’islamomane Recep Erdogan.

Gérard Depardieu quitte la France car il préfère payer ses impôts, à un niveau plus raisonnable, à la Belgique. Faire fuir les riches a cet inconvénient en effet que cela diminue les rentrées fiscales dans les caisses de l’Etat. Ce que n’importe quel joueur de base à SimCity sait, à savoir que trop d’impôts tue l’économie, semble échapper à Pierre Moscovici. Il était facile de taper sur les riches, mais il est beaucoup plus difficile d’enrichir les pauvres. 65000 emplois chaque mois sont détruits par la politique du gouvernement « socialiste ». Et face à Lakshmi Mittal, on montre les dents pour finalement lui céder sur tous les points.

L’année 2013 sera-t-elle celle d’un grand bouleversement politique ? Si la cote de confiance du nouveau président descend en dessous de 25% d’opinions favorables, et avant les élections de 2014 qui pourraient être meurtrières pour le PS, Hollande sera sans doute contraint de changer de premier ministre. Il ne pourra prendre que Manuel Valls, et l’usera de manière prématurée. Ca ne suffira pas. Il devra alors la mort dans l’âme dissoudre l’assemblée et accepter une cohabitation de peur que la droite ne balaie la gauche à toutes les élections et ne revienne aux affaires en fanfare en 2017. Nous verrons si Hollande permettra à Sarkozy de renaître de ses cendres.

EUROPE

2012 a été une nouvelle année noire pour l’Union Européenne. Même si l’Allemagne semble sortir la tête du gouffre, les autres Européens souffrent, et en particulier les Espagnols, les Portugais et les Grecs. Alors que l’Irlande martyre devient présidente pour six mois de l’Union Européenne, rien ne permet de penser que la situation s’améliore.

On nous assure que la crise de l’€ est désormais jugulée. C’est sans doute exact mais le prix de cette nouvelle stabilité est en matière social désastreux. Jacques Delors nous promet que le choix est désormais entre la survie et le déclin. Ces « européistes » sénescents n’y croient plus, mais on peut se demander s’ils y ont jamais cru. L’ancien président Giscard d’Estaing a lui aussi perdu toute ambition. On ne fera pas l’Europe unie avec des vieillards, fussent-ils convaincus. C’est la jeunesse européenne qui doit oser reprendre son destin en main, tourner le dos aux illusions universalistes et cosmopolites, et affirmer à nouveau son européanité, son avenir commun avec les autres européens.

On ne bâtit pas une société stable en tournant le dos à deux principes fondateurs de ce qui fit l’empire romain, la paix et la prospérité. Nulle paix dans nos banlieues, nulle prospérité dans nos chambres du commerce. L’Europe unie d’hier et d’aujourd’hui aurait pu réussir, si elle avait su se libérer du joug des Etats, se doter enfin de vrais dirigeants au caractère trempé dans l’airain. Là où l’Union Européenne a échoué, la République Européenne, qui naîtra de ses cendres, pourra réussir.

Elle réussira car elle remettra en cause les assises mêmes, idéologiques, institutionnelles, économiques et sociales, du système actuellement en place, d’un système qui programme la ruine du peuple et l’effondrement de notre civilisation millénaire. C’est une refonte juridique et morale totale à laquelle j’appelle mes compatriotes d’Europe, de l’Islande à la Russie, afin de rebâtir une Europe politique digne de ce nom, par subversion positive de l’Union Européenne, un noble projet certes mais dévoyé par ses membres actuels, indignes de porter l’idée européenne, et ennemis de l’Europe authentique. Nous remettrons l’Union Européenne dans le droit chemin, celui des pères fondateurs, et pas seulement ceux qui ont agi dans les années 50.

Si l’Europe ne s’unit pas, et suscite ainsi sa renaissance, elle périra. Les nationalistes centrifuges, qui ne rêvent par exemple que de la France seule, une France seule mais de fait ouverte aux populations de son ancien empire colonial, trahissant ainsi les intérêts du peuple, sont les meilleurs alliés de fait des USA. En s’opposant à l’€, en tapant à bras raccourcis sur l’Union Européenne, ils oublient que le principal ennemi des Européens est à la tête de chacun de leurs états. Si l’UE est médiocre, c’est que les dirigeants des Etats qui la composent et la contrôlent, sont minables.

L’Union Européenne n’est pas mauvaise en soi, elle ne l’est que par la nature de ceux qui la composent. Faire entrer en 2014 un ou plusieurs députés européistes sincères serait un premier pas vers la renaissance. Enfin, à Strasbourg, la voix de l’Europe, de la vraie et grande Europe, se ferait entendre. Face aux Cohn-Bendit, Schulz et Farage (pour le camp souverainiste) notamment, l’Europe a son mot à dire. Contre les pseudo-européistes et vrais mondialistes qui peuplent la Commission, trustent les plus hauts postes et qui constituent les meilleurs soutiens des Etats-Unis et les meilleurs fournisseurs en électeurs pour l’extrême-droite europhobe, les Européens doivent lever le glaive de Brutus l’ancien face aux tyrans.

2013 sera, je l’espère, l’année où la voix de l’Europe unie, de notre civilisation, se fera à nouveau entendre, tel un aigle chassant les vautours qui se repaissent sur le corps de notre peuple européen outragé. Que l’Europe se réveille en 2013 pour faire tonner sa voix en 2014 !

2013, ANNEE DU PSUNE ?

Comme chaque année, et tel un mantra, j’espère que l’année nouvelle sera celle de l’émergence de notre modeste formation ou à défaut, et c’est le plus important, des idées dont nous sommes les porteurs. Je donnerai tout ce que je peux pour que notre idéal, qui est la seule possibilité de sauver notre merveilleux continent du déclin économique et de la déchéance morale, réussisse à se faire entendre. Vous pouvez avoir confiance en moi pour cela. Aucune partie de mon corps ni de mon esprit n’a renoncé à cette croyance folle selon laquelle l’Europe vaincra. Si la tradition affirme que Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre, il est aussi vrai qu’il donne à ceux dont il souhaite le salut la force nécessaire pour triompher, pour que le bras de son fils Mars nous épaule d’une manière décisive.

L’Europe renaîtra, et nous renaîtrons avec elle ! Que 2013 soit l’année où le cor d’Heimdall sonnera afin que les forces d’involution soient enfin combattues, afin que chaque européen réveille en lui le héros qui sommeille, le héros qui combattra pour l’Europe éternelle.

Thomas FERRIER
Secrétaire général du PSUNE

23/12/2012

Vaincre les nationalismes de division en Europe


L'Europe doit vaincre les nationalismes - 12 déc... par PSUNE-NEUSP

11/12/2012

Elections législatives roumaines : triomphe d’une union sacrée

ponta_26101100.jpgDepuis des mois, la Roumanie connaît une crise politique intense, dans un contexte où la crise économique touche de plein fouet ce jeune adhérent à l’Union Européenne. S’opposent ainsi le président en exercice, de centre-droit, Traian Basescu qui, anecdote historique, possède le même prénom que l’empereur romain qui a soumis les ancêtres du peuple roumain, les Daces et les Gètes, et le premier ministre social-démocrate Victor Ponta. Avant que ne se déroulent ces élections législatives, un référendum avait eu lieu pour tenter de destituer le président mais, faute d’une mobilisation suffisante des électeurs, la participation ayant été inférieure au seuil requis, cette stratégie de Ponta avait échoué.

Les électeurs devaient donc déterminer qui des deux protagonistes devait l’emporter. C’est l’Union Sociale Libérale, rassemblant des sociaux-démocrates, des conservateurs et des nationaux-libéraux, formant ainsi une coalition bien hétéroclite, qui avec 58,61% des voix aux législatives (et 60,07% des voix aux sénatoriales), qui triomphe, dominant de plus de 45 points la droite présidentielle. L’Alliance de Droite Roumaine (ex- Parti Libéral Démocrate) de Basescu en revanche s’effondre avec 16,52% des voix [16,72% au sénat], contre 32,4% en 2008.

Même si les scores cumulés des formations de l’USL atteignaient en 2008 51,7% des voix, la progression de l’ensemble est saisissante.

La chute de la maison ARD (- 16 points) s’explique aussi par l’émergence d’un nouveau venu dans le jeu politique, à savoir le jeune populiste Dan Diaconescu, à la tête du Parti Populaire (Partidul Poporului), qui réalise le score de 13,98% des voix aux législatives, et même 14,63% des voix aux sénatoriales. Toutefois, dans le contexte actuel, cet excellent résultat ne permettra probablement pas à Diaconescu d’être associé au gouvernement, qui jouit d’une majorité extrêmement confortable.

Un autre grand vaincu de ces élections législatives est le Parti de la Grande Roumanie (PRM) de Corneliu Vadim Tudor, le « Le Pen » roumain. En 2008, son parti s’était déjà sérieusement effondré en n’obtenant que 3,2% des voix, étant ainsi exclu du parlement pour la première fois depuis une bonne décennie. Mais 2009 avait été l’année de la remontée, avec 5,56% des voix pour Tudor aux élections présidentielles, et 8,65% pour le PRM aux élections européennes.

L’âge du capitaine et le vote utile ont suffit à faire disparaître une des plus anciennes formations politiques de la Roumanie post-communiste. Avec 1,24% des voix aux législatives et 1,47% aux sénatoriales, le PRM connaît son plus mauvais score et cette fois ne devrait pas s’en remettre, même si Tudor accuse le pouvoir d’avoir manœuvré pour sa destruction. Dans la Bulgarie voisine, le parti nationaliste Ataka de Volen Siderov, victime d’une scission dévastatrice, devrait s’effondrer également.

La communauté magyare a quant à elle voté à nouveau pour l’UDMR, mais ce dernier réalise un score inférieur, avec 5,15% des voix, contre 6,2% en 2008. Cela s’explique par la naissance d’un autre parti de défense des Magyars, le PPMT (représentant les Magyars de Transylvanie), qui obtient 0,64% des voix.

Néanmoins la crise continuera jusqu’aux prochaines élections présidentielles, car Basescu, même déconsidéré par l’opinion, n’a aucune raison de vouloir renoncer à ses fonctions. Le bras de fer perdurera donc au détriment de l’intérêt collectif du peuple roumain.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

04/11/2012

Brèves européennes... (16)

thomas ferrier,europe,psune,loup,erdogan,turquie,régionalisme,catalogne,ecosse,aurore martinFRANCE

Le loup dérange. Pourtant, en Espagne et en Italie, où il est présent en nombre bien plus important, et je n’évoque même pas l’Europe centrale et orientale, sa cohabitation avec l’homme semble se passer plutôt bien et la même chose peut être dite en ce qui concerne l’ours. Ces nobles animaux, à la richesse symbolique si forte en terre d’Europe, pourraient voir leur situation en France se détériorer sous la pression d’éleveurs pourtant largement dédommagés auprès d’un pouvoir public, d’un gouvernement pourtant associé à de prétendus « écologistes », qui ne parlent jamais d’environnement mais préfèrent davantage soutenir la régularisation des clandestins, la légalisation du cannabis et le mariage homosexuel. D’ailleurs, il est intéressant de noter que la formation politique suisse Ecopop propose en revanche de limiter l’immigration à un seuil maximal de 0,2% d’entrées par an (par rapport à la population totale).

Le loup indiffère ces pouvoirs publics mais pas les véritables défenseurs de l’écologie et de l’identité européenne que nous sommes. Alors que l’élevage de moutons est de plus en plus destiné à l’abattage, et aussi à l’abattage ritualisé, le choix est entre la préservation d’intérêts économiques en soutenant un animal d’élevage, qui est sans doute tué moins sauvagement par le loup que dans les abattoirs par l’homme, et la protection d’un animal menacé en Europe, et dont seulement une centaine de spécimens sont présents sur notre territoire. On estime en revanche à 100.000 le nombre de chiens redevenus sauvages en France, et c’est eux qui en vérité causent le plus grand nombre de dégâts, dégâts ensuite imputés au loup. En outre, la réintroduction du loup pourrait considérablement ralentir l’expansion des sangliers qui causent de vrais ravages.

Dans cette opposition entre l’économie et la nature, c’est la nature qu’il faut ici encore défendre. Une profession, aussi respectable, soit-elle, ne doit pas engendrer l’extinction d’une espèce qui dérange. Et si la défense des loups a un coût, c’est un coût raisonnable par rapport à d’autres politiques gouvernementales scandaleuses et bien plus coûteuses encore. Il faut s’opposer à tout abattage de loups car, non seulement leur nombre ne doit pas diminuer, mais il faut accepter et assumer son expansion. Sur notre territoire, l’exploitation humaine devrait diminuer pour redonner toute sa place aux espèces naturelles propres à notre environnement indigène. Loups, ours, lynx et autres grands prédateurs de notre faune doivent être préservés et défendus à tout prix.

TURQUIE

L’ « arrogant Erdogan » continue de menacer et de vociférer contre le peu empressement de l’Union Européenne à faire avancer le processus d’adhésion. En réalité, en ce domaine, il est le principal responsable de cette situation, en raison de son attitude vis-à-vis de Chypre et aussi de la politique intérieure qu’il mène. Car nous ne sommes pas dirigés par des adversaires à cette adhésion, à part la tiède Merkel, et le nouveau président est plutôt turcophile. C’est aussi le cas de Guido Westerwelle, ministre FDP, partisan d’une Turquie intégrée. Rappelons qu’alors que François Hollande s’était engagé à relancer le vote d’une loi réprimant la négation du génocide arménien, il n’en a encore rien fait.

Erdogan exige que la Turquie soit membre de l’Union avant 2023, date du centenaire de la naissance de la république turque, une république dont pourtant il bafoue tous les principes, remisant la noble figure de Mustafa Kemal, pas assez islamique. Il est vrai qu’Atatürk était fondamentalement hostile à l’islam même s’il a assuré le caractère musulman de son pays par « patriotisme », en essayant de désarabiser l’islam et en réintroduisant les traditions turques païennes, parallèlement au fait de présenter les Turcs comme descendants des Hittites indo-européens.

La répression intérieure, le jugement de journalistes et de militaires dans le cadre d’un vaste complot qui permet de mettre au pas l’armée et de faire taire l’opposition laïque, ne joue pas en faveur d’Erdogan. Celui-ci menace qu’on « perde la Turquie ». Alors, perdons-la ! Car si on souhaite une véritable Europe européenne, une Europe puissante et homogène, la Turquie n’y a simplement pas sa place. C’est dommage pour ces véritables européens que sont les beyar Türkler (20 à 25% de la population turque), mais la Turquie en cours de réislamisation d’Erdogan et de Gül, nous n’en voulons pas.

Une Europe qui se ferait respecter exigerait déjà la fin de l’occupation turque de Chypre et le rapatriement des colons turcs installés sur l’île depuis 1974. Rappelons qu’en 1913 puis en 1920, la question de la Turquie dans l’Europe a bien failli être réglée, mais c’est encore la faute des nationalistes d’Europe, et notamment des Balkans, si cela n’a pas pu être le cas.

L’idée d’Europe politique s’est d’ailleurs bâtie dès le XVème siècle contre l’empire ottoman, ancêtre de la Turquie moderne. Georges de Podiebrad avait ainsi théorisé une union européenne, incluant la Moscovie (Russie), pour s’opposer aux conquérants turco-musulmans. Mais l’Europe là encore ne s’est pas faite, et Constantinople est tombée. L’empressement des américains à vouloir que nous intégrions la Turquie prouve par l’exemple qu’il faut bien au contraire s’en garder à tout prix.

Merci Recep Erdogan d’avoir déconsidéré aux yeux du plus grand nombre d’européens votre pays par une politique de taqiya islamiya qui ne trompe plus personne, même plus Daniel Cohn-Bendit. La question me paraît donc heureusement réglée pour longtemps.

Et en revanche, apportons notre plein et entier soutien à la petite Arménie, coincée entre la Turquie à l’ouest et l’Azerbaïdjan à l’est.

EURO-REGIONS

L’UE exerce un chantage politique contre les nationalistes catalans et écossais. Au service des Etats, et non Europe fédérale indépendante et souveraine, elle menace la Catalogne et l’Ecosse de ne pas être membres de facto de l’UE si celles-ci quittent l’Espagne et le Royaume-Uni. La procédure est odieuse mais n’est pas surprenante. Les commissaires n’ont pas pour mission de bâtir une Europe fédérale des régions, contrairement à ce que des souverainistes extrêmes comme Hillard prétendent, mais bien de maintenir la dictature des états jacobins sur leur propre peuple.

A cet égard, la livraison par la France de la nationaliste basque Aurore Martin à l’Espagne, où elle risque douze ans de prison pour avoir comme seule faute été présente à une manifestation d’une organisation interdite, est symptomatique de cette fausse « Europe » qu’on nous vend. Où est l’Europe lorsque d’un côté des Pyrénées, on risque douze ans de prison et de l’autre côté la pleine jouissance de ses droits de citoyen ?

Rappelons que s’il faut condamner sans atermoiement le terrorisme, qu’il soit islamique ou indépendantiste, c’est bien parce que le général Franco, de l’extrême-droite la plus rétrograde, a combattu nationalistes catalans et basques au lieu de s’appuyer sur eux, n’hésitant pas à utiliser des troupes coloniales marocaines pour tuer des patriotes d’une identité régionale respectable, que le nationalisme est si virulent dans ces deux provinces, se teintant de gauchisme. On notera que l’indépendantisme « de droite », comme en Ecosse avec le SNP (Scottish National Party), n’est pas marqué par un quelconque terrorisme.

La réaction outrée de nombreuses personnes de gauche et de droite, et même de Marine Le Pen, dans cette affaire, me paraît justifiée. Même si Manuel Valls prétend, peut-être à raison, n’y être pour rien, il devrait exiger du gouvernement espagnol une simple condamnation formelle et symbolique contre la jeune femme, et son retour en France. L’Espagne, quand elle se la joue jacobine, est aussi insupportable que la France. En Allemagne, où le jacobinisme est exclu, les régionalistes font des scores très faibles parce que leur identité régionale est défendue par l’Etat fédéral.

Même si le Royaume-Uni par le biais de la dévolution et l’Espagne par sa fédéralisation, ont tenté de respecter les identités évoquées, lorsqu’il s’agit d’aller au bout de la logique, les gouvernements se dégonflent et l’Union Européenne cautionne ce renoncement, qu’elle accepte en revanche pour le Kosovo. Deux poids, deux mesures ? Si les américains étaient favorables à l’indépendance de l’Ecosse et de Catalogne, croyez bien que cette indépendance aurait déjà eu lieu.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

03/11/2012

Analyse en video des élections ukrainiennes


Elections ukrainiennes Les résultats - 31 oct 2012 par PSUNE-NEUSP

01/11/2012

Résultats quasi définitifs des élections parlementaires ukrainiennes

Après dépouillement de 99.93% des suffrages

Parti des Régions (Ianoukovitch): 30,01 % des voix et 187 sièges

Parti pan-ukrainien "Patrie" (Timochenko): 25,53% des voix et 103 sièges

Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme / UDAR (Klitchek): 13,96% des voix et 40 sièges

Parti communiste d'Ukraine: 13,18% des voix et 32 sièges

Mouvement pan-ukrainien "Liberté" (Tiahnybok): 10,44% des voix et 37 sièges

Indépendants/Candidats sans étiquette: 44 sièges

Ukraine - En avant ! (Korolevski): 1,58% des voix et 0 siège

Notre Ukraine (Ioutchenko): 1,11% des voix et 0 siège

Parti Radical (Lachek): 1,08% des voix et 2 sièges

Parti National (Narodnaia Partia): 2 sièges

Union nationale-travailliste d'Ukraine: 1 siège

Centre unifié: 3 sièges

Assemblée nationale ukrainienne (UNA): 0,08% et 0 siège

Parti libéral d'Ukraine: 0,07% et 0 siège

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31/10/2012

Elections ukrainiennes 2012, une victoire en demi-teinte pour Yanoukovitch.

emblem.gifAprès deux jours, depuis la publication des premières estimations, les résultats définitifs des élections législatives ukrainiennes qui se sont déroulées dimanche dernier ne sont toujours pas officiellement connus. Néanmoins, les grandes tendances sont connues et petit à petit les scores s’affinent.

A 97% des suffrages, l’ordre des partis politiques ne devrait pas changer. Le « Parti des Régions » du président en exercice est premier avec un peu plus de 30% des voix environ, dépassant le parti « Patrie » de Ioulia Timochenko, actuellement en prison, qui obtient néanmoins environ 25,5% des voix. L’ancien sportif Vitaliy Klitchek, à la tête de l’Alliance Démocratique Ukrainienne pour la Réforme (UDAR), obtient un score très honorable avec près de 14% des voix, devançant les communistes ukrainiens, alliés du gouvernement PR, qui obtiennent moins de 13,3% des voix.

Enfin, la grande surprise du scrutin est le score élevé du parti nationaliste « Liberté » (Svoboda), allié du FN français et à la fois eurosceptique et atlantiste. Ce mouvement, issu à l’origine d’une formation radicale, le Parti Social-National d’Ukraine, et dont le symbole était la rune du loup, mais devenu depuis l’Union Pan-ukrainienne « Liberté », et dont le logo est désormais une main à trois doigts, façon stylisé de représenter l’emblème du pays, était annoncé au mieux à 6% des voix dans les sondages. Il obtient au final près de 10,5% des voix et réussit ainsi à faire rentrer 35 députés au parlement.

Enfin, le parti "Notre Ukraine" de l'ancien président Ioutchenko connaît une sévère déconvenue avec un score de 1,1% environ, tout comme le mouvement de Nataliy Korolevski "Ukraine, en avant", qui n'obtient que 1,6% des voix. Les autres partis en lisse demeurent à un niveau insignifiant, à l'instar de l'Assemblée Nationale Ukrainienne (c'est à dire l'UNA), mouvement nationaliste historique, qui obtient 0,08% et a été complètement phagocyté par Svoboda.

En nombre de sièges, le Parti des Régions et son allié communiste obtiendraient 223 sièges sur 450, mais devraient pouvoir gouverner avec le renfort d’élus indépendants et/ou sans étiquette. L’opposition démocratique obtient en revanche 177 sièges. Les indépendants et sans étiquette sont enfin 43. Ils auront un rôle décisif, de même que les deux élus du Parti du Peuple, pour offrir à Yanoukovitch la majorité à l’assemblée.

