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28/05/2016

Loi El Khomri. Gouvernement et syndicats dans l'erreur

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El Khomri,CGT,Hollande,article 2A propos du bras de fer entre l'exécutif et les syndicats radicaux, on entend dire que la responsabilité des troubles est partagée. François Hollande joue le peu de crédibilité qu'il lui reste, lui qui prétend "réformer jusqu'au bout". Et la CGT joue sa place de première centrale syndicale, et même son influence future dans la mesure où elle est moins à l'aise dans le dialogue dans l'entreprise.

Nous allons commencer d'une façon qui va à l'encontre des commentaires du monde médiatique, de la position d'un économiste comme Nicolas Bouzou et de ce qu'on entend dire à droite. Il faut donner raison à la CGT et à FO sur un point : il est normal de défendre ce qu'on appelle la règle dite de "faveur" en matière de normes, à savoir le loisir pour une branche de négocier seulement un accord plus favorable aux salariés que la norme nationale, puis pour une entreprise de négocier seulement un accord plus favorable que celui de sa branche.

La norme nationale, dont on espère qu'elle sera une norme européenne, fixe une protection de base pour les salariés, quant aux horaires maximaux, quant aux rémunérations minimales ou quant aux garanties diverses. Ensuite les branches professionnelles d'un côté ou les régions de l'autre peuvent négocier de meilleures protections. En effet toutes les professions n'ont pas les mêmes contraintes et toutes les régions la même histoire. Enfin les entreprises peuvent en négocier de meilleures encore. C'est un peu comme avec la sécurité sociale et les mutuelles. Un minimum local ne peut pas être inférieur au minimum général.

Les deux syndicats ont raison de dénoncer les conséquences de l'inversion des normes, qui fait l'objet de l'article 2 de la loi El Khomri, surtout dans le rapport entre l'entreprise et la branche professionnelle. En effet, par l'effet de la concurrence que feront jouer les donneurs d'ordre, si une entreprise d'un secteur commence à revoir la protection de ses salariés pour baisser ses coûts de production, les autres entreprises du même secteur devront s'aligner pour conserver leurs parts de marché. C'est ce qu'on appelle le dumping social.

Maintenant cet argument fort défendable contre la loi El Khomri sert surtout de prétexte aux syndicats radicaux pour refuser tout changement par principe. Comme on le verra, cela cache quelque chose de plus grave.

Dans une situation difficile, comme beaucoup de pays en ont connue à la suite du scandale des subprimes, il peut arriver que l'on doive abaisser le niveau général des protections. En Irlande les salaires ont perdu 15 % de leur valeur, mais les loyers ont fait de même, et la population l'a supporté. La différence entre ce qu'on peut appeler une purge et l'inversion des normes est que la première est a priori temporaire, liée à une situation supposée passagère, alors que la seconde est définitive, parce que résultant d'un changement de paradigme.

Ainsi, devant le désastre du chômage de masse, il faudra se poser la question de l'adéquation du niveau de protection sociale. Ce n'est pas forcément pour se précipiter dans l'abaissement de ce niveau, mais pour l'envisager. Auparavant, on aura dû se poser une question plus fondamentale : quelles sont les raisons pour lesquelles une telle hypothèse est à considérer?

Et l'on aura dû intégrer dans le raisonnement l'afflux massif et incontrôlé de migrants auxquels on entend offrir les mêmes protections qu'aux autres. On a le droit de prôner toute forme possible de générosité, mais pas d'en ignorer le coût.

On notera que la droite a mis en avant dans son programme la seule arme efficace pour défendre la compétitivité française : c'est l'augmentation du taux de TVA pour tout ce qui peut être produit ailleurs. C'est ce qu'on appelle une dépréciation fiscale de notre monnaie : un euro vaudra moins en France qu'en Allemagne pour acheter un produit chinois. Qu'on le veuille ou non, cela se traduira dans un premier temps par un abaissement réel des salaires, du moins si l'on veut que la mesure soit efficace. Autrement dit, ce sera une petite purge.

Dans ces conditions, pourquoi vouloir infliger en plus aux salariés le principe définitif de l'inversion des normes?

Si l'on relit de près ce qui vient d'être écrit, on s'apercevra qu'on a quitté le domaine du syndicalisme pour gagner celui de la politique. Ce que veut interdire la CGT est tout simplement un changement politique. Le problème n'est pas tant que la CGT, plus que FO, soit d'une raideur insupportable. Le problème est qu'elle se mêle de politique. Elle a fait voter Hollande contre Sarkozy. Elle ferait bien tomber Hollande qui a trahi … ses électeurs. Si la droite revient au pouvoir en gagnant les présidentielles et les législatives, elle entend bien faire un troisième round social. La première règle que la France aujourd'hui, et l'Europe demain, devra se fixer est l'interdiction pour les syndicats de faire de la politique.

Le plus choquant, dans le cas des syndicats mentionnés, est qu'il se permettent de déborder de leur rôle, alors même qu'ils pas de légitimité. Ils ne représentent, au mieux, qu'une petite minorité de salariés, essentiellement dans la fonction publique qui plus est.  

Regardons maintenant du côté de l'exécutif et de François Hollande. Pourquoi a-t-il défendu cet indéfendable article 2 ? Parce qu'il n'a pas eu le courage d'avouer l'échec d'une politique d'assistanat coûteux projeté jusqu'au-delà de nos frontières, et d'annoncer cette petite purge dont le pays ne peut plus se passer. Il veut tout simplement confier le sale boulot aux entreprises. La guerre autour de la loi El Khomri est le résultat d'une hypocrisie, d'une couardise, d'une malhonnêteté de l'exécutif.

Et François Hollande est mal placé pour contester la politisation des syndicats. Il  l'a voulue et il a bâti son élection là-dessus. Il est également mal placé pour contester la violence qui sévit dans les manifestations. Il a tout permis à l'extrême gauche, comme aux antifas qui ont cassé les vitrines après le décès de Clément Méric. Il a cédé devant les prétendus écolos qui ont fait la loi à Sirven. Il a laissé faire pour l'aéroport de Nantes. Peut-il se montrer intraitable aujourd'hui autrement qu'en paroles ?

Pierre EISNER (Le Parti des Européens)

08/05/2016

Lettre ouverte à un ami d'extrême gauche

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extrême gauche, syndicalisme,mondialisme,Europe,socialismeVotre discours est toujours le même. Il glorifie, partout et en toute occasion, la lutte des gentils travailleurs contre les méchants patrons ou contre l'état employeur, justifie toutes les grèves, toutes les manifestations organisées par les syndicats les plus durs. Il existe pourtant des éléments qui devraient vous amener à réfléchir.

Vous soutenez, par exemple, aussi bien les ouvriers en grève en Allemagne et en France. N'avez-vous pas remarqué que les règles du travail ne sont pas les mêmes dans les deux pays et que les intérêts des ouvriers peuvent se trouver antagonistes ? Ce qui peut être bon pour les uns peut être mauvais pour les autres.

Les gouvernements des pays dans lesquels vous vous opposez à l'action sont issus d'élections. Dans ces dernières les riches exploiteurs sont beaucoup moins nombreux que les pauvres opprimés. Comment expliquez-vous que ce soient les intérêts des moins nombreux qui l'emportent ?

Prenons un exemple qui est, dans son principe à défaut des détails, hélas très répandu. Dans un bassin d'emploi déjà sinistré, une entreprise connaît de graves difficultés. Elle propose d'abaisser les salaires de ses ouvriers pour équilibrer ses comptes. Que va-t-il se passer ?

Les ouvriers et leurs syndicats acceptent les propositions de la direction et l'entreprise est momentanément sauvée. Mais rien ne dit que le problème ne va pas finir de se représenter.

Les ouvriers et leurs syndicats refusent ces propositions. Les difficultés de l'entreprise s'aggravent rapidement jusqu'à la faillite. Tout le monde perd son emploi.

On voit que, devant une telle situation, il ne peut y avoir que de mauvaises réponses. Rien ne sert de prôner la lutte, d'organiser la grève, de monter des actions violentes. Tout ce qui peut être tenté ne fait qu'accélérer le désastre.

Vous allez me dire que s'il n'y a rien à faire c'est parce que le problème ne se situe pas au niveau de l'entreprise. Vous avez parfaitement raison. Mais vous ne voudrez pas dire que si le bassin d'emploi n'avait été sinistré, l'entreprise aurait pu se séparer d'une partie de ses effectifs, lesquels auraient trouvé du travail dans des entreprises voisines en développement. Peu importe.

Si le niveau adéquat n'est pas celui de l'entreprise, alors quel est-il ? Il faut savoir que le plein emploi dépend de deux facteurs : les biens dont la production est utile et les personnes employables à cette fin.

La réponse qui vient aussitôt à l'esprit est celui de l'état, à savoir par exemple la France. C'est à ce niveau qu'est organisé le vote du peuple et qu'on pourrait raisonnablement attendre des décisions. Malheureusement nous vivons une période où la production des biens nécessite souvent une échelle plus grande que la France et où le mouvement des personnes vers la France connait de multiples circonstances l'alimentant. On ne peut absolument rien faire contre le premier fait. Accessoirement vous vous opposez à toute restriction pour le second. Ce niveau est donc inadéquat. Et cela ne dépend pas de la bonne volonté des électeurs et des dirigeants. C'est une chose que vous auriez pu noter, plutôt que de vous accrocher, comme les souverainistes, à l'élection présidentielle.

D'ailleurs on a déjà créé une zone de libre-échange en Europe. A ce niveau on dispose de la bonne échelle pour produire des biens nécessitant de gigantesques investissements. Cependant vous n'êtes pas seul à vous opposer à une solution à ce niveau. Du côté des personnes, l'organisation de l'Europe est si incohérente que le contrôle des frontières y est inopérant. Et surtout, du côté de biens, cette zone de libre échange n'est qu'un prétexte pour entrer dans un libre-échange mondial, dans lequel on n'attend même pas de réciprocité. Peut-être allons-nous échapper au TAFTA, mais ce ne sera que partie remise. Les pauvres Européens n'y peuvent rien. Il n'y a pas, à ce niveau, suffisamment de démocratie pour espérer un changement. Et de cela vous parlez peu.

Il ne reste donc que le niveau mondial. Le problème est que s'il y a peu de démocratie au niveau de l'Europe, il n'y en a pas du tout au niveau mondial. Surtout il n'est pas possible qu'il y en ait. De grands blocs existent qui entendent bien garder leur autonomie. Il s'agit bien de la Chine ou de l'Inde que des Etats-unis d'Amérique. De plus les disparités de développement entre les continents rendent impossible toute harmonisation. Qu'il y a-t-il de commun entre des revendications salariales en France et au Bengladesh ? Pire encore, les disparités culturelles sont insurmontables.

Tout semble donc bloqué. Heureusement ce n'est pas vrai. Il y a un niveau où les choses peuvent changer. C'est celui de l'Europe, puisque ce n'est pas son concept mais son organisation qui est en cause. La réponse est donc extrêmement simple. Il suffit de transférer un système démocratique rendu inutile au niveau des états vers un équivalent au niveau de l'Europe. Cela s'appelle l'intégration européenne. Qu'attendez-vous pour y penser ? Ne trouvez-vous pas que, pour se voiler la face, les souverainistes n'y suffisent pas ?

Pierre Eisner (Le Parti des Européens)

11/07/2015

Grexit-Franxit

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Grexit,Franxit,PSUNELe titre provocateur que j'ai choisi peut laisser penser que je prédis la sortie de la France de la zone Euro. On peut se rassurer sur ce point; la France ne sera pas exclue dans l'immédiat. Mais la Grèce ne le sera pas non plus.

En revanche la Grèce va rester un boulet pour l'Europe pour encore des années. Et, de son côté, la voix de la France ne comptera plus du tout en Europe. Chaque pays sera, à sa manière, un paria.

On est loin du temps où l'Allemagne tendait la main à la France pour mettre en place un gouvernement économique commun. Cette main a été tendue trois fois et elle a été trois fois repoussée. Avec la présidence Hollande c'est dès le départ, dès la campagne électorale, que le refus français est devenu définitif. L'Allemagne ne fera pas une quatrième tentative. Aujourd'hui, forte de ses succès économiques, elle se replie sur elle-même.

Il y a un point commun entre la Grèce et la France, c'est la perte de crédibilité.

Alexis Tsipras a tout fait pour en arriver là. Elu sur la base de promesses démagogiques, il a fait semblant de maintenir un dialogue avec les autres états européens sur des bases aux antipodes de ses promesses. Alors que l'échéance fatale se profilait, il a renouvelé ses promesses baptismales en provoquant un référendum qui a rejeté les exigences des états européens, pour capituler aussitôt, au moins en paroles, devant les créanciers de son pays.

Les dirigeants européens n'ont pas confiance en Tsipras, Wolfgang Schaüble encore moins que les autres. Les investisseurs n'ont pas confiance en la Grèce. Les Grecs n'ont pas confiance dans leur système bancaire. En réalité, ce n'est pas un problème grec. C'est un problème européen. Quand une famille connait un membre malade, elle l'aide, sans mettre de conditions, mais sans le laisser se soigner tout seul. Il faudrait mettre en place un petit gouvernement économique européen en Grèce pour quelques années, gouvernement dans lequel Tsipras siègerait mais qui ne serait responsable que devant le seul parlement européen. Il faudrait remplacer les banques grecques par des banques européennes, soumises aux seules lois de ce gouvernement européen, pour faire revenir les capitaux exilés et rassurer les citoyens. Et il faudrait lancer l'économie grecque avec des capitaux européens. On ne parlerait pas de la dette.

Evidemment cela supposerait une réforme du parlement européen. Et cela supposerait que la souveraineté illusoire que les Grecs s'imaginent avoir encore soit mise au rang des accessoires. Et cela supposerait surtout que les autres citoyens européens acceptent l'idée de connaître un jour le même sort. Il faudrait donc beaucoup de courage politique à tous, ou alors une révolution en Europe.

En France, François Hollande a perdu tout crédit. Déjà la France, comme la Grèce, n'a jamais été capable de respecter ses engagements. Mais, ces derniers temps, Hollande n'a pas fait mieux que Tsipras. Elu, de la même façon, sur la base de promesses démagogiques inspirées par une idéologie hostile à l'entreprise, il a noué depuis plus d'un an un dialogue ambigu avec un patronat aussi peu fiable que la commission de Bruxelles. Ces derniers jours, avec Manuel Valls, il n'a cessé de défendre en France le maintien de la Grèce dans la zone Euro, tout en se comportant en Europe en lavette dans le bras de fer entre Tsipras et Merkel. Ce n'est pas pour dire qu'il faille souhaiter la sortie de la Grèce. Cependant il faut expliquer ce qu'il convient de faire pour l'éviter. Or la virulence de Merkel n'a n'égale que la torpeur de Hollande.

Evidemment la situation française est moins grave. Mais la solution sera la même que pour la Grèce : un gouvernement économique européen. Si l'on veut aller au bout du raisonnement, cela veut dire un gouvernement européen tout court. C'est-à-dire remplacer les états actuels par un état européen. C'est le programme du PSUNE.

On notera que la Russie a tendu aussi la main à l'Europe. Vladimir Poutine a défendu la "maison Europe", s'exprimant en allemand devant le Bundestag. Que fait-on aujourd'hui ? On pousse la Russie dans les bras de la Chine. Or seule la Russie peut nous sauver, au sein de cet Etat européen dont nous avons besoin.

Pierre EISNER (PSUNE/LBTF)

15/08/2012

Vers l'Europe fédérale à la sauce allemande ?

 
sinn_hans_werner_c_bien_at_ifo.jpgJe suis le premier à déplorer vis-à-vis de la situation économique grecque l’intransigeance dont le gouvernement d’Angela Merkel fait preuve, car c’est beaucoup demander, et j’ajoute beaucoup trop demander d’efforts aux Grecs alors que leur nouveau gouvernement ne pourra pas de toutes façons prendre à son échelle les mesures indispensables, car ce n’est pas une simple réforme du fonctionnement du pays qu’il faudrait entreprendre, et parce que je doute que Samaras prendra des mesures de rétorsion vis-à-vis du lobby des armateurs ou bien du lobby orthodoxe.

Le souverainisme à l’heure d’une mondialisation féroce, et alors que les agences américaines de notation matraquent la pauvre Grèce, n’est vraiment pas l’outil adapté. Ce n’est pas en effet l’Union Européenne qui est responsable de cette situation, mais c’est l’appartenance de la Grèce à la zone euro qui oblige les autres états membres à intervenir, et heureusement pour les Grecs d’ailleurs. L’extrême-gauche et l’extrême-droite, en France comme en Grèce, se rejoignent pour affirmer l’indépendance de ce qu’ils appellent encore des « nations ». Bien au contraire, il faudrait mettre la Grèce sous tutelle européenne, étatiser les biens des églises, mettre à contribution les armateurs grecs, sanctionner ceux qui ne paient pas leurs impôts, structurer un véritable service des impôts, réviser le cadastre et modifier de nombreuses lois.

Mais est-il compatible avec la démocratie de mettre un pays européen sous tutelle, le privant ainsi de ses capacités d’action, indépendamment de l’expression populaire des citoyens par leur vote, et même si c’est pour leur bien ? Cela ne l’est pas. La seule façon de pouvoir concilier efficacité, réforme et démocratie, c’est de transférer l’expression du pouvoir du peuple à une autre échelle, à l’échelle européenne, en ce qui concerne des enjeux qui dépassent largement le cadre national classique. La crise des dettes souveraines exige une réponse européenne et non la synthèse médiocre issue de réponses nationales contradictoires. Les Grecs ne voteront plus en tant que citoyens grecs, mais en tant que citoyens européens, au même titre que les Français ou les Allemands. Ils ne voteront plus pour Syriza ou pour la Hrysi Avgi, ni pour la Nouvelle Démocratie ou le PASOK, mais directement pour le PPE, le PSE, l’extrême-gauche européenne ou une coalition de mouvements nationalistes, et nous l’espérons, pour un parti vraiment européiste et social.

La droite européenne (UMP, CDU) insisterait pour que le budget européen, et les budgets des euro-régions, car il ne faut pas mutualiser l’ensemble de la dette afin de ne pas déresponsabiliser les dirigeants politiques locaux, soient rigoureux et les dépenses maîtrisées. La « gauche » européenne (PS, SPD) insistera sans doute pour une meilleure redistribution des gains économiques de la zone euro. Puis, la prise de conscience européenne aidant, les électeurs se tourneront vers une mouvance « européiste identitaire », déterminée à encourager la relance de la natalité européenne et à inverser des flux migratoires inassimilables qui déstabilisent gravement les sociétés européennes (émeutes en France en 2005, émeutes au Royaume-Uni en 2010).

L’Allemagne a compris la nécessité d’une Europe politique de type plus ou moins fédéral. La notion, certes contestable dans la forme, d’Etats-Unis d’Europe, est désormais mise en avant par les formations politiques principales allemandes. La SPD prône un saut fédéral vers une Europe plus unie ; elle souhaite la mutualisation des dettes des 17 états membres de la zone €, ce qui serait à mon sens une erreur en l’état, et son dirigeant, Sigmar Gabriel, prône même un référendum pour modifier la constitution allemande. En Allemagne, le référendum, rappelant trop les plébiscites hitlériens, même si de nombreux allemands approuvent cette pratique référendaire, est généralement mal vu de la classe politique. C’est dire que la prise de position de Gabriel est courageuse, même si cette mutualisation est impopulaire en Allemagne, car les allemands ont le sentiment, à tort ou à raison, de payer le prix du laxisme d’autres états membres.

La CDU en la personne de son ministre du travail, Ursula von der Leyen, avait déjà pris position en 2011 en faveur des « Etats-Unis d’Europe », et Angela Merkel en 2012 a évoqué à de nombreuses reprises la nécessité d’une Europe fédérale. Mais la France traîne les pieds et ce même si François Hollande a accepté de mettre en place la règle d’or, au grand dam d’une partie de sa majorité. Le PS se révèle au final beaucoup plus souverainiste que l’UMP à laquelle il succède aux affaires nationales.

Mais c’est l’économiste plutôt conservateur Hans-Werner Sinn (voir photographie) qui, dans un article du Monde du 1er août 2012, tient un discours ouvertement européiste, un discours qui n’est pas bien éloigné de celui que le PSUNE prône depuis sa naissance. Citons les extraits les plus remarquables de son propos, qui valent davantage que de longues analyses.

hans-werner sinn,nation européenne,europe fédérale,souverainisme,de gaulle« Les pays européens devront en premier lieu former une seule et même nation, capable de garantir aujourd’hui aux créditeurs qu’ils pourront les aider s’ils venaient un jour à être dans le besoin. La nation européenne devra se doter d’une Constitution, d’une structure légale, d’un pouvoir unique assurant le respect de la loi et d’une armée commune pour se défendre contre l’étranger. (…) Malheureusement, les conditions préalables à la naissance d’une nation ne se réaliseront pas tant que les pays européens, et en particulier la France, se montreront réticents à l’idée d’abandonner une part de leur souveraineté nationale. »

Sinn met la France face à ses contradictions. Ce n’est pas en effet l’Allemagne qui rejette l’idée européenne, pas du tout même, mais bien le gouvernement « socialiste » de François Hollande. Alors que l’européisme est inscrit dans les fondements de la gauche socialiste européenne historique, la « gauche » française trahit le rêve de Saint-Simon, de Hugo, de Jaurès et de Briand. Et pourquoi donc ? Parce que la « gauche » ne veut surtout pas remettre en cause sa politique suicidaire de laxisme migratoire et sa politique d’assistanat, l’un et l’autre étant d’ailleurs souvent liés. Elle ne veut surtout pas qu’une instance européenne lui dicte une autre politique que de ponctionner les classes moyennes pour payer le coût de l’immigration et de l’insécurité. Peut-être en effet qu’une Europe politique exigerait de donner l’indépendance à Mayotte, de couper le financement des plans « banlieue » et d’appliquer une vraie politique de sécurité publique.

S’il faut que l’Europe mette en place en Grèce une tutelle rigoureuse, qui devra tenter d’épargner le plus de souffrance possible à la population grecque, tout en lui obtenant un taux d’intérêt très réduit, en s’en prenant en revanche aux « profiteurs de crise », qui sont de la même nature morale que les profiteurs de guerre, il faudra aussi que l’Europe mette sous tutelle la France et l’oblige à une politique enfin responsable, bien loin des trahisons de la « gauche » et des lâchetés de la droite depuis plus de trente ans. La France aussi doit être réformée et elle ne pourra pas l’être de l’intérieur.

Les européistes de France n’ont pas le choix. Même si le modèle allemand est par ailleurs tout à fait contestable, il faut reconnaître malgré tout que l’Allemagne va dans le bon sens. Il est vrai qu’elle se sait européenne et a compris depuis longtemps son destin continental, à la différence d’une France devenue folle et qui, dans le sens exactement opposé à celui impulsé par De Gaulle, qui était une France européenne, lorgne vers la Françafrique.

Aujourd’hui, et contrairement à ce que prétendent les souverainistes français, De Gaulle serait allemand !
 
Thomas FERRIER (PSUNE)

08/05/2010

La zone Euro et la Grèce

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tiok551t.gifLes événements récents liés à la crise grecque ont soulevé des interrogations sur la pérennité de l’Euro. Ce n’est pas un hasard si dimanche 2 mai, deux interventions brillantes, l’une de Marine Le Pen sur ITV et l’autre de Jean-Luc Mélenchon sur BFM, se sont succédé sur la télévision numérique pour aborder le sujet. Le lendemain l’émission d’Yves Calvi sur Arte revenait utilement sur le sujet. Elle y revenait encore vendredi 7, succédant à une interview de Nicolas Dupont-Aignan. Essayons d’y voir un peu clair, sans a priori, en dépassant le cadre du problème grec et en commençant même par considérer le cas de la France.

En préambule nous devons insister sur deux points.

D’abord il n’y a pas en Europe de gouvernance économique, même partielle. Au moment de l’adoption de l’Euro et de la définition de la zone monétaire concernée, on a bien imposé des critères de convergence. Déjà, cependant, l’admission de la Grèce a été prononcée en pleine connaissance du fait que les indicateurs qu’elle présentait étaient faussés. Surtout, depuis lors, les divers pays concernés ont pu faire librement usage de la monnaie commune, mauvais usage plutôt que bon pour certains.

Ensuite, à la question de savoir si l’Euro est bénéfique ou non pour tel pays, il ne peut pas être répondu dans l’absolu. Il convient en effet de savoir quelle politique ce pays entend mener pour se prononcer.

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26/04/2010

Van Rompuy : l'Europe-puissance passe par le Japon

RedBridge.jpgAFP | 26/04/2010 | Le président de l'Union Européenne, Herman Van Rompuy, a exhorté aujourd'hui le Japon à se rapprocher de l'Europe, afin de répondre aux défis posés par l'émergence de nouvelles puissances dans le monde.

"Le moment est venu de revigorer la relation entre l'Union Européenne et le Japon (qui) défendent les mêmes valeurs et le même type de sociétés", a-t-il dit lors d'un discours devant des étudiants à l'université de Kobe (ouest du Japon). Evoquant la redistribution des cartes en cours à l'échelle planétaire, avec notamment l'apparition de la Chine comme future grande puissance, M. Van Rompuy a estimé qu'il n'y avait pas lieu de craindre un tandem sino-américain qui dirigerait les affaires du monde.

"Il n'y a pas de +G2+. L'Europe et le Japon appartiennent tous deux encore aux régions les plus prospères et les plus puissantes du monde", a-t-il dit. "Nous Européens et vous Japonais, nous sommes dans le même bateau. Nous sommes tous deux en train de redéfinir notre relation à l'égard des Etats-Unis", a-t-il poursuivi.

Le Japon s'inquiète en particulier du rapprochement en cours entre son allié américain et une Chine de plus en plus confiante et puissante. [...]

M. Van Rompuy, arrivé ce matin au Japon pour une visite de trois jours, a déploré que de nombreuses barrières non-tarifaires limitent l'entrée des produits européens dans l'archipel et a appelé à la signature d'un Accord de libre-échange.

Source (AFP via lefigaro.fr)

11/04/2010

Maurice Allard, euro-socialiste ?

allard.jpg"Il faut le dire très haut : il y a incompatibilité entre l'Église, le catholicisme ou même le christianisme et tout régime républicain. Le christianisme est un outrage à la raison, un outrage à la nature. (Bruits à droite) Aussi je déclare très nettement que je veux poursuivre l'idée de la Convention et achever l'oeuvre de déchristianisation de la France qui se poursuivait dans un calme parfait et le plus heureusement du monde jusqu'au jour où Napoléon conclut son Concordat (...) Pourquoi nous républicains et, surtout, nous socialistes, voulons-nous déchristianiser ce pays ? Pourquoi combattons-nous les religions ? Nous combattons les religions parce que nous croyons, je le répète, qu'elles sont un obstacle permanent au progrès et à la civilisation. Le jour où le Dieu anthropomorphe des Juifs quitta les bords du Jourdain pour conquérir le monde méditerranéen, la civilisation disparut du bassin de la Méditerranée, et il faut remercier les empereurs romains qui ont combattu de toutes leurs forces l'invasion de cette philosophie puérile et barbare, si contraire au panthéisme et au naturalisme de notre race ; il faut remercier Julien l'Apostat qui fit tous ses efforts pour combattre le fléau. (...)

Et plus tard, quand le christianisme quitta Rome et la Grèce où il avait étouffé toute civilisation et où il n'avait laissé que ruines et décombres et arriva en France, il n'y eut plus en notre pays, ni arts, ni lettres, et surtout ni sciences (Bruits à droite).

Il fallut la Renaissance, il fallut la Révolution française pour redonner au cerveau de notre race sa véritable puissance de normale évolution et sa possibilité de progrès. Sous l'influence du judéo-christianisme, toute lumière avait disparu ; il n'y avait plus que ténèbres. Aujourd'hui encore, combien de progrès ne se sont pas réalisés parce que nous traînons derrière nous ce lourd boulet de judéo-christianisme avec son cortège de préjugés et de mensonges traditionnels.

Nous combattons donc la religion parce que nous voyons dans la religion le plus grand moyen qui reste entre les mains de la bourgeoisie, entre les mains des capitalistes, pour conserver le travailleur dans un état de dépendance économique. Voilà pourquoi nous faisons la guerre à tous les cultes et pourquoi nous en sommes les adversaires les plus acharnés. "

Propos de Maurice Allard, député socialiste, lors du débat parlementaire sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905

Lire la suite sur le forum du PSUNE

05/03/2010

Europhobe et "socialismophobe"

"La crise financière que vient de connaître la Grèce n’est vraisemblablement que le signe annonciateur d’une crise bien plus grave. D’autres pays d’Europe ont des déficits abyssaux qui pourraient les rendre insolvables et les placer au bord du dépôt de bilan : l’Espagne, le Portugal, l’Italie. Si ces pays se retrouvent dans la situation de la Grèce, la liste pourrait s’allonger et la France ne serait pas épargnée. C’est la raison pour laquelle j’étais extrêmement sceptique lors du lancement de l’euro : créer une monnaie unique pour des pays ayant des économies très différentes, des histoires et des parcours politiques très différents, des cultures très différentes, des règles sociales et fiscales très différentes créerait une situation où le cours de la monnaie et le taux de l’intérêt constitueraient toujours une cote mal taillée. Certains parlent, du coup, d’une politique économique unique pour les pays de la zone euro. Ils ne voient pas que ce serait accentuer l’absolutisme technocratique et la dimension constructiviste de l’édifice, sans permettre une quelconque amélioration durable. Ceci pour une raison très simple : c’est tout l’édifice qui a été conçu de manière viciée. En construisant l’Europe, on a parlé de marché, d’ouverture des frontières, de libre-échange. Mais on a aussi parlé de planification, de subventions, de quotas, d’aides à la production et à l’exportation, de protections, de fonds compensatoires. Et tout cela est venu imprimer la marque de corsets asphyxiants, de distorsions, de tentatives de sauver tel ou tel malade pour qu’il meure guéri.

Tout cela s’est accompagné aussi d’une adhésion d’ensemble à une vision dirigiste et socialiste des sociétés. Vladimir Boukovsky, qui a trop bien connu l’Union soviétique, a publié voici quelques années un ouvrage où il expliquait que l’Europe allait suivre la voie de l’Union soviétique, avec des variantes, puisque dans l’Union européenne, il reste des simulacres de démocratie et de liberté. Par ailleurs, plutôt que de miser sur la force militaire, l’Europe a misé sur la faiblesse et la soumission préventive. Mais, pour le reste, nous y sommes. [...]

Le dirigisme est essentiellement nuisible à la créativité entrepreneuriale. Le socialisme commence toujours avec la promesse frelatée et illusoire de la multiplication des pains et s’achève toujours par la réalité de la multiplication des pauvres. Ce n’est pas seulement la monnaie unique qui est en cause. Ce n’est pas seulement le dirigisme, le socialisme, l’absolutisme technocratique. Ce sont aussi les effets secondaires : vieillissement des populations résultant de la dénatalité, fuite du capital intellectuel, flux migratoires faisant venir des gens qui ont essentiellement leurs bras à offrir, alors qu’on a besoin de cerveaux, montée de l’islam parce que les populations qui immigrent sont essentiellement musulmanes et le restent d’autant plus qu’on ne leur propose pas de système de valeurs auquel elles pourraient s’intégrer. Je ne puis savoir à quoi ressemblera l’Europe dans cinquante ans, mais elle sera certainement plus pauvre, islamisée, lacérée de violences diverses, en état de décomposition avancée."

Source (Forum)

Il faudra m'expliquer en quoi les flux migratoires sont dûs au socialisme alors que de l'aveu même d'un Pompidou, "l'immigration c'est le problème des patrons". Par ailleurs, la dénatalité n'est-elle pas la conséquence d'un embourgeoisement de la société au nom de l'individu sacralisé, principe même du libéralisme politique et économique ? Quel intérêt ensuite de citer un Boukovski, anti-soviétique par nature, et rallié ouvertement au modèle libéral/atlantiste ?

L'UE ne meure pas du socialisme ou du dirigisme mais du fait qu'il n'y a personne de réellement énergique à sa tête (et ayant du pouvoir) et que c'est le libéralisme économique le plus outrancier qui y domine.

Ce sont libéralisme et souverainisme qui sont responsables de la ruine programmée de l'Europe. Qu'on ne se trompe pas d'ennemi.

Thomas Ferrier (PSUNE/LBTF)

La ligue arabe s'unit contre le peuple suisse

La Ligue arabe estime que la Suisse est "raciste"

Les Etats membres de la Ligue arabe ont adopté mercredi au Caire une position entièrement solidaire avec la Libye dans son différend avec la Suisse. Ils accusent Berne d'être "raciste". En Suisse, l'impact de l'embargo de Tripoli est largement minimisé, les échanges étant déjà très réduits.

La Ligue arabe, citée jeudi par l'ANSA, demande à l'Union européenne de réfuter la "liste noire" des 150 personnalités libyennes auxquelles l'entrée dans l'espace Schengen, liste qualifiée de "raciste". L'organisation condamne "l'utilisation de l'espace européen à des fins politiques". Au total, les ministres de 17 pays membres de la Ligue arabe, dont ceux des voisins de la Libye, ont signé le document.

En parallèle, le diplomate libyen Ali Aujali, en poste aux Etats-Unis, a expliqué à l'agence Reuters que le leader libyen Kadhafi, qui a appelé récemment au "djihad" contre la Suisse, évoquait un "boycott économique" contre la Confédération et non une "attaque armée".

Source (rsr.ch)

13/02/2010

Et si l'Euro détrônait le dollar ?

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Telos | 04 Février 2010 | Extraits | Quelle sera la principale monnaie mondiale dans dix ans ? Cela pourrait bien être l'euro. Contrairement aux spéculations des années 1990, le yen et le mark n'ont jamais eu la moindre chance de contester la suprématie du dollar dans les échanges internationaux. Leurs pays d'origine étaient plus petits que les États-Unis et de leurs marchés financiers moins bien développés et liquides que la place de New-York. L'euro est en revanche un challenger crédible : la zone euro est à peu près aussi grande que les États-Unis et l'euro s'est révélé une meilleure valeur de réserve que le dollar.

Bien sûr, le classement des monnaies internationales n’évolue que très lentement. Alors que l’économie américaine avait dépassé celle du Royaume-Uni dès 1872 pour la taille, 1915 pour ce qui concerne les exportations et 1917 comme créditeur net, ce n’est qu’en 1945 que le dollar a pris la place de la livre comme principale monnaie d’échanges internationale. Il faut donc prendre en compte des décalages. En 2005, lorsqu’avec mon collègue Menzie Chinn nous avons exploité les données historiques sur les réserves de change des banques centrales afin d’en estimer les principaux déterminants, même nos scénarios pessimistes ne voyaient pas l'euro supplanter le dollar avant 2022. Nous n'aurions pas pu affirmer, alors, que le dollar serait détrôné dans dix ans.

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08/02/2010

La débâcle de l’Ecole, ou la grande faillite de l'Education Nationale

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930449-1152599.jpgPar Bruno Marcius (PSUNE/LBTF) - La grande faillite de l'Education Nationale, la « tragédie incomprise de l'école » pour reprendre le titre de l'excellent ouvrage de Laurent Lafforgue paru en 2007 aux Editions F.-X. Guibert, tient à son enseignement des antivaleurs, ou valeurs inversées que dénonçait déjà Nietzsche il y a plus d'un siècle dans sa Généalogie de la Morale et Zarathoustra.

Celles-ci trouvant leur origine essentiellement dans le libertarisme soixante-huitard, lui-même ressassée d'un christianisme laïcisé anthropocentrique, messianique, égalitariste et universaliste (« tout vaut tout », « Il faut s’ouvrir à l’autre », « le dialogue », « on est tous égaux », « le prof, c’est ton ami, il est là pour t’écouter », etc…).

Avant cette époque, l'enseignant était considéré comme un maître (au sens littéral du terme), un modèle. Il dispensait entre autres des cours de morale, et s'appuyait sur des programmes exigeants. Il savait user d’autorité, de discipline. En outre pour parfaire sa tâche, il s'appuyait sur des méthodes d'enseignement éprouvées, comme la méthode syllabique. Ces méthodes avaient également pour avantage de stimuler la totalité du cortex cérébral chez l'enfant.

Par exemple, tout petit Athénien de 8 ans d'il y a 2 500 ans savait déjà réciter en grec ancien et en vers l'intégralité de l'Iliade et de l'Odyssée, alors que nos enfants d'aujourd'hui ne savent même pas écrire, lire ou compter correctement...

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05/02/2010

Premier vol du Sukhoï T-50, le futur avion de combat de la Russie

Le futur avion de combat russe Sukhoi PAK FA T-50 vient d'effectuer son premier vol. C'est la première fois également que l'on peut voir à quoi il ressemble réellement.

Le premier vol a été effectué le vendredi 29 janvier 2010, durant 47 min, à proximité de la ville de Komsomolsk-sur-l'Amour. Lors du vol, son pilote d'essai Sergueï Bogdan a effectué l'évaluation initiale de la dirigeabilité de l'avion, le fonctionnement des moteurs et des systèmes principaux. « L'avion a bien réagi à toutes les étapes du programme de vol » a commenté le pilote d'essai.

Cet avion de cinquième génération est parfois surnommé le "raptorski" en référence au F-22 américain Raptor. Le vol d'essai s'est déroulé à Komsomolsk-sur-Amour, dans l'extrême-orient russe et il a duré 47 minutes. (Photo Ria Novosti).

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Avion mulitrôle et furtif, en développement depuis les années 90, il devrait entrer en service dans l'aviation russe à partir de 2015. Il doit remplacer les Mig-29 et Su-27. L'Inde est également intéressée par ce programme.

Un spécialiste de l'aéronautique nous précise : "On notera la ressemblance frappante avec le défunt
prototype américain YF-23 plus qu'avec celle du F22A. Ainsi que les courtes dérives inclinées et les deux énormes moteurs, design et disposition qui signent la manière de Sukhoi".

Les caractéristiques de l'avion sont incertaines. On parle d'un poids de 26 tonnes et 37 à pleine charge, ainsi que d'une vitesse supérieure à Mach 2.

(Source: Jd.Merchet, Blog secret Défense)

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31/01/2010

Jules Ferry ressuscité

"Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures."

- Jules Ferry, Discours devant la Chambre des députés, 29 juillet 1885.

ColombNouveauMonde.jpgAFP via LeFigaro.fr | 30/01/2010 | Extraits | Le lycée français de Port-au-Prince, qui a perdu un enseignant et sept élèves dans le tremblement de terre du 12 janvier, entend reprendre les classes le 1er mars prochain, a indiqué aujourd'hui l'ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret.

Le lycée Alexandre Dumas, qui abrite depuis le séisme un hôpital de campagne tenu par la sécurité civile française, a été partiellement endommagé mais plusieurs expertises ont conclu que les bâtiments n'avaient pas subi de dommages structurels graves.

Le professeur de mathématiques et les élèves disparus ont été tués en dehors du campus. En outre, le lycée est sans nouvelle d'une vingtaine d'élèves sans qu'il soit possible de dire s'ils sont morts ou ont quitté la ville.

"Dès la semaine prochaine, nous reprenons les cours par télé-enseignement grâce à une plate-forme montée par l'Agence de l'enseignement français à l'étranger (AEFE), pour les élèves des classes à examen, terminale, première et troisième", a indiqué l'ambassadeur à l'AFP.

"On rattrapera ainsi les cinq semaines perdues. Les cours se feront sur internet, soit au domicile des élèves, soit dans des salles aménagées du Lycée français", a-t-il précisé.

Le lundi 1er mars, les classes seront rouvertes pour accueillir les effectifs étant restés à Port-au-Prince alors que plus de la moitié des élèves sont partis après la catastrophe à Saint-Domingue, à Montréal, en France, aux Antilles et à Miami en Floride.

Une rentrée à effectif complet n'est prévue qu'en septembre après une réfection du lycée. (...)

SOURCE (AFP via LeFigaro.fr)

Cette citation contextuelle démontre indéniablement que la logique coloniale de la France, telle que défendue par Jules Ferry, n'a pas été pleinement abandonnée par les gouvernements successifs de la république. Il y a une forme de condescendance néo-coloniale, qu'on retrouve aussi dans le combat pour la francophonie, à vouloir porter assistance de la sorte à Haïti, sous prétexte qu'elle a été une colonie française et qu'en conséquence on y parle une forme particulière de français. Thomas Ferrier (PSUNE)