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29/07/2013

L’Europe de demain, république ou empire ?

Certains partisans d’une Europe unie et/ou fédérale se sentent obligés de prôner un « empire européen », alors que nous oeuvrons au contraire pour une « république européenne ». Même si parfois sous des termes différents, un même projet apparaît, le choix des vocables pour désigner l’Europe de demain n’est pas anodin, car il implique la conception même qu’on peut se faire de notre continent.

Si l’unité de l’Europe a du sens, ce n’est pas pour des raisons géographiques qui pourraient d’ailleurs être contestables, l’Europe de l’Islande à l’Oural ayant été promue par des géographes russes au service du tsar au XVIIIème siècle, mais d’abord et avant tout en raison de la profonde parenté entre Européens, une même naissance qui n’a jamais échappé aux anciens Grecs, Hippocrate étant le premier à parler des Europaioi, ni aux philosophes des Lumières, Montesquieu et Voltaire en tête. C’est parce que les Européens sont frères « nés d’un même sang », pour reprendre une expression du poète Eschyle, que faire leur unité politique est possible.

Or la différence principale entre une république et un empire, c’est qu’une république se veut homogène, même si elle ne l’est pas nécessairement d’une manière totale, alors qu’un empire a vocation à réunir des gens très différents. C’est ainsi que, bien qu’officiellement républicains, les USA peuvent être à raison qualifiés d’empire, en particulier depuis les années 70 et à plus forte raison aujourd’hui alors que les minorités tendent à devenir la majorité. C’était aussi le cas de l’empire mésopotamien, de l’empire perse, de l’empire d’Alexandre, de l’empire romain, de l’empire carolingien, de l’empire russe comme de l’empire austro-hongrois. Un empire est cosmopolite.

Si on admettait l’idée que l’Europe de demain soit un empire, c’est qu’on mettrait la diversité, et pas seulement intra-européenne, comme principe fondateur, et non l’européanité.

En outre, une république est une polyarchie, à savoir que le pouvoir est partagé en plusieurs personnes ou entités politiques, éventuellement entre tous les citoyens. La Thing scandinave ou l’Ecclesia athénienne représentent cette république originelle, conforme à notre plus longue mémoire. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la traduction grecque de « république » est « démocratie ». Même si la république romaine était dominée davantage par des familles aristocratiques, peuplant le Sénat, que par le peuple, au sein des Comices, la rupture fondamentale de 509 avant J.C, avec l’abolition de la monarchie, illustrait remarquablement ce dévouement à l’intérêt général, au point de sacrifier ses propres fils à la res publica, comme le fit Brutus l’ancien.

empire.jpg

En revanche, qui dit « empire » dit « empereur ». Ce mot n’existe pas en latin puisque l’imperator est le général qui dispose du pouvoir d’imperium qu’il a reçu des assemblées. Auguste était princeps, « prince » au sens de premier des citoyens (primus inter pares) parce qu’il se voulait le continuateur de la République et non un souverain. C’est ainsi qu’il refusa d’être appelé « Romulus » mais choisit d’être « Augustus », ne voulant pas donner l’impression au peuple romain de restaurer la monarchie, comme on en avait accusé auparavant César. Un empereur est donc ni plus ni moins qu’un monarque ou si on préfère un autocrate. C’est bien ainsi qu’étaient les empereurs du bas-empire, qualifiés de « domini » ou « seigneurs », le dominat du IVème siècle s’opposant au principat du Ier siècle.

Le modèle de l’empereur romain du déclin, qui se prend pour un empereur perse, exige qu’on se mette à genoux devant lui (proskynèse), c’est le tyran du haut-empire, c’est Caligula, Néron ou encore Commode. Constantin et Théodose ne sont fondamentalement pas différents, alors que Dioclétien au contraire partage le pouvoir entre quatre chefs d’état, deux Augusti et deux Caesares.

Le modèle de l’autocrate vient bel et bien de l’Orient et vouloir une conception impériale pour l’Europe, c’est tourner le dos une fois de plus à la tradition européenne, qui est fondamentalement républicaine. Chez les Indo-Européens, le pouvoir est détenu par une *sebhos, une assemblée du peuple, au sein de laquelle un *regs ou « garant du droit » est élu. Le *regs donnera le mot « roi » (latin rex), mais ce terme ne doit pas être à l’origine confondu avec le sens qu’il a pris au moyen-âge. En revanche, le melekh proche-oriental est un souverain absolu et le représentant de Dieu ou des Dieux sur terre. Alors que les Sumériens possédaient une forme de proto-démocratie avec des cités-état, les Akkadiens puis les Assyriens transformèrent politiquement la Mésopotamie en empire.

La notion allemande de Reich, que l’on traduit généralement par « empire » en français, est-elle-même liée étymologiquement au mot latin rex. Là encore, l’idée d’un Reich européen, outre la connotation négative d’un terme particulièrement dévalorisé par son usage par l’Allemagne nazie, n’est pas conforme aux valeurs et aux principes fondamentaux des Européens depuis l’antiquité la plus ancestrale.

Rappelons qu’au XXème et XXIème siècles, la notion d’ « empire » est systématiquement négative. On songe par exemple à l’Empire dans l’univers Starwars, symbole de la victoire de l’oppression sur les libertés publiques, mais aussi à des expressions comme « l’empire du mal », « l’empire soviétique » ou encore « l’empire colonial ». Ce dernier terme, qui n’avait pas un sens péjoratif à l’origine, mais qui l’a ensuite pris à la suite des mouvements de décolonisation, respectait d’ailleurs son sens véritable. Car l’empire colonial n’est rien d’autre que l’unité contrainte de populations n’ayant rien en commun à part le fait d’être des « prises de guerre » d’une puissance coloniale européenne.

Que la république française ait pu générer un empire, voilà une chose bien étrange. Mais cela n’a pu être le cas que parce qu’une oligarchie a réussi à se maintenir au pouvoir en France, malgré les élections, et a œuvré au profit d’intérêts privés au lieu de celui du plus grand nombre. L’aberration coloniale, qui a permis à certains de s’enrichir considérablement, au détriment du peuple, était le résultat d’une conception impériale dans laquelle on explique « nos ancêtres les Gaulois » à des populations africaines.

Admettre la notion d’empire comme nécessaire pour penser l’Europe unie, c’est ne pas agir dans le sens des intérêts de l’Europe et des Européens, car c’est nier la profonde homogénéité de notre continent, et nier sa capacité à défendre la liberté publique contre les tyrans de toutes sortes, contre les oligarchies. Odium regni, telle devrait être la devise de l’Europe de demain.

Thomas FERRIER (PSUNE)

PS : il est intéressant de noter que chez les plupart des peuples d’Europe, la notion de « roi » est exogène. Le rix celte, le rex latin et le rajah indien, venant de l’indo-européen *regs, ne désigne pas un monarque, pas plus que l’archonte-roi à Athènes ne l’était. Chez les Germains, le « kauningaz » est un « chef de tribu », un kinship leader. Son nom a donné le russe kniaz’ (« prince ») et le finnois kauningas. Le « roi » est chez les Slaves un tsar, un « César » mais aussi un korol’, un « Carolus », du nom latin de Charlemagne. C’est aussi le cas du karãlius lituanien.

23/07/2013

La cote d’amour de l’Europe en berne (Eurobaromètre 79)

drapeau-europeen.jpgL’eurobaromètre de juillet 2013 vient d’être publié par l’Union Européenne. Bien sûr, les questions les plus dérangeantes comme l’identité européenne ou l’élargissement, et notamment le cas de la Turquie, n’ont pas été posées, car on devinait une réponse qui ne plairait pas à nos dirigeants. Mais les renseignements fournis par ce sondage demeurent intéressants.

62% des Européens se sentent citoyens de l’Union, ce qui est tout de même relativement faible. Il faut dire que les avantages de cette « citoyenneté » ne sautent pas aux yeux puisqu’elle n’apporte aucune plus value notable par rapport à la citoyenneté « nationale ». Ce serait différent si la séparation entre ceux qui seraient citoyens européens et ceux qui ne le seraient pas été bien plus significative et si les règles de son acquisition n’étaient pas automatiquement liées à un processus de naturalisation interne à un des états membres. Le principe d’une nationalité européenne, synonyme plus ou moins de citoyenneté européenne, avec des critères précis d’attribution et offrant une « exclusivité citoyenne », renforcerait considérablement une Europe en berne en lui offrant un complément d’appartenance identitaire qui lui fait défaut.

Néanmoins, il y a donc 37% des Européens qui ne se considèrent pas comme citoyens de l’Union mais exclusivement comme citoyen national. La France est légèrement en dessous de la moyenne quant à ce sentiment, car 61% des Français seulement se considèrent comme citoyens européens. C’est bien moins que d’autres pays comme Malte (81%), l’Allemagne (73%) ou des pays plus eurosceptiques en apparence comme le Danemark (71%) ou la Suède (69%), mais c’est toutefois davantage qu’au Royaume-Uni (48%), qu’à Chypre (45%) et en Grèce (44%). L’impact de la crise économique dans ces deux derniers pays explique pour beaucoup ce résultat, alors que l’UE leur apparaît comme punitive. Mais n’oublions pas que le désaveu de la classe politique nationale est encore plus fort.

Même si un vent d’euroscepticisme semble souffler sur notre continent, il s’inscrit dans un contexte de défiance des Européens contre le pouvoir politique, communautaire comme national. 31% des Européens ont confiance dans l’Union Européenne, ce qui est certes peu, mais 26% seulement en leur parlement national, et 25% en leur gouvernement. C’est une crise politique générale à laquelle nous assistons et qui emporte tout sur son passage.

L’optimisme pour l’avenir de l’Union Européenne n’est également pas brillant. 49% restent optimistes, mais 46% sont désormais pessimistes. Parmi les plus optimistes, nous avons le Danemark (72%) et la Pologne (63%), mais 44% seulement des Français le sont, 40% des Espagnols et des Britanniques, 30% des Grecs, 28% des Chypriotes et autant de Portugais.

La question de l’€uro, cette monnaie unique qu’on accuse de tous les maux, est différente. On pourrait imaginer que les pays dans lesquels le sentiment européen est fort seraient les premiers à le soutenir, mais il n’en est rien. Si 51% des Européens y sont favorables, 43% lui sont opposés. Le soutien en France et en Allemagne est modéré (62% et 66%), alors qu’il est nettement plus fort dans certains pays slaves mais aussi en Belgique (76%) et en Finlande (75%).

Les pays qui ne possèdent pas l’€ comme monnaie sont généralement hostiles à cette dernière. 25% des Tchèques, 29% des Polonais, 32% des Danois mais seulement 15% des Britanniques et 19% des Suédois sont favorables à la monnaie unique. Ce désaveu n’est pas surprenant dans le contexte actuel, et notamment au Royaume-Uni, où la propagande €uro-phobe est particulièrement virulente. Paradoxalement, en Hongrie, 50% des habitants sont pour l’€, ce qui n’est pas le cas du futur adhérent à la zone, la Lettonie (43% de pour), et encore moins pour la Lituanie voisine (40%). 79% des Britanniques et des Suédois sont opposés à toute introduction. Dans le cas de la Grèce, en revanche, 60% des Grecs veulent conserver la monnaie unique (36% sont contre) et dans le cas de Chypre, c’est 47/47, la crise bancaire ayant un effet désastreux sur l’image monétaire en général.

