Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/01/2012

Du proto-indo-européen à l’*eurōpaiom

dnghu_europaio3.gifLe commerçant et humaniste italien du XVIème siècle Filippo Sassetti, qui avait voyagé jusqu’en Inde, avait constaté une parenté linguistique entre le sanscrit et l’italien, notamment concernant le nom du mot « dieu » [devas en sanscrit, dio en italien], la parenté et les nombres. Ce qui n’était qu’une intuition fut par la suite théorisée par plusieurs philologues et notamment par Leibniz, qui évoquera une théorie scythique pour expliquer la parenté constatée entre le persan, le sanscrit et les grandes langues européennes, antiques et modernes. Cette origine scythique sera ensuite qualifiée au début du XIXème siècle d’indo-européenne, d’indo-germanique ou d’aryenne.

Selon les linguistes et philologues du XIXème siècle, en effet, il aurait existé à l’époque préhistorique une langue ancestrale, qui sera ensuite appelée proto-indo-européen, d’où proviennent le grec, le latin, les langues de l’Inde du nord et de l’Iran, les langues celtiques, germaniques, baltes et slaves, ainsi que notamment l’albanais et l’arménien. En comparant les différents vocables dans les différentes langues-filles ainsi que les noms et mythes des divinités anciennes, les linguistes ont pu reconstituer la grammaire de cette langue originelle et un nombre important de noms, d’adjectifs et de verbes.

En 2006, des chercheurs espagnols au sein d’une université ont proposé cette langue-mère qu’est le proto-indo-européen comme base pour construire la langue nationale de l’Union Européenne, d’une manière analogue à la modernisation de l’hébreu afin d’en faire la langue nationale d’Israël. Cette langue européenne a été appelée par eux eurōpaiom, c'est-à-dire « européen », tout simplement.

L’eurōpaiom est une version plus lisible du proto-indo-européen tel que reconstitué par les linguistes. Ainsi , le nom proto-indo-européen du loup a été reconstitué sous la forme *wlkwos mais a été simplifié en europaiōm en wlqos. L’ eurōpaiom conserve en outre ses cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif, instrumental et locatif) et désinences associées (trois déclinaisons), ses modes verbaux (indicatif, subjonctif, optatif, participe et éventuellement infinitif), ses voix (active et médio-passive). La désinence masculine classique est en –os, comme en grec [-as en sanscrit, -us en latin] , la désinence féminine en –a, comme en grec, en latin et dans les langues slaves, la désinence neutre étant en –om.

A titre d’illustration, prenons par exemple le nom d’un dieu, deiwos au nominatif [latin deus, sanscrit devas], qui appartient à la deuxième déclinaison indo-européenne, et le nom d’une déesse, deiwa [latin dea]au nominatif, qui appartient à la première déclinaison, ces deux termes se déclinant d’une manière assez comparable au grec classique.

NOMINATIF SING. deiwos (m.), deiwā (f.)
VOCATIF SING. deiwe, deiwā
ACCUSATIF SING. deiwom, deiwām
GENITIF SING. deiwosio, deiwās
DATIF SING. deiwōi, deiwāi
ABLATIF SING. deiwōd, deiwād
INSTRUMENTAL SING. deiwō, deiwā
LOCATIF SING. deiwoi, deiwāi

NOM. PLUR. deiwōs, deiwās
VOC. PLUR. deiwōs, deiwās
ACC. PLUR. deiwōms, deiwāms
GEN. PLUR. deiwōm, deiwās
DAT. PLUR. deiwobhios, deiwābhios
ABL. PLUR. deiwobhios, deiwābhios
INSTR. PLUR. deiwōis, deiwābhis
LOC. PLUR. deiwōisi, deiwāsi

De la même façon, prenons l'exemple d'un verbe indo-européen classique, dont la première personne du singulier du présent finit par -ō comme dans le verbe grec λέγω, "je dis", à savoir bherō, "je porte". Nous avons ainsi:

PRESENT

1ère personne sing. : *bherō

2ème personne sing. : *bheresi

3ème personne sing. : *bhereti

1ère personne plur. : *bheromes

2ème personne plur. : *bherete

3ème personne plur. : *bheronti

 

spreadtheword.pngL’association espagnole Dnghu (« langue » en eurōpaiom), fondée par Carlos Quiles et Mayte Batalla en 2007, fait actuellement la promotion de l’eurōpaiom comme langue nationale de l’Union Européenne. Vous pouvez obtenir des informations précises sur le site de cette association, dont je vous conseille fortement la consultation :

http://dnghu.org/

29/12/2011

Une mauvaise loi au service d'une mauvaise stratégie

vahakn.jpgLes lois mémorielles relèvent d’une démarche politique fondée à la fois sur la démagogie politicienne, prenant en otage une communauté, et en même temps sur une attitude fondée sur une peur qui, même légitime, reste mauvaise conseillère, de la part de la dite communauté.

L’UMP a voulu provoquer la Turquie pour l’éloigner de l’Union Européenne, ce qui paraît réussi, tout en recevant l’appui pour d’autres raisons des élus « socialistes », toujours favorables au principe de lois mémorielles destinées à limiter la liberté d’expression des citoyens. Au lieu de se servir de ces biais détournés, en concoctant une bien mauvaise loi, le président Sarkozy aurait dû bien au contraire prendre ses responsabilités, dès 2007 d’ailleurs, et demander à nos partenaires l’arrêt immédiat, et définitif, du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE, entamé à tort et de manière irresponsable en avril 2005. Il aurait ainsi respecté ses engagements de candidat et aurait procédé à une clarification utile. En effet, ce processus n’est pas bon pour l’Europe, et d’ailleurs une majorité de citoyens européens sont opposés à cette adhésion, mais il n’est pas bon non plus pour la Turquie. Nous n’avons pas de destin commun, et d’ailleurs, bien qu’admirateur sincère de la civilisation européenne, Mustafa Kemal lui-même n’avait jamais eu l’intention de faire de la Turquie un pays européen, mais s’inspirait bien davantage du Japon, qui avait su adapter les acquis de notre civilisation tout en conservant son identité.

Pour des raisons stratégiques, l’AKP a souhaité affaiblir son opposition nationale, essentiellement incarnée par l’armée, en se servant de ce processus d’adhésion comme levier de réformes allant dans le sens de sa démarche politique. C’est pourquoi il serait bon que les nationalistes turcs laïcs, eux aussi opposés à cette loi française, mais également hostiles à l’intégration européenne, puissent retrouver des couleurs. Du peuple turc, nous n’exigeons rien et c’est à lui seul de choisir, de manière souveraine, ce qu’il souhaite ou non affirmer ou reconnaître.

Il n’y a aucun besoin, pour protéger les Arméniens de France comme d’Arménie, de se mettre la Turquie à dos, et ce même si nous sommes totalement opposés à son adhésion. Il vaudrait mieux, pour de bonnes raisons, que le gouvernement français renonce à cette nouvelle loi mémorielle et, courageusement, abroge aussi les lois mémorielles précédentes. En revanche, et dans le même temps, il convient de mettre fin de manière unilatérale au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, au profit d’une relation apaisée mais distincte.

Toutefois, cela ne signifie en aucune manière, bien au contraire, qu’il faille être inattentif aux légitimes angoisses arméniennes auxquelles nous, vrais européistes, devons apporter les bonnes réponses. Et cette loi mémorielle n’en est pas une. Il faut en premier lieu affirmer la reconnaissance pleine et entière des Arméniens comme un peuple européen, ce qu’ils sont à tous points de vue, n’en déplaise à certains nationalistes, en Russie ou ailleurs, un peuple européen aux frontières extrêmes de notre continent. Et il faut affirmer aussi que, parce qu’européenne, l’Arménie a vocation au même titre que la Géorgie voisine, mais aussi que la Russie, à rejoindre l’Union Européenne et à s’abriter derrière son bouclier géopolitique et économique. C’est avec nous, entre européens, que le peuple arménien retrouvera la sérénité et la splendeur passée. Ainsi, qui s’attaquerait demain aux Arméniens s’attaquerait en même temps à l’Europe toute entière. Et cette affirmation de l’européanité de l’Arménie, et ce qui devra en suivre logiquement, voilà la bonne réponse. Nous n’oublierons pas les fils d’Hayk dans l’Europe de demain, mais nous n’exprimerons notre sympathie à leur égard par une loi liberticide de circonstance.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

De l'avenir de la Russie

drapeaurusse.jpgA l’issue des élections législatives russes, qui ont été principalement caractérisées par une nette baisse du pourcentage de voix obtenu par le parti gouvernemental Russie Unie (Единая Россия), tombé en dessous du seuil de 50%, de nombreuses et régulières manifestations ponctuent depuis la vie politique russe, menées notamment par le trentenaire russe Alexeï Navalnyi, présenté comme libéral dans les media occidentaux mais comme nationaliste dans les media russes, puisque présent régulièrement aux « marches russes » organisées par la droite nationale russe. Ce dernier a indiqué son intention de se présenter aux élections présidentielles russes face à Vladimir Poutine.

Ces manifestations, qui réunissent un horizon très varié allant de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, mais auxquelles ni la KPFR (communistes) ni la LDPR (nationalistes de Jirinovski) ne se sont jointes, sont parfois qualifiées de « révolution orange », expression désormais décriée pour désigner des manifestants libéraux et/ou atlantistes, par leurs adversaires. C’est un raisonnement arbitraire et inacceptable car on pourrait ainsi soutenir à ce titre et sous ce prétexte n’importe quel gouvernement, même si ce dernier opprime son peuple. Il faut donc admettre par principe, mais sans naïveté, la sincérité de l’engagement de ceux qui défilent contre le pouvoir en place.

Même si on peut suspecter à la marge des bourrages d’urnes ou des pressions, ce qui existe dans toutes les démocraties, le résultat de Russie Unie demeure valable et significatif, pour une raison évidente, à savoir l’absence totale de crédibilité des partis concurrents. En effet, les alternatives proposées étaient pour l’essentiel bien moins démocratiques encore. Ce qui est sûr, c’est qu’au moins 15% des électeurs russes ont sanctionné le roque Medvedev/Poutine, qui a été, il faut le reconnaître, une erreur stratégique majeure. Un second mandat présidentiel de Medvedev, qui n’aurait en rien empêché Poutine d’être sous le statut de premier ministre le véritable chef d’orchestre, aurait été positif. Medvedev a su très habilement se doter d’une authentique carrure de chef d’état pendant les quatre années de son mandat, ce qui au final a peut-être inquiété son mentor, expliquant alors sa volonté de redevenir président.

Poutine sera certainement (ré)élu président mais sans doute avec un score bien inférieur, concédant peut-être un second tour face à Ziouganov, le KPFR étant à l’issue des élections législatives le principal parti d’opposition. Il n’a cependant aucun adversaire susceptible de devenir président. Qui en effet pourrait souhaiter l’élection du candidat communiste, qui ramènerait la Russie vingt ans en arrière, puisque Ziouganov est animé d’une démarche nostalgique à l’égard de l’URSS et a été incapable de fonder un parti social-démocrate ? Le KPFR n’a rien appris de l’échec du communisme en Russie. Qui pourrait souhaiter de la même façon l’élection du candidat nationaliste en la personne de Vladimir Jirinovski, candidat depuis 1993, tout comme Ziouganov d’ailleurs, aux différentes élections, et dont le programme ne pourrait amener qu’à des conflits ? Qui enfin pourrait réellement vouloir prendre le risque de mettre à nouveau les libéraux au pouvoir, comme ils l’ont été durant les années Eltsine, où ils vendaient littéralement le pays aux intérêts étrangers et ruinaient le peuple ? Enfin, si l’objectif des « démocrates » et « libéraux » russes est que la Russie imite la France actuelle, alors disons le tout net, dans ce cas, il vaut mieux que Poutine reste longtemps aux affaires.

En clair, Poutine est, faute de mieux, l’homme de la situation, non seulement pour les Russes mais aussi pour les vrais Européens. Certes, son bilan politique de ces dernières années n’est guère satisfaisant, et les dérives autoritaires constatées demeurent problématiques. Beaucoup restent notamment à faire en matière de justice sociale et de redistribution des richesses au plus grand nombre de citoyens. Pourtant, aucune alternative salutaire n’est actuellement envisageable. D’ailleurs, certains nationalistes ne s’y sont pas trompés, à l’instar du dynamique Dmitri Rogozine, qui vient d’être nommé comme l’équivalent de ministre de la défense, mais aussi des Patriotes de Russie (Патриоты Россий), dont le dirigeant renonce à se porter candidat aux présidentielles. En revanche, d’autres nationalistes commettent l’erreur majeure de s’associer à des gens bien peu recommandables, à des provocateurs évidents, à des oligarques en disgrâce, au nom de slogans extrémistes, à l’instar de Belov et de Dyomouchkine, dirigeants de la coalition extra-parlementaire Les Russes (Русские), perdant ainsi leur maigre crédit.

Il existe toutefois pour l’avenir de la Russie une alternative à bâtir, et qui est de rejoindre une Europe politique unitaire enfin émancipée des Etats-Unis, en rupture avec le libéralisme mondialisé et ses funestes compagnons (dénatalité, chômage et immigration). Dans une Europe euro-socialiste dans laquelle la Russie aurait naturellement toute sa place, le peuple russe saurait choisir une nouvelle voie. L’Union Européenne actuelle, empêtrée dans ses crises institutionnelles et économiques, dirigée par des technocrates incompétents et des politiciens conformistes, ne saurait séduire en revanche les russes. Seul l’européisme authentique, tel que défendu par exemple par notre modeste formation, pourra amener la Russie et le reste du continent à joindre leurs efforts et à ne faire plus qu’un. D’ailleurs c’est officiellement la ligne défendue par Medvedev et Poutine, quoi qu’on puisse penser de leur sincérité à ce sujet, continuant ainsi la démarche en vue d’une « maison commune européenne ». C’est l’Europe qui est le véritable remède de la Russie, tout comme la Russie constitue un remède pour le reste de l’Europe.

La Russie abandonnera vis-à-vis de l’Europe politique sa real-politik quand l’Union Européenne la découvrira enfin. Car si l’Europe doit en interne s’en abstenir, elle doit en revanche vis-à-vis de l’extérieur s’assumer à nouveau. Dmitri Rogozine a rappelé récemment que la ligne stratégique des Etats-Unis en Europe se résumait à « les Etats-Unis en son sein, la Russie en dehors, l’Allemagne à genoux ». Et les vrais européistes de répondre désormais, « les Etats-Unis en dehors, la Russie en son sein, et l’Europe (enfin) debout ». En effet, russophobie, germanophobie et europhobie servent de fait les intérêts américains, et si certains nationalistes russes font leur jeu, c’est aussi le cas des nationalistes et souverainistes français.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

11/12/2011

Présidentielles 2012: une multitude de candidats

sarkozy,hollande,le pen,villepin,morin,bayrou,poutou,lang,chevènement,boutin,lepage,arthaud,mélenchon,joly,dupont-aignan,asselineau,stoquerIl n’y a rien de mieux pour créer des enjeux artificiels qu’une élection présidentielle française. A l’origine, création du général De Gaulle pour lui-même, et surtout pour se libérer de la tutelle de l’assemblée et du sénat, héritiers de la quatrième république, cette élection a changé de sens avec l’instauration du quinquennat, créant un régime présidentiel. Cette simple constatation attise les appétits des dirigeants des nombreuses structures politiques, grands partis mais aussi petites formations spécifiques. En fait, avec l’élection de Nicolas Sarkozy, beaucoup d’électeurs ont compris que les annonces présidentielles n’avaient aucune prise sur le réel.

Avec la mondialisation économique, avec les traités et conventions internationaux, avec les règles de l’Union Européenne, avec un droit constitutionnel devenu de plus en plus démophobe, et dont le conseil constitutionnel est désormais un gardien sourcilleux, ce qu’il n’était pas du temps de De Gaulle, enfin avec le poids de plus en plus important des media et des lobbies communautaires, le pouvoir réel d’un président de la république française est nul. C’est ce que Sarkozy a pu constater, et on le voit déçu par une fonction dont il attendait beaucoup mais qui ne correspond pas du tout à l’image qu’il avait pu en avoir.

Légitimer une élection en s’y présentant alors qu’on sait que le véritable pouvoir n’en provient plus, c’est mentir au peuple, c’est lui faire croire qu’on peut lui proposer des solutions pour résoudre ses problèmes alors qu’on sait pertinemment ne pas pouvoir, une fois élu, les mettre en œuvre. Sarkozy a suscité beaucoup d’espoir et le rejet dont il est l’objet est à la hauteur de ces espoirs déçus. Mais ses adversaires auraient ils pu faire mieux ? Le PS, qui n’a pas moins démissionné que l’UMP face à la réalité du pouvoir, sait au moins détourner l’attention vers des mesures démagogiques destinées à une petite partie de la population. Il a renoncé au socialisme au profit du libéralisme économique mais donne l’illusion d’être encore une formation « progressiste » en cédant à la mode sociétale gauchiste qui plaît tant à une partie de la bourgeoisie.

Désormais, la liste des candidats aux élections présidentielles ne cesse de s’accroître. Si Borloo a jeté l’éponge, c’est aussi le cas du candidat du Bloc Identitaire qui a avec raison renoncé, son objectif étant de faire connaître sa formation politique et non de réellement se présenter. La « gauche » est pour le moment la plus raisonnable, avec deux candidats de l’extrême-gauche (Arthaud et Poutou), inconnus du grand public à la différence de leurs prédécesseurs (Laguiller et Besancenot), qui arriveront réunis, péniblement, à 1% des voix, un candidat rassemblant les communistes et l’aile la plus à gauche du PS (Jean-Luc Mélenchon), une candidate écologiste de « gauche » (Eva Joly) et le candidat du PS (François Hollande). A cette liste se rajoute le souverainiste de « gauche » Jean-Pierre Chevènement. Ces six candidats de gauche, mais dont on peut penser qu’ils ne seront que cinq réellement candidats, car l’annonce de Chevènement apparaît pour le moment comme un moyen de pression sur Hollande, s’opposent à de nombreux candidats de droite.

On s’attendait au renoncement de Dominique de Villepin et celui-ci se porte finalement candidat aujourd’hui, tout comme François Bayrou, dont la candidature était prévisible, et même Hervé Morin entend se présenter, sans oublier l’écologiste du centre Corinne Lepage. La droite conservatrice et/ou souverainiste propose elle aussi plusieurs candidats – Nicolas Stoquer pour le RPF, François Asselineau pour l’UPR (qui souhaite que la France quitte l’Union Européenne), Nicolas Dupont-Aignan pour DLR, Christine Boutin pour le PCD (chrétien-démocrate) et Frédéric Nihous pour CPNT (chasseurs). Nicolas Sarkozy est donc confronté à une multiplicité de candidatures gênantes, même si leur nocivité est limitée par leur extrême marginalité politique, à l’exception de Bayrou, dont le plus récent sondage annonce un score, sans doute très surévalué, de 13%. Enfin, l’extrême-droite présentera deux candidats, à savoir Marine Le Pen pour le FN et Carl Lang pour l’UDN (« Union de la droite nationale », coalition nationaliste hétéroclite fondée sur un commun rejet de la personne de Marine Le Pen).

La règle mise en place par Valéry Giscard d’Estaing exigeant pour un candidat aux élections présidentielles de réunir 500 signatures/parrainages d’élus a ainsi tout son sens. En effet, être candidat devient une mode, alors même que l’on n’a rien à dire, une façon d’exister alors qu’on est ignoré tout le reste du temps. Ce n’est pas respectueux des électeurs, ce n’est pas non plus respectueux des institutions. Qui plus est l’élection est jouée d’avance, entre deux ou trois candidats, le candidat du FN servant à faire élire son adversaire s’il parvient au second tour. Les chances de Bayrou toutefois paraissent minces et il est peu probable même qu’il réalise un aussi bon score qu’en 2007. En outre, ces élections présidentielles mettent en avant le principe fort peu républicain de l’homme providentiel, ce qui amène certains candidats à se présenter avec une grande régularité tous les cinq ans. Jean-Marie Le Pen a ainsi été candidat à cinq reprises (six si on compte son échec à obtenir les 500 signatures en 1981) et Arlette Laguiller à six reprises. Ce sera enfin la quatrième candidature de François Bayrou.

Je tiens à le préciser, mais vous l'avez deviné, je ne serai pas candidat aux élections présidentielles. Je laisse à d'autres le soin de s'y ridiculiser, en la présence la grande majorité des candidats que je viens brièvement de présenter. Ma position pour le premier tour des élections présidentielles sera donc, je l'annonce dès maintenant, le vote blanc. Quant au second tour, nous verrons bien qui aura présenté le programme le moins nocif des deux finalistes, car nous n'attendons du résultat de ces élections aucune bonne nouvelle.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

Brèves européennes… (10)

FR-Europa.jpgUNION EUROPEENNE

Enfin un accord… Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et vingt et un autres chefs d’état et/ou de gouvernement sont parvenus à un accord afin de mettre en place une politique économique européenne commune fondée sur l’application de la rigueur budgétaire et de la lutte contre les déficits. Ils espèrent ainsi mettre fin à la déstabilisation des marchés, suite aux conséquences de la crise de la dette grecque. Suite à la décision de David Cameron d’opposer son veto à la mise en place d’un nouveau traité permettant d’appliquer cet accord, Sarkozy et Merkel ont été contraints de proposer un traité limité aux dix-sept membres de la zone euro, et d’en exclure ainsi les pays n’ayant pas adopté la monnaie unique. Ainsi écartés, la pression sur les gouvernements de ces pays fut telle que leurs dirigeants demandèrent à rejoindre les états signataires, même le Danemark, qui avait jadis refusé l’€ et bénéficié d’une clause dérogatoire. Enfin, on apprenait en fin de soirée que la Hongrie, la Suède et la Tchéquie avaient annoncé leur volonté de rejoindre les signataires, mais ont choisi d’obtenir la confiance de leur parlement national avant d’officialiser leur décision.

Ainsi, le Royaume-Uni de David Cameron s’est-il de fait exclu de lui-même des décisions. En posant à ses partenaires des conditions inacceptables, il a isolé son pays au sein du continent et a obligé Sarkozy et Merkel à oser l’impensable, ne pas céder aux pressions britanniques. Cameron a voulu s’éviter un désaveu national en présentant un projet d’esprit fédéral aux parlementaires britanniques, mais surtout éviter tout conflit interne au sein des Tories. Les libéraux-démocrates faisant partie de sa coalition, et depuis ayant considérablement régressé dans les sondages, ne peuvent pas protester, sinon ils prennent le risque de faire chuter le gouvernement de coalition et provoquer ainsi de nouvelles élections dont ils seraient les grands perdants. Les souverainistes les plus durs quant à eux ont été entendus, ce qui devrait limiter toute progression du mouvement UKip et éviter un débordement par la droite.

ROYAUME UNI

David Cameron s’est présenté comme celui qui voulait défendre avant tout les intérêts britanniques, selon un postulat souverainiste des plus classiques, sans se demander de quels britanniques il voulait défendre les intérêts, mais aussi si l’Union Européenne pouvait elle aussi préserver les dits intérêts. Et c’est là que le bât blesse. La presse explique ainsi que Cameron a voulu défendre les intérêts de la City, mais la City n’est pas le peuple anglais, ni la nation britannique. Ce n’est que l’expression financière de l’hyper-classe mondialiste, dans un pays qui a renoncé à son industrie et saboté son service public à la seule fin de plaire à une caste d’oligarques internationaux. Des bénéfices de la City, le peuple britannique n’en voit pas la couleur. La paupérisation de la population anglaise est une évidence, et le pays est devenu si décourageant pour son propre peuple que les retraités britanniques préfèrent s’installer en France, même si la crise actuelle limite désormais ce choix. Enfin, les récentes émeutes qui ont touché Londres et quelques autres villes ont démontré à quel point l’Angleterre a été trahie par ses dirigeants, travaillistes comme conservateurs, et que Thatcher a fait beaucoup de dégâts, tout comme le « New Labour » de Blair.

Le « Labour » a abandonné le socialisme britannique, cette idéologie qui naît avec Owen (socialism apparaît en 1831 sous sa plume) mais aussi avec la Fabian Society originelle, et dont le dernier authentique représentant au XXème siècle fut Henry Hyndman. Il a libéralisé à outrance le service public, comme le souhaitent les plus libéraux en France, et a ouvert large les portes du royaume à un prolétariat importé, ce qui avait déjà été commencé par ses prédécesseurs de « gauche » comme de droite, et avait amené un conservateur du nom de Powell à briser sa carrière politique pour avoir osé remettre en question un choix sur lequel le peuple britannique n’avait jamais été consulté. Ceci explique pourquoi les ouvriers britanniques, désespérés, sont contraints de tourner le dos à la « gauche » et se tourner vers les nationalistes qui, à l’instar de la version française, ne les défendent pas davantage, mais profitent de leur désarroi. C’est quand la gauche n’est plus de « gauche » que le peuple se tourne vers la droite nationaliste.

Le socialisme européen est la réponse véritable aux angoisses qui assaillent le peuple britannique et aux maux qui rongent leur société et les démunissent face à la mondialisation économique et migratoire. C’est par son exemple que le socialisme anglais renaîtra de ses cendres, et à ses côtés un socialisme gallois et un socialisme écossais. Cameron comme Blair ne servent pas les intérêts du peuple, de même que Sarkozy et Merkel font in extremis un pas fédéral, contraint forcé, parce qu’il y a des élections en 2012 et 2013 dans lesquelles ils jouent leur avenir, et n’auraient aucune chance d’être réélus si le chaos financier engloutissait la vieille Europe.

Le peuple britannique ne doit pas se réfugier dans un nationalisme sourcilleux, dans un souverainisme europhobe, car cela sert les intérêts de ceux qui les ont trahis. Ils vous ont convaincu, citoyens anglais, écossais et gallois, que l’€ était un danger, que la souveraineté britannique était un joyau qu’il faut préserver, alors que ce dit joyau, ils l’ont vendu depuis longtemps au monde entier. Ceux qui ont le mot « souveraineté » plein la bouche, ce sont ceux qui servent une politique atlantiste de soumission aux Etats-Unis et une politique mondialiste en matière économique au service des oligarques internationaux mais certainement pas du peuple. A la souveraineté de papier du Royaume-Uni d’aujourd’hui, il faut lui opposer une souveraineté d’acier, celle dont l’Europe demain pourra bénéficier.

L’entité politique qui défendra et protégera les travailleurs britanniques, les travailleurs européens, au Royaume-Uni, c’est l’Europe ! Vos élites vous ont fait croire qu’il fallait tourner le dos à l’€ et à l’UE. Ils vous ont mentis. Mais il est vrai que l’UE actuelle ne servirait pas plus vos intérêts. C’est la république européenne, et elle seule, qui vous permettra de résoudre réellement vos problèmes.

SERBIE

Alors que les 27 dirigeants ont officialisé l’acceptation de la Croatie en leur sein, qui devrait avoir lieu, si le référendum en ce sens confirme la décision d’adhésion, à la mi-2013, le processus d’adhésion d’avec la Serbie a été repoussé à février 2012, en l’attente d’une amélioration des relations entre la Serbie et le Kosovo. En avril 2005, quand des dirigeants irresponsables ont entamé le processus d’avec la Turquie, ils n’ont pas mis de conditions, ni par rapport à la question kurde, ni par rapport au sujet arménien. Et la Turquie n’est pas vraiment un pays européen, et à nos yeux pas du tout même. La Serbie a fait des efforts considérables pour pouvoir rejoindre l’UE. Sa demande en tant qu’authentique pays européen est légitime et par ailleurs il faut soutenir le gouvernement de Boris Tadic. Repousser dans le temps l’acceptation de ce pays, c’est faire le jeu des europhobes serbes (du Parti Radical Serbe [SRS]), fragiliser le gouvernement en place, et ne rien résoudre quant au problème kosovar.

Le PSUNE apporte son soutien plein et entier à Boris Tadic, qui œuvre patiemment pour que son pays rejoigne l’Europe politique, même si l’UE actuelle n’est en aucun cas la panacée. Symboliquement, il est important que la Serbie soit à nos côtés et serve de pont de l’amitié avec la Russie. Osons le dire à haute voix : « Serbie oui, Turquie non ! ».

RUSSIE

Suite aux résultats annoncés en Russie, selon lesquels le parti Russie Unie aurait obtenu 49,34%, soit près de quinze points de moins qu’en 2007, des manifestations plus ou moins spontanées ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays. Les accusations de fraude massive, certaines organisations parlant d’un score de Russie Unie surévalué de dix à vingt points, en sont la source. Certains affirment (comme l’Observateur Citoyen) que Russie Unie n’aurait obtenu en réalité que 29,8% des voix, les communistes du KPRF 22,6%, le LDPR nationaliste 14%, Russie Juste 21% et Yabloko 8,3%.

Il est bien évident que dans un grand pays comme la Russie, qui ne découvre la démocratie que depuis le début des années 90, et qui a connu une période effroyable d’effondrement économique durant l’ère Eltsine, les fraudes existent. Elles sont certes moins hypocrites qu’en France où la fraude consiste en fait à une manipulation médiatique, comme on l’a constaté dans l’entre deux-tours de l’élection présidentielle de 2002, quoi qu’on puisse penser du challenger face au président sortant. Mais même si beaucoup de russes n’ont pas apprécié le roque entre Poutine et Medvedev, ils reconnaissent que cette décennie leur a permis de retrouver leur fierté et d’arpenter à nouveau le chemin vers une relative prospérité, même si le chemin est encore long. L’oligarchie russe est certes détestable, comme elle l’est en version anglaise à Londres ou en version française à Paris, où elle n’y est pas moins arrogante. Et là encore, les européens de l’ouest n’ont aucune leçon à donner.

Poutine et Medvedev sont-ils moins dignes que Sarkozy et Merkel ? Certainement pas. Maintenant, ce duo est celui de la situation de la Russie d’aujourd’hui. Les russes ont pu constater les méfaits du libéralisme économique et donc se méfient pour beaucoup du libéralisme politique, de cette croyance dans une prétendue démocratie sous prétexte que le compte des voix est honnête. Les images de la télévision russe quant aux évènements de nos banlieues en 2005 ont montré ce qu’il fallait penser du « modèle » français. Certes Poutine n’est en aucune manière la panacée, loin de là, mais qu’y a-t-il en face de lui. L’éternel (national-)communiste Ziouganov, candidat depuis maintenant près de deux décennies, tout comme le provocateur ex-« rouge-brun » Jirinovski, dont la seule raison d’être est d’empêcher l’émergence d’une droite radicale contestataire ? Il y eut jadis Lebed, qui aurait pu proposer une autre voie à la Russie, et demain peut-être Rogozine. Mais pour le moment, Poutine est là.

Mais l’avenir de la Russie ne passe pas par un pouvoir national, certainement pas autoritaire, mais bien par l’adhésion à la République Européenne qu’il faut fonder et dans laquelle le peuple russe a naturellement toute sa place. Quand on voit ce qu’est actuellement l’Union Européenne, il est toutefois difficile de proposer aux russes de nous rejoindre. Mais leur avenir est là. Et certainement pas en remplaçant Poutine par un Eltsine plus jeune, qui aura à cœur d’autres intérêts que ceux du peuple. Car ne soyons pas dupes des manœuvres américaines derrière cette contestation. De même qu’il ne faut pas s’imaginer que c’est le fruit du hasard si les agences de notation ménagent les USA, qui sont dans le rouge en matière de dette souveraine, alors qu’ils s’acharnent sur l’Europe.

05/12/2011

Résultats définitifs des élections en Europe du 04/12/2011

CROATIE

Bien que les pourcentages nationaux ne soient pas connus, nous connaissons le nombre de sièges attribué à chaque parti. La coalition de centre-gauche Kurukiku obtient 80 sièges. Dans les circonscriptions où elle était présente, elle domine très largement son adversaire de droite. Le HDZ est en effet le grand perdant du scrutin, conformément aux sondages, avec seulement 47 sièges. Le HDSSB, autre mouvement de centre-droit, obtient six sièges, alors que le Parti du Travail, de gauche, obtient lui aussi six sièges. La liste indépendante d’Ivan Grubisic obtient deux sièges. Le HSS, ou parti paysan, n’obtient qu’un seul siège.

La droite nationaliste a obtenu deux sièges, mais il y a eu manifestement confusion entre le Parti du Droit (HSP) et le Parti du Droit Dr. Ante Starkevic/Parti Pur du Droit (HSP/HCSP), un seul siège étant attribué à l’un ou à l’autre selon les sites. En réalité, le HSP traditionnel, allié du FN français, a obtenu son seul siège dans la circonscription réservée à la diaspora croate (XI), avec 10.1% des voix. Le HSP/HCSP a en revanche obtenu son premier siège dans la circonscription X avec un score de 6%. Ces résultats sont disponibles sur le site officiel des élections croates. Ce score indique clairement un terreau souverainiste/eurosceptique, certes limité mais qui a progressé alors que la perspective d’adhésion s’annonce, celle-ci devant avoir lieu en juillet 2012, sous réserve.

Addendum:

Les résultats définitifs des élections, enfin publiées, indiquent que malgré son score de plus de 10% dans la XIème circonscription, celui-ci est insuffisant pour avoir un élu. Le HSP est donc privé de tout député. 

Ayant procédé au calcul des pourcentages obtenus au niveau national, le Kukuriku (gauche) a obtenu près de 41,5% des voix, alors que le HDZ (droite) n'a obtenu que 23,1% des voix, ce qui constitue une sévère défaite. Le Parti du Droit (HSP) obtient 3,1% des voix environ, alors que le Parti du Droit dr. Ante Starkevic / Parti Pur du Droit (HCSP) obtient 2,8% des voix environ. Les Travaillistes obtiennent 5,2% environ. Le HDSSB, présent dans seulement deux circonscriptions, a obtenu 2,9% au niveau national. Enfin le HSP "Autochtone" a obtenu 0,24% des voix.

RUSSIE

Les résultats définitifs des élections russes étant parvenus en fin de soirée, les voilà désormais disponibles. Russie Unie obtient 238 sièges soit la majorité absolue, mais avec 49,34% (je précise que l’AFP annonce 49,54%, score correspondant à 94% du dépouillement), soit une perte de plus de quatorze points. Russie Juste, parti issu de Rodina, et positionné au centre-gauche, a obtenu 13,24% et 64 sièges. Le LDPR (parti libéral-démocrate russe) de Vladimir Jirinovski a obtenu 11,67%, ce qui est un excellent score pour le parti, son meilleur depuis les 23% obtenus en 1993. Le KPRF (communiste) avec 19,19% des voix et 92 sièges reste le second parti du pays, et progresse nettement. Certes il n’atteint pas son objectif de 20% des voix, et dénonce d’ailleurs de nombreuses irrégularités dans le scrutin, irrégularités dont il aurait été spécialement victime. Son leader, Guennadi Ziouganov, dirigeant du parti depuis sa fondation au début des années 90, en sort renforcé. Le parti de droite libérale Yabloko, « Pomme », n’obtient que 3,42% des suffrages, ce qui constitue un nouvel échec. Le mouvement nationaliste de gauche Patriotes de Russie avec 0,97% des voix ne parvient pas à récupérer l’ancien électorat de Rodina et subit aussi la concurrence du LDPR qui a mené une campagne très nationaliste, le ralliement de Dmitri Rogozine au parti poutinien et les consignes d’abstention lancées par la droite nationaliste radicale « Les Russes ».

SLOVENIE

Contrairement à ce qui était annoncé par les sondages, et à ma première analyse, la droite slovène a échoué. En effet, si les Sociaux-Démocrates (SD) sortants sont sévèrement sanctionnés par les électeurs avec 10,5% des voix et 10 sièges (contre 29 sièges aux élections précédentes), c’est le mouvement « Slovénie Positive » de Zoran Jarkovic qui est le grand vainqueur avec 28,53% des voix et 28 sièges. Ce parti n’est pas de centre-droit mais en fait de centre-gauche, prêt à s’allier par ailleurs avec les sociaux-démocrates battus. Le Parti Démocrate Slovène (SDS), c'est-à-dire la droite, avec 26,24% et 26 sièges, alors que les sondages lui en promettaient 31%. La liste indépendante de Grigor Virant avec 8,41% des voix et 8 sièges a également créé la surprise. Ces résultats témoignent de l’extrême méfiance des électeurs quant aux deux principaux partis. Des figures nouvelles peuvent ainsi émerger. Le parti de défense des retraités (DeSUS) obtient 6,99% des voix et 6 sièges, de même que le Parti Populaire Slovène (SLS) avec 6,89% des voix et le même nombre de sièges. Le parti chrétien KLS « Nova Slovenija » avec 4,8% des voix et 4 sièges complète l’ensemble. Le Parti National Slovène (SNS) avec 1,8% des voix et 0 député connaît un sérieux revers. Il avait réalisé 5% des voix et 5 sièges précédemment.

20:24 Publié dans Analyses, Dépêches | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hsp, hcsp, poutine, medvedev, ziouganov, jirinovski, kurukuku, jarkovic | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/12/2011

Brèves européennes… (9)

Ce dimanche, l’Europe connaissait trois élections législatives, en Russie, en Croatie et en Slovénie. En attendant les résultats définitifs ce soir ou demain matin, je vous propose ici un résumé de la situation.

SLOVENIE

Selon des résultats partiels, à 65% environ du dépouillement, la liste de centre-droit de Zoran Jankovic intitulée Pozitivna Slovenija remporterait 28,69% des suffrages, devant la liste du Parti Démocrate Slovène (SDS) qui obtiendrait 26,16% des voix. Le grand perdant de ces élections est la liste des Sociaux Démocrates (SD), qui avec 10,54% des voix, connaît un effondrement spectaculaire, annoncé par ailleurs par les sondages depuis plusieurs semaines. Ils payent là les problèmes économiques dus à la crise des dettes souveraines mais aussi des affaires de corruption. La Liste Civique de Gregor Virant (centre-droit, DLGV) obtient un résultat honorable de 8,42%. Le Parti Démocrate des Retraités de Slovénie (DeSUS) obtient 6,95% des voix. Enfin, le Parti Populaire Slovène (démocrate-chrétien) obtient 6,86% des voix alors que le Parti du Peuple Chrétien obtient 4,76% des voix. En nombre de sièges, le centre-droit est largement majoritaire, les sociaux-démocrates n’obtenant que dix sièges.

Autre vaincu de ce scrutin, le Parti National Slovène (SNS), représentant la droite nationaliste et eurosceptique, qui n’obtient que 1,79% des voix (contre 5,4% en 2008), perd ses cinq sièges et est désormais exclu du parlement.

La chute de la maison socialiste est très impressionnante, puisqu’elle passe en quatre ans de 30,45% et 29 sièges à 10,23% et 10 sièges. Le vainqueur est quant à lui une formation nouvelle, Slovénie Positive, qui n’était pas représentée en 2008, mais obtient désormais 29 sièges en 2011.

CROATIE

Selon les prévisions électorales, à ce stade du dépouillement, mais en l’absence d’informations précises quant au pourcentage obtenu par les différentes formations politiques, se limitant à attribuer 44,5% des voix au centre-gauche et 22,1% des voix au centre-droit représenté par le HDZ, les résultats partiels attribuent 82 sièges à la coalition Kukuriku, 40 sièges au HDZ , 6 sièges aux travaillistes, 6 sièges également au HDSSB (Alliance démocrate croate de Slavonie et Baronja, un mouvement nationaliste), 2 sièges au Parti Paysan Croate (HSS), 2 sièges à la liste d’Ivan Grusilic, et un siège à la droite nationaliste HSP (Parti du Droit), élu par la diaspora, alors que la coalition formée de la liste HSP « Ante Starkevic »/HCSP (Parti du Droit du docteur Ante Starkevic + Parti Pur du Droit), a fortement progressé mais échoue à entrer au parlement.

Au niveau des résultats partiels, dans les onze circonscriptions croates, la progression de la droite nationaliste est impressionnante si on cumule les scores du HSP traditionnel et de la coalition HSP/HCSP dissidente. Région I : 5,97% (HSP 3,11% + HSP/HCSP 2,86%). Région II : 3,88% (HSP 2,4% + HSP/HCSP 1,48%). Région III : 1,8% (1,28 + 0,52). Région IV : 6,66% (5,36 + 1,3). Région V : 7,63% (4,06 + 3,57). Région VI : 5,79% (3,38 + 2,41). Région VII : 6,39% (3,56 + 2,83). Région VIII : 2,64% (1,54 + 1,1). Région IX : 7,17% (3,59 + 3,58). Région X : 8,18% (5,33 + 2,85). Région XI – diaspora : 12,34% (7,81 + 4,53). Alors que la Croatie devrait rejoindre l’Union Européenne en juillet 2012, ces scores, affaiblis par la division des deux partis, indiquent un seuil d’euroscepticisme assez significatif.

RUSSIE

A environ 30% du dépouillement des bulletins des électeurs russes, Russie Unie, le parti de Poutine et Medvedev, aurait obtenu 47,34% des voix, soit un recul de près de seize points par rapport aux résultats de 2007. Le KPRF (communiste) aurait réussi son pari en dépassant les 20% des voix (20,7%), alors que le Parti libéral-démocrate (LPDR) de Jirinovski avec 14,43% des voix deviendrait le second parti du pays et obtiendrait son second meilleur score depuis 1993 (où il avait obtenu 23% des voix et inquiété à l’époque les gouvernements occidentaux quant à l’évolution de la Russie vers le fascisme). Le mouvement Russie Juste, ex-Rodina, aurait obtenu 13,3% des voix. Ces scores, s’ils se confirmaient, indiqueraient une sanction électorale pour le duo dirigeant le pays et pour leur parti, et ce malgré une campagne dynamique mais aussi par l’exercice d’un certain nombre de pressions sur les électeurs. Ce résultat est néanmoins une bonne nouvelle pour la démocratie et prouve que le gouvernement russe respecte globalement la volonté des électeurs. Ce n’est pas la Biélorussie.

Ils jettent le masque !

bandeaubillets2 - eisn.png

443-32.jpgOn savait toute la classe politique française europhobe, certains partis l’étant malgré tout moins que d’autres. Les récents développements de la crise de l’Euro ont eu le mérite de clarifier les positions de chacun.

La réponse à la crise que tentent de proposer Angela Merkel et Nicolas Sarkozy est bien expliquée par l’économiste Marc Fiorentino. Si ces dirigeants sont suivis dans leurs pays respectifs, on s’orienterait vers une petite zone Euro dure à six pays, ceux qui disposent encore du triple A. Des pays comme l’Italie et l’Espagne s’y rattacheront, s’ils parviennent à surmonter leurs difficultés, ce qu’ils essaieront certainement de faire. L’alternative, qui n’en est pas vraiment une, serait de quitter l’Euro. Ce qui pourrait aussi menacer la France.

Le compromis présenté par les dirigeants français et allemand repose sur deux contraintes. D’une part celle, avancée par la France, de mutualiser autant qu’il est possible les moyens de défense entre pays européens. D’autre celle, imposée par l’Allemagne, d’éviter que des mesures de protection se traduisent par la reproduction des erreurs du passé, par un laxisme laissant filer la dette. Autrement dit, les Allemands ne veulent en aucun cas donner de prime aux mauvais élèves ; il est facile de les comprendre.

Il faut parler de la proposition de Merkel et Sarkozy avec beaucoup de prudence. Les prochaines élections en France lui laissent peu de chances. Cela dit, si elle était vraiment mise en place, elle ne serait pas si monstrueuse. On remplacerait la gouvernance technocratique de Bruxelles par des accords intergouvernementaux contraignants.

Evidemment cela n’aurait de comparable avec la solution préconisée par le PSUNE, ni sur le plan du contrôle démocratique par une assemblée nationale élue directement par les citoyens --- comme serait celle de la République européenne --- ni sur le plan de l’efficacité --- car le compromis cité ignore provisoirement deux grands pays, sans y ajouter qu’il se prive de l’apport de la Russie. Mais ce ne serait pas moins démocratique que le cadre de l’actuelle Union, surtout du côté allemand où le Bundestag conserve le contrôle des événements.

Il est inutile de se voiler le visage. La proposition consiste à créer un club piloté par l’Allemagne. Que l’on constate des réactions germanophobes n’est pas très étonnant a priori. Cependant, si l’on creuse un peu, on s’aperçoit que la réaction à la proposition mentionnée ne fait que révéler une germanophobie, qui est en réalité une europhobie, dont l’origine est beaucoup plus profonde.

La réaction la plus significative a été celle de Jean-Marie Le Guen, qui, comme on le sait, a comparé la journée de Nicolas Sarkozy face à Angela Merkel et Mario Monti à « Daladier à Munich », qui a même persisté et signé. Or Le Guen n’est pas un socialiste extrémiste. C’est toujours un soutien de Dominique Strauss-Kahn.

Si comparer Madame Merkel à Hitler a soulevé l’indignation, pour être qualifié de « dérapage », on n’a pas analysé, pour autant, la saillie de Monsieur Le Guen. Car l’image du nazisme et de l’holocauste n’y a pas sa place. Comment faut-il voir les rapports entre la France et l’Allemagne aujourd’hui ?

D’abord l’Allemagne n’a surtout pas intérêt à affaiblir la France, pas plus d’ailleurs que ses autres voisins européens. L’Union et l’Euro ont été une formidable chance pour elle et elle a tout avantage à ce que cela dure. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’elle lutte sérieusement contre ses déficits, qu’elle gère mieux des services publics moins dispendieux, qu’elle écrase moins ses entreprises sous la fiscalité, qu’elle utilise mieux la formation en alternance, qu’elle possède des syndicats défendant réellement les travailleurs, que les socialistes y ont été plus intelligents, qu’elle est moins laxiste en matière d’immigration, qu’en conséquence son taux de chômage est beaucoup plus bas … qu’elle ne connaît pas de problèmes. Son endettement est considérable et ne tient que parce que sa parole a plus de valeur que celle de ses voisins. Elle s’appuie aussi sur de nombreux travailleurs pauvres.

Et elle est aussi capable de n’importe quoi. Renoncer à l’énergie nucléaire pour ressortir le charbon et accroître sa dépendance vis-à-vis du gaz russe est peut-être le tournant qui amorce son déclin. D’ailleurs on ne comprend pas comment les Grünen et nos Verts, qui se prétendent écologistes et mondialistes, ont pu y pousser. L’Allemagne va accroître ses émissions de carbone, contribuant au réchauffement climatique. Elle sacrifie les pays du sud au confort de ses propres habitants, ce qui nous renvoie à une forme de suprématisme colonialiste. En même temps, elle ferait mieux, pour assurer la sécurité de ses habitants d’aider les pays nucléarisés à risque, comme ceux de l’Europe de l’Est, à sécuriser leurs centrales ; voire d’aider l’Italie, qui est sur une zone sismique ; voire d’accepter d’augmenter le nombre de centrales sur son sol ; en tout cas, pour son approvisionnement en énergie, d’aider la France à conserver son parc nucléaire.

Ensuite, comme l’a dit Fiorentino, la France ne cherche pas à se calquer sur l’Allemagne, mais sur le meilleur élève de la classe. Ou tout au moins sur le moins mauvais pour le moment. Et puis, est-il si mauvais d’accepter des leçons des autres. Longtemps la Tchécoslovaquie a été une annexe économique de l’Allemagne. Aujourd’hui les voitures Audi de prestige utilisent des moteurs construits en Tchéquie.

Dans cette affaire, il faut comprendre que ce qui est bon pour l’Allemagne est bon pour l’Europe et inversement. Que, de la même façon, ce qui est bon pour la France est bon pour l’Europe et inversement. Les économies du continent sont tellement interdépendantes que les intérêts des uns et des autres se confondent.

Ainsi la germanophobie actuelle n’est-elle que l’expression d’une europhobie archaïque et fondamentale. Il n’est pas étonnant de la trouver chez Marine Le Pen, dont la formation garde la nostalgie de l’empire colonial. Il n’est pas étonnant de la trouver chez Arnaud Montebourg, qui se vante de racines africaines. La réticence du PS tout entier, et de son candidat François Hollande, à soutenir, sur le principe, l’initiative de Merkel et Sarkozy prouve que cette formation est sur la même ligne que les précédents et que le … FN. La surprise viendrait de Jean-Luc Mélenchon, qui incite pour une fois à la prudence. Peut-être est-il moins europhobe dans son cœur qu’il le laisse croire.

Cette fin de semaine, le sujet a été débattu entre Eric Zemmour et Nicolas Domenach. Le premier assume le patrimoine européen et peut-être son destin, mais il ne sait pas voir les Européens comme un peuple ; cela étant, cet eurosceptique a la critique modérée sur les derniers événements. Le second a l’Europe en permanence dans la bouche, mais il n’en assume ni le patrimoine ni le destin ; sa critique est celle d’un mondialiste, ou d’un franco-mondialiste puisqu’il voudrait qu’on commence par régler les problèmes du monde à partir de la France. Il aurait fallu un troisième interlocuteur, qui puisse dire : oui à la souveraineté populaire, oui à la démocratie, oui à la monnaie nationale, sachant que peuple, démos, nation sont pour nous synonymes d’Europe.

Peter Eisner (LBTF/PSUNE)

27/11/2011

Immortals - retour sur l'Olympe

rel-C5.png

Avertissement à ceux qui n’ont pas encore été voir ce film, film que je vous recommande. Cet article dévoile des éléments clé de l’intrigue.

immortals1.jpgTarsem Singh, producteur indien, ce qui a pu influencer sa vision des olympiens, assisté des réalisateurs de 300, nous propose Immortals, en salle en France depuis le 23 novembre, un nouveau péplum en 3D utilisant les dernières technologies en matière d’effets spéciaux. Le scénario, écrit par deux helléno-américains, Charles et Vlas Parlapanides, est centré sur une Grèce de légende, au XIIIème siècle avant notre ère, à une époque proche de celle retenue par Petersen dans son Troy. A la différence du second, qui tentait de reconstituer une Grèce mycénienne crédible en guerre contre une Troie anatolienne, le film ne cherche pas le réalisme. L’Athènes classique, se retrouve ainsi propulsée sept siècles auparavant, et se voit ainsi située à côté d’un mont Tartare, et y apparaît plus brillante que l’historique.

Dans ce cadre mythologique dans lequel, à la différence de Troy et de 300, les dieux interviennent concrètement, le héros Thésée, réduit à son mythe le plus élémentaire, le combat contre le Minotaure, ce dernier étant incarné par un guerrier à masque taurin, est choisi par Zeus, qui l’a entraîné à son insu, grimé sous les traits d’un vieillard joué par John Hurt, pour s’opposer à un roi crétois dominateur et castrateur, au sens strict, incarné par le remarquable Mickey Rourke, jouant le personnage d’Hypérion (et qui est assimilable à Minos).

Comme dans Clash of the Titans, Zeus a interdit au nom d’une règle obscure aux dieux d’intervenir en faveur des humains, alors même que l’ennemi de Thésée envisage de libérer les Titans, en se servant de l’arc d’Héraclès, pour se venger de dieux inactifs face à son drame personnel. La vision de la religion est d’ailleurs très moderne, même si transposée aux dieux hellènes, opposant une forme d’athéisme d’état à une religiosité populaire méprisée. Pour les dirigeants, les dieux ne sont que des allégories poétiques, alors qu’ils sont authentiques pour les simples mortels. Ceux-ci font le choix de ne pas apparaître aux yeux des mortels, et ne comptant que sur la foi des mortels en eux-mêmes. Pourtant, il ne s’agit pas dieux distants, car ils ont le souci des hommes, mais de dieux contraints à l’impuissance.

Cette règle, toutefois, et malgré les menaces de Zeus de la faire appliquer en condamnant à mort ceux qui y dérogeraient, ce qui est étrange pour des dieux immortels, est contournée par Poséidon, Athéna et Arès. Il est assez surprenant que de tous les dieux, c’est Arès, le dieu de la guerre, très décrié dans la tradition grecque et dans la tradition mythographique moderne, qui prenne ses responsabilités, muni d’un marteau de guerre qui l’assimile ainsi au Thor nordique, en écrasant le crâne des adversaires d’un Thésée enchaîné. Il le paiera de sa vie, car en effet, dans cette fresque mythologique, les dieux apparaissent mortels, mais on comprendra à la fin qu’ils ne le sont que d’apparence.

Au final, les Titans, sortes d’anti-dieux à la peau bleue et lépreuse, se limitant à de sauvages grognements, sont libérés et obligent les dieux à combattre et à mourir pour en préserver l’humanité. Seul Zeus parvient à survivre, alors que ses frères, ses fils et ses filles meurent à ses côtés. Il emporte le corps de sa préférée, Athéna, sur l’Olympe, sans oublier de sauver Thésée, qui accède en récompense de ses actes à l’immortalité. En effet, le principe de l’immortalité de l’âme est explicitement affirmé, et le ciel se conquiert.

La dernière scène du film, vision du futur qui apparaît au jeune Acamas, fils de Thésée, explicite cette réalité, à savoir que le combat des dieux contre les titans, du cosmos contre le chaos, est éternel, et que les héros immortels combattent à côté d’eux pour protéger l’univers. Cette scène, qui rappelle le crépuscule des puissances (Ragnarök) de la mythologie germano-scandinave, évoque le principe cyclique d’éternité du monde. Certains commentateurs ont voulu voir l’affirmation de principes chrétiens, mais le film présente au contraire, même involontairement, même selon une lecture moderne des religions anciennes, une vision assez juste de l’antique paganisme.

immortals,les immortels,zeus,arès,thésée,tarsem singh,freida pinto,thomas ferrierDans un style classique et épuré, où le statuaire grec est globalement respecté, même s’il est quelque peu « brekerisé », Tarsem Singh présente une population grecque essentiellement européenne, même si pour des raisons bien connues, il a été contraint d’introduire un petit pourcentage d’acteurs afro-américains dans son casting, mais toujours dans des rôles très secondaires. On imagine les pressions qui peuvent exister outre-atlantique pour imposer un casting cosmopolite, ce qui aboutit à choisir un afro-américain pour jouer le dieu scandinave Heimdall dans Thor ou une afro-américaine pour jouer l’iranienne Roxane dans le médiocre Alexander d’Oliver Stone. Singh semble se venger lorsqu’il aborde la question de la représentation des dieux. Ceux-ci portent des armures lorsqu’ils combattent et des tenues beaucoup plus légères dans les autres cas. Il a insisté de manière évidente sur le caractère nordique des dieux, même si Zeus reste d’un brun classique et a une barbe légère, conformément à la tradition et au statuaire antiques. Le choix d’une actrice indienne, Freida Pinto, pour jouer la prophétesse Phèdre et qu’il unit au héros Thésée, jouée par Henry Cavill, est surprenant mais semble réussi. Cette union symbolique de l’Occident indo-européen d’avec l’Orient indo-européen est une heureuse trouvaille.

Si Tarsem Singh a été plus prudent que Zach Snyder dans 300, afin d’éviter de bien embarrassantes critiques malgré son origine, il a tenté de réduire la « diversité » à son minimum syndical. La vision qu’il donne des dieux de l’Olympe en est d’ailleurs l’antidote. Appréciable également est le début du film où les oracles parlent a priori en grec (moderne).

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

Brèves européennes… (8)

ishtarheracampanalouvre.jpgUNION EUROPEENNE

Pour tous les défenseurs d’un internet libre, outil d’information peu onéreux et non soumis au diktat de la « (non-)pensée unique », cette nouvelle réconforte. Elle apporte surtout un démenti absolu aux souverainistes qui prétendent que « la nation protège », alors que la liberté d’expression sur internet est menacée par ces mêmes états. Ce n’est pas l’Union Européenne qui a inventé « Hadopi » mais l’Etat français lui-même, sur une proposition de son président, Nicolas Sarkozy. A ceux qui prônent censure et filtres, la Cour Européenne de Justice a opposé un démenti catégorique. Sa décision va dans le sens des intérêts des fournisseurs d’accès, l’obligation qui leur est faite dans certains pays membres de l’Union Européenne de restreindre les accès aux utilisateurs pour empêcher les téléchargements illicites étant considérée comme anormale. La Cour réaffirme ainsi le principe de liberté d’accès à l’information.

Suite à cette décision, les états nationaux devront mettre leur législation en conformité et supprimer les lois qui iraient en sens contraire. La loi « Hadopi » étant en contradiction flagrante, elle devra être amendée et en grande partie vidée de sa substance. Il est vrai que cette décision manifeste une fois de plus la supériorité, dans les domaines prévus par les traités, du droit communautaire sur le droit national, mais pour une fois, elle va dans le bon sens. Ainsi, la problématique n’est pas d’opposer l’Union Européenne aux états-nations, en présentant l’une ou les autres comme des défenseurs du peuple, mais de montrer qu’en la matière tout manichéisme est absurde. Non, l’état-nation n’est pas spécialement le garant de nos libertés, la question d’internet le démontre aisément.

ITALIE

La chute du gouvernement Berlusconi, pour des raisons essentiellement économiques, a ouvert une boîte de Pandore particulièrement dangereuse pour l’Italie. Alors que celle-ci subit depuis des mois un afflux de migrants clandestins, notamment à Lampedusa, le nouveau gouvernement veut de fait encourager ce flux en modifiant son code de la nationalité. Le gouvernement technique de Mario Draghi, mondialiste autrefois au service du groupe Goldman Sachs, souhaite en effet, selon les vœux du président communiste italien Giorgio Napolitano et sous la pression du Vatican, alliés pour la circonstance, mais aussi avec le soutien de l’ex-post-fasciste Gianfranco Fini, introduire le « droit du sol » à côté du « droit du sang » en Italie. Rappelons qu’avant 2000, Allemagne, Italie et Grèce pratiquaient le ius sanguinis et devaient recourir à des procédures de naturalisation dans les autres cas. Ces garde-fous permettaient à ces pays d’envoyer un signal aux populations migrantes, leur faisant comprendre que leur citoyenneté n’était pas un droit et qu’ils ne souhaitaient pas devenir des pays d’immigration.

La fausse « gauche » en Allemagne, en 2000, incarnée par le gouvernement « social-démocrate » et « écologiste » de Gerhard Schröder, avait déjà introduit le ius soli pour faire de nombreux jeunes turcs des citoyens allemands. En 2010, la fausse « gauche » de Georghios Papandreou, a à son tour introduit ce même code dans son droit, trahissant le principe fondateur de la démocratie hellénique, établi par Périclès il y a 2500 ans. Rappelons qu’en 451 avant J.C, Périclès, qui allait devenir le principal responsable politique d’Athènes, avait mis en place un code de la citoyenneté très rigoureux puisque, pour devenir citoyen athénien, il fallait avoir ses deux parents athéniens. Depuis cette malheureuse décision, Athènes est confrontée à un flux migratoire important et à des émeutes régulières entre mouvements grecs d’auto-défense et « sans-papiers ». Les candidats de l’Aube Dorée (« Hrisi Afgi »), mouvement extrémiste de droite, ont même obtenu plus de 5% des voix aux dernières élections municipales de la capitale grecque, preuve de l’exaspération de nombreux athéniens face à ce phénomène. Tout cela avait lieu avant que la crise accable le pays ; les citoyens grecs, désormais désemparés et appauvris, en ont assez.

La chute du gouvernement de « gauche » du technocrate Romano Prodi en 2008, gouvernement qui souhaitait mettre en place une mesure analogue, a préservé pendant plusieurs années les Italiens d’une telle folie. Lorsqu’on constate aux Etats-Unis les conséquences délétères de ce « droit du sol » et que le « modèle » français, comme le « modèle » britannique, a été incapable d’empêcher des émeutes, il serait en effet proprement irrationnel de vouloir les imiter. Et c’est pourtant ce que souhaitent l’ex-communiste Napolitano et l’ex-fasciste Fini, acclamés par les mouvements « altermondialistes » et par les associations catholiques. Berlusconi, soutenu par la Ligue du Nord, avait toujours su s’y opposer. Maintenant qu’il n’est plus en place, le nouveau gouvernement est tenté de céder et d’appliquer cette mesure démagogique. Pour Napolitano, « refuser la nationalité (…) pour les enfants nés en Italie de parents immigrés (…) est une absurdité ». Bien au contraire, c’est mettre en place une telle mesure, dont on a vu le résultat piteux en France, qui est absurde. La droite italienne aura-t’elle suffisamment de fierté pour savoir s’y opposer ? Rappelons que la droite républicaine française avait souhaité dans son programme de 1986 mettre fin au « droit du sol », proposition que certains ténors de la Droite Populaire souhaitent remettre bien tardivement en avant, confrontés à la montée menaçante d’un populisme souverainiste incarné par Marine Le Pen.

BULGARIE

L’impasse populiste apparaît dans sa quintessence dans le cas bulgare. Le « Le Pen » bulgare en la personne de Volen Siderov a connu un score très médiocre, aux alentours de 3,5%, aux dernières élections présidentielles, alors qu’aux précédentes il avait été au second tour. En cours de divorce, lié selon la presse à sa relation avec une jeune députée de sa formation, il vient de mettre à la porte un de ses députés européens en la personne de Dimitar Stoyanov. La cause ? Ce dernier a mis en cause son président et la gestion des dernières élections par le parti. Il aurait dû pourtant savoir que dans ces partis, le chef a toujours raison. Ataka va donc connaître le sort du Parti de la Grande Roumanie (PRM) de Vadim Tudor, tombé à 3% des voix alors qu’il avait été également présent au second tour d’une élection présidentielle. Le populisme est une impasse politique dans tous les pays du continent européen, et il l’est bien sûr en France. Ses candidats ne sont pas crédibles et profitent simplement du désarroi des citoyens face à la mondialisation et aux maux ravageurs qui l’accompagnent. En prenant l’Union Européenne ou l’€uro comme boucs émissaires, ils détournent la légitime colère des citoyens vers des voies sans issue où leur vote se perd.

