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20/01/2019

Europe, rise !

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collage1.jpgLes enseignements moraux du film de Christopher Nolan, « The Dark Knight Rises », dernier volet de sa trilogie consacrée au héros de Gotham, pourront paraître étranges à ceux qui ne voient le cinéma, qui plus est américain, que comme un simple loisir.

L’élément clé du film est ce moment où Bruce Wayne est brisé par son adversaire Bane. N’ayant plus foi en la victoire et en sa propre force, il est aisément vaincu par un adversaire motivé par la haine. C’est ainsi qu’il se retrouve littéralement au fond du gouffre, dans une prison archaïque au sein d’un pays archaïque loin son monde. Le seul lien avec le reste du monde est une télévision par le biais de laquelle, impuissant et brisé, il assiste à la perte de sa cité.

Cette image me fait penser à la situation de l’Europe en 2019. Coupée en deux par la guerre froide après avoir été brisée par la ruine de la seconde guerre mondiale, l’Europe n’a pas su remonter la pente, même si elle a pu un moment, avec l’aide américaine puis le bénéfice de l’élan économique des « trente glorieuses », s’imaginer sortie du gouffre béant dans laquelle elle était plongée. Elle n’a été maintenue en vie que pour assister sans réagir à sa propre déchéance programmée.

De même, Bruce Wayne sait que sa ville est condamnée à subir une destruction totale s’il n’agit pas. Ce compte à rebours dont il n’est en rien maître peut s’apparenter au compte à rebours migratoire de l’Europe, puisque les prospectives les plus pessimistes annoncent qu’en 2100, Russie incluse, les Européens seraient moins du tiers des habitants de leur propre sol.

Ses tentatives de sortir de cette prison, en s’attachant à une corde de sécurité, se concluent à chaque fois pathétiquement, manquant même de le tuer. De même, l’idée que l’Europe pourrait s’en sortir en conservant la douce sécurité de la société de consommation, et surtout les règles morales selon lesquelles elle est régie depuis 1945, est illusoire et mortifère.

C’est alors que vient l’illumination. C’est en se souvenant des mots de son propre père, la célèbre question « Pourquoi tombons-nous ? – Pour mieux nous relever !» du début du film « Batman Begins », donc en plongeant dans ses propres racines, qu’il comprend comment agir. Les choses sont alors totalement différentes. Déterminé et détendu, il agit comme s’il réalisait une action anodine dont il avait la certitude de venir à bout. Il ne s’accompagne d’aucune corde de sécurité, protection qui en fait l’entravait, ce qui implique que toute chute sera fatale.

C’est un mot clé, comme un mantra, que les autres prisonniers commencent à entonner. Un vieux sage le traduit en anglais au héros : « Rise ». Ce qui peut se traduire par « lève-toi » mais mieux encore par « relève-toi ». C’est ainsi que Bruce Wayne grimpe la muraille de la prison. Avant de réaliser le dernier saut qui déterminera son sort, entre la mort ou la renaissance, son animal symbolique, la chauve-souris, sort d'une fissure. Le héros saute enfin vers le dernier rebord et parvient à atteindre l’autre côté. La liberté est acquise et il pourra ensuite délivrer sa cité de ses ennemis.

Il faut donc que l’Europe se lève puis se relève afin de renaître. Comme le dirait Rocky Balboa, « se relever et continuer à avancer. » Ceux qui aspirent à une Europe brillante, authentiquement européenne, sont encore dans cette prison avec le reste de leur peuple. Ils doivent s’en extraire et ensuite pouvoir en extraire les autres. C’est par une foi d’acier dans la victoire et dans son destin que l’Europe pourra résister à ce siècle nouveau qui semble la condamner à une lente agonie. C’est en ayant cette certitude à l’esprit que chaque européen doit se lever le matin, qu’il travaille ou qu’il soit au chômage, qu’il soit jeune ou vieux, homme ou femme, bourgeois ou prolétaire. Il doit se souvenir qu’il est l’héritier d’un noble lignage qui l’honore et qui l’oblige.

Que l’Europe se relève enfin et accomplisse le destin pour lequel elle a été forgée. Il y a urgence. Rien n’est encore perdu. Même si c’est un immense mur qu’il faut escalader. Laissons le siècle de 1914 évoqué par Dominique Venner derrière nous, mais aussi le XIXème siècle et ses divisions mortifères.

Europe, réveille-toi et relève-toi. Europe, awake and arise !

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

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