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21/02/2010

Mythe n°5 : les Albanais sont musulmans et ne sont pas européens - par Thomas Ferrier

dita-e-veres-009.jpgParmi les mythes politiques qui ont la vie dure apparaît naturellement celui de la non-européanité des Albanais, considérés ainsi en raison de l'islamité relative de l'Albanie, d'une occupation ottomane plus longue que dans les autres pays balkaniques, l'Albanie ne devenant indépendante qu'en 1913 soit près d'un siècle après la Grèce et la Serbie, et enfin d'une tenace propagande albanophobe, qu'elle soit le fait de nationalistes italiens hostiles à l'immigration albanaise ou de nationalistes serbes opposés à l'indépendance du Kosovo albanophone. Briser ce mythe c'est avant tout rendre hommage au peuple albanais, libéré depuis un peu moins de vingt ans de la dictature communiste la plus sombre d'Europe. Mais c'est aussi, d'un point de vue eurocentré, insister sur le principe de réconciliation nécessaire entre tous les Européens.

  • 1. Premier sous-mythe: les Albanais et l'islam.

Il est de bon ton de considérer l'Albanie comme un pays musulman sous prétexte que, selon une statistique de 1930, 70% des Albanais seraient musulmans, partagés entre l'islam sunnite et un islam hétérodoxe, le bektashisme. Aujourd'hui, en 2009, les chiffres sont en apparence contradictoire, utilisés selon les intérêts de tel ou tel groupe politique. Ainsi, la CIA estime que 80% des Albanais seraient musulmans, alors qu'en revanche selon le WCE[1] 39% des Albanais seraient musulmans et 35% chrétiens. Enfin, le site Operation World annonce même une dominante chrétienne avec 42% des albanais contre environ 39% de musulmans. Selon enfin le mouvement albanais Vargmal (« chaîne de montagnes »), 75% des Albanais seraient plus ou moins athées ou sans religion définie, indiquant que selon un sondage pour 62% des Albanais la religion n'est pas importante alors que seulement 33% estiment le contraire (et 75% contre 20% chez les 15-24 ans).


De fait, l'Albanie est un pays religieusement très composite et selon l'adage d'un poète du pays, la religion principale du peuple est l'albanisme ou patriotisme albanais. Chaque enfant albanais connaît dès son plus jeune âge le nom du plus grand héros de l'histoire, Gjergi Kastrioti, surnommé Skanderbeg, c'est-à-dire le « chef Alexandre », par analogie avec Alexandre de Macédoine. Kastrioti a combattu au XVème siècle aux côtés de la résistance albanaise aux Ottomans. Converti à l'islam dans son jeune âge, et engagé dans l'armée ottomane, il se libère de ses chaînes, repasse par choix au catholicisme et s'engage à défendre son peuple. Il mourra invaincu. Le pape de l'époque l'avait surnommé l'athlète du Christ pour rendre hommage à sa vaillance. 

Les Albanais sont un peuple de résistants en matière de religion. On s'accorde même à penser qu'au début du XIème siècle une majorité d'albanais était parvenue à demeurer païenne, le catholicisme n'étant dominant que dans les villes et sur la côte. C'est à partir de 1650 que le peuple albanais, subissant une répression féroce de la part des autorités ottomanes, aurait commencé à se convertir à l'islam pour faire cesser les persécutions, et alors même qu'une partie importante de la noblesse, pour conserver ses terres, était passée à la religion de l'occupant. Certains supposés albanais, comme Mehmed Ali, auraient d'ailleurs connu une carrière brillante au sein de la Sublime Porte.

Chez les catholiques comme chez les musulmans albanais, la religion païenne ancestrale a résisté même grimée derrière différents masques. Tous parlent du dieu monothéiste en l'appelant du nom de Zoti, c'est-à-dire « Zeus », ou bien encore de Perëndi, terme désignant un dieu en général mais plus particulièrement le dieu de l'orage et de la guerre, la variante albanaise de Thor. « Allah » n'est pas employé. Enfin, le nom de Tomor, qui est de plus en plus donné aux petits garçons albanais, est aussi une forme plus traditionnelle du dieu albanais du ciel, En. La sainte catholique la plus importante est Sainte Prenda, qui n'est autre que la déesse albanaise de l'amour Prenda, épouse de Perëndi, et variante albanaise de l'Aphrodite d'or.

Enfin, il est bon de rappeler qu'à l'instar de la plupart des pays européens, il existe depuis plusieurs années le mouvement païen Vargmal, valorisant notamment le culte du dieu du soleil Dielli, lié au symbole du tétrascèle, et honoré en particulier le 5 juin.

Il est certes à noter qu'au Kosovo, où moins de 10% des albanais sont chrétiens, une légère réislamisation a été constatée, due aux séquelles du conflit, mais là encore il faut rester prudent. Songeons qu'Ibrahim Rugova par exemple, un des leaders indépendantistes du Kosovo, aujourd'hui décédé, était lui-même catholique.

  • 2. Second sous-mythe: les Albanais et l'Europe.

De la même façon, en raison de leur islamité - dont on a vu qu'elle était essentiellement fantasmée - mais aussi en raison d'une supposée turquisation, donc asiatisation, de la population, certains en viennent à nier leur européanité aux Albanais. C'est notamment le cas des militants de la droite nationale en Europe, qu'elle soit italienne, française ou serbe, qui leur refusent ce droit parce qu'ils sont partisans de la Serbie dans le conflit du Kosovo, Serbie défendue parce qu'agressée militairement il y a un peu plus de dix ans par les Etat-Unis. D'autres confondent, sciemment ou pas, les Albanais modernes avec les Albanais du Caucase, terme antique désignant les ancêtres caucasiens des Azéris, à savoir les Lezgyens, en prétendant que le peuple albanais viendrait d'Asie et ne serait pas natif des Balkans.

Un premier rappel utile est de souligner que la langue albanaise est membre du groupe indo-européen, comme la grande majorité des langues d'Europe, comme les langues slaves bien sûr, comme le français et l'italien aussi. Anthropologiquement, ces Indo-Européens que sont les Albanais ne se distinguent nullement des autres peuples européens des Balkans.

L'étude rapide des emprunts de la langue albanaise au grec et au latin, et par exemple le nom des jours, où divinités albanaises (Hëna, la déesse de la lune ; Dielli, le dieu du soleil ; En, le dieu du ciel et la déesse Prenda pour le vendredi) et romaines (les jours Martë et Merkurë) alternent, montre que s'il n'est pas prouvé que les Albanais descendent des anciens Illyriens, même si c'est plus que probable, leurs ancêtres ont été de bonne heure en contact avec les Grecs, par exemple leur ancien dieu des océans Talasë empruntant son nom au terme grec de thalassa,  « la mer », et ont fait partie de l'empire romain.

L'hypothèse la plus logique, même si elle est fortement contestée en Serbie, est de penser que lorsque les Slaves envahirent les provinces romaines de Dalmatie, d'Illyrie et de Mésie, ils repoussèrent les Illyriens vers l'Epire, alors grecque. Ainsi l'Albanie actuelle, ancienne Epire hellénique, n'aurait pas été peuplée originellement d'Albanais, et le pays serbe actuel serait leur berceau. Les « Yougoslaves » seraient alors des Illyriens slavisés, comme nous sommes des Celtes latinisés par exemple. C'est dire à quel point les querelles entre peuples balkaniques n'ont guère de sens car leur parenté est profonde.

Conscients de la problématique liant albanité et islamité, plusieurs penseurs albanais ont même théorisé l'adhésion en masse au christianisme pour vaincre l'albanophobie. C'est le cas notamment d'Aurel Plasari qui propose une « reconversion collective des Albanais au catholicisme ». Bien avant, le roi Zogu avait tenté avec courage de moderniser le pays, de le mettre en conformité avec les standards européens, alors que dès le XIXème siècle, les penseurs albanais avaient choisi pour retranscrire leur langue l'alphabet latin. Malgré sa politique, et malgré la politique controversée, et par bien des aspects détestables, du communiste Enver Hoxha, l'Albanie est encore très en retard économiquement mais a pleinement retrouvé son européanité culturelle.

  • 3. Troisième sous-mythe: le problème du Kosovo.

En 1389, selon la tradition en honneur à Belgrade, l'élite de la chevalerie serbe se serait battue vaillamment contre les armées ottomanes lancées à la conquête de l'Europe. Ce n'est pas un mythe cette fois. Les courageux Serbes ont servi avec dignité et honneur notre continent et leur peuple, mais là où la vérité n'est pas totale, c'est qu'ils ne furent pas seuls. Comme l'a rappelé le français Alain Ducelier, spécialiste des Balkans,  aux côtés des Serbes il y avait des Valaques (roumains), des Bulgares, des Albanais et notamment 5000 combattants de Shköder menés par le courageux Gjergi Balsha.

Ainsi, à Kosovo Polje, au « Champ des merles », c'est l'armée européenne des Balkans, réunie pour l'occasion, qui est brisée par les Ottomans, ouvrant une deuxième fois la porte à ces derniers, qui avaient déjà pu s'emparer de la ville d'Andrinople (devenue Edirne) quelques décennies auparavant. Ensemble, et n'en déplaise à Milosevic qui en 1989 se servait de cette bataille pour valoriser les Serbes au détriment des Albanais, main dans la main, Serbes et Albanais combattirent ensemble contre l'ennemi et moururent ensemble. Cette bataille de Kosovo Polje de 1389 ne doit pas être utilisée comme facteur de division et de haine mais comme facteur de réconciliation.

Les Albanais du Kosovo, victimes d'un nationalisme serbe dévoyé, et les Serbes du Kosovo, victimes d'un nationalisme albanais dévoyé, font partie d'un même peuple, le peuple européen, et leurs ancêtres ont subi ensemble un joug étranger. Un état kosovar indépendant, à l'heure de l'unification politique du continent européen, n'a pas véritablement de sens, de même qu'il faut remiser au grenier toute idée de « Grande Serbie » ou de « Grande Albanie ». L'ensemble des Balkans occidentaux, Albanie et Kosovo compris, a vocation à faire partie de ce grand destin commun qu'est l'Europe unie.

Le Kosovo a eu en revanche une conséquence regrettable, c'est qu'en raison de l'inaction des états européens, les Etat-Unis ont pu se mêler de nos affaires et par un soutien habile aux Albanais, et ce au détriment de Serbes qu'ils n'hésitèrent pas à bombarder de manière infâme, ont divisé le continent, obligeant occidentaux et russes à choisir des camps opposés. La plus grande base américaine d'Europe est installée au Kosovo et en 2008 George W. Bush avait été acclamé par les habitants de Tiranë. Dans le cadre de la Grande Europe, où tous les Européens sont égaux et réconciliés dans la Pax Europaea, il faudra mettre fin à cette influence regrettable. En ce sens, les Albanais doivent comprendre que leur avenir n'est pas dans l'OTAN, qui met l'Europe sous tutelle, mais dans l'armée européenne à bâtir et dans l'Union Européenne.


En conclusion, c'est faire une grande injustice à un noble peuple européen, les Albanais, que de les considérer comme des non-européens en raison d'un passé complexe où, abandonnés par l'Occident, ils ont dû composer avec la force militaire occupant leur pays. C'est aussi une profonde erreur de souligner la prétendue islamité du pays alors que c'est oublier que les Arbërëshe, Albanais installés en Italie depuis le XVème siècle, sont tous chrétiens, et que même à l'époque de l'islamisation la plus complète, 50% au moins des Albanais rejetaient l'islam sunnite. C'est enfin négliger le fait qu'avec un demi-siècle de communisme, Hoxha ayant combattu les religions monothéistes, comme dans le reste de l'Europe d'ailleurs, une grande majorité des habitants est tout simplement athée. A Tiranë, la capitale, on chercherait en vain des jeunes albanaises portant le voile, aucun combattant albanais n'est allé au secours des Bosniens musulmans pendant la guerre, et le journal le plus écouté à la télévision n'est pas celui d'Al-Jazeera mais celui de la RAI. Enfin, une étude anthroponymique rapide démontre que moins de 8% des prénoms sont d'origine arabe ou turque (le pourcentage pour les jeunes femmes est beaucoup plus faible encore) contre 25% environ d'origine occidentale ou grecque, le reste étant des prénoms typiquement albanais. On retrouve ainsi de nombreuses jeunes femmes prénommées Bukura, déesse connue pour sa beauté, ou même Afërdita (Aphrodite), et des jeunes hommes portant le prénom des rois de l'ancienne Illyrie ou des dieux de la mythologie.

Thomas FERRIER (PSUNE)



[1] World Christian Encyclopedia

23:31 Publié dans Anti-mythes, Billets, Culture, Histoire, Religion | Lien permanent | Commentaires (41) | Tags : albanie, europe, kosovo, islam | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

M. Ferrier je vous félicite pour votre article on peut dire qu'il a bien vécu et qu'il sera d'actualité encore pour longtemps.

@M.serguey stepanovic je me permets de vous citer.

---"La Serbie n'a nulle besoin de l'Europe, d'ailleurs j'espère comme la majorité de mes concitoyens que le pays ne soit jamais membre de l'Union européenne. Nous sommes avant tout serbe, slave et orthodoxe. La Serbie s'est toujours battue pour son indépendance, sa souveraineté, sa liberté. Elle n'est pas à vendre!"

----"Moi-même je suis franco-serbe"

Si ça se n'est pas être européen...

----"Concernant les guerres de Yougoslavie, chaque partie a du sang sur les mains, que ce soit les croates, les musulmans ou les serbes. "

Croates, Musulmans, Serbes. On joue à trouver l'intrus? Petit indice : Musulmans = religion.
Moi même ayant vécu jusqu'à l'age de mes 10 ans en Albanie, je n'ai aucune préférence religieuse :) d'ailleurs mes parents et grand parents non plus.

----"Cette appropriation d'une civilisation antique est uniquement une manière de montrer qu'ils ne vivent pas dans une nation sans civilisation, marginale de l'histoire et dont la culture reste avant tout primitive et moyen-âgeuse car ce peuple s'est toujours assimilé à l'occupant quitte à perdre son identité."

Apparemment ils ont seulement gardé leur identité en Italie (arbereshe) ou d'ailleurs ils parlent toujours la langue 500 ans après.
Au Kosovo,Monténégro, Macédoine... vous connaissez vous même l'histoire.
Vous avez peut etre raison ils n'ont pas de civilisation je pense qu'une soucoupe volante les à fait atterrir là il y a 3 ans ou peut être 4.

Ça serait tellement mieux d’arrêter d'avoir peur de tout, mon dieu les boudhistes arrivent, mon dieu les chinois arrivent, mon dieu les brésiliens. Il ne mange pas la tomate comme moi, il n'aime pas les brocolis, il mange des pieds de porc et des bananes.

Je suis Suisse et Albanais. Je ne suis pas un modèle de tolérance mes amis sont Suisse, Francais, Italiens, Allemands, Chinois, Bresiliens, Serbes, Kosovars, Musulmans, Chretiens, Mormons, Juifs. Oui j'habite dans une ville (comme beaucoup en Europe) où j'ai la chance de côtoyer le monde entier, et c'est merveilleux.

Toutes mes excuses pour les fautes d'orthographe :)

Bonne journée, meilleures salutations.

Écrit par : Rod | 11/04/2012

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"...j'habite dans une ville (comme beaucoup en Europe) où j'ai la chance de côtoyer le monde entier, et c'est merveilleux".

Jadis, cette béatitude inconsistante ne m'irritait guère. Aujourd'hui, je conspue ce genre de miévrerie humanitariste et génocidaire.

Écrit par : Piotr | 30/05/2013

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POURQUOI LE ALBANAIS N AIMENT PAS LES SERBES ET LES ARABES

Écrit par : VLAD | 30/06/2014

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Vous vous trompez les albanais sont des semites ils proviennent de l' ethnie pelAsgienne il s' agit d' un peuple semite les pelasgiens qui ont envahi tous les balkans et sont a l' origine du peuple albanais. La langue qu' ils parlent n' est pas indo europeennE mais semite ils parlent le pelasgien . Exemple: pour dire bienvenue le turc dit marhba l' arabe dit marhba le berbere dit merbe , l' albanais dit mire se erdhe qui signifie bienvenue ,mire signifie bon , erdhe signifie vEnir il est le même que le arda des arameens qui signifie descendre de la montagne, venir

Écrit par : adian | 15/01/2015

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@ Adian

Beaucoup de mélanges dans votre propos entre des notions relevant de domaines différents. La notion de "sémite" est linguistique. De fait la langue albanaise est indo-européenne, donc non les Albanais ne sont pas "sémites".

Les Pélasges ne sont pas un peuple historiquement attesté. Ce terme désigne les supposés habitants de la Grèce avant le peuplement indo-européen voire la première couche indo-européenne de Grèce. On en est donc loin.

Le terme de "mire" en albanais est de la même racine que le russe "mir" et vient sans doute du nom du dieu iranien Mithra. Le terme de "erdhe" est issue du verbe indo-européen "aller". Aucun rapport étymologique entre "erdhe" et "arda".

Le caractère indo-européen de l'albanais, prouvé par tous les spécialistes, n'est pas objet de débat. J'ai deux dictionnaires albanais chez moi et cela ne fait pas le moindre doute, même si des mots turcs ont pénétré la langue albanaise du fait de l'occupation ottomane.

Cordialement.

Écrit par : Thomas FERRIER | 15/01/2015

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Quelques exemples clairs:

loup, "ujk", racine i.e *wlkwos
lune, "hëna", racine i.e *skanda, "lumineuse", comme dans le sanskrit Chandra, "la lune".
soleil, "dielli", racine i.e *die- "jour"
ours, "ari", racine i.e *arktos
feu, "zjarr", racine i.e *ater
soeur, "modrë", racine i.e *mater, "mère"
renard, "dhelpër", racine i.e *loupekos

Écrit par : Thomas FERRIER | 15/01/2015

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Tu te trompes l' albanais est une langue Semite d' après les albanais d' après les travaux de scientifiques francais et albanais. Les albanais sont des pelAsgiens ils sont semites et parlAnt une langue ancetre des lAngues ariennes il s' agit du proto aryen. L

Écrit par : adian | 16/01/2015

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Malheureusement pour vous Adian, la linguistique comparée et la phonétique historique sont les plus exactes des sciences humaines, elles permettent notamment de démontrer des apparentements et des parentés. En sus de démontrer le caractère indo-européen de la langue albanaise, ces sciences apparentent aujourd'hui davantage la langue albanaise aux monuments linguistiques thraco-daces conservés ainsi qu'aux langues balto-slaves (et non pas à l'abstraction, parfois peu saisissable, illyrienne très chère aux nationalistes Albanais).

Il est pourtant vrai que la biologie moléculaire révèle parfois la présence chez les Albanais d'un pourcentage anormalement élevé (pour l'Europe) d'un marqueur génétique d'ascendance caractéristique des populations d’agriculteurs proto-méditerranéens néolithiques originaires du Proche-Orient (E1B1b, près de 50 % au Kosovo). L'implantation de ces populations en Europe remonte néanmoins à une époque antérieure à l'ethnogenèse ainsi qu'à la glottogenèse des Sémites et des afro-asiatiques, aussi est-il incongru de parler des composantes sémites des Albanais. Ces proto-méditerranéens installées en Europe sont à rattacher aux populations dites asianiques, également présentes dans les autres régions du pourtour méditerranéen européen, et liées éventuellement à l’abstraction insaisissable des Pélasges (je précise que, exceptés les Basques, toutes ces populations ont été indo-européanisées en profondeur).

Mis à part ce pourcentage plus élevé parfois de marqueurs spécifiquement méditerranéens, les Albanais sont identiques aux autres Européens à un point de vue génétique.

Écrit par : Anton Cusa | 16/01/2015

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@ Adian

Lisez donc précisément ce que je vous ai répondu. Cette "hypothèse" en des termes propres au XIXème siècle (aucun historien ne parle plus de "pélasges") ne tient pas une seconde. L'albanais est une langue indo-européenne et ce n'est pas un objet de débat.

Cordialement.

Écrit par : Thomas FERRIER | 17/01/2015

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mais ce n' est pas ce que pensent d' autres historiens français
les albanais viennent des illyriens une population du sud de la turquie ou arberesh il s' agit de semites qui sont les premiers a avoir occupe les balkans; les populations de la turquie et du caucase sont apparentes a ces derniers
par vos arguments vous prouvez vous même que les albanais sont les vrais illyriens puisque leurs genes indique une migration venant du moyen orient . ce sont donc des semites
les scientifiques commettent les mêmes que les gens du 19 eme siecle ; ils sont obsedes par la volonte que l' europe soit arienne alors qu' ils ne sont pas les vrais aryens les vrais aryens etant les iraniens et les hindous
les albanais sont une ethnie semite leur langue est a la base des langues grecques et slaves ( les langues slaves provenant du slavonique qui a donne le bulgare qui est a la base des langues slaves ) les albanais ne doivent pas entrer dans l' europe
ils doivent former une union avec la turquie le caucase et le reste de l' asie
comme tu peut le voir dans ce site: http://www.eupedia.com/forum/threads/26169-Berbers-and-Albanians-E-haplogroup-and-linguistic-similarity/page8
les albanais disent qu' ils sont des illyriens et qu ' ils viennent d' une ethnie semite partie du moyen orient
mais les serbes contestent en disant qu' ils sont berbere
mais en croyant contester les albanais les serbes prouvent que l' albanais est bien une langue semite de par ses affinites avec la langue berbere sans qu' on ait pour cela besoin de' aller a l' etymologie arameenne de l' albanais
l' albanais est donc une langue semite
certains serbes disent que c' est une langue du caucase (https://www.stormfront.org/forum/t965269/)
mais ils ne font que prouver que l' albanais est bien une langue semite ( albanais nene : mother tchetchene naana : mother langue juive: nene ( femme ) arabe nisa : femme hittite ana : femme, mere , adyge nisa : femme mariee )
comme tu voies il y a similitude entre la langue albanaise et la langue juive et arabe
d' autre part on voit une similitudev avec les langues du caucase sachant que les tchetchenes viennent du croissant fertile et qu' ils sont donc semite
les albanais sont donc a la croisee des mondes venant de turquie issus du peuple illyrien qui est semite ils sont apparentes a la fois aux peuples turcs, semites les peuples du caucase ( tchetchenes , adyges etc )qui parlent paleo arameique + le langage de Sumer ,et aryens et leur langue constitue une langue proto aryenne mais une langue semite quand même

Écrit par : adian | 17/01/2015

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"une langue proto aryenne mais une langue semite quand même"

J'ai besoin de commenter une telle phrase ? Vous dites que l'albanais est une langue indo-européenne et ensuite que c'est quand même une langue sémitique, ce que personne de sensé n'affirme.

Dire que les "vrais aryens" sont les Indiens et Iraniens est aussi idiot que de dire le contraire. Le mot vient de l'auto-ethnonyme des Indo-Européens, *Aryos. Et le vocabulaire commun interdit d'y voir une origine asiatique.

Les Européens sont des Indo-Européens, comme le sont les Iraniens et les Indiens du nord puisque c'est une notion linguistique.

Si l'albanais est à la base du grec et de langues slaves, ce qui est faux ceci dit, qui sont des langues indo-européennes, c'est alors l'albanais est une langue indo-européenne.

Quant aux langues du Caucase, comme le tchétchène, elles n'ont rien à voir non plus avec le croissant fertile ni avec les peuples sémitiques.

---

Maintenant place aux faits.

1. L'albanais est une langue indo-européenne. La rapprocher d'autres langues non indo-européennes en raison de quelques ressemblances supposées arbitraires ne tient pas.

2. L'albanais n'est la langue-mère d'aucune autre langue. Elle est une langue indo-européenne spécifique, exactement comme l'arménien.

3. Attribuer le terme "sémite" à des données génétiques n'a aucun sens. Il s'agit d'un terme linguistique et uniquement linguistique. Un kabyle ne ressemble pas à un coushite.

4. Les Albanais sont un peuple européen, même si selon des statistiques de 1930, 70% d'entre eux seraient "musulmans". En réalité, la majorité est athée.

Écrit par : Thomas FERRIER | 17/01/2015

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Grammaire indo-européenne, langue indo-européenne, mythologie indo-européenne, les Albanais, tout comme les Illyriens d'ailleurs, sont des Indo-Européens et ne diffèrent en rien des autres Européens.

L'Albanie a bien sûr toute sa place dans la construction européenne.

Les arguments que vous m'exposez là sont confus, incohérents et en conséquence ne sauraient me convaincre. Ils sont contraires à des faits admis par tous les spécialistes.

Bien cordialement.

Écrit par : Thomas FERRIER | 17/01/2015

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"The Albanian language forms a separate branch of Indo-European languages family tree."

http://en.wikipedia.org/wiki/Albanians

Écrit par : Thomas FERRIER | 17/01/2015

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Thomas, les similitudes structurelles (hors emprunts donc) les plus palpables en l'état actuel des connaissances apparentent plutôt la langue albanaise à un ancien ensemble linguistique indo-europen plus vaste comprenant le daco-gèto-thrace (similitudes phonétiques très frappantes notamment avec les quelques mots daces que nous connaissons) et le balto-slave. La théorie de l'origine carpe (proches des Daces nord-danubiens) des Albanais n'est nullement dédaignable. Les héritiers les plus directs des Illyriens semblent bien plutôt être les anciens Dalmates, dont la langue romanisée, très différente de l'autre langue romane de la région (le proto-roumain et ses dérivés), a également influencé la langue albanaise.

Les anciennes connexions spécifiques des très lointains ancêtres pré-indo-européens des Albanais avec les peuples caucasiques, avec les obscurs Pélasges ainsi qu'avec les populations d'agriculteurs originaires du Proche-Orient proto-historique sont fortement suggérés par le pourcentage parfois très élevé chez eux de l'haplogroupe E1B1b, diffusé en Europe par des populations asianiques (non sémites donc) parlant peut-être une langue agglutinante, dont les héritiers actuels pourraient être le basque ainsi que les langues caucasiques. Les liens avec le Turc (originaire de Haute-Asie et de Transbaïkalie) sont évidement à exclure complètement. C'est ainsi que j'essaye de récupérer les allégations extrêmement confuses, et bien souvent erronées, d'Adian.

Écrit par : Anton Cusa | 17/01/2015

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l'endonyme Aryos n'est-il pas attesté chez les Indo-Iraniens uniquement ?

Écrit par : Anton Cusa | 17/01/2015

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@ Anton Cusa

La thèse dominante est en effet de rattacher l'albanais aux langues daco-thraces. Néanmoins l'albanais a clairement été marqué par le grec et par les langues illyriennes. Le choix de rattacher l'albanais aux langues illyriennes est controversé mais pas abandonné, même si Bernard Sergent privilégie la théorie que vous exposez.

Quant aux populations asianiques (Hourrites, Sumériens... etc), elles sont elles-mêmes très proches des populations indo-européennes. Et c'était sans doute aussi le cas des premiers Afrasiens, dont les Guanches semblent être les plus proches du type originel, comme les premières dynasties égyptiennes.

Écrit par : Thomas FERRIER | 17/01/2015

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Je précise que désormais l'idée que les habitants de la Grèce avant les Grecs, les fameux "Minyens", étaient eux-mêmes indo-européens est de plus en plus acceptée. Dès 2500 avant J.C au moins, des populations indo-européennes se sont installées en Grèce pour y laisser des termes en -issos et en -assos. Elles auraient été apparentées aux Louvites. L'hypothèse que le linéaire A ait retranscrit une langue indo-européenne n'est pas non plus absurde.

Écrit par : Thomas FERRIER | 17/01/2015

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Au XIXème siècle, on reliait le mot irlandais aire au mot indien arya. Cette hypothèse a été abandonnée.

Mais il existait un dieu Aryaman en Inde, Airyaman en Iran. Et c'est là qu'on se rend compte que l'Eremon irlandais correspond exactement à ce dieu. On pourrait y rajouter l'Irmin germanique. S'il existe un dieu *Aryomen de l'Irlande à l'Inde, alors c'est que le terme de *aryos est bien l'auto-ethnonyme des Proto-Indo-Européens.

Écrit par : Thomas FERRIER | 17/01/2015

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Les fortes influences grecques et illyriennes (via le dalmate pour le dernier ?) semblent pourtant plus tardives en albanais. Quant aux peuplements asianiques, ils datent de la néolithisation, et sont ainsi bien antérieurs à - 2500 ans. Difficile à dire si ces asianiques, qui ont d'ailleurs encore plus fortement marqués le peuplement micro-asiatique que le peulplement européen, étaient ou pas proches culturellement des IE. Les haplogroupes (E1b1b et J) les rapprochent clairement des actuels afro-asiatiques...Toutes ces poluations (IE, Afro-Asiatiques et Asianiques) formaient peut-être une très vaste macro-famille ethno-linguistique, culturelle et anthropo-biologique vers -10.000 ans. Merci pour les précisions relatives aux noms utilisés par les IE pour désigner leurs divinités respectives.

Écrit par : Anton Cusa | 17/01/2015

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NB, à ma connaissance, les types archaïques nordiques des Guanches sont bien plutôt à rattacher aux anciens Cromagnoïdes des côtes méditerranéens de l'Afrique du Nord, nommés conventionnellement Ibéro-Mauriciens. Cela nous conduit donc à une époque bien antérieure à la formation des IE et des Afro-Asiatiques et des Asianiques.

Écrit par : Anton Cusa | 17/01/2015

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précision : c'est les ancêtres des futurs IE, Afro-Asiatiques et autres Asianiques qui formaient peut-être une même macro-famille euro-méditéranéenne ramifiée vers -10.000 ans...

Écrit par : Anton Cusa | 17/01/2015

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L'hypothèse nostratique postule une origine plus ancienne (-15.000, peut-être avant) en ajoutant le basque, les langues caucasiennes, les langues ouraliennes a minima à l'ensemble. De toute façon, il y a eu au départ une langue originelle propre à homo sapiens europaeus.

Écrit par : Thomas FERRIER | 18/01/2015

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Le nostratique inclurait pourtant d'autres groupes humains (mongoloïdes) plus éloignés génétiquement et anthropologiquement, tels les Ouraliens ou les Altaïques. Les Afro-Asiatiques (d'avant leur projection en Afrique), les IE et les asianiques semblent avoir été en revanche tous, dès l'origine, de purs europoïdes. Il est aussi permit de supposer que la différentiation mongoloïdes/europoïdes est assez tardive, témoin l’existence de l'haplogroupe N, aussi bien nettement mongoloïde en Sibérie que nettement europoïde en Europe du nord-est.

Écrit par : Anton | 19/01/2015

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Le nostratique selon la définition que j'en donne est la langue-mère des caucasoïdes. Des mongoloïdes ont pu hériter d'une langue caucasoïde. Je suis de plus en plus convaincu que les proto-altaïques étaient caucasiens et que c'est par un long métissage avec la Chine qu'ils ont fini par perdre leurs traits originels.

Les Ouraliens sont, je maintiens, clairement europoïdes.

En outre, la séparation entre sous-espèces humaines selon la théorie multirégionale est beaucoup plus ancienne.

Écrit par : Thomas FERRIER | 19/01/2015

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Le problème est que les proto-altaïques (culture des tombes à dalles de Transbaïkalie, etc.) apparaissent dès le début comme de purs mongoloïdes, non pas sud-mongoloïdes sinides comme en Chine, mais bien nord-mongoloïdes du nord-est de l'Asie (tungides, baïkalides, etc.). L'immixtion des premiers éléments europoïdes n'apparait qu'à la faveur de leur migration vers le sud-ouest, au contact très étroit des cultures indo-européenne des steppes (cultures Andronovo, Afanasevo, Tagar, Karassuk, Scythes, Sarmates, etc.), puis des populations indo-européennes totalement sédentaires d'Asie centrale méridionale (Sogdiens, Bactriens, Perses, Tokhariens des oasis, etc.). Bien que la question des origines des Ouraliens demeurent obscure, rien ne permet d'affirmer que ceux-ci étaient tous des europoïdes à l'origine. L'ancienneté du polygénisme ne saurait être en soi un argument militant en sa faveur.

Écrit par : Anton Cusa | 19/01/2015

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je précise que le type nord-mongoloïde est considéré comme plus archaïque et plus fondamental que le type sud-mongoloïde.

Écrit par : Anton Cusa | 19/01/2015

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Des similitudes linguistiques impliquent des similitudes anthropologiques. C'est aussi le cas des langues altaïques. On parle là d'une époque bien plus ancienne. Les données manquent.

Écrit par : Thomas FERRIER | 20/01/2015

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Les similitudes entre le proto-altaïque et le proto-indo-européen à proprement parler peuvent résulter, avec beaucoup plus de vraisemblance, de superpositions d'isoglosses (et non pas d'un apparentement linguistique génétique et structurel). La proximité de ces deux groupes ethno-linguistiques dans la structure généalogique de l'humanité ne pourrait remonter qu'à un "niveau" bien antérieur à leurs individualisations respectives : ce niveau devait comprendre aussi bien les futurs IE, les futurs Afro-Asiatiques, les futurs Altaïques, les futurs Ouraliens, les futurs Dravidiens, les futurs Eskimos-Aléoutes, les futurs locuteurs de langues tchouktches-kamtchadales, etc.).

Le processus beaucoup plus tardif dont je vous ai entretenu (immixtion des éléments europoïdes qu'à partir de la migration vers le sud-ouest) est bien documenté archéologiquement, et ne concerne au demeurant que les proto-Turcs ; les autres Altaïques (Mongols et Toungouses) sont toujours demeurés purement mongoloïdes.

Écrit par : Anton | 20/01/2015

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Il y a des similitudes au niveau du vocabulaire (tanri, "le ciel", ates, "le feu"... etc) mais aussi au niveau de la mythologie.

Je pense pour ma part que les Proto-Altaïques étaient l'avancée la plus orientale du peuplement caucasien avant de reculer considérablement devant l'avancée des populations mongoloïdes au point d'être absorbés. Des travaux des années 60 indiquaient un type proto-turc alpin. Gengis Khan lui-même était décrit comme roux.

L'existence d'un groupe "proto-caucasien" est probable. Dans ce cas, reste à savoir si le groupe altaïque peut y être rattaché. Je crois bien que oui.

Écrit par : Thomas FERRIER | 20/01/2015

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On signale en effet des très vieux éléments cromagnonoides dépigmentés au sein de ladite race paléo-sibérienne, laquelle pourrait résulter notamment d'un mélange entre des nord-mongoloïdes majoritaires et des europoïdes originaires du nord-est de l'Europe (culture Kunda, culture de la Céramique à peigne et fossette, etc.). Je me répète, mais l'existence de l'haplogroupe N atteste par ailleurs que la différentiation mongoloïdes/europoïdes est assez récente. Comment expliquer sinon que les europoïdes du nord-est de l'Europe (Baltes et Ouraliens) et des mongoloïdes du nord de l'Asie (Ouraliens) soient si proches phylogénitiquement ?.

Les caractères mongoloïdes des proto-Altaïques sont en revanche très clairement documentés, aussi bien par l’archéologie que par l'histoire des migrations et la biologie moléculaire (groupes purement asiatiques : C et D). Le terrain est beaucoup plus ferme et solide notamment en raison du caractère bien plus récent de la période. Les proto-Altaïques ont absorbé des populations paléo-sibériennes, aussi et-il possible que des éléments europoïdes archaïques aient influencé très tôt leurs ancêtres. Il demeure que les éléments europoïdes, parfois très nettement majoritaires aujourd'hui, ont surtout fait leur apparition chez les Altaïques à la faveur d'un processus historique très précis : la très vaste expansion spatiale des proto-Turcs et des Turcs vers le sud-ouest. Ne vous fiez pas à tous ces travaux qui cherchent, pour des raisons idéologiques et politiques évidentes, à identifier les proto-Turcs initiaux à des europoïdes.

Écrit par : Anton | 20/01/2015

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Une différenciation assez récente de 1 à 2 millions d'années. Il ne faut par ailleurs pas donner d'importance à un gène en particulier, qui peut avoir dès l'époque d'homo erectus connu une certaine variabilité.

Pour le reste, les Europoïdes du nord-est ne diffèrent pas spécialement des autres Européens, au point où on s'accorde même à penser que l'influence "tatare" sur le peuple russe était à peu près nulle.

Les données linguistiques et mythologiques poussent dans le sens d'une origine europoïde des Proto-Altaïques, avec asiatisation progressive sur des millénaires à partir de 12.000 avant J.C, et ensuite réeuropéanisation plus ou moins forte selon le processus historique que vous décrivez.

L'idée générale est un recul des Europoïdes (jusqu'à aujourd'hui) à partir d'une époque d'expansion maximale où les populations sinoïdes et afroïdes étaient beaucoup plus réduites et localisées géographiquement.

C'est donc l'histoire d'un long déclin jusqu'à ce que la maison-mère elle-même soit attaquée...

Vers la grande inversion en retour ?

Écrit par : Thomas FERRIER | 20/01/2015

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Les données mythologiques sont largement ouvertes à la circulation tout de même - les proto-Turcs, les Ouraliens les IE ont comme chacun sait largement interagi en Eurasie centrale. Quant aux haplogroupes, il ne s'agit pas là de gènes en particulier, mais bien de marqueurs à valeur d'ascendance se transmettant à l'identique de génération en génération (avec de très rares erreurs de copie générant des ramifications parfaitement traçables). Il est ainsi reconnu que les haplogroupes permettent de reconstituer la phylogénie de l'homme moderne, l'histoire des migrations, etc. Ce que l'ont sait de la proto-histoire des Altaïques infirme totalement cette origine europoïde que vous leur prêtez, je ne vais pas me répéter. Cette "asiatisation" qui efface toute trace génétique et anthropologique antérieure n'a aucun sens. Avec ce genre d’argument captieux et gratuit, il est tout aussi bien possible de soutenir que les Européens sont des mongoloïdes européanisés, etc. S'agissant des Européens du nord-est, ils diffèrent radicalement des autres à un point de vie génétique par la très forte présence de l'haplogroupe N (d'origine ouralienne, et non pas tatare).

Écrit par : Anton | 20/01/2015

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En tout cas, statistiquement, pas plus de 0.004% de différences en moyennes entre Européens. Aucune différence anthropologique notable non plus. Les "Ouraliens" ne font pas exception.

Je maintiens que si langue et mythologie altaïques sont apparentées aux autres groupes caucasiens, alors l'origine caucasienne des altaïques devient évidente, peu importe les caractéristiques mongoloïdes de certains locuteurs qui ont très bien pu "hériter" d'une langue qui n'était pas originellement la leur. C'est évidemment le cas des populations couchitiques de l'Est africain par exemple.

Écrit par : Thomas FERRIER | 21/01/2015

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Ce n'était pas la variabilité statistique entre Européens au sens large qui était en cause, mais l'existence de l'élément différentiel nord-est européen...L'assez nette différence paléo-anthropologique entre porteurs nord-est-européens de l'haplogroupe N1c et porteurs nord-asiatiques du même haplogroupe atteste que la raciation ne possède pas la même profondeur chronologique que les lignages d'haplogroupes, et le lignage en question ici n'est daté que d'environ -15.000 ans à ma connaissance...Difficile donc d'extrapoler à des époques trop reculées des notions telles que "mongoloïdes" ou "europoïdes"...Je vous rappelle que les Ouraliens et les Altaïques restés en Asie (Ougriens, Samoyèdes, Mongols Bouriates, Yakoutes, Touvas, Kazakhs, Kirghizs, etc.) sont restés très clairement mongoloïdes. Les spécialistes en ouralistique apparentent phylogénétiquement le proto-ouralien au youkaguir...Les premiers locuteurs de proto-altaïque identifiés (en Transbaïkalie) étaient quant à eux de type très nettement paléo-mongoloïde, cependant que les tentatives pour "élargir" la famille linguistique altaïque conduisent phylogénétiquement non pas à l'indo-européen, mais bien au coréen ou au japonais...Inutile de vous rappeler l'origine tardive des éléments europoïdes chez les Altaïques (présents seulement chez les proto-Turcs et les Turcs du reste)...Les éléments mythologiques que vous évoquez très vaguement peuvent parfaitement s'expliquer par l'existence de ce très vaste corridor culturel eurasiatique qui a mis très tôt en contact intime les Indo-Européens des steppes et les proto-Turcs originaires du nord-est de l'Asie.

Écrit par : Anton | 21/01/2015

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Force est d'admettre que tout cela nous éloigne des Albanais...

Écrit par : Anton | 21/01/2015

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La seule et unique "porte de sortie" raisonnablement envisageable en la circonstance serait peut-être pour vous de postuler que les paléo-mongoloïdes avaient des ancêtres europoïdes ayant eu à subir postérieurement, notamment sous l'effet du climat du Grand-Nord, un processus de "raciation" distinct. Les éléments cromagnonoides minoritaires de la "race" paléo-sibérienne pourraient militer en faveur de ce raisonnement. La clef est peut-être à rechercher du côté des proto-Ouraliens.

Écrit par : Anton | 21/01/2015

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La seule et unique "porte de sortie" raisonnablement envisageable en la circonstance serait peut-être pour vous de postuler que les paléo-mongoloïdes avaient des ancêtres europoïdes ayant eu à subir postérieurement, notamment sous l'effet du climat du Grand-Nord, un processus de "raciation" distinct. Les éléments cromagnonoides minoritaires de la "race" paléo-sibérienne pourraient militer en faveur de ce raisonnement. La clef est peut-être à rechercher du côté des proto-Ouraliens.

Écrit par : Anton | 21/01/2015

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