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01/11/2011

Démocratie « nationale » et crise de la zone euro

Grèce,referendum,Papandreou,PASOK,nucléaire,zone euro,FESF,Thomas Ferrier,PSUNELe premier ministre grec Georgios Papandreou a annoncé à la stupéfaction du président français et de la chancelière allemande, alors qu’un accord sur la dette grecque avait été obtenu de justesse entre les membres de la zone euro, que l’ex-premier ministre slovaque avait dû sacrifier son gouvernement, qu’il allait organiser un référendum pour obtenir l’accord des citoyens grecs, référendum qui aurait lieu dans plusieurs mois. Conséquence, la bourse de Paris perd près de 6%, celle d’Athènes près de 7%, et l’ensemble des bourses européennes chute. Outre l’irresponsabilité du premier ministre, pour des raisons de basse politique, sur une question urgente, cette crise confirme l’impossibilité de maintenir la démocratie dans le cadre national historique. Les problèmes européens ne peuvent se résoudre qu’au niveau européen. Or l’absence d’un gouvernement européen, d’un état européen, se fait douloureusement sentir dans ces temps difficiles.

Le premier ministre a toutefois été désavoué par une partie du PASOK, le parti socialiste grec dont il est membre, par toute la droite et même par les nationalistes du LAOS, étrangement devenus europhiles. Sur son blog, Jean Quatremer annonce la démission de Papandreou pour dans les prochains jours, ce qui mettra probablement fin à cette proposition. Des élections législatives anticipées, que la droite devrait gagner selon les sondages, mais qui devraient aussi, probablement, se traduire par une progression des communistes et des nationalistes, paraissent inévitables.

Un référendum sur des questions économiques qui nous dépassent, et dépassent les Grecs, n’a aucun sens. En particulier lors d’une période de grave tension déchaînant les passions. Le résultat serait incompréhensible. D’abord, le non est prévisible, déstabilisant alors toute l’Union Européenne. Ensuite, il est sans signification. Une partie importante du non témoignera d’un rejet du gouvernement actuel. La participation en outre sera probablement très faible. Enfin, des gens désespérés ne sont pas en mesure d’apporter une réponse sensée à une question qui ne se prête simplement pas à un référendum.

On constate donc que les initiatives « souveraines » de certains états sont inconsidérées et désastreuses. La démocratie n’a jamais signifié cela. Quand Papandreou, au mépris de ses partenaires européens, de son propre chef, annonce un référendum qui n’a simplement aucun sens, déstabilisant davantage encore une économie européenne inquiète qui n’en avait pas besoin, il défend la « souveraineté nationale », au risque de ruiner le pays. Quand Merkel, pour céder au lobby pseudo-écologiste et à une opinion allemande à qui on ment sur ces questions, décide d’abandonner l’énergie nucléaire, elle défend la « souveraineté nationale ».

Sur cette question, les gens honnêtes savent qu’il n’y a pas d’énergies alternatives, que les prétendues énergies renouvelables sont inefficaces et coûteuses, en particulier les éoliennes et le solaire individuel. Prétendre le contraire, c’est mentir aux citoyens. En outre, les pseudo-écologistes attirent notre attention sur le réchauffement planétaire, pour une fois à juste titre. Mais reconstruire des centrales à charbon ou à lignite comme le veut le gouvernement Merkel, suite à l’abandon du nucléaire, c’est bon pour lutter contre le réchauffement climatique ? Le CO2 dans l’atmosphère, c’est bon pour l’environnement ? Il faudrait savoir. Soit le réchauffement climatique est une vraie menace, et alors il faut fermer toutes les centrales à charbon, abandonner le pétrole, et faire le tout électrique en construisant davantage de centrales nucléaires et surtout celles de quatrième génération. Soit le réchauffement climatique n’est pas un danger, mais bien sûr que c’est un danger !, et puis l’énergie à bon marché permettant l’indépendance énergétique de l’Europe, ce n’est pas important, mais bien sûr que c’est important ! Mensonge des « Verts », faux écologistes, mais vrais gauchistes sectaires et irrationnels, mensonge du gouvernement Merkel, mensonge des partis de coordination belges qui proposent la même chose, mensonge encore de la « gauche » suisse. Le drame de Fukushima, alors que nous ne connaissons pas vraiment la situation là bas, sert de justification pavlovienne à une folie.

Ainsi, la démocratie « nationale » désormais, que ce soit en Allemagne, en France ou en Grèce, n’a plus aucun sens. Les citoyens sont désinformés, manipulés par les faiseurs d’opinion, et les gouvernements nationaux ne sont simplement plus capables de dire la vérité aux citoyens, de mettre en avant les vrais enjeux, et de reconnaître qu’ils n’ont plus qu’un pouvoir de nuisance. Nuisance envers l’Europe entière, mais aussi nuisance envers leurs propres citoyens.

Seule une démocratie européenne, où les enjeux seront évoqués à l’échelle du continent, a désormais du sens. Mais pour qu’il y ait une démocratie européenne, il faut un état européen, il faut des enjeux électoraux réels, il faut un gouvernement européen élu et démocratiquement légitime. On ne sauvera pas l’€, on ne sauvera pas l’économie européenne, on ne s’opposera pas aux flux migratoires de masse, on ne résorbera pas le chômage, en raisonnant à l’échelle des anciennes nations. Face au mondialisme, l’Europe doit se présenter unie, elle doit même être une. Les diviseurs de l’Europe n’aiment simplement pas les européens et se moquent de leur avenir, de notre avenir.

On ne sauvera pas la zone euro en demandant leur avis aux Grecs mais en demandant leur avis à tous les européens. On ne sauvera pas l’indépendance énergétique de l’Europe en demandent leur avis aux Allemands mais en demandant leur avis à tous les européens. Au niveau européen, les mensonges des gouvernements et des lobbies s’effondreront.

Il convient donc pour sauver l’Europe et les Européens de bâtir vraiment l’état-nation Europe mais sur la mise à bas, la table rase juridique complète, des traités et des constitutions des états. De l’intérieur, rebâtissons l’Union Européenne en la fondant sur des principes solides et sur une vraie légitimité populaire. Le problème de l’Europe, ce sont les états nationaux. La solution pour l’Europe, c’est l’état national-européen.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

24/10/2011

Résultats définitifs des élections législatives suisses

Les résultats des élections suisses ont été excessivement tardifs, en raison notamment d'un retard pris dans le dépouillement du canton de Vaud. L'enseignement est que la SVP a limité sa chute, que la scission du BDP qui l'a quittée a réalisé 5.43%, et que les deux réunis atteignent environ 32% des voix.

SVP/CDU (Schweizerische Volkspartei): 26,6% (54 sièges, -8)

SPS (Sozialdemokratische Partei): 18,7% (46 sièges, +3)

FDP (Libéraux): 15,13% (31 sièges, -5)

CVP (Christlichdemokratische Partei): 12,3% (28 sièges, -3)

GPS (Verts): 8,44% (15 sièges, -5)

BDP (Bürgerlich-Demokratische Partei, ex-UDC): 5,43% (9 sièges, +9)

GLP (Libéraux Verts): 5,4% (12 sièges, +9)

Partis évangélistes: EVP 2% (2 sièges), EDU 1,3% (0 siège), CSP (Christlich-Soziale Partei) 0,64% (1 siège)

Extrême-gauche, "Die Linke": 1,2% (0 siège, -1)) ; La Gauche combative: 0,03%

Extrême-droite: MCR (Mouvement Citoyens Romands) 0,4% (1 député), DS (Schweizer Demokraten) 0,2%, Ligue du Tessin 0,79% (2 députés), PNOS (Partei National Orientierter Schweizer) 0,05%, Volksaktion gegen zuviele Ausländer und Asylanten (Action populaire) 0,03%

Pirates/Piratenpartei: 0,48%

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09/10/2011

Des résultats électoraux du 9 octobre 2011...

En attendant les résultats définitifs aussi bien des primaires socialistes que des élections législatives polonaises qui, toutes, se déroulaient ce dimanche, et avant de vous proposer de plus amples analyses et interprétations, voici les dernières informations disponibles à cette heure.

FRANCE

Les primaires socialistes ont mobilisé un peu moins de deux millions d'électeurs, soit environ 5% de l'ensemble des électeurs, ce qui est un succès relatif de l'initiative du PS. Dans ce cadre, sur 1.9 millions de bulletins dépouillés, les résultats provisoires annoncent François Hollande à 38,9%, Martine Aubry à 30,6%, Arnaud Montebourg à 17,3%, Ségolène Royal à 6,8% et Manuel Valls à 5,7%, le candidat du PRG Jean-Michel Baylet n'obtenant qu'un très faible 0,6%. Le vote utile en faveur des deux principaux candidats a joué pleinement, au détriment notamment de Royal dont le score est beaucoup plus modeste qu'attendu. L'alternative à Hollande et Aubry a été incarnée par Arnaud Montebourg, qui a bénéficié en outre de votes de militants identitaires et/ou d'extrême-droite, même si ceux-ci ont pesé de manière marginale.

POLOGNE

Aucun résultat partiel ne nous est encore parvenu à 23:30, ce qui est assez inédit. Les différentes sites d'information polonais indiquent des estimations pour le Parti Libéral (PO) de 39,6%, 30,1% pour le Parti Conservateur (PiS), 10,1% pour le Mouvement Palikot (Ruch Palikot), ce qui est un grand succès pour un parti récent à la ligne essentiellement anti-cléricale, 8,2% pour le mouvement paysan (PSL) et seulement 7,7% pour les sociaux-démocrates polonais (SLD), ce qui est un score extrêmement médiocre et bien inférieur aux sondages les plus défavorables.

L'échec du SLD s'explique très certainement par un vote utile en faveur du RP de Janusz Palikot mais aussi en faveur du parti au pouvoir, de peur d'un succès de son adversaire national-conservateur. Le mouvement de centre-droit PJN a également échoué pour des raisons analogues, avec seulement 2.2% des voix. Enfin, la droite nationaliste et eurosceptique était représentée par trois partis, le Parti de la Nouvelle Droite (NP) et la Droite (avec respectivement 1.1% et 0,2%). Samoobrona, qui n'était présent que dans environ un sixième des circonscriptions, était annoncé autour de 0%, ce qui solde définitivement toutes les ambitions de ce mouvement, qui ne s'en relèvera pas. La LPR (Ligue des Familles Polonaises) a quant à elle totalement disparu, phagocytée par le PiS de Jaroslaw Kaczynski, qui obtient un bon score. Enfin, l'extrême-gauche (PPP) n'obtient que 0,6% des voix.

Selon les estimations, la coalition PO/PSL sortante obtiendrait 239 sièges soit dix de plus que la majorité nécessaire. La sociale-démocratie est laminée, écrasée entre le vote libertaire en faveur de Palikot et le vote utile en faveur des libéraux.

07/08/2011

5 août 2011: mort d'Andrzej Lepper, fondateur de Samoobrona

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Andrzej_Lepper_ministrem_1229694_400x400-large.jpgUne figure historique du populisme de gauche en Pologne s’est éteinte ce 5 août 2011. Andrzej Lepper, fondateur et dirigeant du mouvement Samoobrona Rzeczposolitej Polskiej (« Auto-défense de la République de Pologne »), s’est éteint à l’âge de 57 ans, laissant femme et enfants. Selon les premiers éléments de l’enquête de police, il se serait suicidé. Ainsi se clôt une aventure politique de près de vingt ans pour un parti politique qui a vraiment émergé en 2001 pour s’effondrer en 2007. Lepper était un ancien membre du parti communiste polonais (PZPR, POUP en français) à la fin des années 70. C’est en 1992 qu’il entreprend de mettre en place un nouveau parti politique destiné à défendre les intérêts des paysans polonais.

Samoobrona se présente pour la première fois aux élections législatives en 1993, atteignant le score de 2.78% des voix. Son dirigeant est ensuite candidat deux ans après aux élections présidentielles mais ne réalise qu’un score médiocre de 1.32% des voix. En 1997, le parti ne réalise que 0.08% des voix aux législatives, un résultat dérisoire, et encore bien inférieur aux résultats des années précédentes. Tout indique que Samoobrona va disparaître, jusqu’à ce que Lepper trouve la juste mélodie pour séduire un électorat populaire polonais. C’est par l’action révolutionnaire, le blocage des routes principales du pays, qu’il réussit à se faire vraiment connaître du plus grand nombre. Avec 3.05% des voix aux présidentielles de 2000, Lepper ne réussit pas à transformer cette nouvelle audience en vote. Pourtant, un an après, Samoobrona devient un des principaux partis politiques du pays, faisant entrer à la Sejm (le parlement) une cinquantaine de députés. Avec 10.5% des voix en 2001, Samoobrona devient un acteur clé de la vie politique nationale, apportant son soutien aussi bien à l’opposition de droite qu’à la majorité sociale-démocrate, dont elle assure le maintien au pouvoir.

Inclassable, ce mouvement populiste de défense de la paysannerie, que l’on peut classer à gauche en raison d’un positionnement social très avancé, proposant une forme de troisième voie entre le socialisme et le capitalisme, rappelle par certains aspects le mouvement russe Rodina de Dmitri Rogozine, qui avait connu un succès analogue et un score à plus de 10%.

En 2004, aux élections européennes, Samoobrona confirme son ascension, avec 10,8% des voix et six députés. Certains d’entre eux siègeront dans le groupe « Union pour l’Europe des nations », aux côtés de souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan ou le parti suédois Juni List. D’autres en revanche feront partie du groupe socialiste européen (PSE). Samoobrona n’est pourtant pas un mouvement souverainiste, et se définit comme euroréaliste. Ainsi, lors du référendum national polonais sur l’adhésion à l’Union Européenne, Lepper donne comme consigne aux électeurs se reconnaissant dans son action de voter librement. La majorité des électeurs du SRP apporteront ainsi leur soutien au processus d’intégration européenne.

