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29/08/2011

Petrobey, un héros européen !

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(Article d'octobre 2008)

petrobey,mavromichalis,thomas ferrier,psune,grèce,1830,missologghiLa Laconie. Province du sud-est du Péloponnèse, elle abrite en son sein la célèbre cité de Lacédémone, là où Ménélas et Hélène ont été inhumés, plus connue sous son nom de Sparte. A côté des ruines de Sparte se trouvent les ruines de la cité des philosophes byzantins, Mistra, dont ne subsistent plus que quelques monastères. Alors qu’Athènes nous a laissé des ruines imposantes, il ne reste plus grand chose de l’ancienne Sparte, si ce n’est la poésie de Tyrtée.

Le peuple laconien a su résister et vaincre les troupes perses de Darius, côté à côte avec le peuple attique, et du temps d’Alexandre est resté le seul peuple indépendant d’Hellade. Lorsque les Romains prirent des siècles après la Grèce aux Macédoniens, Sparte, jugée comme une sorte de Rome plus ancienne, fut protégée par le pouvoir impérial. Ses traditions furent préservées et il n’est pas étonnant que de toutes les provinces de l’empire romain, ce soit elle qui ait le plus longtemps résisté à la christianisation. En effet il faudra attendre la fin du Xème siècle pour que Nikôn l’Arménien, accompagné de troupes byzantines, convertisse de force la Laconie à la nouvelle religion, non sans mal puisqu’il lui faudra plus de trente ans pour y parvenir, de 950 à 988 après J.C.

Par la suite, sept ans après la chute de Constantinople, en 1460, le despote de Morée, autre nom du Péloponnèse, Dimitrios Paleoloyos, doit baisser les bras devant les troupes turco-musulmanes de Mehmed II. Mistra, cité qui a abrité le grand philosophe néo-païen Gémiste Pléthon, celui-là même qui voulait revenir à la conception spartiate de la société pour vaincre l’ennemi ottoman menaçant, tombe. La Grèce est soumise. Elle demeurera aux mains de la Sublime Porte pendant près de trois siècles.

petrobey,mavromichalis,thomas ferrier,psune,grèce,1830,missologghiIl n’est dès lors pas étonnant que le cri de la liberté provienne de cette contrée réputée pour le courage de ses combattants. C’est le 17 mars 1821, ce mois consacré au dieu romain de la guerre, que le « bey » du Péloponnèse, le grec Petros Mavromichalis (1765-1848), décide de lever bien haut le drapeau de la révolte. Il le fait au cœur de sa petite ville de Laconie, Areopoli, un nom prédestiné puisque cette « cité d’Arès » honore par son nom le dieu grec de la guerre, Aris. Et le drapeau qu’il lève n’est pas innocent. Il est blanc avec une croix bleue en son sein, ce qui nous rappelle le drapeau de la Grèce contemporaine. Et sur ce drapeau, deux inscriptions en caractère hellénique rayonnent. La première est niki i thanatos, « la victoire ou la mort », et la seconde est tan i epi tas, « reviens avec ton bouclier ou sur lui », célèbre devise de l’antique Sparte. C’est ainsi que la Grèce courageuse leva l’épée face à l’empire ottoman. Le courage des combattants hellènes à Missolonghi, galvanisés par Lord Byron, et le sort tragique qui fut le leur, amena l’Europe occidentale à intervenir et à forcer les Ottomans à accorder à la Grèce son indépendance. Il faudra neuf ans de combat, neuf ans de souffrance, pour qu’Athènes et Sparte soient à nouveau libres.

Petros Mavromichalis était un véritable héros européen qui jamais ne renonça à la liberté de sa patrie. Il mourut le 6 août 1848 à Athènes, après avoir connu une brillante carrière politique. Il avait choisi de ne jamais se coucher devant l’ennemi, fut-il en surnombre, et avait cru à l’impossible. Et l’impossible se réalisa. Ceux qui jettent leur bouclier à terre, ceux qui renoncent au combat, ceux qui « prennent acte » c'est-à-dire subissent le réel au lieu de le dominer, ceux-là sont indignes de se dire européens. Mavromichalis, tout comme Mazzini, Garibaldi ou Blanqui, nous montre la voie. Il n’y a aucune récompense au renoncement. Nous ne renoncerons donc jamais.

Thomas Ferrier

Mise à jour: alors que la Grèce subit un diktat économique terrible du fait de la mondialisation économique et de l'incapacité de l'Europe à s'unir et à opposer un front commun aux spéculateurs, l'exemple de Petros Mavromichalis face à un empire oppresseur, celui des Ottomans, rappelle à quel point il ne faut rien céder face à l'ennemi mais bien au contraire lui prendre tout. Le combat grec pour l'indépendance fut d'ailleurs aussi un combat européen, l'engagement à Missologghi de Lord Byron notamment, qui a été au bout de ses idées, et qui est mort au nom de la Grèce authentique, nous le rappelant. Le combat des travailleurs grecs et de la jeunesse courroucée est aussi le nôtre. Mais il ne pourra s'exprimer que dans le cadre d'une action européiste résolue, intransigeante tant vis à vis des gouvernants en place que des institutions "internationales" et lucide sur ce qui ronge l'Europe de l'intérieur. 

07/08/2011

Jules César, né sous le signe de Mars

Mars.jpgCaius Iulius Caesar, membre de la maison des Iulii, descendait selon la tradition romaine d’Iulus, ou Ascagne, fils d’Enée et surtout petit-fils de la déesse Venus elle-même. Ce lignage mythique, que même ses adversaires lui reconnaissaient, n’était pas pour rien dans l’engouement qu’il avait su susciter au sein du peuple. Alexandre lui-même n’avait-il pas laissé la rumeur publique le prétendre fils de Zeus, ce dernier ayant pris les traits d’une couleuvre pour s’unir à sa mère. Il était donc naturel que César rende hommage à cette déesse, qu’il lui construise un temple en tant que Genetrix, « génitrice » de la gens Iuliorum. Mais la piété personnelle de César était-elle entièrement dévouée à la déesse de l’amour, alors qu’il devait sa célébrité à son sens aigu de la stratégie militaire ? On peut certes admettre le caractère vénérien du grand homme lors de sa célèbre romance avec la reine gréco-macédonienne d’Egypte, Cléopâtre.

Mais César n’était pas seulement un membre des Iulii, car il descendait également de manière matrilinéaire du quatrième roi latin de Rome, Ancus Marcius, dont le nom originel «*Mart-cius » contenait le théonyme du dieu de la guerre en personne, Mars, ainsi que l’indique l’historien Robert Etienne. Ainsi César ne descendait-il pas seulement de Venus mais aussi de Mars qui, à Rome du moins, comme dans la tradition grecque mais pas dans sa mythologie, est son époux et non son amant. César ne fut pas le seul à revendiquer cette double origine, puisque son oncle L. Iulius Caesar, plusieurs décennies auparavant, avait fait émettre des monnaies à l’effigie aussi bien de ce dieu que de son épouse en tant que genetrix.

C’est à la veille de la bataille de Pharsale face aux troupes républicaines de Pompée que César va évoquer un autre protecteur officiel que la seule déesse Venus. Selon Appien, «procédant à des sacrifices au milieu de la nuit, il (César) invoqua Arès et son aïeule Aphrodite ». Déjà, lorsque César franchit le Rubicon, lors de la fuite de Pompée et de ses partisans hors de Rome, Dion Cassius évoque deux signes divins spécifiques, la foudre s’abattant sur un casque de Mars au Capitole et la présence massive de loups en ville. Or, bien avant que Jupiter, sous l’influence du grec Zeus, apparaisse comme le dieu de la foudre, le Mars romain, conforme en cela à son ancêtre indo-européen *Maworts, n’était pas seulement dieu de la guerre mais aussi dieu de l’orage. En outre, le loup est l’animal emblématique de Mars chez les peuples latins, les guerriers étant comparés à des loups en raison du caractère belliqueux de ces derniers. Ainsi, les légionnaires de César qui s’apprêtent à pénétrer dans Rome sont-ils assimilés aux loups de Mars, et le conquérant au dieu guerrier en personne.

A peine César à Rome, suite à des rébellions hostiles, il décide de pratiquer un rite particulièrement sauvage, puisqu’il voue à la mort trois contestataires, sacrifiés par le flamine de Mars lui-même au dieu. Ce rite étrange, dans une société romaine qui condamne le sacrifice humain et le reproche aux Celtes, s’apparente certes davantage à une exécution publique à laquelle on fait assister la divinité.

La présence de Mars réapparaît à la fin de la vie du dictateur. N’oublions pas qu’il meure assassiné lors des Ides de Mars, ce qui n’est pas un hasard. En effet, Brutus se revendique du patronage de son ancêtre, Brutus l’Ancien, qui avait établi la république et chassé les rois étrusques au nom du dieu Mars, à qui il avait voué le poignard dont Lucrèce souillée s’était servie pour mettre fin à ses jours. Or, la tradition historique rapporte l’existence de plusieurs signes prémonitoires, des avertissements envoyés par les dieux pour mettre en garde le conquérant. Ainsi, Dion Cassius évoque le fait que les lances du dieu Mars au sein de la Regia se sont animés la nuit précédente, occasionnant un bruit retentissant. Or César, par hybris, choisit de négliger les signes envoyés, considérant que lui, César, ne risque rien. L’erreur se soldera par une vingtaine de coups de poignard sénatorial déchirant sa tunique et mettant fin à sa vie.

Ce lien sacré entre César et Mars apparaît aussi dans l’évocation par Suétone d’un projet de construction d’un temple immense dédié au dieu Mars à Rome, au cœur même de la cité. En effet, César avait comme ambition de réussir là où Crassus avait échoué, à savoir mettre fin aux menaces parthes sur la partie orientale de l’empire. Ce qu’Auguste obtiendra par la paix, lui voulait l’obtenir par la guerre, espérant en triomphant des Iraniens dépasser Alexandre, le héros modèle de sa jeunesse. Il avait donc besoin de l’aide maximale de son protecteur attitré, Mars. Mais c’est pour avoir négligé ses avertissements qu’il perdra la vie un jour consacré à son divin protecteur. Car Brutus se prévalait lui aussi de Mars, mais le dieu le punira pour son geste, en se mettant du côté d’Octavien et d’Antoine lors de la bataille de Philippes en Macédoine. Octavien l’honorera comme Mars Ultor, le vengeur de César assassiné. Répétant la geste de son père adoptif, il mettra à mort les sénateurs responsables du césaricide en l’honneur du dieu guerrier.

Avant la bataille, Ovide rapporte qu’Octavien s’adressa en personne au dieu Mars lors d’une prière publique devant son armée. « Si c’est mon père, si c’est le prêtre de Vesta qui m’appelle au combat, et si je me prépare à venger ces deux divinités, Mars, viens à mon aide et rassasie mon épée d’un sang criminel ; que ta faveur aille à la meilleure cause ! ». Le dieu guerrier répondit à son appel.

Thomas Ferrier

17:00 Publié dans Analyses, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jules césar, mars, thomas ferrier | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/08/2011

Valéry Giscard d’Estaing: l’Europe et son identité

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digit-images-stories-valery-giscard-d-estaing-2-9bb0e.jpgValéry Giscard d’Estaing a été un président au bilan contrasté et à l’image brouillée. S’il est devenu après sa défaite aux présidentielles de 1981 face à François Mitterrand une des figures les plus marquantes du projet européiste, beaucoup de français se souviennent des affaires (notamment la fameuse affaire Bokassa) et de quelques mesures anecdotiques (en particulier des modifications apportées à la Marseillaise). Le fameux « au revoir » mettant fin à son septennat restera célèbre.

Bien loin de cette imagerie d’Epinal, l’ancien président a pourtant souhaité mettre en place une politique tout à fait différente de celle qu’on a pu imaginer. C’est ainsi que l’historien Patrick Weil, dans plusieurs ouvrages consacrés aux questions d’immigration et de nationalité, évoque des faits méconnus de l’écrasante majorité des Français. Explications.

Le président Giscard d’Estaing, à la fin des années 70, met en place une politique de rapprochement familial. Fervent partisan de l’idée d’Europe unie, qu’il partage avec son ami Helmut Schmidt, authentique socialiste allemand, il lui semblait naturel que les nombreux travailleurs européens, notamment espagnols, portugais et italiens, puissent bénéficier de cette mesure, d'autant plus qu'elle commençait à être prise dans les autres pays d’Europe occidentale. Parallèlement, avec les premiers chocs pétroliers, la crise économique commençait à engendrer une hausse du chômage, rendant inutile l’immigration de travail au sens strict.

Or, à sa grande surprise, Valéry Giscard d’Estaing constate que les travailleurs venus du Maghreb font venir leur famille en France. Lorsqu’il mettait en place sa politique de rapprochement familial, il ne visait en vérité que les travailleurs européens, n’imaginant personne d’autre. Immédiatement, il entend corriger le tir, puisque à l’instar de De Gaulle, il ne met pas du tout sur le même plan l’immigration européenne, laquelle existe depuis le XIXème siècle, et l’immigration non européenne, laquelle est uniquement de travail et pensée comme provisoire. Il tente donc de restreindre la mesure de rapprochement familial aux seuls Européens. Patrick Weil rappelle d’ailleurs qu'en 1946 déjà, le général De Gaulle voulait limiter l’immigration de travail aux seuls Européens mais en avait été empêché suite au refus conjoint non seulement du PCF et de la SFIO mais aussi du patronat. A l'inverse, dans l’esprit d’un grand patron comme Francis Bouygues, le rapprochement familial devait profiter aux travailleurs maghrébins, comme il le déclarait dans un entretien à la télévision.

Le Conseil d’état, consulté, estime la mesure discriminatoire et s’y oppose avec force. Face à ce refus, sachant aussi qu’une partie de la majorité parlementaire était réticente à sa politique, Giscard d’Estaing décide que la seule solution est de mettre fin à l’immigration maghrébine. Patrick Weil indique ainsi que, je cite : « Seule en Europe, sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing, elle [la France] tenta d’organiser , entre 1978 et 1980, le retour volontaire, puis forcé, c'est-à-dire le renvoi de la majorité des Nord-Africains, puis particulièrement des Algériens. » (in Patrick WEIL, « La République et sa diversité », page 17). Plus précisément il souhaite organiser le départ de 500.000 maghrébins sur une période de cinq ans, mettant en place une politique d’inversion massive des flux migratoires. Sans soutien de la part de ses partenaires européens, combattu par une partie de sa majorité, aussi bien par les milieux gaullistes que par les démocrates-chrétiens, mais aussi par le PS et l’Eglise, le président doit finalement renoncer. Notons toutefois qu'à la même époque, le dirigeant du PCF, Georges Marchais, demandait l’arrêt de l’immigration.

Ironie de l’histoire, François Mitterrand, qui militait avec les nationalistes dans les années 30 « contre l’invasion métèque » (selon l'inscription qu’il portait sur une pancarte dans une manifestation des Volontaires Nationaux dont il était membre), à peine élu comme le premier président « socialiste » en 1981, annoncera, bien au contraire, que les immigrés étaient « chez eux chez nous ».

Ces faits historiques permettent de mieux comprendre le propos de Valéry Giscard d’Estaing en 1991, lorsqu'il expliquait que « bien que dans cette matière sensible il faille manipuler les mots avec précaution, en raison de la charge émotionnelle ou historique qu’ils portent, ce type de problème actuel auquel nous aurons à faire face se déplace de celui de l’immigration vers celui de l’invasion. » (Le Figaro Magazine, 21 septembre 1991). Il ne souhaitait pas réagir ainsi à la montée du Front National dans les sondages, mais bien exposer son point de vue personnel sur la question. Il ajoutait même qu’il convenait selon lui « de revenir à la conception traditionnelle de l’acquisition de la nationalité française : celle du droit du sang ». Cette proposition a d’ailleurs figuré dans le programme du RPR de Jacques Chirac en 1986.

L’ancien président était conscient des problématiques migratoires, le succès du FN à partir de 1984 étant l’illustration d'un malaise, et il entendait y apporter une réponse résolue, qu'il pensait certainement conforme à l’esprit républicain et aux principes fondamentaux de la démocratie. De fait, son choix politique était exactement celui de Périclès en 451 avant J.C. Personne n’a d’ailleurs dénoncé chez l’ancien président une tentation extrémiste sur la base des discours cités.

Pour finir, les media ont présenté Giscard d’Estaing comme le « père de la constitution européenne », la fameuse constitution rejetée par le peuple français en 2005 avec 56% de vote négatif. Certes, il a fait partie avec bien d’autres personnalités politiques européennes de la « convention » chargée de sa rédaction. Mais, ce faisant, il a très clairement fait entendre sa différence. Ainsi, a-t'il souhaité que la référence aux valeurs chrétiennes soit inscrite dans le texte. Compte tenu de ce qui précède, il convient d'interpréter sa défense du christianisme non pas sur le plan religieux mais sur le plan identitaire, comme une façon de rappeler, à côté des valeurs gréco-romaines et humanistes, que l’Europe avait une spécificité que n’avaient pas les continents voisins. Dans le même esprit, Giscard d’Estaing s’est déclaré explicitement opposé à toute adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, ce pays n’étant pas européen à ses yeux. Son vieux complice Helmut Schmidt affirmait la même chose outre-rhin, au grand dam d’une SPD qui y était en revanche ouvertement favorable.

Partisan résolu de l’Europe unie, défendant un fédéralisme européen pur et dur face aux prérogatives des Etats, Valéry Giscard d’Estaing a ainsi montré qu’il ne concevait pas l’Europe sans son identité européenne spécifique.

20/06/2011

De iure sanguinis. L’authentique conception française de la citoyenneté

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220px-Pericles_Pio-Clementino_Inv269_n2.jpgSamedi soir, dans l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché », Nathalie Kocziusko-Morizet, opposée à Eric Zemmour, a affirmé que la tradition française était le « droit du sol » (ius soli). Il n’est pas rare en effet que de manière péremptoire de nombreux politiciens rappellent cette « évidence », par exemple des souverainistes expliquant que le « droit du sang » relève de la conception allemande de la citoyenneté, ou des responsables politiques de gauche comme de droite pour évoquer une prétendue tradition d’ouverture à la française, un universalisme qu’on ne retrouverait pas dans les autres pays européens.