On peut ainsi constater que le sentiment européen est à la baisse et qu’en tout cas il ne converge pas avec le soutien à l’€uro. Certains pays où l’européanité est forte (Suède, Danemark) ne veulent pas en entendre parler, alors que les Britanniques sont encore plus hostiles, mais 48% d’entre eux restent européens. La volonté de l’aile dure du parti conservateur de Cameron de sortir leur pays de l’UE divise l’opinion. Le rejet de l’€uro en revanche est très massif.

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De la liberté d’expression comme fondement de la démocratie

RRC-433-1-Obverse.jpgEn France, une détestable « mode » consiste pour des associations, en s’appuyant sur l’existence de lois réprimant certaines opinions, à poursuivre pénalement toute personne tenant des propos qui tendraient à blesser ou à indigner la communauté dont l’association se prétend le porte-parole et le défenseur. Ces associations de nature communautaire, qu’il s’agisse de communautés liées à l’origine, à l’orientation sexuelle ou à un mode de vie, se portent partie civile pour un oui ou pour un non, pour l’expression maladroite d’un élu comme pour la provocation d’un extrémiste.

Cela permet ainsi à certaines associations, dont la légitimité est plus que douteuse, de s’arroger le « monopole de la souffrance » et en conséquence de toucher des tribunaux des sommes assez substantielles, sommes qu’elles n’arrivent pas à obtenir de leurs rares adhérents. Leurs plaintes à répétition surchargent en outre les tribunaux, qui devraient avoir mieux à faire que de condamner des personnes en raison d’un propos ou d’une idéologie, en s’en prenant notamment à des criminels.

Au départ, les lois restreignant la liberté d’expression sont parties de bons sentiments qui semblaient faire consensus. Mais toute dérive commence ainsi. Le législateur a voulu réprimer les propos racistes (loi Pleven de 1972) puis négationnistes (loi Gayssot), dans la suite de la loi Marchandeau d’avant-guerre. Si des historiens se sont émus de voir l’Etat se mêler des questions d’historien, peu les ont contestés, tant ce genre de propos fait horreur au plus grand nombre de nos concitoyens. Ce que ces derniers ignoraient, c’est qu’ils rentraient ainsi dans un processus dont ils finiraient eux-mêmes par être victimes.

En politique, c’est Jean-Marie Le Pen qui a été le plus souvent poursuivi pour des provocations sémantiques qui permettaient de faire parler de lui. En le condamnant, la justice faisait de lui la victime d’une répression politique, l’auréolant alors de la couronne du martyr. La classe politique toute entière, à l’exception de ses partisans, trouvait ces sanctions légitimes. Elle en paie aujourd’hui le prix car maintenant c’est toute la classe politique qui se retrouve sous la menace permanente des tribunaux. Or, ce sont des élus de la république, élus d’abord par le peuple, dont la liberté d’opinion et d’action se trouve désormais limitée.

En démocratie, l’expression populaire, le « pouvoir du peuple », ne saurait être restreinte ou limitée en quelque manière. Si un élu tient des propos qui semblent intolérables au plus grand nombre, il sera sanctionné aux prochaines élections par les électeurs de sa circonscription. Car c’est le peuple qui est juge des élus, et cela ne devrait pas être un tribunal.

En judiciarisant l’expression de l’opinion des élus, on judiciarise du même coup l’expression libre des citoyens. Or quels sont les régimes qui au XXème siècle ont réprimé, parfois d’une manière radicale, l’opinion libre ? Les régimes totalitaires. Eux aussi se sont prétendus être dans le « bon camp » et agir dans l’intérêt général. Tout le monde sait ainsi que dans les années 80 les humoristes avaient une bien plus large liberté d’expression qu’aujourd’hui. A partir de la plainte contre Patrick Timsit, au début des années 90, le ton a changé. L’humoriste peut se retrouver responsable devant un tribunal de ses jeux d’esprit, pour peu qu’ils aient offensé tel ou tel.

L’indignation de la classe politique envers un élu qui aurait « dérapé » est à la hauteur du laxisme dont elle fait preuve dans des affaires pénales bien plus graves. Si les propos d’un député UDI comme Bourdouleix sont inacceptables de l’avis d'un ministre de tout premier plan, alors leur expression est de même nature et de même gravité que les comportements jugés intolérables par ce même ministre à Trappes ou sur le Trocadero. Tout se vaut. Un propos imbécile d’un élu est alors de même rang que l’agression d’un policier, ou pire encore.

Le dit ministre réclame pour cet élu « une peine exemplaire » et même « des sanctions très lourdes ». Mais n’est-ce pas ce qu’il demande aussi lorsqu’un criminel s’en prend à un policier ou même commet un meurtre ? Un élu qui exprime une opinion choquante se comporte-t-il comme un émeutier qui brûle des voitures ou comme un voleur qui cherche à dépouiller les victimes d’un accident ferroviaire ? En mettant sur le même plan l’un et l’autre, en usant de termes répressifs extrêmes, pour l’un comme pour l’autre, n’est-ce pas banaliser de ce fait des actes criminels, en les plaçant au même niveau qu’un délit d’opinion ou qu’un délit de presse ?

En outre, en quoi la séparation des pouvoirs entre le politique et le judiciaire est-elle assurée lorsque des ministres prennent position et exigent de la justice qu’elle aille dans leur sens ? Cela a été notamment le cas dans l’affaire Méric.

Cette dérive judiciaire, qui est consubstantielle au principe de limiter la liberté d’expression, sous quelque prétexte que ce soit, et que les législateurs américains au XVIIIème siècle avaient craint, d’où le premier amendement à la constitution américaine sanctuarisant cette liberté, doit être combattue, et ce même si cela implique que des individus dont on désapprouve totalement les propos puissent les exprimer sans que la justice ne puisse intervenir.

La première mesure de bon sens, applicable dans le cadre français, serait d’interdire juridiquement à des personnalités morales, comme les associations, de se porter partie civile contre une personnalité physique, dont la libre expression les aurait heurtées. Seule la diffamation publique d’individu à individu devrait être poursuivie et condamnée.

La seconde serait, en conformité avec les différentes déclarations en matière de droits de l’homme, de sanctuariser en Europe cette liberté d’expression par l’équivalent d’un premier amendement intégré aux traités en vigueur et aux constitutions des Etats membres.

6814mus-agora.jpgEn outre, la politisation de la justice, par le lien maintenu entre le gouvernement et la magistrature en France, et par le poids d’une idéologie dominante intégrée à la formation des magistrats, est fondamentalement une atteinte aux principes démocratiques. Pour une justice au service des citoyens, et non au service du pouvoir ou de groupes de pression, il faut imposer l’élection des juges au suffrage universel (par circonscription). En conférant aux magistrats une légitimité démocratique égale à celle des représentants du peuple dans les assemblées, on leur assure d’office l’indépendance requise pour rendre la justice sans tenir compte de la pression gouvernementale ou des idéologies à la mode. C’est ainsi que la séparation des pouvoirs sera assurée.

La liberté d’expression apparaît donc comme le révélateur de l’état d’une société humaine. Lorsqu’on veut la limiter, c’est qu’on se méfie du peuple, et cette démophobie est la base de toute oligarchie, qui n’est autre que la tyrannie de quelques uns au détriment du plus grand nombre. En donnant le droit, même et surtout à ses adversaires, de dire ce qu’ils pensent, sans crainte, on défend ainsi les libertés fondamentales du peuple.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

21/07/2013

L’affaire Vikernes, révélatrice d’une dérive politique et médiatique

Varg Vikernes,arrestation,police,paganisme,AsgardLes deux dimensions de Kristian Vikernes, celle d’un musicien de folk metal, animateur du groupe Burzum, à la musicalité si particulière, et à vrai dire assez peu audible, et celle d’un criminel condamné pour meurtre à plus de vingt ans de prison, m’étaient connues. J’ignorais parfaitement le devenir de cet individu, et notamment le fait qu’il vivait en France, ne m’étant intéressé à lui que suite aux actions infâmes d’un Breivik, constatant alors qu’il condamnait l’acte de ce déséquilibré d’une manière certes fort peu recommandable.

En plein mois de juillet, avec stupéfaction, j’apprends l’arrestation de Vikernes et de son épouse française. C’est même une information jugée primordiale par la presse écrite comme télévisuelle, puisqu’il est suspecté d’avoir envisagé de réaliser un attentat « de grande envergure ». J’ai peine à croire une telle information, qui sera en partie invalidée par les déclarations du ministre de l’intérieur pour qui Vikernes n’avait aucun projet réel. Au final, en croisant les données, il semblerait que l’arrestation de ce norvégien soit due à des propos extrémistes tenus sur son blog, dans le contexte des accusations, désormais confirmées, selon lesquelles des « jeunes » auraient caillassé les forces de l’ordre et tenté de dérober les effets personnels des victimes du drame de Brétigny sur Orge, et à l’achat légal de plusieurs fusils par son épouse.

Je comprends vite que le suspect sera relâché, faute d’éléments probants, car ce faisceau d’indices paraît faible. Son épouse sera relâchée au bout de deux jours, Vikernes le sera au bout d’une soixantaine d’heures. A son issue, il sera poursuivi pour « provocation à la haine raciale » et « apologie de crimes de guerre », ce qui relève donc d’un délit par voie de presse, une façon pour le gouvernement de ne pas faire totalement chou blanc.

Comment peut-on reconstituer d’une manière certes hypothétique les évènements ? En raison de son parcours spécifique et de sa radicalité manifeste, ayant depuis longtemps tenu des propos hostiles aux immigrés et aussi à la communauté juive, il était fort légitimement suivi par les forces de l’ordre. Celles-ci ont certainement dû indiquer à leur hiérarchie les différents éléments laissant supposer une action menaçante de ce nationaliste. Il est évident qu’alors une haute autorité a lancé le feu vert pour mettre en œuvre une intervention musclée à son endroit.

Mais c’est le traitement médiatique de l’affaire qui pose question, car après tout, les policiers sont souvent obligés de recourir à leur intime conviction et peuvent se tromper, exagérant une menace qui après coup paraissait imaginaire. Lorsqu’un extrémiste est interrogé par la police, il n’en est pas fait état ou alors d’une manière très mesurée. Or, dans le cas de Vikernes, on a eu le droit à une avalanche d’articles, souvent mal informés, à des analyses plus ou moins justes de spécialistes, parfois auto-proclamés, de « l’extrême-droite », à sa photographie en première page de sites ou de journaux, à des détails précis sur sa vie.

La première erreur fut de le rattacher idéologiquement à Breivik. Très vite, après que des analystes comme Jean-Yves Camus aient démontré que cela n’avait rien à voir, la presse écrite a cessé de faire référence au tueur d’Utoya. En revanche, jusqu’au dernier jour de garde à vue, les journaux télévisés n’ont cessé de répéter en boucle que Vikernes était « un admirateur de Breivik ». Par ailleurs, de nombreux articles en sont venus à diffamer la religion germano-scandinave Asatru, reconnue dans au moins trois pays européens (Islande, Norvège et Danemark), et parfaitement respectueuse des lois, et à taper sur le « néo-paganisme », certains associant même, contre tout bon sens, "Varg" Vikernes à Dominique Venner.

Varg Vikernes,arrestation,police,paganisme,AsgardEnfin, la presse a rappelé que Vikernes avait apporté un soutien sur son blog au vote en faveur de Marine Le Pen en 2012, preuve qu’il ne connaissait que très superficiellement le Front National, parti certes infiniment contestable sur de nombreux sujets, et notamment sur la question européenne, mais très éloigné de ses préoccupations premières. Cela a donné l’impression qu’il n’avait été arrêté que pour nuire à un FN en hausse dans les sondages, inquiétant une gauche qui a toujours soutenu implicitement le FN lorsqu’il gênait la droite, mais commence à le craindre désormais, puisqu’elle devient victime de son « golem ». En effet, l’électorat populaire de souche européenne semble désormais se détourner massivement de la « gauche », soutenant non seulement la droite mais aussi l’extrême-droite. Le rejet d’Hollande par le peuple semble de plus en plus massif, ce dernier ne bénéficiant plus que du soutien « des banlieues », soutien qui se monnaie très cher, car les évènements de Brétigny sur Orge et de Trappes favorisent encore une fois le FN, des fonctionnaires qui s’illusionnent sur la protection que le PS leur accorderait en matière de préservation des « acquis sociaux », et surtout des « bobos » des beaux quartiers, qui vantent une diversité qu’ils ne côtoient pas. Ca fait 23 à 26% des français au grand maximum, c'est-à-dire la cote du président de la république dans les sondages depuis des mois.

De ce point de vue là, l’attitude de la presse dans l’affaire Vikernes a été en dessous de tout, mais le principal responsable est celui qui leur a donné les « éléments de langage » car il est manifeste que des informations, plus ou moins justes, ont filtré et même ont été communiquées à la presse. Soit un fonctionnaire a commis une faute professionnelle en l’alertant d’une manière excessive, soit il y a eu une intention politique d’instrumentaliser cette arrestation afin de s’en servir contre le FN. Le résultat ne semble pas heureux.

Marine Le Pen n’a pas réagi en France, mais en revanche elle a répondu à la presse norvégienne, affirmant que « tout le monde sait que ce genre d’extrémistes n’a pas sa place chez nous », mais est allée plus loin en indiquant que, si elle avait été au pouvoir, Vikernes n’aurait jamais pu s’installer dans notre pays. Or, en épousant une française, il bénéficie selon les lois en vigueur, lois que Marine Le Pen n’a jamais prétendu dénoncer, du droit non seulement de venir dans notre pays mais d’acquérir notre nationalité. En outre, c’est jeter l’anathème une fois de plus sur l’ouverture des frontières au sein de l’Union Européenne. Rappelons toutefois que la Norvège n’est pas membre de l’UE et ne souhaite pas pour le moment la rejoindre.

La réaction de Marine Le Pen est symptomatique d’une peur d’être associée à des individus au discours peu compatible avec la démocratie et surtout avec le discours dominant, et témoigne aussi d’une obsession europhobe. Mais cette peur est mauvaise conseillère car cette affaire montre que l’information en France est manipulée, soit par méconnaissance des sujets évoqués, soit par médisance, et c’est inquiétant dans une démocratie, où la presse a le devoir d’être irréprochable puisqu’elle informe les citoyens et oriente donc indirectement leur vote. Sa neutralité, sa probité et la qualité de son information sont des exigences absolues. Une fois de plus, on a préféré jeter l’anathème sur un individu au passé plaidant contre lui plutôt que de s’interroger de manière distancée et critique sur cette action de police.

Varg Vikernes,arrestation,police,paganisme,AsgardEnfin, une fois que l’erreur est avérée, aucune auto-critique n’a été faite. On a jeté en pâture le nom et le visage d’un homme, nuisant considérablement à ses intérêts et à son image auprès de ses voisins, et lorsque tout se dégonfle, se résumant à un vulgaire délit de presse, on ne dit plus rien. Or cette affaire devrait servir de leçon et inciter les services de presse à davantage de prudence, au lieu de suivre comme un troupeau des bribes d’informations ne contenant que des parcelles de vérité.

Même si l’idéologie développée par Kristian Vikernes est tout à fait détestable, cela n’a rien à voir avec la foi religieuse qui l’anime, qui est en soi respectable, même si elle est bien mieux illustrée par des gens de valeur comme Olafr Magnusson, que j’ai évoqué récemment. Honorer les dieux d’Asgard ne relève pas d’un quelconque extrémisme. Au contraire, le polythéisme invite à la tolérance et non à une vision manichéenne opposant des « gentils » à des « méchants ». Le discours de Vikernes prouve qu’il n’a pas été capable de rompre avec un état d’esprit propre aux monothéistes et qu’il a encore beaucoup à apprendre avant d’être un vrai païen.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

14/07/2013

Quand "Marianne" découvre le paganisme

marianne_m-266x200.jpg"Constantin a-t'il commis une troisième erreur en répudiant le paganisme, ciment de la gréco-romanité, au profit du christianisme ? C'est ce qui permettra à Théodose d'en faire une religion unique d'Etat, avec tout ce que cela implique...", affirme ainsi le journaliste François Darras dans le Marianne n°847 de cette semaine consacré aux "plus grandes erreurs de l'histoire".

Darras (re)découvre ainsi ce que l'apostasie de l'empereur Constantin, meurtrier des siens, a causé comme tort à l'Europe. Ce n'est pourtant pas pour rien que l'historien Piganiol avait osé affirmer que "Constantin a trahi Rome". Il est amusant de constater qu'un journal de "gauche" comme "Marianne" peut retrouver dans certains cas sa lucidité et les accents de la gauche historique authentique. Il est dommage que "Marianne" perde en revanche tout sens critique lorsqu'il s'agit de questions comme l'immigration ou l'islam. A quand un article de fond pour dénoncer le laxisme migratoire prôné par le pape François, qui est de même nature que l'acte de la noble romaine Faltonia Proba, qui était chrétienne, lorsqu'elle fit ouvrir en 410 PC les portes de Rome à ses ennemis, sous prétexte qu'eux aussi étaient chrétiens ?

Alors, journalistes de "Marianne", encore des efforts pour devenir (vraiment) républicains !

Inna Chevchenko, une européenne au service du mondialisme

67321080-femen-activist.jpgL’ukrainienne Inna Chevchenko est connue comme la dirigeante principale du mouvement Femen, né en Ukraine il y a quelques années. Représentée les seins nues et des fleurs dans les cheveux, elle pourrait passer pour une païenne moderne honorant l’Aphrodite d’Or, ou la Lada slave. Son combat pour la liberté des femmes et une saine féminité est d’un premier abord plutôt sympathique. Lorsqu’elle fustige l’intégrisme islamique en Tunisie ou lorsqu’elle proteste contre le comportement supposé de Strauss-Kahn, elle paraît animée d’une conviction sincère. Elle ressemble alors aux Amazones de la mythologie grecque, inspirées des femmes guerrières des peuples sarmatiques, Sarmates qui vivaient justement dans l’antiquité sur le territoire de l’actuelle Ukraine.

Mais sous les traits d’une Aphrodite, Inna Chevchenko cache ceux d’Hécate. En effet, Inna Chevchenko bénéficie de soutiens puissants, ce qui lui a permis d’obtenir d’une manière très facilitée, et pour des motifs plus que discutables, le droit d’asile en France. Son mouvement dispose même d’un local mis à disposition par la mairie de Paris dirigée par le socialiste Bertrand Delanoë et les autorités policières semblent particulièrement bienveillantes à son égard, celui-ci jouissant de fait d’une quasi impunité judiciaire, alors que dans le même temps des militants de la « Manif pour tous » sont régulièrement arrêtés sous des prétextes douteux.

En plus de soutiens français, qu’elle a obtenus en se ralliant d’une manière parfaitement opportuniste aux causes défendues par le PS, notamment le « mariage pour tous » et la lutte contre « l’extrême-droite », Chevchenko est financée par des oligarques internationaux, notamment américains. Cela explique cette obstination des Femen, y compris en France, à porter sur leur poitrine des slogans provocateurs rédigés en anglais. C’est dire qu’elle n’est plus une femme libre et que son combat est désormais détourné vers un soutien au libertarisme le plus pitoyable de l’Occident décadent. Bien évidemment, elle s’est en outre mise au service de la géopolitique de Washington, d’où son soutien au groupe anarchiste russe Pussy Riot, et préfère taper sur Poutine que prendre la défense de Timochenko, qui a plus fait pour l’image de la femme ukrainienne que ne le feront jamais les Femen.

Elle a donc bénéficié du droit d’asile par la grâce d’un premier ministre « socialiste », alors qu’Edward Snowden, ce courageux euro-américain qui a révélé à la presse d’Europe que nos dirigeants étaient écoutés par les services américains de renseignement, scandale qui ne semble pas offusquer un Gustavo Barroso et pour cause, n’a pas eu cette chance. Il est vrai que Snowden a osé prendre la défense des Européens, ce qui est proprement inacceptable aux yeux d’une classe politique européenne vendue à des intérêts étrangers. Seul Vladimir Poutine a fini par lui accorder le droit d’asile, en le présentant comme le nouveau Sakharov qu’il est bel et bien en vérité.

Et pourquoi elle l’a eu en France et non lui, alors même qu’elle vient d’un pays européen démocratique et ami ? Le prétexte est qu’elle risquait une mise en examen pour s’être attaquée à une croix chrétienne en bois qu’elle a découpée à la tronçonneuse. Or, en France aussi, son comportement tombait sous le coup de la loi. Ce droit d’asile n’est donc absolument pas justifié.

rodno.jpgEn outre, il est bon de revenir sur cet acte provocateur qui l’a faite connaître car il est symptomatique d’une démarche sectaire, la même qu’elle reproche, non sans raison d’ailleurs, aux religions monothéistes. En 2010, la communauté païenne d’Ukraine a fait construire sur une des collines de Kiev une statue dédiée au dieu Perun, le dieu de l’orage des anciens Slaves. En 2011, cette statue a été détruite par des chrétiens fanatiques, ne supportant pas que des Européens osent honorer leurs dieux et non le dieu proche-oriental dont Vladimir a imposé le culte à leurs ancêtres. L’acte de Chevchenko à l’égard de la religion chrétienne est de même nature que l’acte de ces vandales chrétiens vis-à-vis de cette statue d’un dieu païen. Elle est donc mal placée pour dénoncer l’intolérance des catholiques en France vis-à-vis du « mariage gay ».

Rappelons à ce propos que les militantes Femen, qui prétendent vouloir défendre les femmes, ont osé s’en prendre à d’autres femmes, manifestant avec des enfants en bas âge dans des poussettes, et ce dans les rues de Paris, lors du premier défilé contre le « mariage pour tous ».

L’un des derniers faits d’armes de ce groupe d’action féministe est une énième profanation de Notre-Dame. Une « Femen » a ainsi fait irruption dans la cathédrale, les seins recouverts de slogans anti-chrétiens peinturlurés, et a imité d’une manière injurieuse l’acte sacrificiel de Dominique Venner qui avait été commis la veille. Or, il convient de rappeler que Venner n’était en rien un catholique mais quelqu’un qui n’a jamais caché ses convictions païennes et a toujours dénoncé le fanatisme des sectateurs des religions du livre.

Qui imite les talibans en s’en prenant aux fidèles d’une autre religion, en salissant le témoignage politique d’un Européen à la longue mémoire, en prônant la tolérance mais en pratiquant de fait la violence ? Où est le courage politique lorsqu’on se rallie au pouvoir en place et qu’on bénéficie en conséquence de ses indulgences ?