Même si l’opposition dénonce des manœuvres électorales et des fraudes dans la partie est du pays, le score du Parti des Régions n’est pas surprenant. Il matérialise l’opposition de fond entre l’ouest et l’est du pays. En Crimée et dans les régions les plus proches de la Russie, « régionaux » et communistes obtiennent jusqu’à 80% des voix. Dans l’ouest et le centre, c’est en revanche le parti de Timochenko qui s’impose, mais avec un score moins brillant. Enfin, à l’ouest, sauf exception, Svoboda est le premier ou le deuxième parti, avec une pointe à 38% dans la région de Lvov, et il est également premier parmi le vote des ukrainiens de l’étranger (23,7%). Plus faible au centre du pays, il obtient néanmoins plus de 17% des voix à Kiev, en raison de l’immigration extra-européenne naissante dans la capitale et qui irrite de nombreux électeurs.

Si la capitale Kiev et la ville la plus occidentale Lvov représentent l’opposition démocratique et/ou nationaliste au président, Kharkov, Donetsk, Odessa ou Dniepropetrovsk sont largement favorables à ce dernier. Il est toutefois indéniable que dans ces régions, le PR a un contrôle important de la population et on peut penser que ses scores là bas résultent d’une contrainte beaucoup plus forte. En outre, le PR obtient plus de 20% des voix à Kiev, et bénéficie donc d’une meilleure répartition territoriale que ses adversaires. Sa victoire est donc logique.

Toutefois, en pourcentage, l’opposition devance le Parti des Régions, qui bénéficie de l’élection par un autre mode de scrutin de la moitié des députés. Sans cela, il aurait été clairement battu. On ne peut donc pas considérer ce vote comme une victoire personnelle. Il faut aussi convenir du fait que Timochenko n’est pas si populaire, même si son sort en détention inquiète à juste titre les chancelleries occidentales.

Enfin, la crise géopolitique de l’Ukraine continue, tiraillé entre un Ukraine indépendant et eurotrope, mais aussi malheureusement russophobe, à l’ouest, et un Ukraine russotrope à l’est et au sud, rassurant son partenaire oriental quant à la pérennité de la base russe de Sébastopol.

En vérité, l’Ukraine est prise entre deux feux, alors qu’il lui faudrait concilier à la fois l’amitié avec la Russie mais aussi avec le reste de l’Europe, et défendre la réconciliation entre les deux en représentant un pont diplomatique. L’Ukraine cessera cette division politique et géographique mortifère si l’UE sait s’émanciper de la tutelle américaine et s’allier d’une manière franche et fraternelle avec la Russie pour forger l’Europe puissante de demain.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

28/10/2012

Face à l'extrême-droite !


Contre l'extrême-droite, 17 oct. 2012 par PSUNE-NEUSP

16/10/2012

Résultats définitifs des élections législatives lituaniennes

Darbo Partija: 19,84% et 17 sièges

Lietuvos Socialdemokratu Partija: 18,38% et 15 sièges

Tevynes Sajunga: 15,06% et 13 sièges

Lietuvas Respublikos Liberalu Sajudis: 8,57% et 7 sièges

Drasos Kelias: 7,98% et 7 sièges

Partija Tvarka ir Teisingumas: 7,31% et 6 sièges

Lietuvos Lenku Rinkimu Akcija: 5,83% et 5 sièges

Lietuvos Valstieciu ir Zaliuju Sajunga: 3,88%

Liberalu ir Centro Sajunga: 2,06%

Politine Partija "Sajunga Taip": 1,76%

Socialistinis Liaudies Frontas: 1,21%

Krisconiu Partija: 1,2%

Nacionalinis Susivienijimas "Uz Lietuva Lietuvoje": 0,94%

Respublikonu Partija (eurosceptiques): 0,27% 

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15/10/2012

Elections législatives en Lituanie. MISE AU POINT

A 97% du dépouillement (à 13h20), le Parti du Travail (gauche) n’obtiendrait que 19,98% des voix et 17 sièges. Le parti social-démocrate, avec 18,46% et 16 sièges, le suit. Réunis, ces deux partis ne disposent que de 33 sièges sur 70, et ratent ainsi la majorité absolue. Ils devront donc nécessairement s’allier à une troisième formation qui en l’état ne saurait être que le parti représentant la communauté polonaise (Lietuvos Lenku Rinkimu Akcija), qui a obtenu 5,85% des voix et 5 sièges.

La coalition de droite libérale et conservatrice échoue à se maintenir au pouvoir et est même durement sanctionnée par les électeurs lituaniens. Le Tevynes Sajunga (Union de la Patrie) au pouvoir, avec 14,90% des voix et 12 députés, s’effondre. Son allié libéral, le LRLS, avec 8,43% des voix et 7 sièges, connaît une déconvenue analogue.

Autre grand vainqueur de ce scrutin, la formation eurosceptique et nationaliste modérée Tvarka i Teisingumas (Ordre et Justice), qui avec 7,41% et 6 sièges. Enfin, le mouvement libéral Drasos Kelias (« La Voie du Courage »), avec 7,91% et 7 sièges ferme la boucle.

La droite réunie, en incluant les souverainistes, obtient toutefois 32 sièges, ce qui n’est pas très éloigné du nombre de sièges de la gauche, mais il paraît peu vraisemblable que la minorité polonaise s’associe à elle.

Les extrêmes échouent à peser dans ce scrutin. Le Front Socialiste de Gauche (Socialistinis Liaudies Frontas), tendance « Mélenchon », n’obtient que 1,2% des voix, alors que l’Alliance Nationale (Nacionalinis Susivienijimas) se contente de 0,93% des voix. Enfin, les agrariens du parti paysan, le LVZS, avec 3,93% des voix, n’atteignant pas la barre fatidique de 5%, se retrouve sans représentants.

Un référendum sur l’ouverture d’une nouvelle centrale nucléaire avait lieu le même jour. Contrairement à l’information que j’avais préalablement indiquée, 62% des électeurs lituaniens ont refusé la construction de cette centrale. L’action des écologistes et autres défenseurs de l’environnement a été payante. Le lobby anti-nucléaire a su convaincre un pays à la surface géographique limitée que les risques ne valaient pas la chandelle. L’avenir dira si la dépendance énergétique de la Lituanie vis-à-vis de la Russie aura été le bon choix en matière de coût de l’énergie.

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14/10/2012

Chroniques européennes du 14 octobre 2012

LITUANIE

Ce 14 octobre 2012, les électeurs lituaniens votaient pour élire leur nouveau parlement (la seimas) et les sondages annonçaient une victoire de la coalition de gauche sur la droite sortante, incarnée notamment par les démocrates chrétiens de l’Union de la Patrie (Tevynes Sajunga).

Selon les sondages sortis des urnes, en attendant les résultats définitifs au cours de la nuit, les travaillistes (Darbo partija) avec 19,8% constitueraient le premier parti du pays, devant leurs alliés sociaux-démocrates (LSDP), qui auraient obtenu 17,8% des voix. La droite libérale et conservatrice est largement perdante, puisque les démocrates chrétiens (TS-LKS) n’obtiennent que 16,7% des voix, les libéraux républicains (LRLS) 8,5%. Le parti néo-libéral « La voie du courage » (Drasos kelias) créent la surprise en obtenant plus de 8,5% des voix. D’autres formations de droite libérale et/ou conservatrice ferment la marche avec 3% pour le LiCS (« libéraux centristes »), 4,7% pour les agrariens du LVZS et enfin 1,3% pour une petite formation démocrate chrétienne du nom de « Sajunga Taip ».

L’extrême-gauche, incarnée par le Front Socialiste du Peuple (Socialistinis Liaudies Frontas), correspondant à peu près au Front de Gauche français, avec 1,2% des voix, échoue à représenter une force politique significative.

Les différents mouvements souverainistes et/ou nationalistes connaissent un succès mitigé. « Ordre et Justice » (PTiT), un mouvement eurosceptique et conservateur, obtient le score estimable de 8,4% des voix. En revanche, les nationalistes de l’Alliance Nationale (Nacionalinis Susivienijimas « Uz Lietuva Lietuvoje ») échouent dans leur tentative unitaire, n’obtenant que 1,2% des voix, souffrant principalement d’un phénomène de vote utile en faveur d’ « Ordre et Justice », de même que le Parti des Républicains (Respublikonu partija), petit mouvement souverainiste, qui n’obtient que 0,4% des voix. Enfin la minorité polonaise, avec 4,8% des voix, rassemble son camp.

Dans un contexte de crise économique, les électeurs ont voulu sanctionner le pouvoir en place en offrant le pouvoir à une coalition de gauche modérée. Alors que les écologistes allemands ont pu obtenir du gouvernement Merkel l’arrêt du nucléaire, lors d’un référendum qui a eu lieu ce même jour, les électeurs ont choisi de soutenir l’industrie nucléaire.

BELGIQUE

Des élections locales se déroulaient également en Belgique, dans un contexte particulier, à savoir la montée prévisible du parti indépendantiste flamand NVA, dirigé par Bart De Wever, historien connu pour avoir réussi à perdre près de soixante kilos en quelques mois. Il était candidat à la mairie d’Anvers, ville connue pour avoir été l’un des fiefs historiques du Vlaams Belang, parti nationaliste flamand anti-immigration. C’est à Anvers en effet que Filip Dewinter avait fait ses meilleurs scores. En 2006, il obtenait même 33,5% des voix.

Bart De Wever a réussi son pari. Il obtient plus de 37% des voix, loin devant le candidat socialiste sortant Patrick Janssens, qui passe sous la barre des 30% (29,1% précisément). Il est vrai qu’il a été gêné par une dissidence de gauche, le candidat du PVDA social-démocrate obtenant 8,2% environ. Ces voix manquantes expliquent à elles seules l’échec du PS. Le Vlaams Belang est également le grand vaincu de cette soirée, puisqu’il n’obtient que 9,9%, soit une perte sèche de près de 24 points. Cette chute considérable, que Filip Dewinter expliquait par un scrutin marqué par une forte dichotomie entre le NVA et le PS, n’est pas spécifique à Anvers, même si elle y est très importante. Le VB perd 9% à Ostende, 11% à Bruges, 11,5% à Gand, 8% à Louvain, 5% à Tongres. Enfin, si les Verts (Groen) progressent (8,1%), le mouvement libéral Open VLD perd quatre points (avec 5,7% des voix).

La gauche socialiste domine en revanche nettement les élections municipales à Bruxelles même, mais aussi à Charleroi, à Mons, à Tournai, et à Liège, avec des scores en progression significative. Seule Namur, parmi les grandes villes de Wallonie, échappe au PS en faveur de CDH.

La droite nationale wallonne, fortement affaiblie par l’interdiction des « fronts nationaux » sous la pression de Marine Le Pen, qui a bénéficié de l’étrange bienveillance de la justice belge en sa faveur, s’est effondrée. A Charleroi, elle obtient toutes chapelles confondues 4,4% des voix (Nation : 0,87%, RW : 0,74%, Wallonie d’abord : 0,67%, FNW : 2,21%) et 2,4% à Namur (Wallonie d’abord).