FRANCE

Et un de plus ! Après que Jean-Pierre Chevènement ait annoncé sa candidature, c’est le tour du centriste Hervé Morin. La multiplication des candidatures aux élections présidentielles légitime une élection qui ne le mérite pas et où tout est joué d’avance, à savoir que le futur président sera PS ou UMP. Nicolas Sarkozy, à peine élu président, a pu constater à quel point son rôle était en vérité mineur. La marge de manœuvre en ce début de XXIème siècle d’un président de la république française est nulle. Il n’est là que pour appliquer les mesures économiques dictées par le patronat, par les banques, par la finance internationale en général et ses agences de notation en particulier. Issu de la fausse « gauche » ou de la vraie droite, le président est contraint de mener la même politique économique, la « gauche » ayant abandonné son combat contre le capitalisme au profit d’une vision libérale/libertaire de la société, prônant la régularisation des clandestins, la légalisation des drogues prétendument « douces », l’adhésion turque à l’Union Européenne, le vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales, l’arrêt programmé du nucléaire civil et le mariage homosexuel. Quand on ne peut pas s’opposer au libéralisme économique, on applique le libéralisme politique qui est son associé naturel. La « gauche » et la droite libérale se renforcent l’une et l’autre sur le dos des travailleurs européens.

A ce jeu de dupes, les pseudo-socialistes du Front de Gauche et les pseudo-nationalistes du Front National manifestent une ire très artificielle. N’ayant aucune chance de se substituer aux deux partis préalablement cités, par leur candidature, Mélenchon et Le Pen (Marine) renforcent le système qu’ils prétendent combattre. Les « petits » candidats donnent aux électeurs l’illusion d’une véritable pluralité de choix. Il y a le camp souverainiste, qui tape sur l’Union Européenne en épargnant de fait le gouvernement (Dupont-Aignan, Chevènement, [Carl] Lang, Nihous). Il y a le camp gauchiste (LO, NPA) qui dénonce le libéralisme tout en partageant avec lui les mêmes postulats sociétaux, ou les pseudo-écologistes d’ »Europe »-« Ecologie ». Eva Joly a la phobie du nucléaire comme Marine Le Pen a la phobie de l’Europe. Mais ce sont deux ennemis fantasmés et qui au contraire assurent l’un l’indépendance énergétique du pays et l’autre l’indépendance politique (potentielle) et la puissance économique du continent. Ensuite, il y a les candidats centristes, qui incarnent la technocratie bruxelloise et l’oligarchie financière (Bayrou, Morin), et surtout naviguent sans ligne politique directrice. Il ne faudrait pas oublier les candidatures symboliques sans le moindre sens (Boutin, Lepage) ou encore les candidats communautaristes (Lozès du « CRAN »).

Le Bloc Identitaire, désormais rallié à un positionnement européiste assumé, et le Mouvement Ecologiste Indépendant, incarné par le classique Waechter, seront très certainement les absents de ce jeu électoral « truqué ». Les autres candidats feront de la figuration, permettant de donner l’illusion à encore de trop nombreux électeurs qu’il y a quelque chose à attendre des présidentielles 2012. Voulez-vous être pris en traître par la fausse « gauche » ou par la vraie droite ? 100% des votants, c’est 100% de perdants, 100% de cocus. Est-ce que vous préférez la politique économique mondialiste appliquée par la « gauche » ou par la droite, alors que c’est à peu de choses près la même ? Au premier tour, on vote blanc. Au second tour, on vote blanc. Et aux élections européennes, on vote européen, on soutient le PSUNE !

14/11/2011

Changer d’Europe pour sauver l’Europe

crise des dettes souveraines,zone euro,crise de l'euro,république européenne,fédéralisme,européanité,Thomas FERRIER,PSUNELa crise des dettes souveraines, dont le nom nous rappelle que ce sont bien les états nationaux souverains de l’Union Européenne, et non une Europe fédérale en gestation, qui en sont les responsables, est en train de miner plus de soixante ans de construction européenne. Les premières victimes en sont les Européens eux-mêmes, et tout particulièrement le peuple grec. Les victimes les plus médiatisées en revanche sont les chefs d’état et de gouvernement.

Il y a d’abord eu le suicide politique du premier ministre slovaque, sacrifiant son gouvernement afin de faire voter le nouveau plan destiné à stabiliser la situation, en introduisant un fond européen de sécurité financière (FESF) pour réguler la dette grecque. Il y a ensuite eu le coup de folie du premier ministre Georghios Papandreou, annonçant à la surprise générale, y compris d’une partie de ses ministres, un référendum en janvier au sujet du plan franco-allemand. Papandreou a au final été contraint de démissionner pour être remplacé par Lucas Papademos dans le cadre d’un gouvernement technique d’unité nationale ouvert aux communistes et aux nationalistes du LAOS. Enfin, l’Italie a subi une pression considérable de la part des investisseurs internationaux poussant Berlusconi, qui avait résisté à tous les scandales liés à sa vie personnelle, à démissionner samedi 12 novembre au soir. C’est là encore un technocrate italien, ancien membre de la Commission de Bruxelles, Mario Monti, qui est devenu premier ministre à la tête d’un gouvernement resserré, violemment critiqué dès son investiture par la Ligue du Nord. Enfin, dès le début de la crise, le social-démocrate espagnol Zapatero avait jeté l’éponge et annoncé des élections anticipées qui devraient, sauf surprise, être remportées par le Parti Populaire, largement en tête dans les sondages.

La crise économique de la zone euro a amené les souverainistes et nationalistes à faire entendre leur voix europhobe et/ou eurosceptique, sauf en Grèce où même l’extrême-droite s’est rallié à l’euro et a remercié la France et l’Allemagne pour leur aide. Wilders a à plusieurs reprises répété son souhait de voir la Grèce abandonner l’euro. En France, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, mais la première d’une manière systématique et parfois particulièrement pathétique, prônent l’abandon de l’euro par la France, le présentant de toutes façons comme inéluctable. C’est un faux calcul, puisque c’est seulement en Allemagne que la déception concernant l’€ est importante, les allemands ayant le sentiment de payer pour sauver des pays plus laxistes, alors que c’est en fait leur intérêt profond. Selon un sondage BVA du 3 novembre, 77% des français sont désormais favorables à l’€. Ils ont compris que leur situation sociale et financière dépendait de la survie de la monnaie unique, sa chute annonçant la ruine des petits épargnants, une nouvelle envolée du chômage, déjà fort, et de la précarité. Il ne faut pas aimer son pays ni son peuple pour se réjouir de la crise actuelle de l’€.

Selon une information qui m’a été transmise de source bien informée, l’illusion souverainiste va jusqu’à ce que certains conseillers politiques FN prônent une politique de réarmement pour faire face à une Allemagne à nouveau belliciste après la fin de la monnaie unique. Ces nationalistes et/ou souverainistes entendent répondre à la crise de 2011 par les moyens de 1911. Je ne peux croire qu’une telle ligne puisse réellement convaincre 20% ou plus de nos concitoyens, malgré le malheur qui afflige de nombreux français et européens.

La chute de l’Union Soviétique a démontré l’erreur du marxisme appliqué, les Russes ayant pris une punition économique terrible dans les années 90, les amenant à tomber dans les bras de Poutine, qui a remis la Russie sur les bons rails au prix d’évidentes restrictions aux libertés politiques. Mais tant que le bloc de l’est existait, les régimes libéraux se mâtinaient de social-démocratie afin de ne pas faire le jeu des communistes, et modéraient leur libéralisme de fait. Après l’effondrement de l’URSS, les garde-fous ont sauté, et le libéralisme mondialisé, qu’on appelle « mondialisme », a montré son vrai visage et est tout aussi utopiste et catastrophique que son vieil ennemi défunt. Contre la folie néo-communiste, c'est-à-dire gauchiste, incarnée remarquablement par ces idiots utiles que sont les « indignés », contre la folie néo-libérale, c'est-à-dire mondialiste, qui est en train d’enfoncer l’Europe dans la rigueur et la pauvreté, en cédant à une spéculation débridée et incontrôlable qui ne fait qu’enrichir la Chine, contre la folie nationaliste, qui ne propose que de diviser l’Europe et préparer de nouveaux conflits sur notre continent, la réponse politique doit être à la fois vraiment européiste et vraiment socialiste.

crise des dettes souveraines,zone euro,crise de l'euro,république européenne,fédéralisme,européanité,Thomas FERRIER,PSUNEC’était une ineptie de faire la monnaie unique sans avoir fait de gouvernement européen unitaire, sans que la Banque Centrale soit contrôlée par les électeurs, par le biais des élections de leurs représentants. C’est encore une erreur de faire confiance aux gouvernements des états, qui depuis des décennies ont mis en place une politique suicidaire dans tous les domaines, ouvrant larges les vannes de l’immigration non-européenne et du libertarisme moral, sans tenter de combattre le chômage ou de relancer la natalité indigène. Ils ont toujours échoué, ils sont responsables de la situation actuelle, et il faudrait les maintenir en place, se contentant de prendre la fausse « gauche », la gauche du Système, à la place de la droite, ou inversement ? La force des souverainistes et/ou nationalistes est justement là. Ce que le FN ou DLR appellent l’UMPS, qui n’est qu’une version française d’un CDU-SPD ultra-rhénan, c’est ceux qui nous gouvernent en mettant en place la même politique économique et sociale à quelques différences majeures près tout de même sur d’autres plans (sur l’adhésion turque, sur le droit du sol/droit du sang, sur le mariage homosexuel, sur le vote des étrangers aux élections locales…).

En 2012, Sarkozy ou Hollande sera contraint de maintenir une politique de rigueur qui sera en défaveur du service public, qui contribuera à délabrer l’état de nos rues, qui économisera sur tout, sauf ce sur quoi on pourrait faire des économies décisives. Je songe par exemple à l’indépendance de Mayotte et à l’auto-détermination des autres DOM. Je rappelle d’ailleurs que si la France métropolitaine doit se serrer la ceinture, les DOM eux n’auront qu’une baisse infime des aides économiques de l’Etat dont ils bénéficient. Il est vrai qu’eux n’hésitent pas à descendre dans la rue, comme on le constate depuis des semaines, dans un tabou médiatique complet, par exemple à Mayotte. Les aides aux clandestins continueront (AME…), malgré les protestations de la « Droite populaire », de même que les aides européennes à l’adhésion turque, dont ces mêmes députés réclament l’arrêt immédiat. Enfin, en Allemagne, l’arrêt injustifié, sous la pression des pseudo-écologistes « Grünen », et dont les « Verts » français souhaitent l’équivalent chez nous, du nucléaire civil, est d’un coût exorbitant. Cet arrêt, il faudrait que le gouvernement allemand l’annule, car c’est une erreur monumentale.

crise des dettes souveraines,zone euro,crise de l'euro,république européenne,fédéralisme,européanité,Thomas FERRIER,PSUNE

Faire de l’€ la monnaie nationale de l’Europe, monnaie qu’on pourrait élargir à la Russie en prenant au mot la proposition des dirigeants russes, qui soutiennent l’€, de les y associer, monnaie pilotée par une banque centrale européenne au fonctionnement démocratique, contrôlée et orientée par un gouvernement unitaire européen élu, serait la première mesure indispensable. Elle implique de réellement bâtir une Europe politique, fédérale et/ou unitaire, comme le propose le PSUNE. Mettre en place un protectionnisme économique aux frontières de la Grande Europe serait également une mesure particulièrement salvatrice. De la même façon, l’arrêt unilatéral des pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne montrerait que les responsables politiques écoutent leur peuple, à défaut de solliciter leur avis par des referenda. Sur ce point, Sarkozy aurait tout intérêt à faire aujourd’hui ce qu’il n’a pas eu le courage de faire depuis quatre ans.

En mutualisant la dette des états nationaux au niveau européen, et en mettant en place une Europe politique nouvelle fondée sur une table rase juridique, on pourrait renégocier à la forte baisse voire même annuler complètement cette dette artificielle, en tout cas les 40% de cette dette liés à des états étrangers (une autre partie de la dette étant entre européens). Et s’il faut que l’Etat (européen alors) soit économe des deniers publics, ce qui est normal, de nombreuses mesures destinées à réduire le coût d’aides sociales abusives mais surtout d’une politique migratoire suicidaire, permettraient d’y parvenir sans faire peser une politique de rigueur supplémentaire sur les travailleurs européens et tout en permettant à l’état de continuer à remplir pleinement ses missions régaliennes. On pourrait commencer en attendant par la mise en place d’euro-bonds garantis par la BCE.

Cette réorientation en profondeur de la politique de l’Union Européenne, impliquant une extension de l’UE aux frontières du continent, donc avec la Russie mais sans la Turquie, et une modification dans le sens d’une démocratie européenne assumée des institutions existantes, avec la dissolution de la commission et des deux conseils au profit d’un parlement européen auto-proclamé assemblée européenne constituante bâtissant de nouvelles institutions, c’est ce à quoi le PSUNE appelle de ses vœux. Nous espérons être lus et écoutés d’un certain nombre de dirigeants européens afin qu’ils nous aident en ce sens à bâtir à partir de l’UE une nouvelle Europe politique, la République Européenne, garante des intérêts du peuple européen, de la nation européenne. Cette république ne pourra pas être autre chose que sociale et vraiment européenne. Elle sortira les Européens du piège fatal du mondialisme dans lequel nos dirigeants nous ont enfermés.

Plus que jamais, en cette période de crise dramatique de l’Europe, alors que la construction européenne actuelle a montré ses insuffisances et prouvé ses égarements de fond, pour empêcher demain une vague de nationalisme europhobe risquant de ruiner encore davantage notre continent meurtri, il faut accorder votre confiance aux européistes socialistes, « euro-socialistes », attachées à l’identité authentique de l’Europe et soucieux de remédier vraiment aux souffrances de notre peuple, les meilleurs défenseurs des ouvriers européens, des paysans européens, des chômeurs européens et des classes moyennes européennes. Aidez le PSUNE à avoir les moyens de ses ambitions, aidez le à émerger. Par votre action, par vos dons, vous pouvez nous porter assistance.

Aidez-nous à faire l’Europe politique démocratique que vous souhaitez en vérité !

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

06/11/2011

La Turquie néo-islamiste et l’Europe

800px-Flag_of_Turkey_svg.pngLa question turque a failli à deux reprises être réglée pour les Européens. En 1913, lors d’une des guerres balkaniques, l’empire ottoman avait quasiment perdu toutes ses positions en Thrace. La coalition des Serbes, Bulgares et Grecs, avec une aide occidentale et russe, était parvenue aux portes d’Istambul, qui s’apprêtait à redevenir Byzance. Mais nous étions entrés dans l’ère des nationalismes, et l’avidité bulgare causa la perte de tous. Au lieu de maintenir l’unité des alliés jusqu’à la victoire, l’anticipant par aveuglement nationaliste, la Bulgarie rompt l’alliance sacrée, permettant par ce sursis à l’armée ottomane de se restructurer et de contrer l’offensive, conservant ainsi la Thrace avec Andrinople (devenue Edirne) et Constantinople.

En 1920, alors que l’empire ottoman a perdu la première guerre mondiale face aux alliés, le traité de Sèvres impose à la Turquie des règles très contraignantes. Si elle conserve la rive européenne d’Istambul, qui sera toutefois placée sous mandat international, elle perd le reste de la Thrace ainsi que la région autour de Smyrne, qui appartiendra à la Grèce. La Cilicie devait être contrôlée par l’Italie, l’Arménie devait récupérer une partie de l’Anatolie orientale, enfin le peuple kurde aurait son état. Dépecée, la Turquie devait donc servir de zone tampon entre l’Europe et l’Asie musulmane.

