Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/01/2016

L'idole déchue. A propos de la déchéance de nationalité

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/01/02/1498962716.png

AGMA_Ostrakon_Thémistocle_2.jpgDepuis une bonne semaine, François Hollande n'est plus l'idole des médias, le chouchou de la franc-maçonnerie. Dernier exemple en date, à l'émission "c'est dans l'air" de ce vendredi 1er janvier, c'est Roland Cayrol qui s'est montré le plus critique envers le président, le traitant de prétentieux pour s'être dit "fier des français".

Que s'est-il passé? Simplement François Hollande a confirmé son projet constitutionnel, ouvrant la déchéance de nationalité à des binationaux, y compris ceux nés en France, condamnés définitivement pour des actes de terrorisme. Son premier ministre Manuel Valls a même ajouté qu'il irait jusqu'au bout. Car faire autrement eût été difficile, alors que le projet avait été solennellement présenté devant les deux chambres réunies à Versailles.

Simplement la cohorte des journalistes flatteurs n'a pas réussi à prendre le troisième virage qu'on lui imposait. Elle avait manifesté beaucoup de zèle pour expliquer une mesure qui allait contre les déclarations de son promoteur sur le sujet quand il s'opposait à Nicolas Sarkozy, louant l'habileté politique d'une manoeuvre qui allait asphyxier la droite et qui allait réunir tout le peuple derrière le président. Ensuite, lorsqu'il apparaissait que l'idée serait abandonnée, cette même cohorte avait manifesté autant de zèle pour louer la clairvoyance d'un socialiste soucieux des équilibres.

Si le troisième virage était si difficile à prendre, c'est que le virage précédent --- le virage implicite de l'abandon du projet --- ramenait la majorité dite socialiste sur son terrain idéologique coutumier.

Voyons de plus près le sens de cette déchéance. Ce n'est pas son efficacité qui est en jeu. Elle ne sera guère applicable qu'à des terroristes qui auraient manqué leur action suicidaire et après des années de procès. Autrement dit elle ne sera peut-être même jamais appliquée. C'est le symbole qui est en cause. Or quel est ce symbole?

Bien sûr, aux yeux de certains qui comme Hervé Mariton prônent le droit du sang, la nationalité française ne signifie plus grand chose. Dans ces conditions, débattre de sa déchéance présente peu d'intérêt. Cependant il a été dit un certain nombre de choses justes de la part des adversaires de cette mesure.

Elle allait diviser les français; elle portait un coup de canif au processus de naturalisation par le "sol". Il se trouve que ce n'est pas faux, même si les arguments pour arriver à cette conclusion n'ont jamais été avancés.

Quel est le profil d'un binational né en France? C'est quelqu'un qui était déjà porteur d'une nationalité héritée. On lui a conféré, de par sa naissance sur le sol français, une nationalité qu'il n'aura jamais eu à demander et pour laquelle on n'a pas cherché à savoir si elle avait sa préférence. Peut-être va-t-il jusqu'à la mépriser, la honnir. Quelles que soient les bonnes raisons - comme la réponse à des actes de guerre contre le pays lui ayant donné un passeport - de prononcer la déchéance de nationalité, ce sera une façon de reconnaître que la nationalité française a été donnée bien à la légère dans ce cas.

Celui qui ne dispose que de la nationalité française peut être un ennemi de France tout aussi résolu. Qu'il soit français depuis plusieurs générations ou qu'il ait hérité sa nationalité de quelqu'un en faisant peu de cas, c'est - dans les circonstances actuelles - à l'état français de le juger et le punir comme un traitre. Le binational déchu sera peut-être mieux traité, puisqu'il pourra être considéré comme un simple ennemi.

Autrement dit, la mesure projetée ne discrimine-t-elle pas négativement une partie de la population, au contraire. Elle lève le voile sur le caractère éminemment discutable d'un processus d'acquisition de la nationalité, que nos prétendues élites politico-médiatiques classent parmi leurs "valeurs".  C'est cela qui est intolérable et qui justifie qu'on se batte jusqu'au bout contre un projet qu'un politicien cynique a concocté en croyant améliorer son image.

Pierre EISNER (PSUNE/LBTF)

19:53 Publié dans Analyses, Communiqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déchéance, nationalité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les commentaires sont fermés.