Mais il est bien naturel pour les Femen de donner des gages à ceux qui les financent, détournant ainsi un combat au départ légitime et respectable vers la promotion d’une idéologie gauchiste au service d’intérêts américains, le tout soutenu par le Parti « Socialiste » français. Cela permet ainsi à Inna Chevchenko d’être soutenue par la militante professionnelle Caroline Fourest, qui lui consacre une biographie à sortir prochainement. C’est donc la reconnaissance pour cette jeune ukrainienne dont le seul « mérite » aura été de se vendre avec armes et bagages à l’idéologie mondialiste et de trahir ainsi les intérêts des femmes d’Ukraine et des femmes d’Europe.

Thomas FERRIER

Secrétaire général du PSUNE

PS: la seconde image de cet article illustre ce qu'est l'authentique féminisme européen, avec cette image d'une jeune païenne slave, l'épée à la main. Inna, tu te trompes de combat !

13/07/2013

Quand le pape François renie l'Europe !

Pagan_vs_christian.jpgIl y a quelques jours, celui qui se fait appeler « évêque de Rome », rejetant avec dédain l’image des papes de la Renaissance, défenseurs de l’humanisme européen, des papes capables de faire représenter l’Académie de Platon au sein même de leur palais et appelant au soutien en faveur des Byzantins, menacés de submersion par les conquérants ottomans, à savoir le pape Franciscus [« François »], s’est rendu sur l’île italienne de Lampedusa, qui subit depuis plusieurs années le débarquement régulier de clandestins africains, notamment musulmans, en grand nombre.
 
Au lieu d’apporter son soutien aux populations locales, il a préféré tenir un discours moralisateur condamnant le mauvais accueil que les Européens réservent à ces migrants clandestins qu’il a rebaptisés « réfugiés » et a appelé à l’ouverture à « l’Autre ». Ce discours, qui constitue un appel d’air supplémentaire à une immigration clandestine devenue insupportable aux yeux de plus en plus d’Européens, démontre si besoin est que la papauté tourne désormais le dos à l’Europe.
 
Il faut également savoir que François a refusé d’assister il y a quelques semaines à un concert dédié à l’Année de la Foi et où a été joué la neuvième symphonie de Ludwig von Beethoven, qui n’est autre que l’hymne européen. Il est vrai qu’un hymne qui commence par « O Freunde, tochter der Elysium », Ô Joie, fille d’Elysion, ne peut pas plaire à un pape rejetant la tradition humaniste européenne au profit d’un humanitarisme tiers-mondiste et marxisant tout à fait inapproprié.
 
Alors que l’Europe continue de se déchristianiser, annulant ainsi les effets de la conversion forcée de nos ancêtres par les talibans de Théodose et ses successeurs, le pape cherche à flatter ses nouveaux « marchés de la foi », que sont notamment l’Afrique et l’Asie. En Inde même, les évangélisateurs chrétiens et les prédicateurs musulmans travaillent main dans la main pour combattre l’Hindutva, l’idéologie nationale hindoue et indienne. Si l’Eglise a pris position aux côtés des jeunes Européens lors du débat en France contre le « mariage pour tous », c’est parce que cela ne lui coûtait pas cher, puisque les musulmans et les chrétiens africains sont en première ligne contre une telle disposition législative. Ces Européens, qui ont cru que l’Eglise les défendait, se sont trompés, de la même façon qu’ils ont été abusés par l’égérie Frigide Barjot.
 
Avec sa déclaration de Lampedusa, le pape François prend position. Il rejette les expressions par trop païennes de « souverain pontife », expression issue de la religion romaine ancienne (pontifex maximus), et de « pape », issue du mithraïsme. Il redevient donc l’évêque de Rome, mettant fin à cette papauté née de la ruine de l’empire romain et fondée sur un faux célèbre, la Donation de Constantin. Néanmoins, il continue de disposer des richesses accumuléss par l’Eglise lorsque celle-ci s’est emparée des biens des temples païens, du revenu des terres que les souverains chrétiens lui ont abandonnées et de la dîme payée par tous les paysans d’Europe occidentale pendant des siècles. Mais ces richesses, il n’entend pas les mettre à disposition des Européens dans le besoin. Une organisation vaticane comme Caritas apporte ainsi son aide aux populations immigrées venus du tiers-monde et installées en Europe, au mépris de lois que les gouvernements n’ont plus le courage de faire respecter et sans tenir compte de l’avis des populations européennes obligées de cohabiter avec des gens dont la présence n’était pas désirée et sur laquelle elles n’ont jamais été consultées.
 
Comme s’il s’agissait d’une réponse aux propos inconscients d’un pape qui encourage une évolution mortifère pour l’Europe, l’homme politique et ancien maire de Reykjavik, l’islandais Olafur F. Magnusson a réagi le 11 juillet dernier au projet de construction d’une mosquée en plein centre de la capitale. Il dénonce le caractère prosélyte de l’islam et, évoquant les émeutes de Malmö, souhaite protéger les femmes contre la violence religieuse et préserver l’identité nationale. Il ajoute même qu’il faut stopper l’expansion de l’islam.
 
Mais Magnusson ne le fait pas au nom du christianisme qui devrait se défendre contre l’islam, pas du tout même. Il explique que si un lieu de culte doit bénéficier du meilleur emplacement d’Islande, alors c’est à l’association Asatru, le mouvement païen germano-scandinave d’Islande, qui honore les dieux d’Asgard, Thor et Odin en tête, d’en disposer. Il affirme ainsi « le droit absolu » pour les Islandais païens « d’obtenir le meilleur emplacement dans la capitale » et ajoute qu’ « ils étaient là avant que les chrétiens ne leur imposent leur idéologie » et qu’ils sont « dans le pays depuis toujours ».
 
lampedusa,pape françois,immigrationnisme,gauchisme,paganisme,europe,clandestinsMagnusson démontre ainsi qui sont les véritables défenseurs de l’Europe et que c’est par le recours à la tradition spirituelle européenne la plus authentique que nous pourrons demain vivre dans une Europe puissante et protégée. Alors que la croix se fait croissant, le marteau de Thor, lui, ne faiblit pas.

Quand tous ces jeunes Européens, qui veulent sincèrement défendre l’Europe, et défilent même pour s’opposer aux forces d’involution à l’œuvre, se réclament du christianisme, ils sont abusés. Et à Lampedusa, les païens rendraient des sacrifices au dieu Neptune en personne pour que leurs côtes demeurent préservées.
 
Car défendre l’Europe et les Européens n’est pas une tâche facile et nécessite du courage politique et moral, celui de faire ce qui est nécessaire, avec toute la fermeté requise. Il est facile pour un pape de donner des leçons alors que ce n’est pas lui qui paiera les conséquences de son laxisme et de ses encouragements inconsidérés à un flux migratoire auquel il conviendrait de s’opposer.
 
Dans ce combat pour une Europe qui ne veut pas mourir, d’une Europe qui aspire à la renaissance de sa civilisation, le pape a choisi de se ranger dans le camp de l’Anti-Europe. L’Eglise n’y gagnera rien et continuera même de perdre le peu de crédit dont elle dispose encore sur notre continent. Et désormais, il est clair que les Européens n’ont à attendre aucun salut venant de la religion chrétienne, bien au contraire.
 
Thomas FERRIER

Secrétaire général du PSUNE

30/06/2013

L'Europe de Schmidt n'est pas l' "Europe" de Hollande !

20070607g8giscard_0.jpgHelmut Schmidt, ancien chancelier social-démocrate allemand (1974-1982), évoquait à la radio suisse RTS la problématique migratoire ce mercredi 26 juin 2013. Dans ce cadre, Schmidt distingue radicalement l’immigration intra-européenne et l’immigration extra-européenne. Selon lui, « en ce qui concerne l’Italie ou la Grèce, il n’y a pas de problème ». Il ajoute que « la libre circulation à l’intérieur de l’Europe n’est pas dangereuse » et que « le problème n’est pas dû à l’immigration italienne, grecque ou espagnole ».

En revanche, Schmidt considère que « la culture turque est bien plus différente ». C’est d’ailleurs pour cela que Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, qui font partie des consolideurs de l’Union Européenne, sont farouchement opposés à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Reprenant des accents qui rappellent les propos de Giscard d’Estaing dans Le Figaro Magazine en 1991, il explique que « le problème de l’immigration en Europe est dû à l’immigration issue de cultures étrangères, notamment marquées par l’islam » et que ce qui est dangereux selon lui, c’est le « mélange avec des cultures étrangères », sous-entendus étrangères à « la communauté de culture en Europe », c'est-à-dire à la civilisation européenne.
 
Source radio des propos d'Helmut Schmidt:
RTS+
Analyse:
LBTF

29/06/2013

Analyse des résultats complets et définitifs des élections albanaises

 
482_2.jpgAlors que le site officiel de la commission électorale reste bloqué à 99,55% du dépouillement, le journal Shqipteria nous donne le tableau complet des résultats au niveau national sur l’ensemble des bureaux de vote (5508).

Le Parti Socialiste d’Edi Rama est le premier parti du pays avec 41,5% des voix (+ 0,6), obtenant 66 députés (+1) mais il progresse très peu. Ce n’est donc pas sur ses seules forces que la coalition qu’il dirige, l’Alliance pour une Albanie Européenne, mais grâce aux résultats de ses alliés. La LSI (Socialistes pour l’Intégration), formation modeste, triomphe avec 10,5% des voix (+5,6) et 16 députés (+12). Elle est le véritable vainqueur du scrutin et, en ayant choisi le camp de Rama, elle lui permet de devenir premier ministre. N’ayant que 66 sièges sur 140, même en comptant les deux sièges obtenus par le Parti Chrétien Démocrate (0,5% et 1 siège) et le mouvement Bashkimi (0,8%, 1 sièges), le PS est contraint de faire d’importantes concessions à son partenaire principal. Les autres listes associées connaissent en revanche un résultat plus modeste, le PDS tombant à 0,7% des voix, le PSDA (sociaux-démocrates) à 0,6% (-1,2), l’Alliance Populaire à 0,5% (+0,5), le Parti socialiste et vert 91 à 0,4%.

Néanmoins, l’alliance ASE obtient en score cumulé 57,7% des voix, ce qui constitue une large victoire et surtout incontestable. Elle progresse de 12,3% et de 18 sièges, avec 84 sièges en tout, soit quatorze de plus que la majorité absolue au parlement.

Le Parti Démocrate de Sali Berisha est le grand perdant du jour, même si sa coalition « Aleanca per Punesim, Mireqenie e Integrim » obtient 39,4% des voix. Le PD n’obtient en effet que 30,6% des voix, soit 9,4 points de moins qu’en 2009 et 49 députés (contre 68 précédemment). C’est davantage la chute du PD qui explique à lui seul ce résultat désastreux qu’un désaveu de ses alliés. Le Parti pour les Droits, l’Intégration et l’Unité (PDIU) obtient 2,6% des voix (+1,7) et 4 sièges (+3). Le Parti Républicain (PRS) obtient 3% des voix (+0,9) et 3 sièges (+2). Le Parti « Démochrétien » obtient enfin 0,8% (-0,1) tout comme le Balli Kombëtar qui se contentera de 0,3% (-0,1). Les autres formations de la coalition demeurent marginales.

