Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/03/2018

Des élections italiennes pour rien ?

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

1200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC1181.jpgLes élections parlementaires italiennes se sont déroulées ce dimanche 4 mars pour renouveler députés et sénateurs. Il s’agissait de doter le pays d’une majorité gouvernementale. Le résultat en a été une neutralisation réciproque des différences forces politiques et le morcellement du pays.

Au sud, le Mouvement 5 Etoiles (M5S) est largement vainqueur, dépassant parfois les 50%, et notamment en Sicile, en Campanie, en Calabre, en Sardaigne ou dans les Pouilles. Le résultat national est impressionnant puisque, malgré le départ du fondateur Grillo et l’inexpérience politique totale du nouveau dirigeant Di Maio, le M5S obtient 32,7% des voix et 221 sièges (sur 630). Il n’est pas en mesure de gouverner et est victime d’un fort ostracisme des autres partis politiques. Pourtant son poids incontournable va poser un réel problème si l’Italie veut disposer d’une majorité gouvernementale sans lui. Son électorat est complexe. Il est probable que le vote identitaire qui a profité au nord à la Ligue a profité au sud au M5S.

Au nord donc, la Ligue (ex-Ligue du nord) obtient des scores également importants, notamment en Vénétie et en Lombardie, même si ce succès est moindre dans les grandes villes, comme Milan. Avec 17,4% des voix, et 73 sièges, la Ligue de Matteo Salvini réalise son meilleur résultat depuis sa fondation. Ce dernier a mené une campagne nationale dure contre l’immigration et a tempéré ses positions (désormais) eurosceptiques qu’il avait pu mettre en avant sous l’influence du FN français. Surtout la Ligue dépasse Forza Italia et Berlusconi au sein de l’alliance des droites.

Avec 14% des voix et 59 sièges, le mouvement de Berlusconi réalise une contre-performance. Son dirigeant de 81 ans se voit ainsi gentiment invité à une retraite anticipée.

Enfin, Frères d’Italie de Giorgia Meloni réalise 4,4% des voix et obtient 19 sièges. Cette formation de droite nationale, héritière de l’ancien MSI et d’Alliance nationale, réalise un score convenable compte tenu d’un fort vote utile en faveur de la Ligue. Le mouvement est surtout fort dans le Latium.

L’alliance des droites obtient un total de 260 sièges, soit 35 de moins que la majorité. Sans alliés ou sans ralliements, elle ne sera pas en mesure de gouverner le pays. On peut certes imaginer des ralliements opportunistes venus des rangs du M5S mais rien n’est certain.

Le Parti démocrate de Matteo Renzi est quant à lui sévèrement sanctionné. Avec 18,7% des voix, il réalise une douloureuse contre-performance. La coalition de gauche obtient 112 sièges en tout (-223) et ne peut plus être qu’une force d’appoint. Une grande coalition des centres n’aurait pas davantage de majorité. Il est douteux que la gauche soutienne un gouvernement de droite dominé par la Ligue et pas davantage qu’elle s’associe au M5S pour gouverner.

A gauche, le mouvement « Libres et égaux » obtient 3,4% des voix et disposera de 14 sièges. Les droites radicales, hors coalition, restent marginales, victimes là encore d’un vote utile. Casapound obtient 0,94% des voix et la liste « L’Italie aux Italiens » menée notamment par le mouvement Forza Nueva 0,38% des voix. Néanmoins les droites nationales réunies réalisent le score considérable de plus de 23% des voix. La question de l’immigration a été cruciale, déterminante dans ce résultat.

Conséquence de tout cela, l’Italie n’aura sans doute pas de majorité parlementaire. De nouvelles élections législatives, qui pourraient confirmer ce blocage institutionnel, sont dès lors probables mais pas avant plusieurs mois. A part la fin de carrière de Berlusconi, et la montée des dits « populismes », avec un Salvini qui sera sans doute l’homme de référence de la droite italienne à l’avenir, il est difficile d’imaginer un gouvernement stable en Italie à moins d’un effondrement du M5S. Mais ce dernier bénéficie d’une aura positive, surtout dans le sud, car il n’a jamais été associé au pouvoir, à l’exception calamiteuse de la gestion de la ville de Rome.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

20:28 Publié dans Analyses, Elections en Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : salvini, berlusconi, di maio, m5s, lega | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Il appert de tout cela que les aspirations identitaires légitimes du peuple trouvent bien mieux à s'exprimer dans l'offre politique italienne que dans celle présentée en France !!

Écrit par : anton cusa | 06/03/2018

Répondre à ce commentaire

Il est vrai que la société italienne est sans doute elle-même moins malade...

Écrit par : anton cusa | 06/03/2018

Répondre à ce commentaire

J'ai lu votre programme pour le parti des européens :
c'est le meilleur programme politique que j'ai jamais lu.
Bravo.

Je constate encore une fois que les païens font mieux que les autre ;-)

Écrit par : yoananda | 06/03/2018

Répondre à ce commentaire

@ yoananda

Merci à vous. 144 points bétonnés pour une Europe renforcée.

Écrit par : Thomas FERRIER | 07/03/2018

Répondre à ce commentaire

On aura encore besoin de Silvio Berlusconi. A son âge Adenauer était encore Chancelier, à 9 ans d'une retraite forcée. Forza Italia aurait obtenu un meilleur résultat si son fondateur n'avait pas été déclaré inéligible par les tribunaux. Forza Italia ! Forza Europa ! Meno male che Silvio c'è !

Écrit par : Lallau Jean-Marie | 11/03/2018

Répondre à ce commentaire

Où le programme complet est-il consultable?

Écrit par : vinayaka | 13/03/2018

Répondre à ce commentaire

Ici:

https://twitter.com/ThFerrier/status/942430369508478983

Écrit par : Thomas FERRIER | 13/03/2018

Répondre à ce commentaire

Commence par faire un régime et un peu de sport, ça t'aérera l'esprit !

Écrit par : Paul | 23/03/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire