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26/02/2013

Elections italiennes 2013 : succès de Grillo, semi-échec de Bersani et chute de Monti

élections italiennes 2013,Beppe Grillo,Silvio Berlusconi,BersaniA plus de 99% du dépouillement des suffrages aux élections législatives, les jeux sont faits entre Bersani et Berlusconi, même si les deux coalitions ne sont séparées que de 0,5% des voix. La « gauche » du Parti Démocrate et de ses alliés sera majoritaire à la chambre des députés, en raison d’un mode de scrutin qui favorise considérablement le parti arrivé en tête. Annoncé dans les derniers sondages à près de quatre points du vainqueur, Berlusconi réussit néanmoins un formidable tour de force en recueillant 29,1% des voix (21,5% pour son seul PDL), ce qu’aucun sondage ne pronostiquait. S’il échoue de très peu, il sort renforcé en cas d’élections anticipées dans les prochains mois.

Le véritable vainqueur de ces élections 2013 est le populiste revendiqué Beppe Grillo. Avec 25,5% des voix et sans coalition, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) est devenu le premier parti d’Italie. Il triomphe dans tous les secteurs de l’opinion et dans toutes les régions. A plus de 33% en moyenne en Sicile, à plus de 29% en Sardaigne, mais aussi à près de 28% dans le Piémont, exact opposé géographique, et économique, des îles méridionales, Grillo domine. Il est à 28,2% dans le Latium I (Rome), à 32% dans les Marches, à 29,7% dans les Abruzzes, à 27,5% en Vénétie II et à 27,2% en Ombrie. S’il est plus faible dans le Val d’Aoste ou dans le Trentin Haut Adige, c’est en raison d’un fort sentiment régionaliste. En Lombardie, il est aux alentours de 20% mais est freiné par la résistance de la Ligue du Nord, qui s’effondre partout ailleurs.

Grillo mélange un argument d’extrême-gauche et d’extrême-droite, axé sur des thèmes europhobes mais aussi anti-immigration, également sur des thèmes libertaires, sur la lutte contre la corruption et contre la rigueur budgétaire prônée par Monti. Sorte de néo-qualunquisme, le phénomène Grillo rappelle par certains aspects le fascisme naissant de Milan, mélange complexe d’idéologies contradictoires, avec un autoritarisme assez évident de la part de ce tribun médiatique. Equivalent protestataire de gauche de ce qu’est le FN en France, il a su ratisser très large mais c’est un feu de paille, une façon pour de nombreux italiens de châtier Monti.

Monti est indiscutablement le grand perdant de ces élections. Avec 10,6% des voix, dont seulement 8,3% pour sa liste nominale, il échoue à peser dans le résultat final. Son allié de circonstance, le post-fasciste Gianfranco Fini, est brisé avec 0,5% des voix seulement pour Futuro e Liberta. Autres victimes de cette élection atypique, les néo-communistes, alliés à l’Italie des Valeurs de l’ancien juge Di Pietro [coalition « Révolution Civile »], qui obtiennent 2,2% et aucun siège.

L’extrême-droite est laminée, notamment en raison de ses divisions et de la concurrence efficace de Grillo. Les nationalistes modérés de Fratelli d’Italia obtiennent 2% des voix, ce qui est beaucoup pour un parti récemment créé, mais La Destra s’effondre à 0,6% des voix, Forza Nuova n’obtenant que 0,3%, Flamme Tricolore 0,1% et Casapound 0,1% (avec des pointes à 0,5% dans le Latium et à 0,6% dans le Val d’Aoste). La Ligue du Nord avec 4,1% des voix à l’assemblée (et 4,3% au sénat) est également une grande perdante. Elle avait obtenu 8,3% en 2008, mais seulement 4,6% en 2006, retrouvant donc son score antérieur à sa poussée des années 2007-2008, bien loin toutefois des 10,1% obtenus en 1996. La Ligue paye le prix des accusations de corruption contre son fondateur et ancien président Umberto Bossi. Enfin les Freiheitliche, version sud-tyrolienne du FPÖ, obtiennent 0,1% des voix au niveau national mais 8,1% des voix dans leur région.

Réunis, les différentes formations de la droite nationale au sens large obtiennent malgré tout 3,2%, ce qui reste un niveau extrêmement bas par comparaison avec les scores du MSI dans les années 80. Le reniement des idées néo-fascistes par Gianfranco Fini, dont il n’a pas été payé en retour vu le score minable de sa formation actuelle, a été fatal à cette mouvance qui désormais, divisée en chapelles s’ostracisant les unes les autres, est durablement marginalisée. C’est Beppe Grillo qui a tiré les marrons du feu, avec son néo-populisme du XXIème siècle, et non les nostalgiques du fascisme.