Les listes indépendantes sont quant à elles écrasées par ce duel fratricide, le FRM (Mouvement démocratique) n’obtient que 1,7% des voix, et 0 siège puisqu’il ne fait pas partie d’une coalition. Le système albanais ressemble en effet au système italien en ce sens que la barre à franchir est beaucoup plus haute lorsque l’on est seul qu’accompagné. L’Alliance Rouge et Noire (Aleance Kuq e Zi ou AK) a échoué également, avec 0,6% des voix seulement. Cette formation nationaliste, créditée en début d’année de plus de 12% des voix dans les sondages, n’a cessé de s’effondrer. Le vote utile aura fait le reste, en plus de la méfiance de beaucoup d’albanais pour leurs voisins kosovars, y voyant peut-être un frein à leur propre intégration à l’Union Européenne. Celle-ci a été plébiscitée et le parti le plus pro-européen (mais pas au sens d’un européisme authentique, bien sûr) a triomphé. Enfin, la Ligue pour les Droits et le Progrès (LDP) n’obtient que 0,1% des voix.

Edi Rama sera donc premier ministre et Sali Berisha retournera dans l’opposition. A 68 ans, sa carrière n’est pas nécessairement terminée, mais il aura fort à faire pour retrouver le crédit lui permettant à nouveau de s’imposer dans quatre ans. Quant à Rama, il aura une mission difficile, s’opposer à la corruption qui gangrène l’Albanie et crédibiliser la demande d’adhésion du pays à l’UE, par des réformes structurelles profondes.

On notera enfin que l’Albanie, pays prétendument musulman, n’a vu la candidature d’aucune liste se revendiquant de l’islam, alors que plusieurs listes démocrates-chrétiennes étaient présentes en revanche, dans les deux camps. Les courants classiques d’Europe occidentale sont pleinement représentés, y compris un « Front National » (Balli Kombëtar) intégré à la droite classique. Quant au nationalisme albanais à vocation expansionniste, il est largement désavoué. L’idée d’unification de l’Albanie et du Kosovo a été nettement rejetée. On comprend bien que l’objectif numéro 1 de l’Albanie, ce n’est ni l’islam ni le nationalisme, mais bien l’Europe. En revanche, un processus d’adhésion trop lent en faveur d’une Union Européenne trop faible pourrait changer la donne défavorablement. Pour cela, l’UE doit devenir réellement une Europe politique et surtout une Europe identitaire, décidée à se faire respecter par les USA, mais aussi affirmant clairement ses valeurs les plus fondamentales, les plus ancestrales aussi, en rejetant définitivement la candidature turque.

L’Albanie a vocation à rejoindre l’Union Européenne, mais pas la Turquie. L’Albanie est globalement désislamisée quand la Turquie se réislamise sous la conduite de l’AKP d’Erdogan. L’Albanie est européenne, la Turquie ne l’est pas. Les électeurs albanais l’ont une fois de plus démontré avec beaucoup de maturité.
 
LBTF

24/06/2013

Elections albanaises, victoire probable de la gauche (résultats partiels)

Sali Berisha,Edi Rama,PS,PD,AKZ,élections parlementaires albanaises,2013A un peu moins de 50% du dépouillement, selon les données fournies par région par la commission électorale albanaise, la victoire du Parti Socialiste (PSS) paraît indiscutable, avec une avance certaine. Il n’y a que dans la région de Kukës que le PD est majoritaire (51,21%) sans alliés.

Dans la région de Shkodër, PSS et LSI (« gauche socialiste ») réunis obtiennent plus de 40% des voix, contre environ 42% pour la coalition autour du Parti Démocrate de Berisha.

Dans la région de Lezhë, la gauche est à plus de 48% des voix contre un peu moins de 41% des voix pour le PD (PD + PDK + Parti Républicain d’Albanie). Dans la province de Dibër, 49% des voix se sont portés sur la coalition PSS+LSI. La droite, bien qu’étant le premier parti hors coalition, est en revanche largement dominée en coalition.

La victoire probable de la gauche paraît évidente dans les grandes villes que sont Durrës et la capitale Tiranë. A Durrës, la gauche coalise au moins 47% des voix, la droite étant aux alentours de 42%. A Tiranë même, PSS+LSI, et sans tenir compte de petites listes de gauche associées au PSS, dépassent nettement les 50%, 52% précisément pour les deux partis uniquement.

Dans les régions méridionales, le phénomène est comparable, avec le renfort du Partia Bashkimi dans au moins trois d’entre elles. En Elbasan, PSS+LSI représentent 52,5% des voix, et dans la région de Fier, 54% environ. Dans celle de Berat, PSS+LSI dépassent les 70%, ce qui constitue un véritable désaveu pour le parti de Sali Berisha. En Korçë, là encore PPS et LSI réunis obtiennent plus de 52,5% des voix.

Dans la province de Vlorë, à la frontière grecque, le PSS et la LSI réunis obtiennent 58% des voix environ, dépassent là encore de très loin le Parti Démocrate, malgré le renfort d’autres partis (PDK et PDIU). Enfin, dans celle du Gjirokastër, à l’ouest de la Macédoine albanaise, la gauche dépasse les 62% des voix.

Dans les provinces les plus peuplées comme dans celles du sud, le Parti Socialiste d’Albanie domine largement la droite, notamment grâce au renfort de la LIS (Lerizja Socialiste për Integrim). La coalition dépasse le Parti Démocrate dans toutes les régions sauf deux, et il n’y a que dans la région de Kukës, à la frontière d’avec le Kosovo que la coalition de Sali Berisha s’impose.

Les autres formations politiques indépendantes sont en revanche largement dominées. L’alliance « rouge et noire » (Aleanca Kuq e Zi), nationaliste, est écrasée, les derniers sondages indiquant déjà cet effondrement prévisible. AKZ se retrouve selon les régions entre 0,25% des voix et 1,15% (à Tiranë), et le plus souvent aux alentours de 0,5% des voix au mieux.

Le mouvement néo-démocratique (FRD) échoue lui aussi, oscillant entre 1,18% (Lezhë) des voix et 3,07% des voix (Dibër).

La publication des résultats complets des élections législatives albanaises devrait affiner l’analyse mais ne devrait pas modifier de manière significative ce résultat. Malgré une annonce contraire, le parti au pouvoir paraît vaincu et Edi Rama serait ainsi le probable premier ministre.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

23/06/2013

Le « tous contre un » passe de justesse

ump-lol.jpgLe second tour de l’élection partielle de la troisième circonscription du Lot et Garonne se déroulait ce dimanche, opposant à la désagréable surprise du PS, grand vaincu du premier tour, le candidat UMP Jean-Louis Costes, que Jérôme Cahuzac aurait décrit aujourd’hui au journal Le Monde comme un homme « détesté du plus grand nombre », au candidat FN Etienne Bousquet-Cassagne, fils d’un notable de droite de la région.

Alors que le PS avait appelé à un Front Républicain, dans une circonscription classiquement située au centre-gauche, afin de barrer la route à un potentiel troisième député pour le FN, la participation a augmenté mais avec un vote blanc important, près de 8% des bulletins. Il s’agit de toute évidence d’électeurs de gauche refusant de choisir entre la droite et l’extrême-droite.

Avec 53,76% des voix contre 46,24% pour son adversaire, le candidat UMP s’impose. Il a pu récupérer une partie des électeurs ayant porté leur vote sur des candidats divers droite et des électeurs du PS qui ont suivi les consignes officielles du parti. Néanmoins, le score du FN est impressionnant, dans une circonscription où il était notoirement plutôt modeste. Il a progressé entre les deux tours de plus de 7095 voix, quand l’UMP progressait de 8762 voix, disposant déjà d’une petite avance.

Dans ce cadre, il paraît évident que la droite a assuré la victoire de son candidat naturel, le report des voix en faveur du candidat FN étant principalement et de toute évidence de gauche. L’électorat populaire, par delà les consignes des partis nationaux, se reconnaît davantage dans le discours populiste du néo-FN, avec en arrière fond un ras le bol non seulement envers la corruption des élus (Cahuzac), la déception provoquée par Hollande mais aussi contre une allogénisation qui, sans être comparable à celle de la région parisienne, agace de plus en plus.

Si une victoire du candidat FN était hautement improbable compte tenu du mode de scrutin en vigueur et de la cartographie électorale de ce département, le score du FN reste très élevé et surtout c’est sa marge de progression qui est impressionnante. Il est ainsi passé de 26% à un peu plus de 46% des voix entre les deux tours. On avait de la même façon constaté dans l’Oise une progression au moins aussi impressionnante. C’est certes insuffisant pour s’imposer, même si cette barre symbolique des 50% n’est pas infranchissable. A Marseille, dans la circonscription de Sylvie Andrieux, condamnée mais non encore démissionnaire, le candidat FN, Stéphane Ravier, semblerait capable de s’imposer si une partielle avait lieu. Il n’avait perdu que de très peu en 2012. Dénoncer la corruption serait certainement un slogan de campagne efficace.

Alors que la cote de popularité du président en exercice, après une légère accalmie, repart à la baisse, et que la rentrée s’annonce difficile avec la question des retraites qui va revenir sur la table, ce résultat est un avertissement lourd pour l’actuelle majorité mais aussi pour son opposition. Arnaud Montebourg, qui s’en prend au président de la commission Barroso, qu’il accuse de favoriser la montée du FN par des déclarations publiques inopportunes, ne s’y est pas trompé. Sa déclaration ne suffira pas à détourner l’électorat populaire de cette impasse politique qu’est le vote FN, dont l’europhobie exacerbée est plus que déraisonnable.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

De la religion « nostratique » ou « caucasique »

Stonehenge.jpgLe terme de « nostrate » désigne un macro-groupe linguistique qui serait à la base de nombreux groupes linguistiques propres à la majorité des populations europoïdes, à savoir les groupes indo-européen, afrasien, ouralien, altaïque et caucasien, sans oublier le basque et les langues asianiques (hatti, hourrite) ainsi que le sumérien et l’élamite.

Si une langue originelle a pu exister aux débuts d’existence de l’homme moderne en Eurasie, il est possible d’imaginer de la même façon une religion originelle dont les traits se retrouveraient dans les différents polythéismes qui y prendraient leur source.

Cette religion « nostratique » ou « caucasique » reposerait sur l’existence de puissances divines, et songeons que le nom des dieux Valar imaginés par Tolkien signifie aussi « les puissances », de la racine indo-européenne *bhel-, « force », qu’on retrouve dans le russe vlast’, « pouvoir ». Par « puissance », il faut comprendre que la divinité est l’incarnation d’une puissance cosmique, d’un astre ou d’un phénomène, d’une force naturelle.

Le couple divin de base unit le dieu du ciel et la déesse de la terre, la seule exception étant dans la mythologie égyptienne l’inversion sexuelle entre les deux (Geb est le dieu de la terre et Nout la déesse du ciel, mais l’un et l’autre continuent de former un couple sacré). Au cœur de la religiosité indo-européenne, on retrouve l’union de *dyeus et de *dhghom, le *pater et la *mater. La base de la théogonie hésiodique, comme de la théogonie sumérienne d’ailleurs, est bien l’union de ces deux principes (Ouranos et Gaia, An et Ki), regroupée en sumérien sous le concept d’Anki, entouré de l’Abzu ou « océan primordial » (Océanos en grec).

Chez les anciens Sémites, le dieu du ciel *Ilu a comme parèdre une divinité de la fécondité, qui est *Atiratu (cananéenne Asherah), mais dont le rôle chtonien paraît davantage réduit dans un environnement semi-désertique. En Iran zoroastrien, l’union d’Asman (le ciel) et de Zamyat (la terre) est également présente même si son rôle en religion est très affaibli, remplacée par l’union d’Ahura Mazda et de sa parèdre Ahurani. Enfin, en Inde, le couple ciel-terre, regroupé dans l’expression dyavaprithivi, est certes fondamental mais le rôle des divinités en question est en revanche extrêmement mineur.

D’une manière générale, le dieu du ciel donne son nom aux autres divinités, les *deywês indo-européens étant descendants de *dyeus, comme les *iluhim sémitiques le sont de *ilu, comme les diala sont les fils du dieu du ciel Diala dans la mythologie tchétchéno-ingouche et comme les tanrilar turcs sont fils de Tanri, le « loup gris ». Enfin, les dieux sumériens sont appelés Annunaki, du nom du dieu céleste An et les dieux hongrois sont des isteni, du nom du dieu céleste Isten. Il y a toutefois quelques exceptions, comme chez les Etrusques, où les dieux sont appelés aisar, et n’ont pas de lien direct avec le dieu céleste Tinia, mais le terme « aisar » rappelle l’indo-européen *ansus, « divinité », et surtout chez les Basques. Chez ces derniers, le nom des dieux est jainko (féminin jainkosa) et n’a pas de lien avec le nom du dieu du ciel, Urtzi, même s’il est possible que par le passé les choses aient pu être différentes. Enfin, la déesse de la terre, en tant qu’épouse du dieu du ciel, porte parfois un nom spécifique dans ce rôle. Ainsi est-elle *Ilatu chez les anciens Sémites et *Diwni chez les anciens Indo-Européens (grecque Dionê, latin Diana).

De ce couple primordial proviennent les autres dieux et déesses composant le panthéon, qui n’est pas composé d’une multitude de dieux mais de grandes figures mythiques représentant les forces élémentaires de l’univers (terre, air, eau, feu), les astres (soleil, lune, étoiles et planètes) et les phénomènes atmosphériques (aurore, orage, crépuscule, nuit), ainsi que les êtres vivants (animaux sauvages et d’élevage, forêts et champs agricoles). Par extension, ces divinités ont aussi un rôle social, patronnant des activités humaines fondamentales (agriculture, navigation, chasse, guerre, souveraineté politique, arts) ou des sentiments (amour, discorde, harmonie, honneur).

Dans les panthéons, un dieu spécifique a un rôle majeur, au point parfois de détrôner le dieu céleste. Il est *Adadu dit *Balu (Baal) chez les anciens Sémites, *Maworts (qui a donné Mars à Rome) chez les anciens Indo-européens. On le retrouve sous les traits d’Orko au pays basque, le maître du tonnerre, et de même sous ceux de Buran chez les anciens Turcs, de l’Hadur hongrois ou encore de l’Ishkur sumérien et du Sela vaïnakh. Ce dieu de l’orage est aussi le dieu de la guerre, même si cette fonction finira bien souvent par être attribuée à un dieu spécifique, comme Moloz chez les Géorgiens. Chez les Grecs et les Romains, la fonction orageuse sera assumée par le dieu du ciel (Zeus, Jupiter), laissant aux héritiers de *Maworts (Arès et Mars) la seule fonction guerrière. Cela s’explique par l’influence crétoise chez qui le ciel diurne et le ciel d’orage avaient fini par ne faire qu’un, le fameux dieu-taureau qui servira de base au mythe du Minotaure.

Il a à ses côtés une épouse qui est la déesse de l’aurore et de l’amour, assimilée à la planète Vénus. Chez les Indo-européens, c’est *Ausos, l’Aurore, surnommée *Wenos (latin Venus, sanskrit vanas), « le désir amoureux ». Elle possède deux dimensions, en tant que déesse guerrière (Athéna) et en tant que déesse amoureuse (Aphrodite). Chez les anciens Sémites, *Attartu possède également ces deux dimensions, c’est en particulier le cas de l’Ishtar mésopotamienne, comme de l’Inanna sumérienne. Toutefois, l’Aurore comme phénomène atmosphérique est patronnée par le dieu *Sharu (cananéen Shahar). Chez les autres peuples « caucasiques », cette déesse a un rôle beaucoup plus modeste.

Arkaim_Low.jpgEnfin, les divinités astrales que sont le Soleil et la Lune se retrouvent au premier plan dans toutes ces mythologies. Le soleil est généralement un dieu masculin, mais certaines mythologies le présentent sous des traits féminins (la *shamsu sémitique, certaines déesses solaires d’Europe du nord et de l’est, dans le Caucase), et de même la lune peut aussi bien être féminine (chez les Grecs, les Romains, les Celtes et les Arméniens dans le monde indo-européen) que masculine (chez les Sémites, les Turcs mais aussi les Germains, les Indo-iraniens et les Baltes). Dans certains cas, deux divinités lunaires, l’une masculine et l’autre féminine cohabitent. Dans la religion proto-indo-européenne, on a ainsi *Mens et *Louksna, *Mens étant masculin ou féminin selon les cas, *Louksna (« la lumineuse ») toujours féminine.

Cette brève analyse tend à démontrer que les mythologies des peuples caucasiques ou europoïdes sont apparentées, avec de grandes figures communes et la base d’un panthéon organisé. Union du ciel et de la terre, séparation du ciel de jour (*dyeus, *ilu, Tanri, Isten) et du ciel d’orage (*maworts, *adadu, Hadur), couple orage/aurore, dieux et déesses comme fils du dieu du ciel dont ils portent ainsi le patronyme, forces de la nature incarnées, tout cela permet de reconstituer une religion ancestrale dont les traces remontent au paléolithique.

Si cette religion a évolué et s’est étoffée au gré des progrès scientifiques, et notamment le passage à l’agriculture et à l’élevage, la sédentarisation des populations au sein des premières cités, l’invention de la roue, la domestication du cheval, son cœur matriciel n’a pas changé. La religion « nostratique » aurait possédé une petite vingtaine de divinités et non une multitude comme dans l’animisme, des dieux à forme humaine pour l’essentiel, même si liés à des animaux emblématiques. Ce n’est qu’en Egypte et dans une moindre mesure en Inde que les représentations divines intégreront des traits animaliers. Encore n’est-ce le cas que pour certaines divinités, car Osiris et Isis ont forme humaine, de même que Geb et Nout, et surtout Maat, la déesse de la justice.

religion préhistorique,nostrates,caucasiens,europoïdesElle est fondamentalement polythéiste, l’idée d’un monothéisme primitif qu’évoquaient les savants européens au XIXème siècle et les théologiens chrétiens et musulmans depuis toujours ne tenant pas. S’il y a bien un dieu suprême, il n’est en aucun cas dieu unique et il a épouse et enfants. Face à ce monde qu’ils comprenaient mal, les mortels ont toujours pu compter sur l’appui de ces divinités ancestrales, nées en même temps que l’univers et dont elles sont les piliers. Dans le monde non-caucasique, la mythologie japonaise est la seule à s’apparenter d’une certaine manière à cette religiosité ancestrale ici évoquée. Ses traits sont néanmoins fort différents, puisque le cœur de leur logique est l’affirmation de la déesse du soleil Amaterasu, en rivalité avec son frère orageux Susanoo, même si les dieux ou kami sont généralement anthropomorphes. Les religions d’Afrique noire ou de Chine sont fondamentalement autres, de même que les cultes précolombiens qu’ont rencontrés les espagnols, même si on retrouve des divinités astrales et atmosphériques (le dieu inca Inti patronnant le soleil, le dieu aztèque Tlaloc maîtrisant la pluie), qui sont d’une certaine manière des divinités universelles, mais dans une lecture diversifiée et enracinée.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

Laïcité et intolérance, religion romaine et christianisme

louve-romaine.jpgDans une revue d’ « opposition nationale et européenne », revue nationaliste et catholique, « Hannibal » affirme que « nous venons de fêter le dix-sept centième anniversaire de l’édit de Milan, par lequel Constantin le grand institua la laïcité ». L’auteur ajoute que « l’empire romain avait une religion d’état dont le service strict menait logiquement aux persécutions ». En revanche, John Scheid, historien de Rome, dans Le Point du 20 juin 2013, affirme que « Rome, c’est la laïcité garantie par l’Etat ».
 
Le premier distingue radicalement le christianisme des autres religions, judaïsme, islam et religion romaine étant mis dans le même sac. En revanche, le second illustre la spécificité du paganisme, ici dans sa version latine, issue de la tradition indo-européenne, par opposition d’avec les monothéismes abrahamiques.
 
Jean Soler, dans ses différents ouvrages, a démontré que l’intolérance en religion était un trait spécifique propre aux monothéismes. Ce faisant, il considère le christianisme comme tout aussi intolérant que l’islam. En revanche, les « nationaux-catholiques », qui dénoncent l’intolérance juive et musulmane, reprochent aux autres ce qu’ils exonèrent lorsque cela a lieu au nom de leur religion. Ainsi, leur lecture de la christianisation de l’empire romain est-elle profondément malhonnête intellectuellement, de même que leur défense de gens condamnés non pour leur foi mais en raison des lois que celle-ci leur enjoignait d’enfreindre.
 
La religion romaine est de nature tolérante, même si les autorités ont toujours veillé à la paix civile et au respect des traditions. Dans un contexte militaire, elle peut s’opposer à l’introduction de la religion des ennemis au sein de la cité. Virgile oppose ainsi les dieux de Rome, anthropomorphes, aux dieux égyptiens, présentés comme zoomorphes, de même qu’il distingue la raison occidentale et la superstition orientale. Le judaïsme connut, entre 70 et 135 après J.C, une répression de la part des Romains, mais c’était dans le contexte des « guerres juives ». Une fois la révolte de Bar Koshba vaincue, les Romains réaffirmèrent les principes de tolérance propres à leur vision du monde. Antonin le pieux annula toutes les mesures de rétorsion prises par son prédécesseur Hadrien.
 
A Rome même, à côté des dieux gréco-romains, résultat d’une fusion entre la religion latine populaire et l’esthétique hellénique, on trouve des cultes rendus à des divinités celtes, germaniques ou illyriennes mais aussi égyptiennes ou orientales. Le Jupiter de Dolichê, dernier avatar du dieu hittite Tahruntas, cohabite avec la gauloise Epona. Tant que ces religions n’impliquent pas que la loi romaine se plie à leurs règles, bien que des dérogations soient obtenues par les religions propres à un peuple, comme le judaïsme, l’Etat romain les accepte.
 
Ce n’est que face à des monothéismes de type universaliste, qui impliquent de ne pas respecter la loi commune, de refuser le service militaire, de ne pas honorer l’empereur, que l’Etat romain se braque. Ce n’est pas la foi qui anime les sectateurs de ces religions qui le dérange. Celui-ci est en effet indifférent à cette notion, la fides romaine étant un code d’honneur. L’Etat veut simplement que les rites civiques continuent d’être pratiqués, qu’ils le soient par des croyants ou par des incroyants. Socrate n’a pas été condamné à Athènes parce qu’il ne croyait pas dans les dieux olympiens, mais parce qu’il sapait la base de leur culte par son enseignement.
 
