Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/07/2017

La religion des Irlandais.

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/00/2385045191.png

druidisme,La religion de l’ancienne Irlande est analogue en esprit à la religion gauloise mais avec un demi-millénaire d’évolution, ce qui l’a modifiée de manière significative. Néanmoins en comparant les figures irlandaises, et dans une moindre mesure galloise, avec les noms retrouvés sur les inscriptions gauloises et gallo-romaines, on peut retrouver le panthéon originel des anciens Celtes. L’Irlande, qui a échappé à la conquête romaine mais pas à la christianisation, a ainsi pu sauver la tradition celtique.

Le dieu gaulois Taranis (ou Taranus), devenu le pâle Taran au Pays de Galles et le sombre Taranaich en Ecosse, a quasiment disparu du panthéon irlandais, se limitant au rôle de dieu secondaire sous le nom de Tuireann. Néanmoins certains spécialistes pensent que le Daghda (« bon dieu ») avec sa massue n’est autre que la forme ultérieure de Taranis. En tant que père des dieux, son rôle est évidemment essentiel, aux côtés de son épouse Dana, la terre-mère (racine indo-européenne *dhghom). Les dieux en général sont d’ailleurs appelés « Tuatha De Danann » (tribu de la déesse Dana) aussi bien que « Tuatha Dé » (tribu des dieux).

Lugh, le dieu à la lance, qui selon la tradition est accompagné de deux corbeaux blancs et de deux loups, comme Odin chez les Scandinaves, demeure le grand dieu souverain des Irlandais, comme l’était Lugus en Gaule et Lleu au Pays de Galles. Son nom signifie sans doute « le lumineux » et, bien que les Romains l’aient associé à Mercure, il est sans doute le véritable Jupiter celte, la fonction de dieu de l’orage étant resté dévolu à un dieu spécifique, Taranis donc, qui est l’équivalent du Thor/Donar germanique.

Plusieurs dieux guerriers sont également honorés en Irlande, comme Neit (gaulois Neto), le dieu spécifique de la guerre, et Cumal (gaulois Camulos), mais c’est le dieu héroïque Ogma (gaulois Ogmios), qui est également un dieu de la magie et de l’éloquence, qui jouit d’un rôle prépondérant.

La déesse de l’aurore est également, tout comme l’Athéna grecque, une déesse guerrière, que ce soit sous son nom de Brighid (« celle qui est élevée ») ou sous sa variante Morrigain ou sous sa forme naturelle Eithne. C’est la Brigantia des Gaulois et la Bride des Gallois. Elle fut par la suite remplacée à l’époque chrétienne par « Sainte Brigitte », une figure imaginaire de circonstance.

Autre roi des dieux, car il semble que le pouvoir suprême en Irlande n’ait pas été réservé à un seul dieu, est Nuada (gaulois Nodons), dont la particularité est de posséder un bras en argent, ce qui rappelle le dieu scandinave Tyr (germanique Tius), devenu manchot, et une épée.

Nechtan est le Neptune celte, mais comme le Neptune romain préhellénique, il est avant tout un dieu des eaux, alors que la fonction de dieu des mers est dévolue à Lir et à son fils Manannan. Le dieu forgeron est Goibniu (gallois Govannon, gaulois Gobenios). Le dieu médecin est Diancecht. Le panthéon irlandais correspond donc à une tribu où chacun a un rôle bien précis.

A la différence d’autres polythéismes, le monde des dieux est souterrain (sidh) au même titre que le royaume des enfers dirigé par le dieu Midir (gaulois Meduris). C’est une spécificité irlandaise car chez le Gaulois, les dieux vivaient dans le ciel (dans l’Albiom) et les héros sur une île de pommiers (Avallach Ynis, « Avalon ») qui rappelle le jardin des Hespérides ou Elysion.

Dans le panthéon celte, soleil et lune n’ont qu’un rôle extrêmement marginal. Le dieu Beli (gaulois Belenos) est un dieu solaire assimilable à Apollon et à Balder, mais n’est pas le dieu du soleil, qui en Irlande est Grian (gaulois Grannos). La lune (en gaélique) est Ghealach, au rôle inexistant.

Enfin, deux divinités incarnent l’amour en Irlande. Il y a en premier lieu la déesse Aine, dont le nom est probablement de même étymologie que la déesse romaine Venus, « le désir ». Il y a en second lieu le dieu Oengus (écossais Angus), qui est explicitement un dieu de l’amour et de la jeunesse. Son nom peut provenir de l’indo-européen *kangos, « amour », avec chute de la consonne initiale, racine qu’on retrouve en sanscrit dans le nom du Cupidon indien, le dieu Kama. Son homologue germano-scandinave pourrait être le mystérieux dieu Ing.

L’Irlande païenne a donc conservé l’essentiel des figures divines qu’on retrouve en Gaule et en Bretagne du temps de l’occupation romaine. Mais leur mythologie s’est considérablement enrichie et a engendré une littérature féconde. Des dieux gaulois, dont on ne connaissait que le nom, prennent alors un tout autre relief. Ils n’étaient plus que des épiclèses locales de dieux romains. Jupiter (Taranis), Mercure (Lugus), Mars (Camulos), Minerve (Brigantia) et Apollon (Belenos) s’imposèrent donc, et les druides se reconvertirent en flamines. Ogmios devint l’Hercule gaulois, selon une légende ancienne selon laquelle Héraclès aurait conquis l’occident tandis que Dionysos aurait conquis l’orient.

Mais Lugh, le dieu des druides, a conservé en Eriu, que les Romains appelaient Hibernie et dont la conquête leur semblait inutile, la première place. Et si en Ulster on se dispute entre factions de la même religion nouvelle, l’esprit des Tuatha De Danann pourra ramener la paix, quand un grand roi (Ardri) les honorera à nouveau à Tara et que le draiocht (druidisme) aura été rétabli.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

13:10 Publié dans Analyses, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : druidisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Écrire un commentaire