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16/06/2013

Helmut Schmidt : pour un putsch européen !

 

putsch démocratique,helmut schmidt,européisme,parlement européen"Il y a deux ans, j’ai dit que le Parlement européen devrait faire un putsch. C’était d’ailleurs notre idée avec VGE lorsque nous avons décidé que les parlementaires européens seraient élus au suffrage universel. Nous espérions que le Parlement puisse se saisir des sujets importants sans demander l’autorisation aux Etats. (…) Aujourd’hui, il n’a même pas le droit d’initiative, ce qui est grotesque. Ce « putsch démocratique » n’a pas encore eu lieu." (Helmut Schmidt, Le Point, 13 juin 2013, n°2126)

 

Dans l’esprit du chancelier social-démocrate allemand et du président de centre-droit français, le parlement européen n’avait pas vocation à demeurer une chambre d’enregistrement. Il devait oser, par la légitimité démocratique qui était la sienne, « prendre le pouvoir ». Schmidt parle ainsi de « putsch » c'est-à-dire de coup d’état démocratique. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est la profonde médiocrité des parlementaires européens, choisis par les partis nationaux pour justement ne pas être de véritables acteurs de la vie politique.

Le parlement européen n’a de puissance que si ceux qui le composent sont prêts à la revendiquer, à l’exiger et à l’obtenir. Il aurait dû se saisir de toutes les occasions pour peser, par exemple en refusant d’entériner le second mandat de Barroso.

C’est parce que le parlement de Strasbourg est peuplé d’irréductibles europhobes, de pathétiques déchus parlementaires, de seconds couteaux, et ne parvient à se doter comme figures de proue que de gens comme Désir, Cohn-Bendit ou Schulz, qu’il n’a pas été capable de prendre son destin en main et de s’émanciper de la tutelle des Etats. Seuls de véritables européistes, qui arriveraient à être présents au sein de cette « aimable » assemblée, sans tenir leur mandat de partis nationaux, pourront y faire entendre la voix de l’Europe. C’est l’enjeu essentiel de 2014, à savoir la création de listes européistes dotées de moyens financiers suffisants et ayant pu émerger médiatiquement. Sinon, les véritables défenseurs de l’Europe devront une fois de plus assister en spectateurs à la joute stérile entre « euro-»mondialistes et europhobes.

Nouvelle défaite du PS à une élection partielle

Blason-Lot-et-Garonne.pngCette élection du 16 juin 2013 dans la 3ème circonscription du Lot et Garonne avait valeur de test aux yeux de tous les analystes politiques. Fief de Jérôme Cahuzac, aujourd’hui démissionnaire, où il avait obtenu plus de 46% des voix au premier tour, le PS espérait limiter la casse, alors même qu’il perd toutes les élections législatives partielles.

Les résultats sont sans appel. Avec un taux de participation d’un peu plus de 45% des voix, contre 65% en 2012, les électeurs se sont modestement mobilisés. Ceux qui l’on fait ont voulu sanctionner le gouvernement. L’UMP obtient 28,71% des voix (+ 1,71%) mais le FN obtient le second score avec 26,04% des voix (+10,44%), connaissant ainsi une très forte progression en pourcentage. Le PS finit troisième avec 23,69% des suffrages exprimés, mais seulement 10,35% des inscrits, et est donc éliminé purement et simplement à l’issue du premier tour. Son candidat ne pourra pas accuser Jérôme Cahuzac d’avoir divisé son camp, ce dernier ayant envisagé à un moment d’être à nouveau candidat mais ayant ensuite renoncé. Il est toutefois probable que si Cahuzac avait été le candidat socialiste, et ce malgré l’affaire le concernant, il aurait fait un score nettement plus honorable.

Les autres candidats n’ont fait que de la figuration. La candidate du Front de Gauche n’obtient que 5,08% des voix (+ 0,38%) et le candidat écologiste culmine à 2,78% des voix. Les candidatures de témoignage de personnalités parisiennes, comme le droitier Nicolas Miguet, connu pour son engagement contre les impôts (0,42%), le souverainiste europhobe François Asselineau (0,58%) et le provocateur Rachid Nekkaz (0%, et 0 voix), sont largement marginalisés. L’extrême-gauche se contentera de 1,11%, ne bénéficiant nullement d’un « effet Méric ». Les candidats divers droite, dont le report des voix pourrait être favorable au candidat FN, cumulent 3,76% des voix. Enfin, une candidate « de la diversité », estampillée MODEM, se contente de 2,33% des voix.

Le second tour oppose donc un candidat UMP, Jean-Louis Costes, à un candidat FN, Etienne Bousquet-Cassagne. Sur le papier, l’UMP devrait l’emporter, surtout si les électeurs de gauche s’abstiennent, mais une partie d’entre eux pourrait être tentée, tout comme dans l’Oise il y a quelques mois, de soutenir le FN. L’écœurement de beaucoup de citoyens envers la droite parlementaire, divisée et ridiculisée par le conflit Fillon/Copé, et envers une « gauche » qui a beaucoup déçu et beaucoup trahi, explique à lui seul ce résultat, qui vaut tous les sondages.

Dans une circonscription traditionnellement de gauche, le PS est éliminé. La droite et l’extrême-droite s’affronteront, une fois de plus. Et la majorité parlementaire de la « gauche » va continuer de diminuer. La condamnation de Sylvie Andrieux, si celle-ci démissionne, pourrait à Marseille permettre l’entrée d’un troisième député FN, en la personne de Stéphane Ravier, battu de justesse par la députée socialiste en 2012.

2013 est une mauvaise année pour le PS. 2014 pourrait être pire. Et je ne crois pas qu’en ayant Harlem Désir comme chef de file, le PS peut faire un bon score aux élections européennes.

Thomas FERRIER (PSUNE)

Les dieux de Shem

Baal_main.gifErnest Renan avait popularisé l’idée que le désert était naturellement porteur de monothéisme, et au XIXème siècle, il était courant à gauche de distinguer le polythéisme indo-européen du monothéisme sémitique, dans une opposition simpliste et au final factice. De la même façon, chez les chrétiens et les musulmans, on retrouve le mythe d’un « monothéisme originel », le passage au polythéisme s’apparentant à une déchéance en tombant dans l’idolâtrie (« veau d’or »). Abraham n’apparaît donc pas comme l’inventeur du monothéisme mais comme le restaurateur d’une tradition ancestrale perdue.
 
Or, avant même qu’il n’existe des cananéens et des assyriens, des arabes et des phéniciens, il existait un peuple préhistorique que par convention on a appelé « proto-sémitique » et dont la langue est mère des langues sémitiques anciennes (akkadien, assyrien, cananéen, araméen, phénicien) et modernes (hébreu, arabe). Ce peuple possédait une culture bien spécifique, avec un roi-prêtre (proto-sémitique *m’lku) et un panthéon possédant une dizaine de grandes divinités, masculines comme féminines. Il semble bien que ce soient les peuples ouest-sémitiques qui soient demeurés les plus fidèles à cette religion ancienne, alors que les Akkadiens ont très vite fusionné leur mythologie avec celle des Sumériens. Ainsi, le dieu sumérien du ciel An (devenu Anu en akkadien) était-il aussi appelé Ilu, de même que Bel Hadad était alors apparenté au sumérien Ishkur. Et la déesse Ishtar devint l’homologue de la sumérienne Inanna, déesse de l’amour, de la guerre et des enfers. Les Iluhim ou fils d’El et les Announaki sumériens ou fils d’An fusionnèrent assez naturellement.
 
Le dieu suprême du panthéon proto-sémitique était *Ilu, à la tête des *Iluhim (ou dieux) et des *Ilatim (ou déesses). Il était symbolisé par un taureau céleste et son nom pouvait signifier à l’origine « celui qui est en haut », donc le ciel souverain. Comme le *Dyeus indo-européen, *Ilu était un dieu assez distant qu’on l’on craignait davantage qu’on en attendait une assistance concrète. Néanmoins, l’El phénicien, l’Allah des Arabes païens ou encore El Elyon « le très-haut », dieu de l’acropole de Jérusalem, étaient fort honorés.
 
C’est son fils, le dieu de l’orage, *Adadu, généralement surnommé *Balu, « seigneur », qui bénéficiait de plus grands honneurs. A la différence de son divin géniteur, il était beaucoup plus proche des hommes puisque, dans un environnement semi-désertique, il était le seul à apporter la pluie bienfaitrice. Il était en conséquence également le dieu de la fertilité, capable de vaincre la mort, personnifié en Canaan par le dieu Môt. Il fut appelé Adonis par les Grecs, alors qu’il associait davantage les fonctions de Zeus et d’Arès, mais aussi de Dionysos.
 
Ces deux dieux disposaient d’une ou plusieurs épouses attitrées. *Ilu était l’époux de la déesse *Atiratu, elle-même surnommée *Ilatu, parèdre du dieu du ciel. On la retrouve sous les traits de l’Asherah cananéenne mais aussi de l’Allat arabe, même si les textes musulmans la présentent comme « fille d’Allah » et non comme l’épouse qu’elle était. Elle était la mère des autres dieux, mais n’avait visiblement pas le rôle d’une déesse chtonienne.
 
Quant à *Adadu, il possédait deux épouses aux rôles bien différents, mais qui n’étaient peut-être en définitive qu’une seule. Il était l’époux de la déesse de l’amour et de la fertilité, *Attartu (cananéenne Ashtoreth, akkadienne Ishtar, arabe al-Uzza), qui était également appelée *Balatu (« épouse de Baal »), mais aussi de la déesse vierge guerrière *Anatu, qui rappelle par certains traits l’Athéna des Grecs.
 
Le rôle principal de ce dieu de l’orage était, comme dans la mythologie indo-européenne, de combattre le dragon des eaux, sorte de monstre gigantesque entourant la terre de ses anneaux. Chez les cananéens, son nom était Lotan, qui a donné le Léviathan, mais son nom originel n’a pu être reconstitué.
 
ashtoreth.gifLes autres divinités importantes représentaient les astres et phénomènes célestes. Le soleil était vraisemblablement une divinité féminine, ce qui peut surprendre dans un premier temps, si on songe au dieu du soleil Shamash en Akkad et à l’idée que le soleil dans un environnement semi-désertique serait nécessairement un symbole de puissance. *Shamshu a en effet eu des héritières de sexe féminin, comme la déesse arabe Shams. Le caractère masculin de son incarnation akkadienne tient certainement à une influence sumérienne, Utu étant le dieu sumérien du soleil et le juge des hommes. Et de même, *Warihu était le dieu de la lune, que l’on retrouve sous les traits du Yarih cananéen, et qui correspond au dieu assyro-babylonien Sîn. *Warihu, en tant que dieu guerrier, et *Shamshu étaient visiblement un couple divin, au même titre qu’*Ilu et *Ilatu et que *Balu et *Balatu.
 
Ils avaient comme frère ou comme enfant le dieu de l’aurore, *Sharu. Contrairement à la mythologie indo-européenne, chez les Proto-sémites, l’Aurore était une divinité masculine. Il était le père de deux dieux jumeaux correspondant à l’étoile du matin et à l’étoile du soir, à savoir la planète Venus. En Canaan, les fils de Shahar étaient Helel, assimilé par les Latins puis par les Chrétiens à Lucifer, et Shelim. En revanche, chez les Grecs, Eosphoros et Hesperos étaient fils de la déesse Aphrodite, incarnation de l’aurore indo-européenne.
 
Enfin, il est possible que le peuple proto-sémitique ait eu au sein de son panthéon un dieu de la mer comparable au dieu cananéen et phénicien Yam, mais ce n’est pas certain. Il est absent dans la mythologie arabe comme dans la mythologie babylonienne. Et le dieu *Kottaru était probablement le dieu de la forge et du feu des anciens Sémites, de même que le dieu *Reshpu était vraisemblablement le dieu médecin.
 
Par la suite, les peuples sémitiques, une fois qu’ils ont quitté leur foyer d’origine, qui était probablement la corne est de l’Afrique ou le sud-ouest de l’Arabie (actuel Yemen), ont enrichi leur panthéon de divinités variées, et notamment divers Baalim préposés à telle ou telle mission.  Les formes « Baal » et « El » ont même pu devenir les surnoms du dieu du soleil chez les Phéniciens, comme Baal Shamin, « seigneur des cieux » ou El Gabal, finissant sous Aurélien par acquérir les traits d’un Sol Invictus.
 
Et de la même façon, certains peuples ont eu tendance à développer le culte d’un dieu ethnarque, un dieu spécifique à chacun. C’est ainsi que des divinités comme l’akkadien Marduk ou l’assyrien Assur ont pris les traits d’un dieu orageux, de la même façon que le Kemosh amoréen et que le Yahweh judéen. Dans ce dernier cas, la fusion est totale entre la dimension céleste d’El, d’où la récupération du culte d’El Elyon à Jérusalem, et la dimension guerrière et orageuse d’un Baal Hadad (Sabaoth). La monothéisation d’El aboutira en revanche chez les Arabes au Allah islamique, cet ancien dieu du ciel, époux d’Allat et père de Quzah [Baal] et de al-Uzza [Ashtoreth], devenu dieu unique.
 
Dans la tradition judéenne, Yahweh n’était pas à l’origine un dieu unique, mais un dieu protecteur du seul peuple d’Israël. Dans un environnement où les peuples voisins ont grosso modo les mêmes dieux, il devint important de se distinguer en religion. Les Phéniciens restèrent des polythéistes, y compris dans leur succursale carthaginoise, jusqu’à la christianisation de l’empire romain. Les dieux sémitiques continuèrent en outre d’être honorés dans ce sanctuaire qu’était Harran, en Syrie, jusqu’au XIème siècle.
 
Les polythéismes sémitiques sont enfin réapparus à l’époque moderne aussi bien au sein du courant sioniste (le mouvement « cananéen ») que des communautés juives d’Amérique (« judéo-paganisme »), et dans une moindre mesure chez certains intellectuels arabes (« wathanisme »).

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)

Erdogan ou le retour d’Osman

 
erdogan_en_ahmadinejad1.jpgLes derniers manifestants de la place Taqsim viennent d’être chassés manu militari sur ordre du premier ministre, l’islamiste « modéré » Recep Erdogan. Cela met ainsi fin à une crise politique sans précédent depuis la victoire de l’AKP en 2002. Mais cela permet surtout de mettre un sérieux frein, si ce n’est un arrêt définitif, au processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, puisque même l’un de ses plus fervents partisans, Stefan Füle, commissaire à l’élargissement, a été pris à partie par Erdogan.

Lorsqu’en 2005, après le baroud d’honneur de l’Autriche, négociant son renoncement en échange d’une adhésion accélérée de la Croatie, qui a tout de même mis huit ans, ce pays ne devenant le 28ème membre de l’Union que dans un peu moins de quinze jours, les pourparlers d’adhésion avec la Turquie ont été entamés, malgré une opinion publique européenne de plus en plus opposée à ce qu’un pays essentiellement asiatique et musulman nous rejoigne, un formidable cadeau a été fait en faveur de l’AKP d’Erdogan.

Alors que l’islamiste Erbakan, et ancien mentor d’Erdogan, avait réussi à amener son parti, le Refah, aux portes du pouvoir, l’armée laïque, défendant l’héritage de Kemal Atatürk, était intervenue en force pour l’en chasser. Erdogan choisit donc la voie du renard, en avançant masqué, selon la fameuse stratégie de la taqija islamiya. Il se présenta donc à la tête d’un parti « islamiste conservateur », le fameux AKP, qu’il présenta d’une manière rassurante comme une sorte de « démocratie musulmane », une variante turque de la CDU (chrétiens-démocrates) allemande. Il fut en outre associé au Parti Populaire Européen (PPE).