Les élections municipales belges ont ainsi confirmé à la fois la nette progression du NVA et le renforcement en Wallonie du PS, accentuant le clivage social et politique entre les deux entités. En revanche, l’extrême-droite sort extrêmement affaiblie, le Vlaams Belang reculant considérablement, et les nationalistes wallons disparaissant presque complètement du terrain électoral.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

21:58 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/09/2012

Entre euroscepticisme et eurofuturisme…

sondage,IFOP,Le Figaro,euroscepticisme,européisme,opinion,Union Européenne,euroAlors que 76% des membres du conseil fédéral d’ « Europe » Ecologie – Les Verts ont voté contre le traité budgétaire européen promu par François Hollande et Angela Merkel, au grand dam d’un Cohn-Bendit qui en profite pour prendre ses distances avec ce mouvement, le thème européen n’apparaît décidément plus comme un élément fédérateur.

Un sondage IFOP, commandé par Le Figaro et consacré à la question européenne, de septembre 2012, matérialise ce désaveu dont l’idée européenne semble souffrir de la part du peuple français.

En premier lieu, le sentiment d’européanité, qui est ainsi confondu avec celui d’appartenance à l’Union Européenne, est au plus bas, puisque 7% seulement des personnes interrogées se considèrent comme européennes avant tout, et 9% de plus se considèrent comme européens parmi d’autres référents identitaires. Néanmoins, le fait d’être membre de l’UE reste intéressant pour 49% des français, contre 27% qui pensent le contraire. Cela ne signifie pas que pour autant l’UE reste crédible puisque sa gestion de la crise économique ne convient qu’à 24% des sondés, contre 76% qui l’estiment peu ou pas efficace. L’€, principal élément tangible de la construction européenne, n’est plus un atout que pour 23% des gens, 45% estimant au contraire qu’elle est un élément de handicap. Il l’est selon la majorité des sondés en matière de compétitivité de l’économie française (négatif pour 61% d’entre eux), de chômage (63%) et surtout en matière de niveau des prix, ce vieux mythe eurosceptique, l’€uro étant négatif à 89%. Néanmoins, aussi négatif soit l’€uro à leurs yeux, ils ne sont que 35% pour penser qu’il faudrait revenir au franc (l’expression adaptée aurait dû être de « retrouver une monnaie nationale ») contre 65% qui estiment le contraire. L’€-phobie reste néanmoins à un niveau assez haut, même s’il est inférieur à septembre 2011 et plus encore à mai 2010, mais elle n’a pas progressé d’une manière déterminante pour autant.

Le manque de solidarité européenne s’exprime nettement lorsque le cas grec est évoqué, l’idée d’une exclusion d’Athènes si elle ne parvient pas à réduire sa dette et son déficit, étant soutenue par 65% des personnes interrogées.

Enfin, en interrogeant les seules personnes en âge de voter en 1992, lors du référendum sur le traité de Maastricht, le non aurait été de 64% (contre 49% dans la réalité) et le oui aurait été largement dominé avec seulement 36% des voix (contre 51% dans la réalité). Ce résultat témoigne que parmi les partisans de l’Europe politique en 1992, beaucoup sont désabusés et regrettent l’introduction de l’€uro, même si les partisans d’un retour au franc demeurent minoritaires.

Toutefois, même si ces résultats ne sont pas encourageants, les citoyens ne sont néanmoins pas nécessairement cohérents. Le fédéralisme européen séduit encore 40% des sondés, contre 60% qui souhaitent au contraire moins d’intégration européenne. C’est le score le plus bas pour cette question, mais cela reste une option crédible. L’idée d’une politique économique et budgétaire unique n’est pas repoussée, même si elle est minoritaire. Et on peut même parler d’ « eurofuturisme » pour 44% des français, qui estiment probable la mise en place d’un état européen unique, tel que le prône par exemple le PSUNE. Et c’est même le cas pour 46% des sympathisants du Front National, alors que 40% de ceux du Front de Gauche partagent leur avis.

Quant à la question de l’appartenance de la Turquie à l’Union Européenne, le rejet des citoyens n’a jamais été aussi fort. 84% des personnes interrogées sont opposées à l’adhésion turque. La politique intérieure turque, avec la réislamisation de plus en plus évidente de la rue turque, mais aussi avec l’autoritarisme accru de Recep Erdogan, rentre sans doute en ligne de compte. Mais c’est au moins une bonne nouvelle car toute initiative du gouvernement « socialiste » en faveur de cette option ne peut qu’être refroidie par cette opinion si hostile. Néanmoins 37% des sympathisants du Front de Gauche restent favorables à cette adhésion, sans doute et on le verra dans d’autres sondages, parce qu’il a en son sein le plus grand nombre d’islamotropes.

Ce sondage n’illustre pas seulement un clivage entre eurosceptiques et européistes, mais divise les familles politiques et même les genres. Ainsi, les hommes sont les plus favorables à l’Europe politique. 10% se sentent d’abord européens, 54% estiment que l’appartenance à l’UE est intéressante, 31% que l’€ est un atout, 40% auraient voté oui à Maastricht (contre 33% des femmes), 47% souhaiteraient une Europe plus intégrée (mais seulement 33% des femmes) et ils sont même 54% à croire à un état européen unique pour l’avenir.
Le sentiment d’européanité est le plus fort au MODEM et à Europe-Ecologie, en revanche il est inexistant au FN, preuve que la propagande europhobe de Marine Le Pen en a écarté les éléments pro-européens (Nouvelle Droite et autres), et faible au Front de Gauche (4%). En revanche, le Front de Gauche reste moins défavorable à l’UE (47% sont pour) alors que le FN y est très hostile (21% seulement des sympathisants FN considèrent l’UE d’une manière favorable).

Concernant le « retour au Franc », 37% des partisans du Front de Gauche le souhaitent, ce qui est à peine plus élevé que la moyenne, alors que 78% des partisans du FN y sont favorables. L’€uro est d’ailleurs un point de clivage entre l’UMP (20% d’anti-€) et le FN (80% d’anti-€).

Alors que les sympathisants FN semblent les plus opposés à l’UE, ils souhaitent pourtant l’exclusion de la Grèce de la zone €uro, à laquelle ils disent ne pas croire, à 81% et même à 85% si on ne compte que les électeurs FN. Le Front de Gauche est en revanche solidaire des Grecs à 54%.

Parmi ceux qui souhaitent une intégration européenne accrue, 15% des partisans du FN et 28% des partisans du FG s’y montrent favorables, ce qui monte que même au sein d’une mouvance europhobe, comme le FN, il reste malgré tout des partisans de l’idée européenne. 55% des partisans de l’UMP comme du PS sont également favorables à cette intégration. Enfin, parmi les 44% des français pronostiquant un état européen unique à terme, on retrouve ce pourcentage aussi bien à gauche qu’à droite, au Front de Gauche comme au Front National, mais c’est une idée surtout masculine.

La tradition politologique classique a toujours considéré l’électorat féminin comme davantage conservateur, et c’est pourquoi la République n’a instauré le vote des femmes qu’en 1946, ce qui est très tardif. Elle avait craint un temps que les femmes favorisent la victoire des monarchistes ou des cléricaux. Force est de constater que ce sondage IFOP renforce cette idée, même si demeure un socle solide de citoyennes favorables à l’Europe politique. Toutefois, l’exclusion de la Grèce si nécessaire est soutenue majoritairement par des hommes (à 69%), les femmes étant légèrement plus modérées (62%), et surtout par ceux pour qui l’esprit de solidarité aurait dû être le plus fort, ouvriers (72%), employés (69%) et professions intermédiaires (70%).

Un autre sondage IFOP pour Atlantico, consacré à la question du vote des étrangers aux élections locales est également intéressant à analyser. Rappelons que les citoyens des états membres de l’Union Européenne disposent déjà du droit de vote aux élections municipales et européennes en France. 61% des français s’opposent à l’attribution de ce vote aux étrangers « non européens », l’expression « non européens » pouvant d’ailleurs être comprise par certains sondés comme un synonyme d’« allogènes ». 41% sont même farouchement opposés à cette idée. Ils n’étaient que 45% en décembre 2011 à le refuser. De quoi faire réfléchir le PS alors que plus de soixante-dix de ses députés poussent le gouvernement à instaurer ce droit de vote.

Sur cette question, hommes et femmes sont à égalité dans leur refus d’un tel vote, le clivage étant essentiellement entre la gauche et la droite. 72% des électeurs de gauche souhaitent une telle innovation mais seulement 31% y sont très favorables. En revanche, 89% des électeurs de droite refusent cet élargissement du droit de vote, dont 89% des électeurs UMP et 92% des électeurs FN. Enfin, le MD de Bayrou est favorable au droit de vote des étrangers extra-communautaires à 53%, alors qu’une telle mesure, mettant citoyens de l’UE et étrangers hors UE à égalité est fondamentalement la négation de l’idée européenne. Autre clivage, l’âge. 45% des moins de 35 ans sont pour le vote des étrangers contre 37% des plus de 35 ans. Cela illustre aussi la montée en puissance du vote d’origine immigrée. Gauchistes et écologistes sont en pointe dans ce combat (à 76%), le PS étant légèrement plus prudent (71%), mais les plus acharnés sont clairement les Verts (41% de très favorable).

En conclusion, ces sondages montrent que si l’opinion majoritaire est plutôt dans le camp des eurosceptiques à court terme, cela ne va pas jusqu’à remettre en cause majoritairement la monnaie unique et cela n’implique pas véritablement un refus d’une Europe politique pour l’avenir, en tout cas un refus définitif. Même au sein de la formation la plus europhobe, on constate qu’entre 15 et 20% de ses partisans ne sont pas opposés à l’idée européenne, même si le sentiment d’européanité semble pourtant absent.

Si l’Union Européenne telle qu’elle est actuellement gouvernée déplaît et nuit fondamentalement à l’idée européenne, l’idée qu’une autre Europe est possible, et même l’idée qu’une autre Europe verra nécessairement le jour, avec un état européen unitaire à la tête du continent. L’esprit prométhéen des Européens n’est pas encore mort. En revanche, les français sont déterminés, et de plus en plus, à préserver leur identité, en disant non à la Turquie et non au vote des « étrangers non-européens » et c’est plutôt rassurant. Il reste à leur faire comprendre que c’est dans une Europe politique forte que cette identité sera la mieux préservée et que l’Etat français est leur principal adversaire en vérité, alors que les eurosceptiques leur font croire qu’il est leur protecteur. Confondre un bourreau avec un protecteur, voilà le mensonge naïf que Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen en tête voudraient nous faire avaler.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

16/09/2012

Elections parlementaires néerlandaises : le souverainisme ne paie pas !

élections parlementaires néerlandaises,Geert Wilders,VVD,PvdA,PVV,Le Pen,Dupont-AignanLe 12 septembre 2012, les électeurs néerlandais votaient pour les élections législatives et régionales dans un contexte européen de crise économique, de rigueur budgétaire et de déstabilisation de la monnaie unique. Il y a un mois, les sondages annonçaient un succès de la gauche radicale, le Parti Socialiste, qui devait être le principal parti du pays et un léger recul de la formation populiste de Geert Wilders, le PVV (« Parti de la Liberté ») en faveur du premier. Les deux formations avaient axé leur programme sur l’euroscepticisme et le refus de la rigueur, mais Wilders avait choisi d’adopter une ligne intégralement souverainiste, défendant à la fois l’abandon de l’euro et la sécession de l’Union Européenne.