Y a-t-il eu une exception française de la citoyenneté, ce fameux « droit du sol », qui s’est ensuite répandue ces dernières années en Allemagne, en Grèce et demain en Italie si le Parti Démocrate accédait au pouvoir ?

En réalité, ce qui est choquant, et on peut regretter qu’Eric Zemmour n’est pas réagi immédiatement à ce propos, mais il est vrai que le cadre de l’émission ne s’y prêtait guère, le présentateur vedette s’évertuant à limiter le plus possible la parole à son chroniqueur, c’est qu’une responsable politique importante connaisse si peu l’histoire de son pays et se permette d’énoncer des contre-vérités en dogmes.

Le droit du sang (dikaion tou aimatos en grec, Abstammungsprinzip en allemand) remonte à l’antiquité grecque, où il était en vigueur dans la plupart des cités grecques et notamment à Athènes. Alors que sous ses prédécesseurs, des étrangers (bien que grecs) avaient été naturalisés, Périclès en 451 avant J.C prend la décision de proposer au vote des citoyens une loi instaurant de manière exclusive le principe d’accès à la citoyenneté par droit du sang. Ainsi, pour être citoyen athénien, il faudrait être né de père et de mère citoyens, mariés conformément aux lois de la cité. Périclès fit d’ailleurs réviser les listes de citoyens afin de rayer les noms d’étrangers naturalisés notamment sous la tyrannie des Pisistratides. On retrouvera ensuite ce principe aux premiers temps de la république romaine, l’appartenance à chacune des tribus romaines étant héréditaire.

Du temps de la monarchie capétienne, comme dans l’Angleterre voisine, les sujets du royaume l’étaient en fonction de leur lieu de naissance. En clair, « tout sujet né sur les terres d’un seigneur est sujet du dit seigneur ». Le droit du sol était donc à l’origine le droit féodal. Mais, en 1789, éclate la révolution française. Les révolutionnaires, avant le virage patriotique de 1792, espèrent répandre l’esprit de la révolution chez les autres peuples européens, au nom d’une France universelle des droits de l’homme se substituant à l’universalisme chrétien de la « fille aînée de l’église ». En réalité, juristes de droit romain et juristes révolutionnaires/républicains réfléchissent à la mise en place d’une nouvelle définition de la citoyenneté se basant sur le modèle antique.

Le travail commun de ces juristes sera de proposer comme condition d’accès à la citoyenneté le droit du sang patrilinéaire. A une époque où les mariages étaient entre européens, le paterfamilias conférait à son épouse et à ses enfants sa citoyenneté. Pour être français, il fallait donc être de père français. Le consul Napoléon Bonaparte validera cette proposition. L’armée républicaine puis impériale se chargera de répandre la nouvelle règle en Europe, au gré des conquêtes de l’empereur. C’est ainsi que l’Allemagne adoptera le droit du sang, en émule de la France, qu’elle renforcera en 1913, et y restera fidèle jusqu’en 2000, de même que l’Italie, qui l’a conservé jusqu’à aujourd’hui.

Alors d’où vient le nouveau « droit du sol » dont NKM a cru qu’il était consubstantiel à notre pays, contre les faits historiques ? De 1889. A cette époque, la France vaincue il y a dix-neuf ans par la Prusse cherche à rivaliser avec sa voisine tant sur le plan militaire que démographique. De nombreux européens de souche vivent en France, où ils sont parfois nés, mais ne remplissent pas les devoirs réservés aux citoyens. Ceux-ci doivent fournir un service militaire de plusieurs années. En 1889, le législateur prend donc la décision de favoriser la naturalisation des étrangers installés ou nés en France, tous européens, en ajoutant au droit du sang un droit du sol complémentaire. On oublie bien souvent que beaucoup de français, aujourd’hui encore, le sont par le droit du sang, qu’importe leur lieu de naissance. Celui-ci n’a donc pas été aboli mais affaibli par l’ajout de conditions nouvelles d’accès à la citoyenneté. Ainsi, la mesure de 1889 était destinée à gonfler les effectifs de l’armée et à permettre une mobilisation générale plus importante en cas de nouvelle guerre avec l’empire allemand. C’était une décision destinée à gonfler artificiellement le nombre de français, à une époque où l’immigration était exclusivement européenne et ne posait aucun problème.

En conclusion, le ius sanguinis est donc le droit démocratique par excellence, instaurée par le père de la démocratie athénienne, Périclès lui-même, restaurée par la révolution française après quelques années d’ambiguïté et répandue en Europe par le premier consul. Jusqu’en 2010, il était en vigueur de manière exclusive en Grèce, les fondateurs de la nation grecque en 1830 n’ayant pas oublié l’Athènes du Vème siècle. Dans les années 80, l’ancêtre de l’UMP, le RPR de Jacques Chirac et Charles Pasqua, prônait son rétablissement. Car à notre époque c’est bel et bien la « gauche » qui sabote ce principe démocratique en favorisant la règle oligarchique du ius soli. Schröder en 2000, Prodi en 2005 et Papandreou en 2010 ont ainsi cherché à mettre fin au règne sans partage du ius sanguinis. Seul Prodi a échoué, étant chassé du pouvoir par un retour fracassant de Berlusconi. Mais le Parti Démocrate italien, alors que le cavaliere a été battu aux dernières élections locales et lors de quatre referenda, s’il devait arriver au pouvoir après 2013, reprendrait certainement cette réforme, ce qui serait suicidaire, alors que l’Italie subit actuellement des flux migratoires massifs en provenance d’Afrique.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

22/05/2011

De Gaulle contre les souverainistes

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De-Gaulle-et-l-Europe-int%C3%A9gr%C3%A9e.jpgAu sein de l’histoire politique française du XXème siècle, la figure du général De Gaulle conserve une place à part, presque unaniment honorée par toute la classe politique nationale, désormais rejointe par l’extrême-droite, à l’exception peut-être de l’extrême-gauche. Toutefois, ceux qui s’en revendiquent explicitement, s’attribuant le terme de « gaullistes », divergent profondément des options politiques et philosophiques assumées ou défendues dans l’intimité par le général. Dupont-Aignan, à l’instar de Pasqua auparavant, ou encore du souverainiste Couteaux, voit dans De Gaulle une figure souverainiste, presque nationaliste, refusant toute idée d’une Europe unie au-delà d’une très vague « Europe des nations » basée sur une libre coopération. Certains autres au nom de De Gaulle proclament une certaine forme de germanophobie. Chirac ou Villepin se sont également revendiqués du grand homme, sans que cela n’apparaisse spécialement dans leur programme.

