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27/11/2011

Mythe n°9 : "le dieu cornu et la déesse-mère"

wicca,julius evola,bachofen,satanisme,sorcières,amazones,thomas ferrierContrairement à la vision coutumière d’un panthéon proto-indo-européen popularisé notamment par Marija Gimbutas, afin de défendre une prétendue religion pré-indo-européenne fondée sur le culte d’une déesse-mère, et en sens exactement contraire par l’ésotériste Giulio Evola, défenseur d’un modèle aristocratique et guerrier fantasmé, fondé sur une spiritualité solaire et patriarcale, les Indo-Européens disposaient, on l’a vu dans un article précédent, d’une religion polythéiste des plus classiques, avec des divinités masculines aussi bien que féminines très importantes incarnant les objets célestes et les forces de la nature. Le dieu « cornu », *Kernunos, c'est-à-dire *Pausōn (gr. Pan) et la terre-mère, *Dhghōm Matēr, étaient eux-mêmes des divinités indo-européennes .

Depuis de nombreuses années, les paléo-anthropologues cherchent à comprendre l’émergence du phénomène religieux chez l’homme moderne. Ayant retrouvé certaines représentations d’un homme-cerf et de petites statuettes féminines au large bassin, surnommées « Venus préhistoriques », ils ont alors imaginé une religion primitive fondée sur un couple de divinités formé d’un dieu cornu et d’une déesse-mère. Cette thèse a rencontré celle de Bachofen (XIXème siècle) sur le matriarcat primitif, idée que les sociétés humaines auraient reposé sur un pouvoir féminin, lié au don de la vie. Ce mythe moderne n’est au fond que l’adaptation de celui des Amazones, femmes guerrières mythiques ayant réussi à se passer complètement des hommes, à l’exception évidente de la procréation.

Des formes naïves de néo-« paganisme » moderne sont apparues au cours des années 70, reposant sur une forme d’éco-féminisme, parallèlement à des courants de néo-sorcellerie à la limite du satanisme. Popularisées par des séries américaines, comme Charmed ou Buffy, le mythe de la « bonne sorcière » a rencontré celui de la « païenne » sur le bûcher. L’idée que les sorcières honoraient Diane, ce dont les autorités ecclésiastiques médiévales et modernes accusaient certaines femmes, a eu la vie dure. Selon la démarche de ce nouveau courant ésotérique, les sorcières sont présentées comme les gardiennes de l’ancienne religion, non le paganisme classique que nous connaissons mais d’une religion préhistorique pré-indo-européenne. Le courant le plus symptomatique est la Wicca, qui réduit les divinités des différents panthéons, puisque ce mouvement se veut universaliste à sa manière, à un dieu-mâle assez timide et à une déesse-mère dominatrice. On retrouve ici cette croyance en l’existence d’un panthéon primitif réduit à une dualité qui émane de certains travaux historiques aujourd’hui obsolètes.

Notons qu’il n’est pas anodin que ce mouvement soit né aux Etats-Unis, pays des spiritualités de marge et de nombreuses sectes, car il existe une mauvaise conscience spécifique du peuple américain quant au martyr des innocentes « sorcières » de Salem. Samantha (Elisabeth Montgomery) dans « Bewitched » a également considérablement popularisé cette image d’une douce enchanteresse.

En réalité, le panthéon indo-européen connaît à la fois une déesse-mère, qui est la Terre personnifiée, et aussi une déesse aux dimensions guerrières, celle de l’Aurore, qui peut manifester aussi bien son côté aphrodisien que son côté athénéen, aboutissant dans ce second cas à la Zoria slave munie d’une épée, à Athéna Potnia en Grèce et bien sûr aux valkyries. Parallèlement, le dieu « cornu » y existe, au sein d’un panthéon qui intégrera aussi le dieu de l’orage et le dieu du soleil et fait du dieu du ciel son souverain. Le couple originel ciel/terre, qu’on retrouve dans le serment de mariage de l’hindouisme (« asmi dyaus, asi prthivi » en sanskrit, je suis le ciel [dit le mari], tu es la terre), en est la manifestation la plus évidente. On voit bien que cette « religion » wiccane repose sur des affirmations péremptoires qui ne résistent pas à l’analyse.

