Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/03/2016

La Russie, nation d’Europe et non d'Eurasie

http://thomasferrier.hautetfort.com/media/00/01/3571613594.png

eurasisme,Europe,Russie,Douguine,USAMa position n’a pas changé d’un iota. La Russie est une nation d’Europe. Or je constate depuis longtemps que deux camps s’opposent à ce sujet, pour des raisons parfois opposées mais paradoxalement souvent identiques, niant à la Russie sa pleine et entière européanité. En Russie même, on oppose traditionnellement les occidentalistes (западники) et les slavophiles (славянофилы), les premiers considérant la Russie comme européenne et même comme « occidentale » et les seconds envisageant la Russie comme une civilisation en tant que telle, autour de la notion de « monde slave ». Ce second courant a désormais pris dans les faits le nom d’eurasisme et a notamment Alexandre Douguine pour chef de file.

Ce dernier semble avoir mal assimilé l’opposition « Europe vs Occident » de la Nouvelle Droite française dont il tenta d’être le représentant en Russie, l’amenant à adopter des positions très ambigües concernant l’islam. On a souvent prêté à Douguine une influence déterminante sur Vladimir Poutine mais ce dernier n’a joué des thèmes eurasistes que pour provoquer une Europe dont il a espéré le soutien pendant longtemps et dont il désespère de la voir se soumettre sans pudeur aux USA en adoptant par ailleurs une politique migratoire et morale absolument suicidaire. Douguine également a apporté un soutien sans mesure aux sécessionnistes du Donbass, ce qui est aussi erroné selon moi que d’apporter un soutien aux supplétifs nationalistes ukrainiens de Soros, car tout ce qui divise l’Europe, et donc l’Ukraine, sert les intérêts géo-stratégiques américains.

La vision américaine de la Russie est celle d’un pays non-européen qu’il convient de repousser en Asie. C’était aussi la vision nazie qui niait au peuple russe son européanité/aryanité jusqu’en 1944 où, la défaite s’annonçant, elle changea radicalement de position en soutenant l’armée Vlassov. C’est la doctrine Brzezinski que les dirigeants polonais et lituaniens notamment suivent aveuglément, agissant en idiots utiles d’une puissance qui soumet l’Europe à son diktat. La vision eurasiste est aussi celle d’un pays bipolaire, d’une civilisation russe en tant que telle, qui serait à la fois européenne et asiatique. Cette vision est celle de ce que je pourrais appeler un « souverainisme russe » qui, tournant le dos à l’Europe, s’oriente vers l’Asie, exactement comme le souverainisme français tend à s’orienter vers l’Afrique.

L’histoire véritable du peuple russe est pourtant tout à fait étrangère à ces conceptions. Le premier peuplement n’est pas slave mais iranophone nomade. L’Ukraine et le sud de la Russie ont été en effet peuplés de haute antiquité par les Proto-Iraniens dont les nomades Cimmériens, Scythes puis Sarmates furent les héritiers et survivances, alors que d’autres Iraniens (futurs Mèdes et Perses) envahirent l’ancienne Elam pour fonder l’Iran moderne. Ces Scythes et Sarmates n’étaient donc pas des Asiatiques mais bien des Européens au sens strict, tout comme leurs descendants du Caucase, les Ossètes ou Alains, mieux connus en Europe occidentale pour avoir envahi la Gaule et l’Hispanie.

Le second peuplement de l’actuelle Russie (d’Europe) fut celui des Slaves, partis du bassin du Pripet en Belarus actuels, et qui peuplèrent non seulement l’Ukraine et la Russie actuelles mais aussi une partie d’Europe Centrale (les Polanes fondèrent ainsi la Pologne tandis que les Serbes envahissaient l’empire byzantin). Ces Slaves formèrent l’essentiel du peuplement russe, influencé au nord par des peuples finno-ougriens, eux aussi européens. A ce peuplement de départ, il faut ajouter plusieurs autres peuples venus d’Europe, notamment les Goths puis les Varègues (Suédois).

C’est par la rencontre entre les Slaves de l’Est (futurs Russes, Ukrainiens et Biélorusses) et les Varègues (Vikings de l’Est, surtout de souche suédoise) que naquit la Rus’ de Kiev, un des grands empires du moyen-âge. La Rus’ (Русь) de Kiev reposait donc sur un système mixte, avec apports germaniques et influences occidentales précoces. Il suffit de songer au mot « roi » en russe qui provient soit du germanique *kuningaz (князь), soit du nom franc Karl/Carolus (король). Sa religion était issue du paganisme slave, mâtiné d’éléments scandinaves, autour notamment du culte de Perun/Thor et de celui de Volos/Odhinn. La mythologie slave en effet est clairement indo-européenne donc européenne, analogue à celle des Baltes, des Germains et des Celtes. De même, les Slaves possédaient l’équivalent des druides celtes, avec leurs « mages (волхвы).

Jusqu’aux invasions mongoles du XIIIème siècle, l’histoire de la Russie ne diffère pas du reste de l’Europe. Les « Russiens » choisirent l’orthodoxie grecque plutôt que le catholicisme latin pour des raisons d’opportunité et de géographie, l’un et l’autre étant par ailleurs européens. Soumise à un joug tatar et musulman de plus de deux siècles, la Russie n’en conservera que quelques termes. Prétendre que cela aurait fait de la Russie un pays eurasiatique serait comme d’affirmer que l’Espagne est eurafricaine. Quant au « despotisme oriental » qu’on prête aux tsars, c’est de toute évidence une exagération occidentale. Même si la Russie a été coupée des évolutions du reste de l’Europe, ses structures comme le servage l’ayant maintenu dans un relatif archaïsme, cela n’en fait pas moins un pays européen. Elle a su rattraper une bonne partie du retard et le communisme l’a maintenu dans un conservatisme sociétal plutôt bénéfique à une époque où le reste de l’Europe semble atteint de sénilité précoce.

La Russie n’est pas occidentale, et d’ailleurs l’Occident même n’existe pas vraiment, car on confond sous ce terme l’Europe et ses (anciennes) colonies de peuplement, émancipées au XIXème siècle pour la plupart. Mais elle n’est pas non plus asiatique. Il ne faudrait pas se tromper en considérant son expansion territoriale en Asie à partir d’Ivan IV en 1588, et notamment sa conquête de la Sibérie, comme ayant changé la nature du peuple russe. Lorsque la Russie s’empare de la Sibérie, c’est au nom de la civilisation européenne, c’est une extension de l’Europe qui s’impose en Asie. Les peuples non-européens de Russie, que ce soit en Russie d’Europe (au sud-est) ou en Russie-Sibérie, ne sont pas des russes, mais des peuples soumis à la Russie. Ils ne changent donc pas la nature de la Russie, tout comme les DOM-TOM ne font pas de la France un pays africain, océanien ou méso-américain.

Occidentalistes et slavophiles s’opposaient donc stérilement. Cette opposition factice rappelle celle entre Renan et Fichte, alors que la conception française de la nation n’était pas moins ethnique en vérité que celle de son voisin germanique. Car la Russie est européenne aussi parce qu’elle est slave et dans cet hiver identitaire elle est même désormais plus européenne que la France. Elle aura certainement un rôle important à jouer dans le relèvement civilisationnel de l’Europe que nous appelons de nos vœux. Il faut également espérer que Poutine restera insensible aux sirènes eurasistes. La marginalisation récente de Douguine laisse penser qu'il n'est pas dupe.

Thomas FERRIER (Le Parti des Européens)

16:48 Publié dans Analyses, Histoire | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : eurasisme, europe, russie, douguine, usa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Bonjour, la thèse sur l'origine des slaves dans le bassin du Pripet est abandonnée, elle confortait certains nationalismes, les historiens polonais modernes grâce aux nouvelles trouvailles archéologiques le situent à l'ouest de l'Ukraine, une zone comprenant la Moldavie actuelle et dans un triangle entre cette dernière, la Slovaquie et Kiev.

Écrit par : Benoit | 29/03/2016

@ Benoit
Les nouvelles théories semblent confirmées par la génétique moléculaires, qui relient biologiquement une partie très importante des Slaves, aux porteurs, manifestement pré-indo-européens, des cultures néolithiques basses et moyennes danubiennes ainsi que nord-ouest-pontiques. Il va sans dire que la slavisation de ces régions est un phénomène plus tardif.

@ Thomas

Dans une interview récente (sur TV réalité), Douguine lui-même montre qu'il n'est pas si éloigné dans le fond de votre Europe-Nation. Voyez son axe Paris-Berlin-Moscow synergique continental ou bien encore sa défense des identités traditionnelles et ethno-historiques auto-centréés dans le cadre d'un monde multipolaire. Son entité continentale euro-russe serait peut-être juste moins occidentale et plus ouverte sur les influences méditerranéens et eurasiatiques que ne le serait la vôtre (comme l'était du reste Byzance par rapport à l'Occident).

Écrit par : anton Cusa | 29/03/2016

Il y a un lien génétique et culturel de 80% entre polonais, russes, slovaques et ukrainiens, il s’affaisse légèrement en République tchèque, pour les slaves du sud ils sont fortement imprégnés de populations méditerranéennes tant sur le plan racial mais surtout dans leurs habitudes culturelles (nourriture, musique, vestimentaire), à ce niveau les slaves du sud plus proches des grecs et des turcs que des slaves du nord.

Écrit par : Benoit | 29/03/2016

...sur les influences méditerranéennes..

Écrit par : anton Cusa | 29/03/2016

toujours est-il que les deux branches du même tronc européen (et non pas occidental) gagneraient aujourd'hui plus que jamais à s'unir

Écrit par : anton Cusa | 29/03/2016

Vous savez que je ne crois pas "au tronc européen", la génétique que vous mettez justement en avant le prouve assez bien, néanmoins on est assez en accord sur les slaves.
Concernant les indo-européens je suis fortuitement tombé il y a une heure sur un article, ces derniers pourraient être originaires d'Arménie, ce qui invalide l'européanité géographique des indo-européens, côtoyant ainsi à 1000 bornes près les sémites du croissant fertile et les sumériens du bas Euphrate, le Proche-Orient est de toute évidence l'épi-centre de diffusion des races caucasoïdes, la scission entre caucasoïdes de langues indo-européennes et les langues des autres caucasoïdes s'étant simplement déroulée à une période plus reculée, raison pour laquelle on trouve des traces communes entre langues de familles linguistiques très différentes.

Écrit par : Benoit | 29/03/2016

Benoit, Vous confondez, une fois n'est pas coutume, européanité et proto-Indo-Européens...Pour ce qui est de l'européanité, de nombreux arguments consistants vous ont été proposés ici-même à de nombreuses reprises. Inutile donc de discutailler. Je n'ai guère la patience que pour les quelque remarques suivantes. S'agissant de la genèse des proto-Indo-Européens, la théorie de très loin privilégiée aujourd'hui par les chercheurs sérieux les situent chronologiquement et géographiquement vers la fin de chalcolithique dans la région pontico-caspienne. Le peuplement europoïde pré-indo-européen d'Europe (méditerranéen, nordique, dinarique, etc.) n'était pas du reste vraiment sémite (arménoïde), mais était bien plutôt issu d'un mélange entre indigènes cromagnoïdes proto-européens et agriculteurs asianiques d'Anatolie (les Indo-Européens d'Europe se grefferont sur tout ce beau monde par la suite pour parachever à l'âge du Bronze les fondements ethno-linguistiques et macro-culturels de l'Europe). Les porteurs des premières grandes civilisations néolithiques d'Europe, localisées non pas sur les rives de Méditerranée mais en Europe moyenne, danubienne et nord-balkanique (dès -6000 environ) étaient d'ailleurs très majoritairement issus des proto-Européens du paléolithique.

Écrit par : anton Cusa | 29/03/2016

"la situent" et non pas "les situent"

Écrit par : anton Cusa | 29/03/2016

L'origine arménienne (géographique) des Indo-Européens est simplement invraisemblable. Cela me rappelle Renfrew et sa théorie anatolienne. Le foyer des PIE doit nécessairement avoir conservé les traditions les plus archaïques. Cela nous place donc au niveau de la Lituanie et en tout état de cause au cœur de l'Europe. Le vocabulaire comparé est la base de toute reconstruction, c'est donc lui qui définit ce foyer.

Pour le reste, je maintiens que la thèse de l'indigénat indo-européen d'Europe est la plus logique et satisfaisante, même si la théorie de la "continuité paléolithique" a aussi des faiblesses.

L'homogénéité de la population indo-européenne interdit de séparer génétiquement Indo-Européens et non indo-européens. En fait, ces Proto-Européens comprennent les Indo-Européens en leur sein (variante est-européenne) ou sont les Indo-Européens.

Par ailleurs, tous les groupes linguistiques "caucasiens" (au sens anthropologique du terme) sont de toute façon apparentés.

Les Afrasiens semblent être ceux partis du foyer originel "nostratique" le plus anciennement, jusqu'à peupler l'Afrique du nord et de l'est, ainsi que la péninsule arabique.

Écrit par : Thomas FERRIER | 29/03/2016

Malgré qu'ils aient conservé à l'évidence le plus d’archaïsmes linguistiques d'un point de vue indo-européen, le groupe des Baltes est pourtant celui qui est probablement le plus composite à point de vue génétique en raison du très fort substrat finno-ougrien et ouralien (très fort pourcentage de l'haplogroupe N1C1 et civilisations matérielles préhistoriques distinctes de celles du reste de l'Europe (culture de Kunda, de la céramique à peigne, etc.).

Bien qu'ils aient réussi à imposer leur langue, les Indo-Européens ont rencontré de nombreuses populations ouraliennes dans le nord-est de l'Europe, auxquelles ils se sont mélangé pour donner naissance aux proto-Baltes (cultures de Fatianovo-Balanovo, de Volosovo, etc.)

Écrit par : Anton Cusa | 29/03/2016

la distinction entre IE et indigènes pré-indo-européens indo-européanisés par la suite (en l’espèce Ouraliens) est donc encore plus évidente dans le cas des Baltes.

Écrit par : Anton Cusa | 29/03/2016

Simple projection.

Dernièrement les généticiens allemands ont pu reconstituer le code génétique d'un néandertalien, selon les dernières recherches ce dernier n'a pas disparu mais a tout simplement été absorbé par les sapiens, il y a encore 10 ans ils pensaient le croisement entre les deux espèces impossible, or selon eux 5% du bagage génétique des européens et asiatique (mais moindre) est néandertalien excepté les africains. Serait il possible que les européens se distinguent des autres caucasoïdes simplement par une plus grande dose de gènes néandertaliens?
En outre j'apprends que les peuples de l'est et d'Asie centrale ont absorbés des gènes de -dénisoviens- une espèce ouralienne qui n'est ni sapienne, ni néandertalienne. Il est même probable selon eux qu'il y a des traces d'homo erectus chez les asiatiques.
Soit, dans tout ce fatras de données au plus je les remue au moins je trouve "l'européen". Moi les seuls liens concrets entre européens que je vois c'est une certaine slavitude et germanitude avec à côté plus au moins un monde celto-latin et latin mais qui n'est pas lié par la race, par exemple un italien du sud n'est pas de la même race qu'un français du nord ou qu'un roumain (ce dernier étant plutôt un slave latinisé).

Qu'en pensez-vous?

Écrit par : Benoit | 29/03/2016

Moi je dirais que la seule européanité est une sorte de verni additionnel incarnée par la pensée qui fut développée en Europe créant ainsi une civilisation soudant le bloc germanique, slave et latin, mais il s'est constitué un bloc concurrent qui est le bloc anglo-américain qui empiète de plus en plus sur la civilisation européenne.
Tous les constats indépendants de Thomas Ferrier je les crois authentiques, ses analyses ne sont pas soumises au politiquement (et au religieusement) correct, cependant elle n'ont pas de portée concrète, ce qu'une supposée entité indo-européenne païenne a laissé ne s'est pas perpétué.

Écrit par : Benoit | 29/03/2016

Je pense personnellement qu'en raisonnant de la sorte, on en viendrait tout uniment à nier tout aussi bien la consistance de réalités telles que la slavité, le germanisme, la latinité, etc.

La plus petite subdivision clanique et tribale se laisserait d'ailleurs aisément déconstruire et démythifiée en se livrant à de tels jeu d'esprit - tel lignage a imposé sa mémoire, ses marqueurs identitaires et ses emblèmes aux autres lignages, agrégés au premier au hasard des alliances, selon un schéma davantage réticulaire protéiforme que phylogénétique et linéaire. Ces raisonnements auxquels vous invitez ne sont que purs sophismes.

Écrit par : anton cusa | 29/03/2016

Toujours est-il que vous avez raison d'invoquer l’antagonisme et la divergence, toujours d’actualité, entre thalassocraties anglo-saxonnes atlantiques ouvertes démesurément sur l'extra-Europe et tellurocraties européennes (Allemagne, France, Russie). Il est à noter que, faute de pouvoir réaliser une tellurocratie européenne à l'heure de l’éveil des nations, ce pays de très haut rang qu'était la France a sacrifié elle-même à des aventures thalassocratiques lointaines et universalistes follement euro-décentrés. Elle ne cesse d'ailleurs aujourd'hui d'en subir les conséquences.

Écrit par : anton cusa | 29/03/2016

euro-décentrées

Écrit par : anton cusa | 29/03/2016

....ce pays de très haut rang qu'était la France a sacrifié LUI-même à...

Écrit par : anton cusa | 29/03/2016

@ Benoît

Je pense que la présence de gènes "néanderthaliens" par hybridation est une mésinterprétation des données. Cela prouve juste qu'il y a des gènes communs à Néanderthal et à Cro-Magnon. Cela peut donc s'expliquer aussi bien par une ascendance commune des deux, à partir d'un homo sapiens européen archaïque (homo antecessor). Une opposition donc entre un homo sapiens hyper-spécialisé pour climat glaciaire et un homo sapiens des steppes, plus adapté au changement climatique.

Il est hautement invraisemblable que sapiens ait évolué à partir de son origine africaine (à laquelle je ne crois pas, je précise) de manière strictement identique aux descendants d'erectus, et il est douteux qu'une hybridation par définition relative ait abouti à transférer les gènes "climatiques" de l'un à l'autre.

Il faut donc plutôt considérer que, au-delà d'évolutions aberrantes, il y a eu une sapientisation en deux étapes à partir de la séparation d'homo erectus indivis, et non une hybridation entre un homo sapiens venu d'Afrique et des populations antérieures.

Écrit par : Thomas FERRIER | 30/03/2016

Merci, le schéma dominant sur les branches humaines préhistoriques n'est effectivement pas partagé par tous les chercheurs.

Cependant au niveau adaptation morphologique au climat rude ce seraient plutôt les asiatiques qui l'incarneraient, on constate d'ailleurs que les habitants autochtones du grand nord sont quasi tous de type mongoloïde, on n'y trouve pratiquement pas de races autochtones de type européen, la morphologie caucasienne serait en réalité adaptée à la zone climatique tempérée. Je trouve que c'est déjà un indicateur qui permet déjà de supputer pas mal de choses sur l'origine territoriale de la race proto-blanche qui pour moi pourrait se situer quelque part dans une zone comprenant la Turquie, le croissant fertile, l'Iran, voir la péninsule arabique et l’Afghanistan. Il pourrait aussi se situer au nord de la mer noire et de la Caspienne, ou dans le centre de l’Oural ou le Kazakhstan, mais le problème avec cette version c'est que ces régions sont racialement intermédiaires entre caucasiens et mongoloïdes.

Je suis un peu hors du sujet européen, pour moi c'est secondaire, il se fait que simplement je me suis toujours fortement intéressé à l'anthropologie raciale et ethnique en amateur, j'ai passé à la bibliothèque des milliers d'heures dans ce genre de lecture, malheureusement le politiquement correct et l'antiracisme dictatorial organise la négation de la variété humaine, ces ouvrages deviennent de plus en plus rares, tout a basculé dans les années 70, il est désormais interdit de parler de races humaines, ce que je trouve parfaitement stupide, je ne vois pas ce qu'il y a de dramatique dans le faite qu'il existe plusieurs variétés d'hommes??

Écrit par : Benoit | 31/03/2016

@ Anton

La région la plus conservatrice d'Europe en matière de conservation de la langue est bien la Lituanie. Il est exact qu'il y a eu à proximité des populations de langue finno-ougrienne (les Lives) mais faut-il voir dans les Baltes des Finno-ougriens indo-européanisés ou au contraire des Indo-Européens légèrement affectés par des invasions finno-ougriennes. Par ailleurs, langues ouraliennes et indo-européennes ont toujours été proches géographiquement, et même avec les langues indo-iraniennes avant que celles-ci ne "partent" en Asie.

Il n'y a donc pas lieu d'opposer spécialement Indo-Européens et Finno-Ougriens, dont la génétique ne diffère guère, tout cela n'étant que des variations sur un même thème, et j'englobe ici aussi bien les Basques ou les peuples du Caucase.

Quant à la religion, les paganismes d'Europe, indo-européens comme non indo-européens, se ressemblent férocement. Mais il est possible que l'inversion de genre du soleil et de la lune en pays germanique et balte soit liée à une influence finno-ougrienne (puisque en Finlande, Paiva est la déesse du soleil et Kuu le dieu de la lune). On notera d'ailleurs un "air de parenté" entre Paiva et le grec Phébus (Phoibos). Les Hyperboréens étaient-ils les Finnois ?

Écrit par : Thomas FERRIER | 30/03/2016

@ Thomas

Si vous permettez un petit exemple comparatif tiré de mon expérience propre, je dirais que vous me faites songer là à certains chercheurs roumains qui, très attachés pour des raisons plutôt idéologiques, à l'idée d’autochtonie et de continuité, se figurent que, nonobstant leur immense extension spatiale (voir plus bas), les différents dialectes roumains eussent pu développer leurs traits structurels si convergents et caractérisés d'une manière indépendante, spontanée, parallèle et séparée sur ces différents points géographiques isolés les uns des autres (dépourvu de continuum véritable) sans que leurs locuteurs initiaux tirassent le moins du monde leur origine d'une zone nucléaire commune (nécessairement bien plus restreinte) quittée depuis par quelque dispersion migratoire. Cette extension spatiale se résume comme il suit : d'ouest en est : de la péninsule d'Istrie et de la Moravie tchèque au Bug inférieur et à la Thrace ; du nord au sud : de la Pologne carpatique jusqu'aux montagnes de Thessalie (avec des colonies en Eubée, dans l'Attique et jusqu'en Laconie, voire même au-delà, en Crète, au pays des Sfakiotes).

En forçant quelque peu le le trait, la roumanisation, tout la comme, à une tout autre échelle, la sapientisation, seraient dans tous les cas de purs produits spontanés du sol capables de générer, d'une manière indépendante, sur tous les points du globe et sans continuum, des liens de parenté linguistiques ou génétiques très étroits ne se prêtant à aucune explication phylogénétique (polygénisme donc).

Écrit par : anton cusa | 30/03/2016

@ Thomas,

Les mélanges immémoriaux déroulés en Europe du nord-est entre les Indo-Européens (de la céramique cordée en l’occurrence) et les ouraliens relèvent en effet de l'évidence, c'est précisément ce que je me tuais à vous dire. Je précise que, contrairement à la Pannonie, que les Hongrois ont envahi tardivement après avoir longtemps séjourné dans la Grande Steppe, la présence des Ouraliens dans le nord-est de l'Europe est très ancienne, plus ancienne même que celle des IE.

Autre remarque : si les relations étroites entre les IE indivis d'Europe de l'Est et les Ouraliens semblent bien avérés, il n'en va évidement pas de même pour les civilisations néolithiques d'Europe moyenne, balkanique ou méditerranéenne. Pour ce qui est en fin de la génétique, celle-ci atteste que les Ouraliens ne relèvent en rien "haplotypiquement" des trois courants majeurs de peuplement qui ont colonisé l'Europe entre le Paléolithique et l'Age du Bronze, c'est à dire de l'arrivée de l'homme anatomiquement moderne aux Indo-Européens.

Écrit par : anton cusa | 30/03/2016

Les commentaires sont fermés.