Or il apparaît que De Gaulle était un personnage beaucoup plus complexe, et controversé, que ses défenseurs officiels ne veulent bien le croire. Certains s’insurgent contre la revendication, récente, de Marine Le Pen d’être dans la continuité idéologique de De Gaulle. Ils ont raison de s’en insurger mais cette dernière se revendique du même faux « De Gaulle » que celui de ses adversaires de l’UMP. Alors, quel était donc le vrai De Gaulle, selon moi, et qui en est au final l’héritier légitime, s’il en est un.

De Gaulle est d’abord l’homme du 18 juin 1940, celui qui a dit non à la résignation face à la défaite et à l’occupation du territoire national par l’armée allemande. Son geste repose sur un pari selon lequel l’Allemagne ne pourra pas gagner la guerre et qu’il faut offrir à la France la meilleure place au sein de l’Europe future libérée par les alliés. Ce pari est dans l’autre camp le même qu’un Laval qui croit à la victoire de l’Allemagne et cherche de son côté à assurer à la France un sort meilleur. De Gaulle reconnaît explicitement cette parenté inversée, en affirmant dans ses Mémoires de guerre, « si j’ai eu tort, c’est que Laval et Déat ont eu raison ». En fait, c’est la position mi-figue mi-raison d’un Pétain qui insupporte profondément Charles De Gaulle, la position de celui qui ne choisit pas son camp, qui ménage l’occupant sans se rallier à lui, qui ménage aussi l’opposition à ce même occupant mais là encore sans s’y rallier. L’attitude d’un Mitterrand, qui fut son adversaire politique en 1965, était sensiblement la même que celle de Pétain, à savoir un ralliement à l’Etat français, dont il reçut la francisque, puis une évolution progressive vers la résistance.

De Gaulle, premier résistant. De Gaulle, qui réussit à épargner à la France l’AMGOT, une occupation gouvernementale américaine du territoire national, et à permettre à son pays de faire partie des vainqueurs de 1945, au grand étonnement des autorités allemandes présentes pour signer la capitulation. De Gaulle, qui a simplement fait un pari à partir de sa culture stratégique et géopolitique, un pari gagnant. Mais De Gaulle a toujours respecté son ennemi, et c’est tout à son honneur, et n’a jamais cédé aux ficelles grossières de la diabolisation. En Russie, il s’exclame ainsi « quel grand peuple ! ». Ses hôtes russes s’imaginent qu’il parle de leur peuple, alors qu’il évoque les allemands, dont il admire la volonté militaire qui les a amenés au cœur de la Russie d’Europe. Dans ses Mémoires de guerre, il évoque le défunt chancelier comme un « sombre Titan », usant même de l’expression de Nietzsche à propos de Napoléon, « mélange de l’inhumain et du surhumain ». Ce n’est pas une apologie, mais c’est encore moins une opprobre. Il évoque aussi la réconciliation franco-allemande, une nécessité évidente à ses yeux, même lorsqu’elle est prônée par un certain Heinrich H. dans un courrier que ce dernier lui fait parvenir.

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26/03/2011

Mythe n°7 : l’écriture est née à Sumer

« L’histoire est née à Sumer », tel était le titre du remarquable ouvrage du sumérologue Samuel Kramer, et il est vrai que les premiers documents de nature historiographique remontent à l’époque des cités-états de l’ancienne Mésopotamie asianique [ce terme désignant les populations non-sémitiques et non-indo-européennes de l’Asie mineure et par extension du Proche-Orient]. En revanche, il convient de s’interroger sur le fait de considérer les Sumériens comme les inventeurs de l’écriture puisqu’il est établi que l’écriture est apparue en Egypte postérieurement, probablement sous leur influence, l’apparition de l’écriture, plus tardive, en Chine, étant probablement indépendante. Notons par ailleurs que la langue sumérienne, agglutinante, n’est apparentée à notre connaissance à aucun des grands groupes linguistiques connus, et qu’il est probable que les Sumériens ne soient pas autochtones en Mésopotamie mais proviennent du nord du Caucase.

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Toutefois des inscriptions bien énigmatiques datées d’au moins le VIème millénaire et retrouvées dans la région balkanique de Vinca ont mis en doute la naissance de l’écriture chez les Mésopotamiens. Cette écriture dite de « Vinca », et qui n’a pu être déchiffrée de manière satisfaisante, présente toutes les caractéristiques de la retranscription écrite d’un langage. L’écriture à Sumer a été introduite pour des raisons économiques alors que l’écriture de Vinca, décrivant l’environnement naturel et les activités humaines, pourrait avoir une dimension davantage spirituelle.

Parmi les symboles en usage, on retrouve le soleil et la lune, dessinés de manière assez comparable avec ce qu’ont pu faire par la suite nos ancêtres, et des caractères qui pourraient s’apparenter à des nombres (au moins de 1 à 5 et probablement jusqu’à 100). On trouve en outre à de nombreuses reprises différentes formes de svastika et de sauvastika, y compris une qui rappelle les représentations baltes de ce symbole très ancien. Certains pictogrammes pourraient indiquer la maison, le village, le fleuve, la chasse, le ciel, la terre, le feu, certains animaux (cheval, cerf, chien, oiseau… etc) ou encore l’homme et la femme. On retrouve là les éléments de base des religions polythéistes et des sociétés villageoises.

Bien que cette langue ne soit pas déchiffrée par les spécialistes, ces différents éléments pourraient indiquer qu’il s’agit d’une écriture sacrée, ce qui expliquerait pourquoi elle n’a pas eu de descendance, à la différence de l’écriture cunéiforme ou de l’écriture linéaire. L’idée que cette écriture ait pu retranscrire une langue indo-européenne voire le proto-indo-européen lui-même n’est pas du tout à exclure. En allant plus loin, cette écriture était peut-être celle des prêtres indo-européens, les *bhlagmenês, honorant les divinités par l’utilisation de symboles sacrés.