Au Sénat, même si la « gauche » l’emporte en voix, ni le PD ni le PDL ne sont en mesure d’y fonder une majorité. Seule une alliance Berlusconi-Grillo pourrait être majoritaire, mais elle est peu vraisemblable, de même qu’une alliance Bersani-Grillo. Cette instabilité pourrait amener à de nouvelles élections car les deux chambres ont un pouvoir absolument égal. L’Italie risque donc d’être ingouvernable. Avec 113 sièges pour la « gauche » et 114 sièges pour la droite, les 16 sièges des partisans de Monti et les 58 sièges de Grillo sont déterminants. Avec 31,6% contre 30,7% pour Berlusconi, les électeurs ont choisi plus nettement la « gauche » qu’à la chambre où la coalition autour du PD obtient 29,6% des voix contre 29,1% pour celle autour du PDL.

Moralité : l’Italie est ingouvernable et les électeurs ont renvoyé dans leurs cordes le candidat de la rigueur, soutenu par le système en place et par les autres dirigeants de l’Union Européenne, Merkel en tête. Avec un Grillo à plus de 25%, et une Aube Dorée annoncée en Grèce à 14% dans les sondages, le vieux continent en crise connaît une vague d’euroscepticisme et de populisme démagogique inquiétante. Il serait peut-être temps que les dirigeants des Etats ouvrent les yeux sur la réalité de la décadence de la civilisation européenne et veuillent la traiter.

Mais ce ne sont pas les hommes (et les femmes) de la situation, bien au contraire, et comme le dit si bien Grillo, « a casa ! » (« à la maison ! »), lui inclus.

Thomas FERRIER (PSUNE)

24/02/2013

Les Femen contre le féminisme

inna.jpgM’interrogeant sur l’opportunité d’écrire un article sur le phénomène Femen, je découvre à l’instant que trois jeunes femmes italiennes, seins nus avec slogans peints sur la poitrine, ont voulu troubler le déroulement des élections italiennes qui se déroulent aujourd’hui et demain, et auxquelles je consacrerai demain, résultats à l’appui, un article spécifique, en s’en prenant à Berlusconi, aux cris de « Berlusconi, basta ! ».

Ce néo-féminisme provocateur mérite donc qu’on s’y attarde puisqu’il crée des émules. Au départ, le mouvement des Femen est né en Ukraine dans un contexte politique troublé, alors que la principale figure de l’opposition, Ioulia Timochenko, est en prison. Mais, plutôt que de militer pour la libération de cette femme courageuse, les Femen ont préféré s’en prendre aux institutions religieuses, à l’instar d’Inna Chevtchenko, désormais réfugiée en France, où elle a posé les jalons d’un mouvement de même nature dans l’hexagone, qui s’était attaquée à des croix.

Cette jeune femme ukrainienne, qui aime décorer ses cheveux avec des fleurs, représentant à sa manière de manière inconsciente un paganisme féminin et printanier (à l'instar des Floralies romaines), milite en réalité pour une idéologie hyper-individualiste, un féminisme dévoyé. Le plus choquant est sans doute cette manie de se peinturlurer les seins de slogans en anglais, qui trahit une servilité évidente aux intérêts du mondialisme anglo-saxon et fait s’interroger sur leurs véritables motivations.

Tout comme les Pussy Riots, ce mouvement semble agir comme un faux nez au service d’une idéologie libertaire qui n’est pas au service du peuple. Leurs revendications sont confuses et se résument à une provocation sexuée. En France, elles se sont fait connaître en s’attaquant à une manifestation autorisée de catholiques traditionnalistes opposés au « mariage pour tous ». Elles ont ensuite prétendu être les victimes, ainsi que la journaliste engagée Caroline Fourest, d’une contre-offensive musclée. Plus récemment, elles ont pénétré dans la cathédrale Notre Dame de Paris où elles s’en sont prises aux somptueuses cloches neuves qui attendaient d’être installées, tout cela pour « fêter » la démission de Benoît XVI de ses fonctions pontificales.

Inna Chevchenko a déclaré à la télévision française, invitée sur Canal +, chaîne qui aime se faire le relai de toutes les idéologies pseudo-contestataires, mais sans jamais inviter de véritables dissidents, que son mouvement était « contre toutes les religions ». Il est pourtant incontestable que, quoi qu’on puisse penser de la religion chrétienne, considérée comme tolérante par plus de 70% des français (alors que l’islam est jugé en revanche intolérant par 74% d’entre eux), le christianisme n’est pas la principale menace religieuse contre les libertés publiques. Il était plus facile de s’en prendre à l’Eglise que de s’en prendre à l’extrémisme islamique, ce qui n’est pas sans risque pour la santé, et demandait un autre courage.

Par ailleurs, le combat « contre les religions », relevant d’une démarche purement négative, n’a pas de sens. Si ces Femen veulent jouer aux femmes guerrières, l’origine ukrainienne de leur mouvement, terre des Amazones dans la mythologie grecque, n’étant peut-être pas pour rien dans cet état d’esprit, elles n’ont pas la noblesse de Penthésilée. Or n’est pas valkyrie qui veut. Elles oublient aussi que la déesse guerrière par excellence, Athéna aux yeux pers, triomphe d’Arès dans l’Iliade par l’intelligence et non en montrant ses seins.

Car s’il y a bien une religion qui, à rebours des monothéismes misogynes, a promu à égalité l’homme et la femme (les dii consentes romains étaient composés à parité de six dieux et de six déesses), c’est bien le paganisme, et notamment le paganisme slave, avec l’importance accordée à la déesse de l’amour Lada. La vraie « provocation » serait d’en faire la promotion, au lieu de soutenir le « mariage pour tous » et la régularisation des clandestins.

D’ailleurs, si les Femen échappent depuis des mois à toute condamnation judiciaire, alors qu’en Russie elles seraient déjà en prison, et que leur mouvement est désormais interdit en Ukraine, c’est bien parce qu’elles bénéficient de la complicité bienveillante de certaines « autorités morales ». Leur impunité est la preuve de leur collusion avec des intérêts douteux.

Or, le féminisme à l’origine était un mouvement d’émancipation des femmes contre une société jugée patriarcale, et dans leurs revendications, tout n’était pas nécessairement infondé. Mais ce n’est pas en France, ni en Ukraine, que les femmes sont les moins bien traitées. Dénoncer le nombre considérable de viols dans les pays européens, viols qui si on en croit Laurent Obertone seraient au nombre de 200 par jour en France, aurait du sens. Cibler les doctrines qui avilissent réellement les femmes, ce serait courageux et utile. Mais cela n’est pas de toute évidence le combat des Femen, qui préfèrent taper sur la civilisation européenne, une civilisation qui tolère leurs provocations, alors qu’elles subiraient dans n’importe quel pays africain ou asiatique une réponse infiniment plus répressive.

Le féminisme c’est d’assumer sa féminité et de vouloir être traitée avec respect, mais sans puritanisme et sans discours moralisateur. Mais ce n’est pas la civilisation européenne bien au contraire qui fait régresser la situation des femmes de notre continent, mais sa version décadente, très permissive, qui tolère ce qu’elle devrait être en devoir de combattre. Et les Femen contribuent par leurs actions à cette décadence.

Thomas FERRIER (PSUNE)

L’europhobie (II), comment la combattre ?

1. Un contexte europhobe mais funeste aux partis régionalistes qui s’y rallient.

europhobie,euroscepticisme,souverainisme,Marine Le Pen,Cambridge,David PujadasAnnoncée à plus de 17% des voix dans les derniers sondages, la surprise électorale de ce week-end de 2013 pourrait bien être le succès du populiste revendiqué, le trublion italien Beppe Grillo, qui prône un référendum sur l’€uro, alors même que Silvio Berlusconi flirte avec les thèmes eurosceptiques sans jamais franchir ce Rubicon que serait l’abandon de la monnaie unique. Toutefois, son éventuel succès, et en tout cas sa capacité de nuisance, est considéré comme une réelle possibilité qui inquiète les responsables de l’Union Européenne.

Certains craignent même une coalition peu probable entre le Parti de la Liberté et le Mouvement Cinq Etoiles. L’un comme l’autre en effet attisent la germanophobie, qui n’est pas seulement la manifestation d’hostilité envers le gouvernement allemand, mais une xénophobie de base. En exonérant le régime fasciste de sa politique antisémite, attribuée à tort à une pression allemande, Berlusconi n’a pas simplement provoqué le « politiquement correct ». Il a aussi implicitement accusé les allemands des maux économiques actuels. Quant à Grillo, ce dernier n’hésite pas à dire tout le bien qu’il pense d’organisations de tendance néo-fasciste comme Casapound.

La Ligue du Nord, en plein effondrement électoral, et qui a finalement accepté de se rallier à la bannière de Berlusconi, a résolument choisi de défendre une ligne anti-€. Il est vrai que le nationalisme europhobe du FN, qui n’est pas le signe d’une guérison prochaine mais un symptôme de la maladie, a réussi à contaminer les mouvements voisins pour leur malheur. Le Vlaams Belang, qui tombe à 6,5% des voix environ dans le dernier sondage (contre 40% pour le NVA non europhobe de Bart De Wever), s’écroule avant tout parce qu’il reprend les antiennes anti-UE du FN. Et de même, le mouvement catalan PxC (Plataforma y Catalunya) a perdu près de 50% de ses électeurs parce qu’il s’est associé aux conservateurs et nationaux-jacobins de la droite espagnole contre les nationalistes catalans de « gauche ». Sa progression s’était faite auparavant en se distançant radicalement des différentes phalanges de nostalgiques de la plus grande España, et en tenant en revanche une ligne dure vis-à-vis de l’immigration non-européenne. Désormais allié du néo-FN, il est obligé de taire ses revendications régionalistes, provoquant ainsi son effondrement dans l’opinion catalane. Alors que les mouvements nationaux écossais, catalans ou flamands sont en pleine expansion, mais sans jamais tomber dans l’europhobie, ceux qui au contraire choisissent une ligne souverainiste s’effondrent. C’est l’effet « Marine ».

Il y a un énorme travail de décontamination idéologique de pans entiers de l’opinion populaire européenne auquel il faudrait procéder. C’est aussi un travail d’explication du pourquoi nous en sommes arrivés là et du comment nous pourrons nous en sortir… ensemble, entre européens unis par un même idéal et conscients d’appartenir au même peuple, d’être détenteurs d’un même héritage civilisationnel. Ce n’est pas en dénonçant l’Allemagne dont nous serions prétendument les obligés, et encore moins en dénonçant le frère polonais ou bulgare (comme le fait UKiP), que nous arriverons à relever notre continent de sa ruine morale et de sa faillite économique.

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23/02/2013

La Turquie aux portes de l’Europe

turquie,europe,non,erdogan,psune,thomas ferrierLorsqu’en 1963 De Gaulle et Adenauer laissèrent entendre au gouvernement turc que la Turquie avait vocation à rejoindre la Communauté Economique Européenne alors naissante, il ne s’agissait pas pour eux de faire rentrer un pays à l’européanité fort peu évidente dans une construction politique mais dans le cadre d’une structure favorisant le libre échange. Néanmoins, dans leur esprit, la Turquie sous l’impulsion d’Atatürk puis d’Inönü, s’était mise à l’école de l’Europe. C’était la Türkiye des beyaz Türkler, ou « turcs blancs », cette élite politique et économique qui dominait le pays depuis les années 20, une élite laïque et moderne, bien représentée au sein de l’armée.

Depuis 2000, la Turquie est dirigée par un parti issu de l’islamisme radical, l’AKP du président Abdullah Gül et du premier ministre Recep Erdogan. Ce dernier a réussi là où Erbakan, son ancien mentor, avait échoué, se heurtant à l’armée. En engageant des poursuites judiciaires contre des centaines d’officiers de l’armée, au motif de leur implication supposée dans le désormais fameux complot Ergenekon, il a étêté son principal adversaire. La dernière ligne de résistance aura été celle des juges constitutionnels en juillet 2008, qui finalement cèderont d’une seule voix.

En avril 2005, dans des conditions maintes fois répétées, l’Autriche et Chypre furent la seule ligne de défense contre le démarrage du processus d’adhésion d’un pays touranien et islamique à l’Union Européenne. L’Autriche troqua son honneur contre une promesse de ses partenaires en faveur de la Croatie voisine, et la Chypre grecque acceptant alors de jouer le jeu de pourparlers en vue d’une éventuelle réunification de l’île.

En 2012, cela fait désormais plus d’une décennie que les islamistes auto-proclamés modérés de l’AKP sont aux affaires. Ils ont profité d’une embellie économique pour laquelle ils ne sont pour rien, et ont surtout considérablement renforcé leur pouvoir au détriment de la société civile. Journalistes, intellectuels et militaires sont désormais sous contrôle. Une organisation islamique comme Fetullah Gülen se charge d’encourager les municipalités à interdire la vente d’alcool et favorise la multiplication des voiles féminins dans la rue. Le plus étonnant c’est que l’un des pôles électoraux de l’AKP est Istanbul, en Thrace. C’est la conséquence d’un flux migratoire intérieur amenant les populations de l’Anatolie, plus conservatrices, dans les grands centres urbains.

La désislamisation mise en place par Mustafa Kemal doit être considéré comme un échec. Même les nationalistes, plutôt laïcs à l’origine, du MHP se sont engagés dans une démarche national-islamique. Lorsque Kemal a voulu moderniser son pays, il a pris modèle sur l’Europe voisine, à l’époque phare civilisationnel et non continent en crise. Mais l’Europe n’est plus l’Europe, et la Turquie se tourne naturellement vers l’orient. Le paradoxe apparent, c’est qu’au nom du processus d’adhésion à l’Union Européenne, le gouvernement turc a réussi à réorientaliser le pays. La stratégie néo-ottomane de Davutoglu a piégé des dirigeants européens incapables de se faire respecter et indignes de leurs fonctions.

Après plusieurs années où Nicolas Sarkozy a bloqué concrètement le processus d’adhésion, renforcé en ce sens par la politique de la Turquie à l’égard de Chypre, le nouveau président français revient en arrière. Par le biais du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, il annonce la reprise des négociations et l’ouverture d’un quatorzième chapitre, l’un de ceux qui en outre impliquent l’adhésion.

Selon Laurent Fabius en effet, « la France va renforcer son soutien aux négociations d’adhésion de la Turquie » et ajoute que « nous souhaitons avoir des relations très positives avec la Turquie ». Malgré l’affaire de cette jeune franco-kurde Sevil Sevimli condamnée pour avoir participé en Turquie à des manifestations d’extrême-gauche, mais qui a été autorisée à revenir en France après avoir fait appel de sa condamnation, Hollande est devenu le nouvel ami d’Erdogan. Cette amitié nouvelle nécessite surtout des efforts français, car le gouvernement turc dicte ses ordres aux chancelleries occidentales. Il n’est plus question d’une loi pour condamner le négationnisme du génocide arménien, même si certains travaillent encore en ce sens.

Pourtant, le 11 février dernier, Erdogan s’en était pris durement à l’Union Européenne, dénonçant une organisation refusant depuis près de cinquante ans l’adhésion turque. Mais à chaque fois qu’il vitupère, à Paris on obtempère.

Or, la stratégie de Sarkozy, qui était celle de l’écœurement, commençait à porter ses fruits. Dans un sondage de janvier 2013, 59,5% des Turcs estiment qu’il faut abandonner toute perspective européenne (contre 33,3% qui estiment le contraire). Mais sans relâche les Etats-Unis, Obama en tête, poussent à cette adhésion, qui fragiliserait fondamentalement l’équilibre européen et interdirait toute volonté politique à l’Union Européenne. Erdogan le sait et joue cette carte, par le biais de l’OTAN, en acceptant des éléments du bouclier anti-missiles américain sur son sol, casus belli pour l’Iran voisin mais aussi pour la Russie.

Une véritable Europe politique passe par des frontières cohérentes et par l’adhésion uniquement de pays indiscutablement européens, comme l’Ukraine et la Russie, mais aussi comme la Géorgie et l’Arménie. Dans ce dernier cas, il faut soutenir ce pays dans sa lutte pour la mémoire mais aussi dans ce conflit qu’il a avec l’Azerbaïdjan turcophone voisin, soutenu par Ankara.

Le PSUNE rappelle sa position à l’égard de la Turquie, qui est « Turquie, non ! Russie, oui ! ». Si la Turquie n’était composée que de cette frange moderne et laïque qui a présidé à l’avenir de son pays pendant sept décennies, le débat serait certainement autre. Mais la situation est telle qu’elle est, et nous avons le devoir, en tant qu’européens, d’en prendre acte. Même si l’AKP perdait demain le pouvoir, la Turquie n’a pas sa place dans l’Union Européenne, tout simplement parce qu’elle n’est pas un pays européen. De plus, l’occupation illégale d’une partie de Chypre depuis 1974 est simplement inacceptable et devrait être une raison suffisante pour refuser cette adhésion. En outre, ce serait sans doute le plus grand service qu’on pourrait rendre au peuple turc que de lui opposer un non explicite et sans ambiguïté.

Thomas FERRIER (PSUNE)

De l'usurpation d'identité dont nous sommes victimes

profile_picture_by_anti__troll-d5czqe6.pngInternet est un lieu de liberté, mais comme dans tout espace sans contrôle, il existe des individus gravement perturbés qui prennent plaisir à nuire à ceux qui veulent agir sur le réel et améliorer le sort de leurs compatriotes.

Certains ont même l'esprit assez tordu pour usurper l'identité d'autrui sur internet, ce qui a fait réfléchir le législateur à des possibilités techniques d'identifier un utilisateur et de certifier sa signature. L'inconvénient, et il est majeur, c'est bien sûr la limitation du sentiment de liberté que peut ressentir un internaute en naviguant sur la toile.

Ainsi, le PSUNE et son secrétaire général, à savoir l'administrateur de ce blog, étant acteurs certes modestes de la vie politique, sont-ils régulièrement l'objet d'attaques de la part d'anonymes qui n'hésitent pas à usurper mon identité pour me sâlir et me diffamer et ce depuis plusieurs années.

J'ai ainsi découvert l'existence d'un blog wordpress qui est un mauvais fake du blog officiel de Thomas Ferrier et où ses créateurs, qui utilisent mon image dans des photo-montages minables qu'ils postent sur des forums extrémistes en déshérence, font dans le "porno-nazisme" grotesque et provocateur. Engager des poursuites contre ces lâches individus, qui agissent sous faux nez, serait fastidieux et inutile. Ces gens profitent d'internet, qui permet à des formations politiques manquant de moyens et de fonds d'exister, pour troubler notre message en l'associant au pire. On ne peut pas davantage être au service du système en place qu'en agissant de la sorte.

Si nous ne sommes rien, ignorez nous. Et si nous sommes quelque chose, et que vous êtes opposé à notre conception du monde, faites le donc à visage découvert et non cachés derrière des IP anonymes et des courriels bidon.

Je rappelle donc, pour que les choses soient claires, que les sites du PSUNE sont:

Le Forum:

http://socialiste.forumactif.com/

Le Blog:

http://thomasferrier.hautetfort.com/

Le Site:

http://psune.fr/

Tout autre site se revendiquant de notre formation relèverait d'une usurpation d'identité caractérisée à des fins diffamatoires.

Autre rappel utile :

« - Le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou de faire usage d'une ou plusieurs données de toute nature permettant de l'identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. » « - Cette infraction est punie des mêmes peines lorsqu'elle est commise sur un réseau de communication au public en ligne. » (loi LOPPSI du 14 mars 2011)

13:27 Publié dans Communiqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trollage, internet, usurpation d'identité, loppsi, psune | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/02/2013

L’europhobie, le nationalisme des imbéciles.

ue.jpgCrise de la zone €uro, effondrement des économies grecque et chypriote, annonce par le premier ministre britannique David Cameron d’un référendum sur l’Union Européenne pour 2016, une vague d’euro-scepticisme s’abat sur le vieux continent. Le bouc émissaire « UE » fonctionne à plein régime afin que les gouvernements se maintiennent au pouvoir sans que le peuple ne les désigne comme les principaux responsables de la crise et n’exige de manière musclée des explications.

On ne voit pas en quoi l’€uro aurait été responsable en 2010 de la ruine de l’Islande. On ne voit pas non plus en quoi l’€uro obligerait le gouvernement Cameron à mettre en place une politique de rigueur budgétaire extrême, alors que le Royaume-Uni a conservé la £ivre. Pourtant, aux yeux d’un marxiste comme Jacques Sapir, désormais principal soutien de Nicolas Dupont-Aignan, l’€uro est responsable de tout. Il est certes indéniable que l’€uro est la seule monnaie qui ne soit pas pilotée par un gouvernement et c’est son principal défaut. La monnaie unique implique la mise en place d’une gouvernance économique de la zone €uro qui, si on la souhaite démocratique, et elle ne peut que l’être si elle veut être pérenne, passe en réalité par la création d’un Etat européen unitaire, qu’on l’appelle « fédération européenne »,  « république européenne » ou « nation européenne ». Ainsi, le renforcement de l’€uro passe nécessairement par une Europe politique digne de ce nom.

Les souverainistes, europhobes par principe, profitent de cette instabilité monétaire, pour attaquer à nouveau la monnaie unique. Ils y sont opposés car ils ne veulent pas d’Europe politique, car ils veulent que l’Etat « national » conserve l’intégralité de ses anciens pouvoirs et parce qu’ils dotent la monnaie d’un pouvoir quasi magique. Ainsi, selon Marine Le Pen, seule la « dévaluation compétitive » permettrait de réindustrialiser le pays et de relancer la croissance. En fait, une monnaie ne peut plus être dévaluée, mais elle peut en revanche se déprécier. Les premiers perdants d’une dépréciation monétaire qui résulterait de l’abandon de l’€uro, ce sont les épargnants. Ceux-ci verraient la valeur et donc le pouvoir d’achat de leurs économies diminués de plus de 30% minimum, alors que dans le même temps les prix augmenteront de manière conséquente, la dette en montant sera considérablement augmentée, et le coût de l’essence également. Voilà la politique prétendument sociale que la droite nationale propose pour sortir le pays de la crise.

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Hollande nous éloigne de l’Europe !

eurogrece.jpgIci le pronom « nous » ne s’adresse pas aux seuls Français, mais à tous les Européens bien sûr. L’europhobie ne date pas d’hier. Il y a quelques années, Elie Barnavi notait que tous les dirigeants politiques européens, sans exception, détestaient l’Europe, ce qui ne manquait pas de le surprendre, lui qui, tout en ayant opté pour le destin d’Israël, continue à s’intéresser de près à l’avenir de notre continent. En France, cela fait pas mal d’années aussi que toute la classe politique est europhobe, y compris un « centre » qui n'avait pourtant juré que par l’Europe à une époque. Cela fait longtemps encore que technocratie européenne fait beaucoup de mal à l’idée européenne ; mais ce n’est que très normal puisque le « gouvernement » de l’union n’est qu’un club de dirigeants nationaux.

Dans ce décor sinistre, un élément nouveau est apparu il y a quelques mois. Ce n’est pas la sortie de David Cameron ; sa position est connue depuis longtemps, comme celle du Royaume uni. Cet élément est le changement politique en France, avec l’arrivée au pouvoir de François Hollande et du parti socialiste.

Un élu est toujours un peu prisonnier de ses électeurs. C’est d’ailleurs a priori une bonne chose, du moins s’il s’agit bien de l’ensemble de ses électeurs. Dans le cas qui nous occupe, l’électorat de François Hollande à la présidentielle était suffisamment varié pour représenter, même imparfaitement, le pays. Ce qui pose problème est que le président n’est prisonnier que de la petite frange constituée par les groupes l’ayant très massivement soutenu. Dans cette analyse, j’écarte les états-majors, les responsables verts à qui l’on a généreusement offert des sièges ou la présidente du FN à qui les médias font des sourires en remerciement de son choix public. Je parle des électeurs. On ne peut pas dire que la politique actuelle rende justice aux fonctionnaires, aux écologistes sincères ou aux rares ouvriers attirés par Jean-Luc Mélenchon. Cette politique est tout entière orientée vers deux catégories d’électeurs : les bourgeois bohêmes libertaires et les immigrés ou issus de l’immigration en provenance des anciennes colonies. Leur vote a été aussi massif que déterminant.

Les premiers, les bourgeois bohêmes, ont été récompensés par le mariage homosexuel et tout ce qui ira avec, jusqu’à la procréation pour autrui.

Les seconds l’ont été, du moins dans la vision du pouvoir socialiste, par un laxisme judiciaire, partant de l’idée, insultante dans son principe, qu’un enfant d’immigré a plus à craindre la justice qu’un autre. On a relancé le vote des étrangers, autres que les ressortissants de l’Union, aux élections municipales. Surtout on ne veut pas toucher à un assistanat économiquement désastreux, dans le même genre de vision qu’en matière de justice. On comprend déjà que la politique française sera tournée vers ses anciennes colonies plutôt que vers l’Europe. Ce faisant, les socialistes rejoignent les priorités des souverainistes les plus radicaux : reconstruire l’Empire plutôt que construire l’Europe.

Ce tropisme s’aggrave d’un fait qui concerne la personne du président. Apparemment François Hollande a dû longtemps rêver d’exercer la fonction. Quand il a vu sa précédente compagne toucher presque le but, il a dû vraiment y croire. D’ailleurs il s’est lancé assez tôt, à un moment où ses chances paraissaient faibles. Aujourd’hui en poste, il prend des postures sans équivoque. On avait raillé l’ambition infantile de Sarkozy, après l’affairisme de Chirac et le cynisme de Mitterand. Au moins François Hollande aime-t-il la flatterie. N’a-t-il pas dit que sa visite éclair au Mali était le plus beau jour de sa vie de président ? Dans ces conditions, comment pourrait-il accepter de transférer un bout de son petit pouvoir au profit d’une concertation européenne ? D’autant plus que cette concertation impliquerait des économies sur le train de vie de l’état, donc sur toutes les aides qui font d’une partie des résidents ses obligés.

De l’autre côté du Rhin, l’Allemagne s’inquiète, à juste titre et par un égoïsme bien placé, de la situation désastreuse de la France, de son déficit, de la tendance à la récession qui l’accompagne, du déséquilibre de son commerce extérieur : il s’agit de l’un de ses clients. Depuis que le Général De Gaulle a été accueilli par le chancelier Konrad Adenauer avec des pancartes « Ein Bundestag für Europa », l’Allemagne a tendu la main à la France pour plus d’intégration européenne. En 2012 Angela Merkel et surtout Wolfgang Schaüble ont proposé une sorte de gouvernement économique européen. Entendons-nous bien ! il ne s’agissait pas d’une avancée structurelle, juste d’une convergence politique entre états, dans un cadre, la zone €uro, qui échappe au contrôle du Parlement européen. Mais, une fois de plus, la France de Hollande n’a pas saisi cette main.

Il y a quelque temps encore, on entendait parler d’une gouvernance la zone €uro, d’une union à plusieurs vitesses. On donnait clairement la priorité à l’approfondissement de la construction européenne sur élargissement. Aujourd’hui l’Allemagne semble avoir compris qu’elle ne pouvait plus rien espérer de la France. Aussi tout se passe comme si elle avait décidé de se défendre seule, en renonçant à l’idée européenne. Elle cède à David Cameron, accueille positivement un projet d’une zone de libre échange avec les Etats-Unis.

Que va-t-il se passer dans les mois et les années qui viennent ? En France, le tissu industriel, faute de compétitivité, va achever de se déliter, la dette va croître, la récession va s’installer et surtout le chômage va prendre une ampleur insoupçonnée. Cela n’arrangera pas les affaires de l’Espagne et de l’Italie et le mal va finir par atteindre l’Allemagne. Au moins les Allemands auront-il la possibilité de revenir au Deutsche Mark et tiendront-ils un peu plus longtemps que les autres. A moins que, tout simplement, ils ne fassent alliance avec la Russie pour former une Mittel-Ost-Europa.

Pour éviter ce scénario catastrophe, la France aurait dû faire deux choses. D’une part répondre positivement à l’Allemagne quand cette dernière était encore dans de bonnes dispositions. D’autre part et en même temps, elle aurait dû remettre de l’ordre chez elle. Il aurait fallu augmenter la TVA principale à quelques 25%, tout en diminuant de façon significative les impôts sur les entreprises, en revoyant encore le code du travail pour plus de flexibilité, en recentrant le service public, en simplifiant drastiquement les instances locales et réduisant leurs exécutifs, en revoyant les aides dans leur ensemble pour éviter les cumuls et en supprimant les pompes aspirantes de l’immigration illégale assistée. Pour cela il suffit de prendre exemple sur les pays voisins. Or jamais le pouvoir socialiste ne pourra proposer de telles réformes.

Les états actuels ne peuvent plus résister isolément à la pression des pays émergents ou déjà émergés. Nous avons tous l’incendie dans notre dos. Nous avions commencé la traversée du fleuve qui doit nous mener à l’intégration totale de l’Europe. Alors que nous n’étions pas parvenus bien loin, depuis quelques mois, nous reculons vers la rive d’où nous sommes partis. Peut-être allons-nous au moins sentir plus fort le brasier et prendrons-nous, enfin, les mesures qui s’imposent.

Peter EISNER (LBTF/PSUNE)

16/02/2013

Présidence d’Hollande : nos craintes de 2012 étaient justifiées

hollande,europhobie,mariage pour tous,vote des étrangers,mali,fn,ps,turquieEn mai 2012, le PSUNE avait alerté les électeurs au sujet des dangers qu’il y avait à faire élire le candidat du Parti « Socialiste », François Hollande. J’avais même annoncé qu’Hollande était Sarkozy en pire et qu’il fallait privilégier le moindre mal, car sur des points essentiels, le programme du candidat PS était calamiteux, et qu’on devait s’attendre s’il était élu à la mise en place du pire gouvernement de l’histoire de la cinquième république.

Mais entre de nombreux électeurs votant contre Sarkozy (et non « pour » Hollande) et l’électorat des banlieues votant en masse pour le candidat en chef de l’assistanat et du « multikulti », malgré une campagne de plus en plus musclée du président sortant, Hollande est devenu président. Il faut dire que son ex-concubine Royal, aux présidentielles de 2007, avait quand même réussi à obtenir, malgré une campagne absolument pathétique, près de 47% des voix.

Le président « normal », à peine élu, commença très vite à dévisser dans les sondages, pour tomber à un niveau extrêmement bas d’opinions favorables. Dans un tel contexte, j’ai cru que le pire n’était pas certain et que finalement il renoncerait à la plupart de ses propositions. J’étais incité à le croire lorsque le projet de vote des étrangers non-européens aux élections locales semblait abandonné.

Face à la droite « la plus bête du monde », incapable de se serrer les coudes face au gouvernement, mais préférant se diviser entre le pseudo-dur Copé et le (très) mou Fillon, la fausse « gauche » a pu reprendre des couleurs. Hollande s’est même senti pousser des ailes, alors qu’il est rejeté par de plus en plus de français. Mais la « démocratie » à la française a ce charme propre au règne de Louis XVI, à savoir qu’une fois à son siège, le monarque ne s’occupe plus de l’avis du peuple. Hollande gouverne avec le PS aux affaires et fera tout ce qu’un conseil constitutionnel fondamentalement dévoyé et sénescent l’autorisera à faire.

Ainsi, il a mis en place le « mariage pour tous », c'est-à-dire le blanc seing accordé à une minorité au sein d’une minorité, pour plaire aux bobos parisiens. Il relance cette proposition de vote des étrangers extra-communautaires, qu’il avait mis sous le boisseau car cette mesure impliquerait une réforme constitutionnelle qu’il n’est pas sûr de pouvoir mener à son terme. Il ouvre cette semaine à nouveau les pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, malgré la dérive autocratique et islamiste indéniable de ce pays.

Pire encore, une chose que je n’avais pas même imaginée, Hollande nous lance dans une nouvelle aventure coloniale, avec cette intervention au Mali contre tous bon sens, se mêlant d’un conflit millénaire entre populations nomades afrasiennes au nord et populations sédentaires noires au sud, des gens réunis dans un seul Etat par l’arbitraire colonial et décolonial et qui ne souhaitent pas vivre ensemble.

Enfin, une évidente collusion entre le PS et le FN est apparue. On sait qu’en interne, en 2012, le FN a incité ses membres à choisir la politique du pire et à voter pour Hollande contre Sarkozy. « Marine » sait gré à Hollande de rétablir l’ancien mode de suffrage aux élections régionales, alors que la réforme territoriale de Sarkozy risquait de la priver d’au moins 80% de ses conseillers régionaux sortants. Elle a apporté son soutien à l’action militaire de la France au Mali. Elle ne s’est opposée que très mollement au mariage gay, envoyant des signaux contradictoires à son électorat. L’existence même d’un lobby gay au sein du FN a ainsi été mise en avant par certains journaux, dont VSD pour s’en réjouir et Minute pour s’en inquiéter. Et Florian Philippot, ancien chevènementiste, n’aurait pas dépareillé au PS, même s’il parle a minima d’immigration et d’islam pour neutraliser ses ennemis internes.

Hollande et son gouvernement ont également adopté de fait une approche parfaitement europhobe. L’intervention au Mali s’est faite sans la moindre concertation avec les autres pays européens, ceux-ci s’abstenant d’y participer même s’ils soutiennent officiellement cette action. Les relations entre Hollande et Merkel ont atteint le degré le plus bas. Et on apprenait cette semaine que la France ne respecterait pas son engagement de réduction du déficit budgétaire de 3%, ce qui est un très mauvais signe envoyé aux agences internationales de notation. Il faut bien continuer d’alimenter financièrement à coups de subventions les banlieues afin d’y maintenir un semblant de paix civile.

Thomas FERRIER (PSUNE)