C’est face à cette mort programmée décidée par des puissances européennes usées et ruinées par quatre ans de guerre, que Mustapha Kemal leva son glaive pour reprendre ce qu’il estimait appartenir à son peuple. Il mit fin violemment à la présence multimillénaire des Grecs en Anatolie, les deux pays procédant à des échanges de population après l’échec militaire des Grecs. L’Europe laissa faire. Elle avait bien d’autres soucis, entre le péril bolchevik naissant à l’est du continent et l’effondrement économique de l’ouest. En pleine reconstruction, démoralisée, elle resta impuissante face au sort des Grecs. Kemal, devenu Atatürk, avait rejoint le panthéon des grands hommes de l’histoire. Ce sauveur laïc, qui méprisait profondément l’islam ottoman, qu’il osa qualifier de « doctrine immorale », et qui mourut à cause de son amour du sang de Bacchus, voulut forger une nouvelle Turquie, moderne, occidentale. Dans un ultime défi à l’islam, il proclama ainsi cette phrase célèbre, « Adieu l’Orient ».

Kemal fit de l’antique Ancyre sa capitale Ankara. Elle était proche de l’ancienne cité d’Hattousa, capitale de l’empire hittite de souche indo-européenne. Kemal affirma que le peuple turc était européen, héritier de la matrice commune aux autres peuples du continent. C’est à cette Turquie là que le général De Gaulle pensait en 1963 quand il évoqua l’idée d’adhésion du pays à la CEE. Si Inönu, après la mort précoce du héros en 1938, sut dans un continent en guerre, maintenir une neutralité bienveillante, l’héritage de Kemal n’allait pas vraiment lui survivre.

Aujourd’hui, Erdogan a vaincu Atatürk. Et c’est le plus grand enseignement de ces dernières années. Désormais, alors que l’adhésion du pays à l’Union Européenne, selon le processus entamé en 2005, semble au point mort, ce qui ne chagrine pas outre mesure le premier ministre autoritaire, la presse européenne commence à ouvrir les yeux sur la réalité de la nouvelle Turquie de Gül, d’Erdogan et de Davutoglu. Même si le PS français et la SPD allemande, traditionnellement turcophiles, voulaient ranimer le processus ralenti par Merkel et Sarkozy, elles auraient du mal à expliquer l’adhésion d’un pays qui opprime la presse, arrête les journalistes sous de faux prétextes et des militaires en évoquant un énigmatique complot contre le gouvernement.

La journaliste Martine Gozlan (Marianne), dans un excellent ouvrage qui vient de sortir intitulé « L’imposture turque », démonte le nouveau régime et prouve la réislamisation en cours. Kurdes opprimés, Alevis persécutés, femmes voilées, opposants inquiétés, la Turquie d’Erdogan est au final bien moins démocratique que la Russie de Poutine. Et surtout elle n’hésite plus à menacer l’Union Européenne et ses membres. Davutoglu s’en est ainsi pris aux pays européens, les accusant de soutenir la rébellion kurde. L’AKP a également dénoncé les recherches de ressources énergétiques de la Chypre grecque, menaçant l’UE de gel des relations diplomatiques si Chypre accédait l’an prochain à la présidence de l’Union Européenne, comme elle doit le faire conformément aux traités. Enfin l’AKP s’en prend à Israël, expulsant son ambassadeur et cessant toute collaboration stratégique.

Erdogan souhaite désormais avoir de son côté la rue arabe, et devient le modèle des islamistes (Frères Musulmans en Egypte, CNT en Libye, Ennahda en Tunisie) prétendument « modérés ». Une vague néo-ottomane s’abat sur le Moyen-Orient et sur l’Afrique du nord. Face à cette vague, contre laquelle seule la Syrie de Bachar El Assad, avec des moyens violents qui choquent à juste titre les Européens, s’oppose, et d’ailleurs Erdogan a menacé la Syrie de représailles, ce qui est significatif, semble déferler. L’Europe qui rêvait d’une démocratie arabe, déchante. Elle en subit de nombreux flux migratoires en retour, vengeance d’outre-tombe de Kadhafi. Le représentant de la Russie à l’OTAN Dmitri Rogozine l’a dit, le choix est entre des dictateurs et les islamistes. En s’opposant aux premiers, l’UE a fait donc le choix des seconds.

Face à cette réislamisation qui désole les vrais amis de la Turquie, les turcs des élites (beyaz Türkler ou « turcs blancs »), et que déplore avec justesse Martine Gozlan, nous européens devons montrer les crocs. Le Monde section géopolitique du 6 novembre 2011, fait le point sur les limites du modèle turc, dénonçant les graves atteintes aux droits de l’homme en cours. Andrea Perrone dans la revue italienne Rinascita datée du 21 septembre 2011 explique que désormais la Turquie s’éloigne explicitement de l’Europe, envisageant une domination sur la Méditerranée orientale. Dans Le Monde du 4 novembre, Frédéric Lemaître a évoqué quant à lui une Allemagne célébrant « ses travailleurs invités turcs ». Une fois de plus, invité à Berlin, Recep Erdogan a multiplié les attaques contre l’Allemagne, refusant l’intégration proposée aux immigrés turcs, qu’il avait même qualifiée de « crime contre l’humanité ». On se demande pourquoi Merkel s’entête à inviter ce sinistre individu. En réalité, la CDU a tort, à la différence d’Edmund Stoiber (CSU) et de ceux qui perpétuent sa ligne, de tomber dans le piège de l’intégration. Elle s’était opposée à Schröder en 2000 lorsque celui-ci a souhaité introduire le droit du sol en Allemagne. Elle a aujourd’hui cédé, comme le RPR l’a fait à la suite du PS après 1988.

Face à une Turquie qui se réislamise, face à un gouvernement turc qui devient arrogant et agressif, qui cache à peine sa haine de l’Europe et d’Israël, face à un premier ministre qui tombe dans les bras du pantin de Khameneï, le triste Ahmadenijad, bourreau de la révolution verte de Téhéran, l’Europe doit se ressaisir. Elle doit apporter un soutien sans faille à Chypre, exigeant l’évacuation de l’île par la Turquie. Elle doit dénoncer sans relâche les arrestations de journalistes, de militaires, d’opposants. Nous ne devons pas rester passifs devant un second Iran en gestation. Si la Turquie renonce à l’européanisation mise en place par Atatürk, si elle affirme « Adieu l’occident », nous devons en prendre acte et réagir en conséquence.

La première réaction, et elle coûterait peu cher au président Sarkozy, et renforcerait sa crédibilité désormais très altérée, serait de mettre fin de manière unilatérale aux pourparlers d’adhésion, de manière à engendrer un salutaire électrochoc en Turquie même. La seconde réaction, celle de la chancelière Merkel, serait de revenir à la ligne de la CDU d’avant 2000 quant à la question turque en Allemagne. La troisième réaction serait de tendre la main à la Russie de manière décidée, et ainsi de rompre avec l’américanotropisme de certains de nos dirigeants.

Et alors que la Grèce va économiquement au plus mal, disons le haut et fort. Souvenons-nous de Missologghi. Souvenons-nous de Lord Byron ! Ne faisons aucune concession à Erdogan, qui nous remercie dès que nous cédons par des remarques acides. Ce n’est pas seulement l’intérêt des Européens, c’est aussi celui des Turcs, mais 50% des électeurs turcs ne l’ont pas encore compris.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

Lettre ouverte à Eric Zemmour

bandeaubillets2 - eisn.png

logo4c.pngCe 5 novembre, sur la chaîne I-télé, un nouveau « ça se dispute » oppose Eric Zemmour et Nicolas Domenach sur la façon dont l’Europe a traité « le peuple Grec ».

Au moins Zemmour est-il cohérent. Il ne croit pas à la notion de peuple européen. Il faut lui concéder que la construction européenne s’est faite, dès le départ, contre « les peuples » ; ces derniers étaient suspectés, non sans quelque raison, de vouloir se faire la guerre. La construction se fait toujours contre « les peuples ». D’ailleurs on présente l’échec éventuel du processus comme un risque de guerre. Pourtant, comme il l’affirme, ce n’est pas ce processus qui a apporté la paix. C’est la lassitude des vieilles nations, l’hégémonie américaine et bien d’autres raisons. Quand Charles De Gaulle a été accueilli par les Allemands, c’était bien une réconciliation des peuples.

Domenach campe sur une position qui se prétend plus européenne. En réalité, si l’on creuse un peu, on s’aperçoit qu’il se contente de manifester son politiquement correct hypocrite, en cette circonstance comme dans d’autres. Il comprend les Grecs qui voulaient un référendum et reconnait qu’on les aurait mal traités. Il en conclut qu’il faut davantage associer « les peuples » aux affaires européennes. Le point de départ est donc celui de Zemmour : il y a « des peuples ». Cependant il ne veut pas dire qu’il est pour les élites contre les peuples. Ou alors il assimile un peu vite au « peuple » un ensemble de manifestants, comme ceux qui ont défilé contre la réforme des retraites. Il peut donc faire l’hypothèse absurde que ceux qui détestent les peuples peuvent s’accorder avec ces mêmes peuples.

Pour le PSUNE, les choses sont claires. En Europe il y a un « peuple ». On n’a pas à consulter une région à part pour décider de l’avenir de la République européenne.

ERIC-ZEMMOUR.jpgMaintenant la question se pose de savoir de qui le PSUNE est le moins éloigné. La réponse est paradoxale : c’est de Zemmour. Car Zemmour est eurosceptique quand Domenach est europhobe. D’ailleurs lorsque Zemmour nous parle de notre culture, de nos mœurs, ses références sont européennes. Quand il explique que l’islam, tout respectable qu’il soit, n’est pas compatible avec notre culture démocratique, quand il cite Voltaire, et c’est au Voltaire européen qu’il pense. Les références de Domenach sont au contraire mondialistes, universelles. Parfois même d’esprit colonialiste, suprématiste ; il ne doute pas que l’islam se pliera à nos coutumes. Dans ces conditions, pourquoi Zemmour, qui pense culturellement en Européen, ne raisonne-t-il politiquement en Européen ? On a envie de lui dire : nous sommes tous Allemands, tous Grecs, voire tous Juifs européens. Ce discours heurterait certainement les mondialistes. Heurterait-il Zemmour ?

Il est vrai qu’à la sortie de la guerre, pour donner un exemple parmi d’autres, la germanophilie n’était pas très à la mode en France. On a souvent parlé de réconciliation, mais, en même temps, les élites et les médias ont beaucoup fait pour aiguiser les rivalités entre Européens. Le discours impérialiste français, la nostalgie de l’époque coloniale, ne sont pas l’apanage de l’extrême-droite. Il y a une responsabilité insoupçonnée des dirigeants de tous les pays du continent dans la persistance de ce scepticisme envers l’idée de nation européenne.

Peut-être Zemmour est-il simplement trop prudent. Peut-être se sent-il redevable envers une France qui l’a sorti d’un monde qui ne lui convenait pas. Sans doute s’est-il senti d’abord Français pour construire sa liberté. En quoi cela l’empêche-t-il de se sentir aujourd’hui Européen ? La France à laquelle il pense, celle qui est sortie du monde latino-celto-germanique, des invasions barbares, des lumières et des Etats généraux, n’a jamais été qu’une Europe en réduction, et ce n’est malheureusement plus celle d’aujourd’hui. S’il veut la retrouver, il ne peut le faire qu’avec l’Europe.
En attendant, il devrait avoir conscience qu’il fait le jeu du politiquement correct, des ennemis du peuple, quel que soit ce peuple. En entretenant l’idée que « les peuples européens » ne pourront rien construire ensemble parce qu’ils ne pourront pas se fondre en un seul peuple, comme leur nature devrait au contraire les y conduire, il apporte une pierre aux technocrates mondialistes.

Peter Eisner (PSUNE)

01/11/2011

Démocratie « nationale » et crise de la zone euro

Grèce,referendum,Papandreou,PASOK,nucléaire,zone euro,FESF,Thomas Ferrier,PSUNELe premier ministre grec Georgios Papandreou a annoncé à la stupéfaction du président français et de la chancelière allemande, alors qu’un accord sur la dette grecque avait été obtenu de justesse entre les membres de la zone euro, que l’ex-premier ministre slovaque avait dû sacrifier son gouvernement, qu’il allait organiser un référendum pour obtenir l’accord des citoyens grecs, référendum qui aurait lieu dans plusieurs mois. Conséquence, la bourse de Paris perd près de 6%, celle d’Athènes près de 7%, et l’ensemble des bourses européennes chute. Outre l’irresponsabilité du premier ministre, pour des raisons de basse politique, sur une question urgente, cette crise confirme l’impossibilité de maintenir la démocratie dans le cadre national historique. Les problèmes européens ne peuvent se résoudre qu’au niveau européen. Or l’absence d’un gouvernement européen, d’un état européen, se fait douloureusement sentir dans ces temps difficiles.

Le premier ministre a toutefois été désavoué par une partie du PASOK, le parti socialiste grec dont il est membre, par toute la droite et même par les nationalistes du LAOS, étrangement devenus europhiles. Sur son blog, Jean Quatremer annonce la démission de Papandreou pour dans les prochains jours, ce qui mettra probablement fin à cette proposition. Des élections législatives anticipées, que la droite devrait gagner selon les sondages, mais qui devraient aussi, probablement, se traduire par une progression des communistes et des nationalistes, paraissent inévitables.

Un référendum sur des questions économiques qui nous dépassent, et dépassent les Grecs, n’a aucun sens. En particulier lors d’une période de grave tension déchaînant les passions. Le résultat serait incompréhensible. D’abord, le non est prévisible, déstabilisant alors toute l’Union Européenne. Ensuite, il est sans signification. Une partie importante du non témoignera d’un rejet du gouvernement actuel. La participation en outre sera probablement très faible. Enfin, des gens désespérés ne sont pas en mesure d’apporter une réponse sensée à une question qui ne se prête simplement pas à un référendum.

On constate donc que les initiatives « souveraines » de certains états sont inconsidérées et désastreuses. La démocratie n’a jamais signifié cela. Quand Papandreou, au mépris de ses partenaires européens, de son propre chef, annonce un référendum qui n’a simplement aucun sens, déstabilisant davantage encore une économie européenne inquiète qui n’en avait pas besoin, il défend la « souveraineté nationale », au risque de ruiner le pays. Quand Merkel, pour céder au lobby pseudo-écologiste et à une opinion allemande à qui on ment sur ces questions, décide d’abandonner l’énergie nucléaire, elle défend la « souveraineté nationale ».

Sur cette question, les gens honnêtes savent qu’il n’y a pas d’énergies alternatives, que les prétendues énergies renouvelables sont inefficaces et coûteuses, en particulier les éoliennes et le solaire individuel. Prétendre le contraire, c’est mentir aux citoyens. En outre, les pseudo-écologistes attirent notre attention sur le réchauffement planétaire, pour une fois à juste titre. Mais reconstruire des centrales à charbon ou à lignite comme le veut le gouvernement Merkel, suite à l’abandon du nucléaire, c’est bon pour lutter contre le réchauffement climatique ? Le CO2 dans l’atmosphère, c’est bon pour l’environnement ? Il faudrait savoir. Soit le réchauffement climatique est une vraie menace, et alors il faut fermer toutes les centrales à charbon, abandonner le pétrole, et faire le tout électrique en construisant davantage de centrales nucléaires et surtout celles de quatrième génération. Soit le réchauffement climatique n’est pas un danger, mais bien sûr que c’est un danger !, et puis l’énergie à bon marché permettant l’indépendance énergétique de l’Europe, ce n’est pas important, mais bien sûr que c’est important ! Mensonge des « Verts », faux écologistes, mais vrais gauchistes sectaires et irrationnels, mensonge du gouvernement Merkel, mensonge des partis de coordination belges qui proposent la même chose, mensonge encore de la « gauche » suisse. Le drame de Fukushima, alors que nous ne connaissons pas vraiment la situation là bas, sert de justification pavlovienne à une folie.

Ainsi, la démocratie « nationale » désormais, que ce soit en Allemagne, en France ou en Grèce, n’a plus aucun sens. Les citoyens sont désinformés, manipulés par les faiseurs d’opinion, et les gouvernements nationaux ne sont simplement plus capables de dire la vérité aux citoyens, de mettre en avant les vrais enjeux, et de reconnaître qu’ils n’ont plus qu’un pouvoir de nuisance. Nuisance envers l’Europe entière, mais aussi nuisance envers leurs propres citoyens.

Seule une démocratie européenne, où les enjeux seront évoqués à l’échelle du continent, a désormais du sens. Mais pour qu’il y ait une démocratie européenne, il faut un état européen, il faut des enjeux électoraux réels, il faut un gouvernement européen élu et démocratiquement légitime. On ne sauvera pas l’€, on ne sauvera pas l’économie européenne, on ne s’opposera pas aux flux migratoires de masse, on ne résorbera pas le chômage, en raisonnant à l’échelle des anciennes nations. Face au mondialisme, l’Europe doit se présenter unie, elle doit même être une. Les diviseurs de l’Europe n’aiment simplement pas les européens et se moquent de leur avenir, de notre avenir.

On ne sauvera pas la zone euro en demandant leur avis aux Grecs mais en demandant leur avis à tous les européens. On ne sauvera pas l’indépendance énergétique de l’Europe en demandent leur avis aux Allemands mais en demandant leur avis à tous les européens. Au niveau européen, les mensonges des gouvernements et des lobbies s’effondreront.

Il convient donc pour sauver l’Europe et les Européens de bâtir vraiment l’état-nation Europe mais sur la mise à bas, la table rase juridique complète, des traités et des constitutions des états. De l’intérieur, rebâtissons l’Union Européenne en la fondant sur des principes solides et sur une vraie légitimité populaire. Le problème de l’Europe, ce sont les états nationaux. La solution pour l’Europe, c’est l’état national-européen.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

31/10/2011

Brèves européennes... (6)

imagesCA4BY01L.jpgIRLANDE

La victoire inattendue et sans appel de Michael Higgins avec un peu moins de 40% des voix en tant que premier choix, selon le complexe système irlandais, surprend dans un pays dans lequel le Parti Travailliste avait toujours été une formation d’appoint et jamais de premier plan. Avec 28% des voix, le dynamique candidat Gallagher, est battu avec les honneurs, sa défaite s’expliquant essentiellement par le fait qu’il a été associé au Fianna Gail, ancien parti au pouvoir, sévèrement battu aux élections législatives de cette année, victime de la crise économique, comme son homologue islandais. Le Fine Gael, le centre-gauche traditionnel, avec seulement 6% des voix, a été totalement étouffé par la candidature travailliste. Ce virage à gauche de l’opinion irlandaise témoigne de la situation de détresse de ce peuple fier. Pourtant, les Grecs, avec le gouvernement « socialiste » de Papandreou, pourraient leur en raconter de belles sur la gestion calamiteuse de la fausse « gauche », pas moins mondialiste que son opposition de droite.

Preuve de la radicalisation de l’opinion en Europe face à l’inertie des pouvoirs publics, le candidat de la gauche nationaliste, issu de l’IRA, Martin McGuiness, obtient quasiment 14% des voix. Cette montée en puissance du « nationalisme » (europhobe) et du « socialisme » (enfin, ce que les électeurs supposent être « socialiste ») est inquiétante pour l’avenir.

UNION EUROPEENNE

Malgré les effets de manche du président Sarkozy et de sa compère sur le bateau UE, confrontés à un iceberg monétaire, l’UE n’est pas sauvée par ce fond de sauvegarde (FESF) et l’inévitable annulation de la moitié de la dette grecque déplaît profondément aux populations. Elles ont tort car il fallait sauver la Grèce pour enrayer tout effet de domino qui aurait fini par nous toucher tous. Cette solidarité avec un peuple européen, qui aurait dû être naturelle, s’est faite dans l’urgence et sous la contrainte. Il y a eu un considérable déficit démocratique en la matière. Et surtout les spéculateurs, qui sont les principaux coupables, et aussi ceux qui se sont enrichis sur le dos des Européens, s’en sortent impunis. Les gouvernements de l’UE ne veulent toujours pas entendre parler de protectionnisme économique européen, et pire, sont prêts à accepter l’aide très intéressée de la Chine, au lieu de tendre la main à une Russie qui a immédiatement, et spontanément, apporté son soutien à l’€ et proposé son assistance.

La conséquence de ce manque d’explications, de cette impunité de ceux qui s’enrichissent sur l’appauvrissement des Européens, c’est le rejet parfaitement naturel et légitime par de plus en plus d’européens du Système en place qui, incapable d’assurer notre sécurité, de maîtriser (et d’inverser) les flux migratoires, nous avait promis la paix et la prospérité, et a fourni la première, au prix d’un libertarisme destructeur dans tous les domaines et d’un avilissement des Européens devant le veau d’or, devenant ainsi des vitelloni face aux peuples du sud aux appétits aiguisés par la souffrance, et a perdu la seconde.

Et pourtant, bien sûr, notre avenir dépend d’une Europe politique qui devrait être vraiment européenne et vraiment unitaire, et l’€ est une première brique de cet édifice à bâtir. Il convient donc de la préserver.

Or l’europhobie monte. Les derniers sondages annoncent une droite nationale autrichienne à plus de 32% des voix (FPÖ + BZÖ) et un parti des Vrais Finlandais à presque 22% des voix, en faisant le premier parti. Les troubles au Kosovo persistent de manière navrante, et la Serbie est impuissante, prise en tenaille entre sa vocation à rejoindre l’UE et son souhait de défendre les siens. Alors qu’un attentat mineur commis par un musulman « serbe » a éclaté à Sarajevo, rappelant que certaines plaies ne sont pas refermées. Enfin, près de 49% des britanniques seraient prêts à quitter l’UE, la droite conservatrice et eurosceptique attaquant Cameron et mettant en péril sa coalition. Déjà le premier ministre slovaque a dû rendre son tablier, première victime d’une UE défaillante et d’un € en sursis.

Et pourtant, au lieu de médire, alors même qu’ils se sentent européens et aspirent à passer leurs vieux jours dans les campagnes françaises, encore relativement épargnés par certains maux insupportables propres à nos grandes villes, les britanniques devraient plutôt voter contre la soumission aux USA de leur(s) gouvernement(s). La vraie liberté, elle n’est pas vis-à-vis de l’UE, alors qu’il y a toujours eu un estimable courant européaniste outre-manche, mais vis-à-vis de cette colonie rebelle devenue métropole de son ancienne métropole. La City de Londres n’apporte pas au peuple anglais la prospérité, bien qu’enrichissant une minorité mondialiste composée de gens venus de partout sur le globe.

Les britanniques ont chassé Cromwell mais ce tyran là, qui n’est même pas républicain, les asservit bien davantage encore. Il est temps de mettre le capitalisme au pas et d’instaurer un socialisme nouveau, résolument européen, réaliste mais déterminé. Sauvons l’€, sauvons l’Europe politique, refusons la nostalgie maladive d’un temps passé idéalisé où régnaient les « souverainetés nationales », mais refusons d’un même élan le mondialisme.

L’URSS s’est effondrée parce que son modèle économique niait les aspirations matérielles de l’homme. Le libéralisme mondialisé s’effondre parce que son modèle économique nie les aspirations spirituelles de l’homme. Aujourd’hui, le capitalisme a montré ses limites. Le marxisme mort, il n’avait plus aucun opposant et s’est laissé aller à ses bas instincts. Au prix d’une rentabilité illusoire à court terme, nos dirigeants ont acheté la paix civile et le silence des populations, mais maintenant arrive la facture et elle est corsée, en plus d’être fondamentalement artificielle.

Nos gouvernants nous ont menti, nous ont trahis. Que ce soit la vraie droite ou la fausse « gauche ». L’erreur pourtant serait de tomber dans le piège des démagogues, de l’extrême-« gauche » (Mélenchon) à l’extrême-droite (Le Pen), qui ne proposent rien d’autre que le retour en arrière. Illusoire certes mais qui plus est idiot. Car ce ne serait que revenir à une situation antérieure qui a engendré de fait celle que nous connaissons. Le monde a changé et on ne retrouvera pas tout ce qui a été perdu. Mais on retrouvera en revanche les fondamentaux.

Une Europe politique unitaire, économiquement régénérée et libérée d’une dette injustifiée, restaurée dans son européanité et dans sa natalité indigène, fera honneur à nos ancêtres et rendra heureux nos enfants. Œuvrons pour bâtir une nouvelle Europe, qui soit en même temps l’Europe de l’enracinement, une Europe de la justice sociale et de la liberté de l’esprit, une Europe où le pouvoir sera rendu au peuple et où les oligarques seront déchus.

Prenons cette crise comme l’illustration des balbutiements d’un Système en fin de vie. Réjouissons nous en revanche qu’une fois de plus, mais pour combien de temps, l’€ soit sauvée. Acceptons vraiment que l’€ soit la « monnaie nationale de l’Europe », soyons même prêts à admettre dans la zone euro la Russie. L’Europe reste encore à bâtir, mais nous ne l’aurons jamais réalisée si nous continuons d’avoir des tièdes, des mous et des veaux à la tête de nos états.

Il convient d’hériter de l’Union Européenne et non de la détruire. Mais l’Union Européenne de demain sera bien différente de celle d’aujourd’hui, si les vrais européens, de cœur et d’âme, parviennent à triompher de tous les périls.

Pour l’Europe et les Européens, œuvrons contre le mondialisme et le nationalisme, deux impasses suicidaires. Mais pour cela, l’Européen doit redevenir lui-même et cesser d’être un agneau qu’on amène à l’abattoir pour (re)devenir un loup féroce.

16/10/2011

Brèves européennes... (4)

thomas ferrier,psune,danemark,primaires citoyennes,helle thorning-schmidt,vladimir poutine,françois hollandeDANEMARK

La candidate sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt (1), désormais premier ministre à l’issue de la victoire électorale de sa coalition de « gauche » du 15 septembre dernier, s’était engagé durant sa campagne à conserver dans toute leur rigueur les lois sur l’immigration votées par la majorité de centre-droit précédente, sous la supervision du Dansk Folkparti (« Parti Populaire Danois »), un parti partagé entre une aile souverainiste et une aile nationale-populiste, exclu du gouvernement mais indispensable pour maintenir la majorité de droite au parlement.

Les lois anti-immigration, visant tout particulièrement les populations extra-européennes, avaient permis de maintenir la droite nationaliste aux alentours d’entre 12 et 14%. Le DFP a ainsi perdu des points aux dernières élections, bien que se maintenant à un peu plus de 12% des voix. Une raison de ce recul était justement l’engagement de la candidate de gauche.

Comme d’habitude, la fausse « gauche » renie ses engagements, profitant de la naïveté d’un électorat souhaitant une bien légitime alternance, mais abusé par une « gauche » qui a abandonné le socialisme, incapable de s’opposer au mondialisme libéral s’il refuse de se penser au niveau européen et s’il refuse de se réconcilier avec les classes populaires, trahies au profit d’un nouvel électorat d’importation. Le nouveau premier ministre, dont le prénom rappelle une déesse germano-scandinave funeste, annonce donc l’abandon de toute une série de mesures destinée à maîtriser les flux migratoires. Elle souhaite notamment « faciliter » les procédures de permis de séjour, de naturalisation et de regroupement familial, ce qui est contraire au souhait d’une majorité de danois, y compris parmi ceux qui ont voté pour elle.

Le journal Le Monde dénonce un Danemark « allé très loin dans le sens du durcissement » en la matière, ce qui est de toute évidence une vue partisane et déconnectée du réel. On a vu notamment en Norvège et en Suède ce qu’il fallait penser de la politique que la sociale-démocratie a mené à ce sujet. Je propose que Mme Thorning-Schmidt se rende dans certains quartiers de Malmö pour comprendre que ce n’est pas au Danemark de s’aligner sur la Suède voisine mais le contraire.

FRANCE

Ainsi, la campagne interne du parti socialiste, les fameuses « primaires citoyennes », est arrivée à son terme, et c’est François Hollande, avec un peu plus de 56% des voix, qui s’est imposé au second tour face à l’ancien premier secrétaire, en l’occurrence Martine Aubry. Cette victoire, qu’annonçaient avec une marge plus faible les différents instituts de sondage, permet au candidat choisi de rentrer officiellement en campagne face à la droite sortante. Si Arnaud Montebourg a su montrer sa différence, accentuant sa démarche socialiste au nom d’une « démondialisation » qui reste avant tout un élément de communication et non un projet alternatif crédible, recueillant ainsi un soutien significatif (17%), les deux finalistes défendaient un projet très proche. D’ailleurs ils s’étaient engagés à défendre le projet commun « socialiste ». C’est donc davantage deux styles, deux personnalités, qui se sont opposés.

François Hollande s’impose dans de nombreux départements avec un score indiscutable. Dans de nombreux départements du sud et du sud-est, il triomphe largement. Ainsi, là où Arnaud Montebourg avait fait de bons scores, en PACA, Hollande y dépasse les 60%. Dans le fief de Ségolène Royal, Hollande est en moyenne à 65%. Dans son fief corrézien, il réussit même l’exploit d’atteindre 94,3% des voix en sa faveur, alors que Martine Aubry, dans son fief du nord, se contente du score estimable de 68,5%. En fait, Aubry ne gagne que dans le Nord Pas de Calais et surtout à Paris, même si de justesse, en raison dans ce dernier cas de la mobilisation de l’électorat bobo, surtout « écologiste ». Elle est dominée dans tous les autres départements.

Le programme du Parti Socialiste est connu. Incapable de proposer une alternative socialiste dans un cadre national verrouillé et face à un puissant mondialisme libéral, le PS fait dans le libertaire, exactement comme la « gauche » chez ses voisins. Le libéralisme régnant en maître, le PS devant appliquer le même programme social de rigueur budgétaire que l’UMP, il ne peut marquer sa différence qu’en accentuant encore davantage les éléments de décadence civilisationnelle.

Si le PS triomphait aux présidentielles et aux législatives suivantes en 2012, déjà maître du sénat et dominant dans les media, il pourrait appliquer son programme suicidaire. Le PS soutient et continue de soutenir l’adhésion turque à l’Union Européenne, alors que l’autoritaire Recep Erdogan montre de plus en plus son vrai visage, espérant être rejoint en 2013 par une SPD allemande également turcophile. Il prône clairement le vote des non-européens aux élections locales, ce qui est une atteinte au principe même de citoyenneté et aux fondements de la démocratie. Il entend régulariser massivement les clandestins, comme l’a fait Zapatero en Espagne. Et tout comme ce dernier, le PS entend mettre fin au mariage traditionnel européen afin d’instaurer le « mariage homosexuel », ce que même les Romains de l’époque de Juvénal n’avaient pas osé, avec possibilité d’adoption. On suppose que le PS choisira aussi d’autoriser les drogues prétendument « douces ».

