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30/06/2013

L'Europe de Schmidt n'est pas l' "Europe" de Hollande !

20070607g8giscard_0.jpgHelmut Schmidt, ancien chancelier social-démocrate allemand (1974-1982), évoquait à la radio suisse RTS la problématique migratoire ce mercredi 26 juin 2013. Dans ce cadre, Schmidt distingue radicalement l’immigration intra-européenne et l’immigration extra-européenne. Selon lui, « en ce qui concerne l’Italie ou la Grèce, il n’y a pas de problème ». Il ajoute que « la libre circulation à l’intérieur de l’Europe n’est pas dangereuse » et que « le problème n’est pas dû à l’immigration italienne, grecque ou espagnole ».

En revanche, Schmidt considère que « la culture turque est bien plus différente ». C’est d’ailleurs pour cela que Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, qui font partie des consolideurs de l’Union Européenne, sont farouchement opposés à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Reprenant des accents qui rappellent les propos de Giscard d’Estaing dans Le Figaro Magazine en 1991, il explique que « le problème de l’immigration en Europe est dû à l’immigration issue de cultures étrangères, notamment marquées par l’islam » et que ce qui est dangereux selon lui, c’est le « mélange avec des cultures étrangères », sous-entendus étrangères à « la communauté de culture en Europe », c'est-à-dire à la civilisation européenne.
 
Source radio des propos d'Helmut Schmidt:
RTS+
Analyse:
LBTF

26/05/2013

Chroniques de la décadence européenne - 26/05/2013

DU « MARIAGE POUR TOUS »

romeburning.jpgUne nouvelle manifestation d’opposition au mariage homosexuel se déroulait aujourd’hui. Moins importante que les précédentes, elle témoigne d’une indiscutable démobilisation d’une partie des opposants. Elle était prévue et dans une certaine mesure elle a eu lieu. C’était inévitable, à partir du moment où plus aucun dispositif institutionnel ne pouvait empêcher l’application de cette loi.

A l’issue de ce mouvement de contestation arrivant à son terme, puisque de l’aveu des ténors de l’UMP comme de la personnalité non représentative de cette contestation, la créature médiatique « Frigide Barjot », ce sera la dernière manifestation. Quel bilan provisoire peut-on en tirer de toute cette affaire ?

Du côté du gouvernement, on n’a pas tremblé afin de tenir la promesse faite par le candidat Hollande à une « communauté » sexuelle marginale, quelques milliers d’individus étant concernés, mais sans doute bien représentés au PS. La loi commune a pourtant pour but l’intérêt de tous et n’a pas à être modifiée pour plaire à une extrême minorité. En vérité, la seule chose que le président en exercice peut faire, c’est de récompenser les minorités qui l’ont soutenu, qu’elles soient sexuelles ou ethniques. Il n’a aucun moyen en revanche de contrer la crise économique que nous connaissons et qui s’explique par l’échec total du modèle libéral, un modèle qui arrive à épuisement, pris dans ses contradictions.

Le gouvernement a été aidé en ce sens par une droite tiède si ce n’est timide, incapable de parler d’une seule voix, se divisant entre ceux qui voudraient se limiter à mettre en place la même politique que la « gauche » (François Fillon) mais à sa place, et ceux qui voudraient proposer une alternative plus marquée, selon la démarche de l’ancien président Sarkozy (Jean-François Copé et Guillaume Peltier). La droite molle a déjà renoncé à remettre en question cette loi si elle devait arriver au pouvoir en 2017. La droite « forte », qui sait qu’elle devra se résoudre au même renoncement, comme l’a fait le Parti Populaire en Espagne, est en revanche prête à assumer en paroles et dans la rue son refus. Il faut bien éviter la fuite des électeurs conservateurs vers l’extrême-droite et le Front National, dont la dirigeante a été pourtant particulièrement discrète sur cette question, Marine Le Pen étant indiscutablement gay-friendly, tout comme Virginie Merle (« Frigide Barjot »), à la différence notable de sa nièce.

Il a aussi été aidé, en plus des sénateurs et des députés de droite venus en renfort de la fausse « gauche », par un conseil constitutionnel particulièrement complaisant, qui a adapté son calendrier à celui voulu par le président de la république, au point de rendre sa décision favorable le jour international de « lutte contre l’homophobie ». On savait déjà que Jean-Louis Debré ne serait pas zélé sur cette question, et il l’avait d’ailleurs annoncé, et on se doutait bien qu’un politicien âgé comme Giscard d’Estaing suivrait le mouvement, incapable qu’il avait été du temps du pouvoir à s’opposer au « parti de la décadence ».

Enfin, François Hollande a été considérablement aidé par Virginie Merle, épouse Tellenne, personnage fantasque que les media ont mis en exergue et qui a ainsi pu se retrouver propulsée à la tête d’un mouvement dont elle ne partageait en rien les finalités. En effet, partisane officielle de l’union civile pour les homosexuels, c'est-à-dire en vérité du « mariage civil », se limitant à refuser un droit d’adoption que l’union civile autoriserait en réalité aussi, elle n’était pas à même d’opposer un front du refus sérieux à la politique gouvernementale. Au contraire, elle a plutôt cherché à orienter le mouvement vers une voie sans issue, n’hésitant pas à jeter l’anathème sur le « Printemps français » et à dénoncer des extrémistes pour la plupart imaginaires. Elle a fini par s’écarter lorsque ses provocations multiples, et sa déclaration honteuse sur Dominique Venner, qu’elle ne connaissait pas, l’ont fait mal voir de gens agacés et désormais moins disposés à la tolérer parmi leurs rangs.

Sa mise en avant, tout comme celle des évêques et des représentants les plus marqués de l’ultra-cléricalisme le plus réactionnaire, ont permis de détourner une saine colère populaire vers une voie de garage. Or il y avait d’excellentes raisons, sans avoir nulle besoin de se référer au christianisme, de refuser le « mariage pour tous », qui est une insulte perpétuelle à la tradition européenne, héritière du génie grec, romain et nordique. C’est bien pourquoi un historien païen n’a pas hésité à se sacrifier au nom de notre civilisation il y a quelques jours à Notre-Dame. Ce geste héroïque a indigné de nombreux chrétiens, et en particulier les traditionnalistes, qui n’ont pas été en mesure de le comprendre. J’y reviendrai dans un prochain article.

Quant à la conclusion de cette affaire, à savoir la promulgation de la loi à la va vite par un gouvernement aux abois, Hollande ayant mis moins d’une journée pour signer le décret d’application, une fois le verdict du Conseil Constitutionnel rendu, elle invite à une réflexion plus générale sur le concept de loi.

Le véritable courage politique ne sera pas de se limiter à l’abrogation en 2017. La droite « forte » et le néo-FN de Marine Le Pen ont annoncé qu’ils l’abrogeraient, tout en précisant que ceux qui se seront mariés entre 2013 et 2017 le resteront. On sait ce qu’il faut penser d’un tel engagement. Une fois au pouvoir, ils n’en feront rien.

La seule position crédible dans le cadre national serait bien de prôner l’abrogation avec effet rétroactif de cette loi. Mais il n’existe pas de « solution nationale », ni sur cette question ni sur une autre. La France n’est d’ailleurs pas la seule en Europe à avoir mis en place un « mariage » homosexuel. Elle ne fait que rejoindre les pays scandinaves, le Benelux, la péninsule ibérique, et sera prochainement suivie du Royaume-Uni. Seule une solution européenne, dans le cadre de la mise en place d’un état civil européen, pourra y remédier. En définissant à l’échelle de l’Europe le mariage civil comme l’union d’un homme et d’une femme dans le cadre d’un nouvel Etat qui s’appellera l’Europe, la question sera réglée. Et cette loi PS rejoindra les oubliettes de l’histoire, en même temps que la constitution française. Une constitution européenne la remplacera, bâtie sur des principes sains, conforme au génie de nos ancêtres.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

09/05/2013

Réponse à Pierre Cassen

france.jpgAvant de développer les arguments de la réponse, expliquons pourquoi il convient de savoir s’adresser à Pierre Cassen, comme à Eric Zemmour et à quelques autres amoureux sincères de la France. Tout simplement, parmi ceux qui dressent un diagnostic de décadence pour la partie du monde qui nous entoure et qui tentent de s’y opposer quand on leur en donne l’occasion, neuf sur dix pensent à peu près comme les observateurs cités. A l’inverse, la presque totalité de ceux qui se revendiquent de l’Europe nient cette décadence, tout en s’y complaisant. C’est aux premiers que le véritable Européen devra donc s’adresser et sa tâche ne sera pas facile. Il ne devra pas moquer la nostalgie qui les anime sans doute, car le modernisme n’est pas plus intelligent que le passéisme. Mais il devra montrer que, dans leur combat légitime, ils font fausse route.

Né pendant la dernière guerre, je suis à peu près de la génération de Pierre Cassen. J’ai connu, comme lui, l’époque où trouver du travail en France ne posait pas de problème, où les ouvriers étaient en position de défendre leurs intérêts face aux patrons. Dans ces années, ceux qui sortaient du peuple savaient qu‘ils auraient une vie plus facile que leurs parents ; l’école remplissait son rôle et l’ascenseur social fonctionnait.

Comme Pierre Cassen, je pense que non seulement nous devrions vivre aussi bien aujourd’hui, mais encore que nous devrions même vivre mieux, le progrès technologique aidant. Or c’est tout le contraire. Les jeunes ont bien du mal à entrer dans le monde du travail et ils ne peuvent même pas envisager la perspective d’une retraite décente. Les ouvriers sont à la merci des actionnaires ; dans le meilleur des cas, ils doivent se résigner à consentir d’énormes sacrifices pour garder leur travail. L’école est en ruines ; les inégalités sociales se creusent.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Il y a un élément soulevé par Pierre Cassen que je reprends volontiers. C’est l’immigration, voulue d’abord par les patrons pour casser les revendications sociales et sacralisée ensuite par les bourgeois bohèmes au nom de principes égalitaristes qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes. Je n’en reparlerai pas directement, puisque nous ne divergeons pas sur ce point.

L’autre élément avancé par Pierre Cassen, sur lequel je suis en revanche en total désaccord, est la responsabilité de la construction européenne. Je lui concède volontiers que la façon dont cette construction a été envisagée, aussi technocratique que mondialiste, n’est pas à donner en exemple. Pour autant, il se trompe radicalement lorsqu’il croit pouvoir retrouver une situation semblable à celle qu’il a connue dans sa jeunesse en revenant à la souveraineté nationale.

On pourrait lui objecter que cette souveraineté n’a été remise en cause qu’en apparence, l’Union européenne d’aujourd’hui n’étant qu’un club de dirigeants nationaux, lesquels se servent de l’Union pour faire accepter des mesures qu’ils ont décidées ensemble, mais qu’ils ne veulent pas assumer. Il restera que le fonctionnement de l’Union est un facteur de dissolution de la démocratie. N’insistons donc pas.

Ce que je veux montrer est plus radical. Dès lors que nous respecterons le cadre national français, même sans reprendre des stratégies dictées par la nostalgie et en s’adaptant au contraire à la modernité, nous n’aurons aucune chance de retrouver l’âge d’or escompté et serons condamnés à poursuivre la descente aux enfers que nous vivons. Il y a eu, en effet, des changements radicaux depuis un demi-siècle, contre lesquels aucune politique nationale ne pourra jamais lutter.

Le premier point concerne les biens. Nous avons assisté à un essor sans précédent des technologies. La nouveauté est que la production de certains objets de consommation demande des investissements désormais colossaux, donc un marché à une échelle largement supérieure à celle d’une nation comme la France. Les premiers téléviseurs ont pu être entièrement fabriqués chez nous ; aujourd’hui lancer, sans concertation à un niveau plus élevé, la fabrication d’écrans plats en France est impensable. C’est encore moins possible pour un ordinateur : nous ne pourrions décider de faire ni écran, ni processeur, ni disque dur. Ne parlons pas du repérage par satellites ; d’ailleurs il n’y en a toujours qu‘un pour la planète.

L’exemple de l’aéronautique, où Airbus a connu le succès, ne contredit en rien ce qui vient d’être dit. La société productrice n’est pas française. Elle échappe au champ d’exercice de la démocratie nationale. D’ailleurs les sociétés dites encore françaises ne produisent plus majoritairement en France.

Dans le même temps, les distances se sont raccourcies ; les marchandises voyagent dans des navires aux dimensions gigantesques.

Nous n’avons plus le choix qu’entre un marché plus vaste ou directement le marché mondial. Faute d’avoir su choisir pleinement la première alternative, nous sommes condamnés à la seconde.

Le second point concerne les hommes. Pour eux aussi, les distances se sont raccourcies. On voyage dans des avions toujours plus gros et plus nombreux. On communique par le réseau. Nous ne pouvons plus envisager notre modèle social indépendamment de celui des autres. Or les conditions du travail dans certains pays sont encore loin de ce que restent les nôtres.

Vouloir préserver notre modèle suppose donc que nous nous isolions, comme nous n’avions pas besoin de le faire dans le passé. Or nous nous le sommes interdit, en signant des chartes et des accords internationaux, dont nous ne voyions pas les conséquences. Il faudrait revenir là-dessus aussi. A défaut, il ne servira à rien de se plaindre d’une immigration non maîtrisée.

Hélas, dans l’intervalle, le poids que représente la France dans le monde s’est réduit considérablement. Economiquement, nous ne sommes rien face à la Chine. Militairement, nous ne pouvons mener de guerre que contre de petits groupes, comme au Mali. Tous seuls, nous ne pouvons pas nous soustraire aux règles dans lesquelles nous nous sommes laissés enfermer.

Nous n’avons plus le choix qu’entre un ordre politique plus vaste ou directement l’ordre mondial. Faute d’avoir su choisir pleinement la première alternative, nous sommes condamnés à la seconde.

Ainsi, en se plaçant dans le cadre national, Pierre Cassen ne peut-il rien nous proposer d’autre que ce que nous connaissons déjà. Il a raison de critiquer l’Union européenne, mais il a oublié de noter qu’elle n’est ni unie ni européenne. C’est en devenant l’une et l’autre qu’elle pourra nous sauver, car elle est seule capable de reproduire à l’échelle pertinente ce qu’a connu la France il y a quelques décennies ou plutôt la vision idéalisée que nous en avons conservée.

