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18/09/2016

Pourquoi Marine Le Pen va-t-elle perdre les élections présidentielles

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1. L’état du parti.

Il ne suffit pas de s’auto-désigner « parti de gouvernement » pour en posséder les caractéristiques principales. Une tête sans corps n’est pas en mesure de devenir crédible aux yeux du plus grand nombre. Le FN n’aurait qu’environ 42.000 adhérents et très peu d’intellectuels en son sein. La direction du parti se résume à une poignée de personnalités, dont la nièce et le compagnon de la présidente en exercice. Seule autre figure du parti, l’énarque Florian Philippot, qui est très loin de faire le consensus. Difficile dans ces conditions de pouvoir envisager de gouverner. Quant aux candidats aux législatives, malgré la volonté de Jean-Lin Lacapelle d’organiser leur casting, les notables se font rares. Difficile également d’espérer gagner les élections législatives par le biais de candidats sans aucune implantation locale, et même d’obtenir 60 députés.

Envisager une victoire aux élections présidentielles, qui serait alors nécessairement suivie d’une absence totale de majorité à l’assemblée, présente un intérêt politique limité. La France est un régime mixte, semi-présidentiel et semi-parlementaire. Le choix du FN, sous Jean-Marie Le Pen et sous Marine Le Pen, de tout envisager sous le seul angle de cette élection, « mère des batailles », en négligeant les législatives, perdure donc.

2. Les choix stratégiques du nouveau FN.

L’objectif de Marine Le Pen est de dépasser les 50,1% aux élections présidentielles à l’issue du second tour. Prenant pour argent comptant les sondages favorables qui l’y placent dans tous les cas, avec entre 25% et 32% des voix au premier tour, mais à huit mois de l’élection, elle se positionne dès maintenant en candidate du second tour. Elle agit ainsi comme Lionel Jospin en 2002 qui s’imaginait en duel face à Jacques Chirac bien avant que l’élection n’ait lieu. On se souvient de la sévère déconvenue qui suivit et de cette humiliation qui l’amena à la retraite politique. Ce faisant, elle ne cherche pas à rassembler son camp, qu’elle estime acquis.

Sa démarche est donc d’augmenter son capital sympathie dans tous les milieux politiques, en faisant concession sur concession sur le fond du discours, et notamment en engageant une stratégie de communication ciblant les banlieues et les immigrés. Elle imagine ainsi regrouper sous son nom partisans d’une inversion des flux migratoires et partisans d’une vision multiculturaliste de la France. C’est négliger le fait que les électeurs issus des banlieues votent massivement pour le PS, qui tient le discours qu’ils veulent entendre, et qui verse depuis des années de précieuses subventions.

En prenant le risque de s’adresser à des nouveaux électorats aux thématiques incompatibles avec celles des électeurs traditionnels du FN, elle lâche la proie pour l’ombre. Elle n’y gagnera aucun nouvel électeur mais perdra une partie du vote identitaire dont elle bénéficie, ce dernier se tournant alors vers Sarkozy, malgré la déception post-2007, ou vers le vote blanc ou l’abstention.

Sa démarche « Banlieues Patriotes » rappelle la stratégie d’Alain Soral auprès de Jean-Marie Le Pen en 2007 et ce n’est pas un hasard si elle a choisi l’ancien soralien David Rachline comme directeur de campagne pour les élections présidentielles. On se souviendra que c’est en 2007 que Jean-Marie Le Pen fit le plus mauvais score de sa carrière.

3. Marine Le Pen n’est pas un Bruno Mégret au féminin.

Beaucoup d’analystes considèrent que la stratégie de Marine Le Pen est proche de celle engagée par Bruno Mégret au sein du FN avant son départ en 1998. C’est une erreur pour deux raisons.

La première est que Marine Le Pen choisit, sous l’influence de Florian Philippot, une ligne « ni droite ni gauche », qui s’inspire peut-être aussi du slogan que Samuel Maréchal, son ancien beau-frère, dont elle disait en 1998 admirer la ligne politique, avait introduit, alors que Bruno Mégret a toujours choisi l’ouverture à droite. Pour lui, il s’agissait pour le FN de représenter 30% des voix et de rallier ensuite autour de lui les autres droites. C’est une stratégie à la Weimar dans laquelle l’élection législative jouait un rôle essentiel.

La seconde était que sa démarche consistait à conserver un fond radical, sans aucun renoncement majeur, mais de travailler sur la forme, en rejetant les thématiques diabolisantes et les comportements destinés à effrayer les électeurs. Sa rupture avec Jean-Marie Le Pen était de méthode. Or Marine Le Pen choisit au contraire, au nom d’une forme adoucie, d’amener son parti à un fond adouci, perdant alors son côté protestataire qui fit le succès de son parti.

4. Pourtant Marine Le Pen ne s’effondrera pas.

Il est probable qu’elle ne réalisera pas le score que lui annoncent les instituts de sondage pour toutes les raisons évoquées plus haut. Mais elle ne s’effondrera pas non plus. Car ils sont nombreux ceux qui ont intérêt à ce que le FN continue d’exister à un haut niveau. En effet, le vote protestataire doit bien pouvoir s’exprimer dans les urnes, car sinon il s’exprimera d’une autre manière, non contrôlée, et le FN bénéficie depuis longtemps de ses faveurs, grâce notamment aux fameux dérapages de Jean-Marie Le Pen.

A chaque fois d’ailleurs que Marine Le Pen veut s’en distancer, au point d’avoir exclu le président-fondateur il y a un an, elle y est ramenée par les media. Et le moindre dérapage léger est mis en exergue, comme pour se rassurer d’avoir toujours le « diable de la république » en face de soi. Ceux-ci lui prêtent donc un programme caché (crypto-programme) apparenté à une forme d’épuration ethnique dont seraient les victimes les populations issues des flux migratoires extra-européens.

En conséquence, les électeurs animés par un souci identitaire, et qui ne sont pas séduits par ses diatribes contre l’euro et contre l’UE, continueront pour une bonne part de voter pour elle par défaut. Il est difficile d’imaginer qu’elle puisse tomber en-dessous de 20% des voix.

Quant au second tour, il sera dévastateur, même si par le plus grand des miracles elle était opposée à François Hollande. Et en supposant qu’elle puisse gagner malgré tout, car la politologie n’est pas une science exacte, elle n’aura jamais une majorité à l’assemblée et ne pourra donc pas gouverner. Bien plus qu’avec Sarkozy après son élection de 2007, elle décevra et son parti ne paraît pas armé pour être en capacité de résister à cette déception qui suivra.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

Commentaires

Analyse intéressante mais,
hollande a la majorité à l'assemblée nationale mais n'a pas le senat pour valider,
Ça ne l'empêche pas de nous pourrir la vie

Écrit par : Thibault | 01/10/2016

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Hollande ne cherche pas à modifier la constitution de manière décisive et il est beaucoup plus facile de détruire que de bâtir de toute façon. Sans rien faire, le président actuel fait s'effondrer le pays par le "modèle" qu'il incarne.

Écrit par : Thomas FERRIER | 02/10/2016

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Conseil de lecture, à propos d'une élection autrement importante. Le seul tort de ce contributeur est d'exclure la Russie de l'Europe politique et nationale :

"Le nationalisme français - pas comme celui du Front national qui est naturellement irrationnel - mais un nationalisme européen, dans le sens d’une Union européenne comme puissance mondiale unie, qui protège l’intérêt de ses plus d’un demi-milliard d’habitants, semble plus que pertinent. Trump n’est objectivement pas le plus compétent en matière de diplomatie, et son approche économique n’est probablement pas volontaire car elle ne suit pas un raisonnement cohérent, mais les concepts de protectionisme et de nationalisme ne sont pas mauvais pour autant tant qu’ils relèvent d’une grande échelle (Etats-Unis, Union européenne, Russie, Chine), le monde de demain n’étant objectivement pas celui de la mondialisation mais de la coopération de grands ensembles régionaux, autrement plus cohérente sur le plan environnemental et culturel."

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-dirigeants-europeens-souhaitent-en-secret-election-donald-trump-matthew-karnitschnig-michael-lambert-2873656.html/page/0/2?utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Twitter&utm_term=Autofeed

Écrit par : anton cusa | 08/11/2016

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La france est devenue une décharge à ciel ouvert.la justice est au service du nouvel ordre mondial :le complot/le chaos (ce ne sont plus des theories).l'outil de destruction?:Les muslims ,que notre justice protège .la destruction de la classe moyenne qui ne sert plus le système. Les intellectuels islamo-gauchistes-ecolos qui ne pensent qu'a se faire sodomiser par des muslims.l'echec de l'europe ,la fin de la laïcité détruite par les muslims et le n.w.ô par cette gauche qui s'en félicitait alors qu'elle ne cessait de défendre les muslims qui detruisent la laicite.l'immigration massive permettant de fortement réduire le coût du travail.l'aculturation par la base scato uro de type Cyrille hanouna .la France patrie de la paix(je cite):le terroriste francais qui attaque le world trade center : belle image de la france !:france terre d'écueil? Charles traînée qui permet au groupe muslim carte de séjour de chanter douce france.triste pays bientôt dirige par la charia.si une guerre éclate je déserte ce pays qui ne semble plus être le mien .avant de demander ce que la france fait pour toi qu'as tu fait pour la france? Pas grand chose car ce pays ne motive plus:vive marine trump...
Ce sera tout aussi bien que el konerie (encore un nom bien francais à kouchner dehors)la loi de gauche qui a détruite les avancées sociales du front de gauche!si je fute muslim , Gisèle halimi serait mon avocat,si je fute muslim ma voiture serait une panamera ,la vente de sucre en poudre serait ma profession.jaure du hêtre frire muslim choyé suce parla france,Pétain de pays.

Écrit par : serguei chostacowitch | 15/02/2017

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Il est sûr que l'état du pays est plus que calamiteux. La caste politique est lamentable et je ne trouve aucun candidat digne de confiance. Mais il ne faut jamais désespérer.

Écrit par : Thomas FERRIER | 15/02/2017

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