Ce qui est évident à la vue des caractères composant l’écriture de Vinca, c’est qu’il s’agissait bien de la première forme d’écriture, bien avant les Sumériens, et qu’elle est née en Europe. Le mythe tenace selon lequel l’Europe, y compris néolithique, ne devrait son développement qu’à l’orient, le lux ex oriente, semble donc prendre du plomb dans l’aile. L’image d’Epinal selon laquelle l’agriculture viendrait de Mésopotamie et aurait été apportée par des migrants en Europe pourrait être la prochaine à s’effondrer.

Thomas Ferrier

07/05/2010

Révolution scientifique: les non-africains descendent de l'homme de Néandertal

Le séquençage du génome de l'homme de Néandertal révèle des croisements avec l'humain moderne. Ces croisements se sont probablement produits au moment où les premiers homo-sapiens ont commencé à migrer hors d'Afrique.

Les peuples d'origine européenne, asiatique et australasienne ont tous des traces d'ADN de Néandertal, mais pas les Africains, expliquent les chercheurs dans un article paru dans la reuve "Science". L'étude pourrait aider à résoudre un vieux débat sur le fait de savoir si l'homme de Néandertal et l'humain moderne ont fait plus que simplement cohabiter.

"Ceux d'entre nous qui vivent hors d'Afrique portent un peu d'ADN de Néandertal en eux", résume Svante Paabo, de l'institut Max Planck à Munich, qui a dirigé cette recherche. "La proportion de matériel génétique hérité de Néandertal est d'environ 1 à 4%. C'est peu mais c'est une proportion bien réelle d'ascendance chez les non-Africains aujourd'hui", ajoute le Dr David Reich, de la Harvard Medical School de Boston, qui a participé à cette étude. [...]

Source (Romandie News)

Etudes complètes en question de la revue Science, liens directs:

Targeted Investigation of the Neandertal Genome by Array-Based Sequence Capture, Science 7 May 2010.

A Draft Sequence of the Neandertal Genome, Science 7 May 2010.

Neanderthal_child.jpgNeandertals, the closest evolutionary relatives of present-day humans, lived in large parts of Europe and western Asia before disappearing 30,000 years ago. We present a draft sequence of the Neandertal genome composed of more than 4 billion nucleotides from three individuals. Comparisons of the Neandertal genome to the genomes of five present-day humans from different parts of the world identify a number of genomic regions that may have been affected by positive selection in ancestral modern humans, including genes involved in metabolism and in cognitive and skeletal development. We show that Neandertals shared more genetic variants with present-day humans in Eurasia than with present-day humans in sub-Saharan Africa, suggesting that gene flow from Neandertals into the ancestors of non-Africans occurred before the divergence of Eurasian groups from each other. (Science)

16:00 Publié dans Analyses, Dépêches, Histoire, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : homme de néandertal | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/05/2010

Le nouveau progrès

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07:05 Publié dans Culture, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : botticelli, venus, burqa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/05/2010

Albanie: où sont les burqas ?

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Manifestation de gauche dans les rues de Tiranë. Vous y voyez un pays non-européen, vous ? Source (Forum)

26/04/2010

Van Rompuy : l'Europe-puissance passe par le Japon

RedBridge.jpgAFP | 26/04/2010 | Le président de l'Union Européenne, Herman Van Rompuy, a exhorté aujourd'hui le Japon à se rapprocher de l'Europe, afin de répondre aux défis posés par l'émergence de nouvelles puissances dans le monde.

"Le moment est venu de revigorer la relation entre l'Union Européenne et le Japon (qui) défendent les mêmes valeurs et le même type de sociétés", a-t-il dit lors d'un discours devant des étudiants à l'université de Kobe (ouest du Japon). Evoquant la redistribution des cartes en cours à l'échelle planétaire, avec notamment l'apparition de la Chine comme future grande puissance, M. Van Rompuy a estimé qu'il n'y avait pas lieu de craindre un tandem sino-américain qui dirigerait les affaires du monde.

"Il n'y a pas de +G2+. L'Europe et le Japon appartiennent tous deux encore aux régions les plus prospères et les plus puissantes du monde", a-t-il dit. "Nous Européens et vous Japonais, nous sommes dans le même bateau. Nous sommes tous deux en train de redéfinir notre relation à l'égard des Etats-Unis", a-t-il poursuivi.

Le Japon s'inquiète en particulier du rapprochement en cours entre son allié américain et une Chine de plus en plus confiante et puissante. [...]

M. Van Rompuy, arrivé ce matin au Japon pour une visite de trois jours, a déploré que de nombreuses barrières non-tarifaires limitent l'entrée des produits européens dans l'archipel et a appelé à la signature d'un Accord de libre-échange.

Source (AFP via lefigaro.fr)

11/04/2010

Maurice Allard, euro-socialiste ?

allard.jpg"Il faut le dire très haut : il y a incompatibilité entre l'Église, le catholicisme ou même le christianisme et tout régime républicain. Le christianisme est un outrage à la raison, un outrage à la nature. (Bruits à droite) Aussi je déclare très nettement que je veux poursuivre l'idée de la Convention et achever l'oeuvre de déchristianisation de la France qui se poursuivait dans un calme parfait et le plus heureusement du monde jusqu'au jour où Napoléon conclut son Concordat (...) Pourquoi nous républicains et, surtout, nous socialistes, voulons-nous déchristianiser ce pays ? Pourquoi combattons-nous les religions ? Nous combattons les religions parce que nous croyons, je le répète, qu'elles sont un obstacle permanent au progrès et à la civilisation. Le jour où le Dieu anthropomorphe des Juifs quitta les bords du Jourdain pour conquérir le monde méditerranéen, la civilisation disparut du bassin de la Méditerranée, et il faut remercier les empereurs romains qui ont combattu de toutes leurs forces l'invasion de cette philosophie puérile et barbare, si contraire au panthéisme et au naturalisme de notre race ; il faut remercier Julien l'Apostat qui fit tous ses efforts pour combattre le fléau. (...)

Et plus tard, quand le christianisme quitta Rome et la Grèce où il avait étouffé toute civilisation et où il n'avait laissé que ruines et décombres et arriva en France, il n'y eut plus en notre pays, ni arts, ni lettres, et surtout ni sciences (Bruits à droite).

Il fallut la Renaissance, il fallut la Révolution française pour redonner au cerveau de notre race sa véritable puissance de normale évolution et sa possibilité de progrès. Sous l'influence du judéo-christianisme, toute lumière avait disparu ; il n'y avait plus que ténèbres. Aujourd'hui encore, combien de progrès ne se sont pas réalisés parce que nous traînons derrière nous ce lourd boulet de judéo-christianisme avec son cortège de préjugés et de mensonges traditionnels.

Nous combattons donc la religion parce que nous voyons dans la religion le plus grand moyen qui reste entre les mains de la bourgeoisie, entre les mains des capitalistes, pour conserver le travailleur dans un état de dépendance économique. Voilà pourquoi nous faisons la guerre à tous les cultes et pourquoi nous en sommes les adversaires les plus acharnés. "

Propos de Maurice Allard, député socialiste, lors du débat parlementaire sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905

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05/03/2010

Génocide : tensions USA/Turquie

AFP - 04/03/2010 | La Turquie a rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis "pour consultations" aussitôt après l'adoption par une commission de la Chambre des représentants d'une résolution qualifiant de "génocide" les massacres d'Arméniens commis sous l'Empire ottoman, selon un communiqué officiel turc. "Nous condamnons cette résolution qui accuse la nation turque d'un crime qu'elle n'a pas commis", a déclaré le gouvernement turc. "A la suite de cet incident, notre ambassadeur à Washington, Namik Tan, a été rappelé à Ankara pour consultations", ajoute le communiqué. Le texte adopté par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, par 23 voix contre 22, appelle le président américain à "qualifier de façon précise l'extermination systématique et délibérée de 1.500.000 Arméniens, de génocide".

Source (AFP via LeFigaro.fr)

22/02/2010

Mythe n°6 : « Europê » est d’origine phénicienne - par Thomas Ferrier

Europa_on_bull_2.jpgDe manière récurrente, dans la plupart des ouvrages consacrés à l'histoire de l'Europe, revient tout à fait naturellement le mythe de la princesse Europê, à laquelle on associe systématiquement une origine phénicienne, alors que d'autres variantes lui en donnent une crétoise. A ce mythe on en ajoute généralement un autre, par le biais d'une étymologie fantaisiste rattachant le nom de la grecque Europê à un vocable d'origine sémitique.

Cette idée d'attribuer au nom qui désigne notre continent une origine étrangère, non-européenne et non-hellénique, n'est pas innocente, car elle est le reflet de l'idéologie dominante dans les media cherchant selon le mythe chrétien de la lux ex oriente, « la lumière venant de l'orient », à nier le génie propre à notre civilisation, qui serait nécessairement tributaire des autres. Il est ainsi exact que les écritures européennes modernes sont  issues de l'alphabet phénicien, ce qui ne signifie pas que d'autres signes spécifiquement européens n'aient pas été ajoutés, pour représenter les voyelles par exemple, et que l'Europe ait été sans écriture auparavant, puisqu'elle en a été vraisemblablement la créatrice, et que la Grèce possédait déjà l'écriture linéaire (le linéaire B) à l'époque mycénienne, écriture qui ne doit rien à l'orient.

Il est donc convenu de considérer le nom d'Europê comme venant du phénicien ereb, désignant le couchant. Voilà qui témoigne d'une méconnaissance profonde des bases mêmes de la linguistique. Il suffit de songer que le terme grec Erêbos, qui ressemble bien davantage à ce terme phénicien, vient par exemple de l'indo-européen *regwos, désignant le ciel intermédiaire (auroral et crépusculaire). De manière récurrente, et à quelques exceptions notables près, on a donc choisi de négliger l'étymologie authentique du nom d'Europê, qui signifie en réalité « au large regard ». Le terme est composé du grec εύρυς, « large », et όπη, « vue » (indo-européen *werus + *okw-).

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00:06 Publié dans Anti-mythes, Billets, Culture, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, grèce, zeus, taureau | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/02/2010

Mythe n°5 : les Albanais sont musulmans et ne sont pas européens - par Thomas Ferrier

dita-e-veres-009.jpgParmi les mythes politiques qui ont la vie dure apparaît naturellement celui de la non-européanité des Albanais, considérés ainsi en raison de l'islamité relative de l'Albanie, d'une occupation ottomane plus longue que dans les autres pays balkaniques, l'Albanie ne devenant indépendante qu'en 1913 soit près d'un siècle après la Grèce et la Serbie, et enfin d'une tenace propagande albanophobe, qu'elle soit le fait de nationalistes italiens hostiles à l'immigration albanaise ou de nationalistes serbes opposés à l'indépendance du Kosovo albanophone. Briser ce mythe c'est avant tout rendre hommage au peuple albanais, libéré depuis un peu moins de vingt ans de la dictature communiste la plus sombre d'Europe. Mais c'est aussi, d'un point de vue eurocentré, insister sur le principe de réconciliation nécessaire entre tous les Européens.

  • 1. Premier sous-mythe: les Albanais et l'islam.

Il est de bon ton de considérer l'Albanie comme un pays musulman sous prétexte que, selon une statistique de 1930, 70% des Albanais seraient musulmans, partagés entre l'islam sunnite et un islam hétérodoxe, le bektashisme. Aujourd'hui, en 2009, les chiffres sont en apparence contradictoire, utilisés selon les intérêts de tel ou tel groupe politique. Ainsi, la CIA estime que 80% des Albanais seraient musulmans, alors qu'en revanche selon le WCE[1] 39% des Albanais seraient musulmans et 35% chrétiens. Enfin, le site Operation World annonce même une dominante chrétienne avec 42% des albanais contre environ 39% de musulmans. Selon enfin le mouvement albanais Vargmal (« chaîne de montagnes »), 75% des Albanais seraient plus ou moins athées ou sans religion définie, indiquant que selon un sondage pour 62% des Albanais la religion n'est pas importante alors que seulement 33% estiment le contraire (et 75% contre 20% chez les 15-24 ans).

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23:31 Publié dans Anti-mythes, Billets, Culture, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (64) | Tags : albanie, europe, kosovo, islam | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/02/2010

Avatar : Nous Européens, sommes des Na’vis !

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NaVi-Avatar-03.jpgJames Cameron, celui qui déjà se définissait comme « le roi du monde » lors de la sortie de son autre grand succès Titanic il y a près de 11 ans, est parvenu cette fois à imposer un film sans concession, superbe. Dans cette œuvre animée d’un lyrisme puissant qu’il a mis plus de quinze ans à produire, il remet en cause bon nombre de fondements de la civilisation occidentale américano-centrée. A travers la renaissance tant physique que spirituelle face à un colonialisme cupide, cette exaltation de l’enracinement, de l’Identité comme marquage spécifique d’un Peuple sur un autre est un appel plein de promesses à la renaissance de l’homme vrai.

Avatar est un film américain de science-fiction, genre planet opera, écrit et réalisé par James Cameron et tourné en 3D Relief, sorti en France le 16 décembre 2009 et au Canada le 18 décembre 2009.

Ce film est l'un des plus coûteux de toute l'histoire du cinéma, selon The New York Times, le budget d'Avatar s'élèverait à 460 millions de dollars, mais son succès fulgurant auprès du public lui a permis de dégager des bénéfices après seulement dix jours d'exploitation, puis de récolter plus de 2,2 milliard de dollars de recettes (enregistrées au 7 février 2010) : le film est ainsi le cinquième film à passer la barre symbolique du milliard de dollars de recettes et le premier film à atteindre les 2 milliards.

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Ukraine: Viktor Ianoukovitch l'emporte !

Il était grand temps que la marionnette US Ioutchenko soit enfin remise au placard. Place à l'Ukraine européenne et russophile !
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KIEV, 9 février - RIA Novosti | Le décompte des 99,99 % des bulletins à l'issue du second tour du scrutin de la présidentielle en Ukraine n'a pratiquement rien changé mardi à la répartition des suffrages exprimés, selon la Commission électorale centrale (CEC) d'Ukraine.

Ainsi, le leader du Parti des régions (opposition) Viktor Ianoukovitch a recueilli 48,95 % des scrutins exprimés et sa rivale, la première ministre en exercice Ioulia Timochenko 45,47 %. L'écart entre ces deux candidats a diminué de 0,01% jusqu'à 3,48%.

SOURCE (Ria Novosti)

08/02/2010

La débâcle de l’Ecole, ou la grande faillite de l'Education Nationale

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930449-1152599.jpgPar Bruno Marcius (PSUNE/LBTF) - La grande faillite de l'Education Nationale, la « tragédie incomprise de l'école » pour reprendre le titre de l'excellent ouvrage de Laurent Lafforgue paru en 2007 aux Editions F.-X. Guibert, tient à son enseignement des antivaleurs, ou valeurs inversées que dénonçait déjà Nietzsche il y a plus d'un siècle dans sa Généalogie de la Morale et Zarathoustra.

Celles-ci trouvant leur origine essentiellement dans le libertarisme soixante-huitard, lui-même ressassée d'un christianisme laïcisé anthropocentrique, messianique, égalitariste et universaliste (« tout vaut tout », « Il faut s’ouvrir à l’autre », « le dialogue », « on est tous égaux », « le prof, c’est ton ami, il est là pour t’écouter », etc…).

Avant cette époque, l'enseignant était considéré comme un maître (au sens littéral du terme), un modèle. Il dispensait entre autres des cours de morale, et s'appuyait sur des programmes exigeants. Il savait user d’autorité, de discipline. En outre pour parfaire sa tâche, il s'appuyait sur des méthodes d'enseignement éprouvées, comme la méthode syllabique. Ces méthodes avaient également pour avantage de stimuler la totalité du cortex cérébral chez l'enfant.

Par exemple, tout petit Athénien de 8 ans d'il y a 2 500 ans savait déjà réciter en grec ancien et en vers l'intégralité de l'Iliade et de l'Odyssée, alors que nos enfants d'aujourd'hui ne savent même pas écrire, lire ou compter correctement...

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07/02/2010

Mythe n°2 : La christianisation de l'Europe fut rapide et pacifique - par Thomas Ferrier

paien.gifUn autre mythe historique que l'on retrouve sous des plumes diverses et variées, et y compris par des historiens de qualité comme Paul Veyne, connu pour avoir démontré que « les grecs croyaient à leurs mythes », dans son dernier ouvrage « Comment l'empire romain est devenu chrétien », est celui de considérer la christianisation de l'Europe comme une évidence naturelle, et en conséquence comme aisée, comme si cette religion était attendue et comblait un manque.

A rebours de la vision de l'école anglo-saxonne telle qu'illustrée par l'historien Ramsay Mc Mullen, ou des travaux de Pierre Chuvin et jadis d'André Piganiol, l'école historique française contemporaine a rejeté l'accusation traditionnelle que l'on retrouve chez les derniers païens, chez Machiavel, chez Voltaire et Gibbon enfin, d'une religion chrétienne responsable de la chute de l'empire romain.

Parmi les historiens du monde scandinave, on notera également la dérive regrettable d'un historien spécialiste du monde viking aussi talentueux que Régis Boyer. Ce dernier, dans ses divers ouvrages, nie avec force les résistances païennes scandinaves à la christianisation et estime que cette dernière fut rapide.

Revenons donc aux faits. Veyne estime qu'à la veille de la conversion de Constantin au christianisme, l'empire romain comprenait 5% de chrétiens en son sein. Certes, les communautés chrétiennes étaient beaucoup plus fortes dans les cités d'orient, notamment en Anatolie et en Egypte. C'est dire à quel point dans la partie occidentale de l'empire cette nouvelle religion était faible. Si Constance Chlore, le propre père de Constantin, a appliqué de manière molle les décrets antichrétiens de Dioclétien, c'est avant tout parce qu'il n'y avait pas beaucoup de chrétiens en Gaule.

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20:15 Publié dans Anti-mythes, Billets, Culture, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : paganisme, mythe, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook