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24/12/2009

L'identité "nationale" française n'existe pas

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Qu'est-ce l'identité nationale ? Aucun homme politique français n'a été capable de répondre à cette simple question. Ni le ministre Eric Besson, ni le président Nicolas Sarkozy, ni la gauche qui souhaite la fin du débat, sans y avoir attribué de réponse non plus, ni la nouvelle égérie médiatique du concept, Marine Le Pen.

On a ainsi le sentiment que le concept serait une évidence, alors même que personne ne le conçoit de la même façon. Pour certains, l'identité française se limiterait à une forme de patriotisme constitutionnel ou relèverait d'une définition administrative, "est français celui qui a une carte nationale d'identité". Pour d'autres, l'identité française se confond avec la république et ses valeurs (actuelles). Enfin, pour certains encore, plus minoritaires, l'identité française aurait une composante ethnique.

Revenons aux deux termes de ce concept. Dans identité, on retrouve le latin idem qui signifie "même". Dans nationale, on retrouve le latin natio, relevant de la racine *gen- "naître", que l'on retrouve dans le grec genos, "lignée, race". Dans un article sur le concept de "nation", on a vu qu'elle définissait le regroupement de ceux de même naissance, de même ascendance. Si on devait traduire l'expression "identité nationale", le terme le plus juste serait "homogénéité", du grec homoios, "même", et de la racine *gen-. Mais "homogénéité" doit alors se comprendre au sens grec, le terme homogenês signifiant "de même souche" et étant l'exact antonyme d'allogenês, "allogène".

Ainsi le concept d'identité nationale est par définition une notion exclusive, limitée aux "de souche". Ceux qui sont horrifiés par cette idée doivent alors choisir un autre vocabulaire pour lancer le débat.

Allons plus loin et analysons s'il existe réellement une identité nationale "française". Remarquons déjà que la république française, à la différence des autres pays, se conçoit comme une entité refusant de se fonder sur le strict principe d'ascendance mais développant l'idée d'un "vouloir vivre ensemble", ce qui fait au final de la France une non-nation. Il faudrait alors parler d'une non-identité non-nationale.

L'identité régionale, par exemple celle de la Bretagne ou celle de la Corse, existe. Il y a un héritage commun tangible. L'identité européenne existe aussi et pour les mêmes raisons, parce que ce qui unit un breton et un corse au niveau identitaire, donc dans un sens non-administratif, ne saurait être la France mais l'Europe. En soi, il y a autant de différences, ou aussi peu, entre un breton et un corse qu'entre un irlandais et un italien, et aussi peu entre un basque et un alsacien qu'entre un géorgien et un danois.

Ainsi le ciment entre ces peuples ce n'est pas l'identité "nationale" française, mais leur commune européanité.

L'identité nationale n'existe pas en France. Ceux qui veulent en parler ne peuvent être amenés qu'à défendre en réalité un "patriotisme" constitutionnel, une "identité" de papier. Le paradoxe est que malgré tout cette dernière est fondée inconsciemment sur des valeurs européennes, celles qui ont donné naissance aux institutions républicaines, et qu'à ce titre elle est critiquée vigoureusement par les idéologues mondialistes.

Quelle que soit la façon dont on aborde le sujet, réelle ou même artificielle, notre identité est toujours européenne.

Thomas FERRIER

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21/12/2009

Europe des nations, Europe de l'impuissance

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Alors que le congrès international sur l'environnement de Copenhague ferme ses portes sur un constat d'échec, et au delà des polémiques liées à ce genre d'évènement, démonstration est faite de l'impuissance qui résulte de la concertation entre nations multiples, aux intérêts centrifuges, et alors même que tous les dirigeants s'accordaient sur le même constat.

Certains en Europe sacralisent la désunion entre nations d'Europe, que pourtant tout unit, l'origine aussi bien que la culture. Ils l'appellent "Europe des nations" ou "confédération européenne", en oubliant que la Suisse est en fait une fédération, et prétendent que cette Europe désunie serait puissante et que toutes les nations souveraines la composant seraient capables d'aller dans le même sens.

En vérité, une Europe divisée en états-nations souverains ne sera pas différente de l'Union Européenne actuelle, elle aussi une Europe des Etats, sans aucun pouvoir fédéral, sans gouvernement européen digne de ce nom, émanation directe d'une volonté populaire européenne. Si l'Union Européenne n'avance pas, c'est par la volonté des gouvernants des différents états. Certes, nous avons connu quelques progrès comme l'adoption de l'euro comme monnaie unique par la moitié environ des états européens. Mais l'Union Européenne n'est pas dotée du moindre embryon crédible d'armée européenne, et la plupart des états la composant sont pleinement satisfaits de "bénéficier" de la protection américaine.

Alors que manifestement l'Union Européenne n'a pas les pouvoirs qu'on lui prête, elle est pourtant montrée du doigt par les souverainistes au motif qu'elle empièterait de manière excessive sur la souveraineté des Etats.

Ainsi ils reprochent à l'Union Européenne d'avoir trop de pouvoirs et en même temps dénoncent son incapacité décisionnelle alors qu'elle n'en a simplement pas les moyens.

L' "Europe des Nations", c'est une Europe divisée et vassalisée, et tout le contraire d'une Europe libre et souveraine. L'Europe-Nation, c'est à dire la fédération européenne, au contraire, pourrait réussir à bâtir une véritable souveraineté européenne, gage de notre commune liberté, gage aussi d'une démocratie au service des citoyens.

Thomas FERRIER

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