Cette démarche purement libertaire, mais en rien socialiste, n’est pas ce que veulent les électeurs, en dépit de sondages contradictoires et/ou orientées, qui souhaitent d’abord une alternance politique, le président Sarkozy ayant considérablement déçu les Français, avec un bilan tout sauf estimable, et alors que le pays a été gouverné dix ans par la droite. Le PS est pourtant l’UMP en pire dans la plupart des domaines.

thomas ferrier,psune,danemark,primaires citoyennes,helle thorning-schmidt,vladimir poutine,françois hollandeIl existe pourtant une alternative socialiste au libéralisme mondialisé qui ne passe pas par la mise en avant de lubies idéologiques portées par divers lobbies marginaux. C’est le socialisme européen. Si nous tapons davantage sur la fausse « gauche » que sur la droite, c’est parce que nous savons que malheureusement, dans la situation actuelle, cette dernière fait simplement moins de dégâts. A un certain niveau, l’UMP ne cache pas son impuissance ni sa médiocrité. Le PS en revanche ment aux électeurs des classes populaires et profite d’une « intoxication idéologique » de la classe moyenne, en particulier celle des grands centres urbains.

Européens, encore un effort pour devenir socialistes, pour devenir vraiment socialistes. Le premier geste sera de démasquer cette fausse « gauche », plus mondialiste que la droite, ce qui relève de l’exploit, de mettre en exergue le fait qu’elle trahit l’Europe ! Depuis trente ans, la « gauche » n’est plus de gauche, et Jaurès ne cesse de là où il est de s’agiter avec colère. Si l’électorat populaire est contraint de voter à droite et même à l’extrême-droite, c’est parce qu’il n’y a plus de gauche pour le défendre. Le PS vit de son image socialiste, tout comme le FN vit de son image « identitaire ». Une image mensongère dans les deux cas.

Si les Européens doivent chasser du pouvoir la droite libérale et conservatrice, alors cela ne doit être que pour mettre en place une gauche authentique, socialiste et européiste. Celle-ci doit être refondée à partir de zéro et nous, les euro-socialistes, entendons contribuer à cette refondation. Les mânes de la tradition socialiste européenne, de Saint-Simon à Jaurès, de Fourier à Owen, de Proudhon à Blanqui, d’Herzen à Hyndman, de Mazzini à Radic, nous y invitent.

RUSSIE

L’avenir de l’Europe dépend-il de la Russie ? C’était ce que pensait Nietzsche, qui rêvait d’une vague russe libératrice sur la « vieille » Europe, nouveaux « barbares » européens ramenant l’Europe à ses vraies valeurs. En vérité, la Russie a autant besoin du reste de l’Europe que nous avons besoin d’elle. Elle a énormément à offrir, un espace géographique riche, une population encore nombreuse, une vitalité culturelle indiscutable. Mais si elle doit rejoindre l’Europe politique, c’est d’abord parce qu’elle est européenne, comme l’affirmait la tsarine Catherine. La Russie dans l’Union Européenne, c’est un facteur de réeuropéanisation dans tous les domaines de cette dernière. C’est nécessairement une UE qui s’émancipe de la tutelle américaine, qui n’a plus rien de libératrice ni de bienveillante. C’est nécessairement une UE qui, ayant atteint la masse critique, n’a plus à subir le mondialisme libéral et peut engager la contre-offensive, protéger son marché intérieur par un vigoureux protectionnisme, se réindustrialiser en profondeur, investir notamment dans les nouvelles technologies et la robotisation. C’est une UE qui n’a plus besoin de l’aval de l’OTAN et de Washington pour veiller à la défense de ses intérêts, protéger les siens dans le monde et se faire à nouveau respecter.

Les derniers évènements en Russie navrent une bonne partie des élites politiques du vieux continent. Elles espéraient que le « plus libéral » Medvedev remplace le « plus autoritaire » Poutine. En fait, Dimitri Medvedev n’est pas le héros occidentaliste que certains espéraient. Et Poutine est beaucoup plus européiste qu’on pourrait le croire, même si son idée d’Union Eurasienne pourrait faire penser le contraire. Seulement la Russie réagit à l’attitude des Européens en face. Si Nicolas Sarkozy a eu raison en Arménie de rappeler la Turquie à son histoire, il a en revanche eu tort de cautionner implicitement le président géorgien qui a provoqué la encore puissante Russie en croyant faire plaisir à ses alliés atlantistes.

La Russie est donc de retour, pour le meilleur ou pour le pire. Il appartient aux autres Européens de lui envoyer le bon message, celui de l’amitié, celui de la fraternité au sein de la commune européanité. La Russie va encore mal. Elle se remet douloureusement du traumatisme de la ruine eltsinienne. Sa démographie est en berne, comme celle de tous ses voisins européens, de tous, y compris de la France, même si les media français confondent sciemment natalité endogène et natalité importée. Le vieillissement ne l’épargne pas. Et des sirènes trompeuses lui conseillent la « guérison » par le suicide migratoire, comme chez nous.

Mais la Russie est fière, la Russie n’oublie pas qu’elle a été le rempart de l’Europe entière contre les assauts de l’Asie avide de nos richesses. C’est elle qui a encaissé les coups des Mongols et qui a combattu sans relâche pour reprendre Constantinople aux Ottomans. C’est elle qui par deux fois a libéré l’Europe d’un tyran qui l’opprimait, en 1815 et en 1945, même si elle-même subissait un autre joug.

Osons proclamer que la Russie a toute sa place dans l’Union Européenne, que son adhésion changerait la nature même de cette union, que celle-ci deviendrait alors vraiment européenne. Alors que l’adhésion turque sonnerait la fin de toute Europe politique, et de toute Europe authentique, l’adhésion russe aurait l’effet exactement inverse.

Si on donne le choix aux russes entre un Occident décadent, masochiste et sous tutelle atlantiste et Poutine président jusqu’en 2024, ils choisiront, et à raison, Vladimir Vladimirovitch. Les commentateurs qui déplorent le retour de l’ancien président et actuel premier ministre, ont-ils mieux à proposer ? Un Sarkozy, une Merkel, un Cameron, un Berlusconi à la sauce russe ? Ou encore un nouvel Eltsine, fossoyeur du peuple russe ? Non merci. Le russe Poutine s’effacera si un européen digne de ce nom se lève et annonce la Grande Europe pour « demain ».

(1) Hel, déesse scandinave de la mort et des enfers.

09/10/2011

Des résultats électoraux du 9 octobre 2011...

En attendant les résultats définitifs aussi bien des primaires socialistes que des élections législatives polonaises qui, toutes, se déroulaient ce dimanche, et avant de vous proposer de plus amples analyses et interprétations, voici les dernières informations disponibles à cette heure.

FRANCE

Les primaires socialistes ont mobilisé un peu moins de deux millions d'électeurs, soit environ 5% de l'ensemble des électeurs, ce qui est un succès relatif de l'initiative du PS. Dans ce cadre, sur 1.9 millions de bulletins dépouillés, les résultats provisoires annoncent François Hollande à 38,9%, Martine Aubry à 30,6%, Arnaud Montebourg à 17,3%, Ségolène Royal à 6,8% et Manuel Valls à 5,7%, le candidat du PRG Jean-Michel Baylet n'obtenant qu'un très faible 0,6%. Le vote utile en faveur des deux principaux candidats a joué pleinement, au détriment notamment de Royal dont le score est beaucoup plus modeste qu'attendu. L'alternative à Hollande et Aubry a été incarnée par Arnaud Montebourg, qui a bénéficié en outre de votes de militants identitaires et/ou d'extrême-droite, même si ceux-ci ont pesé de manière marginale.

POLOGNE

Aucun résultat partiel ne nous est encore parvenu à 23:30, ce qui est assez inédit. Les différentes sites d'information polonais indiquent des estimations pour le Parti Libéral (PO) de 39,6%, 30,1% pour le Parti Conservateur (PiS), 10,1% pour le Mouvement Palikot (Ruch Palikot), ce qui est un grand succès pour un parti récent à la ligne essentiellement anti-cléricale, 8,2% pour le mouvement paysan (PSL) et seulement 7,7% pour les sociaux-démocrates polonais (SLD), ce qui est un score extrêmement médiocre et bien inférieur aux sondages les plus défavorables.

L'échec du SLD s'explique très certainement par un vote utile en faveur du RP de Janusz Palikot mais aussi en faveur du parti au pouvoir, de peur d'un succès de son adversaire national-conservateur. Le mouvement de centre-droit PJN a également échoué pour des raisons analogues, avec seulement 2.2% des voix. Enfin, la droite nationaliste et eurosceptique était représentée par trois partis, le Parti de la Nouvelle Droite (NP) et la Droite (avec respectivement 1.1% et 0,2%). Samoobrona, qui n'était présent que dans environ un sixième des circonscriptions, était annoncé autour de 0%, ce qui solde définitivement toutes les ambitions de ce mouvement, qui ne s'en relèvera pas. La LPR (Ligue des Familles Polonaises) a quant à elle totalement disparu, phagocytée par le PiS de Jaroslaw Kaczynski, qui obtient un bon score. Enfin, l'extrême-gauche (PPP) n'obtient que 0,6% des voix.

Selon les estimations, la coalition PO/PSL sortante obtiendrait 239 sièges soit dix de plus que la majorité nécessaire. La sociale-démocratie est laminée, écrasée entre le vote libertaire en faveur de Palikot et le vote utile en faveur des libéraux.

Brèves européennes... (3)

1277196175_euro-russia05_5.jpgPOLOGNE

Ce dimanche 8 octobre, les électeurs polonais décident de leur avenir en votant pour renouveler leur parlement. Deux choix essentiels s’offrent à eux : le PO (Parti Libéral) de l’actuel premier ministre Donald Tusk et le PiS (Parti Conservateur) de Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau de l’ancien président décédé. La gauche sociale-démocrate semble à nouveau proposer une candidature de témoignage, alors qu’elle est en outre concurrencée par une liste baroque, anticléricale et libertaire, défendue par un nouveau venu, Janusz Palikot, homme aux deux visages, comme son prénom l’indique, puisqu’il défendait auparavant une ligne politique conservatrice. Tusk a déçu un certain nombre de ses partisans par le peu d’audace de ses réformes, même si son principal adversaire est à lui seul un programme en faveur du PO. En effet, Kaczynski s’est fait récemment connaître pour ses nouvelles diatribes germanophobes, s’attaquant violemment à Angela Merkel, qu’il accuse d’être arrivée au pouvoir par le biais de forces occultes, et de vouloir relancer une politique impérialiste allemande dont la Pologne serait à nouveau victime, tout en maintenant en même temps une ligne russophobe. En outre, il éprouve une vive détestation de l’Union Européenne, même s’il a mis de l’eau dans son vin, renonçant à son hostilité de principe à l’€.

Toutefois, les derniers sondages montrent une quasi égalité entre les deux mouvements, alors que les sociaux-démocrates sont annoncés en dessous de 10% et que la liste Palikot émerge désormais au-dessus de ce seuil. Le PSL (« parti paysan ») est annoncée aux alentours de 9%. Si cette tendance se confirme dans les urnes, Tusk devra probablement s’allier non seulement au PSL mais aussi à au moins l’un des deux partis de gauche. Le bon score attendu du PiS s’explique quant à lui par l’absence de listes nationalistes, car ni la Ligue des Familles Polonaises (LPR) ni Autodéfense (Samoobrona), ce dernier parti ne se remettant pas du suicide de son président-fondateur Andrzej Lepper, ne seront présents.

Selon les résultats attendus en soirée, il est possible que demain la Pologne soit relativement ingouvernable et nécessite la coalition des contraires afin de maintenir le gouvernement en place. Même si le PiS arrivait ce soir en tête des suffrages, il ne bénéficierait d’aucun allié pour forger une majorité parlementaire.

TURQUIE ET UNION EUROPEENNE

Recep Erdogan continue dans ses diatribes envers Israël et envers Chypre. Il a à nouveau rappelé que selon lui Israël, disposant de l’arme nucléaire, représentait une menace pour tout le Proche-Orient. Il continue en outre de menacer Chypre de rétorsions si la partie grecque de l’île exploite à son seul profit les nouveaux gisements sous-marins découverts. Alors que le président français était en visite diplomatique en Arménie, ce dernier en a profité pour tactiquement relancer la question turque en demandant que la Turquie reconnaisse explicitement la politique génocidaire dont les Arméniens d’Anatolie ont été victimes en 1915. Clin d’œil aux électeurs d’origine arménienne, mise en difficulté de la gauche parlementaire, désormais majoritaire au sénat, ou façon de provoquer la Turquie afin de rassurer les électeurs UMP, le coup d’éclat de Nicolas Sarkozy a atteint son but.

En réponse, le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a réagi en demandant à la France de reconnaître le « génocide algérien ». Mais la faute des uns n’atténue en rien la faute des autres, et ce qu’ont subi les Arméniens est de toutes façons sans commune mesure avec la répression colonialiste du mouvement indépendantiste algérien. Ce refus explicite n’est pas surprenant ; il était même prévisible. Mais il permet de montrer le gouvernement turc AKP sous un autre angle. L’AKP continue d’ailleurs de mettre en œuvre la politique néo-ottomane prônée par Davutoglu, en envoyant des entrepreneurs turcs auprès du mouvement de libération libyen. Rappelons que l’Algérie, à laquelle Erdogan a implicitement apporté son soutien, en réponse à l’exigence de reconnaissance de l’arménocide, tout comme l’Egypte et comme la Libye, faisait partie de l’ancien empire ottoman.

La Turquie piétine l’Union Européenne et celle-ci n’ose pas affirmer sa puissance et se faire respecter. Au lieu de rompre les pourparlers d’adhésion, par des biais détournés, certaines institutions bruxelloises associent même la Turquie.

GEORGIE / RUSSIE

Nicolas Sarkozy a tenu également à apporter son soutien au gouvernement géorgien, tout en ménageant Moscou. Qu’il veuille reconnaître la vocation géorgienne à rejoindre l’Union Européenne me paraît une bonne chose, mais ce faisant, il apporte aussi une caution morale au président Saakachvili, qui n’est vraiment pas un modèle de démocrate. Cette maladresse, même si le propos a été beaucoup plus prudent que vis-à-vis de la Turquie, ne va pas dans le sens d’une politique euro-russe qui est pourtant absolument nécessaire. Au contraire, œuvrer à la réconciliation russo-géorgienne, ce qui passe par le départ du président géorgien actuel, reconnaître aussi la légitimité des Abkhazes et Ossètes à disposer d’un état souverain respectant leur identité, et tendre la main à la Russie, voilà au contraire ce qui aurait été une politique utile.

A chaque fois qu’on dit non à la Turquie, il faut dire systématiquement oui à la Russie.

ALLEMAGNE

La CDU redécouvre l’Europe. Après qu’Ursula von der Leyen ait exprimé son soutien à l’idée des Etats-Unis d’Europe dans le cadre d’une politique plus sociale, on découvre Nikolaus Meyer-Landrut, francophile patenté, époux d’une française d’ailleurs. Ce partisan résolu de l’€ mais aussi d’une Europe plus fédérale, proche de Valéry Giscard d’Estaing, semble désormais écouté par Angela Merkel, qui se contraint à une politique plus ouvertement europhile, malgré d’évidentes réticences. Alors que la FDP sombre élection après élection et que le rôle dévolu à la CSU semble s’évaporer, la CDU a besoin de transmettre un nouveau flambeau à une nouvelle génération de responsables chrétiens-démocrates qui sauront dire un grand oui à l’Europe, ce qu’Angela Merkel n’a pas su faire. Toutefois, les élections de 2013 devraient annoncer la victoire d’une coalition SPD/Grünen, sauf si Die Linke réalise un très bon score. Si le PS gagne en 2012 et la SPD en 2013, il y a un danger très fort que la politique d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne soit relancée, ce qui ne serait pas rendre service au projet européen et aux idées (authentiquement) européistes.