Les chrétiens, et les manichéens dans une moindre mesure, appelaient à un renversement des valeurs et ne se limitaient pas à souhaiter la liberté de pratiquer leur culte, que l’Etat romain aurait été prêt à reconnaître dans d’autres conditions. C’est à la chute même de Rome qu’ils appelaient fondamentalement. Le fanatisme amenant au martyrat sera le même qui amènera à la conversion forcée des païens trois siècles plus tard, lorsque l’empereur passera avec armes et bagages dans leur camp.

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16/06/2013

Helmut Schmidt : pour un putsch européen !

 

putsch démocratique,helmut schmidt,européisme,parlement européen"Il y a deux ans, j’ai dit que le Parlement européen devrait faire un putsch. C’était d’ailleurs notre idée avec VGE lorsque nous avons décidé que les parlementaires européens seraient élus au suffrage universel. Nous espérions que le Parlement puisse se saisir des sujets importants sans demander l’autorisation aux Etats. (…) Aujourd’hui, il n’a même pas le droit d’initiative, ce qui est grotesque. Ce « putsch démocratique » n’a pas encore eu lieu." (Helmut Schmidt, Le Point, 13 juin 2013, n°2126)

 

Dans l’esprit du chancelier social-démocrate allemand et du président de centre-droit français, le parlement européen n’avait pas vocation à demeurer une chambre d’enregistrement. Il devait oser, par la légitimité démocratique qui était la sienne, « prendre le pouvoir ». Schmidt parle ainsi de « putsch » c'est-à-dire de coup d’état démocratique. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est la profonde médiocrité des parlementaires européens, choisis par les partis nationaux pour justement ne pas être de véritables acteurs de la vie politique.

Le parlement européen n’a de puissance que si ceux qui le composent sont prêts à la revendiquer, à l’exiger et à l’obtenir. Il aurait dû se saisir de toutes les occasions pour peser, par exemple en refusant d’entériner le second mandat de Barroso.

C’est parce que le parlement de Strasbourg est peuplé d’irréductibles europhobes, de pathétiques déchus parlementaires, de seconds couteaux, et ne parvient à se doter comme figures de proue que de gens comme Désir, Cohn-Bendit ou Schulz, qu’il n’a pas été capable de prendre son destin en main et de s’émanciper de la tutelle des Etats. Seuls de véritables européistes, qui arriveraient à être présents au sein de cette « aimable » assemblée, sans tenir leur mandat de partis nationaux, pourront y faire entendre la voix de l’Europe. C’est l’enjeu essentiel de 2014, à savoir la création de listes européistes dotées de moyens financiers suffisants et ayant pu émerger médiatiquement. Sinon, les véritables défenseurs de l’Europe devront une fois de plus assister en spectateurs à la joute stérile entre « euro-»mondialistes et europhobes.

Nouvelle défaite du PS à une élection partielle

Blason-Lot-et-Garonne.pngCette élection du 16 juin 2013 dans la 3ème circonscription du Lot et Garonne avait valeur de test aux yeux de tous les analystes politiques. Fief de Jérôme Cahuzac, aujourd’hui démissionnaire, où il avait obtenu plus de 46% des voix au premier tour, le PS espérait limiter la casse, alors même qu’il perd toutes les élections législatives partielles.

Les résultats sont sans appel. Avec un taux de participation d’un peu plus de 45% des voix, contre 65% en 2012, les électeurs se sont modestement mobilisés. Ceux qui l’on fait ont voulu sanctionner le gouvernement. L’UMP obtient 28,71% des voix (+ 1,71%) mais le FN obtient le second score avec 26,04% des voix (+10,44%), connaissant ainsi une très forte progression en pourcentage. Le PS finit troisième avec 23,69% des suffrages exprimés, mais seulement 10,35% des inscrits, et est donc éliminé purement et simplement à l’issue du premier tour. Son candidat ne pourra pas accuser Jérôme Cahuzac d’avoir divisé son camp, ce dernier ayant envisagé à un moment d’être à nouveau candidat mais ayant ensuite renoncé. Il est toutefois probable que si Cahuzac avait été le candidat socialiste, et ce malgré l’affaire le concernant, il aurait fait un score nettement plus honorable.

Les autres candidats n’ont fait que de la figuration. La candidate du Front de Gauche n’obtient que 5,08% des voix (+ 0,38%) et le candidat écologiste culmine à 2,78% des voix. Les candidatures de témoignage de personnalités parisiennes, comme le droitier Nicolas Miguet, connu pour son engagement contre les impôts (0,42%), le souverainiste europhobe François Asselineau (0,58%) et le provocateur Rachid Nekkaz (0%, et 0 voix), sont largement marginalisés. L’extrême-gauche se contentera de 1,11%, ne bénéficiant nullement d’un « effet Méric ». Les candidats divers droite, dont le report des voix pourrait être favorable au candidat FN, cumulent 3,76% des voix. Enfin, une candidate « de la diversité », estampillée MODEM, se contente de 2,33% des voix.

Le second tour oppose donc un candidat UMP, Jean-Louis Costes, à un candidat FN, Etienne Bousquet-Cassagne. Sur le papier, l’UMP devrait l’emporter, surtout si les électeurs de gauche s’abstiennent, mais une partie d’entre eux pourrait être tentée, tout comme dans l’Oise il y a quelques mois, de soutenir le FN. L’écœurement de beaucoup de citoyens envers la droite parlementaire, divisée et ridiculisée par le conflit Fillon/Copé, et envers une « gauche » qui a beaucoup déçu et beaucoup trahi, explique à lui seul ce résultat, qui vaut tous les sondages.

Dans une circonscription traditionnellement de gauche, le PS est éliminé. La droite et l’extrême-droite s’affronteront, une fois de plus. Et la majorité parlementaire de la « gauche » va continuer de diminuer. La condamnation de Sylvie Andrieux, si celle-ci démissionne, pourrait à Marseille permettre l’entrée d’un troisième député FN, en la personne de Stéphane Ravier, battu de justesse par la députée socialiste en 2012.

2013 est une mauvaise année pour le PS. 2014 pourrait être pire. Et je ne crois pas qu’en ayant Harlem Désir comme chef de file, le PS peut faire un bon score aux élections européennes.

Thomas FERRIER (PSUNE)

Erdogan ou le retour d’Osman

 
erdogan_en_ahmadinejad1.jpgLes derniers manifestants de la place Taqsim viennent d’être chassés manu militari sur ordre du premier ministre, l’islamiste « modéré » Recep Erdogan. Cela met ainsi fin à une crise politique sans précédent depuis la victoire de l’AKP en 2002. Mais cela permet surtout de mettre un sérieux frein, si ce n’est un arrêt définitif, au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, puisque même l’un de ses plus fervents partisans, Stefan Füle, commissaire à l’élargissement, a été pris à partie par Erdogan.

Lorsqu’en 2005, après le baroud d’honneur de l’Autriche, négociant son renoncement en échange d’une adhésion accélérée de la Croatie, qui a tout de même mis huit ans, ce pays ne devenant le 28ème membre de l’Union que dans un peu moins de quinze jours, les pourparlers d’adhésion avec la Turquie ont été entamés, malgré une opinion publique européenne de plus en plus opposée à ce qu’un pays essentiellement asiatique et musulman nous rejoigne, un formidable cadeau a été fait en faveur de l’AKP d’Erdogan.

Alors que l’islamiste Erbakan, et ancien mentor d’Erdogan, avait réussi à amener son parti, le Refah, aux portes du pouvoir, l’armée laïque, défendant l’héritage de Kemal Atatürk, était intervenue en force pour l’en chasser. Erdogan choisit donc la voie du renard, en avançant masqué, selon la fameuse stratégie de la taqija islamiya. Il se présenta donc à la tête d’un parti « islamiste conservateur », le fameux AKP, qu’il présenta d’une manière rassurante comme une sorte de « démocratie musulmane », une variante turque de la CDU (chrétiens-démocrates) allemande. Il fut en outre associé au Parti Populaire Européen (PPE).

C’est au nom de l’adhésion à l’UE, et de la légitimité démocratique qu’il obtint par les urnes, bénéficiant du soutien d’une classe moyenne « islamique », nouveaux riches venus du fond de l’Anatolie profonde, demeurée conservatrice, qu’Erdogan put s’en prendre à tous les garde-fous qui empêchaient la réislamisation officielle du pays, conséquence d’une réislamisation de fait d’une partie de la société turque.

Il écrasa ainsi toute velléité de révolte de l’armée, neutralisant ses chefs, associés dans de nombreux cas au fameux complot « Ergenekon ». Cela lui permit d’étêter l’armée de ses généraux laïcs mais aussi de soumettre les media, de nombreux journalistes indépendants ayant été traduits devant les tribunaux. En effet, aux yeux de l’UE, le pouvoir de l’armée était incompatible avec une démocratie digne de ce nom, mais la Turquie n’était pas une démocratie comme les autres. Les militaires jouaient sur le principe un rôle politique dont il n’était pas normal qu’ils puissent disposer, mais il aurait fallu que la Turquie soit prête à s’en passer, ayant la maturité nécessaire. Or, on le constate une fois de plus, la société turque a encore du chemin à faire, et cette « démocratie modèle », selon la prétention de Davutoglu, est loin de l’être.

Le problème pour cette jeunesse stambouliote qui en a assez des diktats de l’autocrate d’Ankara, de ses arrêtés anti-alcool et de son apologie constante du voile islamique, qu’il impose à sa femme et à ses filles, c’est qu’elle est minoritaire dans le pays. Avec Erdogan, les beyar Türkler, dont Atatürk était le plus remarquable représentant, ont perdu de leur superbe, le pays ne leur appartenant plus. Descendants d’arméniens survivants, chrétiens, kurdes ou alévis, kémalistes (CHP) et nationalistes (MHP), tous représentent un obstacle vers le rétablissement du califat, vers le néo-ottomanisme dont Erdogan et Davutoglu sont les fers de lance. A un Atatürk présentant son peuple comme descendant des Hittites indo-européens, à un mouvement national prônant le pantouranisme, Erdogan défend l’umma islamiya et se veut le représentant de la rue arabe, d’où ses violentes diatribes contre Israël.

Tant qu’Erdogan bénéficiera du soutien d’une bourgeoisie conservatrice et affairiste, faisant de l’islam sa référence culturelle, l’AKP sera inébranlable. Ce n’est pas une raison pour que l’Union Européenne continue de faire son jeu, comme elle l’a fait depuis des années. Le seul geste d’encouragement face à cette Turquie qui ne veut pas ressembler à l’Iran voisin, ce serait de mettre fin d’une manière unilatérale au processus d’adhésion, signifiant ainsi que les Européens ne sont plus dupes des manœuvres d’Erdogan et de ses amis. En isolant le gouvernement AKP, on pourrait ainsi le faire vaciller sur ses bases. Et ce ne serait que justice, puisque Erdogan ne se gêne pas pour insulter ouvertement l’Union Européenne lorsque, par exemple, le parlement européen manifeste ses inquiétudes face à un état turc trop répressif.

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est qu’elle commence à ouvrir les yeux d’une partie de la gauche intellectuelle, à l’instar de Jacques Julliard dans « Marianne » ou de Franz-Olivier Giesbert dans « Le Point », contraints de rejoindre l’analyse d’un Eric Zemmour pour « Le Figaro ». Le soutien affiché d’un François Hollande vis-à-vis d’une Turquie islamo-asiatique n’est plus tenable, et d’ailleurs, on n’a guère entendu le président sur cette question. Il est vrai que la répression policière excessive de la Manif’ pour Tous ne lui permet pas de donner des leçons à Erdogan. Enfin, La position pro-turcs de Michel Rocard devient réellement inaudible, et celle de Daniel Cohn-Bendit, expliquant qu’il faut ouvrir dès à présent les chapitres concernant la justice et les droits fondamentaux, franchement grotesque.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

26/05/2013

Chroniques de la décadence européenne - 26/05/2013

DU « MARIAGE POUR TOUS »

romeburning.jpgUne nouvelle manifestation d’opposition au mariage homosexuel se déroulait aujourd’hui. Moins importante que les précédentes, elle témoigne d’une indiscutable démobilisation d’une partie des opposants. Elle était prévue et dans une certaine mesure elle a eu lieu. C’était inévitable, à partir du moment où plus aucun dispositif institutionnel ne pouvait empêcher l’application de cette loi.

A l’issue de ce mouvement de contestation arrivant à son terme, puisque de l’aveu des ténors de l’UMP comme de la personnalité non représentative de cette contestation, la créature médiatique « Frigide Barjot », ce sera la dernière manifestation. Quel bilan provisoire peut-on en tirer de toute cette affaire ?

Du côté du gouvernement, on n’a pas tremblé afin de tenir la promesse faite par le candidat Hollande à une « communauté » sexuelle marginale, quelques milliers d’individus étant concernés, mais sans doute bien représentés au PS. La loi commune a pourtant pour but l’intérêt de tous et n’a pas à être modifiée pour plaire à une extrême minorité. En vérité, la seule chose que le président en exercice peut faire, c’est de récompenser les minorités qui l’ont soutenu, qu’elles soient sexuelles ou ethniques. Il n’a aucun moyen en revanche de contrer la crise économique que nous connaissons et qui s’explique par l’échec total du modèle libéral, un modèle qui arrive à épuisement, pris dans ses contradictions.

Le gouvernement a été aidé en ce sens par une droite tiède si ce n’est timide, incapable de parler d’une seule voix, se divisant entre ceux qui voudraient se limiter à mettre en place la même politique que la « gauche » (François Fillon) mais à sa place, et ceux qui voudraient proposer une alternative plus marquée, selon la démarche de l’ancien président Sarkozy (Jean-François Copé et Guillaume Peltier). La droite molle a déjà renoncé à remettre en question cette loi si elle devait arriver au pouvoir en 2017. La droite « forte », qui sait qu’elle devra se résoudre au même renoncement, comme l’a fait le Parti Populaire en Espagne, est en revanche prête à assumer en paroles et dans la rue son refus. Il faut bien éviter la fuite des électeurs conservateurs vers l’extrême-droite et le Front National, dont la dirigeante a été pourtant particulièrement discrète sur cette question, Marine Le Pen étant indiscutablement gay-friendly, tout comme Virginie Merle (« Frigide Barjot »), à la différence notable de sa nièce.

Il a aussi été aidé, en plus des sénateurs et des députés de droite venus en renfort de la fausse « gauche », par un conseil constitutionnel particulièrement complaisant, qui a adapté son calendrier à celui voulu par le président de la république, au point de rendre sa décision favorable le jour international de « lutte contre l’homophobie ». On savait déjà que Jean-Louis Debré ne serait pas zélé sur cette question, et il l’avait d’ailleurs annoncé, et on se doutait bien qu’un politicien âgé comme Giscard d’Estaing suivrait le mouvement, incapable qu’il avait été du temps du pouvoir à s’opposer au « parti de la décadence ».

Enfin, François Hollande a été considérablement aidé par Virginie Merle, épouse Tellenne, personnage fantasque que les media ont mis en exergue et qui a ainsi pu se retrouver propulsée à la tête d’un mouvement dont elle ne partageait en rien les finalités. En effet, partisane officielle de l’union civile pour les homosexuels, c'est-à-dire en vérité du « mariage civil », se limitant à refuser un droit d’adoption que l’union civile autoriserait en réalité aussi, elle n’était pas à même d’opposer un front du refus sérieux à la politique gouvernementale. Au contraire, elle a plutôt cherché à orienter le mouvement vers une voie sans issue, n’hésitant pas à jeter l’anathème sur le « Printemps français » et à dénoncer des extrémistes pour la plupart imaginaires. Elle a fini par s’écarter lorsque ses provocations multiples, et sa déclaration honteuse sur Dominique Venner, qu’elle ne connaissait pas, l’ont fait mal voir de gens agacés et désormais moins disposés à la tolérer parmi leurs rangs.

Sa mise en avant, tout comme celle des évêques et des représentants les plus marqués de l’ultra-cléricalisme le plus réactionnaire, ont permis de détourner une saine colère populaire vers une voie de garage. Or il y avait d’excellentes raisons, sans avoir nulle besoin de se référer au christianisme, de refuser le « mariage pour tous », qui est une insulte perpétuelle à la tradition européenne, héritière du génie grec, romain et nordique. C’est bien pourquoi un historien païen n’a pas hésité à se sacrifier au nom de notre civilisation il y a quelques jours à Notre-Dame. Ce geste héroïque a indigné de nombreux chrétiens, et en particulier les traditionnalistes, qui n’ont pas été en mesure de le comprendre. J’y reviendrai dans un prochain article.

Quant à la conclusion de cette affaire, à savoir la promulgation de la loi à la va vite par un gouvernement aux abois, Hollande ayant mis moins d’une journée pour signer le décret d’application, une fois le verdict du Conseil Constitutionnel rendu, elle invite à une réflexion plus générale sur le concept de loi.

Le véritable courage politique ne sera pas de se limiter à l’abrogation en 2017. La droite « forte » et le néo-FN de Marine Le Pen ont annoncé qu’ils l’abrogeraient, tout en précisant que ceux qui se seront mariés entre 2013 et 2017 le resteront. On sait ce qu’il faut penser d’un tel engagement. Une fois au pouvoir, ils n’en feront rien.

La seule position crédible dans le cadre national serait bien de prôner l’abrogation avec effet rétroactif de cette loi. Mais il n’existe pas de « solution nationale », ni sur cette question ni sur une autre. La France n’est d’ailleurs pas la seule en Europe à avoir mis en place un « mariage » homosexuel. Elle ne fait que rejoindre les pays scandinaves, le Benelux, la péninsule ibérique, et sera prochainement suivie du Royaume-Uni. Seule une solution européenne, dans le cadre de la mise en place d’un état civil européen, pourra y remédier. En définissant à l’échelle de l’Europe le mariage civil comme l’union d’un homme et d’une femme dans le cadre d’un nouvel Etat qui s’appellera l’Europe, la question sera réglée. Et cette loi PS rejoindra les oubliettes de l’histoire, en même temps que la constitution française. Une constitution européenne la remplacera, bâtie sur des principes sains, conforme au génie de nos ancêtres.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

21/05/2013

Mort d’un titan européen !

dominique venner,suicide,21 mai 2013,thomas ferrier,hommageDominique Venner dîne ce soir en Elysion. Il s’est sacrifié sur l’autel de Minerve en ce jour de Mars, ce mardi 21 mai, pour offrir aux Européens la victoire, tel le général romain dédiant sa vie aux dieux lors de ce rite sacré qu’on appelait devotio.

Son geste ne peut pas être compris des sycophantes qui trônent à la télévision et de cette caste de politiciens arrivistes sans honneur et sans conviction. Il est mort en romain, tel Sénèque s’ouvrant les veines pour protéger les siens contre l’ire d’un tyran. Ce Néron moderne, qui est le Système à assassiner le peuple européen, il l’a combattu toute sa vie et de là où il est, aux côtés des héros de notre terre, il le combat toujours.

J’ai rencontré Dominique Venner deux fois dans ma vie, et la seconde fois, il y a quelques mois, me mit face à un européen authentique. Son paganisme, il le vivait par ses actes et par ses mots. Les éphémères que nous sommes ne peuvent plus comprendre l’esprit qui a pu animer un Léonidas ou un Scipion. Mais en rencontrant Venner, l’homme moderne est face à un homme de la tradition, face à un résistant contre toutes les décadences, contre toutes les trahisons.

L’homme est mort mais son âme est immortelle. Il aura été l’homme qui aura dit non à l’extinction de l’Europe, non à ce long suicide de la psychê européenne qui nous emmène jusqu’au bord du gouffre. Et pendant que ce soir, sur cette place de la Bastille où de vrais hommes ont combattu pour la liberté et pour la république, trônent ceux qui se réjouissent d’avoir tourné le dos à l’Europe éternelle, Dominique gagne le royaume de Zeus, invaincu.

Son combat pour l’Europe européenne, il l’aura mené jusqu’au bout, jusqu’à l’ultime. Europa ne l’oubliera pas. Et nous ne l’oublierons pas.

Nous n’oublierons pas l’historien remarquable, l’auteur de « Histoire et traditions des Européens », du plus récent « Choc de l’histoire », de ce « Dictionnaire de la collaboration » où il n’hésita pas à rappeler le passé collaborationniste de gauche du père d’un ancien premier ministre PS.

Nous n’oublierons pas l’homme cultivé, plein de sagesse, d’une noblesse sans égal, mais un homme abordable, chaleureux et de conviction. Il fut un pilier, celui d’une Europe qui ne renoncera jamais à demeurer ce qu’elle est et à éblouir le monde. Si Arès avait dû sur terre s’incarner, il aurait été un Dominique Venner.

Il servit Mars, dans son combat pour une civilisation qui ne se mettra jamais à genoux puis dans son action politique pour que naisse la Nation Europe ! Puis il se mit au service de Minerve, et de Dame Clio, et par sa plume sure, par son talent, il nous rappela nos ancêtres, la vision qui fut la leur et pourquoi ils sont morts.

Dominique nous a quittés. Pour que la victoire soit, même s’il ne la verra pas en parcourant la terre des vivants, il a choisi sa mort. Tous les hommes libres d’Europe, tous ceux qui chérissent notre civilisation immémoriale, née du génie de ces Boréens que Dominique évoquait avec nostalgie, née de la Grèce d’Homère, dont l’Iliade était son livre de chevet, et de la Rome de Brutus l’ancien, pleurent en ce jour.

C’est un européen parmi les meilleurs qui vogue sur la barque de Charon. Son nom sera à jamais en notre cœur. Et sa statue, un jour, siègera devant cette cathédrale dans laquelle il coupa le fil des Parques, par un geste conquérant.

Il y a deux millénaires, ce n’était pas cette vierge qu’on y honorait mais Athéna Parthénos, la Minerve gallo-romaine, Brigantia. En face du temple de Mars Camulus, où désormais se trouve la Préfecture de Police par une ironie de l’histoire. Au cœur même de Lutèce, dans la cité des Parisii, il s’est éteint mais ce faisant il a allumé une flamme qui, elle, ne s’éteindra pas.

dominique venner,suicide,21 mai 2013,thomas ferrier,hommagePour que sa mort n’ait pas été vaine, les Européens que nous sommes avons hérité d’un devoir, celui de faire vivre et de faire revivre l’Europe, celui de combattre jusqu’à notre dernière goutte de sang pour que l’Europe unie soit, pour que l’Europe renaisse. Tel est son message.

Dominique Venner n’était pas un souverainiste ni un réactionnaire. Il était un véritable révolutionnaire, un authentique patriote de l’Europe unie, et surtout un homme d’une grande valeur, un kalos kagathos.

Salut à toi, combattant de l’Europe !
 
Thomas FERRIER