Peter Eisner (PSUNE/LBTF)

19:54 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre cassen, peter eisner, europe, france | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/04/2013

Mariage pour tous et démocratie pour personne

aphrodite-ares-cupid.jpgLa Grèce et Rome étaient des civilisations particulièrement tolérantes vis-à-vis des pratiques sexuelles de leurs citoyens. Sappho était grecque, tout comme les habitants de l’île de Lesbos. Harmodios et Aristogiton, connus pour avoir combattu pour la liberté d’Athènes face aux Pisistratides, étaient honorés par toute la cité bien qu’ils aient été amants. Mais à Athènes comme à Rome, le mariage concernait un homme et une femme, unis pour fonder une famille et avoir des enfants. Harmodios et Aristogiton étaient eux-mêmes mariés de leur côté, avec des enfants, et Sappho est morte, selon la tradition, par amour pour un homme.

Au cœur de la Rome décadente du Ier siècle après J.C, le poète Juvénal raillait les mœurs homosexuelles mais jamais il n’aurait imaginé un « mariage gay », que personne n’aurait envisagé non plus d’ailleurs, sauf éventuellement quelque empereur ayant abusé de vin. On prête toutefois à Néron l’intention d’avoir voulu épouser un autre homme, Néron incarnant aux yeux des Romains le mauvais empereur par excellence. C’est dire si cette idée aurait paru aberrante aux yeux des Romains, comme des Grecs, même ceux préférant la compagnie de ceux de même sexe.

Dans l’Europe décadente du XXIème siècle, en revanche, tout est imaginable. On est passé de l’interdiction de l’homosexualité à sa légalisation, en France en 1981, et désormais à sa valorisation médiatique. Les communistes français, qui auparavant considéraient l’homosexualité comme un « vice bourgeois », sévèrement condamné en Union Soviétique, sont devenus ses défenseurs acharnés.

Huit pays européens ont déjà autorisé le mariage gay, pudiquement rebaptisé « mariage pour tous » par le gouvernement Hollande/Ayrault, à savoir les pays scandinaves (Danemark, Norvège, Suède et Islande), sous influence d’un protestantisme libéral qui n’a pas grand rapport avec l’esprit des Vikings, les pays du Benelux (Pays-Bas et Belgique en tout cas) et enfin les deux pays ibériques (Espagne et Portugal). Au Royaume-Uni comme en France, le mariage gay est en cours de validation par les institutions nationales. Si le parlement polonais a refusé de le reconnaître, l’idée avance là où la fausse « gauche » pseudo-socialiste s’impose. Dans le programme du démocrate italien Bersani, chez les Verts allemands, la question est posée. En Slovénie, un projet de loi en ce domaine semble bien avancé.

La situation française est donc conforme à celle de nos voisins. La victoire du président « socialiste » Hollande annonçait inévitablement le mariage gay. Ceux qui déplorent cette idée auraient dû réfléchir à deux fois avant de voter par dépit pour ce candidat, à la seule fin de chasser le précédent, qu’ils commencent à regretter. Nous avons évité le vote des étrangers extra-communautaires, pour l’instant, et les tendres sentiments d’Hollande vis-à-vis de la Turquie ne semble pas freiner le choix de plus en plus évident d’un tropisme asiatique chez les dirigeants turcs. On ne pouvait pas échapper à toutes les folies contenues dans un programme présidentiel que très peu de gens ont de toute façon lu.

Ainsi, le président Hollande entend respecter une promesse de campagne, promesse faite à un lobby extrêmement minoritaire, minorité au sein d’une minorité, souhaitant imiter les institutions matrimoniales traditionnelles. Il n’y était pourtant contraint par aucun mandat impératif, et ne s’est pas gêné pour abandonner de nombreuses autres promesses, nettement plus importantes aux yeux de l’opinion majoritaire. Ainsi, son programme l’autorise-t-il, sous prétexte d’avoir été élu sur un contre-sens et des promesses mensongères, à faire comme bon lui semble et à ne surtout pas poser la question au peuple. Avec un parlement à ses ordres, selon un mode de scrutin qui n’a rien de véritablement démocratique, et avec un sénat qui ne représente pas le peuple mais ses élus, rien ne pouvait l’en empêcher.

Pour quelques milliers de personnes rêvant de se marier pour divorcer un ou deux ans après, il faudrait changer la loi commune, une loi millénaire, une loi estimée par toutes les civilisations européennes du passé, une loi reconnue comme bonne par toutes les religions, car aucune ne reconnaît l’idée même d’un « mariage homosexuel », pas plus le zoroastrisme, l’hindouisme et les « antiques » paganismes d’Europe que les trois monothéismes abrahamiques. Et ce changement « de civilisation », pour reprendre les propos de Christine Taubira, il suffit d’un président et de deux assemblées pour le décider, en se gardant bien de consulter par référendum le peuple, référendum qu’ils savent pertinemment qu’ils perdraient.

De la même façon que la nationalité française a été dévoyée, le mariage à la française est désormais dévoyé, comme chez de plus en plus de nos voisins européens. Il ne peut donc être sauvé. Il ne sert à rien de vouloir manifester dans la rue contre une loi qu’on n’est pas en mesure d’empêcher. Mais ce qui a été décidé par la contrainte, ce qui a été décidé dans l’opacité d’assemblées devenues de plus en plus impopulaires, n’a que la valeur et la légitimité qu’on voudra bien leur accorder.

La droite et l’extrême-droite prétendent que si en 2017 l’une ou l’autre sont aux affaires, elles annuleront ce mariage « pour tous ». La droite espagnole l’avait aussi promis et y a renoncé. En effet, à partir du moment où cette annulation n’est pas rétroactive, le fait étant accompli, l’intérêt d’abroger cette loi perd beaucoup de son sens. Et c’est bien pour cette raison que la droite française, et y compris le FN, ne s’aventurera pas en 2017 à la supprimer.

Comme la nationalité française, le mariage « à la française » est mort. Il n’y a pas lieu de le sauver puisqu’on ne pourra pas revenir en arrière de son dévoiement. En revanche, dans le cadre de la République Européenne, un mariage européen sera mis en place. Il répondra à une définition objective du mariage, conforme à la tradition européenne la plus ancienne, unissant un citoyen à une citoyenne, comme dans la démocratie athénienne. Les égarements nationaux d’une époque de décadence morale relèveront d’un passé dont on aura fait table rase, au sein d’une Europe unie et puissante. L’âge de Périclès et celui d’Auguste furent ceux d’une renaissance de la morale civique, la fin des innovations aberrantes et des dérives personnelles. L’âge de l’Europe unie ne sera pas différent.

Il y a de multiples raisons de considérer le « mariage pour tous » comme une mesure démagogique d’un gouvernement illégitime et aux abois voulant flatter une extrême minorité de partisans des centres urbains, cédant ainsi à un coupable communautarisme alimenté par l’individualisme obsessionnel d’une « gauche » qui a trahi tous ses idéaux et vendu l’intérêt général en se mettant au service de lobbies ethniques, confessionnels ou sexuels.

C’est l’intérêt général et le bien commun qui devraient dicter la conduite de nos dirigeants, de nos élus, comme de ceux qui manifestent contre cette loi d’ailleurs. S’opposer au « mariage pour tous », cela ne devrait pas être la conséquence d’une foi religieuse aveugle, chrétienne ou musulmane, ni d’une idéologie réactionnaire. C’est l’expression du bon sens, la fidélité à une tradition ancestrale plurimillénaire, la soumission aux lois de la nature et de la biologie, qui justifie en elle-même de dire non à cette loi.

Mais la France n’est pas le premier pays d’Europe à mettre en œuvre cette absurdité. Elle a été précédée par d’autres pays européens, sans que les conséquences soient spécialement dramatiques, et elle sera suivie par d’autres. Et puis, à un moment donné, les Européens se réveilleront et sortiront de cette décadente dormition. Ils verront qu’ils ont évité un précipice vers lequel leur classe politique corrompue les avait dangereusement amenés, et toutes les sottises et les folies d’une époque de déclin seront oubliées. Hollande ne laissera aucune trace estimable dans l’histoire future de l’Europe, et tout comme ses prédécesseurs et ses quelques successeurs, on l’associera à une époque où l’Europe s’était perdue, avant qu’elle ne finisse par se resaisir.

Avec la table rase juridique, tout redeviendra possible et le mariage aura à nouveau du sens, comme le mot « nationalité », mais au sein d’un autre pays qui s’appellera tout simplement l’Europe. A ceux qui s’époumonent inutilement dans la rue, noircissant leur mouvement par des excès de langage et par des actions perçues comme violentes, il existe une autre réponse, et cette réponse c’est l’Europe. Que nous importent les lois votées par des régimes au bord de l’abîme. Elles disparaîtront avec eux.

Thomas FERRIER (PSUNE)

23/02/2013

La Turquie aux portes de l’Europe

turquie,europe,non,erdogan,psune,thomas ferrierLorsqu’en 1963 De Gaulle et Adenauer laissèrent entendre au gouvernement turc que la Turquie avait vocation à rejoindre la Communauté Economique Européenne alors naissante, il ne s’agissait pas pour eux de faire rentrer un pays à l’européanité fort peu évidente dans une construction politique mais dans le cadre d’une structure favorisant le libre échange. Néanmoins, dans leur esprit, la Turquie sous l’impulsion d’Atatürk puis d’Inönü, s’était mise à l’école de l’Europe. C’était la Türkiye des beyaz Türkler, ou « turcs blancs », cette élite politique et économique qui dominait le pays depuis les années 20, une élite laïque et moderne, bien représentée au sein de l’armée.

Depuis 2000, la Turquie est dirigée par un parti issu de l’islamisme radical, l’AKP du président Abdullah Gül et du premier ministre Recep Erdogan. Ce dernier a réussi là où Erbakan, son ancien mentor, avait échoué, se heurtant à l’armée. En engageant des poursuites judiciaires contre des centaines d’officiers de l’armée, au motif de leur implication supposée dans le désormais fameux complot Ergenekon, il a étêté son principal adversaire. La dernière ligne de résistance aura été celle des juges constitutionnels en juillet 2008, qui finalement cèderont d’une seule voix.

En avril 2005, dans des conditions maintes fois répétées, l’Autriche et Chypre furent la seule ligne de défense contre le démarrage du processus d’adhésion d’un pays touranien et islamique à l’Union Européenne. L’Autriche troqua son honneur contre une promesse de ses partenaires en faveur de la Croatie voisine, et la Chypre grecque acceptant alors de jouer le jeu de pourparlers en vue d’une éventuelle réunification de l’île.

En 2012, cela fait désormais plus d’une décennie que les islamistes auto-proclamés modérés de l’AKP sont aux affaires. Ils ont profité d’une embellie économique pour laquelle ils ne sont pour rien, et ont surtout considérablement renforcé leur pouvoir au détriment de la société civile. Journalistes, intellectuels et militaires sont désormais sous contrôle. Une organisation islamique comme Fetullah Gülen se charge d’encourager les municipalités à interdire la vente d’alcool et favorise la multiplication des voiles féminins dans la rue. Le plus étonnant c’est que l’un des pôles électoraux de l’AKP est Istanbul, en Thrace. C’est la conséquence d’un flux migratoire intérieur amenant les populations de l’Anatolie, plus conservatrices, dans les grands centres urbains.

La désislamisation mise en place par Mustafa Kemal doit être considéré comme un échec. Même les nationalistes, plutôt laïcs à l’origine, du MHP se sont engagés dans une démarche national-islamique. Lorsque Kemal a voulu moderniser son pays, il a pris modèle sur l’Europe voisine, à l’époque phare civilisationnel et non continent en crise. Mais l’Europe n’est plus l’Europe, et la Turquie se tourne naturellement vers l’orient. Le paradoxe apparent, c’est qu’au nom du processus d’adhésion à l’Union Européenne, le gouvernement turc a réussi à réorientaliser le pays. La stratégie néo-ottomane de Davutoglu a piégé des dirigeants européens incapables de se faire respecter et indignes de leurs fonctions.

Après plusieurs années où Nicolas Sarkozy a bloqué concrètement le processus d’adhésion, renforcé en ce sens par la politique de la Turquie à l’égard de Chypre, le nouveau président français revient en arrière. Par le biais du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, il annonce la reprise des négociations et l’ouverture d’un quatorzième chapitre, l’un de ceux qui en outre impliquent l’adhésion.

Selon Laurent Fabius en effet, « la France va renforcer son soutien aux négociations d’adhésion de la Turquie » et ajoute que « nous souhaitons avoir des relations très positives avec la Turquie ». Malgré l’affaire de cette jeune franco-kurde Sevil Sevimli condamnée pour avoir participé en Turquie à des manifestations d’extrême-gauche, mais qui a été autorisée à revenir en France après avoir fait appel de sa condamnation, Hollande est devenu le nouvel ami d’Erdogan. Cette amitié nouvelle nécessite surtout des efforts français, car le gouvernement turc dicte ses ordres aux chancelleries occidentales. Il n’est plus question d’une loi pour condamner le négationnisme du génocide arménien, même si certains travaillent encore en ce sens.

Pourtant, le 11 février dernier, Erdogan s’en était pris durement à l’Union Européenne, dénonçant une organisation refusant depuis près de cinquante ans l’adhésion turque. Mais à chaque fois qu’il vitupère, à Paris on obtempère.

Or, la stratégie de Sarkozy, qui était celle de l’écœurement, commençait à porter ses fruits. Dans un sondage de janvier 2013, 59,5% des Turcs estiment qu’il faut abandonner toute perspective européenne (contre 33,3% qui estiment le contraire). Mais sans relâche les Etats-Unis, Obama en tête, poussent à cette adhésion, qui fragiliserait fondamentalement l’équilibre européen et interdirait toute volonté politique à l’Union Européenne. Erdogan le sait et joue cette carte, par le biais de l’OTAN, en acceptant des éléments du bouclier anti-missiles américain sur son sol, casus belli pour l’Iran voisin mais aussi pour la Russie.

Une véritable Europe politique passe par des frontières cohérentes et par l’adhésion uniquement de pays indiscutablement européens, comme l’Ukraine et la Russie, mais aussi comme la Géorgie et l’Arménie. Dans ce dernier cas, il faut soutenir ce pays dans sa lutte pour la mémoire mais aussi dans ce conflit qu’il a avec l’Azerbaïdjan turcophone voisin, soutenu par Ankara.

Le PSUNE rappelle sa position à l’égard de la Turquie, qui est « Turquie, non ! Russie, oui ! ». Si la Turquie n’était composée que de cette frange moderne et laïque qui a présidé à l’avenir de son pays pendant sept décennies, le débat serait certainement autre. Mais la situation est telle qu’elle est, et nous avons le devoir, en tant qu’européens, d’en prendre acte. Même si l’AKP perdait demain le pouvoir, la Turquie n’a pas sa place dans l’Union Européenne, tout simplement parce qu’elle n’est pas un pays européen. De plus, l’occupation illégale d’une partie de Chypre depuis 1974 est simplement inacceptable et devrait être une raison suffisante pour refuser cette adhésion. En outre, ce serait sans doute le plus grand service qu’on pourrait rendre au peuple turc que de lui opposer un non explicite et sans ambiguïté.

Thomas FERRIER (PSUNE)

03/01/2013

L'euro-mondialisme contre l'européisme

Quelle différence y a-t'il entre les véritables européistes, défenseurs de l'identité européenne, et les crypto-mondialistes qui dominent les institutions européennes ? Le plus simple est de citer l'un de ses éminents représentants, le français Michel Barnier (UMP).

 

«Nous ne faisons pas un Etat fédéral; nous ne faisons pas un peuple européen, nous ne faisons pas une nation européenne. Nous construisons ce que Jacques Delors appelait une «fédération d’Etats-nations», une mutualisation des nations qui conservent cependant leur spécificité, leur identité, leur langue. Nous voulons une Europe unie, non une Europe uniforme». (Michel BARNIER)
 
Barnier semble confondre la défense d'une "spécificité", d'une "identité", d'une "langue", choses évidemment à préserver, avec le maintien d'un état "national". L'expression "fédération d'états-nations" est un oxymore complet. La différence entre Cohn-Bendit et Barnier, c'est que le premier rêve d'une Europe post-nationale alors que le second n'envisage l'Europe que comme l'alliance entre nations souveraines. Le rejet absolu de l'idée de "nation européenne" par Michel Barnier montre le refus de la prise en compte d'une identité européenne, au profit d'états-nations dont le caractère prétendument national a été totalement dévoyé depuis des décennies. L'un prône le dévoiement par le haut, l'autre le dévoiement par le bas. L'un et l'autre sont donc co-responsables de la dénaturation profonde de l'idée européenne.
 
L'idée de "nation européenne", non seulement n'implique pas la destruction des identités "nationales" et régionales, mais au contraire entend les préserver bien davantage, en leur redonnant leur coloration originale, que des états pseudo-nationaux qui nous enferment dans leur carcan mondialiste.
 
L'Europe unie, c'est l'Europe Nation, c'est la République Européenne !

02/01/2013

Meilleurs vœux du PSUNE pour 2013 !

Une année de décadence de plus, une année de moins vers la renaissance !

ireland2013.jpgFRANCE

Les élections présidentielles françaises ont été l’actualité principale de 2012. Savoir quel pantin représentant en France les intérêts de la finance internationale n’était un enjeu que pour les naïfs. Toutefois, tout ne se vaut pas, et il était à craindre que le démagogue prétendument « socialiste » fasse au final beaucoup plus de dégâts que le président droitier sortant.

J’ai été particulièrement hostile dès le départ aux projets géopolitiques et sociétaux du candidat Hollande. Considérant que le mondialisme économique serait aussi bien défendu par l’un que par l’autre, j’ai estimé qu’il n’était pas un enjeu, même si pour beaucoup de français la crise économique est douloureuse, et qu’on devait juger les deux candidats en fonction de leurs positions sur les autres sujets. Hollande était partisan du vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales, soutien actif de l’idée de « mariage homosexuel », défenseur acharné de l’adhésion turque à l’Union Européenne. Je le devinais eurosceptique, même s’il n’assumerait pas cette position, et potentiellement germanophobe. Je savais aussi qu’il allait capitaliser sur son nom le vote des banlieues et des minorités communautaires, puisque le PS représente le parti de l’assistanat. Au final, 93% des citoyens musulmans et l’écrasante majorité des domiens ont voté Hollande.

Par ailleurs, le thème de l’Europe a particulièrement été absent des débats, même si Nicolas Sarkozy a toujours fait référence à ses partenaires et a intégré sa démarche dans le cadre plus général de l’Union Européenne. En revanche, François Hollande a fait des promesses qu’il ne pouvait pas tenir et au détriment de l’intérêt général des Européens.

Certains se sont donc imaginés que je ne pouvais pas être un homme de gauche alors que je tirais à boulets rouges contre Hollande, comme Mélenchon ceci dit, mais sans le programme ultra-libertaire de ce dernier, et aussi parce que j’appelais implicitement à voter raisonnablement pour le candidat de la droite affairiste contre le candidat de la fausse « gauche » affairiste. Or celui qui se dit de gauche en défendant une politique de droite, ce n’est pas moi, c’est le président Hollande, c’est le gouvernement Ayrault, et les salariés d’Arcelor Mittal du site de Florange en savent quelque chose.

Hollande ne m’a pas déçu. Il a été à la hauteur de mes craintes. Mais les français ne sont pas dupes, et son effondrement rapide dans les sondages montre que ceux-ci ne sont pas si naïfs. Beaucoup ont choisi de rejeter le président sortant, au bilan fort contestable, et à l’image très négative, en soutenant par défaut le candidat du camp adverse que les media mettaient en avant. Pourtant, Hollande était bien Sarkozy en pire et le démontre tous les jours. Mais Hollande n’a que faire de cet électorat, puisque ce qui l’intéresse c’est de récompenser les minorités actives qui l’ont soutenu et pas la majorité de ses électeurs et encore moins des français.

Ainsi, que fait-il de ses promesses à l’égard de la communauté arménienne ? Il avait promis de relancer un processus législatif dès son élection pour sanctionner la négation du génocide arménien. Mais les Français d’origine arménienne comptent visiblement moins à ses yeux que l’électorat d’origine turque ou l’amitié avec l’islamomane Recep Erdogan.

Gérard Depardieu quitte la France car il préfère payer ses impôts, à un niveau plus raisonnable, à la Belgique. Faire fuir les riches a cet inconvénient en effet que cela diminue les rentrées fiscales dans les caisses de l’Etat. Ce que n’importe quel joueur de base à SimCity sait, à savoir que trop d’impôts tue l’économie, semble échapper à Pierre Moscovici. Il était facile de taper sur les riches, mais il est beaucoup plus difficile d’enrichir les pauvres. 65000 emplois chaque mois sont détruits par la politique du gouvernement « socialiste ». Et face à Lakshmi Mittal, on montre les dents pour finalement lui céder sur tous les points.

L’année 2013 sera-t-elle celle d’un grand bouleversement politique ? Si la cote de confiance du nouveau président descend en dessous de 25% d’opinions favorables, et avant les élections de 2014 qui pourraient être meurtrières pour le PS, Hollande sera sans doute contraint de changer de premier ministre. Il ne pourra prendre que Manuel Valls, et l’usera de manière prématurée. Ca ne suffira pas. Il devra alors la mort dans l’âme dissoudre l’assemblée et accepter une cohabitation de peur que la droite ne balaie la gauche à toutes les élections et ne revienne aux affaires en fanfare en 2017. Nous verrons si Hollande permettra à Sarkozy de renaître de ses cendres.

EUROPE

2012 a été une nouvelle année noire pour l’Union Européenne. Même si l’Allemagne semble sortir la tête du gouffre, les autres Européens souffrent, et en particulier les Espagnols, les Portugais et les Grecs. Alors que l’Irlande martyre devient présidente pour six mois de l’Union Européenne, rien ne permet de penser que la situation s’améliore.

On nous assure que la crise de l’€ est désormais jugulée. C’est sans doute exact mais le prix de cette nouvelle stabilité est en matière social désastreux. Jacques Delors nous promet que le choix est désormais entre la survie et le déclin. Ces « européistes » sénescents n’y croient plus, mais on peut se demander s’ils y ont jamais cru. L’ancien président Giscard d’Estaing a lui aussi perdu toute ambition. On ne fera pas l’Europe unie avec des vieillards, fussent-ils convaincus. C’est la jeunesse européenne qui doit oser reprendre son destin en main, tourner le dos aux illusions universalistes et cosmopolites, et affirmer à nouveau son européanité, son avenir commun avec les autres européens.

On ne bâtit pas une société stable en tournant le dos à deux principes fondateurs de ce qui fit l’empire romain, la paix et la prospérité. Nulle paix dans nos banlieues, nulle prospérité dans nos chambres du commerce. L’Europe unie d’hier et d’aujourd’hui aurait pu réussir, si elle avait su se libérer du joug des Etats, se doter enfin de vrais dirigeants au caractère trempé dans l’airain. Là où l’Union Européenne a échoué, la République Européenne, qui naîtra de ses cendres, pourra réussir.

Elle réussira car elle remettra en cause les assises mêmes, idéologiques, institutionnelles, économiques et sociales, du système actuellement en place, d’un système qui programme la ruine du peuple et l’effondrement de notre civilisation millénaire. C’est une refonte juridique et morale totale à laquelle j’appelle mes compatriotes d’Europe, de l’Islande à la Russie, afin de rebâtir une Europe politique digne de ce nom, par subversion positive de l’Union Européenne, un noble projet certes mais dévoyé par ses membres actuels, indignes de porter l’idée européenne, et ennemis de l’Europe authentique. Nous remettrons l’Union Européenne dans le droit chemin, celui des pères fondateurs, et pas seulement ceux qui ont agi dans les années 50.

Si l’Europe ne s’unit pas, et suscite ainsi sa renaissance, elle périra. Les nationalistes centrifuges, qui ne rêvent par exemple que de la France seule, une France seule mais de fait ouverte aux populations de son ancien empire colonial, trahissant ainsi les intérêts du peuple, sont les meilleurs alliés de fait des USA. En s’opposant à l’€, en tapant à bras raccourcis sur l’Union Européenne, ils oublient que le principal ennemi des Européens est à la tête de chacun de leurs états. Si l’UE est médiocre, c’est que les dirigeants des Etats qui la composent et la contrôlent, sont minables.

L’Union Européenne n’est pas mauvaise en soi, elle ne l’est que par la nature de ceux qui la composent. Faire entrer en 2014 un ou plusieurs députés européistes sincères serait un premier pas vers la renaissance. Enfin, à Strasbourg, la voix de l’Europe, de la vraie et grande Europe, se ferait entendre. Face aux Cohn-Bendit, Schulz et Farage (pour le camp souverainiste) notamment, l’Europe a son mot à dire. Contre les pseudo-européistes et vrais mondialistes qui peuplent la Commission, trustent les plus hauts postes et qui constituent les meilleurs soutiens des Etats-Unis et les meilleurs fournisseurs en électeurs pour l’extrême-droite europhobe, les Européens doivent lever le glaive de Brutus l’ancien face aux tyrans.

2013 sera, je l’espère, l’année où la voix de l’Europe unie, de notre civilisation, se fera à nouveau entendre, tel un aigle chassant les vautours qui se repaissent sur le corps de notre peuple européen outragé. Que l’Europe se réveille en 2013 pour faire tonner sa voix en 2014 !

2013, ANNEE DU PSUNE ?

Comme chaque année, et tel un mantra, j’espère que l’année nouvelle sera celle de l’émergence de notre modeste formation ou à défaut, et c’est le plus important, des idées dont nous sommes les porteurs. Je donnerai tout ce que je peux pour que notre idéal, qui est la seule possibilité de sauver notre merveilleux continent du déclin économique et de la déchéance morale, réussisse à se faire entendre. Vous pouvez avoir confiance en moi pour cela. Aucune partie de mon corps ni de mon esprit n’a renoncé à cette croyance folle selon laquelle l’Europe vaincra. Si la tradition affirme que Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre, il est aussi vrai qu’il donne à ceux dont il souhaite le salut la force nécessaire pour triompher, pour que le bras de son fils Mars nous épaule d’une manière décisive.

L’Europe renaîtra, et nous renaîtrons avec elle ! Que 2013 soit l’année où le cor d’Heimdall sonnera afin que les forces d’involution soient enfin combattues, afin que chaque européen réveille en lui le héros qui sommeille, le héros qui combattra pour l’Europe éternelle.

Thomas FERRIER
Secrétaire général du PSUNE

23/12/2012

Chute de Rome et géopolitique

géopolitique de Rome,Europe,paganisme,christianisme,orient,occident,barbaresPourquoi l’empire romain au sens fort s’est-il effondré au cours du Vème siècle de notre ère, même s’il a survécu sous une forme abâtardie autour de Constantinople ? Son échec est-il contextuel, Rome rencontrant une résistance qui au fur et à mesure du temps s’est étoffée jusqu’à pouvoir déferler sur l’empire même ? Ou bien son effondrement était-il inscrit dans ses gênes ?

A l’heure où on parle encore de la Méditerranée comme d’un espace de prospérité en devenir entre l’Europe et l’Afrique du nord, le président français Hollande rentrant à peine d’Algérie, nous y reviendrons, il est intéressant de s’interroger sur cet empire méditerranéen par excellence qu’a été Rome.

A l’origine, Rome avait vocation à unir autour d’elle les différentes cités et tribus de l’Italie, ce pays d’élevage de bœufs (« Vitalia »), toutes apparentées. Romulus et Numa surent unir Latins et Sabins et petit à peu les peuples italiques rejoignirent l’ensemble, non sans combattre. Picéniens, Mamertins, Ombriens, Sabelliens et Samnites deviendront des Romains. Etrusques et Gaulois de Cisalpine, Grecs des colonies, tribus siciliennes, tous rejoindront cette Italie unifiée bien avant Garibaldi.

Rome fut alors confrontée à deux ennemis qui menaçaient l’intégrité de la péninsule. Ce n’était pas tant les turbulents Gaulois, qui avaient pourtant pillé Rome une première fois, qui inquiétaient les Romains, que la Macédoine et Carthage. Au cours du IIème siècle avant J.C, la Macédoine fut conquise et la Grèce, libérée en apparence, unie à Rome. Les Scipions finiront de leur côté par vaincre la puissante cité phénicienne qu’était Carthage, au bout de trois conflits sanglants. Enfin, les royaumes hellénistiques s’effondreront comme un château de cartes sans combattre. Rome est ainsi à la tête de la Méditerranée orientale, alors même que son cœur est en Europe.

Par la suite, la république puis l’empire élargiront ses frontières, tant en Occident qu’en Orient. César ajoute à Rome la Gaule et la frontière germanique mais aussi l’Egypte. Auguste finalise la conquête de l’Espagne et s’empare de la Thrace. Claude conquiert la Bretagne. Trajan s’empare de la Dacie. L’empire a atteint sa taille maximale, mais est devenu très composite. C’est l’Oronte déferlant sur le Tibre que dénonce Juvénal. Rome n’est plus dans Rome, mais le monde entier est à Rome.

Or cet empire comprend des populations qui n’ont fondamentalement rien en commun et que le hasard historique a intégré à une même structure. La romanisation échoue en Orient là où l’hellénisation semble en revanche avoir percé. La démonstration en est le plus romain des Dieux, Mars lui-même, dont le culte va se répandre dans toute l’Europe mais sera totalement absent en Orient. En Afrique, certes, on l’honore mais parce que ce sont des colons italiens, vétérans des légions, et installés dans cette province, qui pensent à leur dieu tutélaire.

Non seulement les populations africaines et asiatiques de l’empire n’ont aucune affection pour ce conquérant au caractère si européen, même si elles s’installent à Rome même, faisant de la cité d’Auguste une métropole de plus d’un million d’habitants, mais elles réagissent à cette tutelle en affichant leur religiosité orientale puis en s’emparant du christianisme comme d’une arme contre l’Occident romain et européen. Ce n’est pas un hasard si au IIIème siècle de notre ère, quasiment absent en Europe, le christianisme devient un phénomène incontournable à Carthage, à Alexandrie et à Antioche, chez les anciens ennemis du peuple romain. Dans ces cités cosmopolites où une langue grecque dégénérée, un « graecula », domine, les dieux de Rome sont absents.

En outre, les Romains ont bien trop de frontières. Pour avoir échoué à conquérir la Germanie, alors que Germanicus y était presque parvenu mais avait été rappelé à Rome par décision de Tibère, celle-ci était demeurée une zone frontière périlleuse. Les Germains, qui pourtant n’aspiraient qu’à être romains lorsque l’occasion leur était donnée, restèrent en dehors. Leur société guerrière se renforça alors même que la barbarie venue des steppes de la profonde Asie menaçait de s’abattre sur la petite Europe. Les Calédoniens, eux-aussi restés indépendants, malgré l’action de Septime Sévère pour les mâter, représentaient une autre frontière non maîtrisée, et ce malgré la construction de murs de protection. L’exemple chinois et la ligne Maginot démontrent qu’on n’a jamais empêché une invasion en bâtissant une frontière de pierre.

En Afrique, les tribus berbères indépendantes continuaient de menacer aux frontières, alors que le vigoureux empire perse, qui a pris la place des Parthes au début du IIIème siècle, espère reprendre les territoires perdus depuis l’époque de Darius. Pour conserver la Syrie et l’Egypte, pour maintenir la paix aux frontières face aux tribus germaniques et celtes, l’empire romain devait se démultiplier, or il n’en avait pas les moyens.

Du temps de la grandeur, les légions romaines tenaient bons, mais formées de professionnels et non plus de conscrits, elles faisaient et défaisaient les empereurs. Mais si par malheur des attaques simultanées avaient lieu à ses frontières, Rome n’aurait pas les moyens de les enrayer. C’est ce qui finit par arriver au Vème siècle de notre ère. Usée par ses guerres à répétition contre les Perses, Rome fut incapable d’empêcher les Germains de déferler sur sa partie occidentale, poussés par la furie hunnique.

Avec le recul, on comprend que Rome ne pouvait pas géopolitiquement tenir quatre frontières en même temps. Par ailleurs, malgré des richesses indiscutables, la première richesse est l’homme. Celtes et Germains, Daces et Illyriens, mais aussi les Slaves, auraient fait d’excellents romains, et ceux qui étaient déjà dans l’empire l’avaient prouvé. Leurs dieux étaient sous d’autres noms ceux de Rome. Indo-européens comme eux, proches de ce que les Romains avaient été à l’origine, ce que ne manqua pas de signaler un Tacite, ils auraient renforcé l’empire au lieu de contribuer bien malgré eux à sa destruction.

En renonçant à conquérir la Germanie, au profit du puits financier sans fonds qu’était l’orient, Rome commit une erreur géopolitique fatale. Alors qu’Auguste avait défendu l’Europe contre l’Asie, c’était l’Asie qui au final dominait. Constantin abandonna Rome au profit de Byzance, qui restait malgré tout une ville européenne, mais surtout choisit d’adopter le christianisme, vengeance morale de l’Orient afrasien contre l’Occident aryaque qui l’avait dominé. Dernière née des religions orientales, favorisée par les élucubrations de quelques philosophes séduits par la pensée asiatique, préparée moralement par ceux qui sapèrent la religion traditionnelle (Socrate en tête), la religion chrétienne triompha par la trahison de l’empereur. Constantin trouva dans le christianisme les charmes qu’Antoine avait trouvés chez Cléopâtre. Et ainsi trahit-il Rome, comme l’a si bien dit l’historien André Piganiol.

Rome devait unifier l’Europe, tel était son destin, et voir dans la Mare Nostrum un espace frontière. C’est avec les conquêtes islamiques que la Méditerranée redevint ce qu’elle était au départ, une césure entre deux mondes. Le drame du colonialisme, français notamment, a été de faire la même erreur que les Romains deux millénaires auparavant. Enseigner « nos ancêtres les Gaulois » en Afrique ne pouvait pas davantage réussir que d’enseigner « nos ancêtres les Romains » aux Egyptiens d’Alexandrie.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

Vaincre les nationalismes de division en Europe


L'Europe doit vaincre les nationalismes - 12 déc... par PSUNE-NEUSP

Octavien, politicien et stratège européen

augustus.jpgCaius Octavius Thurinus était issu d’une famille de petite noblesse de la cité de Vélitries, les Octavii, célèbres notamment pour avoir sauvé la cité d’une attaque ennemie en ayant réussi à s’attirer les bonnes grâces du dieu Mars en personne. Sous ce noble patronage, Octavien ne pouvait que réussir dans la cité du père de Romulus à faire de son nom un titre de gloire.

Il connaît sa première ascension médiatique dans l’ombre de son protecteur et père adoptif, Caius Iulius Caesar, mais l’occasion historique de devenir un acteur de premier plan de Rome lui fut donnée lorsque César fut assassiné par ceux qui se réclamaient de la République et du nom prestigieux de Brutus, vengeur de l’honneur romain et de celui de Lucrèce, libérateur des Romains du joug des souverains étrusques. Octavien passait alors pour un jeune homme sans envergure, mais plein de potentialités, et dont l’espace politique était étouffé par l’aura du principal lieutenant du dictateur, Antoine.

C’est dans cette époque troublée que le talent d’Octavien va apparaître dans toute sa quintessence. Antoine commettra l’erreur de gravement le sous-estimer, mais cela parce qu’Octavien appliquait à la lettre les principes du général spartiate Lysandros, « savoir quand porter la peau du lion et quand porter la peau du renard », et se faisait tout petit à ses côtés.

C’est ensemble qu’Antoine et Octavien combattront pour écraser, sous l’égide d’un Mars Vengeur, les insoumis autour de Brutus et Cassius. La bataille de Philippes déterminera le sort de Rome, partagé entre une dictature populaire et une république aristocratique. Paradoxalement, en apparence du moins, le plus républicain est Octavien, ami du peuple romain. C’est un homme réaliste, animé par une foi sincère en l’avenir de la cité de ses pères, et qui n’est pas prêt à transiger avec ses valeurs, même s’il sait les dissimuler.

Antoine et Octavien se partagent alors le monde. A Octavien, l’Occident avec Rome. A Antoine, l’Orient avec Alexandrie. Il tombe ainsi sous l’influence de la reine Cléopâtre, égérie de son mentor et professeur, et se rêve en nouvel Alexandre. C’est pour la même raison que César avait été tué car on craignait qu’il n’emmène Rome dans une aventure personnelle en Orient, là où Crassus avait connu un désastre. Octavien n’a pas besoin de manipuler la populace romaine pour obtenir son soutien. Par son attitude, il incarne Rome, alors qu’Antoine cède au charme de l’Egypte. Alors qu’Antoine sert Dionysos, Octavien se range du côté d’Apollon. L’ordre face à l’anarchie s’opposent, mais aussi l’Europe et l’Asie. Les dieux anthropomorphes de Rome et de l’Hellade s’arment pendant que les dieux à tête animale se reposent sous le soleil de l’Asie.

Avec Apollon et Mars à ses côtés, mais aussi Neptune, Octavien est le défenseur du continent européen contre les influences délétères de l’Asie ténébreuse. Actium anéantit les espoirs du couple italo-macédonien et reproduit au sein même de la république romaine la victoire de Scipion sur Carthage. Octavien a vaincu tous les obstacles et ira jusqu’au bout de sa mission. Ce n’est pas un homme avide de pouvoir, comme on le présente généralement, mais un homme de devoir. Ce n’est pas la Rome doucereuse des bacchanales nocturnes qui se présente face à Alexandrie, mais la Rome d’airain de l’Italie des origines. Octavien, nouveau Romulus, et émule de Mars, n’entend pas faire preuve de pitié. Cléopâtre, qui sacrifie son amant aux intérêts de l’Egypte, échouera pourtant à séduire le jeune chef de guerre. Tel un jeune lion, il dévore le fils de César, Césarion, qui aurait pu représenter une menace, mais laisse vivre les enfants d’Antoine et de Cléopâtre.

Octavien est ainsi le maître de Rome, à la fois en tant que dialecticien hors pair, capable de convaincre le peuple de le suivre pour châtier le traître, et en tant que stratège. Son projet pour sa cité peut alors émerger. Sorti vainqueur de plus d’un demi-siècle de guerres civiles, il va inventer un nouveau régime, le Principat, conservant les apparences de la république mais aussi les traditions de la Rome des rois italiques. Il hésite à se faire proclamer nouveau Romulus, et choisit finalement d’être Augustus, celui dont les augures ont été favorables, l’homme choisi par la Fortune pour emmener Rome au sommet.

Alors que César ne rêvait que de dépasser Alexandre, Auguste s’intéresse à son peuple, et s’appuie sur deux piliers, la Paix et la Prospérité, tels Mars et Mercure se faisant face au cœur du temple de la Concorde. Il fait ainsi bâtir l’Autel de Paix (Ara Pacis), signe un accord inédit avec les Parthes, obtenant ainsi la restitution des enseignes de Crassus mais aussi d’Antoine, et le retour des prisonniers de guerre romains. A côté du forum romain, il construit un forum augustéen dédié au dieu Mars Vengeur et à tous les grands noms de l’histoire romaine. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin, et se voulant le Périclès de Rome, il fait reconstruire ou rénover quatre-vingt temples afin que les dieux ainsi honorés soient du côté des Romains. Vainqueur des Cantabriens, il y ajoutera un temple de Jupiter Tonnant, le dieu de l’orage l’ayant protégé lors d’un combat.

Octavien est maître d’un empire immense, qui va de la Gaule à l’Egypte, mais qui comprend des populations très différentes. Octavien est et reste un romain et un européen. Les cultes égyptiens l’insupportent et il en interdit la pratique sur le pomœrium. Il veut moraliser la société romaine, limite ainsi le droit de divorcer, bannit les pratiques homosexuelles. Son objectif est de faire remonter la natalité romaine qu’il sait très basse. Il entend assurer le relèvement de la Rome éternelle, et lui offrir de nouveaux siècles de prospérité.

Auguste régnera près de quarante-cinq ans, ce qui est considérable. Et pourtant, les dieux ne lui permettront pas de voir son œuvre se perpétuer par des successeurs dignes de son nom. Seul Tibère aura pu survivre au prince et prendre sa place, sans être en mesure de continuer l’œuvre de son beau-père. Tiberius ad Tiberim. La fin de sa gouvernance n’est pas aussi lumineuse qu’après Actium. Varus et ses légions sont écrasés par les rebelles germaniques d’Arminius en 9 après J.C et la maladie assaille Octavien. En 14 après J.C, le fils adoptif de César s’éteint, ironisant sur sa vie, et se demandant s’il a bien joué la comédie du pouvoir. Il refuse les honneurs et surtout qu’on le considère comme un dieu. Son souhait ne sera pas respecté. Un culte au Divus Augustus verra le jour. Le prince aurait détesté. Toujours, durant sa vie, il avait fui l’hybris et honoré les dieux avec respect.

On honore Octavien pour mieux saboter son œuvre. La dynastie des Julio-claudiens sera exécrable et exécrée. Elle prendra fin avec la mort de Néron. Lui qui avait patiemment forgé le caractère de ceux en qui il voyait ses successeurs, Gaius et Lucius, ses petits-fils, morts bien trop jeunes, n’a pas pu les voir régner. Etait-il conscient à sa mort qu’il avait échoué à pérenniser son œuvre ? Mais Rome aura quatre siècles de vie encore, avant de s’effondrer, car le dieu Mars avait promis douze siècles de gloire à la cité de son fils, douze comme le nombre de vautours vus par Romulus dans le ciel bleu de l’Italie.

Romulus, Brutus, Augustus, ainsi était la trinité qui fit de la petite Rome le cœur d’un empire immense, détrônant l’Hellade. Mais le prix de tant de conquêtes se ferait un jour connaître et il dépassera la bourse des Romains.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

13:50 Publié dans Analyses, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : octavien, octave, auguste, rome, césar, europe, mars ultor | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/12/2012

Depardieu en Belgique : tollé chez les « socialistes ».

gerard-depardieu-20060902-157778.jpgGérard Depardieu quitte la France et renvoie même son passeport. Comme de plus en plus d’artistes français, il en a assez de payer des impôts sur le revenu qui lui paraissent très excessifs. Ce n’est une surprise pour personne que l’exil fiscal soit si répandu aujourd’hui, car le gouvernement « socialiste », par démagogie, préfère cibler les plus riches, faisant ainsi croire de manière mensongère qu’il pratiquerait la justice sociale.

Rappelons en premier lieu qu’un français fortuné qui quitte son pays n’y paiera plus d’impôts du tout. En bilan purement comptable, le taux d’imposition des revenus les plus aisés en France appauvrit les caisses de l’Etat. On peut certes déplorer sur le principe que des français refusent de faire leur devoir citoyen en cotisant pour la patrie. Mais faudrait-il encore que l’argent généré par les impôts soit employé à bon escient. Or, de fait, les Français payent des impôts pour enrichir diverses associations dont l’intérêt n’est pas le nôtre, pour subventionner massivement les banlieues afin d’y garantir une très relative paix sociale, pour dédommager nos anciennes colonies, pour financer la Palestine ou que sais-je encore.

Gérard Depardieu en a assez de payer des impôts excessifs pour cette politique d’assistanat dans tous les domaines. On doit admettre que c’est bien compréhensible.

Et la fausse « gauche », qui ose sans pudeur se dire « patriote », non ne riez pas, de se déchaîner contre « Obélix ». Entendre de la part de Jean-Marc Ayrault que l’attitude de Depardieu serait « minable » est pathétique. Et de Sapin à Filipetti, toute la « gauche » bo-bo mondialiste joue aux indignés.

Oui, cette « gauche » qui a menti aux ouvriers de Florange et s’est couchée devant Lakshmi Mittal. Oui, cette « gauche » qui ouvre ses bras tendres à l’islam tout en tournant le dos aux travailleurs français de PSA. Cette « gauche » qui donne des leçons de morale se déchaîne contre le pauvre Gérard.

Pourtant, ce qu’il a fait est légal, et c’est bien la faute de François Hollande, qui toise Angela Merkel, et qui pratique l’europhobie feutrée, si l’Europe n’est pas fiscalement harmonisée. Depardieu, qui se définit comme un « vrai européen », ce qu’il est, mais aussi comme « un citoyen du monde », ce qui ne veut en revanche rien dire du tout, est allé s’installer en Belgique, car notre voisin a un taux d’imposition plus raisonnable vis-à-vis de personnes fortunées, et préfère les attirer, et obtenir ainsi des subsides supplémentaires, que de les faire fuir.

La « gauche » PS n’aime pas les riches. Elle ne s’aime donc pas elle-même. Mais la « gauche » PS n’aime pas les pauvres non plus, s’ils ont le tort d’être des européens. 35% des français approuvent l’action du président Hollande. La chute continue dans les sondages. Y aura-t’il encore un gouvernement français dans un an ? On se demande en effet si le gouvernement pourra tenir très longtemps en proposant des réformes inutiles, comme le « mariage pour tous », revendication d’une minorité au sein d’une minorité, ou en ouvrant largement les vannes de l’allogénisation.

Un authentique socialiste ne peut que déplorer l’attitude de Gérard Depardieu mais se doit aussi de la comprendre. Et surtout, entendre de la part des mondialistes du PS l’expression « patriotisme » ne peut que révulser tout véritable défenseur de l’européanité de l’Europe.

Des mots mantra comme « nationalisations » ne suffiront pas à convaincre le peuple que ce gouvernement serait à son service.

Face au mondialisme, il n’y a qu’une seule réponse. C’est l’Europe ! Or Hollande freine des quatre fers toute ambition d’une Europe fédérale, et c’est l’Allemagne qui est en pointe du combat pour l’Europe, une fois de plus.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

02/12/2012

Brandir le drapeau européen, une nécessité historique !

UE_flag.jpgFace à l’armée prussienne, les troupes de Napoléon III n’ont pas pu faire le poids. Sedan solde la fin de l’aventure impériale et le début d’une république dont la majorité parlementaire est monarchiste. La France aurait pu devenir à nouveau une monarchie constitutionnelle si l’héritier des Bourbons l’avait souhaité. Or le comte de Chambord n’aurait pu accéder au trône qu’en acceptant de reconnaître le drapeau tricolore de la patrie, en renonçant au drapeau d’avant 1789. C’est parfois pour une simple question de drapeau que le pouvoir peut échapper à un de ses prétendants.

Il ne faut pas oublier qu’un drapeau n’est pas qu’un simple symbole, un identifiant, mais c’est avant tout un signe de ralliement, un étendard de combat. C’est parce que le drapeau tricolore a arpenté l’Europe sous la Révolution et l’Empire, c’est parce qu’il a représenté la liberté d’un peuple se soulevant contre son roi, en 1830 comme en 1848, c’est parce que de nombreuses personnes sont mortes en son nom ou en le brandissant, qu’il a acquis ses lettres de noblesse. Il en a été de même du drapeau rouge, à l’origine étendard de l’armée romaine, symbole du dieu Mars, et désormais drapeau de la révolution et du socialisme.

Ainsi l’Europe dispose-t-elle d’un drapeau, certes récent mais porteur d’une longue histoire. Ce drapeau, d’abord choisi par le Conseil de l’Europe puis adopté par l’Union Européenne, est d’un bleu royal et souverain, constellé de douze étoiles d’or. On a dit de ces étoiles qu’elle formait la couronne de la Vierge Marie, telle qu’elle est représentée à Strasbourg. Mais ce chiffre douze, symbole de concorde, rappelle aussi la tradition classique, et le bleu, couleur aussi de l’anneau olympique représentant notre continent, fait penser à la couleur des yeux de Zeus, le dieu du ciel, qui s’unit à la princesse crétoise Europê, en qui certains virent une phénicienne. Douze comme les douze signes du zodiaque, douze comme les douze tribus d’Israël, mais douze comme les douze travaux d’Héraclès, le premier héros européen de notre histoire, et douze comme les douze dieux de l’Olympe.

Ce drapeau, qu’on peut ainsi interpréter tant comme un étendard païen que comme fanion chrétien, ne représente pas seulement l’Union Européenne, pas seulement la construction européenne mise en place depuis l’après-guerre, mais l’Europe toute entière, même si tous les européens n’en ont pas encore conscience. Certains voudront à tout prix l’interpréter comme l’étendard de la technocratie bruxelloise. Il est vrai qu’on le retrouve sur tous les bâtiments institutionnels de l’actuelle UE. Mais ces mêmes technocrates s’en revendiquent-ils ? Ils ne chantent pas l’hymne européen et ils ne lèvent pas bien haut ce drapeau bleu étoilé.

Un drapeau a la valeur que le peuple lui confère, et ce drapeau européen, qui est désormais connu et reconnu par de plus en plus d’Européens, doit devenir ce qu’il est, à savoir un drapeau de résistance, un drapeau de combat, celui d’une Europe unie et qui ne veut pas périr. Face à la crise économique que nous subissons, face aux périls qui s’amoncèlent et qui menacent tout le continent, de l’Islande à la Russie, face à l’influence grandissante des Etats-Unis, du monde islamique ou de la Chine au cœur même de notre société, et pour son plus grand malheur, l’Europe doit se réveiller. Elle doit s’unir. Elle ne peut le faire que derrière des hommes, et des femmes, de bonne volonté, qui devront la doter d’institutions solides et légitimes. Mais une nation, une patrie, se doit d’être incarnée, d’être reconnue. Elle a besoin d’être identifiée.

L’Europe a son drapeau. Ce n’est pas le drapeau de ceux là même qui l’ont choisi pour représenter leur institution technocratique. C’est le drapeau de tous les Européens, car l’œuvre échappe à son créateur, et c’est aux véritables européistes que nous sommes, défenseurs de nos traditions, de notre culture ancestrale, de notre héritage commun, de s’en emparer. Ne laissons pas ce magnifique emblème dépérir dans les mains de ceux qui ne sont pas dignes de l’utiliser. Prenons le avec nous, levons le droit devant le soleil éternel, plantons le tout en haut de l’Acropole d’Athènes et de tous les hauts lieux de notre terre de lumière. Défilons derrière lui, tel un bouclier nous protégeant des coups de l’ennemi.

Le drapeau européen doit être face à la Chine de l’autre côté du fleuve Amour. Il doit aussi reposer aux bords de l’Evros, face à ces héritiers islamiques de l’empire ottoman qui nous narguent depuis près d’une décennie et exigent qu’on leur ouvre la porte. Il doit être aux côtés des Arméniens dans le Haut Karabagh et des Chypriotes grecs à Nicosie. Partout où est l’homme européen, partout doit être son drapeau.

Ceux qui refusent de brandir le drapeau de l’Europe, préférant par exemple la cocarde tricolore, se sont trompés d’époque. Ils ne servent pas les intérêts du peuple, ne comprennent pas que l’avenir des Européens est dans l’unité, facteur de paix et de prospérité, facteur aussi de préservation d’une identité plurimillénaire.

Le drapeau européen est couvert de la sueur des millions de travailleurs européens qui ont rebâti notre continent au sortir de deux guerres civiles meurtrières. Il est le fruit d’un patient travail de réconciliation engagé par les pères fondateurs de la construction européenne d’après 1945. Le nationalisme allemand dans son expression hitlérienne ayant ruiné l’économie du continent, et alors que le nationalisme russe assurait sa domination sur la moitié orientale du continent, sous les traits de l’URSS, l’idée d’une Europe unie, qui avait été promue par le premier socialiste, Saint-Simon, comme par le patriote italien Mazzini, redevenait une évidence. Napoléon n’avait entrevu l’Europe comme république unitaire qu’à Sainte-Hélène, alors même que son nationalisme français avait déçu les Italiens et les Allemands et lui avait mis à dos la fierté espagnole et l’honneur russe.

800px-European_Army_Flag_svg.pngLes souverainistes prétendent que la construction européenne a mis fin aux souverainetés nationales, prétendument protectrices. En réalité, c’est bien l’absence d’Europe qui a permis aux américains de mettre nos pays sous tutelle. Et lorsque le maître a brièvement relâché la laisse, lorsque l’occasion historique aurait pu permettre dès les années 50 de disposer d’un Etat européen, avec la Communauté Politique Européenne (CPE) associée à la Communauté Européenne de Défense (CED), gaullistes et communistes, socialistes tièdes et poujadistes, ont voté non.

Il n’y a pas de souveraineté sans puissance, sinon elle n’est qu’une indépendance factice, une liberté de papier, un esclavage déguisé. Seule l’Europe unie dispose de la puissance nécessaire pour se faire respecter et craindre du monde entier. L’Europe de la CEE est encore trop limitée pour permettre à ce potentiel de s’exprimer pleinement. L’Union Européenne a besoin de s’élargir à l’Europe de l’Est, d’incorporer en son sein une Russie affaiblie, mais dont le peuple aspire à un grand destin aux côtés de leurs frères européens. Une telle Europe sera alors invincible.

Et le drapeau bleu étoilé, celui de notre nation en devenir, sera levé d’une manière souveraine. Il conservera les âmes de tous ceux qui ont combattu, de tous ceux qui sont morts, de tous ceux qui ont œuvré à son unité. Alors assumons ce que ce drapeau contient de potentialités. Soyons en fiers. Brandissons-le aux yeux du monde. Qu’il soit le signal que l’Europe ne veut pas disparaître, que bien au contraire elle est prête à renaître.

Ce drapeau, qui fait peur à ces technocrates de Bruxelles et de Strasbourg, qui pourtant devraient le défendre, n’est pas un simple morceau de tissu coloré. Il incarne à lui seul la résistance au mondialisme destructeur et au nationalisme centrifuge, qui ne sont que les deux faces d’un même mal.

Qui vive ? Europa !

Thomas FERRIER
Secrétaire général du PSUNE

04/11/2012

Brèves européennes... (16)

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Le loup dérange. Pourtant, en Espagne et en Italie, où il est présent en nombre bien plus important, et je n’évoque même pas l’Europe centrale et orientale, sa cohabitation avec l’homme semble se passer plutôt bien et la même chose peut être dite en ce qui concerne l’ours. Ces nobles animaux, à la richesse symbolique si forte en terre d’Europe, pourraient voir leur situation en France se détériorer sous la pression d’éleveurs pourtant largement dédommagés auprès d’un pouvoir public, d’un gouvernement pourtant associé à de prétendus « écologistes », qui ne parlent jamais d’environnement mais préfèrent davantage soutenir la régularisation des clandestins, la légalisation du cannabis et le mariage homosexuel. D’ailleurs, il est intéressant de noter que la formation politique suisse Ecopop propose en revanche de limiter l’immigration à un seuil maximal de 0,2% d’entrées par an (par rapport à la population totale).

Le loup indiffère ces pouvoirs publics mais pas les véritables défenseurs de l’écologie et de l’identité européenne que nous sommes. Alors que l’élevage de moutons est de plus en plus destiné à l’abattage, et aussi à l’abattage ritualisé, le choix est entre la préservation d’intérêts économiques en soutenant un animal d’élevage, qui est sans doute tué moins sauvagement par le loup que dans les abattoirs par l’homme, et la protection d’un animal menacé en Europe, et dont seulement une centaine de spécimens sont présents sur notre territoire. On estime en revanche à 100.000 le nombre de chiens redevenus sauvages en France, et c’est eux qui en vérité causent le plus grand nombre de dégâts, dégâts ensuite imputés au loup. En outre, la réintroduction du loup pourrait considérablement ralentir l’expansion des sangliers qui causent de vrais ravages.

Dans cette opposition entre l’économie et la nature, c’est la nature qu’il faut ici encore défendre. Une profession, aussi respectable, soit-elle, ne doit pas engendrer l’extinction d’une espèce qui dérange. Et si la défense des loups a un coût, c’est un coût raisonnable par rapport à d’autres politiques gouvernementales scandaleuses et bien plus coûteuses encore. Il faut s’opposer à tout abattage de loups car, non seulement leur nombre ne doit pas diminuer, mais il faut accepter et assumer son expansion. Sur notre territoire, l’exploitation humaine devrait diminuer pour redonner toute sa place aux espèces naturelles propres à notre environnement indigène. Loups, ours, lynx et autres grands prédateurs de notre faune doivent être préservés et défendus à tout prix.

TURQUIE

L’ « arrogant Erdogan » continue de menacer et de vociférer contre le peu empressement de l’Union Européenne à faire avancer le processus d’adhésion. En réalité, en ce domaine, il est le principal responsable de cette situation, en raison de son attitude vis-à-vis de Chypre et aussi de la politique intérieure qu’il mène. Car nous ne sommes pas dirigés par des adversaires à cette adhésion, à part la tiède Merkel, et le nouveau président est plutôt turcophile. C’est aussi le cas de Guido Westerwelle, ministre FDP, partisan d’une Turquie intégrée. Rappelons qu’alors que François Hollande s’était engagé à relancer le vote d’une loi réprimant la négation du génocide arménien, il n’en a encore rien fait.

Erdogan exige que la Turquie soit membre de l’Union avant 2023, date du centenaire de la naissance de la république turque, une république dont pourtant il bafoue tous les principes, remisant la noble figure de Mustafa Kemal, pas assez islamique. Il est vrai qu’Atatürk était fondamentalement hostile à l’islam même s’il a assuré le caractère musulman de son pays par « patriotisme », en essayant de désarabiser l’islam et en réintroduisant les traditions turques païennes, parallèlement au fait de présenter les Turcs comme descendants des Hittites indo-européens.

La répression intérieure, le jugement de journalistes et de militaires dans le cadre d’un vaste complot qui permet de mettre au pas l’armée et de faire taire l’opposition laïque, ne joue pas en faveur d’Erdogan. Celui-ci menace qu’on « perde la Turquie ». Alors, perdons-la ! Car si on souhaite une véritable Europe européenne, une Europe puissante et homogène, la Turquie n’y a simplement pas sa place. C’est dommage pour ces véritables européens que sont les beyar Türkler (20 à 25% de la population turque), mais la Turquie en cours de réislamisation d’Erdogan et de Gül, nous n’en voulons pas.

Une Europe qui se ferait respecter exigerait déjà la fin de l’occupation turque de Chypre et le rapatriement des colons turcs installés sur l’île depuis 1974. Rappelons qu’en 1913 puis en 1920, la question de la Turquie dans l’Europe a bien failli être réglée, mais c’est encore la faute des nationalistes d’Europe, et notamment des Balkans, si cela n’a pas pu être le cas.

L’idée d’Europe politique s’est d’ailleurs bâtie dès le XVème siècle contre l’empire ottoman, ancêtre de la Turquie moderne. Georges de Podiebrad avait ainsi théorisé une union européenne, incluant la Moscovie (Russie), pour s’opposer aux conquérants turco-musulmans. Mais l’Europe là encore ne s’est pas faite, et Constantinople est tombée. L’empressement des américains à vouloir que nous intégrions la Turquie prouve par l’exemple qu’il faut bien au contraire s’en garder à tout prix.

Merci Recep Erdogan d’avoir déconsidéré aux yeux du plus grand nombre d’européens votre pays par une politique de taqiya islamiya qui ne trompe plus personne, même plus Daniel Cohn-Bendit. La question me paraît donc heureusement réglée pour longtemps.

Et en revanche, apportons notre plein et entier soutien à la petite Arménie, coincée entre la Turquie à l’ouest et l’Azerbaïdjan à l’est.

EURO-REGIONS

L’UE exerce un chantage politique contre les nationalistes catalans et écossais. Au service des Etats, et non Europe fédérale indépendante et souveraine, elle menace la Catalogne et l’Ecosse de ne pas être membres de facto de l’UE si celles-ci quittent l’Espagne et le Royaume-Uni. La procédure est odieuse mais n’est pas surprenante. Les commissaires n’ont pas pour mission de bâtir une Europe fédérale des régions, contrairement à ce que des souverainistes extrêmes comme Hillard prétendent, mais bien de maintenir la dictature des états jacobins sur leur propre peuple.

A cet égard, la livraison par la France de la nationaliste basque Aurore Martin à l’Espagne, où elle risque douze ans de prison pour avoir comme seule faute été présente à une manifestation d’une organisation interdite, est symptomatique de cette fausse « Europe » qu’on nous vend. Où est l’Europe lorsque d’un côté des Pyrénées, on risque douze ans de prison et de l’autre côté la pleine jouissance de ses droits de citoyen ?

Rappelons que s’il faut condamner sans atermoiement le terrorisme, qu’il soit islamique ou indépendantiste, c’est bien parce que le général Franco, de l’extrême-droite la plus rétrograde, a combattu nationalistes catalans et basques au lieu de s’appuyer sur eux, n’hésitant pas à utiliser des troupes coloniales marocaines pour tuer des patriotes d’une identité régionale respectable, que le nationalisme est si virulent dans ces deux provinces, se teintant de gauchisme. On notera que l’indépendantisme « de droite », comme en Ecosse avec le SNP (Scottish National Party), n’est pas marqué par un quelconque terrorisme.

La réaction outrée de nombreuses personnes de gauche et de droite, et même de Marine Le Pen, dans cette affaire, me paraît justifiée. Même si Manuel Valls prétend, peut-être à raison, n’y être pour rien, il devrait exiger du gouvernement espagnol une simple condamnation formelle et symbolique contre la jeune femme, et son retour en France. L’Espagne, quand elle se la joue jacobine, est aussi insupportable que la France. En Allemagne, où le jacobinisme est exclu, les régionalistes font des scores très faibles parce que leur identité régionale est défendue par l’Etat fédéral.

Même si le Royaume-Uni par le biais de la dévolution et l’Espagne par sa fédéralisation, ont tenté de respecter les identités évoquées, lorsqu’il s’agit d’aller au bout de la logique, les gouvernements se dégonflent et l’Union Européenne cautionne ce renoncement, qu’elle accepte en revanche pour le Kosovo. Deux poids, deux mesures ? Si les américains étaient favorables à l’indépendance de l’Ecosse et de Catalogne, croyez bien que cette indépendance aurait déjà eu lieu.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

29/07/2012

Le triomphe du Chevalier Noir

The dark knight rises.jpg

Après le plus conventionnel Batman Begins et le grandiose The Dark Knight, avec la performance d’acteur du regretté Heath Ledger dans le rôle du Joker, Christopher Nolan devait conclure sa trilogie sur un succès. Il était pourtant très difficile de dépasser le second long métrage consacré au chevalier noir de Gotham, tant au niveau du scénario que du jeu d’acteurs, et notamment les palpitantes dernières trente minutes. Il était également nécessaire que Nolan satisfasse les fans de DC et offre à Batman une fin digne de lui, puisqu’il était bien entendu que le troisième film serait aussi le dernier.

Par son choix d’un environnement extrêmement réaliste, Nolan s’interdisait la possibilité d’introduire des personnages trop fantasques comme Poison Ivy ou Victor Fries, tous deux préalablement défigurés par le médiocre Batman & Robin de Schumacher. Il ne fallait donc pas non plus s’attendre à une apparition de Superman à la fin du film pour introduire Man of Steel. En outre, la mort de Ledger rendait difficile la remise en avant du Joker car aucun acteur n’aurait pu crédiblement reprendre le flambeau.

Nolan a donc dû retourner au mythe et s’est ainsi qu’il s’est inspiré des meilleurs comics consacrés à Bruce Wayne, à savoir les cycles Knightfall et No Man’s Land, tout en reprenant son principe d’un terrorisme à grande échelle (post-2001) menaçant Gotham. Il s’agissait aussi de s’inspirer à nouveau de Batman Begins, afin de fermer la boucle. Le film est donc centré sur le personnage de Bane, Tom Hardy ayant enfin un rôle à sa mesure, bien plus valorisant que son rôle timide dans Target. Celui-ci associe force physique et intelligence tactique, face à un Bruce Wayne vieillissant, aux tempes blanchissant, qui a perdu la foi et traîne son corps blessé dans l’intimité de son manoir depuis huit ans.

Batman retrouve ses premières couleurs lorsque Catwoman, alias Anne Hathaway, fait son apparition au cœur de ses appartements. Plus fidèle à la bande dessinée que la blonde Michelle, elle incarne remarquablement la cambrioleuse féline. Retrouvant la tenue de Batman, il se retrouve avec à dos la police de Gotham, qui croit qu’il est l’assassin d’Harvey Dent puisqu’à la fin de The Dark Knight il avait endossé sa mort pour préserver son image de procureur intègre, mais aussi la Ligue des Ombres dont Bane, pourtant officiellement exclu, semble le dirigeant. La confrontation entre Batman et Bane tourne rapidement à l’avantage de ce dernier, qui a en outre réussi à ruiner Bruce Wayne et obligé ce dernier à s’associer avec l’énigmatique Miranda Tate, jouée par Marion Cotillard.

Comme dans Knightfall, la chauve-souris est brisée, paralysée et enfermée au fond d’une prison exotique, sans espoir de s’en libérer, et assistant en outre, par le biais d’une télévision, à la chute de sa cité, prise en otage au sens littéral par un Bane anarchiste, libérant les prisonniers de Blackgate, enfermant les policiers de la ville sous des tonnes de bêton, chassant les riches de leurs appartements, jugeant et condamnant à mort les résistants. Révélant l’innocence de Batman dans la mort de Dent, pensant ainsi salir définitivement la mémoire du commissaire Gordon, Bane ne se rend pas compte qu’il fait de Batman le sauveur de Gotham.

La remontée de Bruce Wayne est certainement le moment à la fois le plus angoissant et le plus majestueux du film de Nolan. Le spectateur souffre avec le héros, constate son impuissance. En quatre mois, Bruce Wayne se reconstruit physiquement mais demeure incapable de se libérer de sa prison. C’est au moment où il comprend ce qu’il a à perdre, lorsqu’il est à nouveau animé d’une pulsion de vie, et se souvenant bien à propos du message nietzschéen de son père sur la nécessité de chuter pour remonter la pente, qu’il parvient enfin à redevenir Batman.

Mais ce n’est pas un Batman solitaire qui ressort du trou béant dont il était le prisonnier. Ce n’est pas un Batman qui attaque bille en tête, comme s’il n’avait rien à perdre. John « Robin » Blake, le commissaire Gordon, l’élite de la police de Gotham, et la charmante Catwoman l’aident dans sa mission. Bane reçoit alors la leçon qu’il mérite mais pour mieux faire apparaître un personnage de l’ombre, Talia Al-Ghûl, fille du méchant du premier film, animée par une vengeance sans pitié et par une forme d’éco-terrorisme.

Nolan offre enfin son mythe à Batman, celui-ci donnant l’illusion d’être mort en sacrifice, tout en sauvant réellement sa cité, libérant Bruce de son nom si lourd à porter, de la malédiction Wayne, et lui permettant de se construire une nouvelle vie aux côtés de Selina Kyle. La scène finale où Alfred effondré, avec un Michael Caine au sommet de son art, découvre Bruce et Selina à la terrasse d’un café en Italie, conclut un film épique sur une note fondamentalement optimiste. Un nouveau héros par ailleurs se lève, avec « Robin », montrant qu’il y aura toujours un Batman à Gotham.

Nolan a pris certaines libertés avec la tradition Batman, négligeant la filiation entre Don Diego de la Vega et Bruce Wayne, l’un et l’autre timides aristocrates le jour et héros au service de la justice la nuit. C’est bien en sortant du film The mark of Zorro que les parents du jeune Bruce sont tués sous ses yeux par Joe Chill, et non en ayant assisté à un spectacle de chauves-souris comme le présente Nolan. Ce dernier synthétise également en un seul personnage le chef de la Ligue des Ombres, l’assassin professionnel Henri Ducart et Ras-al-Ghûl, et enfin associe le mercenaire Bane dès le départ à Talia.

La dimension plus humaine de Batman est ainsi affirmée plus que jamais, à la différence de tous les autres super-héros. Nolan en exagère la dimension sociale car Bruce Wayne ne se prétend pas spécialement bon, et le généreux donateur est avant tout une image qu’il se donne pour cacher ses autres activités. Mais la rédemption par l’amour qui lui est offerte ne peut que satisfaire les aficionados de l’homme au masque. Le couple Batman/Catwoman, très perturbé dans la version de Tim Burton mais aussi dans le nouveau cycle 52 de DC Comics, est explicitement établi à la fin du film.

Enfin, la musique de Hans Zimmer, remarquable dans les deux premiers opus, est à la hauteur du nouveau film de Nolan. Elle diffère fondamentalement de la musicalité héroïque d’un John Williams dans Superman mais surtout de celle de Danny Elfman dans les deux Batman de Tim Burton. Mind if I cut in ?, le quatrième morceau de la bande originale, associe désespoir et chaos en devenir. Rise annonce véritablement la remontée à la surface d’un Batman métamorphosé.

Il sera difficile de reprendre le flambeau de l’adaptation cinématographique de Batman après le chef d’œuvre de Nolan. On ne pourrait imaginer une renaissance du personnage qu’en choisissant de coller de près à la bande dessinée, comme pour Amazing Spiderman. The Dark Knight Rises rappelle toutefois que Batman ne peut pas agir seul, à la différence de Superman, de Wonder Woman ou de Green Lantern, tous dotés de super-pouvoirs. Quatre Robins (Richard Grayson, Jason Todd, Timothy Drake et Damian Wayne, son propre fils) sont nécessaires, de même qu’une Batgirl (Barbara Gordon) et une Catwoman ambigue, pour arriver à maîtriser la criminalité dans Gotham. En tout cas, Nolan a fait rentrer Batman de la plus belle des manières dans le XXIème siècle. Et son message devrait faire réfléchir l’Europe toute entière. A l’heure où le monde européen décline, où sa natalité est en berne, où il subit des flux migratoires comme jamais dans son histoire, où son économie vacille et sa monnaie unique chancèle, il lui faut retrouver la pulsion de vie, pulsion primale, pulsion primaire parfois ; il lui faut « réapprendre la langue du Soleil », comme le disait Robert Sabatier.

Pourquoi tombons-nous ? Mais pour mieux nous relever, voyons. C’est ainsi que la chauve-souris, symbole de protection, devient phénix, symbole de renaissance.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

28/05/2012

Sauvons l’Hellade ou Thermopylae 2012.

mercury.jpgLa Grèce doit-elle se retrouver seule et démunie face à cet empire menaçant qui est la finance internationale, face à une agression économique dont les Etats-Unis d’Amérique sont, par le biais des agences internationales, c’est-à-dire américaines, de notation, qui font depuis des mois la pluie et le beau temps, le chef d’orchestre, afin de fragiliser l’Europe toute entière en s’en prenant à ses maillons les plus faibles (Irlande, Grèce et Portugal) ? L’Union Européenne doit-elle s’attendre à connaître le sort de la petite bien que courageuse Islande ? La question dépasse et de loin le seul € puisque le Royaume-Uni a annoncé il y a quelques jours qu’il était à nouveau en récession. La crise des dettes souveraines, qui se résume en fait aux dettes contractées par les Etats européens auprès de puissances extra-européennes, Chine en tête, est cependant en train de déstabiliser l’économie de la zone € et par extension de l’Europe toute entière. L’ancien président Boris Tadic paye ainsi un bilan économique désastreux, qui n’a pas pu être compensé par la promesse d’une adhésion future à l’Union Européenne, au profit de son éternel adversaire, le post-nationaliste Tomislav Nikolic. Et de même, tous les gouvernements sortants sont les uns après les autres sanctionnés. La défaite de Nicolas Sarkozy en France, les sondages médiocres en faveur des conservateurs britanniques ou la coalition CDU/CSU/FDP outre-rhin, l’illustrent remarquablement.

De nombreux dirigeants, dont le nouveau président François Hollande, ont dû reconnaître que des plans d’exclusion de la Grèce de la zone euro étaient à l’étude. Cette perspective, contraire d’ailleurs aux traités communautaires en exercice qui ne prévoient pas de retrait forcé de cette zone, déclencherait de toute évidence un effet domino, le Portugal et l’Espagne étant alors immédiatement attaqués à leur tour. L’euro n’y survivrait pas et probablement ce semblant d’Europe politique en gestation qu’on appelle Union Européenne. Les souverainistes, ennemis de toute Europe politique, pourraient se réjouir d’une telle perspective, même si le coût humain pour les européens serait terrible, ce qui prouve bien qu’aux yeux des souverainistes, le sort de leur peuple n’est pas important par rapport à leurs lubies nationalitaires, meilleures alliées des USA. Un véritable européen, attaché à défendre les intérêts de son peuple, même celui opposé à l’origine à la mise en place de l’€ en l’absence d’Europe politique, devrait naturellement prendre la défense de l’euro contre cette agression dissimulée contre les Européens.

Les véritables européistes que nous sommes, à rebours des égoïsmes nationaux stériles, mais aussi des délires mondialistes dont Mme Lagarde nous a donnés ce week-end quelques exemples, ne peuvent que prendre la défense de la Grèce, et telle l’alliance antique entre Sparte et Athènes contre les appétits du grand roi, exprimer leur solidarité de combat à l’égard de ces Européens que le serpent financier veut prendre à la gorge. Bien sûr, les dirigeants grecs, PASOK ou ND, ont menti aussi bien à leur peuple qu’à leurs partenaires européens, même si ces derniers le savaient pertinemment et ont laissé faire, mais ce n’est pas une raison pour que les Grecs subissent une régression sociale dans tous les domaines comme aujourd’hui. Certes l’aide venant des autres Européens doit être conditionnée à des réformes structurelles en profondeur, mais par une mise en place progressive, équitable et humaine. Et on voit bien que l’Etat grec en est incapable.

Il faudrait donc clairement le mettre sous tutelle, mettant fin à sa souveraineté nationale, sans pour autant remettre en cause les principes de la démocratie. Il n’y a qu’une seule possibilité de le faire, c’est que rapidement se crée un Etat européen, mettant la dette vis-à-vis des pays extra-européens en commun afin de la renégocier au plus haut niveau et un principe de convergence en matière de dépenses publiques. Il serait par exemple interdit d’embaucher de nouveaux fonctionnaires, exit alors le projet d’Hollande de recruter 60.000 enseignants supplémentaires, de financer l’immigration clandestine par des aides sociales, et de mettre fin à différentes situations d’assistanat abusif, particulièrement intolérable en période de crise. Dans le cas grec, il n’est pas normal, et sur ce point Jean-Luc Mélenchon a raison, que les armateurs grecs et l’église orthodoxe ne contribuent pas de manière significative à renflouer les caisses de l’Etat, plutôt que ne faire porter les efforts que sur l’homme du peuple (uomo qualunque en italien), au prix d’insupportables sacrifices.

Lorsque Wolfgang Schaüble propose l’élection d’un président européen au suffrage universel, proposition qui était celle de François Bayrou lors des élections présidentielles, nous lui rétorquerons qu’un président sans pouvoir, même élu au suffrage universel, n’est qu’un pantin, et qu’il faut bâtir une véritable Europe politique, qui ne se limitera pas à un président, mais qui aura l’ensemble des pouvoirs et des caractéristiques d’un Etat souverain. Cela veut dire assemblée européenne, cela veut dire armée européenne, cela veut dire budget européen. Et c’est ainsi que nous sauverons la Grèce et que nous sauverons l’Europe.

Au cœur de ce désastre, et de ce drame humain, les déclarations récentes de Mme Lagarde ont mis de l’huile sur le feu, alors que les Grecs vont voter à nouveau le 17 juin. Et pourtant, Mélenchon et Tsirpas n’ont aucune raison de la critiquer, puisqu’elle n’a fait qu’énoncer à haute voix l’idéologie mondialiste. Et selon cette dernière, indéniablement, le sort des enfants grecs est meilleur que celui des enfants nigériens. Ce n’est donc pas Christine Lagarde qu’il faut critiquer, car elle sert un système dont elle n’est qu’une des représentantes, mais c’est sa fonction qu’il faut dénoncer, et c’est l’organisation qui l’emploie. Or Jean-Luc Mélenchon n’est-il pas un alter-mondialiste, c’est-à-dire un mondialiste, donc un partisan d’organisations internationales sans légitimité démocratique ? Et ne préfère-t-il pas le travailleur immigré clandestin à un ouvrier français et/ou européen qui aurait le tort de critiquer l’immigration ? Quant à François Bayrou, sa réaction est parfaitement légitime et adaptée à la situation, à savoir que ce n’est pas acceptable de s’attaquer à un peuple tout entier, première victime après tout de ses gouvernements. Et de toute façon, Christine Lagarde aurait dû faire passer les intérêts de l’Europe et des Européens avant toute chose. Un européiste authentique n’aurait de toute façon jamais accepté de faire partie d’une organisation europhobe par sa nature même.

Tout cela démontre qu’en définitive le salut de l’Europe passe notamment par la remise en question de l’existence même d’organisations comme le FMI. D’ailleurs, dans la crise grecque, il n’était pas acceptable que le FMI s’en mêle, le problème devant être traité et réglé entre européens. En revanche, quand la Russie manifeste son inquiétude, elle est dans son rôle, car elle exprime sa solidarité européenne naturelle. Il faudrait d’ailleurs l’associer aux travaux en vue de sauver l’euro et de remédier au drame hellène, alors qu’en revanche aucune leçon ne devrait être admise de la part du voisin atlantique qui, en matière de déficit public, est en situation bien plus problématique que la notre, mais qui bénéficie d’un poids diplomatique sans commune mesure d’avec celui d’une Europe apolitique divisée en 27 états souverains.

Bien sûr, Christine Lagarde a fait preuve en la matière d’incompétence, car son propos était inutilement vexatoire et qui plus est perturbant à quinze jours d’une élection législative cruciale en Grèce, et aussi de déloyauté vis-à-vis d’une Europe à laquelle elle doit tout, son corps et son âme, et aussi sa fonction actuelle. Elle préfère défendre l’idéologie mondialiste, dont sa fonction au FMI est le symbole, que sa patrie. Et c’est en ce sens et en ce sens seulement qu’elle devrait démissionner. Parce qu’un européen doit être au service de l’Europe et d’elle seule, et ne faire preuve d’aucune allégeance envers un « machin ».

Sauver la Grèce, et l’Europe avec elle, ce n’est certes pas mentir aux citoyens grecs en leur promettant des lendemains qui chantent, le beurre et l’argent du beurre, comme le fait Alexis Tsirpas en Grèce (Syriza), l’€ sans la rigueur, mais écouter leur souffrance et leur apporter de vraies solutions. Ce n’est possible que si l’Europe politique, l’Europe souveraine, voie enfin le jour, même si elle doit s’établir sur la disparition totale des souverainetés nationales et l’ostracisme de toute la classe politique « européenne » actuelle. Et par ailleurs, il est possible en Europe de réduire les dépenses budgétaires sans que cela ne porte préjudice au portefeuille des citoyens. Or les Etats dépensent l’argent public au service d’intérêts qui ne sont pas les nôtres. On demande aux Grecs de rembourser jusqu’au dernier euro, mais on annule les dettes colossales des pays africains et on vend des pans entiers de notre économie à la Chine ou au Qatar, ou on finance l’état palestinien à perte. L’argent des travailleurs européens ? Pour les Européens !

L’Europe politique devient de plus en plus urgente. Elle ne naîtra pas avec un Hollande ou une Merkel aux affaires. Et ce n’est pas la croissance artificielle par la consommation, relancée par de nouveaux déficits, ni la rigueur extrême prônée par la chancelière allemande, qui nous sortiront du gouffre.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

29/12/2011

Une mauvaise loi au service d'une mauvaise stratégie

vahakn.jpgLes lois mémorielles relèvent d’une démarche politique fondée à la fois sur la démagogie politicienne, prenant en otage une communauté, et en même temps sur une attitude fondée sur une peur qui, même légitime, reste mauvaise conseillère, de la part de la dite communauté.

L’UMP a voulu provoquer la Turquie pour l’éloigner de l’Union Européenne, ce qui paraît réussi, tout en recevant l’appui pour d’autres raisons des élus « socialistes », toujours favorables au principe de lois mémorielles destinées à limiter la liberté d’expression des citoyens. Au lieu de se servir de ces biais détournés, en concoctant une bien mauvaise loi, le président Sarkozy aurait dû bien au contraire prendre ses responsabilités, dès 2007 d’ailleurs, et demander à nos partenaires l’arrêt immédiat, et définitif, du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE, entamé à tort et de manière irresponsable en avril 2005. Il aurait ainsi respecté ses engagements de candidat et aurait procédé à une clarification utile. En effet, ce processus n’est pas bon pour l’Europe, et d’ailleurs une majorité de citoyens européens sont opposés à cette adhésion, mais il n’est pas bon non plus pour la Turquie. Nous n’avons pas de destin commun, et d’ailleurs, bien qu’admirateur sincère de la civilisation européenne, Mustafa Kemal lui-même n’avait jamais eu l’intention de faire de la Turquie un pays européen, mais s’inspirait bien davantage du Japon, qui avait su adapter les acquis de notre civilisation tout en conservant son identité.

Pour des raisons stratégiques, l’AKP a souhaité affaiblir son opposition nationale, essentiellement incarnée par l’armée, en se servant de ce processus d’adhésion comme levier de réformes allant dans le sens de sa démarche politique. C’est pourquoi il serait bon que les nationalistes turcs laïcs, eux aussi opposés à cette loi française, mais également hostiles à l’intégration européenne, puissent retrouver des couleurs. Du peuple turc, nous n’exigeons rien et c’est à lui seul de choisir, de manière souveraine, ce qu’il souhaite ou non affirmer ou reconnaître.

Il n’y a aucun besoin, pour protéger les Arméniens de France comme d’Arménie, de se mettre la Turquie à dos, et ce même si nous sommes totalement opposés à son adhésion. Il vaudrait mieux, pour de bonnes raisons, que le gouvernement français renonce à cette nouvelle loi mémorielle et, courageusement, abroge aussi les lois mémorielles précédentes. En revanche, et dans le même temps, il convient de mettre fin de manière unilatérale au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, au profit d’une relation apaisée mais distincte.

Toutefois, cela ne signifie en aucune manière, bien au contraire, qu’il faille être inattentif aux légitimes angoisses arméniennes auxquelles nous, vrais européistes, devons apporter les bonnes réponses. Et cette loi mémorielle n’en est pas une. Il faut en premier lieu affirmer la reconnaissance pleine et entière des Arméniens comme un peuple européen, ce qu’ils sont à tous points de vue, n’en déplaise à certains nationalistes, en Russie ou ailleurs, un peuple européen aux frontières extrêmes de notre continent. Et il faut affirmer aussi que, parce qu’européenne, l’Arménie a vocation au même titre que la Géorgie voisine, mais aussi que la Russie, à rejoindre l’Union Européenne et à s’abriter derrière son bouclier géopolitique et économique. C’est avec nous, entre européens, que le peuple arménien retrouvera la sérénité et la splendeur passée. Ainsi, qui s’attaquerait demain aux Arméniens s’attaquerait en même temps à l’Europe toute entière. Et cette affirmation de l’européanité de l’Arménie, et ce qui devra en suivre logiquement, voilà la bonne réponse. Nous n’oublierons pas les fils d’Hayk dans l’Europe de demain, mais nous n’exprimerons notre sympathie à leur égard par une loi liberticide de circonstance.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

De l'avenir de la Russie

drapeaurusse.jpgA l’issue des élections législatives russes, qui ont été principalement caractérisées par une nette baisse du pourcentage de voix obtenu par le parti gouvernemental Russie Unie (Единая Россия), tombé en dessous du seuil de 50%, de nombreuses et régulières manifestations ponctuent depuis la vie politique russe, menées notamment par le trentenaire russe Alexeï Navalnyi, présenté comme libéral dans les media occidentaux mais comme nationaliste dans les media russes, puisque présent régulièrement aux « marches russes » organisées par la droite nationale russe. Ce dernier a indiqué son intention de se présenter aux élections présidentielles russes face à Vladimir Poutine.

Ces manifestations, qui réunissent un horizon très varié allant de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, mais auxquelles ni la KPFR (communistes) ni la LDPR (nationalistes de Jirinovski) ne se sont jointes, sont parfois qualifiées de « révolution orange », expression désormais décriée pour désigner des manifestants libéraux et/ou atlantistes, par leurs adversaires. C’est un raisonnement arbitraire et inacceptable car on pourrait ainsi soutenir à ce titre et sous ce prétexte n’importe quel gouvernement, même si ce dernier opprime son peuple. Il faut donc admettre par principe, mais sans naïveté, la sincérité de l’engagement de ceux qui défilent contre le pouvoir en place.

Même si on peut suspecter à la marge des bourrages d’urnes ou des pressions, ce qui existe dans toutes les démocraties, le résultat de Russie Unie demeure valable et significatif, pour une raison évidente, à savoir l’absence totale de crédibilité des partis concurrents. En effet, les alternatives proposées étaient pour l’essentiel bien moins démocratiques encore. Ce qui est sûr, c’est qu’au moins 15% des électeurs russes ont sanctionné le roque Medvedev/Poutine, qui a été, il faut le reconnaître, une erreur stratégique majeure. Un second mandat présidentiel de Medvedev, qui n’aurait en rien empêché Poutine d’être sous le statut de premier ministre le véritable chef d’orchestre, aurait été positif. Medvedev a su très habilement se doter d’une authentique carrure de chef d’état pendant les quatre années de son mandat, ce qui au final a peut-être inquiété son mentor, expliquant alors sa volonté de redevenir président.

Poutine sera certainement (ré)élu président mais sans doute avec un score bien inférieur, concédant peut-être un second tour face à Ziouganov, le KPFR étant à l’issue des élections législatives le principal parti d’opposition. Il n’a cependant aucun adversaire susceptible de devenir président. Qui en effet pourrait souhaiter l’élection du candidat communiste, qui ramènerait la Russie vingt ans en arrière, puisque Ziouganov est animé d’une démarche nostalgique à l’égard de l’URSS et a été incapable de fonder un parti social-démocrate ? Le KPFR n’a rien appris de l’échec du communisme en Russie. Qui pourrait souhaiter de la même façon l’élection du candidat nationaliste en la personne de Vladimir Jirinovski, candidat depuis 1993, tout comme Ziouganov d’ailleurs, aux différentes élections, et dont le programme ne pourrait amener qu’à des conflits ? Qui enfin pourrait réellement vouloir prendre le risque de mettre à nouveau les libéraux au pouvoir, comme ils l’ont été durant les années Eltsine, où ils vendaient littéralement le pays aux intérêts étrangers et ruinaient le peuple ? Enfin, si l’objectif des « démocrates » et « libéraux » russes est que la Russie imite la France actuelle, alors disons le tout net, dans ce cas, il vaut mieux que Poutine reste longtemps aux affaires.

En clair, Poutine est, faute de mieux, l’homme de la situation, non seulement pour les Russes mais aussi pour les vrais Européens. Certes, son bilan politique de ces dernières années n’est guère satisfaisant, et les dérives autoritaires constatées demeurent problématiques. Beaucoup restent notamment à faire en matière de justice sociale et de redistribution des richesses au plus grand nombre de citoyens. Pourtant, aucune alternative salutaire n’est actuellement envisageable. D’ailleurs, certains nationalistes ne s’y sont pas trompés, à l’instar du dynamique Dmitri Rogozine, qui vient d’être nommé comme l’équivalent de ministre de la défense, mais aussi des Patriotes de Russie (Патриоты Россий), dont le dirigeant renonce à se porter candidat aux présidentielles. En revanche, d’autres nationalistes commettent l’erreur majeure de s’associer à des gens bien peu recommandables, à des provocateurs évidents, à des oligarques en disgrâce, au nom de slogans extrémistes, à l’instar de Belov et de Dyomouchkine, dirigeants de la coalition extra-parlementaire Les Russes (Русские), perdant ainsi leur maigre crédit.

Il existe toutefois pour l’avenir de la Russie une alternative à bâtir, et qui est de rejoindre une Europe politique unitaire enfin émancipée des Etats-Unis, en rupture avec le libéralisme mondialisé et ses funestes compagnons (dénatalité, chômage et immigration). Dans une Europe euro-socialiste dans laquelle la Russie aurait naturellement toute sa place, le peuple russe saurait choisir une nouvelle voie. L’Union Européenne actuelle, empêtrée dans ses crises institutionnelles et économiques, dirigée par des technocrates incompétents et des politiciens conformistes, ne saurait séduire en revanche les russes. Seul l’européisme authentique, tel que défendu par exemple par notre modeste formation, pourra amener la Russie et le reste du continent à joindre leurs efforts et à ne faire plus qu’un. D’ailleurs c’est officiellement la ligne défendue par Medvedev et Poutine, quoi qu’on puisse penser de leur sincérité à ce sujet, continuant ainsi la démarche en vue d’une « maison commune européenne ». C’est l’Europe qui est le véritable remède de la Russie, tout comme la Russie constitue un remède pour le reste de l’Europe.

La Russie abandonnera vis-à-vis de l’Europe politique sa real-politik quand l’Union Européenne la découvrira enfin. Car si l’Europe doit en interne s’en abstenir, elle doit en revanche vis-à-vis de l’extérieur s’assumer à nouveau. Dmitri Rogozine a rappelé récemment que la ligne stratégique des Etats-Unis en Europe se résumait à « les Etats-Unis en son sein, la Russie en dehors, l’Allemagne à genoux ». Et les vrais européistes de répondre désormais, « les Etats-Unis en dehors, la Russie en son sein, et l’Europe (enfin) debout ». En effet, russophobie, germanophobie et europhobie servent de fait les intérêts américains, et si certains nationalistes russes font leur jeu, c’est aussi le cas des nationalistes et souverainistes français.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

11/12/2011

Brèves européennes… (10)

FR-Europa.jpgUNION EUROPEENNE

Enfin un accord… Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et vingt et un autres chefs d’état et/ou de gouvernement sont parvenus à un accord afin de mettre en place une politique économique européenne commune fondée sur l’application de la rigueur budgétaire et de la lutte contre les déficits. Ils espèrent ainsi mettre fin à la déstabilisation des marchés, suite aux conséquences de la crise de la dette grecque. Suite à la décision de David Cameron d’opposer son veto à la mise en place d’un nouveau traité permettant d’appliquer cet accord, Sarkozy et Merkel ont été contraints de proposer un traité limité aux dix-sept membres de la zone euro, et d’en exclure ainsi les pays n’ayant pas adopté la monnaie unique. Ainsi écartés, la pression sur les gouvernements de ces pays fut telle que leurs dirigeants demandèrent à rejoindre les états signataires, même le Danemark, qui avait jadis refusé l’€ et bénéficié d’une clause dérogatoire. Enfin, on apprenait en fin de soirée que la Hongrie, la Suède et la Tchéquie avaient annoncé leur volonté de rejoindre les signataires, mais ont choisi d’obtenir la confiance de leur parlement national avant d’officialiser leur décision.

Ainsi, le Royaume-Uni de David Cameron s’est-il de fait exclu de lui-même des décisions. En posant à ses partenaires des conditions inacceptables, il a isolé son pays au sein du continent et a obligé Sarkozy et Merkel à oser l’impensable, ne pas céder aux pressions britanniques. Cameron a voulu s’éviter un désaveu national en présentant un projet d’esprit fédéral aux parlementaires britanniques, mais surtout éviter tout conflit interne au sein des Tories. Les libéraux-démocrates faisant partie de sa coalition, et depuis ayant considérablement régressé dans les sondages, ne peuvent pas protester, sinon ils prennent le risque de faire chuter le gouvernement de coalition et provoquer ainsi de nouvelles élections dont ils seraient les grands perdants. Les souverainistes les plus durs quant à eux ont été entendus, ce qui devrait limiter toute progression du mouvement UKip et éviter un débordement par la droite.

ROYAUME UNI

David Cameron s’est présenté comme celui qui voulait défendre avant tout les intérêts britanniques, selon un postulat souverainiste des plus classiques, sans se demander de quels britanniques il voulait défendre les intérêts, mais aussi si l’Union Européenne pouvait elle aussi préserver les dits intérêts. Et c’est là que le bât blesse. La presse explique ainsi que Cameron a voulu défendre les intérêts de la City, mais la City n’est pas le peuple anglais, ni la nation britannique. Ce n’est que l’expression financière de l’hyper-classe mondialiste, dans un pays qui a renoncé à son industrie et saboté son service public à la seule fin de plaire à une caste d’oligarques internationaux. Des bénéfices de la City, le peuple britannique n’en voit pas la couleur. La paupérisation de la population anglaise est une évidence, et le pays est devenu si décourageant pour son propre peuple que les retraités britanniques préfèrent s’installer en France, même si la crise actuelle limite désormais ce choix. Enfin, les récentes émeutes qui ont touché Londres et quelques autres villes ont démontré à quel point l’Angleterre a été trahie par ses dirigeants, travaillistes comme conservateurs, et que Thatcher a fait beaucoup de dégâts, tout comme le « New Labour » de Blair.

Le « Labour » a abandonné le socialisme britannique, cette idéologie qui naît avec Owen (socialism apparaît en 1831 sous sa plume) mais aussi avec la Fabian Society originelle, et dont le dernier authentique représentant au XXème siècle fut Henry Hyndman. Il a libéralisé à outrance le service public, comme le souhaitent les plus libéraux en France, et a ouvert large les portes du royaume à un prolétariat importé, ce qui avait déjà été commencé par ses prédécesseurs de « gauche » comme de droite, et avait amené un conservateur du nom de Powell à briser sa carrière politique pour avoir osé remettre en question un choix sur lequel le peuple britannique n’avait jamais été consulté. Ceci explique pourquoi les ouvriers britanniques, désespérés, sont contraints de tourner le dos à la « gauche » et se tourner vers les nationalistes qui, à l’instar de la version française, ne les défendent pas davantage, mais profitent de leur désarroi. C’est quand la gauche n’est plus de « gauche » que le peuple se tourne vers la droite nationaliste.

Le socialisme européen est la réponse véritable aux angoisses qui assaillent le peuple britannique et aux maux qui rongent leur société et les démunissent face à la mondialisation économique et migratoire. C’est par son exemple que le socialisme anglais renaîtra de ses cendres, et à ses côtés un socialisme gallois et un socialisme écossais. Cameron comme Blair ne servent pas les intérêts du peuple, de même que Sarkozy et Merkel font in extremis un pas fédéral, contraint forcé, parce qu’il y a des élections en 2012 et 2013 dans lesquelles ils jouent leur avenir, et n’auraient aucune chance d’être réélus si le chaos financier engloutissait la vieille Europe.

Le peuple britannique ne doit pas se réfugier dans un nationalisme sourcilleux, dans un souverainisme europhobe, car cela sert les intérêts de ceux qui les ont trahis. Ils vous ont convaincu, citoyens anglais, écossais et gallois, que l’€ était un danger, que la souveraineté britannique était un joyau qu’il faut préserver, alors que ce dit joyau, ils l’ont vendu depuis longtemps au monde entier. Ceux qui ont le mot « souveraineté » plein la bouche, ce sont ceux qui servent une politique atlantiste de soumission aux Etats-Unis et une politique mondialiste en matière économique au service des oligarques internationaux mais certainement pas du peuple. A la souveraineté de papier du Royaume-Uni d’aujourd’hui, il faut lui opposer une souveraineté d’acier, celle dont l’Europe demain pourra bénéficier.

L’entité politique qui défendra et protégera les travailleurs britanniques, les travailleurs européens, au Royaume-Uni, c’est l’Europe ! Vos élites vous ont fait croire qu’il fallait tourner le dos à l’€ et à l’UE. Ils vous ont mentis. Mais il est vrai que l’UE actuelle ne servirait pas plus vos intérêts. C’est la république européenne, et elle seule, qui vous permettra de résoudre réellement vos problèmes.

SERBIE

Alors que les 27 dirigeants ont officialisé l’acceptation de la Croatie en leur sein, qui devrait avoir lieu, si le référendum en ce sens confirme la décision d’adhésion, à la mi-2013, le processus d’adhésion d’avec la Serbie a été repoussé à février 2012, en l’attente d’une amélioration des relations entre la Serbie et le Kosovo. En avril 2005, quand des dirigeants irresponsables ont entamé le processus d’avec la Turquie, ils n’ont pas mis de conditions, ni par rapport à la question kurde, ni par rapport au sujet arménien. Et la Turquie n’est pas vraiment un pays européen, et à nos yeux pas du tout même. La Serbie a fait des efforts considérables pour pouvoir rejoindre l’UE. Sa demande en tant qu’authentique pays européen est légitime et par ailleurs il faut soutenir le gouvernement de Boris Tadic. Repousser dans le temps l’acceptation de ce pays, c’est faire le jeu des europhobes serbes (du Parti Radical Serbe [SRS]), fragiliser le gouvernement en place, et ne rien résoudre quant au problème kosovar.

Le PSUNE apporte son soutien plein et entier à Boris Tadic, qui œuvre patiemment pour que son pays rejoigne l’Europe politique, même si l’UE actuelle n’est en aucun cas la panacée. Symboliquement, il est important que la Serbie soit à nos côtés et serve de pont de l’amitié avec la Russie. Osons le dire à haute voix : « Serbie oui, Turquie non ! ».

RUSSIE

Suite aux résultats annoncés en Russie, selon lesquels le parti Russie Unie aurait obtenu 49,34%, soit près de quinze points de moins qu’en 2007, des manifestations plus ou moins spontanées ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays. Les accusations de fraude massive, certaines organisations parlant d’un score de Russie Unie surévalué de dix à vingt points, en sont la source. Certains affirment (comme l’Observateur Citoyen) que Russie Unie n’aurait obtenu en réalité que 29,8% des voix, les communistes du KPRF 22,6%, le LDPR nationaliste 14%, Russie Juste 21% et Yabloko 8,3%.

Il est bien évident que dans un grand pays comme la Russie, qui ne découvre la démocratie que depuis le début des années 90, et qui a connu une période effroyable d’effondrement économique durant l’ère Eltsine, les fraudes existent. Elles sont certes moins hypocrites qu’en France où la fraude consiste en fait à une manipulation médiatique, comme on l’a constaté dans l’entre deux-tours de l’élection présidentielle de 2002, quoi qu’on puisse penser du challenger face au président sortant. Mais même si beaucoup de russes n’ont pas apprécié le roque entre Poutine et Medvedev, ils reconnaissent que cette décennie leur a permis de retrouver leur fierté et d’arpenter à nouveau le chemin vers une relative prospérité, même si le chemin est encore long. L’oligarchie russe est certes détestable, comme elle l’est en version anglaise à Londres ou en version française à Paris, où elle n’y est pas moins arrogante. Et là encore, les européens de l’ouest n’ont aucune leçon à donner.

Poutine et Medvedev sont-ils moins dignes que Sarkozy et Merkel ? Certainement pas. Maintenant, ce duo est celui de la situation de la Russie d’aujourd’hui. Les russes ont pu constater les méfaits du libéralisme économique et donc se méfient pour beaucoup du libéralisme politique, de cette croyance dans une prétendue démocratie sous prétexte que le compte des voix est honnête. Les images de la télévision russe quant aux évènements de nos banlieues en 2005 ont montré ce qu’il fallait penser du « modèle » français. Certes Poutine n’est en aucune manière la panacée, loin de là, mais qu’y a-t-il en face de lui. L’éternel (national-)communiste Ziouganov, candidat depuis maintenant près de deux décennies, tout comme le provocateur ex-« rouge-brun » Jirinovski, dont la seule raison d’être est d’empêcher l’émergence d’une droite radicale contestataire ? Il y eut jadis Lebed, qui aurait pu proposer une autre voie à la Russie, et demain peut-être Rogozine. Mais pour le moment, Poutine est là.

Mais l’avenir de la Russie ne passe pas par un pouvoir national, certainement pas autoritaire, mais bien par l’adhésion à la République Européenne qu’il faut fonder et dans laquelle le peuple russe a naturellement toute sa place. Quand on voit ce qu’est actuellement l’Union Européenne, il est toutefois difficile de proposer aux russes de nous rejoindre. Mais leur avenir est là. Et certainement pas en remplaçant Poutine par un Eltsine plus jeune, qui aura à cœur d’autres intérêts que ceux du peuple. Car ne soyons pas dupes des manœuvres américaines derrière cette contestation. De même qu’il ne faut pas s’imaginer que c’est le fruit du hasard si les agences de notation ménagent les USA, qui sont dans le rouge en matière de dette souveraine, alors qu’ils s’acharnent sur l’Europe.