Populiste, Samoobrona n’est en revanche guère nationaliste et fort peu europhobe. Toutefois, après son nouveau succès aux élections parlementaires puis présidentielles de 2005, recueillant respectivement 11.4% pour le parti et 15% pour le candidat Lepper, Samoobrona souhaite enfin accéder à des fonctions politiques afin d’appliquer son programme. Alors que le parti avait su rester neutre durant les années précédentes, il choisit de rejoindre la coalition de droite conservatrice menée par Jaroslaw Kaczynski et par la Ligue des Familles Polonaises, représentante d’une droite ultra-conservatrice et catholique intégriste.

Or, l’électorat populaire de Samoobrona est composite, et assez éloigné de la droite, de même que la plupart de ses membres, Lepper et le porte-parole du parti Piskorski en tête. En s’associant à un gouvernement eurosceptique, libéral en matière d’économie, atlantiste et russophobe, Samoobrona déçoit considérablement ses électeurs, ceux-ci retournant pour une bonne partie à gauche. Lepper sera d’ailleurs le seul membre important du gouvernement à soutenir un rapprochement diplomatique avec la Russie et les autres pays slaves. Il est tout de même difficile de défendre ses convictions tout en soutenant une coalition gouvernementale qui en bafoue les principes même.

En 2007, les législatives qui amèneront la droite libérale au pouvoir aboutissent à un véritable effondrement de Samoobrona, au même titre que la LPR cléricale d’ailleurs, avec 1.53% des voix, résultat confirmé aux européennes avec 1.46%. Dans le même temps, Lepper est désavoué par une bonne partie de la classe politique et de l’opinion publique à la suite d’un scandale sexuel, un acte de harcèlement à l’encontre d’une collaboratrice du parti. En première instance, il est ainsi condamné à 18 mois de prison, mais suite à sa décision de faire appel, le nouveau procès devait avoir lieu cette année.

piskorski.jpgMateusz Piskorski, 34 ans, docteur en sciences politiques, ancien porte-parole de Samoobrona, est l’incarnation même du positionnement authentique du mouvement de Lepper. Piskorski vient de la gauche nationaliste, proche de l’ancienne Union Sociale Nationale, et du mouvement culturel identitaire Niklot. C’est un socialiste patriote, à la fois europhile, russophile et slavophile, s’inscrivant dans l’héritage politique d’Ian Stachniuk, qui était un penseur de la gauche nationale, résistant à la fois aux nazis et aux soviétiques, et promoteur du paganisme slave reconstructiviste, fondant en ce sens le mouvement païen Zadruga, interdit par le régime communiste.

Mateusz Piskorski est demeuré le plus proche conseiller d’Andrzej Lepper jusqu’à sa mort, malgré le fait qu’il ait cessé ses activités politiques, et a aujourd’hui du mal à croire à la thèse retenue par les enquêteurs d’un suicide. Avant sa mort, Lepper avait en effet décidé de réformer en profondeur son mouvement, dans l’optique des élections législatives du mois d’octobre, afin de recréer une dynamique en sa faveur. Dans ce cadre, Lepper souhaitait associer des syndicats de travailleurs à sa structure, unissant ainsi sous une même bannière populaire paysans et ouvriers, retrouvant ainsi les accents de gauche qui étaient les siens à l’origine.

Avec la disparition du fondateur, alors même que Samoobrona a connu deux échecs électoraux particulièrement dévastateurs en 2007, le mouvement aura bien du mal à s’en remettre. Il est probable que, victime déjà d’une scission en 2007, Samoobrona risque de connaître de multiples divisions finissant d’anéantir l’héritage politique de Lepper. Pourtant, il existe toujours une place en Pologne pour un mouvement social, populaire et européen, car la « gauche » sociale-démocrate est en train d’évoluer à l’occidentale, délaissant le combat socialiste au profit de thématiques libertaires et immigrationnistes. Dans ce cadre, il est probable que Mateusz Piskorski pourrait avoir un rôle décisif à jouer.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

16/07/2011

14 juillet : Eva Joly doit-elle remonter dans son knörr ?

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D_big_lodz_2_20060508_0907[1].jpgUn député UMP sur twitter, tout comme Jean-Pierre Castaldi sur RMC par boutade, propose à Eva Joly « de retourner en Norvège » suite à sa proposition de supprimer le défilé militaire du 14 juillet pour le remplacer par un défilé citoyen. Le premier ministre François Fillon a même jugé que Mme Joly n’avait pas « une culture très ancienne des valeurs françaises ». Alors que la « gauche » avait dénoncé elle aussi, mais avec des mots différents, cette proposition de la candidate écologiste, elle prend aujourd’hui sa défense face à un gouvernement qui fustige en elle une binationale, avec des accents sensiblement proches de ceux de Marine Le Pen, en croisade contre la binationalité. Il est vrai qu’Eva Joly n’était pas obligée de surjouer sur la « France métissée » et de se présenter en bonne mondialiste comme franco-norvégienne. Elle a certes ajouté qu’elle était européenne, mais n’a pourtant pas choisi de jouer sur cette partition, d’où le retour de flammes qu’elle subit aujourd’hui.

Précisons clairement que la candidature d’Eva Joly est légitime sur le principe bien que nous soyions opposés à une grande partie de son projet et de sa vision du monde. Eva Joly nie l’européanité du peuple français et de sa culture, en faisant la promotion explicite des minorités importées. Elle s’attaque aux assises énergétiques du pays par son hostilité à l’énergie nucléaire qui nous permet de disposer d’une énergie à un coût raisonnable pour les classes populaires et de moins dépendre des énergies fossiles et donc des pays du golfe persique. Elle soutient le mariage homosexuel et l’adoption qui l’accompagne. Elle est également partisane de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne.

Mais force est de constater que sa proposition a suscité des réactions nationalistes et xénophobes tout à fait pathétiques. Nous ne sommes pas surpris par la réaction outragée de Marine Le Pen ; on n’en attendait pas moins d’elle, persévérant dans sa volonté aberrante de ne pas vouloir distinguer flux migratoires intra-européens et extra-européens. Mais que le premier ministre de droite soit amené à défendre une position qui est fondamentalement europhobe, comme si de prétendues « valeurs françaises » différaient de supposées « valeurs norvégiennes », est significatif. Entre une « gauche » de plus en plus mondialiste, donc de plus en plus coupée des réalités françaises et européennes, et une droite qui se sent obligé de faire dans le nationalisme europhobe de crainte de perdre des électeurs en faveur du Front National, ce qui est une erreur de jugement, la situation politique du pays est inquiétante.

Alors que l’€ est attaqué, que la crise financière frappe de plein fouet les maillons les plus faibles de l’Union Européenne (Irlande, Grèce, Portugal), au lieu de défendre un véritable projet européen, la droite au pouvoir fait dans le fétichisme national.

Analysons plus précisément, comme tous auraient dû le faire, la proposition d’Eva Joly. Elle propose de supprimer le défilé militaire du 14 juillet. Suite aux réactions, elle a affiné sa remarque, en expliquant qu’elle n’était pas opposée au principe d’un défilé militaire, mais que le 8 mai ou le 11 novembre lui paraissaient plus adaptés. Elle maintient en revanche son idée d’un défilé civil le 14 juillet, défilé dont certains imaginent ironiquement qu’il ressemblerait à une « gay pride » ou à une « love parade ».

Mais pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement ? Pourquoi conserver le 14 juillet, tout simplement ? Il n’est pas obligé de vouloir à tout prix maintenir une fête créée en 1880 par la troisième république dans le contexte de la revanche, suite à la défaite de 1870 et à la perte de l’Alsace-Moselle. A l’heure où notre avenir est européen, et c’est ce que prétendent encore défendre la « gauche » et la droite, pourquoi conserver des fêtes rappelant les guerres du passé ?

En tant que socialiste européen, le PSUNE propose donc de déplacer le défilé militaire français à une autre date, le 9 mai ou le 11 novembre, et je précise bien le 9 mai (journée de l’Europe), et de l’intégrer à un véritable défilé militaire européen, comprenant des représentants des forces armées de tout le continent, ouvert à la Russie, et ayant lieu dans une capitale européenne différente chaque année. Il faut que l’armée française soit un symbole de réconciliation entre européens et non pas des divisions passées. C’est ainsi que nous pourrons honorer les soldats français, et en même temps qu’eux les soldats de toute l’Europe, pour leur courage.

A un moment donné, il faut savoir être cohérent. Quand on se prétend « européen », et à plus fortes raisons partisan d’une Europe politique, il faut le démontrer par des actes et des propositions qui l’attestent. Une fois de plus, la droite classique, au lieu de rebondir dans un sens européen par rapport à une proposition médiocre de Mme Joly, médiocre car non réfléchie, sans enjeux, avec une pointe d’anti-militarisme béat et de gauchisme militant, a préféré réagir de manière outrée en s’entourant du drapeau bleu-blanc-rouge au lieu du drapeau bleu étoilé.

Oui, le projet politique d’Eva Joly, et avec elle d’Europe Ecologie – Les Verts, est à combattre. Oui la pseudo-écologie verte, que Frédéric Nihous appelle à juste titre « l’écologie punitive », doit être démasquée, et notamment le mensonge sur le nucléaire, et le crypto-gauchisme de leur démarche, en matière sociétale. Il est à combattre car appliqué il serait néfaste pour la France, néfaste pour l’Europe. Mais il doit être combattu avec intelligence. Mme Joly est européenne, elle a le plein droit de se présenter aux élections présidentielles, et non Mme Joly ne descend pas de son drakkar, pour reprendre l’expression qu’elle a employée. Elle aurait d’ailleurs dû parler de knörr, ce qui prouve que née norvégienne, elle a acquis les mêmes expressions erronées que les français (1). Elle a aussi le droit de faire cette proposition et cette dernière doit être critiquée objectivement et pas en ayant recours à des envolées patriotiques ridicules et dépassées de la part des hommes et femmes politiques de notre pays.

(1) Comme l’a souvent expliqué le professeur Régis Boyer, spécialiste du monde viking, le mot « drakkar » qui signifie plus ou moins « dragon », la proue du navire étant souvent décorée de ce motif, ne désigne pas le bâteau des vikings. Le bon terme est knörr.

07/07/2011

Avortement et totalitarisme chrétien en Pologne

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Presentation-D%C3%A9esse_Tellus.jpgLa fondation polonaise Prawo do Zycia, « droit à la vie », a proposé une pétition en vue de bannir totalement l’avortement, c'est-à-dire de supprimer les dérogations qui existent dans le droit polonais actuel. Récoltant 600.000 voix, cette proposition cléricale, motivée par un point de vue chrétien militant, a reçu le soutien de 254 députés, 151 députés seulement votant contre. La suppression des exceptions à l’interdiction de l’avortement devrait concerner, je suppose, les cas de viol, d’avortement thérapeutique ou encore les risques pour la santé de la mère.

Cette décision me paraît scandaleuse à plus d’un titre. Je considère personnellement qu’il doit être permis de débattre de l’avortement, qui est un sujet de société, sans a priori. La question de l’avortement est intimement liée de celle de la natalité, or nous savons que les sociétés européennes sont victimes d’un grave phénomène de dénatalité, la France ne faisant pas exception à la règle, même si ses chiffres sont faussés par une natalité d’importation.

Il ne me paraît donc pas inconvenant de s’interroger sur ce qu’il conviendrait de faire pour encourager la natalité et limiter l’usage de l’avortement. La meilleure méthode est de proposer des alternatives, tout en garantissant le droit à l’avortement, car on sait très bien qu’en ce domaine la coercition est sans effet, mais on sait aussi que l’avortement n’est pas anodin, et que beaucoup de femmes souhaiteraient ne pas y avoir recours.

Mais, dans le cas présent, cette proposition, dans un pays qui interdit déjà l’avortement, me paraît relever d’une démarche totalitaire, en plus de bigote, non seulement totalement contre-productive, les femmes polonaises n’ayant qu’à franchir la frontière allemande ou lituanienne pour avorter, mais aussi aberrante. Conformément à l’obsession cacogéniste du courant politique chrétien, l’avortement thérapeutique, qui a toujours existé en Europe, qui était même présent dans le plus ancien texte juridique européen, la loi romaine des Douze Tables, est ici stigmatisée. De même, victime par excellence, une femme violée doit avoir le droit absolu de décider de l’avenir de ce qui est le fruit d’un crime.

En liant la question de l’avortement aux principes de la religion chrétienne, alors que l’Etat polonais n’a pas à favoriser un point de vue religieux au détriment de l’intérêt collectif, cette mesure est fondamentalement scandaleuse, quoi que l’on pense par ailleurs de l’avortement, hors exceptions évoquées. A choisir, je préférerai toujours le bon sens en la matière d’un Ian Stachniuk, un des promoteurs du courant « rodnoverie » en Pologne.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

08/05/2011

Le patriotisme européen contre l’europhobie !

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2408923518.jpg9 mai, fête de l’Europe ! Oui, mais elle n’est un jour férié dans aucun état membre, à la différence d’un 8 mai par exemple, qui symbolise certes la victoire sur une idéologie criminogène mais aussi la division en deux et pour un demi-siècle du continent européen. Comment les européens pourraient-ils s’identifier véritablement à leur continent, à cette union politique si malmenée en ce moment, à ses symboles ? Comment peuvent-ils exprimer concrètement leur européanité, que les mondialistes leur nient par ailleurs au nom d’une « citoyenneté » du monde totalement imaginaire ?

Pour s’opposer à cette vague d’europhobie qui s’abat sur l’Union Européenne, en raison notamment, on l’a vu dans un article précédent, de l’impuissance de ses institutions et de la médiocrité de ses dirigeants et de ses parlementaires, il faut lui opposer un véritable patriotisme européen, au nom de cette Europe qui est notre terre, qui est aussi notre civilisation, de cette Europe née d’un même sang, unie par une même âme.

Le PSUNE demande aux chefs d’état et de gouvernement de l’ensemble des états membres de l’Union Européenne de décider de faire du 9 mai un jour férié pour tous les européens. Mais cela ne suffit pas. Il faut faire du 9 mai une fête de la réconciliation européenne et plus encore de la puissance européenne. Pourquoi refuser à l’Union Européenne ce que l’on trouve légitime pour les états membres ? Le 9 mai doit donc être plus que la fête de l’Europe, il doit devenir la fête nationale de l’Union Européenne et en ce sens doit disposer d’un défilé militaire européen spécifique.

Chaque année, dans une capitale européenne différente (a priori sur le continent, pour des raisons pratiques), chaque pays européen enverra des représentants de ses forces armées, unités terrestres et aériennes, pour un défilé patriotique européen qui devra démontrer la puissance de l’Europe et susciter le respect des autres puissances. Sachant qu’en Russie, le 9 mai fête la victoire de la Russie, sous le masque de l’Union Soviétique, en 1945, victoire qu’elle se devait d’obtenir sous peine de disparition, il me paraît nécessaire d’associer pleinement la Russie à cette festivité et de demander à cette dernière de défiler systématiquement avec les autres armées européennes en présence de ses dirigeants (russes et de l’UE). Le lien entre l’Union Européenne et la Russie sera ainsi considérablement renforcé.

Bien évidemment, faire du 9 mai une fête patriotique implique qu’on renonce complètement aux cérémonies du 8 mai, au nom de la réconciliation européenne, ce qui était il y a plus de trente ans une proposition de Giscard d’Estaing. L’effort de guerre russe, décisif, sera ainsi remercié, et on se retrouvera à nouveau entre européens. Les Etats-Unis ne seront pas associés à cette fête, de la même façon que la France ne participe pas à la fête nationale d’indépendance de ces derniers. Dans le cas français, cela signifie que le 8 mai cessera d’être un jour férié, au profit du 9 mai, et que l’Etat renoncera au défilé du 14 juillet, cette date demeurant toutefois fête nationale et jour férié.
 
Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

25/03/2011

Indépendance immédiate pour Mayotte !

logo4c.pngAlors que la départementalisation officielle de Mayotte s'annonce imminente, suite à un référendum de 2010 où 97% des mahorais ont répondu "oui" à la question de la transformation en DOM (département d'outre-mer), référendum contre lequel très peu de gens en France s'étaient élevés [j'en faisais modestement partie, avec notamment Guy Sitbon pour "Marianne"], j'apprends que la République des Comores a réitéré une protestation vigoureuse contre cet acte caractérisé de néo-colonialisme et organisera demain une grande manifestation en ce sens. Les responsables comoriens rappellent qu'en 1975, à son entrée à l'ONU, les Comores comprenaient officiellement Mayotte. Rappelons à ce titre que l'ONU a plusieurs fois condamné la France à ce propos.

Alors que le sujet revient à nouveau dans l'actualité, je me suis informé des statistiques de 2000 concernant la population de Mayotte et là, je suis stupéfait. Je vous donne brutes de décoffrage les informations précises sur la composition démographique de cet île. Pour ceux qu'ils veulent vérifier, je les invite à consulter la page anglophone de Wikipedia concernant les Demographics of Mayotte.

La population de Mayotte est de langue mahoraise, qui est la langue des autres populations comoriennes. Cette langue, du groupe bantou, est apparentée au swahili. 35% seulement des mahorais parlent le français, 35% seulement !, qui est la langue officielle de l'île. A cela, il faut ajouter que 97% de la population, les 3% restants étant des français de souche, est musulmane, la sharia s'y appliquant encore récemment, ainsi que la polygamie.

Mayotte est une île qui subit une immigration clandestine massive, qui n'est en vérité une immigration que de nom car les habitants de Mayotte sont autant comoriens que les immigrants illégaux. C'est normal, en raison des avantages en matière d'aides sociales dont bénéficient les comoriens de Mayotte et dont sont privés les autres comoriens. La France crée ainsi naturellement un intense appel d'air lancé à toutes les populations afro-musulmanes de cet espace géographique.

Enfin, last but not the least, en 2000, le taux de natalité de la population de Mayotte était de... 6,33 enfants/femme, avec un taux d'accroissement démographique de 4% par an. 6,33 enfants par femme, c'est plus que le taux de natalité du Mali !

En conséquence, le PSUNE considère qu'en la matière la décolonisation n'a pas été finalisée et que c'est au mépris du droit international, au mépris de la volonté du peuple français, qui n'a pas été consulté ni convenablement informé, et au mépris des évidences, que Mayotte va devenir un département français.

Le PSUNE prend donc l'engagement de respecter la volonté populaire d'indépendance des Comoriens de 1975, ce qui implique que la départementalisation en cours de Mayotte est nulle et non avenue, et de soutenir le rattachement légitime de Mayotte à la République de Comores !

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

20/06/2010

Le PSUNE soutient Yohann Gourcuff !

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Le PSUNE apporte un soutien plein et entier au footballeur français et européen Yohann Gourcuff, qui représente bien les valeurs de notre continent. Victime d'une véritable kabbale interne, dont l'un des promoteurs vient d'être exclu, écarté de la sélection par l'entraîneur sans doute pour acheter la "paix civile", il mérite d'être encouragé.
 
Nous aurions eu une sélection nationale composée de jeunes footballeurs talentueux et combatifs comme Yohann Gourcuff, cette équipe nous aurait fait honneur.
 
Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

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22/12/2009

Nos symboles (1) : le drapeau "rouge et or"

LOGO4.pngNotre mouvement européaniste a choisi un drapeau rouge avec douze étoiles d’or, rappelant sciemment le drapeau de l’Union Européenne mais avec une coloration bien sûr différente. Le choix du « rouge et or » ne doit rien au hasard, mais ceux qui l’ont associé par exemple à une démarche communiste n’en ont pas saisi la signification.

Nous sommes de ceux qui comme le disait Nietzsche aspirons à la plus longue mémoire, et le « rouge et or » remontent à une origine très ancienne. L’or est le métal des dieux, le métal le plus noble, le métal solaire. Le rouge est la couleur du combat, celle du sang bien sûr, le sang du sacrifice, le sang de la vie. A Rome, la couleur rouge était associée au dieu de la guerre Mars.

Les républiques et royaumes de l’antiquité avaient également choisi d’associer ces deux couleurs comme symboles. Le drapeau de la Macédoine antique était rouge avec un symbole solaire d’or, le soleil de Vergina, retrouvé par un archéologue en 1977.

La république romaine avait également choisi ces couleurs, soulignant en doré l’inscription SPQR, « Senatus Populusque Romanorum » surmontée d’une couronne de feuilles de chêne de même teinte.

A l’époque moderne, la couleur rouge a été associée au combat socialiste, à la défense du peuple, mais d’une bien étrange manière. En 1789, pour réprimer l’ire populaire, les députés de l’assemblée nationale décidèrent de symboliser la loi martiale par un drapeau rouge, ne faisant alors que revenir aux origines romaines de ce symbole.

En 1791, sur le Champ de Mars, des républicains souhaitant la déchéance du roi furent massacrés par la troupe commandée par Lafayette. Le « Père Duchesne » s’approprie finalement ce drapeau qui symbolisait auparavant le sang des victimes républicaines. Au final, dès 1792, le drapeau rouge symbolise l’autorité populaire et donc la démocratie. C’est en ce sens que Victor Hugo l’affichera en 1832 sur une barricade.

En 1848, symbole de la démocratie, le drapeau rouge s’associera également au socialisme conçu comme la défense des classes populaires dans le cadre du combat républicain.

Ainsi, l’adoption par notre mouvement du drapeau rouge était naturelle puisque à la fois héritier d’une longue tradition européenne et symbole idéal de notre combat pour le socialisme, pour la révolution européenne, et pour la démocratie au service des citoyens.

Le choix des douze étoiles d’or comme motif sur ce drapeau révolutionnaire se rattache bien évidemment au drapeau de l’Union Européenne, jadis associé au Conseil de l’Europe. Ces douze étoiles sont évidemment à rattacher aux douze signes du zodiaque, à la concorde entre européens mais aussi aux douze dieux de la religion hellénique, les Olympiens. Leur adoption par notre mouvement s’inscrit dans la défense de l’Europe, de sa nécessaire unification en république.

Par la double association du rouge et des douze étoiles dorées associées à l’Union Européenne, notre drapeau illustre par excellence l’euro-socialisme ou socialisme européen que nous incarnons.

Thomas FERRIER
Secrétaire Général du PSUNE

13:51 Publié dans Communiqués | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook