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31/10/2012

Elections ukrainiennes 2012, une victoire en demi-teinte pour Yanoukovitch.

emblem.gifAprès deux jours, depuis la publication des premières estimations, les résultats définitifs des élections législatives ukrainiennes qui se sont déroulées dimanche dernier ne sont toujours pas officiellement connus. Néanmoins, les grandes tendances sont connues et petit à petit les scores s’affinent.

A 97% des suffrages, l’ordre des partis politiques ne devrait pas changer. Le « Parti des Régions » du président en exercice est premier avec un peu plus de 30% des voix environ, dépassant le parti « Patrie » de Ioulia Timochenko, actuellement en prison, qui obtient néanmoins environ 25,5% des voix. L’ancien sportif Vitaliy Klitchek, à la tête de l’Alliance Démocratique Ukrainienne pour la Réforme (UDAR), obtient un score très honorable avec près de 14% des voix, devançant les communistes ukrainiens, alliés du gouvernement PR, qui obtiennent moins de 13,3% des voix.

Enfin, la grande surprise du scrutin est le score élevé du parti nationaliste « Liberté » (Svoboda), allié du FN français et à la fois eurosceptique et atlantiste. Ce mouvement, issu à l’origine d’une formation radicale, le Parti Social-National d’Ukraine, et dont le symbole était la rune du loup, mais devenu depuis l’Union Pan-ukrainienne « Liberté », et dont le logo est désormais une main à trois doigts, façon stylisé de représenter l’emblème du pays, était annoncé au mieux à 6% des voix dans les sondages. Il obtient au final près de 10,5% des voix et réussit ainsi à faire rentrer 35 députés au parlement.

Enfin, le parti "Notre Ukraine" de l'ancien président Ioutchenko connaît une sévère déconvenue avec un score de 1,1% environ, tout comme le mouvement de Nataliy Korolevski "Ukraine, en avant", qui n'obtient que 1,6% des voix. Les autres partis en lisse demeurent à un niveau insignifiant, à l'instar de l'Assemblée Nationale Ukrainienne (c'est à dire l'UNA), mouvement nationaliste historique, qui obtient 0,08% et a été complètement phagocyté par Svoboda.

En nombre de sièges, le Parti des Régions et son allié communiste obtiendraient 223 sièges sur 450, mais devraient pouvoir gouverner avec le renfort d’élus indépendants et/ou sans étiquette. L’opposition démocratique obtient en revanche 177 sièges. Les indépendants et sans étiquette sont enfin 43. Ils auront un rôle décisif, de même que les deux élus du Parti du Peuple, pour offrir à Yanoukovitch la majorité à l’assemblée.

Même si l’opposition dénonce des manœuvres électorales et des fraudes dans la partie est du pays, le score du Parti des Régions n’est pas surprenant. Il matérialise l’opposition de fond entre l’ouest et l’est du pays. En Crimée et dans les régions les plus proches de la Russie, « régionaux » et communistes obtiennent jusqu’à 80% des voix. Dans l’ouest et le centre, c’est en revanche le parti de Timochenko qui s’impose, mais avec un score moins brillant. Enfin, à l’ouest, sauf exception, Svoboda est le premier ou le deuxième parti, avec une pointe à 38% dans la région de Lvov, et il est également premier parmi le vote des ukrainiens de l’étranger (23,7%). Plus faible au centre du pays, il obtient néanmoins plus de 17% des voix à Kiev, en raison de l’immigration extra-européenne naissante dans la capitale et qui irrite de nombreux électeurs.

Si la capitale Kiev et la ville la plus occidentale Lvov représentent l’opposition démocratique et/ou nationaliste au président, Kharkov, Donetsk, Odessa ou Dniepropetrovsk sont largement favorables à ce dernier. Il est toutefois indéniable que dans ces régions, le PR a un contrôle important de la population et on peut penser que ses scores là bas résultent d’une contrainte beaucoup plus forte. En outre, le PR obtient plus de 20% des voix à Kiev, et bénéficie donc d’une meilleure répartition territoriale que ses adversaires. Sa victoire est donc logique.

Toutefois, en pourcentage, l’opposition devance le Parti des Régions, qui bénéficie de l’élection par un autre mode de scrutin de la moitié des députés. Sans cela, il aurait été clairement battu. On ne peut donc pas considérer ce vote comme une victoire personnelle. Il faut aussi convenir du fait que Timochenko n’est pas si populaire, même si son sort en détention inquiète à juste titre les chancelleries occidentales.

Enfin, la crise géopolitique de l’Ukraine continue, tiraillé entre un Ukraine indépendant et eurotrope, mais aussi malheureusement russophobe, à l’ouest, et un Ukraine russotrope à l’est et au sud, rassurant son partenaire oriental quant à la pérennité de la base russe de Sébastopol.

En vérité, l’Ukraine est prise entre deux feux, alors qu’il lui faudrait concilier à la fois l’amitié avec la Russie mais aussi avec le reste de l’Europe, et défendre la réconciliation entre les deux en représentant un pont diplomatique. L’Ukraine cessera cette division politique et géographique mortifère si l’UE sait s’émanciper de la tutelle américaine et s’allier d’une manière franche et fraternelle avec la Russie pour forger l’Europe puissante de demain.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

28/10/2012

Face à l'extrême-droite !


Contre l'extrême-droite, 17 oct. 2012 par PSUNE-NEUSP

21/10/2012

Ich stimme Merkel !

bundestag_(german_parliament).jpgQuand je dis que je vote Merkel, il faut comprendre que ma déclaration est purement métaphorique. En effet je ne suis pas citoyen allemand et je n’ai pas de dérogation spéciale me permettant de participer aux élections allemandes. De plus je pourrais aussi bien dire que j’ai voté Schröder. Par ailleurs je n’ai pas de sympathie particulière pour Angela Merkel. Je préfère son bras droit Wolfgang Schäuble. Pour finir, la politique allemande ne m’enthousiasme pas plus que cela. Dans le passé, l’égoïsme allemand, parfaitement personnifié par Die Grünen, a été responsable des conflits en ex-Yougoslavie. Aujourd’hui il est le grand responsable du déséquilibre énergétique en Europe, du renoncement aux promesses sur le climat.

Si je dis que je vote Merkel, c’est parce que la chancelière cherche à faire avancer l’intégration européenne et parce que le parlement allemand joue pleinement son rôle. Je me sens mieux représenté par les députés allemands que par leurs homologues français. Grâce à eux, je participe, par procuration, au contrôle démocratique de l’Europe, contrôle que le club des dirigeants des Etats membres est incapable d’exercer. C’est un peu comme lorsque les agents de la fonction publique font grève pour le compte des travailleurs du privé. C’est très insuffisant, mais c’est mieux que rien.

La télévision nous a passé récemment des images du rapprochement franco-allemand initié par le général de Gaulle. On y voit le général s’adresser à notre ancien ennemi, dans sa langue, avec une chaleur et un naturel qui tranchent avec les quelques mots hachés sortis de la bouche d’un ridicule François Hollande. On y voit surtout la ferveur de la réaction à ses propos. Des panneaux portent l’inscription Ein Bundestag für Europa. C’est exactement ce que je souhaite: un vrai Bundestag à la tête de l’Europe, pas un parlement de planqués et fiers de l’être, tous europhobes par ailleurs.

La préparation du prochain sommet bruxellois montre pour une fois clairement les divergences abyssales entre Hollande et Merkel et je suis meurtri d’être représenté, comme le citoyen français que je suis en attendant que se réalise le rêve européen, par celui qui nous gouverne.

Ce que Wolfgang Schäuble propose n’est rien de moins qu’un ministre des Finances de fait pour la zone €uro, avec des pouvoirs étendus et notamment la possibilité de retoquer les budgets nationaux, de demander des « améliorations » comme on dit. L’Allemagne voudrait que cette intégration budgétaire soit mise en place dès 2013. Forte de cette avancée, l’Europe, c’est-à-dire d’abord l’Allemagne, pourrait exercer utilement sa solidarité avec les états de l’Union qui connaissent des problèmes. La visite d’Angela Merkel à Athènes prouve sa sincérité.

Il est bien clair que François Hollande, qui tient à faire semblant de gouverner alors que son navire n’a pas de barre à bord et qui tient surtout à rassurer ses troupes en dépensant toujours plus en faveur d'un assistanat improductif et d'une aide somptuaire à quelques amis, ne peut l’accepter. Il demande tout de suite une mutualisation partielle de la dette sous la forme d’€uro-obligations. Quant aux réformes de fond, ce ne sera qu’après 2014, quand la crise sera terminée … Bref il renvoie tout cela aux calendes grecques, sans mauvais jeu de mots. Autrement dit, il demande de mettre en commun le remboursement sans mettre en commun la décision de la dépense. Ce faisant, il se fait le porte-drapeau du laxisme. Contrairement à ce qu’on dit, il ne porte pas les aspirations des pays du Sud : l’Italie et l’Espagne font de réelles réformes structurelles qui justifient qu’on cherche à les aider, pas la France.

Evidemment l’Allemagne, quel que soit le vainqueur des prochaines élections, n’acceptera jamais de suivre Hollande. D’ailleurs la mise en place des fameux eurobonds y nécessiterait une réforme de la constitution.

L’Allemagne a donc fait un pas vers l’Europe. La France, par la voix de son président, lui renvoie une fin de non-recevoir, comme elle l’a déjà fait par deux fois. Alain Minc a raison de dire qu’une quatrième fois ne se présentera pas.

Cette responsabilité historique se double d’une autre, celle de voir l’Europe sombrer de nouveau dans la crise. « Elle est finie », dit notre "président". Il aurait presque raison s’il voulait bien répondre positivement à l’Allemagne, au moins la prendre au mot sur ses propositions. A défaut, il fait tout ce qu’il faut pour que la crise ignorée perdure, jusqu’à la catastrophe.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un accord entre Européens a pu être arraché à propos des banques. Il s’agissait d’une part de mettre en place une assistance aux banques en difficulté et d’autre part d’instaurer une supervision bancaire par la Banque centrale européenne. Evidemment, François Hollande s’intéressait d’abord à la première partie et c’est la raison pour laquelle il tenait à accélérer le processus. A l’inverse, Angela Merkel n’était pas disposée à financer sans garantie. De plus, elle aurait voulu que la supervision des budgets soit abordée en même temps. Il s’en est suivi une querelle de calendrier. Cette dernière a été résolue par un compromis dont le détail importe peu. La seule chose à retenir, sur laquelle l’Allemagne ne pouvait pas reculer, est que l’assistance ne pourra être opérée qu’une fois la supervision installée, c’est-à-dire pas tout de suite. Par ailleurs l’assistance ne sera que partielle, faute d’avoir voulu parler des budgets. Le journal L’expansion ne se trompe pas quand il dit que Madame Merkel, soucieuse de ne pas paraître trop généreuse avant les élections de septembre prochain, est sortie gagnante du bras de fer.

Sur cette question comme sur les autres, étant donné que c’est l’Allemagne seule qui dispose du pouvoir d’assistance, pourquoi Hollande s’obstine-t-il en permanence à tenter de faire avaliser une attitude de laxisme à l’état pur, au risque de retarder sinon d’hypothéquer le relèvement de l’Europe, juste pour le petit plaisir d’avoir fait reconnaître son propre rôle ? Jusqu’où cette gloriole misérable nous conduira-t-elle ?

Peter Eisner (LBTF/PSUNE)

Hollande/Le Pen, même combat


Hollande Le Pen, même combat - 17 oct 2012 par PSUNE-NEUSP

16/10/2012

Résultats définitifs des élections législatives lituaniennes

Darbo Partija: 19,84% et 17 sièges

Lietuvos Socialdemokratu Partija: 18,38% et 15 sièges

Tevynes Sajunga: 15,06% et 13 sièges

Lietuvas Respublikos Liberalu Sajudis: 8,57% et 7 sièges

Drasos Kelias: 7,98% et 7 sièges

Partija Tvarka ir Teisingumas: 7,31% et 6 sièges

Lietuvos Lenku Rinkimu Akcija: 5,83% et 5 sièges

Lietuvos Valstieciu ir Zaliuju Sajunga: 3,88%

Liberalu ir Centro Sajunga: 2,06%

Politine Partija "Sajunga Taip": 1,76%

Socialistinis Liaudies Frontas: 1,21%

Krisconiu Partija: 1,2%

Nacionalinis Susivienijimas "Uz Lietuva Lietuvoje": 0,94%

Respublikonu Partija (eurosceptiques): 0,27% 

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15/10/2012

Elections législatives en Lituanie. MISE AU POINT

A 97% du dépouillement (à 13h20), le Parti du Travail (gauche) n’obtiendrait que 19,98% des voix et 17 sièges. Le parti social-démocrate, avec 18,46% et 16 sièges, le suit. Réunis, ces deux partis ne disposent que de 33 sièges sur 70, et ratent ainsi la majorité absolue. Ils devront donc nécessairement s’allier à une troisième formation qui en l’état ne saurait être que le parti représentant la communauté polonaise (Lietuvos Lenku Rinkimu Akcija), qui a obtenu 5,85% des voix et 5 sièges.

La coalition de droite libérale et conservatrice échoue à se maintenir au pouvoir et est même durement sanctionnée par les électeurs lituaniens. Le Tevynes Sajunga (Union de la Patrie) au pouvoir, avec 14,90% des voix et 12 députés, s’effondre. Son allié libéral, le LRLS, avec 8,43% des voix et 7 sièges, connaît une déconvenue analogue.

Autre grand vainqueur de ce scrutin, la formation eurosceptique et nationaliste modérée Tvarka i Teisingumas (Ordre et Justice), qui avec 7,41% et 6 sièges. Enfin, le mouvement libéral Drasos Kelias (« La Voie du Courage »), avec 7,91% et 7 sièges ferme la boucle.

La droite réunie, en incluant les souverainistes, obtient toutefois 32 sièges, ce qui n’est pas très éloigné du nombre de sièges de la gauche, mais il paraît peu vraisemblable que la minorité polonaise s’associe à elle.

Les extrêmes échouent à peser dans ce scrutin. Le Front Socialiste de Gauche (Socialistinis Liaudies Frontas), tendance « Mélenchon », n’obtient que 1,2% des voix, alors que l’Alliance Nationale (Nacionalinis Susivienijimas) se contente de 0,93% des voix. Enfin, les agrariens du parti paysan, le LVZS, avec 3,93% des voix, n’atteignant pas la barre fatidique de 5%, se retrouve sans représentants.

Un référendum sur l’ouverture d’une nouvelle centrale nucléaire avait lieu le même jour. Contrairement à l’information que j’avais préalablement indiquée, 62% des électeurs lituaniens ont refusé la construction de cette centrale. L’action des écologistes et autres défenseurs de l’environnement a été payante. Le lobby anti-nucléaire a su convaincre un pays à la surface géographique limitée que les risques ne valaient pas la chandelle. L’avenir dira si la dépendance énergétique de la Lituanie vis-à-vis de la Russie aura été le bon choix en matière de coût de l’énergie.

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14/10/2012

Chroniques européennes du 14 octobre 2012

LITUANIE

Ce 14 octobre 2012, les électeurs lituaniens votaient pour élire leur nouveau parlement (la seimas) et les sondages annonçaient une victoire de la coalition de gauche sur la droite sortante, incarnée notamment par les démocrates chrétiens de l’Union de la Patrie (Tevynes Sajunga).

Selon les sondages sortis des urnes, en attendant les résultats définitifs au cours de la nuit, les travaillistes (Darbo partija) avec 19,8% constitueraient le premier parti du pays, devant leurs alliés sociaux-démocrates (LSDP), qui auraient obtenu 17,8% des voix. La droite libérale et conservatrice est largement perdante, puisque les démocrates chrétiens (TS-LKS) n’obtiennent que 16,7% des voix, les libéraux républicains (LRLS) 8,5%. Le parti néo-libéral « La voie du courage » (Drasos kelias) créent la surprise en obtenant plus de 8,5% des voix. D’autres formations de droite libérale et/ou conservatrice ferment la marche avec 3% pour le LiCS (« libéraux centristes »), 4,7% pour les agrariens du LVZS et enfin 1,3% pour une petite formation démocrate chrétienne du nom de « Sajunga Taip ».

L’extrême-gauche, incarnée par le Front Socialiste du Peuple (Socialistinis Liaudies Frontas), correspondant à peu près au Front de Gauche français, avec 1,2% des voix, échoue à représenter une force politique significative.

Les différents mouvements souverainistes et/ou nationalistes connaissent un succès mitigé. « Ordre et Justice » (PTiT), un mouvement eurosceptique et conservateur, obtient le score estimable de 8,4% des voix. En revanche, les nationalistes de l’Alliance Nationale (Nacionalinis Susivienijimas « Uz Lietuva Lietuvoje ») échouent dans leur tentative unitaire, n’obtenant que 1,2% des voix, souffrant principalement d’un phénomène de vote utile en faveur d’ « Ordre et Justice », de même que le Parti des Républicains (Respublikonu partija), petit mouvement souverainiste, qui n’obtient que 0,4% des voix. Enfin la minorité polonaise, avec 4,8% des voix, rassemble son camp.

Dans un contexte de crise économique, les électeurs ont voulu sanctionner le pouvoir en place en offrant le pouvoir à une coalition de gauche modérée. Alors que les écologistes allemands ont pu obtenir du gouvernement Merkel l’arrêt du nucléaire, lors d’un référendum qui a eu lieu ce même jour, les électeurs ont choisi de soutenir l’industrie nucléaire.

BELGIQUE

Des élections locales se déroulaient également en Belgique, dans un contexte particulier, à savoir la montée prévisible du parti indépendantiste flamand NVA, dirigé par Bart De Wever, historien connu pour avoir réussi à perdre près de soixante kilos en quelques mois. Il était candidat à la mairie d’Anvers, ville connue pour avoir été l’un des fiefs historiques du Vlaams Belang, parti nationaliste flamand anti-immigration. C’est à Anvers en effet que Filip Dewinter avait fait ses meilleurs scores. En 2006, il obtenait même 33,5% des voix.

Bart De Wever a réussi son pari. Il obtient plus de 37% des voix, loin devant le candidat socialiste sortant Patrick Janssens, qui passe sous la barre des 30% (29,1% précisément). Il est vrai qu’il a été gêné par une dissidence de gauche, le candidat du PVDA social-démocrate obtenant 8,2% environ. Ces voix manquantes expliquent à elles seules l’échec du PS. Le Vlaams Belang est également le grand vaincu de cette soirée, puisqu’il n’obtient que 9,9%, soit une perte sèche de près de 24 points. Cette chute considérable, que Filip Dewinter expliquait par un scrutin marqué par une forte dichotomie entre le NVA et le PS, n’est pas spécifique à Anvers, même si elle y est très importante. Le VB perd 9% à Ostende, 11% à Bruges, 11,5% à Gand, 8% à Louvain, 5% à Tongres. Enfin, si les Verts (Groen) progressent (8,1%), le mouvement libéral Open VLD perd quatre points (avec 5,7% des voix).

La gauche socialiste domine en revanche nettement les élections municipales à Bruxelles même, mais aussi à Charleroi, à Mons, à Tournai, et à Liège, avec des scores en progression significative. Seule Namur, parmi les grandes villes de Wallonie, échappe au PS en faveur de CDH.

La droite nationale wallonne, fortement affaiblie par l’interdiction des « fronts nationaux » sous la pression de Marine Le Pen, qui a bénéficié de l’étrange bienveillance de la justice belge en sa faveur, s’est effondrée. A Charleroi, elle obtient toutes chapelles confondues 4,4% des voix (Nation : 0,87%, RW : 0,74%, Wallonie d’abord : 0,67%, FNW : 2,21%) et 2,4% à Namur (Wallonie d’abord).

Les élections municipales belges ont ainsi confirmé à la fois la nette progression du NVA et le renforcement en Wallonie du PS, accentuant le clivage social et politique entre les deux entités. En revanche, l’extrême-droite sort extrêmement affaiblie, le Vlaams Belang reculant considérablement, et les nationalistes wallons disparaissant presque complètement du terrain électoral.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

21:58 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/10/2012

Abu Hamza, symbole de la permissivité maladive de l’Europe

Hamza.jpgAprès huit ans de procédure, le « citoyen britannique » Abu Hamza a enfin été envoyé aux Etats-Unis pour y être jugé. Abu Hamza, cet égyptien naturalisé britannique par on ne sait quel délire, était bien connu comme prêcheur de haine dans ce qu’il est convenu d’appeler le « Londonistan ». Ce n’est qu’avec les évènements du 11 septembre 2001 que la presse commence à s’intéresser à ce sinistre personnage, puisque ce dernier a approuvé l’action des islamistes.

Son cas est intéressant car il représente bien la permissivité de l’Europe, et le Royaume-Uni, membre un peu à part au sein de l’Union Européenne, et référence des souverainistes, n’échappe pas du tout à la règle. Cet islamiste, qui prônait l’instauration de la sharia en Grande-Bretagne, est même devenu citoyen britannique, une « citoyenneté » qu’il décrivait de manière très objective comme, je cite, une « identité superficielle », une commodité lui permettant de voyager, et qu’il réduisait à des simples « papiers » bien utiles.

Alors que les sociétés démocratiques anciennes, et les sociétés européennes modernes jusqu’il y a quelques décennies, étaient économes en naturalisation, considérant cette dernière comme un acte exceptionnel, elles ont depuis largement ouvert les vannes des naturalisations de masse, offrant sa nationalité à n’importe qui. En France 120.000 personnes par an en moyenne sont naturalisées pour des motifs les plus variés mais se résumant généralement à un temps de présence « suffisant » sur notre territoire. Le PS, à peine en place depuis quelques mois, a d’ailleurs à nouveau assoupli les règles de naturalisation, la droite ayant introduit quelques légers freins par le biais d’un questionnaire de culture générale sur notre pays. Il faut dire que cela lui procure des électeurs supplémentaires, même si on naturalise des gens qui ne parlent même pas français, qui sont entrés illégalement sur notre territoire ou des musulmans fondamentalistes. Ce fut le cas au Royaume-Uni d’Abu Hamza.

Non content de cracher sur son pays d’adoption à chaque allocution, ce personnage n’a jamais manifesté la moindre compatibilité avec la civilisation européenne, qu’il méprise de toute son âme. Et pourtant, lorsque les Etats-Unis le réclament, il faut huit ans de procédure pour pouvoir enfin le faire partir de ce pays. Il a utilisé tous les recours possibles, nationaux et internationaux, en appelant même à la CEDH. Il faut toutefois noter que bien que « citoyen britannique », le gouvernement a pu au final l’extrader, preuve qu’il ne l’a jamais vraiment considéré comme tel d’ailleurs. On apprend par ailleurs par la presse britannique que la reine d’Angleterre elle-même était contrariée par la présence de cet extrémiste.

Parce que le droit est devenu fou, parce que les procédures de recours sont bien trop nombreuses et surtout accessibles à n’importe qui, la civilisation européenne n’est plus capable de se faire respecter sur son propre sol. Elle confère la nationalité des états à n’importe qui, elle donne des droits à des gens qui n’ont jamais rien fait pour les mériter. Il faut donc huit ans pour qu’un fanatique puisse être expulsé. Mais combien d’années ont en revanche été nécessaires pour le naturaliser ? Qui a pris cette décision ? Qui a signé le décret de naturalisation ?

Theresa May, le ministre conservateur de l’Intérieur, a déclaré que ce délai trop long était frustrant. Cela veut bien dire que, UE ou pas, l’Etat britannique n’est plus depuis longtemps un état souverain, et ce même si David Cameron lance une croisade aussi excessive qu’injuste contre le fédéralisme européen. Est-ce l’Union Européenne qui a fait naturaliser Abu Hamza ? Est-ce que l’Union Européenne qui a inventé la CEDH, née à Londres au sortir de la seconde guerre mondiale, CEDH qu’a utilisée Abu Hamza pour retarder pendant des années son extradition ?

Et même quand enfin le gouvernement britannique peut l’envoyer aux Etats-Unis, il le fait en exigeant des Américains qu’il n’envoie pas en détention Abu Hamza à Guantanamo et qu’il ne le condamne pas à la peine capitale. Le « Capitaine Crochet » a enfin quitté le navire de sa majesté mais visiblement le Royaume-Uni continue de le choyer au-delà de l’Atlantique.

Combien cette procédure a-t’elle coûté au contribuable britannique ? Et aux autres européens qui financent par leurs impôts la CEDH et autres institutions du même style, dont la tâche principale est de nous désarmer juridiquement contre des individus de ce genre ? Et qui se soucie des droits que les Européens devraient avoir sur leur sol ?

L’exemple d’Abu Hamza nous montre que l’Europe actuelle est enchaînée par les propres traités et conventions d’ordre juridique qu’elle a signée. Il faut que l’Europe s’unisse mais il faut aussi que l’Europe se refonde sur une base juridique plus saine, moins laxiste, moins permissive, et qui permette aux Européens de se faire respecter chez eux !

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

18:28 Publié dans Analyses, Editoriaux, Institutions européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

De la laïcité en politique...

flamines.jpgLe débat sur la laïcité est redevenu d’actualité depuis que Marine Le Pen s’en est emparé, ce qui lui est contesté notamment par la gauche. Lorsque « Marine » déclare que « nos valeurs républicaines sont issues de notre culture chrétienne », alors même qu’elle peut déclarer par ailleurs que la laïcité est une neutralité vis-à-vis des religions, exigeants des français de confession juive qu’ils renoncent à porter la kippa pour qu’elle puisse faire interdire le voile islamique, on lui reproche de « déguiser sa xénophobie en défense de la laïcité » (Renaud Dely). En liant laïcité et christianisme, Marine Le Pen défend implicitement le christianisme face à l’islam en s’appuyant sur la « République ».

En réalité, la laïcité n’est pas et n’a jamais été un traitement neutre et équitable entre toutes les religions. Ce n’est pas un hasard si Maurice Allard, député socialiste, et l’un des partisans les plus durs de la loi de 1905 sur l’Eglise et l’Etat, ne cachait pas son apologie implicite du paganisme issu de la tradition indo-européenne et rendait hommage à l’empereur Julien. La laïcité est la défense du peuple contre les clercs, mais surtout la défense des valeurs populaires contre les dogmes religieux. Le « laos » est en grec « le peuple », et la laïcité est stricto sensu « la chose du peuple », comme la république d’ailleurs (« res publica »).

La laïcité est donc la défense de la religion populaire, qui en Europe est un mélange de paganisme et de christianisme (fonds païen, forme chrétienne), une « double foi » (une dvoeverie en russe, terme désignant la synthèse de ces deux spiritualités). Il s’agit ni plus ni moins que d’affirmer les valeurs traditionnelles européennes, dans lesquelles la femme est considérée comme l’égale de l’homme (depuis Pénélope attendant le retour de son époux à Ithaque), dans lesquelles la nudité n’insulte pas la divinité, dans lesquelles les plaisirs de la vie ne sont pas diabolisés, dans lesquelles le sexe n’est pas synonyme d’impureté et dans lesquelles représenter la divinité n’est pas un blasphème mais un acte de piété.

En liant la laïcité au christianisme, Marine Le Pen se trompe complètement dans le sens qu’on peut accorder à cette notion positive. Mais elle se trompe encore davantage en reprenant le sens courant donné à ce terme par la fausse « gauche ». L’Etat n’a pas à être neutre et à traiter équitablement toutes les religions. L’Etat a comme mission de défendre le peuple, les valeurs et les conceptions du peuple.

Ce n’est pas à une laïcité chrétienne, augustinienne (« rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »), qu’il faut faire référence, pas plus qu’à une « laïcité » égalitariste moderne, mais bien à la laïcité européenne dans son authenticité, la laïcité antique, gréco-romaine. A Rome, les Juifs pouvaient porter la kippa et pratiquer la circoncision, par dérogation de la loi générale, afin de respecter les coutumes ancestrales de ce peuple, à partir du moment où celui-ci ne cherchait pas les imposer aux Romains. En revanche, ceux qui s’opposaient à la loi commune au nom des principes de leur religion, et qui ne pouvaient se prévaloir d’une clause d’exception, étaient condamnés.

Thomas FERRIER (LBTF/PSUNE)

Thomas FERRIER et le mythe de la christianisation pacifique


L'historien Thomas Ferrier à propos de la... par enquete-debat

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