Si le paganisme reconstructiviste entend restaurer la religion ancienne des Européens, en s’appuyant sur les sources historiques et archéologiques, et ambitionne d’être la réponse européenne à la décadence civilisationnelle de notre continent, le néo-« paganisme », qui se place dans une logique mondialiste mélangeant tous les panthéons (grec, nordique, égyptien, chinois… etc), est l’expression même de la bourgeoisie occidentale déclinante. Toutefois, le second porte un tort considérable au premier, avec lequel il est parfois amalgamé.

Il n’existe pas de spiritualité masculine s’opposant à une spiritualité féminine, même si les hommes se sentiront davantage proches des dieux, qui sont des modèles qu’ils doivent s’efforcer d’imiter, et même si les femmes se sentiront davantage proches des déesses, pour les mêmes raisons. Il n’existe pas non plus de spiritualité solaire s’opposant à une spiritualité lunaire, ou de dieux dominateurs et guerriers imposant leur règne à de douces et pacifiques déesses. Les élucubrations d’Evola, non dénuées d’obsessions idéologiques, n’ont pas la moindre valeur scientifique à ce sujet, mais ceux qui croient à une religion matriarcale, pour d’autres raisons, n’en ont pas non plus. Les uns et les autres déconsidèrent l’objet de croyance qu’ils évoquent. Qu’Evola ait renié le seul ouvrage vraiment païen, « Impérialisme païen », écrit en 1926, qu’il ait pu écrire, est très signifiant. Il a subi l’influence catastrophique des pérennialistes, sorte de « mondialistes » spirituels, avec en tête René Guénon, regroupant au nom d’une « Tradition » primordiale des éléments disparates des différentes religions historiques. Guénon, à la fin de sa quête spirituelle, tournant le dos à l’Europe, se convertira ainsi à l’islam.

De la même façon, la version moderne appliquée à la religion de la thèse farfelue de Bachofen n’est pas plus intéressante. Il n’existe d’ailleurs pas plus de lutte des sexes que de lutte des classes, mais une complémentarité naturelle, facteur de santé civilisationnelle. La néo-sorcellerie naît d’une méconnaissance des données historiques, à savoir la confusion entre l’assassinat de jeunes femmes innocentes sous de fausses accusations venant de prêtres inquisiteurs et le fait que ces femmes auraient réellement été des sorcières. Il est évident que certaines « sorcières » ont été condamnées pour paganisme parce qu’elles répétaient, sans en comprendre le sens, des rites traditionnels païens, alors que d’autres, accomplissant les mêmes rites mais en version christianisées, comme les feux de la Saint Jean ou Noël, n’avaient aucun problème.

Seul le paganisme reconstructiviste a la légitimité historique et culturelle nécessaire pour représenter le retour de la foi envers les dieux dans nos sociétés modernes. Il ne repose pas sur des thèses modernes appliquées à des réalités anciennes, ni sur le « spirituellement correct » imposé par les media. Le plus beau cadeau fait au christianisme, c’est de lui opposer un néo-paganisme de carton pâte, né d’inventions doctrinales d’esprits peu qualifiés en ce domaine, et destiné à justifier sur un plan religieux les dérives libertaires d’une société en déclin. Les païens européens modernes ont encore beaucoup de travail afin de nettoyer leurs écuries d’Augias.

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

Immortals - retour sur l'Olympe

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Avertissement à ceux qui n’ont pas encore été voir ce film, film que je vous recommande. Cet article dévoile des éléments clé de l’intrigue.

immortals1.jpgTarsem Singh, producteur indien, ce qui a pu influencer sa vision des olympiens, assisté des réalisateurs de 300, nous propose Immortals, en salle en France depuis le 23 novembre, un nouveau péplum en 3D utilisant les dernières technologies en matière d’effets spéciaux. Le scénario, écrit par deux helléno-américains, Charles et Vlas Parlapanides, est centré sur une Grèce de légende, au XIIIème siècle avant notre ère, à une époque proche de celle retenue par Petersen dans son Troy. A la différence du second, qui tentait de reconstituer une Grèce mycénienne crédible en guerre contre une Troie anatolienne, le film ne cherche pas le réalisme. L’Athènes classique, se retrouve ainsi propulsée sept siècles auparavant, et se voit ainsi située à côté d’un mont Tartare, et y apparaît plus brillante que l’historique.

Dans ce cadre mythologique dans lequel, à la différence de Troy et de 300, les dieux interviennent concrètement, le héros Thésée, réduit à son mythe le plus élémentaire, le combat contre le Minotaure, ce dernier étant incarné par un guerrier à masque taurin, est choisi par Zeus, qui l’a entraîné à son insu, grimé sous les traits d’un vieillard joué par John Hurt, pour s’opposer à un roi crétois dominateur et castrateur, au sens strict, incarné par le remarquable Mickey Rourke, jouant le personnage d’Hypérion (et qui est assimilable à Minos).

Comme dans Clash of the Titans, Zeus a interdit au nom d’une règle obscure aux dieux d’intervenir en faveur des humains, alors même que l’ennemi de Thésée envisage de libérer les Titans, en se servant de l’arc d’Héraclès, pour se venger de dieux inactifs face à son drame personnel. La vision de la religion est d’ailleurs très moderne, même si transposée aux dieux hellènes, opposant une forme d’athéisme d’état à une religiosité populaire méprisée. Pour les dirigeants, les dieux ne sont que des allégories poétiques, alors qu’ils sont authentiques pour les simples mortels. Ceux-ci font le choix de ne pas apparaître aux yeux des mortels, et ne comptant que sur la foi des mortels en eux-mêmes. Pourtant, il ne s’agit pas dieux distants, car ils ont le souci des hommes, mais de dieux contraints à l’impuissance.

Cette règle, toutefois, et malgré les menaces de Zeus de la faire appliquer en condamnant à mort ceux qui y dérogeraient, ce qui est étrange pour des dieux immortels, est contournée par Poséidon, Athéna et Arès. Il est assez surprenant que de tous les dieux, c’est Arès, le dieu de la guerre, très décrié dans la tradition grecque et dans la tradition mythographique moderne, qui prenne ses responsabilités, muni d’un marteau de guerre qui l’assimile ainsi au Thor nordique, en écrasant le crâne des adversaires d’un Thésée enchaîné. Il le paiera de sa vie, car en effet, dans cette fresque mythologique, les dieux apparaissent mortels, mais on comprendra à la fin qu’ils ne le sont que d’apparence.

Au final, les Titans, sortes d’anti-dieux à la peau bleue et lépreuse, se limitant à de sauvages grognements, sont libérés et obligent les dieux à combattre et à mourir pour en préserver l’humanité. Seul Zeus parvient à survivre, alors que ses frères, ses fils et ses filles meurent à ses côtés. Il emporte le corps de sa préférée, Athéna, sur l’Olympe, sans oublier de sauver Thésée, qui accède en récompense de ses actes à l’immortalité. En effet, le principe de l’immortalité de l’âme est explicitement affirmé, et le ciel se conquiert.

La dernière scène du film, vision du futur qui apparaît au jeune Acamas, fils de Thésée, explicite cette réalité, à savoir que le combat des dieux contre les titans, du cosmos contre le chaos, est éternel, et que les héros immortels combattent à côté d’eux pour protéger l’univers. Cette scène, qui rappelle le crépuscule des puissances (Ragnarök) de la mythologie germano-scandinave, évoque le principe cyclique d’éternité du monde. Certains commentateurs ont voulu voir l’affirmation de principes chrétiens, mais le film présente au contraire, même involontairement, même selon une lecture moderne des religions anciennes, une vision assez juste de l’antique paganisme.

immortals,les immortels,zeus,arès,thésée,tarsem singh,freida pinto,thomas ferrierDans un style classique et épuré, où le statuaire grec est globalement respecté, même s’il est quelque peu « brekerisé », Tarsem Singh présente une population grecque essentiellement européenne, même si pour des raisons bien connues, il a été contraint d’introduire un petit pourcentage d’acteurs afro-américains dans son casting, mais toujours dans des rôles très secondaires. On imagine les pressions qui peuvent exister outre-atlantique pour imposer un casting cosmopolite, ce qui aboutit à choisir un afro-américain pour jouer le dieu scandinave Heimdall dans Thor ou une afro-américaine pour jouer l’iranienne Roxane dans le médiocre Alexander d’Oliver Stone. Singh semble se venger lorsqu’il aborde la question de la représentation des dieux. Ceux-ci portent des armures lorsqu’ils combattent et des tenues beaucoup plus légères dans les autres cas. Il a insisté de manière évidente sur le caractère nordique des dieux, même si Zeus reste d’un brun classique et a une barbe légère, conformément à la tradition et au statuaire antiques. Le choix d’une actrice indienne, Freida Pinto, pour jouer la prophétesse Phèdre et qu’il unit au héros Thésée, jouée par Henry Cavill, est surprenant mais semble réussi. Cette union symbolique de l’Occident indo-européen d’avec l’Orient indo-européen est une heureuse trouvaille.

Si Tarsem Singh a été plus prudent que Zach Snyder dans 300, afin d’éviter de bien embarrassantes critiques malgré son origine, il a tenté de réduire la « diversité » à son minimum syndical. La vision qu’il donne des dieux de l’Olympe en est d’ailleurs l’antidote. Appréciable également est le début du film où les oracles parlent a priori en grec (moderne).

Thomas Ferrier
Secrétaire général du PSUNE

Brèves européennes… (8)

ishtarheracampanalouvre.jpgUNION EUROPEENNE

Pour tous les défenseurs d’un internet libre, outil d’information peu onéreux et non soumis au diktat de la « (non-)pensée unique », cette nouvelle réconforte. Elle apporte surtout un démenti absolu aux souverainistes qui prétendent que « la nation protège », alors que la liberté d’expression sur internet est menacée par ces mêmes états. Ce n’est pas l’Union Européenne qui a inventé « Hadopi » mais l’Etat français lui-même, sur une proposition de son président, Nicolas Sarkozy. A ceux qui prônent censure et filtres, la Cour Européenne de Justice a opposé un démenti catégorique. Sa décision va dans le sens des intérêts des fournisseurs d’accès, l’obligation qui leur est faite dans certains pays membres de l’Union Européenne de restreindre les accès aux utilisateurs pour empêcher les téléchargements illicites étant considérée comme anormale. La Cour réaffirme ainsi le principe de liberté d’accès à l’information.

Suite à cette décision, les états nationaux devront mettre leur législation en conformité et supprimer les lois qui iraient en sens contraire. La loi « Hadopi » étant en contradiction flagrante, elle devra être amendée et en grande partie vidée de sa substance. Il est vrai que cette décision manifeste une fois de plus la supériorité, dans les domaines prévus par les traités, du droit communautaire sur le droit national, mais pour une fois, elle va dans le bon sens. Ainsi, la problématique n’est pas d’opposer l’Union Européenne aux états-nations, en présentant l’une ou les autres comme des défenseurs du peuple, mais de montrer qu’en la matière tout manichéisme est absurde. Non, l’état-nation n’est pas spécialement le garant de nos libertés, la question d’internet le démontre aisément.

ITALIE

La chute du gouvernement Berlusconi, pour des raisons essentiellement économiques, a ouvert une boîte de Pandore particulièrement dangereuse pour l’Italie. Alors que celle-ci subit depuis des mois un afflux de migrants clandestins, notamment à Lampedusa, le nouveau gouvernement veut de fait encourager ce flux en modifiant son code de la nationalité. Le gouvernement technique de Mario Draghi, mondialiste autrefois au service du groupe Goldman Sachs, souhaite en effet, selon les vœux du président communiste italien Giorgio Napolitano et sous la pression du Vatican, alliés pour la circonstance, mais aussi avec le soutien de l’ex-post-fasciste Gianfranco Fini, introduire le « droit du sol » à côté du « droit du sang » en Italie. Rappelons qu’avant 2000, Allemagne, Italie et Grèce pratiquaient le ius sanguinis et devaient recourir à des procédures de naturalisation dans les autres cas. Ces garde-fous permettaient à ces pays d’envoyer un signal aux populations migrantes, leur faisant comprendre que leur citoyenneté n’était pas un droit et qu’ils ne souhaitaient pas devenir des pays d’immigration.

La fausse « gauche » en Allemagne, en 2000, incarnée par le gouvernement « social-démocrate » et « écologiste » de Gerhard Schröder, avait déjà introduit le ius soli pour faire de nombreux jeunes turcs des citoyens allemands. En 2010, la fausse « gauche » de Georghios Papandreou, a à son tour introduit ce même code dans son droit, trahissant le principe fondateur de la démocratie hellénique, établi par Périclès il y a 2500 ans. Rappelons qu’en 451 avant J.C, Périclès, qui allait devenir le principal responsable politique d’Athènes, avait mis en place un code de la citoyenneté très rigoureux puisque, pour devenir citoyen athénien, il fallait avoir ses deux parents athéniens. Depuis cette malheureuse décision, Athènes est confrontée à un flux migratoire important et à des émeutes régulières entre mouvements grecs d’auto-défense et « sans-papiers ». Les candidats de l’Aube Dorée (« Hrisi Afgi »), mouvement extrémiste de droite, ont même obtenu plus de 5% des voix aux dernières élections municipales de la capitale grecque, preuve de l’exaspération de nombreux athéniens face à ce phénomène. Tout cela avait lieu avant que la crise accable le pays ; les citoyens grecs, désormais désemparés et appauvris, en ont assez.

La chute du gouvernement de « gauche » du technocrate Romano Prodi en 2008, gouvernement qui souhaitait mettre en place une mesure analogue, a préservé pendant plusieurs années les Italiens d’une telle folie. Lorsqu’on constate aux Etats-Unis les conséquences délétères de ce « droit du sol » et que le « modèle » français, comme le « modèle » britannique, a été incapable d’empêcher des émeutes, il serait en effet proprement irrationnel de vouloir les imiter. Et c’est pourtant ce que souhaitent l’ex-communiste Napolitano et l’ex-fasciste Fini, acclamés par les mouvements « altermondialistes » et par les associations catholiques. Berlusconi, soutenu par la Ligue du Nord, avait toujours su s’y opposer. Maintenant qu’il n’est plus en place, le nouveau gouvernement est tenté de céder et d’appliquer cette mesure démagogique. Pour Napolitano, « refuser la nationalité (…) pour les enfants nés en Italie de parents immigrés (…) est une absurdité ». Bien au contraire, c’est mettre en place une telle mesure, dont on a vu le résultat piteux en France, qui est absurde. La droite italienne aura-t’elle suffisamment de fierté pour savoir s’y opposer ? Rappelons que la droite républicaine française avait souhaité dans son programme de 1986 mettre fin au « droit du sol », proposition que certains ténors de la Droite Populaire souhaitent remettre bien tardivement en avant, confrontés à la montée menaçante d’un populisme souverainiste incarné par Marine Le Pen.

BULGARIE

L’impasse populiste apparaît dans sa quintessence dans le cas bulgare. Le « Le Pen » bulgare en la personne de Volen Siderov a connu un score très médiocre, aux alentours de 3,5%, aux dernières élections présidentielles, alors qu’aux précédentes il avait été au second tour. En cours de divorce, lié selon la presse à sa relation avec une jeune députée de sa formation, il vient de mettre à la porte un de ses députés européens en la personne de Dimitar Stoyanov. La cause ? Ce dernier a mis en cause son président et la gestion des dernières élections par le parti. Il aurait dû pourtant savoir que dans ces partis, le chef a toujours raison. Ataka va donc connaître le sort du Parti de la Grande Roumanie (PRM) de Vadim Tudor, tombé à 3% des voix alors qu’il avait été également présent au second tour d’une élection présidentielle. Le populisme est une impasse politique dans tous les pays du continent européen, et il l’est bien sûr en France. Ses candidats ne sont pas crédibles et profitent simplement du désarroi des citoyens face à la mondialisation et aux maux ravageurs qui l’accompagnent. En prenant l’Union Européenne ou l’€uro comme boucs émissaires, ils détournent la légitime colère des citoyens vers des voies sans issue où leur vote se perd.

FRANCE

Et un de plus ! Après que Jean-Pierre Chevènement ait annoncé sa candidature, c’est le tour du centriste Hervé Morin. La multiplication des candidatures aux élections présidentielles légitime une élection qui ne le mérite pas et où tout est joué d’avance, à savoir que le futur président sera PS ou UMP. Nicolas Sarkozy, à peine élu président, a pu constater à quel point son rôle était en vérité mineur. La marge de manœuvre en ce début de XXIème siècle d’un président de la république française est nulle. Il n’est là que pour appliquer les mesures économiques dictées par le patronat, par les banques, par la finance internationale en général et ses agences de notation en particulier. Issu de la fausse « gauche » ou de la vraie droite, le président est contraint de mener la même politique économique, la « gauche » ayant abandonné son combat contre le capitalisme au profit d’une vision libérale/libertaire de la société, prônant la régularisation des clandestins, la légalisation des drogues prétendument « douces », l’adhésion turque à l’Union Européenne, le vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales, l’arrêt programmé du nucléaire civil et le mariage homosexuel. Quand on ne peut pas s’opposer au libéralisme économique, on applique le libéralisme politique qui est son associé naturel. La « gauche » et la droite libérale se renforcent l’une et l’autre sur le dos des travailleurs européens.

A ce jeu de dupes, les pseudo-socialistes du Front de Gauche et les pseudo-nationalistes du Front National manifestent une ire très artificielle. N’ayant aucune chance de se substituer aux deux partis préalablement cités, par leur candidature, Mélenchon et Le Pen (Marine) renforcent le système qu’ils prétendent combattre. Les « petits » candidats donnent aux électeurs l’illusion d’une véritable pluralité de choix. Il y a le camp souverainiste, qui tape sur l’Union Européenne en épargnant de fait le gouvernement (Dupont-Aignan, Chevènement, [Carl] Lang, Nihous). Il y a le camp gauchiste (LO, NPA) qui dénonce le libéralisme tout en partageant avec lui les mêmes postulats sociétaux, ou les pseudo-écologistes d’ »Europe »-« Ecologie ». Eva Joly a la phobie du nucléaire comme Marine Le Pen a la phobie de l’Europe. Mais ce sont deux ennemis fantasmés et qui au contraire assurent l’un l’indépendance énergétique du pays et l’autre l’indépendance politique (potentielle) et la puissance économique du continent. Ensuite, il y a les candidats centristes, qui incarnent la technocratie bruxelloise et l’oligarchie financière (Bayrou, Morin), et surtout naviguent sans ligne politique directrice. Il ne faudrait pas oublier les candidatures symboliques sans le moindre sens (Boutin, Lepage) ou encore les candidats communautaristes (Lozès du « CRAN »).

Le Bloc Identitaire, désormais rallié à un positionnement européiste assumé, et le Mouvement Ecologiste Indépendant, incarné par le classique Waechter, seront très certainement les absents de ce jeu électoral « truqué ». Les autres candidats feront de la figuration, permettant de donner l’illusion à encore de trop nombreux électeurs qu’il y a quelque chose à attendre des présidentielles 2012. Voulez-vous être pris en traître par la fausse « gauche » ou par la vraie droite ? 100% des votants, c’est 100% de perdants, 100% de cocus. Est-ce que vous préférez la politique économique mondialiste appliquée par la « gauche » ou par la droite, alors que c’est à peu de choses près la même ? Au premier tour, on vote blanc. Au second tour, on vote blanc. Et aux élections européennes, on vote européen, on soutient le PSUNE !