C’est au nom de l’adhésion à l’UE, et de la légitimité démocratique qu’il obtint par les urnes, bénéficiant du soutien d’une classe moyenne « islamique », nouveaux riches venus du fond de l’Anatolie profonde, demeurée conservatrice, qu’Erdogan put s’en prendre à tous les garde-fous qui empêchaient la réislamisation officielle du pays, conséquence d’une réislamisation de fait d’une partie de la société turque.

Il écrasa ainsi toute velléité de révolte de l’armée, neutralisant ses chefs, associés dans de nombreux cas au fameux complot « Ergenekon ». Cela lui permit d’étêter l’armée de ses généraux laïcs mais aussi de soumettre les media, de nombreux journalistes indépendants ayant été traduits devant les tribunaux. En effet, aux yeux de l’UE, le pouvoir de l’armée était incompatible avec une démocratie digne de ce nom, mais la Turquie n’était pas une démocratie comme les autres. Les militaires jouaient sur le principe un rôle politique dont il n’était pas normal qu’ils puissent disposer, mais il aurait fallu que la Turquie soit prête à s’en passer, ayant la maturité nécessaire. Or, on le constate une fois de plus, la société turque a encore du chemin à faire, et cette « démocratie modèle », selon la prétention de Davutoglu, est loin de l’être.

Le problème pour cette jeunesse stambouliote qui en a assez des diktats de l’autocrate d’Ankara, de ses arrêtés anti-alcool et de son apologie constante du voile islamique, qu’il impose à sa femme et à ses filles, c’est qu’elle est minoritaire dans le pays. Avec Erdogan, les beyar Türkler, dont Atatürk était le plus remarquable représentant, ont perdu de leur superbe, le pays ne leur appartenant plus. Descendants d’arméniens survivants, chrétiens, kurdes ou alévis, kémalistes (CHP) et nationalistes (MHP), tous représentent un obstacle vers le rétablissement du califat, vers le néo-ottomanisme dont Erdogan et Davutoglu sont les fers de lance. A un Atatürk présentant son peuple comme descendant des Hittites indo-européens, à un mouvement national prônant le pantouranisme, Erdogan défend l’umma islamiya et se veut le représentant de la rue arabe, d’où ses violentes diatribes contre Israël.

Tant qu’Erdogan bénéficiera du soutien d’une bourgeoisie conservatrice et affairiste, faisant de l’islam sa référence culturelle, l’AKP sera inébranlable. Ce n’est pas une raison pour que l’Union Européenne continue de faire son jeu, comme elle l’a fait depuis des années. Le seul geste d’encouragement face à cette Turquie qui ne veut pas ressembler à l’Iran voisin, ce serait de mettre fin d’une manière unilatérale au processus d’adhésion, signifiant ainsi que les Européens ne sont plus dupes des manœuvres d’Erdogan et de ses amis. En isolant le gouvernement AKP, on pourrait ainsi le faire vaciller sur ses bases. Et ce ne serait que justice, puisque Erdogan ne se gêne pas pour insulter ouvertement l’Union Européenne lorsque, par exemple, le parlement européen manifeste ses inquiétudes face à un état turc trop répressif.

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est qu’elle commence à ouvrir les yeux d’une partie de la gauche intellectuelle, à l’instar de Jacques Julliard dans « Marianne » ou de Franz-Olivier Giesbert dans « Le Point », contraints de rejoindre l’analyse d’un Eric Zemmour pour « Le Figaro ». Le soutien affiché d’un François Hollande vis-à-vis d’une Turquie islamo-asiatique n’est plus tenable, et d’ailleurs, on n’a guère entendu le président sur cette question. Il est vrai que la répression policière excessive de la Manif’ pour Tous ne lui permet pas de donner des leçons à Erdogan. Enfin, La position pro-turcs de Michel Rocard devient réellement inaudible, et celle de Daniel Cohn-Bendit, expliquant qu’il faut ouvrir dès à présent les chapitres concernant la justice et les droits fondamentaux, franchement grotesque.

Thomas FERRIER (PSUNE/LBTF)