Au contraire de ces prévisions, les électeurs néerlandais ont préféré « jouer la sécurité » en apportant leur soutien aux deux partis classique de gauche et de droite, à savoir les travaillistes (PvdA) et les libéraux (VVD), progressant chacun d’environ un peu plus de 5%. Les libéraux, avec 26,5% des voix (+6,1%) et 41 sièges, redeviennent le premier parti du pays, alors que les travaillistes, avec 24,7% des voix (+5,1%) et 39 sièges distancent davantage la gauche dure. Incapables cependant par leurs propres forces de créer un gouvernement de rassemblement, VVD et PvdA sont contraints de mettre en place une grande coalition, chargée d’appliquer un programme de redressement des finances publiques par la diminution des dépenses de l’Etat, un programme que l’on sait impopulaire mais qui a le mérite de la crédibilité économique.

Les socialistes (SP) avec 9,6% des voix (-0,2%) et 15 sièges ne connaissent pas le succès escompté et reculent même légèrement. C’est la même chose pour le PVV de Wilders, qui s’effondre avec 10,1% des voix et 15 sièges parlementaires seulement (-5,3%, - 9 députés). Le dernier grand vaincu est le CDA (chrétiens-démocrates), qui n’obtient que 8,5% des voix (-5,1%) et paye le vote utile en faveur du VVD.

Le mouvement D66 (démocrates), le seul parti ouvertement pro-européen, progresse légèrement avec 7,9% des voix (+1%) malgré le vote utile. C’est plutôt dans un tel contexte un succès pour cette petite formation.

A droite, les mouvements chrétiens autres que le CDA résistent plutôt bien. La ChristenUnie avec 3,1% des voix (-0,1%) et le SGP protestant avec 2,1% des voix (+0,4%) maintiennent leur représentation. 50PLUS, parti de défense des retraités, et formation nouvelle, avec 1,9% des voix, émerge de manière modérée et aux dépens du PVV de Wilders.

Les écologistes de « gauche » (GroenLinks) s’effondrent avec seulement 2,3% des voix contre 6,7% en 2010. Ils payent eux aussi le vote utile mais cette fois en faveur du PvdA. En revanche, le parti de défense des animaux (PvdD) avec 1,9% des voix (+0,6%), qui bénéficie d’un électorat motivé, conserve sa petite audience.

Ces élections infirment l’idée que les souverainistes, de « gauche » ou de droite, devraient nécessairement profiter de la crise politique due aux troubles économiques de la zone euro (et hors zone euro). Les électeurs ont préféré apporter un soutien plus net aux formations politiques classiques, et rassurantes, dans une campagne dans laquelle les thèmes des problèmes sociaux et de l’Europe ont dominé au détriment des problématiques identitaires qui avaient été le cœur du succès de Wilders en 2010. Ce dernier, comme cela a été reconnu par la plupart des politologues, a payé le prix d’une campagne où l’islamisation et l’allogénisation n’ont quasiment pas été évoqués par le candidat populiste, thèmes qui pourtant avaient été la clé de son crédit aux yeux de nombreux électeurs. Cela démontre bien qu’à droite, ce sont les questions d’identité nationale, et je dirais même d’identité ethno-civilisationnelle, qui représentent les préoccupations principales de ces électeurs. En revanche, l’europhobie ne paie pas.

Néanmoins, si le contexte économique devait s’aggraver, malgré les mesures prises au niveau de l’Union Européenne, en l’absence d’autre opposition que les mouvements souverainistes, cette bonne nouvelle de leur insuccès n’est pas forcément rassurante. On constate bien en deux ans une grande variabilité des réactions des électeurs, cette instabilité pouvant très bien demain se faire en faveur de ceux qui aujourd’hui ont mordu la poussière. De plus, le PVV de Wilders va nécessairement réorienter son action vers ses thèmes de prédilection.

Ces élections sont néanmoins une leçon intéressante pour les partis populistes et eurosceptiques français, le Front de Gauche et le Front National. En effet, si Jean-Luc Mélenchon axe davantage son discours sur la critique sociale et économique du programme du nouveau président socialiste, Marine Le Pen développe désormais un programme ultra-souverainiste à la Wilders, tapant systématiquement sur l’€ et sur l’UE, au détriment de la critique de l’immigration extra-européenne qui a fait le succès passé du FN. Alors qu’elle a fait le ménage des éléments les plus nationalistes, mais aussi identitaires, demeurés au sein de son parti, elle a ouvert la porte à différents représentants de la ligne souverainiste, et notamment le créateur même du terme, Paul-Marie Couteaux. Avec l’arrivée de l’étatiste et ex-chevènementiste Florian Philippot au premier rang du nouveau FN, avec le choix d’une illustre inconnue, Tamou « Charlotte » Soula, d’origine algérienne et proche par ailleurs du souverainiste UMP Henri Guaino, comme directrice de cabinet de la présidente du FN, Marine Le Pen prend le pari d’un effondrement de l’euro.

Or, après les émeutes d’Amiens, les révolutions islamiques dans le monde arabe, les manifestations islamiques suite à la diffusion sur internet d’un film très hostile à l’islam et à son fondateur Muhammad, l’électorat FN attendrait que le parti qu’il soutient soit plus présent sur ces thèmes. Celui-ci les néglige parce qu’il s’efforce à tout prix de donner l’image d’un parti profondément anti-raciste. Aux présidentielles, Marine Le Pen a pu néanmoins faire un bon score, 17,9% des voix, mais avant tout parce qu’au dernier moment, suite aux dérives immigrationnistes de Mélenchon, elle a pu rectifier le tir.

Si Nicolas Dupont-Aignan, qui a obtenu moins de 2% des voix aux présidentielles de 2012 (1,79% précisément), prône aujourd’hui un rapprochement de sa formation avec le FN, sous réserve par cette dernière de « couper le cordon avec l’obsession identitaire » ou encore d’ « abandonner sa logique identitaire », c'est-à-dire de mettre fin à son fonds de commerce, même si elle le délaisse actuellement. Dupont-Aignan, comme tous les souverainistes, est désormais contraint de chercher un espace entre l’UMP et le FN, mais cet espace est d’environ 2,5% des voix au maximum, score classique d’un MNR ou d’un MPF jadis. Et à la différence de Villiers, il n’a pas réussi à faire la différence aux élections européennes de 2009 (1,77%). Si la ligne souverainiste de Marine Le Pen continue de dominer les thèmes de son parti, Dupont-Aignan finira comme satellite du néo-FN, mais son apport électoral sera faible par rapport à une hémorragie électorale d’un électorat qui dénonce l’immigration extra-européenne et n’a jamais voté FN que pour envoyer un signal de colère aux partis de gouvernement.

Thomas FERRIER (PSUNE)

07/08/2012

De la Hongrie et de son caractère prétendument « asiatique »

gabor_vona_hun.jpgViktor Orban, le chef d’état hongrois, a expliqué récemment sa conception de la démocratie, opposant la notion de volonté qu’il prête aux démocraties scandinaves avec la notion de force qu’il prête au peuple hongrois, qu’il qualifie de peuple « semi-asiatique ». Recyclant le thème classique d’une conception asiatique fondée sur l’autorité, Orban nie dans le même temps le caractère strictement européen de la Hongrie.

Cette erreur d’analyse historique profonde du dirigeant n’est que le reflet d’une conception tordue propre au nationalisme hongrois contemporain. Le mouvement nationaliste Jobbik, qui a pris le relai avec davantage de succès du MIEP, et qui obtiendrait plus de 20% des voix en cas d’élections législatives anticipées, défend ainsi des conceptions pantouraniennes qu’on retrouvera aussi au sein de l’extrême-droite turque, le MHP.

Le Jobbik, dernier né de l’extrême-droite hongroise, a construit une partie de son succès sur la problématique de la criminalité tzigane et sur les nostalgies de la Grande Hongrie d’avant 1918 ou tout au moins sur l’idée d’un regroupement de tous les Hongrois, y compris ceux de Slovaquie et de Roumanie, dans un même état. Cette idéologie est donc totalement incompatible avec l’Union Européenne, dont le Jobbik est un opposant absolu, allant jusqu’à faire brûler le drapeau bleu étoilé.

En outre, paradoxalement, ce parti est favorable à l’adhésion turque à l’UE, par pantouranisme, et soutient la scandaleuse occupation de Chypre par l'armée turque, rêvant même d'une "Union touranienne". En tournant le dos à l'Europe, la Hongrie selon le Jobbik se vend à l'Asie, comme le nationalisme français europhobe implique au final de soutenir la "Françafrique". C'est ainsi que le nationalisme, en rejetant l'Europe, trahit la nation qu'il prétend défendre. 

En effet, certaines écoles linguistiques avaient par le passé postulé l’existence d’un groupe linguistique ouralo-altaïque comprenant les langues finno-ougriennes et les langues turques. Cette théorie est désormais totalement abandonnée par l’écrasante majorité des linguistes au profit d’une vision selon laquelle les langues ouraliennes (ou finno-ougriennes) constituent un groupe à part, avec une certaine proximité avec le groupe indo-européen.

En conséquence, les nationalistes hongrois, à l’instar de Gabor Vona déguisé en guerrier hun (voir image), prétendent être parents des Turcs par leur prétendue ascendance hunnique. Vona a même déclaré cette contre-vérité ridicule, "je suis hongrois, petit-fils d'Attila". En réalité, Hongrois et Huns n’ont aucun rapport et ne relèvent pas de la même matrice civilisationnelle. Les Hongrois ne viennent pas d’Asie centrale mais de l’ouest de l’Oural, et sont proches des Finlandais et des Estoniens. Lorsqu’ils sont arrivés en Europe centrale, ils ne différaient en aucune manière des populations européennes présentes, même si leur langue n’était pas indo-européenne. En outre, les envahisseurs ont toujours été peu nombreux, et il est donc permis de considérer les Hongrois modernes comme des Pannoniens magyarisés. Les Pannoniens (Pannonii) étaient un peuple indo-européen dont la langue était proche de l’illyrien et qui ont ensuite perdu leur langue native au profit du latin puis du hongrois. Ils sont les ancêtres des Hongrois, comme les Daces sont ceux des Roumains (de langue latine) et comme les Thraces le sont des Bulgares (même si ces derniers sont de langue slave et que leur nom ethnique est turc).

En outre, la mythologie hongroise, malgré ses spécificités, n’est pas fondamentalement différente des mythologies indo-européennes, avec l’importance accordée au dieu du ciel (Isten) mais aussi à la déesse de la terre, aux divinités astrales (soleil, lune) et surtout au dieu de l’orage et de la guerre, Hadur. La christianisation de la Hongrie, qui a suscité les mêmes révoltes païennes que dans le reste de l’Europe, s’est rajoutée à cette mythologie traditionnelle, faisant qu’en religion les Hongrois ne diffèrent là encore en rien des autres Européens. Quant aux runes hongroises, très en l’honneur chez les nationalistes hongrois se réclamant du paganisme, elles ne différent guère des runes germano-scandinaves ou des runes balto-slaves, et ne matérialisent pas une quelconque ascendance asiatique du peuple hongrois.

Enfin, rappelons que les Huns, peuple eurasiate nomade de langue turque, mais dont l’essentiel des troupes était constitué de peuples soumis, essentiellement germaniques et sarmatiques, ne se sont pas implantés durablement dans l’ancienne Pannonie romaine puisque, vaincus par les légions romaines d’Aetius, et à la suite de la mort d’Attila, elles sont retournées vers l’Asie. Les Bulgares slaves, radicalement turcophobes, sont les seuls qui pourraient éventuellement se réclamer d’une parenté extrêmement mineure d’avec les nomades turcs d’Asie Centrale. Mais ils sont au contraire fiers d’affirmer leur européanité, comme d’ailleurs la majorité des Hongrois.

Par ailleurs, l’extrême-droite hongroise prend en la matière des positions contraires au mouvement hungariste d’avant-guerre, qui se réclamait au contraire de l’ « aryanité », même si déjà une petite tendance associait, contre les évidences et tout bon sens, les Hongrois à des peuples asiatiques… et même aux Japonais. Il est vrai que « nos ancêtres les Pannoniens » n’a pas été le mantra éducatif de la Hongrie historique.

Le Jobbik, qui par ailleurs a pris des positions plutôt pro-turcs et même pro-islam, a enfin une autre caractéristique détestable, un antisémitisme sous-jacent. Il est vrai que ce parti se réclame d’un christianisme plutôt dur, même s’il contient en son sein une tendance néo-païenne, mais aussi de cet hungarisme qui dès les années 20 s’était coloré de cette haine. Mais le récent scandale Szegedi a démontré à quel point ce positionnement était grotesque. Csanad Szegedi est ce jeune député européen du Jobbik qui a découvert récemment qu’il avait aussi des origines juives, un point problématique pour quelqu’un qui avait défendu auparavant les thèses du Jobbik à ce sujet. Désormais en rupture de ban de son parti, il a retourné sa veste à 180 degrés et vient même de présenter ses excuses à la communauté juive de Budapest.

L’europhobie, dont le nationalisme du Jobbik témoigne de manière systématique, montre bien qu’elle ne peut amener au final qu’à tourner le dos aux intérêts des Européens dans leur ensemble et de son propre peuple en particulier. Et voilà que le chef du gouvernement, l’eurosceptique Viktor Orban, prend la suite.

Il convient donc de rappeler le caractère strictement européen du peuple hongrois, sa plus longue mémoire, son identité profonde, qu’elle soit pannonienne, romaine ou magyare, contre ces prétendus nationalistes qui font le jeu de l’islamisme et remettent en cause les frontières en Europe centrale, ranimant des haines endormies. En promettant la nationalité hongroise à tous les citoyens slovaques d’origine hongroise, le gouvernement hongrois avait déjà créé des tensions avec son voisin, et de même le soutien aux Hongrois de Roumanie n’est pas un facteur de paix, à l’heure où la classe politique roumaine se déchire entre les partisans du président Basescu d’un côté et la majorité gouvernementale de l’autre. Entre le mondialisme qui livre l’Europe pieds et mains liés aux flux migratoires et à la concurrence déloyale des pays émergents, et le nationalisme rétrograde qui menace, la crise de l’€ et de l’Union Européenne aidant, de relancer les conflits du XIXème siècle, seul un européisme pur et dur permettra de renouer avec la paix, la prospérité et un avenir à nouveau rayonnant.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

Chroniques européennes du 7 août 2012

Italie, Allemagne,Europe fédérale,immigration,insécurité,François Hollande,Christine Taubira,adhésion turque,mariage gay

ITALIE

Alors que Mario Monti semble décidé à ne pas se présenter devant les suffrages des électeurs italiens et que Silvio Berlusconi sort à nouveau du bois, aspirant à diriger la campagne de la droite mais sur une ligne plutôt europhobe, l’opinion italienne apparaît bouleversée, même si la « gauche » semble disposer d’un certain avantage.

Selon les différents instituts de sondage (SWG, Data Monitor…) sur la période comprise entre la fin juillet et le début août, le Parti Démocrate est crédité d’entre 24 et 27,9% des voix, ce qui le place largement devant le Peuple de la Liberté (PdL), crédité quant à lui d’entre 17% et 20,3% des voix, subissant une véritable hémorragie électorale. La situation de la droite parlementaire est encore plus dramatique si on songe que son allié traditionnel, la Ligue du Nord, oscille entre 4,5% et 7,6% des voix, avec une moyenne autour de 5%, barre fatidique s’il en est, et est donc durablement fragilisée par sa crise interne et surtout par la perte de crédit de son ancien dirigeant, devenu président d’honneur, et accusé de corruption, le populiste Umberto Bossi, et ce malgré l’élection comme nouveau président de Roberto Maroni.

Cet affaiblissement de la Ligue profite essentiellement à La Destra (« La Droite »), formation nationaliste issue d’une scission d’Alliance Nationale, qui est annoncée à entre 3% et 4,5% des voix, alors qu’en revanche les néo-fascistes de Fiamme Tricolore stagnent à 0,7% des voix environ. En outre, la formation Futuro e Liberta de Gianfranco Fini se situe entre 2,5 et 3,4% des voix, et échoue à représenter une quelconque alternative à la droite « berlusconienne ». De même, les centristes de l’UDC, avec entre 5 et 5,5% des voix, ne réussissent pas à peser, et ce malgré l’affaiblissement considérable du PdL. Enfin, l’Italie des Valeurs de l’ancien juge Di Pietro, associée à la gauche démocratique, avec entre 4,4 et 7% des voix, ne parvient pas à retrouver son plus haut niveau.

Cette situation étrange, avec une droite en pleine récession et une gauche qui ne parvient pas au plus haut niveau, s’explique avant tout par l’apparition d’une formation politique populiste, difficile à classer à gauche ou à droite, à savoir le mouvement « 5 étoiles » du trublion Beppe Grillo, axé sur une ligne radicalement europhobe et notamment sur l’abandon contre tout bon sens de l’€. Grillo a bénéficié en outre des sorties €-phobes d’un Berlusconi voulant faire parler de lui. Si l’ancien président du conseil adopte les mêmes thèses que Grillo, celui-ci devient automatiquement plus crédible. Son mouvement, nouveau et sans niche électorale précise, est crédité d’entre 13,9 et 19,5%. Il s’inscrit dans cette longue tradition italienne d’émergence régulière de mouvements protestataires, à savoir le fascisme première version de 1919, le qualunquisme (mouvement Uomo Qualunque) d’après-guerre ou encore la Ligue du Nord.

L’extrême-gauche quant à elle continue de faire dans la figuration. Sinistra e Liberta (SeL) obtiendrait entre 5,5 et 6,2% des voix, et Refondation Communiste (RC + PDCI) est située aux alentours de 3,5% des voix, alors que le parti des Pirates, avec 1,8% des voix, échouerait à obtenir des députés, à la différence de l’Allemagne, tout en pesant infiniment plus que son homologue français. Enfin, le PSI réapparaît sous sa forme traditionnelle mais est situé entre 0,4 et 2% selon les différents instituts de sondages.

Malgré le succès croissant de la formation de Beppe Grillo, si des élections législatives avaient lieu ce mois-ci, c’est la « gauche » qui l’emporterait, tout en s’alliant avec le « troisième pôle » centriste. En effet, la traditionnelle alliance entre les centristes et la droite ne permettant pas à cette dernière d’accéder au pouvoir, il est très vraisemblable que le centre se tourne vers la « gauche », exactement comme François Bayrou en France a appelé à soutenir le candidat du PS au second tour des élections présidentielles.

Tout comme en France, les conséquences d’une victoire de la « gauche » en Italie seraient à peu près semblables, à savoir mariage homosexuel, régularisation massive des clandestins (mais à ce sujet, Monti semble ne pas attendre la victoire du PD pour y procéder), abandon du droit du sang (ce que prône par exemple un Gianfranco Fini, passé du post-fascisme au néo-centrisme) et laxisme migratoire sous toutes ses formes.

ALLEMAGNE

Malgré une opinion très favorable en faveur de la chancelière allemande Angela Merkel, les élections législatives allemandes, prévues en 2013, paraissent mal engagées, et ce si la situation de l’opinion demeure semblable à celle d’aujourd’hui.

La CDU/CSU reste largement dominante avec 36% des voix environ, mais ce n’est plus le grand parti démocrate chrétien qu’on a connu, et surtout sa composante CSU, de plus en plus eurosceptique, apparaît affaiblie. Cependant, son principal allié, qui avec près de 16% aux dernières élections législatives lui avait offert la chancellerie, le parti libéral (FDP), est considérablement décrédibilisé, avec entre 4 et 5% d’opinions favorables. Il pourrait ainsi être exclu du parlement, empêchant ainsi à une alliance CDU + FDP de se former à nouveau.

La SPD (sociaux-démocrates) reste assez forte, avec entre 27 et 29% d’opinions favorables, mais ne semble pas actuellement en mesure de disputer la première place avec la CDU. En revanche, son allié traditionnel écologique, Die Grünen, est crédité d’environ 13% des voix, et en outre, Die Linke (« La Gauche »), avec laquelle la SPD refuse par principe toute alliance, est en perte de vitesse, annoncé entre 6 et 7% seulement.

En revanche, un nouvel allié potentiel en la personne du « Parti des Pirates » (Piraten Partei) est apparu. Crédité d’entre 7 et 9% des voix, ce parti est quasiment assuré de rentrer au parlement, et il est probable qu’il rejoigne une coalition formée de la SPD et des Verts. Premier parti du pays, la CDU serait pourtant exclu du pouvoir, au profit d’une SPD qui se veut davantage fédéraliste européenne, mais qui est surtout prête à faire le jeu du PS français. Or, dans la situation actuelle, la mutualisation des dettes serait une erreur si préalablement une politique européenne convergente en matière de réduction des déficits n’était pas mise en œuvre. Le PS français souhaite ainsi faire payer aux contribuables allemands son laxisme migratoire débridé et son achat de la paix civile dans les banlieues.

FRANCE

Alors que les propositions allemandes en faveur d’une fédéralisation accrue de l’Europe sont de plus en plus pressantes, la SPD et la CDU en soutenant fermement l’idée, même si sur des bases différentes, le gouvernement français fait dans l’hexagonalisme le plus obtus. Hollande veut bien que l’Allemagne paie, reprenant à sa manière ce vieux slogan germanophobe des années 20, mais ne veut surtout pas céder le moindre pouce de souveraineté. En effet, dans une Europe fédérale, il est probable qu’Hollande ne pourrait plus mener la politique démagogique qu’il souhaite.

J’avais craint ici même qu’une élection de la « gauche » française n’apporte que des catastrophes. Le premier mois du nouveau président avait paru invalider ma réflexion, celui-ci semblant faire preuve d’une certaine inertie qui n’était pas forcément la pire des politiques. Malheureusement, j’avais eu raison, et le véritable visage du PS a fini par réapparaître.

Sur la Turquie, il est évident que François Hollande semble ménager Erdogan. Il s’était pourtant engagé auprès de la communauté arménienne à faire rapidement voter une nouvelle loi pour sanctionner le négationnisme du génocide dont les Arméniens ont été victimes dans l’empire ottoman en 1915. Même si j’ai expliqué par ailleurs être opposé au principe des lois mémorielles, je suis aussi partisan de tout ce qui peut éloigner la Turquie de l’Europe. Hollande temporise et je ne sais pas ce qu’il a cédé pour obtenir la libération de cette jeune franco-kurde détenue en Turquie. En vérité, je crains qu’avec Hollande, dont le parti est férocement partisan de l’adhésion turque, tout comme la SPD allemande, la cause d’Erdogan soit bien défendue.

Sur la problématique migratoire, le « dur » Manuel Valls est en train d’encourager à nouveau l’immigration, légale comme clandestine, puisqu’il s’attaque déjà à la maigre politique préventive de son prédécesseur Claude Guéant. Alors que le projet de vote des étrangers extra-communautaires aux élections municipales semble en difficulté, car il faudrait le proposer aux électeurs par référendum, et tout le monde en connaît le résultat par avance, la « gauche » préfère donc une politique de régularisation des clandestins et de naturalisation de masse des étrangers. En outre, le garde des sceaux, Christine Taubira, ne cesse de fragiliser un peu plus l’appareil judiciaire. Elle s’oppose par ailleurs à toute politique répressive, et semble ne considérer les délinquants que comme des victimes de l’injustice sociale, ce qui s’applique en particulier aux gens issus de la diversité que la « gauche » voit avant tout comme victimes de discrimination. Les délinquants ont d’ailleurs parfaitement compris le message.

Enfin, le projet de mariage homosexuel est désormais en chantier. Le ministre chargé de le porter annonce son vote pour l’automne 2013. A ce sujet, ce ministre, Dominique Bertinotti, a été explicite, de même que le premier ministre. Il s’agira de permettre aux personnes homosexuelles de se marier, avec tous les droits inhérents, et d’adopter. Mme Kosciusko-Morizet, qui est à la droite ce que le lapin est au renard, vient de se déclarer favorable au mariage, mais pas à l’adoption. Le problème c’est que l’un va avec l’autre. A partir du moment où les couples mariés peuvent adopter, le refuser aux couples mariés homosexuels serait illégal car discriminatoire. C’est donc l’un et l’autre ou bien ni l’un ni l’autre. La droite la plus bête du monde est donc, sur cette question comme sur tant d’autres, en train de ramper devant les idées de son adversaire.

Sabotage du mariage, sabotage de la nationalité, laxisme migratoire et sécuritaire généralisé, refus de la politique allemande de fédéralisation européenne, écrasement par l’impôt des classes moyennes pour financer les banlieues, la « gauche» la plus folle du monde est de retour. Félicitations aux électeurs qui ont rendu tout cela possible.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

24/06/2012

Victoire de la fausse gauche "allo/bobo"

 
PS,Europe-Ecologie,François Hollande,UMP,FN,Jean-Luc Mélenchon,Marine Le Pen,Terra Nova,élections législativesLes « bourgeois bohême » parisiens peuvent être satisfaits à tous points de vue, même s’ils ne se rendent pas compte qu’ils creusent davantage encore leur propre tombe. La fausse « gauche » PS/Europe-Ecologie, avec l’appui implicite du PCF/Front de gauche, l’a emporté au second tour des législatives. Comme après la victoire de leur candidat aux présidentielles, François Hollande, les « banlieues » ont hurlé leur joie, prenant cette nouvelle victoire comme un blanc-seing, la nomination de Christiane Taubira, dont les positions sur la colonisation et en faveur de la promotion de la « diversité » sont bien connues, comme garde des sceaux, en étant l’illustration. Le jeune Killian, assassiné à l’âge de treize ans, par un individu dont la presse tait jusqu’au prénom, en sait quelque chose.

D’un côté, l’europhobie fanatique des souverainistes, Marine Le Pen en tête. De l’autre, l’europhobie meurtrière, celle dont a été victime notamment Killian et tant d’autres avant lui, cette europhobie, la seule phobie que SOS-Racisme semble refuser de combattre, comme si la violence de haine n’était que dans un seul sens. En effet, pour son (ancien) président Dominique Sopo, le « racisme anti-blancs », c'est-à-dire l’europhobie, est je cite « une notion forgée par le FN ». Je suppose donc que, si on appliquait le principe de réciprocité, le racisme contre les noirs serait par exemple une invention de Kemi Seba. Ce deux poids deux mesures, selon la race du criminel et celle de la victime, est intolérable. Dominique Sopo a récemment démissionné de la présidence de SOS-Racisme et se déclare tenté par un poste de ministre du gouvernement Ayrault. Finalement, il n’aura pas eu gain de cause… pour cette fois.

Le véritable vainqueur de ces élections.

Le vainqueur, c’est le parti des abstentionnistes. Au premier tour des élections, 42,77% des électeurs ont refusé de se prononcer et même de se déplacer. Au second tour, c’est même 43,7% des électeurs qui sont restés chez eux. Cette abstention est un record depuis 1973, et a augmenté de trois points par rapport à 2007. Et surtout, que l’abstention ait été plus forte au second tour qu’au premier est très significatif. Ces 1% de participation en baisse sont essentiellement le fait d’électeurs de droite du premier tour et qui n’avaient pas envie de s’opposer à la vaguelette rose, accroissant ainsi la marge de manœuvre du camp adverse.

Ce manque de participation s’explique par les querelles d’appareil à droite, entre une ligne qui veut conserver la stratégie Buisson, qui n’a pas été si mauvaise aux présidentielles, malgré l’échec du président sortant, et une ligne centriste, très politiquement correcte, menée notamment par Juppé, Kocziusko-Morizet et Raffarin. Pris entre ces deux tendances irréconciliables, Sarkozy n’avait pu choisir son camp. Or, s’il a échoué, c’est avant tout en raison du mauvais report de voix des électeurs FN, report qui aura aussi coûté des sièges à des candidats UMP lors des élections législatives.

Il s’explique enfin par la réforme du quinquennat et surtout cette concomitance entre les élections présidentielles et législatives. Le président élu, les électeurs se détournent des enjeux parlementaires, renforçant l’image monarchiste de notre « république ». Les législatives ne font que confirmer les présidentielles, beaucoup d’électeurs voulant laisser sa chance au nouveau dirigeant en lui donnant une majorité à l’assemblée, indépendamment du programme du président, du parti politique dont il est l’émanation, et des candidats eux-mêmes, élus sur leur étiquette uniquement, même s’ils sont sans expérience.

Un premier tour qui lamine les petites formations politiques.

Ce nouveau système des élections législatives, un mois après les présidentielles, a tué les enjeux. En conséquence de quoi, le scrutin majoritaire à deux tours, qui était très défavorable aux petites formations politiques, est désormais sans pitié. Les électeurs n’avaient que trois manières de voter possible, à savoir le vote de confirmation, c'est-à-dire le vote PS, le vote de réticence, c'est-à-dire le vote UMP, et enfin le vote de résistance, c'est-à-dire le vote FN.

Les deux autres formations de gauche, ne représentant pas une menace pour le nouveau pouvoir en place, ou ralliées totalement à lui, n’ont pas été trop victimes du vote utile. Il faut dire que Europe-Ecologie avait négocié ses places avec le PS. Ses seulement 5,65% des voix, c'est-à-dire plus du double du score d’Eva Joly aux présidentielles, s’expliquent uniquement parce que, à l’image de Cécile Duflot, Europe-Ecologie a bénéficié de cet accord auquel le PS n’était en rien obligé. En réalité, sans cet accord, Europe-Ecologie aurait sans doute disparu du jeu politique national. C’est ce qui est ainsi arrivé au Modem de Bayrou, qui n’a obtenu que 1,76% des voix et n’a pu sauver que deux députés, son chef de file étant même sévèrement battu dans sa circonscription. Les autres écologistes n’ont obtenu que 0,96% des voix dont 0,11% pour le MEI de Waechter (lui-même obtenant 10,52% à Altkirch) et 0,05% pour CAP 21.

Le Front National en revanche, avec un score très convenable, même si inférieur à celui obtenu en 1997, obtient malgré tout 13,6% des voix, contre 4,29% des voix en 2007 et 11,34% en 2002. Seule une soixantaine de ses candidats a pu atteindre le second tour, en duel ou en triangulaire. Cela s’explique notamment par le fait qu’il faut désormais 12,5% des inscrits et non plus 12,5% des votants pour passer au second tour. Le FN avait sept circonscriptions où ils étaient réellement en mesure d’obtenir des élus, essentiellement en Provence. Marine Le Pen a fait dans la circonscription autour de Hénin-Beaumont 42,36% des voix, ce qui était inattendu.

Le FN a aussi bénéficié dans son camp d’un vote utile, car les différentes chapelles de l’extrême-droite, à savoir essentiellement le trio NDP/MNR/PDF et la Ligue du Sud, n’ont obtenu que 0,19% des voix, et ce en tenant compte de l’excellent score de Jacques Bompard mais aussi du score plus modeste de Jacques Peyrat à Nice (16,2%). Bompard a fait 23,5% des voix au premier tour, victime de la candidate FN qui a obtenu plus de 16% des voix. Il était en revanche idéalement placé pour s’imposer au second tour, FN et UMP étant éliminés. Les candidats identitaires n’ont obtenu que 0,02% des voix, pour environ une vingtaine de candidats, ceux-ci oscillant entre 0,2% et 1,1% des voix selon les cas. Philippe Vardon (Bloc Identitaire) aurait sans doute fait un score de même nature s’il avait maintenu sa candidature à Nice, d’où son retrait avant l’échéance. La candidate FN choisie à son détriment a réussi à obtenir 21,41% des voix. Les figures principales de la droite radicale, Carl Lang (1,09%) et Roland Hélie (0,9%), ont été laminées. Il n’y a désormais plus d’opposition de droite nationale au FN, légitimé par les urnes.

Les mouvements souverainistes sont également durablement affaiblis avec seulement 0,43% pour Debout La République, mouvement qui sauve néanmoins son financement public, 0,2% pour le MPF (1 siège), 0,05% pour CPNT, 0,01% pour le RPF et 0,01% également pour l’Alliance Royale.

L’extrême-gauche est également victime d’un effet Mélenchon. Le PCF/FG obtient 6,91% des voix (contre 4,82% en 2002 et 4,29% en 2007). Le paradoxe est qu’avec un meilleur score, le PCF a perdu des députés. En 2007, il avait sauvé son groupe avec 15 élus. En 2012, il n’aura obtenu que 10 sièges et ne sauvera son groupe que par le ralliement d’élus domiens. Ce bon score, nuancé par l’échec de Jean-Luc Mélenchon à atteindre le second tour à Hénin-Beaumont, se fait au détriment de l’extrême-gauche, LO et NPA réunis n’obtenant que 0,98% des voix et perdant ainsi tout financement public. Les Pirates avec 0,06% des voix ont quant à eux échoué à représenter une alternative politique, à la différence de leurs homologues allemands qui pourraient rentrer au Bundestag en 2013. Seules les élections européennes en France permettent à de nouveaux mouvements politiques d’émerger (le FN en 1984, les Verts, le MPF… etc), les élections législatives étant verrouillées.

Les victimes d’un second tour sans saveur.

Le mauvais report de voix des électeurs FN amène à l’éviction hors du parlement de nombreux députés UMP, et notamment les membres de la Droite Populaire. Hervé Novelli, Eric Raoult, Nadine Morano sont les victimes principales de cette situation, alors même qu’ils avaient tenté d’envoyer des signaux favorables au FN. Marine Le Pen préférait, sauf cas particuliers, les faire battre et y a réussi. Claude Guéant est également vaincu par un dissident de droite, payant ainsi sa proximité avec le président déchu et un bilan contesté en matière de lutte contre l’insécurité. En revanche, Henri Guaino sauve sa peau. A Nancy, ville qui m’est tout particulièrement chère, la droite valoisienne est battue, les trois circonscriptions de la ville étant au PS, et six circonscriptions sur sept en Meurthe et Moselle. Les élections municipales de 2014 s’annoncent mal pour les héritiers d’André Rossinot, qui sera probablement candidat une dernière fois pour tenter d’empêcher la mairie de basculer.

Ségolène Royal est battue par un opposant socialiste à La Rochelle. Son candidat, Olivier Falorni, était au second tour alors que l’UMP était éliminée. Royal souhaitait son désistement, ce qui l’aurait fait élire avec le score très stalinien de 100%. La gauche étant sure d’avoir un député, on ne voit pas pourquoi Falorni aurait dû se retirer, sous prétexte que Ségolène Royal s’était rendue si détestable aux yeux de la droite locale que celle-ci était prête à tout pour la faire battre. Les électeurs, qu’importe leur vote du premier tour, ont exprimé de manière souveraine leur choix. Royal ne sera pas présidente de l’assemblée nationale, où elle aurait pu jouer la directrice d’école autoritaire auprès des élus.

François Bayrou est puni pour son soutien apporté à François Hollande au second tour des présidentielles. Ce soutien était incompréhensible pour la plupart de ses électeurs, qui ont préféré choisir l’UMP plutôt que de le réélire. Il a lui-même reconnu avec beaucoup de franchise que son électorat ne l’avait pas suivi dans un choix personnel bien inutile car le PS n’a pas cherché à sauver sa tête, bien au contraire. Il est difficile en effet d’expliquer aux électeurs qu’on prône l’alliance de la carpe et du lapin. Jean Lassalle, le sympathique centriste, sauve en revanche sa tête.

Jean-Luc Mélenchon aurait pu, en étant au second tour, offrir paradoxalement à son ennemie chérie un fauteuil de député. C’est finalement le socialiste Philippe Kemel qui s’impose de justesse face à Marine Le Pen, cette dernière n’obtenant que 49,89% des voix. En duel pur, le FN n’arrive pas à s’imposer, puisque Stéphane Ravier (49,01%) et Valérie Laupies (48,71%) échouent aussi. Ce n’est que dans le cas de triangulaires que le FN peut s’imposer, lorsque des conditions exceptionnelles s’y prêtent. Dans le Gard, Gilbert Collard est élu grâce au soutien implicite du candidat UMP, qui s’est maintenu pour obéir aux consignes de son parti, et Marion Maréchal (Le Pen) grâce au maintien d’une candidate socialiste qui n’avait pourtant aucune chance de l’emporter. Avec une élue issue de « la famille », l’image népotique du FN est renforcée. La victoire de Collard, qui a été membre de presque tous les partis politiques, et qui refuse de rejoindre le FN, pourrait quant à elle être à la Pyrrhus, car il est peu probable que Collard respecte la ligne que souhaitera voir impulsée Marine Le Pen. Enfin, Jacques Bompard (Ligue du Sud, ex-FN et ex-MPF) est élu député avec une avance confortable (58,77%), de même que Nicolas Dupont-Aignan (61,39%), récompensés par leur travail d’implantation.

Au final, la « gauche » l’emporte, le PS obtenant la majorité parlementaire seul. Il doit ce succès à l’absence totale de mobilisation de l’électorat de droite. Avec 343 sièges sur 577, soit moins de 60% des sièges, dont 302 sièges pour le PS et les divers gauches, le gouvernement Ayrault est conforté. Le Front de Gauche obtient 10 sièges, les radicaux de gauche 13 sièges, et Europe-Ecologie 18 sièges. Le MD de Bayrou n’a plus que deux sièges, le Nouveau Centre en obtient 14, les radicaux valoisiens 9 , et l’UMP ainsi que les divers droite 205 sièges. Les nationaux et souverainistes ont 5 sièges (2 FN, 1 DLR, 1 LS, 1 MPF), ce qui est un résultat inédit dans le cadre du scrutin majoritaire.

Marine Le Pen, battue, tente à nouveau sa chance mais au tribunal, afin de faire annuler le scrutin. Elle aurait préféré abandonner Strasbourg pour découvrir les charmes du Palais Bourbon. Elle fait néanmoins partie pour le moment des vaincus de juin 2012. Elle aura au moins le plaisir de partager cette situation avec Jean-Luc Mélenchon, qu’elle vient d’ailleurs de retrouver au tribunal après que ce dernier l’ait qualifiée de « fasciste ». François Bayrou est désormais un homme seul, tout comme Ségolène Royal est une femme seule, contrainte à une prise de distance forcée d’avec la vie politique nationale.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

18/06/2012

Quand la Grèce évite le Tartare

Samaras.jpgLes élections législatives grecques, les secondes en un mois, qui se sont déroulées ce dimanche 17 juin 2012, étaient décisives quant à l’avenir du pays, comme la presse internationale l’a rappelé. Certes, les menaces d’une éviction de la Grèce hors de la zone euro, cas qui n’est pas prévu par les traités communautaires, étaient prématurées. Elles étaient surtout destinées à avoir un impact émotionnel sur le choix des électeurs. Le PASOK ayant une image durablement écornée, associée à l’épouvantable gestion du « socialiste » Papandreou, seule la Nouvelle Démocratie d’Antonis Samaras était en mesure de l’emporter et de mettre en œuvre les mesures décidées au niveau de Bruxelles et des instances internationales pour « aider la Grèce ».

Le choix « mélenchonien » était en revanche de soutenir le jeune Alexis Tsirpas, leader du mouvement de « gauche » radicale Syriza. Son programme démagogique promet de mettre fin au mémorandum européen sur la crise grecque, un ensemble de mesures que le gouvernement d’Athènes devrait engager afin de bénéficier de l’aide de ses partenaires, tout en garantissant le maintien de la Grèce dans la zone euro. Tsirpas en outre est particulièrement ambigu quant à la gestion des flux migratoires, préoccupation essentielle de la population grecque au même titre que la crise.

Les Grecs ont préféré à 29,7% soutenir le parti de droite conservatrice, qui avait su s’unir à la fois à plusieurs anciens députés du Laos nationaliste, dont Makis Voridis, et à des libéraux modérés. Néanmoins, Syriza obtient 26,9% des voix, ce qui constitue un remarquable succès pour cette formation politique. Son succès se fait peu au détriment du PASOK, qui perd un point à 12,3% (contre 13,2% en mai) mais en revanche est réalisé en défaveur du reste de l’extrême-gauche. Les communistes du KKE ne font que 4,5% des voix (contre 8,5% en mai) et évitent de peu la disqualification. Les écologistes, Antarsya (extrême-gauche), les Pirates, les communistes dissidents du KKE-ML, s’effondrent.

A droite, le Laos continue sa descente aux enfers avec seulement 1,6% (contre 2,9% en mai), ayant par ailleurs perdu une partie importante de ses leaders, toute représentation nationale à la Vouli, et ce au profit des conservateurs mais probablement aussi de l’Aube dorée. Les Indépendants Grecs (Anexartiti Ellines) avec 7,5% perdent trois points ; ils faisaient 10,6% des voix il y a un mois. Issus d’une scission plus nationaliste de la Nouvelle Démocratie, une partie de leur électorat a rejoint par vote utile la maison mère.

Deux surprises, dans ce contexte de vote utile et de bipolarité ND/Syriza, sont néanmoins apparues. En premier lieu, avec 6,92% des voix contre 6,97% un mois auparavant, l’Aube Dorée, mouvement néo-fasciste radical et violent, maintient son haut niveau de soutien. C’est le résultat d’une exaspération des Grecs vis-à-vis des flux migratoires extra-européens. Malgré les déclarations négationnistes de son dirigeant, malgré les cas de violence avérés de ses représentants contre des adversaires politiques, malgré les agressions physiques dont certains membres se sont rendus coupables, ce mouvement extrême conserve son aura pleine et entière.

C’est en Laconie et à Sparte que l’Aube Dorée réalise ses meilleurs scores, alors que l’immigration y demeure marginale, avec 10,6% des voix. La Laconie est le berceau des Lacédémoniens/Spartiates mais aussi de l’école philosophique byzantine de Mistra, où Gémiste Pléthon au XVème siècle prêcha le retour aux dieux de l’Olympe et à un mode de vie à l’antique où les paysans libres constitueraient un vivier de soldats pour que l’Hellade retrouve sa liberté, et c’est à Areopoli en Laconie que le dirigeant grec Petros Mavromichalis sonna en 1829 l’heure de la révolution pour chasser l’occupant ottoman hors de l’Hellade. Néanmoins, Aube Dorée perd trois sièges, avec 18 députés contre 21 en mai, en raison de la prime accordée au parti vainqueur, à savoir la Nouvelle Démocratie.

La Gauche Démocratique (Dimokratiki Aristera) progresse quant à elle légèrement avec 6,3% des voix (6,1% en mai 2012) et maintient sa représentation nationale avec 17 députés. Cette formation de gauche modérée pourrait s’associer à la grande coalition qui va très certainement se mettre en place dans les prochains jours autour de Samaras. En effet, la ND seule n’a que 129 députés sur 300, ce qui est insuffisant pour gouverner. Elle aura besoin a minima des 33 députés du PASOK dans le cadre d’une coalition de crise destinée à faire appliquer les mesures de rigueur préconisées, et de l’appui de cette petite formation afin de donner l’image d’un gouvernement rassemblé. En seront naturellement exclus Syriza, le KKE et les nationalistes radicaux de la Hrysi Avgi.

L’attachement des Grecs à l’€ et à l’Union Européenne a été une fois de plus signalé par les électeurs. Ceux-ci n’ont pas voulu prendre majoritairement le risque de l’aventure avec Syriza. Les pressions européennes ont été décisives aux yeux d’un grand nombre de citoyens qui savaient au fond d’eux-mêmes qu’il n’y avait pas de solution alternative en l’état à cette politique de restriction budgétaire légitimement impopulaire. Mais les Grecs en ont en revanche assez de devoir se serrer la ceinture alors que l’immigration clandestine, et notamment musulmane, explose. Antonis Samaras, qui s’est distingué d’Alexis Tsirpas par sa fermeté affichée pour combattre ce problème, devra réussir à mener une telle politique tout en respectant les canons du droit occidental actuel. S’il devait échouer en ce domaine, l’exaspération grecque serait à son comble. C’est un peuple qui est prêt à beaucoup de sacrifices mais qui n’acceptera pas qu’on lui prenne ce que l’on est prêt en revanche à donner à d’autres.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE